Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.

Je me suis beaucoup amusée à écrire cette histoire. J'espère qu'elle vous plaira.


Les vacances avortées de l'Empereur Dragon

(ou Comment Ryuuga a cru pouvoir échapper à son destin)


Partie I : Adieu, la tranquillité


Ryuuga soupira de contentement. L-Drago et lui étaient tranquilles depuis plus d'une année. Le monde entier les croyait morts et, par conséquent, leur foutait la paix. C'était inespéré, mais ce n'était pas tombé du ciel. Il avait travaillé dur pour parvenir à ce résultat, énormément pris sur lui. Laisser ce misérable Daidouji croire qu'il avait réussi à se débarrasser de lui, et ce ridicule Soleil Noir imaginer qu'il était plus puissant que l'Empereur Dragon lui-même avaient été les pires épreuves de son existence. Il tirait sa consolation du fait qu'il était tranquille, à présent, et que ces misérables avaient été écrasés par Ginga et sa clique.

Ce qui était bien moins glorieux que d'être anéanti de la main même de l'Empereur Dragon.

Il n'avait pas abandonné l'idée d'être le blader le plus puissant de tous – après tout, il n'y avait qu'un seul et unique Empereur Dragon. Mais, finalement, il n'était pas nécessaire que chaque habitant de la planète soit au courant. Ça conduisait à des conséquences désagréables, comme être dérangé tous les quatre matins pour résoudre un problème – comme Tsubasa avec cette parodie de Pouvoir Obscur – ou être suivi pendant des semaines par un gamin qui espérait vous convaincre d'aider ses amis.

Plus. Jamais.

Comprenez bien, il avait une sorte de respect pour Kenta et la détermination dont il avait fait preuve. Il reconnaissait ses efforts et ses progrès. Mais il ne voulait pas revivre ça. C'était hors de question. L'Empereur Dragon aimait s'entraîner et vivre en la seule compagnie de L-Drago. La majorité des humains lui était indifférente. Quant à l'extrême minorité qui était constituée de Ginga, Kyouya, Tsubasa, Kenta et leurs compagnons sous-marins, il survivrait très bien s'il ne les croisait plus pendant quelques décennies. Ils avaient une propension à attirer les problèmes tout bonnement stupéfiante. Ryuuga avait plus que payé sa dette envers le porteur de Pegasus, il avait balayé l'horrible histoire des humains qui l'avaient manipulé. Il n'avait plus aucune raison de se mêler de leurs histoires. Plus. Aucune. Qu'ils se débrouillent un peu. Lui, il continuerait son entraînement avec L-Drago.

Le dragon rouge se tourna vers l'entrée du volcan où ils séjournaient, à l'affût.

- Qu'y a-t-il L-Drago ?

Le museau écailleux se plissa. Le dragon serpenta jusqu'à l'entrée, regardant ce qui se trouvait à l'extérieur. Ryuuga le rejoignit, se demandant ce qui l'intriguait tant. Il quitta le volcan et sa chaleur que les humains trouvaient étouffante, s'aventurant dehors. Un mouvement attira son attention. Une silhouette humaine qui se déplaçait avec assurance sur les roches escarpées. Ryuuga plissa les yeux et la reconnut avec un sentiment d'effroi.

Pas lui.

Car la silhouette n'appartenait à nul autre que Kyouya Tategami. Même à des dizaines de mètres de distance, il était impossible de ne pas reconnaître ses cheveux verts hérissés qui défiaient le ciel, ou son style vestimentaire trop travaillé pour être spontané, ou cette façon qu'il avait de se tenir comme s'il était le centre du monde et qu'un public innombrable suivait chacun de ses mouvements.

Kyouya n'était pas mauvais comme blader. Il faisait même partie des meilleurs que Ryuuga avait rencontré durant sa longue existence – pour preuve : il avait retenu son nom. Mais certains aspects de sa personnalité étaient juste épuisants. Comme cette manie qu'il avait de s'enthousiasmer ou de bouder pour un rien. C'était un vrai gamin, qui avait l'habitude de voir ses caprices exaucés. En plus, il passait son temps à bavasser. S'il mettait dans le combat toute l'énergie qu'il utilisait pour parler, ses attaques seraient plus efficaces. Sans compter qu'à chaque fois que Ryuuga le croisait...

Il se tendit et se mit à fouiller les roches du regard.

Ça veut dire que Ginga est là aussi, gronda-t-il intérieurement.

Et, à tous les coups, ils étaient en chemin pour arrêter un cataclysme d'envergure mondiale. Ryuuga l'avait dit : c'étaient de véritables aimants à problèmes – en plus d'être des pots-de-colle.

Là, apparut finalement Ginga qui sautillait à la suite de Kyouya.

Dire que j'ai été battu par ce type... et que l'autre m'a mis en difficulté.

C'était une période sombre de sa vie à laquelle il n'aimait pas repenser. Il avait beaucoup évolué depuis. Le duo de bladers ne représentait aucune menace pour lui, désormais.

À part pour sa tranquillité.

J'espère que leurs toupies n'ont pas encore évoluées.

Il détesterait avoir à leur expliquer encore que des bladers de leur trempe étaient censés connaître leur toupie et ses pouvoirs. Il n'était pas un foutu coach ! Il avait autre chose à faire de son temps libre que déblatérer des évidences. Sans compter qu'il avait dû resservir la même leçon à Ginga deux fois. Deux fois. C'était quoi son problème ? Son cerveau était incapable de retenir une information aussi simple ?

Le nunuche ultime.

Kyouya se posta sur un rocher, une main sur la hanche, la tête levée. Parce que ce serait tellement dommage de manquer une occasion de poser. Il baissa lentement la tête pour regarder Ginga. Ils furent rejoints par trois autres humains : Kenta, le balourd qui suivait Kyouya partout et la jolie fille qui ne quittait pas Ginga d'une semelle.

Kyouya se mit à parler. Ryuuga était heureusement trop loin pour percevoir ses paroles. Par contre, il ne vit que trop bien l'écoute attentive, presque captivée, des trois garçons. Seule la fille ne semblait pas prête à le vénérer, prouvant par là-même qu'elle était la plus intelligente de leur groupe de clowns – même si elle ne l'était pas assez pour ne pas traîner avec eux.

Ryuuga leur tourna le dos et s'enfonça dans les profondeurs de son volcan. Avec de la chance, ils ne le remarqueraient pas et ne viendraient pas encombrer ses pattes.

Qui il espérait tromper ? S'il avait eu de la chance, ils ne seraient jamais venus sur la seule île, sur les millions que comptait la planète, où il était installé. Et ils n'auraient pas trouvé que c'était une bonne idée d'escalader son volcan.

Ouais. On pouvait considérer qu'il avait la poisse.

Comme il s'y attendait, hélas, des voix lui parvinrent une quinzaine de minutes plus tard. Des voix qu'il ne pouvait que reconnaître, malheureusement.

- …sûr, Kyouya ?

- Ne pose pas de question stupide Ginga. Évidemment que j'en suis sûr.

- Vous pensez vraiment que c'est une bonne idée les garçons ?

- Tu peux nous attendre dehors, si tu veux, proposa Ginga.

- Tu veux que je refasse tout ce chemin toute seule ?!

- Euh...

- Ça suffit, ordonna Kyouya. Si vous avez le temps de parler, vous avez le temps de marcher plus vite.

Ryuuga leva les yeux au ciel. Entre tous, c'était lui qui osait dire ça.

Kyouya déboucha dans la caverne. Son regard se posa immédiatement sur lui. Il se figea en plein mouvement. Ses yeux s'écarquillèrent. Il ouvrit la bouche et ne prononça aucune parole, pas même un son.

Finalement, les miracles existaient. Ryuuga en était témoin.

- Kyouya ?

Ginga remarqua à son tour la présence de l'Empereur Dragon et s'immobilisa, les yeux exorbités.

- Ryuuga ?!

Les trois autres les rejoignirent et semblèrent tout aussi surpris. Des larmes d'émotion apparurent dans les yeux de Kenta. Il fit un pas en avant. Ryuuga manqua de faire un pas en arrière. La seule chose qui le retint était qu'il était l'Empereur Dragon. Il ne fuyait devant rien ni personne. Surtout pas devant un gamin sentimental.

- Ry-Ryuuga.

Bravo. Ils étaient deux à prouver qu'ils se souvenaient de son nom.

- Tu es vivant ? reprit Ginga.

Kyouya semblait toujours incapable de parler. Ryuuga était bien décidé à en profiter tant que ça durerait. Il ne se faisait pas d'illusion. Son état n'avait rien de définitif, malheureusement. Ce serait trop beau.

Kenta fit un autre pas. Ryuuga lui lança un regard noir, dont l'agressivité pourrait pousser un tigre à fuir. Les larmes se multiplièrent dans les yeux marrons – toujours d'émotion, pas de peur.

- C'est trop nul ! lança Kyouya.

Ginga sursauta et regarda son rival avec un air choqué.

- J'avais dit que je vaincrais tous les bladers légendaires avant de te défier et lui, il est censé être mort. Je l'avais pas compté.

- Parce que tu crois encore pouvoir me vaincre ? répliqua Ryuuga, incapable de cacher sa stupeur.

- Évidemment que j'en suis capable !

L'Empereur Dragon dévisagea l'impertinent. Il n'y avait pas le plus petit éclat de doute dans ses yeux bleus. Il y croyait vraiment.

Ce Kyouya...

- Mais Ryuuga a confié son fragment d'étoile à Kenta. Il n'est donc plus un blader légendaire.

Kyouya se tourna vers Ginga.

- Tu es sûr ?

- Oui. Tu as respecté ton défi.

Les épaules de Kyouya se détendirent. Il eut un petit sourire satisfait. Ses yeux glissèrent de nouveau vers Ryuuga. Ils se plissèrent. L'Empereur Dragon voyait les rouages tourner dans son cerveau. Vu les bêtises qu'il lui avait sorties la dernière fois, il n'était pas difficile de deviner à quoi il pensait. Il se disait que c'était une occasion à ne pas manquer, un avantage dont il devait profiter.

- Je n'ai pas besoin du pouvoir du fragment d'étoile pour vous écraser, les avertit Ryuuga.

Une lueur de défi embrasa les yeux de Ginga. Merveilleux. Il allait s'y mettre aussi.

- Ah oui ? répliqua Kyouya de ce ton provocateur qui avait le don de l'horripiler. Dans ce cas...

L'adolescent sortit sa toupie pour la lui montrer.

- Tu ne verras aucun inconvénient à te mesurer à mon Leone, pas vrai ? À moins que... tu n'aies peur ?

- Kyouya ! tenta de le raisonner la fille. Tu ne vas pas te battre avec Ryuuga alors qu'on vient juste d'apprendre qu'il est vivant !

Il avait pris son lanceur et y avait enclenché sa toupie avant de le pointer vers l'Empereur Dragon.

- Et pourquoi pas ? C'est ce que font les bladers. Enfin, bien sûr, si Ryuuga a trop peur pour accepter mon défi...

- Tss. Si tu tiens tant à ce que je vous écrase encore, toi et ta misérable toupie je ne vois pas pourquoi je refuserai.

Kyouya se tendit. Il montra les dents.

- Qui tu traites de misérable toupie ? Mon Leone va ne faire qu'une bouchée de ton L-Drago, tu vas voir. Nous allons te faire tomber de ta place de numéro un.

L'Empereur Dragon sortit sa toupie de son rangement. Il prit son lanceur et se mit en position. Ces gamins immatures étaient incapables de comprendre quelle preuve de respect c'était de sa part.

- Trois !


XXX


Ryuuga récupéra sa toupie. Kyouya était inconscient, à même le sol. À côté de lui, son Leone avait cessé de tourner. Son fan numéro un était agenouillé à côté de lui, complètement affolé. Ryuuga ne voyait pas pourquoi. Ce n'était pas la première fois qu'il le voyait dans cet état, et ce ne serait sans doute pas la dernière si Kyouya persistait à le provoquer. Il devrait s'y habituer.

L'Empereur Dragon se tourna vers Ginga.

- À ton tour.

Tant qu'à être dérangé par ces deux abrutis, autant profiter de l'occasion pour avoir des combats décents.

Ginga afficha un demi-sourire plein de défi.

- Aucun problème ! C'est pas parce que t'as battu Kyouya que tu pourras me battre moi. Je vais te ratatiner.

Ryuuga manqua de lever les yeux au ciel – sauf que ça n'était pas digne de l'Empereur Dragon.

Ces deux idiots étaient vraiment à mettre dans le même sac.


XXX


Ryuuga récupéra une nouvelle fois L-Drago. Ginga était étendu sur le sol, de même que son Pegasus qui reposait à côté de sa main. Kyouya, qui s'était réveillé entre temps, le fixait, les sourcils froncés, comme si ça pouvait lui faire reprendre conscience plus vite.

Au moins, cette fois, ils savaient maîtriser leurs toupies. Ryuuga aurait disjoncté s'il avait dû leur expliquer une fois de plus comment agir en tant que bladers.

Kenta s'avança. Ryuuga lui adressa un regard blasé.

- Toi aussi ?

- Non. Je suis juste content que tu sois en vie. C'est... génial.

Eurk. Une attitude sentimentaliste. Tout ce qu'il lui manquait.

Au moins, il ne semblait pas vouloir se jeter dans ses bras.

- Maintenant que ces deux-là ont reçu leur raclée, dit Ryuuga en indiquant Ginga et Kyouya, vous pouvez partir.

Et lui, il irait se trouver un autre volcan, en espérant qu'il leur faudrait plus d'un an pour le localiser cette fois.

Ginga se réveilla. Il se redressa, vit son Pegasus et eut l'air passablement vexé. Kyouya et lui se mirent à toiser Ryuuga avec des envies de revanche. Sa tranquillité ne durerait pas longtemps, apparemment.

Rien ne leur servait de leçon.

- Attends Ryuuga, fit la jeune fille en s'approchant de lui.

L'Empereur Dragon ne put que la regarder avec ébahissement. Tous ceux qui fréquentaient Ginga étaient dépourvus d'instinct de survie ou quoi ?

Elle fouilla dans sa besace et en sortit une toupie qu'elle lui tendit des deux mains. Ryuuga n'en avait jamais vu de pareille. Elle semblait composée de deux roues de fusion.

La jeune fille lui sourit.

- C'est pour ton héritier.

Ryuuga se tendit. Comment ils étaient au courant ?

- Nous avons décidé que les bladers de notre génération doivent choisir un jeune blader pour faire vivre leur vision du Beyblade. Ginga a déjà choisi le sien.

Oh. C'était seulement une façon de parler.

- Voici Ronin Dragoon, la toupie à rotation inversée que nous avons conçues à l'AMBB.

- Le monde n'a besoin que d'une seule toupie à rotation inversée, et cette toupie c'est L-Drago.

- Ce n'est pas pour remplacer L-Drago. Ce serait bien, pour le futur du Beyblade, d'avoir un blader qui maîtrise la rotation inverse. Ça obligera les autres à élaborer plus de stratégies. Nous avons cherché un blader pour Dragoon mais ce serait mieux si c'est toi qui le choisis.

Ryuuga la dévisagea. Elle continuait de lui sourire.

Ils avaient encore trouvé un moyen de le mêler à leurs histoires.

Il ne serait jamais en paix.


Fin de la partie I


Mot : Et voilà comment Ryuuga s'est retrouvé avec une toupie fabriquée par l'AMBB pour Sakyou xD En tout cas, c'est ainsi que je me plais à l'imaginer.

Je pensais écrire uniquement cet OS, au début, mais l'inspiration a exigé une suite. La deuxième et dernière partie sera publiée dans deux semaines.