Note de la traductrice: Avant dernier chapitre, sûrement un de mes préférés jusqu'ici. Pas seulement parce qu'on y retrouve la dynamique de nos héros, mais aussi parce que je trouve chaque point de vue extrêmement juste et touchant. J'espère que vous l'apprécierez aussi ^^.

J'ai volontairement changé le titre de ce chapitre car ma foi, je le trouve plus approprié.

Merci à tous ceux qui me suivent, me lisent et me laissent un petit mot )

Bonne lecture !


Intrépide


Quand elle était bébé, les premiers mots de Sam n'avaient pas été « maman » ou « papa », ni un baragouinage insensé que des parents trop enthousiastes auraient immédiatement interprété comme une tentative de parole. Non, rien d'aussi banal pour la Sammie de Jacob. Prête à dire son premier mot, elle avait levé les yeux vers lui et avait tendu les bras.

« Debout » Avait-elle demandé, intrépide depuis le premier jour. Déjà en ce temps-là, voir le monde depuis le sol ne lui suffisait pas.

Aujourd'hui, c'est à nouveau comme entendre ses premiers mots, seulement cette fois-ci, c'est lui qui ne semble pas avoir été atteint par le temps qui passe, et elle qui parait plus veille que jamais.

« Oui papa. C'est bien moi. »

Jacob ressent ce même frisson d'orgueil qu'à l'époque, très vite suivi par une terreur pure. Il se demande pendant un instant s'il donne corps à ses fantasmes, un sens à des mots qui n'en ont pas.

Ses paroles sont une illusion, il le sait. Ils sont comme le mirage trompeur d'une oasis au plein coeur d'un désert. Il est tentant de prendre ces mots comme le signe d'un miracle, du retour soudain de sa fille perdue depuis si longtemps. Il veut croire qu'ils ont le pouvoir d'annuler tous ces silences restés des années durant en suspens. D'effacer les horreurs qui lui ont volé sa voix. Il serait heureux d'entendre ces mots, si tel était bien le cas.

Mais en réalité, elle est toujours loin, mettant une distance entre elle et le reste du monde. Elle n'est pas guérie. Elle s'est juste réveillée. Elle a repris conscience. Elle est avare de paroles, les distribuant avec une excessive parcimonie, parlant uniquement lorsque que c'est absolument nécessaire.

Néanmoins, il se souvient que Sam n'était pas très bavarde au début. Pas vraiment. Ce n'est que lorsqu'elle s'est émerveillée, surprise par l'univers, qu'elle a commencé à parler sans discontinuer. Même à cette époque, les mots l'ont laissé tomber, et elle s'est retrouvée frustrée par les limites du langage qui l'empêchaient d'englober l'ensemble des possibles qu'elle percevait déjà.

Il la regarde et essaie de retrouver cette magie, cet émerveillement, quand elle laisse échapper un de ses précieux mots. Mais tout ce qu'il y voit, c'est son intrépidité. Celle d'une enfant se jetant droit contre un mur, et dont il ne peut pas empêcher la collision. Mais n'est-ce que pas ce qu'il a essayé de faire durant toutes ces années en la gardant cachée ?

« J'ai besoin de voir Teal'c. » Lui dit-elle.

Debout.

Jacob regrette soudain la sécurité que lui offrait son mutisme.


Teal'c n'avait pas été vraiment surpris d'être sollicité par Jacob Carter. Après avoir vu le Major Carter de ses propres yeux sur Cimmeria, il avait deviné que les choses n'étaient pas aussi évidentes qu'elles paraissaient.

Le morceau de tissu était la preuve flagrante que Sam n'était pas aussi perdue qu'ils l'avaient cru.

Il l'observe tandis qu'elle se tient debout au milieu d'un couloir Tok'ra, son vieux treillis vert détonnant au milieu des cristaux violets parant les murs. Elle tient un morceau de tissu bleu qui lui est familier dans une main, mais elle ne le lui donne pas, et Teal'c ne fait aucun geste pour l'y intimer.

« Est-ce une autre partie du schéma ? » Demande-t-il. Il a du mal à savoir si elle est soulagée qu'ils aient deviné par eux même ou si elle en est surprise. En tout cas, cette pièce manquante explique la frustration de McKay et son incapacité à déchiffrer le message.

Il repense aux doigts de McKay parcourant les points de couture et à cette jalousie qu'il avait ressenti vis-à-vis de cet homme, qui réussissait à comprendre les pensées du Major quand lui-même ne pourrait jamais espérer les atteindre.

Elle ne lui tend toujours pas le morceau de tissu. Elle semble avoir de mal à prendre sa décision, et Teal'c commence à comprendre pourquoi sa présence a été requise aujourd'hui.

« Voulez-vous repartir avec moi ? » Demande-t-il doucement.

Ses doigts se resserrent sur le tissu, sa posture se raidit.

« O'Neill sera certainement sur place. » L'informe-t-il, parce qu'elle mérite de savoir exactement à quoi elle s'expose.

Une lueur de surprise traverse son visage, indiquant à Teal'c qu'elle n'avait pas envisagé cette possibilité.

« Il est rentré il y a seulement quelques jours. » Rajoute-t-il, voulant lui donner toutes les informations lui paraissant pertinentes. « La plupart d'entre nous le pensait mort jusqu'à cet instant. »

Elle passe sa langue sur ses lèvres et il peut entrevoir l'effort que cela lui demande de prendre la parole, sa mâchoire se contractant compulsivement. « Est-ce que…est-ce qu'il va bien ? »

Teal'c ne sait pas trop ce qu'elle souhaite entendre. Que le O'Neill d'avant n'était plus vraiment reconnaissable ? Ou bien fallait-il lui mentir en lui répondant qu'il allait bien, qu'il était resté le même homme qu'auparavant ?

« C'est O'Neill » Se contente de répondre Teal'c. Parce qu'au final, la réalité est proche de ce constat, et que cela veut tout et rien dire à la fois.

Elle absorbe cette information sans rien laisser paraître, muselée dans une sorte d'immobilisme surnaturel, un peu comme ces murs en décomposition qui les entourent. Elle garde le silence si longtemps que Teal'c se rapproche, lui tendant la main sans la toucher.

« Major Carter ? »

Elle tressaille, bougeant enfin. Elle lève les yeux vers lui. Ses doigts s'ancrent dans son bras, juste au-dessus de son coude, avec une force surprenante.

« Sam » Dit-elle, la voix faible et enrouée. « Juste Sam. »

Teal'c soupçonne que son nom, abrégé ainsi, ne sonnera pas mieux sur sa langue que dans son esprit, tant il est habitué aux titres, les liens familiaux et aux marques de respect. Toutes ces choses qui l'ont toujours définie à ses yeux. Pour lui ce n'est pas de la familiarité, mais de l'irrespect. De l'oubli.

Elle doit percevoir son hésitation car ses doigts se serrent davantage. « Sam » Répète-t-elle, appuyant une fois encore sa demande.

Il se dit que l'emploi de ses titres lui rappelle certainement des souvenirs trop déplaisants à présent. Peut-être que son prénom la ramène à ce qui reste de la femme qu'elle était. Même si son emprise sur son bras laisse penser le contraire.

Il devrait être capable de respecter cette simple requête. Même si cette demande parait insignifiante, elle sonne toujours pour lui comme l'abandon de quelque chose de fondamental. Il l'observe un long moment, et remarque qu'elle ne détourne pas les yeux, peu importe à quel point elle doit le vouloir. Il finit par incliner la tête.

« Sam. » Répète-t-il à son tour, sa voix presque aussi rauque que la sienne.

Elle relâche son emprise, visuelle et physique. Elle parait à présent plus fragile.

Teal'c essaie d'imaginer de quelle façon le Major Carter aurait pu gérer cette situation. Ce que la fille de Jacob Carter ferait. Le Docteur Carter. Il se demande quelle partie d'elle a été attirée par la couture et laquelle lui a soufflé les chiffres qui ont tant absorbé Rodney McKay. Plus important encore, quelle partie d'elle a conservé cette dernière pièce ? Quelle partie avait décidé de faire un pas vers lui, pour la lui remettre ?

« Viendrez-vous ? » L'interroge-t-il.

Elle le regarde et pendant un instant, il reconnait son amie, à travers le courage et l'entêtement qui s'opposent à sa peur évidente. Le petit carré de tissu disparait dans sa poche.

« Oui » Répond-elle d'un ton sans appel.

Il se demande si après tout, Sam n'est pas la plus forte partie d'elle-même.


Daniel stoppe brusquement après être entré dans son bureau.

Jack se trouve juste quelques pas derrière lui, tandis que Sam l'attend sagement dans la pièce. Cet étrange déjà vu lui donne presque le vertige. Elle porte son treillis vert et cela suffit à donner l'illusion que tout est rentré dans l'ordre. Elle se tourne vers lui, les lèvres entr'ouvertes pour dire à l'évidence quelque chose avant de les refermer subitement, le visage pâle. Son regard s'est porté au-delà de ses épaules.

Daniel se tourne et trouve Jack immobile à l'embrasure de la porte, regardant Sam comme s'il avait soudain vu un fantôme, ou pire, une illusion brisée.

Sam recule instinctivement, se cognant durement contre le bureau de Daniel. Elle en trébuche presque. Il tend la main pour la rattraper. Lorsqu'il jette à nouveau un coup d'œil derrière lui, Jack a disparu.

Son amie tremble à côté de lui.

« Sam » l'appelle-t-il tout en cherchant une chaise des yeux. Sa forte prise au bord du bureau lui fait craindre un prochain évanouissement.

« Je vais bien. » Affirme-t-elle alors que Daniel se tient prêt à la retenir à nouveau. Elle le regarde et ses yeux…bon sang…ses yeux…Il y voit tant de choses. Elle détourne le regard, fixant à présent la porte. Elle bouge légèrement avant de s'arrêter, semblant hésiter sur la marche à suivre.

Daniel ne veut pas qu'elle s'en aille. Il ne peut pas la laisser partir.

« J'ai quelque chose pour vous » Dit-il précipitamment, parce que la voir rester immobile au milieu de son bureau est trop étrange pour son cerveau et qu'il ne peut s'empêcher de se focaliser sur son carton d'affaires. Il l'a trimballé d'un site à l'autre, l'enrubannant d'adhésifs et collant une énorme étiquette avec un gros « recherches essentielles » inscrit dessus. Pourquoi la récupération de ces objets a eu plus d'importances que les manuels ou les fournitures essentielles à leur survie, il n'en sait rien. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il était impératif pour lui de garder ce carton.

Il l'observe, attendant une potentielle réaction de sa part. Il lui fait signe de rester ici, pour s'assurer qu'elle ne parte pas. « Pouvez-vous…attendre une minute ? »

Elle acquiesce, ses joues ayant repris des couleurs. C'est à présent elle qui semble intriguée par son attitude étrange.

Lui tournant le dos, il ouvre grand les portes de son armoire et s'agenouille pour en atteindre la partie la plus basse. Il ramène vers lui la boite, écartant la poussière qu'il vient de soulever. La déposant au sol, Daniel sort un couteau suisse de sa poche et coupe le scotch pour en ouvrir les pans.

Sam se rapproche de lui, jetant un œil par-dessus son épaule. Il l'entend reprendre son souffle avant de la voir s'accroupir à côté de lui. Elle hésite puis tend la main pour toucher le contenu du carton, sans pour autant y retirer quoique ce soit.

Il n'y a rien d'ordonné dans cette boite, les choses y sont déposées sans grand soin, sans lien les uns avec les autres. Elle ne contient pas vraiment de technologie ou de recherches importantes pour Sam Carter. Ce ne sont que de simples objets qui étaient restés derrière, après son départ. Des vêtements de rechange qu'elle avait laissé sur la base, quelques CD, une fine enveloppe contenant des photos, un sachet neuf de ses bonbons préférés, un post-it griffonné. Tout ce qu'il avait retrouvé dans son bureau et son casier et qu'il n'imaginait pas laisser aux mains d'une autre personne.

« Vous avez conservé tout ceci ? » Murmure-t-elle.

Il voudrait croire qu'il l'avait fait ça parce qu'il avait toujours pensé qu'elle reviendrait, mais ça n'aurait été qu'une preuve supplémentaire de son incapacité à lâcher prise. Peut-être est-ce ce qui le rend si doué dans son travail, refuser de laisser s'enfuir le passé, de laisser les choses disparaitre dans le silence. Il avait essayé d'enfermer son souvenir dans cette boite, comme il le faisait chaque jour avec les cultures anciennes. Un site archéologique centré sur Sam.

Mais contrairement aux civilisations perdues, Sam est à présent assise à côté de lui, contredisant par sa présence les quelques mots griffonnés sur son carnet il y a de cela seulement quelques jours. Se penchant en avant, il récupère le bout de papier où sont tracés les mots désuets.

Certaines choses ne peuvent pas revenir.

Ils fixent le papier en silence.

« Je suis désolée. » Finit-elle par dire, les mots se heurtant dans sa bouche, prouvant encore une fois qu'elle n'est plus très à l'aise avec la parole, mais qu'elle fait tout de même cet effort.

Il plie soigneusement le bout de papier, pressant ses doigts contre sa tranche et le redépose parmi la collection d'affaires contenues dans le carton.

« Vous n'avez pas à être désolée, Sam. » Il sent la chaleur de son épaule contre la sienne. Il effleure ses doigts, les serrant doucement. Elle se raidit d'abord au contact, puis prend une inspiration profonde, avant de s'éloigner après lui avoir retourné le geste.

Daniel dépose cet instant précieux avec tout le reste de ses souvenirs.


Jack n'est définitivement pas prêt à revoir Carter. Il n'est pas préparé à s'apercevoir que le temps n'a rien atténué. Ni le bon, ni le mauvais.

Elle n'a pas semblé étonnée de le voir ici, se souvient-il. Elle a juste été prise au dépourvu.

Il n'a pas besoin d'entendre ses mots pour comprendre. Il a vu la façon dont tous ses muscles se sont contractés, envahis et secoués par une marée de sensations qu'il ne n'ose même pas imaginer.

Et lui, qu'a-t-il fait ? Il a fui.

C'est ce que tu fais toujours.

Dans le hangar, Jack bricole son vaisseau au point que ça en devienne une mauvaise manie. Il vérifie que tout est en ordre pour un décollage imminent, parce que partir est sa seule option. Il l'a déjà fait auparavant, mais cette fois est plus difficile, peu importe à quel point ses bribes de souvenirs lui sont horribles. Il devra repartir et attendre Vala sur cette planète anonyme, essayant d'oublier cette idée stupide qu'il avait eu, à savoir essayer de réintégrer à nouveau son ancienne vie. Peu importe les efforts qu'il avait pu faire, peu importe ce qu'il était devenu.

Il contourne le devant de son vaisseau mais s'arrête brusquement.

Carter est debout juste à quelques pas de lui, et cette fois-ci, elle reste immobile, ne laissant paraître aucune réaction. Il se demande depuis combien de temps elle est là, se préparant à ce moment.

« Carter », prononce-t-il, son nom s'échappant de ses lèvres sans y réfléchir. Il voit bien son sursaut, sa façon d'essayer de cacher la contraction de ses muscles, de faire en sorte de les absorber en restant le plus stoïque possible.

Ses poings sont serrés contre ses jambes. Elle regarde l'espace qui les sépare et il a conscience qu'elle essaie de faire quelque chose, mais il n'est pas sûr qu'elle y arrive d'elle-même.

« Si vous voulez que je m'en aille, je le ferais. » Enonce-t-il.

Lâche.

Ses yeux se ferment quelques secondes avant qu'elle prenne une longue inspiration et qu'elle plante son regard dans le sien.

Sa première pensée est qu'elle parait si calme. Qu'ils sont tellement plus aujourd'hui que ce qu'ils étaient il y a de cela des années. Mais peut-être que c'est un mensonge. S'en est certainement un.

Ses yeux se déplacent lentement, le détaillant de haut en bas et finissent par s'attarder sur son cou. Il ne sait pas trop si elle teste sa propre ténacité ou la sienne.

« Vous n'avez qu'à faire un mouvement de tête, n'importe quoi, et je partirais. » Continue-t-il.

Il réalise à quel point il attend qu'elle le congédie qu'au moment où elle secoue fermement la tête en signe de négation. Il déglutit difficilement. Autant il hésitait à partir quelques instants avant, autant maintenant il sait qu'il ne veut surtout pas rester.

« Vous êtes sûre ? »

Ses yeux se détournent un instant, perdant leur concentration, pour finalement se reconnecter à lui. Elle acquiesce.

« Vraiment sûre ? » Insiste-t-il.

Cette fois, elle serre les lèvres avec agacement, et il ne peut pas s'empêcher de relever les mains en signe de soumission, sa voix teintée d'amusement « Ok, ok. Vous êtes sûre. J'ai compris. »

Quelque chose de douloureux se tord dans ses entrailles quand il perçoit le fantôme d'un sourire, à moitié avorté, se peindre sur ses lèvres. Comme si elle avait oublié comment s'y prendre.

Son sourire lui manque.

Tellement de choses te manquent…

Jack recule d'un pas, pris de court par la nausée qui retourne son estomac.

Quelle que soit l'expression qui est peinte sur son visage à présent et quelle que soit la traduction que Carter en fait, le résultat est qu'elle pâlit brutalement face à sa réaction. Il se trouve soudain stupide d'avoir cru un court instant que l'un d'eux aurait pu oublier.

Sa respiration s'est accélérée. Elle désigne du doigt un point au loin, lui signifiant qu'elle va à présent se retirer.

Il acquiesce, mais au lieu de partir, il reste planté là, à la regarder s'éloigner. Lui tourner le dos semble lui demander un certain effort, une forme de confiance encore très fragile. Les épaules tendues, elle finit par se détourner.

Quand elle atteint la porte, il peut voir que ses mains tremblent.

Il aurait dû partir quand il en avait eu l'occasion.


Sam continue d'avancer, même après avoir franchi la porte du hangar, la libérant de son regard perçant. Son souffle est court, ses doigts fourmillent, mais elle continue à avancer. Un pied devant l'autre, de plus en plus vite, accélérant le rythme. Elle ne peut qu'espérer que cela la mènera assez loin. Peut être que cela leur fera encore croire qu'elle est plus courageuse qu'elle ne l'est réellement. Plus forte. Plus solide.

Si elle s'arrête, qu'elle reprend son souffle, qu'elle laisse lentement ses pensées remonter à la surface, elle hésitera. Et alors, elle sera accablée, clouée sur place.

Mais si elle continue d'aller de l'avant, d'augmenter le rythme afin de ne devenir plus qu'une boule d'adrénaline boostée par des problèmes insolubles…

…alors peut-être qu'elle ne se laissera plus atteindre. Qu'elle deviendra réellement, intrépide.


Dernier chapitre la semaine prochaine :)