Hey Brother-Avicii


25 décembre 2016

. . . . . . . .

Tony Stark survolait la ville depuis quelques instants. Une trentaine de minutes plus tôt, l'appel qu'il avait eu avec sa petite sœur avait pris fin, après que celle-ci lui ait affirmé qu'elle serait de retour au bout de dix minutes seulement. Mais lorsqu'il s'était rendu compte, plus tard, qu'il n'avait toujours aucune nouvelle, il avait commencé à s'inquiéter. De plus, à chaque fois qu'il cherchait à entrer en contact avec elle via son transmetteur, il n'obtenait aucune réponse, ce qui ne faisait qu'attiser ses craintes. Jamais elle ne l'ignorait ainsi, même après une prise de tête car elle savait que c'était la dernière chose à faire avec lui, après tout ce qu'il avait traversé. Il s'était d'abord dit qu'elle avait pris un peu de retard à cause des conditions météorologiques mais des minutes supplémentaires s'étaient écoulées sans qu'il sache ce qui avait bien pu se passer. Il s'était donc lancé à sa recherche, quadrillant tout le périmètre et analysant tous les recoins des rues new-yorkaises avec attention.

−Tu l'as localisée ? demanda-t-il à son intelligence artificielle.

Pas encore, Monsieur, répondit cette dernière. La puce GPS de son transmetteur semble avoir été désactivée il y a un moment déjà.

−Bien sûr, marmonna l'homme dans sa barbe, elle déteste que le Gouvernement suive ses moindre faits et gestes… Dans ce cas, essaye de repérer le dernier endroit où ses pouvoirs se sont manifestés. Elle ne devrait pas être très loin…

C'est en cours, Monsieur.

La peur au ventre, il continua sa progression, attendant qu'une réponse lui soit fournie dans les plus brefs délais. Il dut patienter durant très exactement six secondes et trente-huit centièmes, s'il en croyait ce qu'il voyait sur l'écran à l'intérieur de son casque, avant que la voix robotique parvienne à nouveau à ses tympans, lui fournissant les coordonnées précise du lieu qu'il recherchait. Il la remercia brièvement et poussa sa vitesse à son maximum, n'étant plus très loin d'après le plan holographique de la ville qu'il percevait. Il remarqua alors que Pepper Potts cherchait à entrer en contact avec lui. Afin de ne pas inquiéter cette dernière, il accepta l'appel, mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit car sa compagne fut plus rapide.

Tony, dis-moi que tu l'as retrouvée…

−J'y travaille.

Ecoute, ça va aller, le rassura-t-elle alors d'une voix douce, je suis certaine que tu ne vas tarder à la récupérer, et vous reviendrez tous les deux à la maison rapidement…

−J'y compte bien, lui confia-t-il. Je me dirige vers l'Upper East Side, je te préviendrai si jamais je mets un peu plus de temps que prévu pour rentrer.

Tu as dit « l'Upper East Side » ?

−Oui… Pourquoi ?

Je viens tout juste de regarder les informations, et une équipe de journaliste est là-bas pour parler d'une sorte d'attaque qui a eu lieu il n'y a pas une demi-heure… Apparemment, ils ne savent pas encore ce qu'il s'est passé mais d'après les habitants du coin, ça avait l'air d'être assez violent… Ils ont prévenu la police, les urgences… Est-ce que tu crois que…

−Oui, c'est sûrement elle, confirma-t-il. J'imagine que si elle a préféré se charger seule du problème survenu au lieu d'en prévenir les autorités locales, c'était parce que c'était trop gros pour que les flics s'en occupent eux-mêmes.

Dans ce cas, fais très attention, s'il te plait… lui demanda-t-elle. Revenez en entier…

−C'est promis, Madame Potts, affirma-t-il avec un léger sourire au coin des lèvres. Tu sais bien qu'il n'y a personne au monde de mieux qualifié que moi pour faire attention dans ce genre de situations… A tout à l'heure, acheva-t-il avant de mettre fin à l'appel en soupirant, perdant son sourire dans l'instant qui suivit.

Avait-il dit cela dans le simple et unique but de la rassurer ? Bien entendu. Il n'avait aucune idée de ce qui l'attendait, et c'était exactement pour ça qu'il était encore plus angoissé qu'à son habitude. Ne pas savoir ce qui se tramait le tracassait au plus haut point, surtout lorsque l'un de ses proches était concerné. En l'occurrence, c'était sa petite sœur, qu'il souhaitait protéger plus que tout au monde, qui était peut-être en danger. Il continua à progresser rapidement, espérant désespérément atteindre sa destination au plus vite, ayant l'impression que toutes les choses les plus graves de l'Univers avaient pu se produire en seulement trente minutes. La respiration de Tony s'accélérait un petit peu au fur et à mesure qu'il se rapprochait du lieu indiqué, celui où la magie de Madison s'était pour la dernière fois faite ressentir. Au loin, des lumières bleues caractéristiques des véhicules de secours et policiers attirèrent son attention, et lorsqu'il compara l'endroit avec celui qui lui avait été indiqué par Friday, il se rendit compte que les deux correspondaient.

En arrivant sur place, il vit qu'un bon nombre de personnes s'étaient rassemblées derrière les cordons de sécurité installés par les forces de l'ordre, curieuses de savoir ce qu'il se passait à deux pas de chez eux. Lorsque Tony atterrit au sol, les gens autour de lui s'écartèrent durant quelques instants, surprises de le voir débarquer ainsi. Il se redressa et son casque se rétracta, dévoilant ainsi son visage aux traits tirés et à l'allure fatiguée. Après cela, il se dirigea d'un pas décidé en direction de l'endroit où la concentration en individus était la plus élevée avant de se faire arrêter par un policier en uniforme, qui lui demanda de ne pas avancer davantage car les civils n'étaient pas autorisés à s'approcher. Les phares de l'ambulance l'éblouissaient, alors il détourna le regard et ses yeux se posèrent sur les quelques personnes se trouvant dans la ruelle, entourant quelque chose -ou quelqu'un - d'étendu au sol. Il ne fallut que quelques secondes au milliardaire pour deviner de qui il s'agissait, et son sang ne fit qu'un tour.

−Monsieur Stark, reculez, s'il vous plait, lui demanda poliment l'homme en tendant une main vers lui afin de l'empêcher de faire un pas supplémentaire.

Bien évidemment, l'inventeur ne prit pas en compte les paroles de ce dernier, alors il força le passage, et le policier se résigna à le laisser passer, sachant que de toutes manières, il ne pourrait pas faire grand-chose pour le retenir. Il fit d'ailleurs signe à ses collègues de ne pas faire le moindre commentaire à ce sujet, comprenant la délicatesse de la situation.

−Virez-moi ces caméras de là, lança-t-il ensuite aux autres policiers en désignant les équipes de presse qui cherchaient désespérément à obtenir quelques images exclusives de ce qu'il se produisait dans la ruelle.

Tony quant à lui, s'approcha davantage, sentant l'inquiétude monter en lui. Il bouscula sans trop le vouloir un autre officier, auquel il adressa de brèves excuses sans le regarder. Il était presque en train de courir, les flashs lumineux des voitures derrière lui créant des ombres dures des passants sur les murs des bâtiments qui les entouraient. Mais alors qu'il s'apprêtait à faire quelques pas supplémentaires, l'un des secouristes le rattrapa par le bras pour le retenir, ce que le brun ne comprit pas.

−Evitez d'avancer, lui conseilla-t-il d'un ton semi-calme, nous ne savons pas exactement ce à quoi nous avons affaire…

−C'est de ma sœur dont vous parlez, s'offusqua-t-il, sentant presque sa voix se briser lorsqu'il posa les yeux sur elle. Que s'est-il passé ?

−Nous l'ignorons, lui confia l'autre homme toujours en le maintenant. Elle est en vie, mais il vaut mieux que personne ne la touche pour le moment. Nous avons essayé de nous approcher, mais… Une sorte de force nous a repoussés et empêchés de vérifier ses constantes…

Les sourcils froncés, Tony ne perdait pas des yeux Madison, dont le thorax se soulevait à un rythme irrégulier à chacune des inspirations qu'elle prenait, mais il remarqua qu'elle était loin d'être apaisée. Son corps tout entier tremblait et elle semblait presque en proie à un cauchemar, vu la façon dont son visage se crispait et ses yeux bougeaient rapidement sous ses paupières closes. De plus, il remarqua qu'une lueur bleutée apparaissait à certains moments autour d'elle avant de disparaitre aussi rapidement. Au bout d'un moment, voyant l'insistance du brun, le secouriste soupira et le relâcha doucement, permettant à ce dernier de s'avancer davantage. Tony passa donc devant deux autres ambulanciers qui parlaient de ce qu'il s'était passé ainsi que trois scientifiques qui relevaient l'intensité de l'énergie qui avait été utilisée sur les lieux plusieurs minutes auparavant. Il tomba ensuite à genoux dans la neige aux côtés de sa petite sœur, plus angoissé que jamais, puis il tendit lentement une main vers elle, sous les regards attentifs et intrigués des personnes qui se trouvaient à proximité.

−Maddie ? Maddie, tu m'entends ?

Alors qu'il ne fut qu'à plus qu'une dizaine de centimètres de son visage, une sorte d'impulsion se produisit et le fit reculer d'un demi-mètre. Les tremblements de la mutante plongée dans un état d'inconscience furent un peu plus prononcés et Tony refit les mêmes gestes que la fois précédente.

−Tout va bien, je suis là, souffla-t-il en espérant de toute son âme qu'elle pouvait l'entendre. Tu n'as plus rien à craindre, c'est fini… Je suis là, d'accord ? Je vais te ramener à la maison et tout va s'arranger…

Cette fois-ci, sa main put rentrer avec délicatesse en contact avec la joue de la jeune femme, qui sembla brusquement se calmer. Tony passa son autre bras sous le dos de Madison et la détacha légèrement du sol glacial et humide. Les regards pesants des autres individus présents dans la ruelle ne l'importaient désormais plus, il n'y avait que la santé de sa sœur qui le préoccupait à l'instant présent. Elle tremblait toujours, mais beaucoup moins, et la lumière autour d'elle disparut pour de bon. Il se rendit compte grâce à la fine couche de flocons déposée sur elle qu'elle avait dû rester seule dans ce froid, étendue par terre, un bon moment sans que personne ne puisse l'approcher, ne serait-ce que pour la recouvrir de l'une de ces fameuses couvertures de survie dont étaient pourvues toutes les ambulances. Il commença à la serrer doucement contre lui, tremblant un peu aussi à cause de toute cette angoisse qui l'animait et ressentant ce besoin de la protéger de tout le mal extérieur.

Subitement, il la vit ouvrir doucement les yeux et il ne put se retenir de pousser un soupir de soulagement lorsque leurs regards se croisèrent. Elle eut cependant du mal à y voir très clair à l'instant où elle était revenue à elle-même et elle dû cligner plusieurs fois les paupières avant que les formes qui dansaient tout autour redeviennent plus ou moins nettes. La main de la mutante se mit à tâtonner sur le côté, cherchant à s'accrocher à quelque chose, n'importe quoi et Tony le comprit facilement, alors il lui tendit la main et s'en empara chaleureusement afin de la rassurer du mieux qu'il le pouvait. La voir aussi apeurée lui faisait mal au cœur, car c'était dans des moments comme celui-ci qu'il avait l'impression de ne pas être capable de respecter à la lettre son devoir de grand frère. Il la vit alors ouvrir la bouche pour essayer de s'exprimer mais remarqua également qu'elle semblait avoir du mal à trouver ses mots. Les restes de traces de glace sur sa gorge l'inquiétèrent et davantage de questions surgirent dans son esprit concernant ce qui avait pu arriver à Madison. Les doigts de cette dernière se resserrèrent autour des siens avec peu de force, mais suffisamment pour que son bras ne retombe pas dans la neige marquée de nombreuses traces de pas ainsi que de quelques gouttes de sang. Elle bougea ensuite la tête et avec un effort considérable, tenta vainement de se redresser mais le brun l'empêcha de faire le moindre mouvement qui lui couterait de l'énergie.

−Evite de bouger, Maddie, lui souffla-t-il, reste calme… Tout va bien, je m'occupe de toi…

Elle essaya une nouvelle fois de parler et cette fois-ci, Tony entendit les quelques mots qu'elle lui murmura en bégayant.

−S… Salut frangin…

Il esquissa un sourire, amusé malgré lui par ce genre de réponse et baissa légèrement la tête avant de soupirer.

−Tu ne t'imagines pas la peur que j'ai eue… Tu ne répondais plus, et tous les pires scénarios ont commencé à émerger dans ma tête… Ecoute, je ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé pour le moment, il faut avant tout que je te sorte de là.

−Je… Je peux m… Marcher, t'inquiète…

−Et puis quoi encore ? répliqua-t-il d'une voix où pointait un soupçon de reproches. Tu es loin d'être au meilleur de ta forme, et je pense que les ambulances mettront trop longtemps avant de t'amener à l'hôpital le plus proche. Oui, tu vas à l'hôpital, ajouta-t-il en voyant sa sœur froncer les sourcils, comme si elle était contre cette idée. Je serais nettement rassuré à l'idée qu'un spécialiste s'occupe de toi, d'accord ?

Elle se résigna à hocher doucement la tête pour approuver les propos du milliardaire, avant que ses yeux ne recommencent à se fermer et que son nez se remette à saigner faiblement, ce qui alarma immédiatement l'homme. Il passa son bras gauche sous le dos de la mutant et l'autre sous ses jambes avec énormément de précaution puis il se redressa progressivement en portant Madison, qui fut en mesure de passer son bras droit autour du cou de son frère afin de se serrer davantage contre lui. Non loin d'eux, dans la rue principale perpendiculaire à la ruelle, les journalistes qui n'avaient pas été chassés actionnèrent leurs flashs, souhaitant avant tout obtenir les meilleurs clichés possibles qu'ils vendraient ensuite à la presse locale, mais les forces de l'ordre, voyant le regard que Tony leur jeta, se hâtèrent de les réprimander avant de les forcer à reculer. Les quelques secouristes qui avaient assisté à toute la scène regardèrent l'homme avec appréhension, avant que celui-ci n'acquiesce simplement afin de leur faire comprendre qu'il gérait la situation.

Le casque de son armure se déplia tout autour de son crâne et après avoir regardé une dernière fois en direction des policiers, il prit son envol en tenant sa sœur serrée contre lui, sentant que celle-ci commençait à se rendormir. La boule qui s'était formée dans son estomac semblait ne plus vouloir le quitter, et il poussa ses propulseurs à fond pour accéder au centre des urgences au plus vite, craignant déjà ce qui pourrait arriver par la suite. Malgré sa carapace de métal, le froid qui émanait de Madison se faisait ressentir à un tel point que cela le fit frissonner et il se demanda pendant un instant comment elle pouvait encore tenir avec une température interne qu'il jugeait excessivement basse. Il chassa ses pensées les plus sombres pour ensuite se concentrer sur l'itinéraire que lui proposait l'intelligence artificielle, jetant de temps à autres quelques regards furtifs vers la mutante, qui était à moitié inconsciente dans ses bras.

Monsieur, l'informa la voix robotique à l'intérieur de son casque, l'hôpital le plus proche est Lenox Hill sur Lexington Avenue. Souhaitez-vous vous rendre à cette destination ?

−Je compte sur toi pour m'indiquer la route, même si le chemin m'est déjà familier, lança-t-il, et un plan apparut dans son champ de vision, qu'il suivit avec énormément de précision. Préviens Pepper, dis-lui que je ne serai pas de retour avant peut-être quelques heures.

Message envoyé, Monsieur.

Tony suivit sans rien ajouter la voie qui lui été donnée et mit moins d'une minute à arriver sur place grâce à la vitesse impressionnante à laquelle il se déplaçait grâce aux améliorations qu'il avait eu l'occasion d'apporter à son armure durant son temps libre. Il atterrit dans un bruit sourd devant l'entrée du bâtiment, où quelques internes en blouses blanches semblant être en train de prendre quelques instants de pause avant de retourner se mettre au travail. Lorsqu'ils virent les deux individus débarquer de la sorte, deux d'entre eux virent à leur rencontre avec rapidité, ayant remarqué l'état de la jeune femme tandis que les autres retournèrent à l'intérieur afin de prévenir des médecins qu'ils risquaient d'avoir du boulot. Les deux jeunes scientifiques arrivèrent à la portée de Tony et l'un d'entre eux se pencha au-dessus de la mutante afin de directement commencer à l'examiner, et il commença par sortir une lampe de sa poche. Très précautionneusement, il souleva l'une de ses paupières et eu un bref mouvement de recul en voyant l'œil qui avait pris une teinte bleu acier fixer le ciel.

−Que lui est-il arrivé ? demanda le second à Tony.

−Je n'en sais rien, déclara-t-il, inquiet, tandis que son casque disparut à nouveau. Je l'ai retrouvée comme ça, je ne sais pas ce qui a pu se produire, affirma-t-il en remarquant que quelques curieux, simples visiteurs et patients avaient l'air de prêter attention à ce qui se tramait devant l'hôpital. Vous pensez pouvoir le déterminer, vous ?

−On va essayer, lui dit l'interne en faisant signe à ses collègues qui revenaient avec un brancard avant de les rejoindre. Allez-y, déposez-là doucement, indiqua-t-il en accompagnant les gestes du brun, puis il plaça autour de la jeune femme les sangles de sécurité qui l'empêcheraient de tomber et il finit par se diriger vers les portes automatiques qui s'ouvrirent sur leur passage, Tony sur les talons. Préparez la salle des scanners, lança-t-il à un autre individu ayant revêtu une blouse similaire à la sienne, et prévenez le Docteur Lane, dites-lui que nous avons une patiente dont il faut s'occuper sur le champ !

Le ton autoritaire qu'employait cet homme surprit Tony, qui ne s'attendait pas à voir un jeune en fin d'études de médecine faire preuve d'autant de calme dans une situation si délicate et donner des ordres si précis. Il ne fit aucun commentaire et se contenta de suivre le brancard qui emmenait sa petite sœur sur, il l'espérait, la voie d'une guérison rapide. Les gens s'écartaient sur leur passage, voyant qu'il ne fallait surtout pas bloquer le chemin à cet instant. Le scientifique s'arrêta ensuite juste devant une imposante porte claire et entra dans la pièce qui se trouvait juste derrière afin de s'entretenir avec les médecins à l'intérieur, signalant à son collègue de ne pas lâcher Madison des yeux. Le brun resta également à ses côtés et attrapa sa main, voyant que celle-ci s'était remise à trembler aussi fortement que dans la ruelle. Il regarda avec méfiance l'homme qui lui faisait face lorsque ce dernier prépara une seringue mais voyant le regard qui lui était jeté, il se défendit rapidement.

−C'est un calmant. Il faut lui en administrer un avant que sa crise ne s'aggrave, lui expliqua-t-il, et il attendit presque que Stark lui donne son accord avant d'administrer le produit à la jeune femme, étant légèrement intimidé par sa présence.

Cependant, lorsqu'il essaya de planter l'aiguille dans le bras de la mutante après lui avoir délicatement attrapé le poignet pour la maintenir immobile, la même réaction que dans la ruelle eu lieu, mais en plus violent cette fois-ci. Le second interne relâcha la seringue qui se brisa sur le sol et fut propulsé quelques mètres en arrière par une onde choc invisible, et une vague de glace se répandit brusquement dans le couloir. Le jeune arriva heureusement à se rattraper avant de tomber à terre, quelque peu perturbé par la tournure des événements, de même que toutes les personnes qui venaient d'assister à ce phénomène. Le givre qui arpentait murs et sols commença ensuite à doucement disparaitre, laissant cependant les gens totalement abasourdis. Tony se hâta d'attraper la main de sa petite sœur pour la serrer entre les siennes et il lui murmura avec douceur :

−Chhhh, reste calme, tout ira bien…

A nouveau, elle se détendit à l'entente de la voix rassurante de son frère et ses tremblements cessèrent subitement.

−Maddie, il faut que tu me dises ce qu'il s'est passé là-bas… En sachant, on pourra t'aider… Il faut juste que tu me le dises…

Avec peine, elle parvint à tourner la tête vers lui et plongea ses yeux bruns fatigués dans les siens puis arriva à lui souffler brièvement, avant que le premier interne ne revienne la chercher afin de l'emmener dans la salle d'examens :

−G… Géants… des… glaces…

. . . . . . . .

Tony avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il se retrouvait assis sur cette chaise plus qu'inconfortable, dans le couloir où il avait dû laisser les médecins prendre en charge Madison. Il s'était rapidement débarrassé de son armure, qui s'était démolécularisée avant de se ranger directement dans le bracelet accroché à son poignet, prévu à cet effet et qui le quittait rarement. Il avait désormais ses avant-bras appuyés sur ses cuisses, le regard rivé vers le bas et son pied tapotait nerveusement le sol depuis un bon moment déjà. Ses pensées s'entrechoquaient et tout un tas d'images lui venaient en tête, images qu'il souhaitait chasser sans pour autant y parvenir, ce qui l'angoissait encore plus. Il quitta sa place et se mit à faire les cent pas, s'attirant les regards de quelques individus autour de lui mais il n'y prêta pas attention. Il espérait seulement que les nouvelles ne tarderaient pas à tomber de la part des scientifiques, qu'il attendait avec impatience. Il sursauta lorsqu'il entendit son téléphone sonner dans sa poche, s'étant presque déconnecté du monde extérieur. Il extirpa l'appareil de la poche de son pantalon et soupira en reconnaissant la personne qui cherchait à le contacter. Il décrocha et mena le portable à son oreille.

−Je suis désolé, je ne pense pas que je vais rentrer tout de suite…

Ne t'inquiète pas pour ça, le rassura immédiatement une voix féminine qui résonnait comme une mélodie apaisante à ses oreilles, je sais bien que tu es occupé pour le moment… Tu es certain que tu ne veux pas que je te rejoigne, Tony ?

−Non, je préfère que tu restes à la tour pour le moment. Mais je te promets que dès que j'ai du nouveau, je te préviens, et j'essayerai de rentrer au plus vite, je te le promets.

Ta sœur a besoin de toi avant tout. Ecoute, s'il faut que tu passes la nuit à l'hôpital pour être à ses côtés, ce n'est certainement pas moi qui vais t'en empêcher. S'il le faut, je ferai le déplacement pour vous rejoindre tous les deux d'ici une heure ou deux, parce que te savoir aussi stressé et inquiet m'angoisse encore plus…

Il soupira et s'appuya contre un mur à l'aide de sa main gauche, puis il se frotta brièvement les yeux.

−Je ne sais pas quoi faire…

Sois là pour elle à son réveil, ça la rassurera énormément de savoir qu'elle n'est pas seule, d'accord ? lui dit-elle et l'homme émit un son à faible intensité sonore afin d'approuver. Sinon… Est-ce que tu sais ? Je veux dire, tu as compris ce qu'il lui est arrivé ou non ?

−Pas… Pas exactement, déclara-t-il en secouant un peu la tête. J'y réfléchis encore.

Tu me diras quoi lorsque tu auras trouvé, et j'espère sincèrement que les choses vont rapidement s'arranger…

−Moi aussi, Pepper… Moi aussi… Mais tu n'as pas un voyage à préparer ? Je croyais que tu devais partir demain matin à la première heure pour le Canada…

Je peux toujours l'annuler si besoin, ou bien simplement le reporter…

−Disons qu'avec ce qu'il se trame ici, je préfèrerais que tu sois loin pour le moment, histoire qu'il ne t'arrive rien, que tu sois en sécurité jusqu'à ce que l'on se soit assurés que toutes les menaces ont bien été éliminées.

D'accord, je comprends. Si jamais tu n'es pas rentré avant demain matin, je me débrouillerai pour vous rendre visite avant de partir alors…

−Faisons comme ça, confirma l'homme avec un semblant de sourire. A plus tard.

−A plus tard, Tony… Je t'aime…

−Moi aussi je t'aime.

Ce fut elle qui raccrocha cette fois-ci, laissant son compagnon réfléchir à ce qui pourrait risquer de leur tomber dessus prochainement. Il se doutait que ce n'était que le début d'un enchainement de mauvaises surprises dont ils auraient du mal à se relever. Bien plus qu'à leur habitude. Il rangea son téléphone dans sa poche, le regard totalement perdu dans le vide et s'empara de son transmetteur, qui ne lui servait plus qu'à contacter sa sœur lors des missions qui leur étaient confiées. Rien d'autre ni personne. Il avait coupé les ponts avec beaucoup de gens, mais il se décida cette fois de demander de l'aide à quelqu'un qui était plus susceptible de s'y connaitre en la matière. Il chercha parmi les contacts pré-enregistrés et hésita quelques instants avant de presser le bouton qui lui permettrait d'enregistrer un message qu'il enverrait ensuite s'il ne l'avait pas supprimé entre-temps. Il appuya son dos contre une colonne de ciment repeinte en beige et soupira, puis il commença à parler, après avoir porté le transmetteur plus près de son visage.

−Hum… Salut. Je sais bien que ça fait un bail qu'on ne s'est pas parlé, toi et moi. Et pour cause, y'a une bonne distance qui nous sépare. De toutes façons, je ne sais même pas où tu te trouves pour le moment… Tu es peut-être même en train d'agoniser quelque part sans que personne ne le sache, qui sait… Excuse-moi, se reprit-il rapidement, c'est simplement mon côté pessimiste qui est en train d'essayer de reprendre le dessus. Oublie tout ce que je viens de dire. Je cherchais à te contacter parce que… Bon, c'est un peu compliqué, soupira-t-il. Je ne sais pas si tu es au courant de ce qu'il s'est produit dernièrement de notre côté, mais ça n'a rien de bien réjouissant, sache-le. Et ce soir, j'étais en mission avec ma sœur. Bref, un truc de routine, mais… Je n'ai pas trop compris comment les choses ont fini par déraper. D'après elle, des Jotüns se sont introduits illégalement sur le sol terrestre avant de disparaitre peu de temps après. J'ignore pourquoi ils sont venus et ce qu'ils voulaient, mais Maddie s'est retrouvée face à eux pour les affronter et…

Il marqua une courte pause, cherchant les mots adéquats.

−Pour faire court, ça ne va pas trop, ici… J'aimerais en savoir plus sur l'intrusion des géants des glaces, mais je n'étais pas sur place. Je suis arrivé plus d'un quart d'heure plus tard et ils s'étaient déjà sauvés pour se rendre je ne sais où. Loin, j'espère. Ils n'ont plus intérêt à s'approcher de nous, ou je risque de très mal les accueillir. A ce stade-là, je m'en fous de la diplomatie. J'aimerais juste savoir s'il était possible que… Que tu nous rejoignes rapidement, si jamais tu as de la place dans ton agenda de super justicier… Ça ne te dira peut-être rien, mais je suis à l'hôpital Lenox Hill dans l'Upper East Side. Au pire, si jamais tu viens, demande à des gens de te montrer le chemin, ou appelle-moi et j'enverrai quelqu'un venir te récupérer, où que tu te trouves. J'ai… Je crois que j'ai vraiment besoin d'un coup de main. En espérant que tu n'aies pas paumé ton transmetteur et que tu reçoives ce foutu message dans les plus brefs délais… A bientôt peut-être.

Il abaissa l'appareil, envoya finalement le message puis poussa un autre soupir avant de se diriger vers la fontaine à eau qui se trouvait dans le coin de l'espace d'attente. Il actionna le robinet, passa sa main sous l'eau glacée puis la porta à son visage et il se sentit un petit peu mieux au contact de cette délicieuse fraîcheur. Il attrapa ensuite un gobelet en carton qui se situait juste à côté et commença à le remplir, le regard perdu dans le vide et le doigt appuyé sur le bouton qui permettait à l'eau de s'écouler. Au bout de quelques secondes, il porta le récipient à ses lèvres et se força à boire une petite gorgée car malgré son manque de soif, il savait que son corps avait besoin de s'hydrater un minimum.

Lorsqu'il s'apprêta à boire à nouveau, il fronça les sourcils en voyant les petites vaguelettes qui se formaient à la surface de son breuvage, ce qui lui rappela par ailleurs une scène du si célèbre film Jurassic Park, et quelques instants plus tard, il se rendit compte que les meubles tremblaient légèrement autour de lui et des médecins qui s'affairaient dans le couloir principal. En entendant le ciel gronder à l'extérieur, il lâcha son gobelet et se précipita à grandes enjambées en direction de la porte par laquelle il était arrivé quelques heures plus tôt en compagnie de sa petite sœur, ayant une sorte de présentiment. Les portes vitrées étant déjà ouvertes pour permettre à des urgentistes de passer, Tony se précipita dehors et s'arrêta au milieu de la cour de l'hôpital, les yeux rivés vers les cieux et l'air légèrement inquiet. Quelques éclairs violents et éblouissants zébrèrent la voute céleste, accompagnés d'un bruit sourd qui fit sursauter les quelques individus qui se trouvaient à l'extérieur.

Brusquement, un objet qui lui semblait familier tomba alors du ciel et aller s'écraser dans la pierre à quelques mètres du brun, mais ce dernier n'eut pas plus peur que cela. Il fut surtout surpris, mais pas le moins du monde apeuré. Il pencha légèrement la tête sur le côté et plissa un peu les yeux afin de mieux détailler l'objet en question, et lorsqu'un nouveau flash fit son apparition, il leva à nouveau la tête. Cette fois-ci, ce ne fut pas quelque chose qui vint atterrir sur le sol grisâtre mais quelqu'un. Une couche de poussière se souleva et l'enveloppa durant quelques instants, tandis que l'un de ses genoux reposait à terre. Il tandis le bras vers la gauche, et l'objet se souleva dans les airs avant de le rejoindre. Après cela, l'individu se redressa lentement sous les regards à la fois étonnés et admiratifs des quelques personnes qui n'étaient toujours pas rentrées.

Tony soupira de soulagement en le voyant, même si de nombreuses questions naissaient au même moment dans son esprit. Lorsque l'autre homme le vit, il eut une réaction similaire à la sienne : une pointe de délivrance et de réconfort mêlée à de l'anxiété.

−Je ne m'attendais pas à ce que tu débarques aussi rapidement, confia le milliardaire au dieu nordique en allant à sa rencontre d'un pas assuré.