Chapitre 24 : Tout est réglé (Brienne/Jaime).
- Le Mille-Prompts : 831. Action – Vomir.
- Si tu l'oses : 47. Recette favorite.
- Pick A Card : Ten of Spades: Écrivez une fanfiction heureuse. Sinon, écrivez une fanfiction sur Dobby.
- Le défi des 200 citations de Contes des royaumes : 61. Quelle fin heureuse !
- Le défi des belles paroles : #16 Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle (Paolo Coelho).
- Toujours plus : Fusionner 5 défis.
ND'A : Et bravo aussi à MinnieMey pour avoir trouvé la coupable !
Cersei ?
La coupable, c'était Cersei ?
Alors qu'il passait et repassait ces mots dans sa tête, Jaime sentit un terrible froid glacial l'envahir, et pendant de longues secondes, aucune pensée cohérente ou logique ne lui traversa l'esprit.
Hormis celle-ci : Cersei a tué Petyr Baelish.
De toute les personnes qu'il pouvait penser être responsables de la mort de Littlefinger, Cersei n'en faisait définitivement pas partie.
Si tu penses que l'aventure est dangereuse, essaye la routine, elle est mortelle, avait-il dit autrefois à Tyrion, pour se plaindre du fait qu'il ne se passait jamais rien à Castral Rock, avant qu'il ne vienne vivre à Port-Réal.
Tout compte fait, il aurait largement préféré la routine…
« Jaime… est-ce que ça va aller ? Lui demanda Jory. »
A ton avis, crétin ? Faillit-il répondre, avant de rapidement se raviser, parfaitement conscient que le pauvre Jory n'était en rien responsable de la situation.
- T'en fais pas, je survivrai, fit-il, mais en voyant ses mains trembler, Jory lui répondit immédiatement :
- Je vais aller chercher Brienne. »
D'accord, donc leur dynamique de « je t'aime moi non plus » ne trompait absolument plus personne.
Merveilleux…
« Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est Cersei qui a tué Littlefinger, lâcha d'un seul coup Jaime, comme si le fait de le dire à voix allait enfin le sortir de son abasourdissement. »
Son collègue semblait être dans un tel état d'abattement que Brienne ne sut tout d'abord que dire.
Elle soupira, avant d'attraper Jaime par le bras, de lancer un rapide « je m'en occupe » à Jory, et elle l'embarqua directement hors du commissariat.
Histoire qu'il puisse se changer les idées.
Jaime ne revint réellement à lui que quand il réalisa que lui et Brienne étaient maintenant dans un café (pas dans le bar de Bronn), qu'il y avait une tasse de café devant lui, et que ses mains tremblaient toujours.
Il n'arrivait toujours pas à y croire.
Sa sœur… sa jumelle… était une meurtrière.
C'était… enfin, ça dépassait l'entendement !
Cersei était beaucoup de choses, mais elle n'était certainement pas une meurtrière… enfin, jusqu'à preuve du contraire.
« Je suis désolée… désolée que… que ce soit elle la tueuse.
- C'est pas à toi d'être désolée, tu n'es pas responsable… J'arrive toujours pas à y croire…
C'était comme si il venait de se recevoir un coup de massue sur la tête.
- Elle a… tué Littlefinger. Mais… enfin, pourquoi ?
- Je suppose qu'elle avait de bonnes raisons, même si j'ignore encore lesquelles… de bonnes raisons selon elle en tout cas.
Le policier serra les poings.
- J'adorerais les connaître, parce que pour l'instant, tout ça n'a absolument aucun sens pour moi.
- Pareil pour moi… Cependant… Littlefinger était un monstre, ça, personne ne peut le nier. Toutes ces choses qu'on a découvertes durant ces derniers jours, et qu'on savait déjà en partie, sans tout savoir réellement, peut-être qu'elle les connaissait, et que c'est pour ça qu'elle… a fait ce qu'elle a fait.
- Pourquoi n'a-t-elle rien dit à personne ?
- Tu veux connaître le fond de ma pensée Jaime ? Je pense qu'elle n'avait aucune preuve. La preuve, elle n'a pas tué Robert, elle a tout fait pour le faire condamner, elle a utilisé des moyens lé elle en est arrivée là, alors c'est qu'elle pensait qu'elle n'avait pas d'autre choix.
- Elle ne m'a rien dit… Je suis son frère, et… et elle ne m'a rien dit !
- Tu es policier aussi…
- J'aurais pu, je ne sais pas… la dissuader de faire une chose pareille et de tout foutre en l'air !
- Peut-être est-ce justement pour cela qu'elle ne t'en a pas parlé, à toi et à Tyrion. Elle savait comment vous réagiriez, et elle ne voulait pas vous impliquer.
- Est-ce qu'elle a pensé à ses enfants au moins ?
- Je ne connais pas bien ta sœur, mais je pense que oui, elle a pesé le pour et le contre, et je suis certaine qu'elle a fait cela en sachant que toi et ton frère vous seriez là pour eux. Sans parler d'Euron… Je crois qu'elle a fait ce qu'elle a fait pour sauver Lysa de Petyr Baelish. Tyrion comptait certes lui faire un procès, mais tu sais tout aussi bien que moi que ça n'aurait mené à rien, il était bien trop puissant ! Elle a fait ce qu'il lui semblait être juste !
- Pourquoi.. pourquoi est-ce que tu la défends au juste ?
- Parce que je la comprends ! S'exclama Brienne avec force. Parce que, continua-t-elle avec une voix plus posée, si j'avais pu abattre ce salopard de Ramsay Bolton avant qu'il ne commence à tuer toutes ces pauvres femmes, en sachant à l'avance ce qu'il comptait faire, crois-moi, je n'aurais pas hésité à le faire.
- Tu… tu étais sur l'affaire Ramsay Bolton ?
- Oui… et je n'ai pas su l'arrêter. Je n'ai pas su empêcher toutes ses morts, je n'ai pas… J'ai échoué. Et si j'en crois les aveux des uns et des autres, Littlefinger est au moins autant un enfoiré que lui… Même s'il n'a officiellement jamais tué personne… Enfin, à part ce pauvre Jon Arryn, bien évidement.
- Alors c'est pour cela que tu étais aussi mal l'autre jour… Je suis désolé, je ne savais pas…
- Personne ne le sait ici, je ne m'en vante pas vraiment, c'était ma première affaire, et ça a été un échec complet… Est-ce que Littlefinger méritait de mourir ? Je n'en sais rien. Est-ce que je le regrette lui ? Non, définitivement non.
- Tu approuves ce qu'elle a fait ?
- J'avais envie de le tuer tu sais…
- Qui donc ? Littlefinger ?
- Non… Je parle de Ramsay Bolton. L'autre jour, quand je suis allée l'interroger, il m'a rappelé que si je n'avais pas été si incompétente, de nombreuses morts auraient pu être évitées. Ce sont ses propres mots.
- J'espère que tu ne crois pas à ces conneries… C'est lui le tueur, c'est lui le monstre, pas toi… Tu n'y es absolument pour rien. Tu as fait ce que tu pouvais pour l'arrêter.
- Je sais… Mais le voir là, en vie, alors que toutes ces pauvres femmes étaient mortes par sa faute, sans compter les membres de sa famille… J'ai eu envie de le voir mort, d'effacer ce foutu sourire narquois de son visage de psychopathe…
Ça n'a duré que quelques minutes, mais le fait est que c'est arrivé. J'ai sincèrement eu envie de le tuer. Alors, imaginer Cersei devoir côtoyer cette ordure tout les jours en sachant ce qu'il avait fait tout en ayant la certitude que jamais il ne payerait pour ce qu'il a fait… Ça a dû la bouffer de l'intérieur de voir ça, surtout après avoir enduré les mauvais traitements de Robert… Elle ne voulait pas que Lysa continue de subir les mêmes choses qu'elle je pense. Sans parler de tout le reste…
- Tu as sûrement raison. Il soupira. Elle va aller en prison, n'est-ce pas ?
- Très probable, oui…
- Comment est-ce que je vais expliquer à mes neveux et à ma nièce que leur mère va aller en prison ? »
Elle devait avouer n'avoir aucune réponse claire à lui donner.
§§§§
Le soir-même.
À dire vrai, toute cette histoire avait complètement fait sortir de la tête de Jaime sa conversation avec le père de Brienne, et seul le sort de Cersei lui occupait l'esprit.
Il en était de même pour Tyrion, qui avait reçut la nouvelle de la culpabilité de leur sœur comme tout les habitants de la capitale : comme un véritable choc.
On parlait tout de même de la mairesse de la ville, ce n'était pas rien !
Le policier avait parlé avec sa sœur pendant quelques minutes, et elle n'avait affiché ni regrets, ni remords.
Il n'était pas vraiment surpris, et il devait admettre que Brienne avait eu raison au sujet de nombreuses choses.
Joffrey étant loin, il n'avait pas pu assister à sa réaction, mais Myrcella et Tommen, eux, avaient mal réagi, plus parce que leur mère était en prison qu'à cause de ce qu'elle avait fait (ils comprenaient pourquoi elle avait fait cela) et leur beau-père, ainsi que leurs petites-amies respectives étaient actuellement en train de les réconforter.
C'était probablement la seule chose que Cersei regrettait réellement : les répercussions de son acte sur sa famille.
Tyrion et Jaime, quant à eux, s'étaient retrouvés au bar de Bronn, afin d'oublier tout leurs soucis de la journée grâce à un peu (beaucoup) d'alcool.
« J'arrive pas à croire qu'elle ait réussi à faire tout ça derrière notre dos… marmonna Tyrion avec un air désabusé.
- Et moi j'arrive pas à croire qu'on n'ait rien vu venir.
- Tu crois vraiment qu'on aurait échoué face à Littlefinger dans un procès ?
- Elle semble le croire… Ce type était un vrai requin, il vous aurait bouffés tout cru.
- Mouais… J'ai encore du mal à croire que le meurtre ait été la seule solution.
- C'est toi qui dit cela ? Après tout ce qu'il a fait à Shae ! Ose me dire que toi non plus tu n'as pas souhaité sa mort.
- Ce serait un mensonge que de dire le contraire, mais jamais je ne serais allé jusque là…
- Vraiment ? Même après avoir appris l'histoire des anti-douleurs, son association avec Ramsay Bolton, toute la souffrance que Shae a enduré par sa faute, s'il avait encore été vivant quand tu l'as su, est-ce que tu n'aurais pas eu envie de lui péter la gueule, voire de le tuer ?
La prise de Tyrion sur son verre se resserra et son regard se durcit.
- Peut-être que oui… Au moins je n'aurai pas à me poser la question, Cersei s'est déjà chargée de cela à ma place… »
Il termina alors son verre en le buvant cul sec.
« Journée de merde… marmonna-t-il avec un air bougon. »
Jaime était on ne peut plus d'accord…
§§§§
Il était très tard et ils étaient très ivres lorsque Jaime et Tyrion sortirent enfin du bar, et l'ivresse ne les avait définitivement pas rendus plus heureux ni même plus apaisés.
Ils rentrèrent tout deux à pied chez eux, chacun étant plutôt maussade.
Tyrion, lui, au moins, pourrait se réconforter auprès de Shae, Jaime, lui, était tout seul.
Enfin, il y avait bien Brienne, mais il n'était pas sûr et certain qu'elle l'accueillerait dans son appartement, vu que leurs rapports n'étaient pas vraiment cordiaux.
Il ne sut jamais vraiment si ce fut l'ivresse, la tristesse, la solitude ou le hasard (le scénario…), mais toujours est-il que cette nuit-là, au lieu de se rendre à son appartement, il tomba (littéralement) dans l'appartement de Brienne Torth, qui se trouvait à l'étage au dessus du sien.
Il ouvrit la porte (qui n'était pas encore fermée, Brienne ne s'étant pas encore couchée, n'ayant pas réellement sommeil après une journée pareille), sans se rendre compte que ce n'était pas son appart (et sans se poser la question de pourquoi la porte était déjà ouverte. La faute à l'alcool sans doute.) et s'écroula immédiatement sur le sol, et s'endormit comme une souche.
La pauvre Brienne ne sut pas vraiment ce qu'il lui arrivait quand elle découvrit son collègue sur le pas de sa porte, inconscient, qui était tout simplement… en train de dormir.
Elle leva les yeux au ciel, encore plus fatiguée qu'auparavant, et, n'ayant pas le cœur à le réveiller tout de suite, elle le chargea sur son épaule comme un sac de sable, avant de l'allonger précautionneusement sur son divan, juste avant d'aller elle-même se coucher.
Cette journée avait décidément été pleine de surprises…
§§§§
Le lendemain matin, Jaime Lannister se réveilla avec un terrible mal de crâne, et surtout, il avait la gueule de bois.
Oh, et petit détail tout à fait anodin, il n'était pas dans son lit.
Ni dans son appartement, tant qu'on y est…
Relevant la tête, il aperçut brièvement une chevelure blonde qu'il connaissait, et son sang se glaça dans ses veines.
Bordel de Dieu, par les Sept, qu'est-ce qu'il foutait dans l'appartement de Brienne Torth au juste ?
Avant même qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, il sentit un haut-le-cœur se saisir de lui, et Brienne, qui lisait un livre dans son canapé, lui dit :
« Les toilettes sont au fond du couloir, à gauche, et alors qu'il se levait précipitamment pour aller y vomir, il ne pensa même pas sur le coup à la remercier. »
§§§§
« Est-ce que ça va ? En dehors du mal de crâne et du fait que ta sœur est en prison ?
- J'ai vraiment très mal au crâne, j'ai encore un peu envie de vomir, et ma vie ne m'a jamais semblé être aussi merdique qu'à cet instant précis.
- …
- …
- Ça va vraiment pas quoi…
- Non.
- Je peux faire quelque chose pour t'aider ?
- J'en sais rien… Je suis un peu paumé pour l'instant je dois t'avouer. Ma sœur a fait ce qu'elle pensait être juste, et je n'arrive pas à la condamner. Pas alors que personne n'a rien fait, si ce n'est elle, pour stopper Littlefinger. Et ça me dégoûte…
- Cersei a fait son choix… Je pense que tout ce que tu peux faire, c'est attendre de voir comment les choses vont tourner.
- Mal je pense… Et… désolé d'être entré comme ça dans ton appart sans y être invité.
Elle haussa les épaules.
- T'en fais pas, j'ai vu bien pire.
- J'y vais, il faut que j'aille voir comment va Tyrion… Bonne journée à toi.
- Bonne journée Jaime. »
Alors qu'il arrivait à proximité de la demeure de son frère, il réalisa soudainement quelque chose qu'il avait oublié de faire, et surtout de dire, et il se facepalma presque brutalement le visage.
« Mais quel con ! »
Il avait complètement oublié de discuter avec Brienne de ce dont son père lui avait parlé…
§§§§
Quelques semaines passèrent, et Jaime se rendit seul jusqu'au tribunal où se tiendrait bientôt le procès de Cersei.
Elle allait plaider coupable, bien évidement, de ce fait, c'était une évidence pour tout le monde que le procès ne serait clairement pas aussi long que celui de Robert Baratheon.
Il venait tout juste de sortir des lieux quand il tomba sur Brienne, une tasse de café à la main, et en la voyant, il fut frappée d'une révélation subite.
Il ne lui avait toujours pas parlé de ce dont il avait discuté avec Selwyn quelques temps plus tôt, trop obnubilé qu'il était par le procès à venir de sa sœur.
Enfin, ce n'est pas comme si il ne connaissait pas d'avance le verdict de toute façon…
Et ce n'était pas non plus comme si il pouvait l'aider d'une quelconque façon.
« Ça va Jaime tu tiens le coup ? Et les enfants de Cersei, comment vont-ils ?
- On tient le coup, enfin, on essaye…
Elle hocha la tête, avant de commencer à boire son café.
- Rien à voir, mais je voulais parler d'un truc avec toi.
- En lien avec le boulot ?
- Absolument pas, en fait, c'est très personnel. J'ai discuté avec ton père l'autre jour.
Brienne se figea brusquement.
- De quoi exactement…
- Tu te souviens du jour où je t'ai demandé de sortir avec moi ?
- Je n'ai pas vraiment envie d'en reparler, pour être honnête.
- Ton père m'a expliqué pourquoi tu pensais que c'était une blague, l'histoire du pari tout ça…
- Oh… et alors ?
- Ce n'était pas une blague.
- Quoi ?
- Quand je te l'ai demandé… J'étais sincère, même si j'imagine que tu en doutes encore après ta mauvaise expérience… On a été cons tout les deux, tu as cru que je me moquais de toi, je me suis senti vexé parce que je pensais moi aussi que tu me fichais de moi en riant… Bref, on a déconné tout les deux, et j'en suis désolé.
- Et donc quoi… tu voulais t'excuser, parce que j'ai mal pris ta déclaration ? Dans ce cas-là moi aussi je suis désolée d'avoir aussi mal réagi.
- Pas seulement… Je voulais aussi juste que tu saches… que je suis toujours intéressé.
- Tu… quoi ?
- Tu me plais Brienne… Vraiment. Et si jamais ça te va aussi, j'aimerais qu'on reparte sur de bonnes bases. Que ce soit en amis, ou… ou plus que ça, tout me va. Je suis ouvert à toute proposition. Donc si jamais tu es intéressée, sache que je le suis toujours. Si tu ne l'es pas, c'est pas grave, je saurai m'en remettre. Et maintenant je vais y aller, avant de passer encore plus pour quelqu'un de ridicule… »
Tu n'es pas ridicule du tout, eut-elle le temps de penser avant de le voir prendre la poudre d'escampette.
Elle cligna des yeux à plusieurs reprises.
Qu'est-ce qu'il venait de se passer là ?
§§§§
« Je suis vraiment pathétique…
- Mais non, mais non, lui assura son petit frère, tandis que Bronn (encore lui), était en train de lui préparer un cocktail, en suivant la recette favorite de Jaime, qui était lui-même un de ses clients favoris.
Enfin, ça, ce n'était pas vraiment nouveau.
- Bien sûr que si ! Sérieusement, quel genre de crétin avoue ses sentiments à une personne juste avant de la laisser en plan comme ça sans lui avoir laissé le temps de répondre quoi que ce soit ou même de réfléchir ?
- Un crétin ? Proposa Bronn, ce qui ne fit que faire se renfrogner Jaime un peu plus qu'avant.
- Tu n'aides vraiment pas Bronn, fit l'avocat en le fusillant du regard.
- Pour une fois, je suis d'accord avec Jaime, se défendit Bronn, c'était pas très malin de la laisser comme ça.
- Tu lui as laissé du temps pour y réfléchir, c'est tout… Et puis tu as dû paniquer aussi, c'est parfaitement compréhensible.
- Mouais… Je suis qu'un pauvre con…
- Mais non, mais non ! Répéta Tyrion.
- Je dois dire que ce malentendu était vraiment con, dit Bronn, ça fait des mois que vous vous tournez autour, et si vous avez pas encore sauté le pas, c'est uniquement parce qu'elle pensait que tu te foutais de sa gueule et que tu pensais qu'elle n'était pas intéressée ? Bordel de Dieu, par les Sept enfers, vous avez failli me faire perdre mon pari !
Il sut immédiatement que ce n'était pas la bonne chose à dire en voyant le regard de Jaime s'assombrir tandis que Tyrion retenait difficilement un rire nerveux.
- Attends… Tu veux dire que tu as parié sur notre mise en couple, c'est ça ? T'as intérêt d'avoir une bonne explication à ce sujet Bronn, si tu ne veux pas que je t'encastre la tête dans ton cher comptoir.
- Non mais c'est pas vrai, c'est quoi votre manie de vouloir démolir ma belle gueule et mon magnifique comptoir en même temps ?
- J'attends…
- D'accord, y a un pari qui court sur vous deux depuis des mois, tu vas pas en faire un drame si ?
- Mais pourquoi ?
- Parce que vous êtes faits l'un pour l'autre pauvre crétin ! C'est juste… tellement évident !
- Ça ne l'est pas pour moi…
- Ça c'est juste parce que t'es con…
- Merci beaucoup de m'enfoncer Bronn, ça me fait très plaisir, déjà que je suis au fond du trou, entre ma sœur qui va aller en taule et… ça. C'est définitivement pas ma journée.
- Oui, bon, tu vas t'en remettre… Fit Bronn, ignorant ostensiblement Tyrion qui le fusillait du regard. Tiens, tu devrais bientôt avoir ta réponse…
- Comment cela ?
- On dirait bien que ta dulcinée vient tout juste d'arriver ! »
Jaime se figea avant de se retourner.
Et effectivement, elle était là.
Posant son verre (qu'il n'avait de toute façon même pas entamé), il se leva et se dirigea vers Brienne.
« Hey ! Dit-il, plutôt gauchement.
- Salut… ce que tu as dit, il y a plusieurs heures… c'est toujours d'actualité ?
- Euh… oui, bien sûr, pour… »
Il ne put jamais terminer sa phrase, Brienne l'ayant tiré vers elle par le col de sa chemise pour l'embrasser, et Jaime n'entendit même pas le cri de joie conjoint de son frère et du barman, trop occupé qu'il était à essayer de comprendre ce qui était en train de se passer.
Puis, quelques secondes plus tard, il se mit à sourire, tout comme elle.
« Donc j'imagine que ça veut dire oui…
Le sourire de Brienne se fit malicieux.
- Oui, on dirait bien, fit-elle avant de l'embrasser une nouvelle fois. »
§§§§
Cinq ans plus tard.
Les mois suivants avaient été plutôt chaotiques, entre le procès de Cersei, sa condamnation, la mise en place d'élections pour la remplacer à la tête de la mairie de Port-Réal…
Et en ce jour de juillet, Cersei Lannister, qui avait été condamnée à cinq ans de prison pour le meurtre de Petyr Baelish, allait justement en sortir.
Brienne et Jaime, ainsi que Shae et Tyrion, tout comme Lysa et son fils Robin, mais également Tommen, Myrcella, Euron, et plusieurs autres personnes, étaient venues pour l'accueillir lors de sa libération.
Elle était une meurtrière, certes, une criminelle, mais Petyr Baelish était bien pire autrefois, et sans elle, il serait toujours à Port-Réal, à sévir sans le moindre remords, et sans que qui que ce soit puisse l'en empêcher.
Maintenant qu'il était mort, les choses allaient beaucoup mieux dans la capitale, et Brienne ne pouvait s'empêcher d'être plutôt satisfaite, au final, de la tournure des choses.
Quelle fin heureuse ! Pensa-t-elle alors.
FIN.
(C'est pas trop tôt…)
