Behind blue eyes-Limp Bizkit's cover


31 décembre 2016

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Les recherches et travaux qu'effectuaient Tony, Madison et Thor avançaient lentement, mais sûrement. Ils n'avaient toujours pas trouvé de solution définitive, mais ils ne perdaient pas espoir, au contraire. Ils redoublaient même d'effort, et le docteur Lane leur avait prêté main forte la veille durant la matinée ainsi que deux jours plus tôt pendant tout l'après-midi et ensemble, ils avaient atteint les treize pourcents de chances de réussite, ce qui était un grand bond pour eux. L'ambiance dans le laboratoire était toujours très bonne, maintenant que tous les non-dits avaient finalement disparu.

Même s'il faisait mine de rien, Tony remarquait les quelques petits coups d'œil discrets que s'échangeaient de temps à autre Thor et Madison, se souriant par la même occasion, avant de retourner au travail en redevenant aussi sérieux que possible. Le milliardaire avait l'impression qu'il n'avait plus vu sa petite sœur aussi enjouée depuis un bon moment. Lui qui avait eu si peur de la voir définitivement baisser les bras, il demeurait soulagé de constater qu'elle semblait s'être reprise en mains, ce qui le réjouissait. Il la voyait se donner au maximum, ne prenant que très peu de pauses dans la journée, et il était persuadé que s'il n'avait pas insisté pour qu'elle se repose durant au moins une heure dans le courant de l'après-midi, elle ne l'aurait pas fait du tout. La santé de la mutante ne cessait de se détériorer, mais aucun des trois n'avait l'intention d'abandonner l'affaire de sitôt. Surtout Madison elle-même, qui voulait désormais se battre jusqu'au bout.

Jake les avait appelés chaque soir pour les tenir au courant de l'avancée des événements et d'après lui, il n'y avait pas eu de nouvelle attaque, ce qui était assez positif, en somme. Le procureur ne baissait cependant pas sa garde, brûlant d'envie de savoir ce qu'il se passait réellement avec les dispositifs étranges et inapprochables laissés par l'inconnue. Tony, de son côté, essayait également d'en apprendre davantage grâce à la vidéo de surveillance qui avait tout enregistré dans les moindres détails, mais à chaque fois qu'il essayait d'effectuer un zoom sur la personne qui était à l'origine de tous ces troubles, l'image se figeait, se brouillait et s'assombrissait pour il ne savait quelle raison, ce qui ne faisait que le frustrer encore plus, mais il parvenait pourtant à conserver un certain calme apparent.

Charles aussi avait téléphoné deux jours plus tôt pour savoir comment évoluaient les choses du côté de la famille Stark et pour apporter son aide, ainsi que celle de Hank McCoy, avec qui ils discutaient via visio-conférence. La jeune femme, bien que surprise que les deux individus aient été mis dans la confidence, était rassurée de constater qu'elle pouvait compter sur eux, qu'ils seraient là pour l'épauler. Elle avait craint d'être seule, mais elle savait désormais qu'elle était bien loin de l'être. Elle avait son frère, ses amis et… Elle ignorait toujours comment elle était supposée qualifier l'asgardien, maintenant que leur relation s'était transformée, mais elle ne pensait pas qu'il s'agissait pour autant d'un souci, au contraire. Elle se sentait bien avec lui, et pour rien au monde elle n'aurait voulu que cela change.

Il lui arrivait parfois d'avoir ce qui s'apparentait à des chutes de tension qui étaient en fait directement liées au fait que la glace ensorcelée qui se développait lentement autour de ses poumons ne faisait que gagner du terrain. Dans ces moments-là, elle s'appuyait au rebord d'une table ou d'un bureau durant quelques secondes le temps que cela passe, puis elle continuait à agir comme si de rien n'était, sous les regards avisés des deux hommes qui s'abstenaient cependant de faire des commentaires, sachant qu'elle ne voulait pas qu'on la traite comme ce qu'elle était ; malade et possiblement condamnée. Leur inquiétude n'en baissait pas moins, mais ils ne le laissaient pas paraitre. Il fallait qu'ils gardent la tête froide aussi longtemps que possible s'ils voulaient avancer dans leurs recherches.

Dès qu'ils pensaient avoir fait une « découverte » importante, Tony administrait à petites doses un concentré du produit obtenu à sa sœur et consultait les résultats grâce aux scans effectués par Friday, qui lui remettait toutes les données concernant l'organisme de la mutante. Cette dernière réagissait parfois au produit en question, mais au final, cela ne donnait jamais grand-chose. Alors, ils reprenaient leur travail, toujours aussi motivés que la fois précédente, voir même plus.

C'était désormais le trente-et-un décembre, dernier jour de cette année deux-mille-seize qui avait marqué un véritable tournant dans leur vie. A l'aube du mois de janvier, ils ne faisaient que se demander ce qui les attendait à l'avenir, et au plus profond d'elle, Madison craignait que ses cauchemars se réalisent. Elle n'en avait parlé ni à Thor, ni à Tony, mais elle espérait qu'ils seraient là le jour où elle se sentirait enfin prête à tout leur confier. En attendant, elle faisait tout pour laisser ces visions d'horreur terrées dans un coin de son esprit, s'effaçant derrière l'obscurité. Elle ne voulait pas que ce qu'elle avait vu se réalise, et elle était prête à tout pour empêcher ça. Perdre des proches, ou pire, leur faire du mal… Elle refusait que cela se produise, c'était pourquoi elle se dissuadait de penser que les risques que ça arrive réellement étaient élevés. C'était ainsi qu'elle voyait les choses, et pas autrement.

Un ciel sombre, parsemé d'étoiles scintillantes, recouvrait désormais la ville de New-York qui était, comme à son habitude, très animée malgré l'heure tardive. Les gens se rassemblaient dans les rues, notamment sur Times Square. La neige s'était remise à tomber en début d'après-midi, dissimulant les routes goudronnées sous un fin manteau blanc sur lequel la lumière chaleureuse diffusée par les lampadaires se reflétait en un rayon semblable à un halo flottant au-dessus du sol et donnant un air presque mystique à la ville, la transformant en un lieu hors du temps qui permettait de fuir la cruelle réalité dans laquelle le monde était plongé depuis si longtemps. Cette neige à l'aspect cotonneux donnait l'illusion que plus rien de mauvais ne pouvait se produire. Du moins, le temps d'une nuit.

C'était cette vue que Tony observait depuis son bureau, se tenant à quelques centimètres de la large fenêtre de la pièce, un verre de scotch à la main, son autre main se trouvant dans la poche de son pantalon noir. Ses yeux étaient focalisés sur l'horizon, mais son esprit était ailleurs depuis plusieurs minutes déjà. Quoi qu'il soit en train de faire, jamais il n'arrivait à mettre son esprit au repos pour ne serait-ce qu'une trentaine de secondes. Il était toujours préoccupé par quelque chose, que cela soit important ou non et le soir, il se demandait pourquoi il se sentait aussi épuisé même après avoir enchainé les cafés afin de conserver un minimum d'énergie.

Il but une petite gorgée de sa boisson alcoolisée, sentant alors une forme de chaleur irradier sa bouche. C'était fort, mais ça lui faisait du bien, en plus de lui permettre de se calmer plus facilement les nerfs. Il lâcha un profond soupir avant d'achever le contenu de son verre d'une traite, puis il posa son verre sur le bureau qui se trouvait à côté de lui et croisa les bras d'un geste mécanique. Il ne se retourna pas lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à la porte, mais il signifia quand même d'une voix forte à la personne qui se trouvait derrière, qui qu'elle soit, qu'elle pouvait entrer, ce qu'elle fit quelques instants après.

−Tony ? lança la voix calme de sa petite sœur dans son dos. Je crois qu'il y a un souci avec la porte du salon…

Le concerné esquissa un petit sourire amusé avant de se tourner et il se figea un instant, admirant des pieds à la tête la jeune femme qui venait d'entrer dans le bureau. Elle portait une élégante paire de chaussures noires à talons, un ruban de la même couleur venant s'enrouler autour de ses chevilles. Sa robe avait une découpe raffinée, un col bateau et des manches longues. La partie supérieure était blanche tandis que la jupe évasée qui lui arrivait aux genoux était d'un vert profond qui rappelait à Tony la teinte que pouvait prendre les yeux de Madison lorsqu'elle utilisait ses pouvoirs. Une ceinture noire séparait les deux parties, rappelant le coloris des chaussures. Le regard de l'inventeur s'attarda ensuite sur le visage de sa sœur, encadré par quelques mèches rebelles, mais la majorité de sa chevelure était relevée en une haute queue de cheval qui retombait en boucles soyeuses sur son épaule droite.

−Maddie… souffla l'homme. Tu es magnifique, déclara-t-il.

−C'est vrai ? lui demanda-t-elle avec un air presque gêné, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille.

Il acquiesça et la rejoignit, puis il posa ses deux mains sur ses épaules, la regarda dans les yeux et répéta sa phrase d'une voix douce avant de déposer un baiser sur son front. Lorsqu'il recula d'un pas pour mieux la voir, ils se sourirent mutuellement, puis l'homme passa un bras autour d'elle et ils quittèrent le bureau ensemble, les lumières de celui-ci s'éteignant une fois qu'ils en furent sortis.

−Je suis content que tu aies accepté que l'on fasse quelque chose pour le Nouvel An, lui confia Tony tandis qu'ils arpentaient les couloirs. Je sais que… Qu'on n'a pas vraiment fêté Noël parce que… Eh bien, ni toi n'étions vraiment d'humeur, mais on va se rattraper ce soir, affirma-t-il en jetant un bref coup d'œil dans sa direction.

−Ouais… Mais les choses se sont améliorées, pas vrai… ? dit-elle, l'ombre d'un sourire naissant sur son visage. Enfin, plus ou moins… Je veux dire, tu es plus heureux que le mois dernier, par exemple, non ?

−En quelques sortes, oui, reconnut-il, continuant à avancer, puis il remarqua que le regard de Madison sembla se perdre dans le vide. Ça va ? A quoi penses-tu ? la questionna-t-il, craignant une potentielle absence de sa part.

−… Est-ce que tu lui en veux toujours… …. A Steve… ? ajouta-t-elle, hésitante, et elle vit les yeux de l'homme s'assombrir, ce qui l'inquiéta un peu. Je… Je voulais juste savoir comment tu te positionnais par rapport à tout ça, maintenant que plusieurs mois ont passé….

−Et toi ? répondit-il. Tu ne m'as jamais vraiment parlé de ton ressenti, alors que je sais que ce qu'il s'est passé t'a marquée, donc qu'en penses-tu ?

−J'ai demandé la première, répliqua-t-elle d'un ton dans lequel on percevait une touche enfantine, ce qui détendit l'atmosphère et l'inventeur par la même occasion, et ils soupirèrent à l'unisson.

−Tu sais, reprit-il après avoir pris quelques secondes afin de réfléchir, il nous a menti. Il nous a fait croire qu'il ignorait l'identité de celui qui avait détruit notre famille, et ça… Celui qui ne connait pas la vérité, enchaina-t-il très sérieusement, celui-là n'est qu'un imbécile, mais celui qui la connait et la qualifie de mensonge, celui-là…

−… est un criminel, acheva Madison, se rappelant soudainement de la phrase qu'elle avait pu lire sur la pierre tombale de Tony dans sa vision. Brecht…. Murmura-t-elle tandis qu'il acquiesça, confirmant ses dires.

−Exact… Mais écoute, je préfère que nous n'en parlions pas pour le moment, si tu permets.

−Je comprends, ne t'en fais pas, lui assura-t-elle, acceptant de passer à autre chose.

−Donc, reprit-il, bien décidé à changer de sujet, tu as dit qu'il y avait un souci avec la porte du salon, si je me souviens bien.

−Oui, je n'arrive pas à l'ouvrir, lança-t-elle d'une voix plus énergique. J'ai tout essayé, mais elle est restée fermée, et lorsque j'ai demandé un petit coup de main à Friday, elle ne m'a même pas répondu, alors soit il y a vraiment un problème, ou ton Intelligence Artificielle ne m'apprécie pas, au choix…

−Elle n'a pas répondu ? Etrange, ça… souffla Tony, tandis qu'ils arrivaient justement devant la porte en question.

Bonsoir, Monsieur, retentit la voix robotisée, et la mutante ne se priva pas d'afficher un air outré. Comment puis-je pour venir en aide ?

−Bonsoir, Friday, répondit-il. Dis-moi, est-ce qu'il y aurait, par le plus grand des hasards, une quelconque défaillance technique qui nous empêcherait d'accéder à cette pièce, ou bien es-tu simplement d'humeur taquine, ce soir ?

Ni l'un, ni l'autre, je ne fais qu'exécuter les ordres.

−Les ordres de qui ?

Les vôtres, Monsieur, affirma Friday, et on aurait pu croire qu'elle était amusée.

−Tiens donc, lâcha Tony en croisant les bras, un sourire aux lèvres, alors que Madison fronçait les sourcils, ayant de mal à suivre. Eh bien, acceptes-tu que l'on entre, si c'est moi qui te le demande ?

Bien sûr, répondit-elle, un déclic se faisant entendre.

−… Alors comme ça, on se ligue contre moi, tous les deux ? lança la brune, faussement énervée, croisant les bras à son tour. Pas très sympa, ça…. Poursuivit-elle en voyant la porte s'entrouvrir, puis son frère posa la main dessus et la poussa légèrement.

−Je t'en prie, après toi, lui signifia ce dernier en s'écartant, lui faisant signe d'entrer, ce qu'elle fit sans protester et elle se figea un moment lorsqu'elle fut à l'intérieur de la pièce.

−Ce… C'était là, ça, avant… ? parvint-elle à articuler en désignant l'immense arbre de Noël illuminé qui trônait au milieu de la salle de séjour, décorés de guirlandes qui diffusaient un éclairage chaud et doux, puis Tony, mains sur les hanches, la rejoignit, fier de lui. Il va vraiment falloir que tu m'expliques comment tu as réussi à faire ça, sachant que j'ai quitté le salon il y a moins d'une heure…

−Disons qu'il a reçu de l'aide, s'exclama une voix qu'elle connaissait bien, et elle vit un homme en costume noir s'approcher. Tu ne pensais quand même pas qu'il serait capable de se débrouiller tout seul pour un truc pareil, alors qu'il a déjà du mal à compter jusqu'à dix sans se tromper…

−Je me demande encore pourquoi je l'ai invité… marmonna Tony en levant les yeux au ciel, faisant mine d'être agacé.

−Salut Happy, lança joyeusement Madison en allant à la rencontre du nouvel arrivant, et il la serra affectueusement dans ses bras durant quelques secondes, puis elle le regarda, d'abord surprise qu'il n'y ait pas eu de répulsion. Je ne pensais pas que tu pourrais te libérer, dit-elle en apercevant ensuite Pepper arriver. Alors, le Canada ?

−Grand et froid, mais particulièrement accueillant, déclara-t-elle en la saluant à son tour, avant de se diriger vers son compagnon. Et puis je suis rentrée ici, et je me suis rendu compte que c'était tout aussi accueillant et que la bonne humeur semblait avoir regagné ces murs…

−Il est possible que ce soit à cause de l'irruption de Blondie, proclama Tony en allant chercher la bouteille qui était déposée sur la table de la salle à manger. D'ailleurs, en parlant de lui, où a-t-il encore disparu ?

−Nulle part, s'exclama le concerné en faisait irruption dans la pièce, vêtu d'un pantalon classique noir et d'une chemise blanc cassé aux manches retroussées, ce qui le changeait de son habitude et même si elle l'avait voulu, Madison n'aurait pu détacher son regard de lui. J'étais… il s'interrompit un instant en voyant lui aussi la mutante. J'étais en train de me préparer, dit-il simplement sans la lâcher des yeux, tous deux s'échangeant alors un petit sourire discret. Happy, salua-t-il ensuite poliment le troisième homme.

−Thor, répondit-il simplement, une main en poche.

−Hum… On attend quelqu'un d'autre ? demanda soudainement Madison, constatant que la table était dressée pour six personnes, alors qu'ils n'étaient que cinq, puis Tony lui fit signe de se retourner afin de regarder en direction de la partie du salon qui était plongée dans la pénombre, où une silhouette se tenait juste devant la fenêtre, bras croisés, et la mutante dut prendre un instant avant de pouvoir s'exprimer. Tasha… ?

−Aux dernières nouvelles, c'est bien ainsi que je m'appelle, répondit cette dernière en s'approchant, arrivant dans une zone bien plus éclairée, s'exposant ainsi dans sa robe bustier simple, noire et élégante. J'avais terriblement envie de passer le réveillon du nouvel an toute seule de mon côté à trier de la paperasse inutile en mangeant une pizza devant un film de Noël complètement ridicule, lança-t-elle, une pointe d'amusement dans la voix, mais ton frère a malheureusement insisté pour que je vienne…

La brune hésita, se souvenant ne pas avoir été très correcte avec elle au téléphone quelques jours plus tôt, alors que la rouquine cherchait simplement à s'assurer que tout allait bien. Elle ne savait donc pas si elle devait oui ou non rester en place, mais c'est lorsque Natasha décroisa les bras qu'elle vit cela comme une invitation et qu'elle marcha d'un pas assuré vers elle pour aller la serrer dans ses bras. L'autre femme lui rendit son étreinte, ne masquant pas la joie qu'elle avait de la retrouver. Elles restèrent ainsi durant un moment, au cours duquel la mutante s'excusa dans un murmure que seule sa meilleure amie pu entendre, et celle-ci lui répondit qu'elle n'avait absolument pas besoin de lui présenter des excuses. Elles se séparèrent lorsque le propriétaire des lieux se racla la gorge afin d'attirer l'attention de tout le monde.

−Bon, je vous propose de passer à table, si ça ne vous dérange pas, s'exclama-t-il avec entrain.

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Cette soirée faisait partie des meilleures soirées que Madison ait passées. Entourée de ses proches, dans une ambiance excellente, autour d'un très bon repas… Et une très bonne bouteille. Elle avait trouvé cela parfait, et pour rien au monde elle serait passée à côté. Ils s'étaient ensuite installés dans le salon pour discuter tranquillement, puis le petit groupe s'était divisé en deux ; Tony, Happy et Pepper d'un côté, Madison, Natasha et Thor de l'autre. Tony avait trainé ses deux acolytes dans la cuisine tandis que le reste n'avait pas bougé de la salle de séjour.

−Du nouveau ? demanda Happy à son meilleur ami.

−Un peu, acquiesça l'autre homme. Ça avance très lentement, mais je garde espoir.

−Elle avait l'air d'être fatiguée, releva Pepper, appuyée contre le plan de travail, même si elle cache très bien son jeu… Et elle m'a parue un peu absente, toute à l'heure. Je pense qu'il vaut mieux continuer à surveiller ça, non ?

−Ne t'inquiète pas, Friday s'en charge, la rassura Tony. En revanche, je m'inquiète par rapport à la glace.

−La glace ?

−Celle qui s'étend dans la cage thoracique de Maddie. On dirait que sa course est plus rapide depuis quelques jours, et je ne sais pas comment la stopper, mais il est hors de question que je me laisse abattre aussi facilement. Je vais trouver, il le faut, déclara-t-il en leur servant un verre chacun, puis il les leur donna. Quelles nouvelles concernant Stark Industries, Miss Potts ?

−Que de bonnes choses. Je n'ai jamais vu des associés aussi motivés.

−Tant mieux. Et toi, de ton côté, rien à déclarer ? lança-t-il à Happy.

−A part le petit du Queens qui n'arrête pas de m'envoyer des messages pour me signaler qu'il est prêt pour une nouvelle mission ? Oh, trois fois rien, penses-tu… Sérieusement, je suis supposé lui dire quoi ? Je ne sais même pas quoi lui répondre pour gentiment lui signifier que nous n'avons pas besoin de lui.

−Oui eh bien, tu es le chef de la sécurité, trouve un truc, invente, je n'en sais rien, répondit Tony en haussant les épaules. Pour l'instant, tout baigne, non ? affirma-t-il, faisant soupirer Pepper et lever les yeux au ciel à Happy. Allez, santé, acheva-t-il en trinquant avec eux.

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−Traquée par le Gouvernement, mais toujours prête à venir nous rendre visite…

−Que veux-tu, on ne se refait pas… Et puis, la vie de fugitive, ce n'est pas aussi terrible qu'on peut le croire, tu devrais essayer, à l'occasion, commenta Natasha en portant sa coupe de champagne à ses lèvres.

−Disons que j'ai de la chance que Jake se soit porté garant de mon comportement… Je te promets que la prochaine fois que je le vois, je lui parle de ton cas. Et de Clint, et… Et Scott, et Sam, et Peter… énuméra Madison en soupirant. Je vais essayer, mais je ne te promets rien.

−Oh, ne t'en fais pas pour nous. On s'en sort plutôt bien, je trouve, et tu as d'autres préoccupations pour le moment, non ?

−Si tu fais allusion à l'attaque, je…

−Mh mh, la coupa la rouquine en secouant négativement la tête, ce n'est pas ça que je parle, ajouta-t-elle en parlant un peu moins fort, tout en regardant en direction du bar, où Thor était en train de leur servir à boire, puis elle reporta son attention sur son amie et la vit baisser les yeux en rougissant légèrement. On dirait que pas mal de choses ont changé, ici… C'est récent, je suppose ?

−C'est récent, confirma la brune avec un petit sourire, observant l'asgardien du coin de l'œil, qui revenait justement vers elles, avant de déposer sur la table basse trois verres à demi remplis. Hum, c'est gentil, mais je vais sûrement passer mon tour, dit-elle à l'homme en désignant les boissons.

−Je ne pense pas que juste un verre puisse te faire du mal, lança Natasha avec un sourire. Dis-toi que c'est le dernier de l'année…

−Ah-ah… Hilarant, ça, Tasha… déclara la mutante en prenant néanmoins l'un des trois verres, rapidement imitée par les deux autres. Bon… A cette nouvelle année qui arrive, justement… ajouta-t-elle tandis qu'ils trinquèrent. A… A je ne sais trop quoi, en fait… A cette montagne de travail et d'efforts qui nous attend pour essayer de regagner la confiance du Gouvernement…

−A cette douce liberté qui m'est chère, enchaina Natasha en entamant son breuvage, avant de se tourner vers Thor, attendant qu'il s'exprime à son tour, et elle remarqua qu'il sembla momentanément perdu dans ses pensées.

−… A ta santé, déclara-t-il finalement en regardant Madison. Que les choses s'arrangent pour toi… Que tu sois heureuse.

−Je le suis déjà, répondit-elle en leur souriant, à lui et sa meilleure amie. Bien plus que tu ne le crois…

−Ok, ça devient beaucoup trop mielleux pour moi, s'exclama l'espionne russe d'un air amusé en se redressant, je vais aller voir ce que fabriquent les autres, ajouta-t-elle, et lorsqu'elle passa à proximité de l'homme, ce dernier se jura qu'il l'entendit lui murmurer : « Tu as intérêt à prendre soin d'elle, je t'ai à l'œil. », puis elle quitta la salle de séjour en marchant tout droit en direction de la cuisine.

−C'est à croire que toutes les personnes se trouvant sous ce toit sont prêtes à m'égorger dans mon sommeil, murmura-t-il en s'installant dans le canapé, non loin de la jeune femme.

−Ne t'en fais pas, je te protégerai, lui lança-t-elle, un clin d'œil complice accompagnant ses mots. Mais ils craignent simplement que je perde le sourire que j'ai mis si longtemps à récupérer, alors en un sens, je les comprends… Ne le prends pas personnellement, ils cherchent juste à me protéger, le rassura-t-elle. Même si je suis parfaitement capable de me débrouiller seule, s'empressa-t-elle d'ajouter, sûre d'elle.

−Je n'en doute pas une seule seconde, confirma le blond, mais je pense qu'un coup de main est toujours le bienvenu, non ?

Madison ne répondit pas et se contenta de l'observer, se perdant dans ses yeux bleus, tout se demandant ce à quoi il pouvait penser. Elle était si fatiguée depuis quelques temps qu'elle ne parvenait plus à sonder l'esprit d'autrui, mais il n'y avait qu'avec lui que ça la frustrait. Elle avait tant de questions le concernant qui restaient sans réponses, et si elle voulait en obtenir, il fallait qu'elle le lui demande directement. Cependant, elle n'avait pas la tête à ça. Elle se rendit alors compte à quel point c'était apaisant pour elle de simplement se laisser porter par la couleur hypnotique de ses yeux.

–Nous ferions mieux de rejoindre les autres, commenta-t-elle en se redressant, et il l'imita. Dis…

−Oui ?

−Est-ce que tu es heureux ?

−Comment ça ? l'interrogea-t-il en fronçant les sourcils.

−Eh bien, tu sembles te préoccuper du bien-être et du bonheur des autres en permanence, mais le tien aussi est important, alors je me demandais simplement si toi, tu étais heureux… Heureux d'être ici avec nous, par exemple, et non avec ton peuple ou tes amis d'Asgard…

−Je le suis, affirma-t-il le plus sincèrement du monde en l'entrainant avec lui, tenant sa main dans la sienne. Tu n'imagines pas à quel point, poursuivit-il en la regardant avec affection.