Bonjour/soir, comment va? :)
Je suis atrocement désolé de mon retard pour ce chapitre! T.T J'ai pas vraiment d'excuse, je me suis concentré sur un OS sortit récemment, et puis quand je suis revenu sur la fic, j'ai eu une moment de...vide. ^^" très désagréable vraiment. Et là j'ai eu un regain d'inspiration, et j'ai écrit quatre pages d'un coup. Bon, tant mieux je suppose, même si c'est un peu tordu. XD J'espère que le chapitre vous plaira, il est un peu plus long que les autres du coup, pour me faire pardonner. :)
Nano: Bonne lecture pitit chat! :D
Shiki: Pour le retard tu vois, chacun son tour. X) Ba j'irais voir ce qu'il a écrit dans ce cas, il me reste un an pour me préparer! è.é Yosh! ^^ Oula, Bordeaux est trop loin pour moi, mais merci de proposer! XD Les deux sont bien, mais c'est pas vraiment le même domaine du coup? :O
XD Tout le monde trouve Fenrir adorable, et je suis contente de ça! :D Je lui ai donné plus d'importance qu'il était censé avoir au début, parce que j'ai vu que beaucoup de gens l'adorait, alors je me suis dit, il va jouer l'entremetteur. XD Moi aussi j'aime beaucoup, sinon je le ferais pas tu t'imagines bien. XD Je trouve que l'histoire est un peu plate sans aucun profondeur psychologique donc... ^w^ Touchante je ne sais pas encore, mais triste j'espère! :D (quoi? Moi sadique? Mais nooooon voyons. XD) Gros bisous chérie! :*
gemini: Bonjour! Merci, moi aussi j'adore mon petit loup. ^w^ Merci, heureuse de voir que mon histoire te plait! :D Tony hum? X) Je prend ça pour un très bon signe! :D Merci pour ta review, bisous en espérant que la suite te plaise tout autant! :)
Myrzi: ta review pour Tes mots dans tes silences. Merci pour ta review, je suis vraiment contente qu'elle t'ait plut, elle me tient assez à coeur, donc vraiment contente qu'elle t'ait plu! :D Bisous bonne lecture! ;)
Voilà, un gros bisous à tous/tes celles/ceux qui me lisent (encore...? ^w^) et un gros bisous! Merci pour tous vos adorables commentaires! Sérieux, la barre des 100, je croyais pas y arriver un jour. ^w^ Gros bisous et bonne lecture, parce que cette note commence à devenir longue. ^w^"
CHAPITRE XVII
Le vent frais dans ses cheveux le fit presque soupirer après la chaleur étouffante de la boutique de plantes de laquelle ils venaient. Son visage se leva légèrement vers le ciel bleu et il inspira profondément, les yeux à demi fermés. Mais le bref moment de calme qu'il essayait de trouver dans le soufflement du vent à ses oreilles disparut dans les grommellements de ses compagnons derrière lui. Il retint un soupir qui aurait été probablement mal vu et se tourna lentement vers eux avec un sourire.
_ Bien, que diriez-vous d'aller nous rafraichir un peu à la taverne ?
_ Cette vieille femme m'a donné la forte envie de taper sur quelque chose.
_ Nous irons seulement à la taverne pour boire, Hogun, pas pour faire autre chose, rétorqua Sif d'un ton dur et exaspéré. Il serait bien d'éviter les combats d'ivrognes.
_ Seulement pour boire ? Enfin belle Sif, n'oublie pas les femmes ! Même si je comprendrais que dans ton cas, tu n'y ailles pas vraiment pour cela.
_ Fandral, je suis tellement d'accord avec toi mon ami, les femmes sont l'une des choses les plus importantes dans une taverne. Une taverne sans femme n'est pas une bonne taverne.
_Hogun, tu as des devoirs envers ta femme.
Le guerrier roux se tourna vers Volstagg, un sourire canaille aux lèvres, sous le rire de Fandral et le regard exaspéré de Sif.
_ Prendre une maîtresse d'une nuit n'est pas tromper ma femme, juste…réchauffer ma couche quand elle n'y est pas.
Sif coupa la dispute avant même qu'elle ne commence :
_ Non, stop, on ne va pas encore parler de ça, pas d'histoires maintenant. On va à la taverne et je vous préviens, à la moindre histoire, je vous traîne dehors par les oreilles clair ? On y va.
Thor sourit légèrement devant sa diatribe furieuse, et encore un peu plus quand il vit les hommes la suivre en bougonnant, même s'il savait qu'arriver là-bas, les recommandations de la guerrière ne seraient pas écoutées. Il les retint tout de même quelques instants :
_ Allez-y, je vous retrouve là-bas, j'ai besoin de prendre un peu l'air.
Le regard plissé de Sif revint sur lui, alors que les trois hommes haussaient les épaules en continuant leur chemin :
_ A tout à l'heure, nous te garderons une ou deux femmes si tu le veux.
Thor éclata de rire en passant une main dans ses cheveux :
_ Non merci mon ami, pas aujourd'hui.
Fandral le regarda comme s'il était fou mais finit par hausser une épaule avec un large sourire :
_ Eh bien, ça en fera plus pour nous. A plus tard.
Sif leva une nouvelle fois les yeux au ciel et s'approcha lentement de lui les sourcils froncés et, une étincelle de quelque chose qu'il pensait être de l'inquiétude dansait dans ses yeux. Thor sentit une pointe d'irritation prendre doucement naissance dans sa poitrine, mais il la garda soigneusement cachée. Cette inquiétude constante à son égard lui devenait de plus en plus pesante. Après tout, n'était-il pas censé être l'un des guerriers les plus puissants d'Asgard ? Alors pourquoi s'évertuaient-ils à le materner comme s'il était encore en âge de faire ses dents ?
_ Thor, tu es sûr de ne pas vouloir venir ?
_ Oui.
_ Tu veux que je vienne avec toi ?
Il retint un soupir irrité et lui fit un petit sourire à la place, essayant de paraître amical et détendu, et non irrité et exaspéré :
_ Non merci ça ira, mais c'est aimable de ta part de le proposer.
_ Ce sont les paroles de cette femme qui t'ont déboussolé ? Ne fait donc pas attention aux élucubrations d'une vieille folle.
_ Sif, soit gentille et laisse-moi seul veux-tu. C'est gentil de ta part de le proposer, mais retourne avec les autres, je veux juste prendre un peu l'air. Seul.
Les lèvres de la guerrière se plissèrent en une courbe réprobatrice et ses yeux se rétrécirent légèrement, avec un aspect méfiant et vexé. Puis elle plissa le nez dans un mouvement presque hautain et sa queue de cheval rebondit sur son épaule quand elle fit demi-tour d'un geste brusque pour s'éloigner d'un pas rapide qui avait quelque chose de rigide. Thor soupira doucement et se passa une main dans les cheveux, avant de faire lui-même demi-tour, sortant rapidement du petit village vane dans lequel ils étaient. Ses pas le guidèrent jusqu'à une petite plaine et il s'assit sur un rocher, les coudes posés sur ses genoux.
Un lourd soupir s'échappa de ses lèvres et son regard se leva vers le ciel bleu pur, alors qu'une vague de lassitude et de fatigue alourdissait son esprit. Dire qu'il en avait assez serait un euphémisme, mais il ne savait pas comment il pouvait tourner la chose à ses compagnons. La haine qu'ils avaient envers son frère, si elle ne l'énervait pas, le rendait un peu plus prudent envers les guerriers qu'il considérait comme ses amis, et cette prudence continuelle commençait à le lasser. Après tout, il devrait avoir une confiance aveugle en ses compagnons, mais leur avis le rendait parfois perplexe, et il se méfiait de chaque parole. A les écouter, Loki n'était rien de plus qu'un monstre qu'ils devaient à tout prix éliminer pour le bien d'Asgard. Mais le souvenir qu'il avait de son frère n'était pas si négatif. Certes, il avait parfois un humour blessant qu'il était seul à trouver drôle, et ses farces avaient de nombreuses fois provoquées de lourds dégâts, mais était-ce vraiment une raison pour le haïr comme ils le faisaient ?
La visite de ce village avait quelque chose de très rafraîchissant, ou du moins, il le sentait ainsi, puisque ses compagnons ne semblaient absolument pas du même avis que lui. Depuis qu'ils étaient ici, il les sentait irrités, et particulièrement réfractaires à l'idée de demander de l'aide aux Vanes sur la localisation de Loki. Et il pouvait comprendre, parce qu'il avait été le premier sans voix face à leurs réponses. Ce qui l'avait le plus surpris, et le plus laissé dans le noir total de l'incompréhension émerveillée, était sans aucun doute la réaction des habitants. Des personnes qu'ils avaient interrogées et qui connaissaient son frère, la plupart leur avait répondu plus ou moins gentiment d'aller se faire voir, et de laisser Loki tranquille. Comme s'il était un sauveur ou quelqu'un de juste et bon, ce qui était particulièrement perturbant pour lui. Voir que son frère était aimé quelque part, même par des Vanes – parce que, par les Normes, c'étaient des êtres étranges et incapables de voir la supériorité des Ases – avait fait naître quelque chose de chaleureux dans sa poitrine. De nostalgique aussi, parce que comme un vieux film rayé, des images de Loki, d'eux jeunes lui était revenu plus ou moins violemment du cadenas serré qu'il avait imposé à son cœur et ses souvenirs.
Dès lors, dès la réapparition de cette petite étincelle, il avait voulu du calme, pour réfléchir. Pour se souvenir. Mais ses compagnons s'étaient apparemment mis d'accord sur le fait de ne jamais le laisser seul, parque que pendant deux jours, sans discontinuité, ils n'avaient cessés de se relayer près de lui, et toujours dans un désordre de parole, parfois sans que ni tête. Il aurait voulu que ce ne soit pas ce qu'il pensait, même il était presque sûr que leur nouvelle lubie de lui tenir compagnie de cette irritante manière était seulement pour le tirer de ses pensées, centrées, il fallait bien le dire, essentiellement sur Loki. Le Loki, celui qu'il recommençait à associer au nom frère.
Et puis, il y avait eu cette boutique de plante. Avec cette vieille dame, aux yeux étonnamment clairs. Il se souvenait bien de sa première impression. Il avait juste pu penser à la manière dont son regard avait été perçant et profond, puis si froid et tranchant, dans une telle effusion de répulsion qu'il en avait frissonné. Puis il y avait eu la douceur dans le regard orangé quand les yeux s'étaient posés sur lui, et il avait eu l'impression de baigner dans quelque chose de moelleux, de doux mais réconfortant, sans qu'il n'arrive à comprendre seulement comment un regard pouvait faire cet effet. Il avait lu de la compréhension sur son visage parcheminé, comme si elle le reconnaissait, en le voyant pourtant pour la première fois. Puis dans le silence qui, pourtant lourd et pesant, et qui n'avait pas semblé lui faire effet, elle avait posé son livre pour se tourner totalement vers eux, leur proposant sans qu'aucun d'eux ne parle une place sur les sièges, et quelque tisane de sa confection. Un étrange sentiment honteux s'était infiltré dans sa poitrine devant le comportement de ses compagnons, qui affichaient leur mépris de manière si claire. Et encore une fois, elle n'avait pas semblé y faire attention, les regardant avec calme et patience. Puis ils l'avaient interrogé, et elle avait commencé à parler. Il n'oublierait probablement jamais l'effet de ses paroles sur son esprit, écrasé par ces mots si mystérieux qui sonnaient pourtant si bien à ses oreilles.
« Posez-vous les bonnes questions jeunes asgardiens, si vous le pouvez. L'honneur et l'âme d'un homme ne sont bien souvent pas perceptibles au premier regard. La vie n'est qu'un cycle basé sur un équilibre précaire qui cherche la tranquillité. Et la tranquillité ne s'obtient que par des obstacles, dans le cœur de certaines gens. Parce qu'il leur faut des épreuves pour se prouver qu'ils existent. Cela vous surprend ? Ce ne devrait pas être le cas. »
Elle s'était stoppée un instant avant de reprendre sans qu'ils ne puissent rien dire :
« Sachez aussi qu'une personne renvoie une image d'elle-même aux autres, et l'image n'est conforme qu'à ce que les autres veulent bien voir, et non forcément à la véritable apparence de cette même personne. La réalité s'entremêle alors au mensonge, pour créer l'illusion la plus réelle possible. Car si les gens y croient, sans voir le masque, l'illusion se transforme en réalité, et la réalité se déforme. Conduisant à la folie. »
Son regard s'était seulement concentré sur lui, et il lui avait semblé entendre la voix s'adoucir légèrement.
« Pensez-y. Je suis désolé, je ne sais pas où est Loki, mais je vous demanderais de sortir à présent. »
Ses compagnons s'étaient levés avec colère, sans que lui-même en comprenne bien la raison. Elle n'avait rien dit pour les mettre dans cet état, et pourtant, quelque chose lui disait qu'elle avait clairement remis leur jugement en doute, et ce à tous. En y repensant, il se doutait bien du jugement en question. Il n'aurait juste jamais cru qu'une vieille femme Vane pourrait en savoir autant sur ce qui apparemment, représentait l'essence même de son frère. L'illusion devenant réalité… Loki n'avait jamais été un monstre, juste un peu trop joueur, un peu trop titillant sur les points sensibles. Il n'avait jamais causé du mal pour le plaisir de le faire, juste la joie de jouer au dépend des autres, s'amusant de l'action et des réactions vives. Sauf les évènements de Midgard. C'était probablement le seul moment où il avait réellement perdu la foi en son frère. Parce que comment le petit prince qu'il était jadis avait pu devenir…cet homme sanguinaire en soif de pouvoir ? Quelque chose lui disait que c'était peut-être sa faute, qu'il n'avait pas su faire attention, aux signes, à son frère, à son comportement. Il s'était fié bêtement au jugement des autres, sans chercher à construire son propre raisonnement. Peut-être avait-il fait une erreur, mais Odin avait toujours raison. Alors pourquoi cette…chose qu'il ne parvenait pas à identifier tiraillait désagréablement sa poitrine ?
Il se leva avec un soupir, levant son regard au ciel, avant de faire lentement demi-tour, repartant d'un pas trainant vers le village. Il se demandait maintenant pourquoi ses compagnons l'avaient laissé seul, puisqu'ils avaient décidés du contraire. Un étrange sentiment de doute et quelque chose comme l'impact qu'avait une mauvaise nouvelle prit place dans son ventre, et sa gorge se noua légèrement, alors qu'il se mettait à courir sans bien savoir pourquoi. Il savait juste que quelque chose ne tournait pas rond. Pas rond du tout, et cela ne lui fit pas plaisir. Pas le moins du monde.
Tony gémit doucement en sortant lentement du brouillard engourdi du sommeil, la langue pâteuse. Il bougea légèrement avec un nouveau petit gémissement, avec l'impression que son corps était presque apathique, chaud, mou et picotant étrangement. Bizarrement, il n'avait pas vraiment envie de bouger, parce qu'il était bien, et que ce n'était plus arrivé depuis tellement longtemps qu'il voulait profiter le plus longtemps possible de cette sensation. Mais quelque chose de désagréable clignota dans son cerveau, parce que cet état n'était pas normal, et qui disait anormalité, disait problèmes la plupart du temps.
Et qui disait problème, disait vérification. Donc il ouvrit lentement les yeux, dans quelque chose de beaucoup trop paresseux à son goût parce que vraiment, il ne pourrait pas réagir maintenant s'il se retrouvait en mauvaise posture, et c'était ridicule. Son regard tomba dans une magnifique couleur verte riche et profonde, qui ne fit qu'éteindre de nouveau les quelques neurones qu'il avait réussi à allumer parce que vraiment, quoi ? Il cligna bêtement des yeux, le sommeil alourdissant toujours son esprit du voile ombreux de la langueur fatiguée, et il loucha un bref instant. Puis il tendit une main et posa le bout de son doigt sur ce qu'il identifiait comme un nez, blanc et fin, avant que ses yeux ne tombent sur une bouche aux courbes moqueuses et amusées. Il resta un instant ainsi avant de presque sursauter en relevant vivement les yeux vers ceux du Dieu, qui affichaient un quelque chose de moqueur, et encore cette lueur qu'il ne voulait pas chercher à identifier. Puis il prit réellement compte de leur position, de son corps presque nu collé contre celui, long et ferme de l'autre, et il émit une sorte de cri/râle/gargouillement qui sonnait presque comme un couinement étranglé surpris et recula brusquement, en un réflex stupide il se rendit compte quand son dos et son cul touchèrent brutalement le sol. Ouch.
Un rire lui parvint, du fond du ventre et il grogna en entendant l'hilarité pas du tout contenu dans la voix grave. Il maudit l'homme, avant de maudire son réflex totalement stupide. Putain, le sol était dur, s'il avait encore un doute là-dessus. Il venait vraiment de…perdre…sa… …
Il se releva d'un bond, furieux, et pointa son doigt droit sur son visage, avec vraiment l'envie de lui en mettre une, et cracha avec rage – merci cerveau génial qui acceptait enfin de se remettre en route.
_ Non mais c'est quoi ce bordel ?! Je peux savoir ce que tu fais dans mon lit ?! Et…argh, pourquoi je suis à moitié à poil ?! Je suis sûr de ne pas mettre déshabillé avant de me coucher !
_ Tu ne t'es pas couché, donc je considère normal que tu n'es pas ce genre de souvenir en effet, railla Loki avec son sourire en coin, qui disait clairement "je me fou de ta gueule et rien à faire de ce que tu peux en penser, parce que c'est hilarant".
Tony serra les poings et ouvrit plusieurs fois la bouche, sans trouver quelque chose de logique ou tout simplement utile à dire. Il finit par pointer un doigt pile devant son visage :
_ Merde !
Puis il récupéra son jean avec des gestes brusques, parce que la tension qu'il sentait dans ses épaules était tout sauf agréable, et le petit picotement chaud dans son ventre était presque pire, parce que c'était quelque chose de doux, d'agréable, et qu'il ne se sentait pas d'humeur à être doux et agréable justement. Il prit grand soin d'éviter de regarder Loki, presque lascivement étalé dans son lit, avec son sourire en coin tout à fait sexy eeeeet il commençait à s'égarer. S'égarer beaucoup. Il baissa les yeux et fut pris d'une espèce de vague de panique en voyant sa chemise ouverte sur tout le haut de son torse, qui le fit pâlir un peu trop vite à son humble avis. Il la referma d'un geste sec en jetant un coup d'œil vers Loki, dont le sourire avait laissé place à un regard profond et perçant. Il fut pris d'un gros doute, le picotement chaud partant du réacteur appuyant ses hypothèses, et il croisa les bras, le regard dur malgré le bourdonnement dans sa tête :
_ Qu'est-ce que tu as fait ?
Loki pencha la tête de côté, et toujours avec ce regard profond qui semblait sonder votre âme :
_ A quel sujet ?
_ Tu sais de quoi je parle.
Loki, étonnamment, se leva, et un léger sourire se dessina sur les coins de ses lèvres. Il réprima la boule de panique qui naissait dans son ventre en le voyant contourner le lit pour s'avancer lentement vers lui :
_ Eh bien, je suis allé te chercher sur le sol de la chambre de mon fils sur lequel tu t'es endormi avant de te porter jusqu'à ce lit. Puis je me suis dit qu'il serait bête de salir les draps, et je t'ai déshabillé…continua-t-il d'une voix basse et presque ronronnante, avançant toujours vers lui. Je t'aurais bien laissé dormir seul mais les cauchemars ont décidés de venir perturber ton sommeil… Et tu es bien assez irritant quand tu dors, alors je n'ose pas imaginer ce que cela rend si tu ne dors pas. Alors j'ai juste décidé de te rejoindre dans ton lit. Tu n'avais pas l'air de t'en plaindre, vu la façon dont tu t'es collé à moi.
Il se stoppa juste devant lui, le surplombant de toute sa stature, mais il se refusa à bouger d'un centimètre, malgré sa bouche soudain sèche et sa gorge serrée. Les yeux verts de Loki étaient baissés sur lui et semblaient briller de quelque chose de dur mais en même temps…doux ? Il ne saurait pas définir autrement cette étincelle dans son regard, qui lui rappelait un peu celle qu'il voyait parfois dans les yeux de ses équipiers. Une sorte d'étincelle tendre mais inquiète et douce. Malgré lui, il se détendit légèrement, parce que Loki ne semblait pas vouloir lui faire mal malgré sa posture presque écrasante de présence. Mais il sentait toujours ce faible bourdonnement à l'arrière de son crâne qui semblait avoir une étrange résonance dans le creux de ses reins, dans une sorte de démangeaison sensuelle. Et il était sûr que c'était une mauvaise chose, parce que bordel, il ne pouvait pas y avoir de la tension sexuelle entre lui et Loki. Et peu importe depuis combien de temps il n'avait eu personne dans son lit, ça… ce n'était pas normal.
Il se força à faire un pas en arrière, les mâchoires crispées à s'en faire mal, et arracha presque difficilement son regard du sien, laissant ses yeux se fixer sur le mur. Merde, comment la situation avait dégénérée pour finir…là ?
_ Tu m'en veux ? J'aurais peut-être dut te laisser par terre. Ou bien, peut-être, que j'aurais dut laisser ce nouveau cauchemar faire flamber ton esprit plus qu'il ne l'est déjà.
Un son rauque de colère retenu jaillit de sa gorge, un peu contre sa volonté, et son regard revint sur le Dieu, qui n'avait pas bougé d'un millimètre. Et qui osait afficher un sourire en coin, même si ses yeux n'avaient rien perdu de leur aspect dur et profond. Comme s'il le scannait. Une sensation très étrange que de se faire dévisager par cet homme vraiment.
_ Je t'interdis de refaire ça. Tu ne t'approches plus de mon lit, tu ne t'approches plus de moi quand je dors, et plus jamais, jamais tu entends, tu touches à mon réacteur quand je ne suis pas pleinement conscient de ce qui m'entoure. Est-ce que c'est putain de clair dans ta tête ?
Sa voix vibrait de colère pure, et il fut plus que surpris quand Loki pencha simplement la tête de côté avec une petite moue pensive. Ouais, il était bien plus que simplement surpris médusé, ébahis et totalement perplexe étaient plus des termes qui, selon lui, collaient à son ressentit face à la réaction de Loki.
_ Alors tu l'as sentit ? Comment ? Quand ? Quelles sensations ressens-tu pour présumer que j'ai touché à ton appareil ?
Tony resta stupidement devant lui à le regarder, son esprit tournant à plein régime pour essayer de savoir si c'était une blague – auquel cas il se foutait clairement de lui et le prenait pour un débile profond – ou bien s'il était mortellement sérieux. Vu la profondeur de son regard interrogateur braqué au sien, il était presque sûr qu'il était sérieux. Et ça, cette presque certitude qu'il voulait absolument une réponse, fit monter une vague de colère inattendue et presque incontrôlable dans son ventre, brûlant sa gorge et faisant joyeusement flamber sa colonne vertébrale et sa tête. Ses poings se serrèrent automatiquement, et sa voix sortie grondante, où sourdait une colère mal contrôlée :
_ De tout ce que tu pourrais me dire, de tout ce que tu pourrais possiblement me demander, c'est tout ce qui te vient !? Tu te fou clairement de moi là ?!
Un grognement de douleur lui échappa quand il se retrouva inexplicablement plaqué contre le mur et il serra les dents, parce que ça commençait à devenir une habitude, lui rencontrant des surfaces dures. Le visage du Dieu était à quelques centimètres du sien, et ses yeux étaient d'un vert glacé et dur. Génial, qu'est-ce qu'il avait dit pour l'énerver cette fois ? Sa respiration se bloqua un instant quand le corps de Loki se plaqua un peu plus contre le sien, avant que son souffle ne sorte presque saccadé, qui le mis vraiment mal à l'aise. Surtout quand la bouche de Loki devint soudain un peu plus proche, et il mentirait en disant qu'il n'avait pas une jolie bouche… Et merde. Le souffle du Dieu se mêla au sien et sa voix ne sortit pas plus forte qu'un murmure, mais un murmure terriblement glacial :
_ Que pourrais-je bien te demander d'autre ? Ah oui, je sais, qui est Pepper ? Ou bien, peut-être, qui est Obadiah ? Ou alors, je peux demander comment et pourquoi un appareil métallique de cette profondeur a pu finir dans ta poitrine, enfoncé juste devant ton cœur. Ou encore, pourquoi ton épaule arbore une telle cicatrice ? Ne fait pas l'erreur de penser que je suis soudain devenu aveugle et sourd, et que je n'ai rien remarqué de la colère qui t'habite ou des cauchemars et regrets qui te hantent.
Tony resta silencieux, la peau de plus en plus pâle au fil du discours formulé de cette voix si froide, qui n'avait plus rien de chaleureux. Une boule sembla se nouer dans sa gorge, et il crut un instant qu'il allait étouffer. Mais la présence écrasante du Dieu se fit soudain un peu moins agressive, un peu moins dure, et une main fine et légère passa dans ses cheveux décoiffés pour presser l'arrière de son crâne et attirer son visage fermement dans le creux d'un cou fin et chaud, sans qu'il n'ait l'envie ou le reflex de se débattre et s'écarter. Il resta bêtement les bras ballants, un goût d'amertume dans la bouche et l'esprit un peu beaucoup désordonné par toutes les questions, réponses et idées plus ou moins coléreuses et tristes qui embrumaient ses pensées en l'empêchant de se concentrer réellement sur autre chose que le souffle régulier qu'il sentait s'échouer dans ses cheveux.
_ Mais je ne poserais pas ces questions, parce que c'est quelque chose de trop personnel pour que tu puisses penser à m'en parler, et que je ne forcerais jamais quelqu'un à dévoiler un secret douloureux s'il n'est pas question de vie ou de mort. Je crois que ce n'est pas le cas. J'ai aussi la décence de ne pas chercher à t'extirper des réponses, ou aller fouiller dans ta tête ou dans les cicatrices de ton corps. Veille à tenir compte de cela la prochaine fois que tu oses me reprocher quelques questions.
Tony prit une brusque inspiration mais hocha la tête, parce qu'il était plus ou moins sûr que sa voix ne tiendrait pas s'il devait parler. Loki sembla pourtant se contenter de cela car la main contre sa tête se fit de plus en plus légère, jusqu'à disparaître totalement, et il fut doucement repoussé du corps chaud. Il s'appuya, ou s'affala mais peu importait, contre le mur sans un mot, et ses yeux suivirent les mouvements de Loki. Comment il lui tourna le dos pour partir de son pas glissant et souple vers la sortie, sans un regard en arrière, sans un mot. Sans même chercher à savoir ce que ses paroles avaient suscité comme réaction. Mais il n'était pas stupide, il avait dut comprendre qu'il se sentait si mal, parce qu'il était sûr que Loki n'était pas du genre à faire des câlins à n'importe qui.
Il aurait voulu parler, dire quelque chose, n'importe quoi pour le garder contre lui, pour qu'il reste près de lui, pour lui raconter peut-être, mais sa gorge refusa de coopérer, et il se laissa glisser contre le mur quand le dos du Dieu disparu totalement dans le couloir. Les larmes ne montèrent pas à ses yeux, parce qu'il s'était promis de ne pas pleurer, de ne plus pleurer pour cela, mais sa tête n'était plus qu'un vaste désert aride de toute pensée intelligible. Un maelström de mots et d'idées sans queue ni tête se baladait tranquillement dans sa tête, assourdissant, l'empêchant de penser. Ce n'était peut-être pas si mal après tout, il n'arrivait que rarement à cet état d'effervescence intellectuel qui le rendait vide de toute vraie pensée.
_ Tony ?
Il releva vaguement les yeux pour voir Fenrir hésiter à l'entrée de la chambre. Comme s'il avait attendu de voir ses yeux, le petit garçon s'avança rapidement, pas avec joie, mais avec quelque chose d'empressé, comme s'il voulait être près de lui, aider à faire quelque chose, même s'il n'arrivait pas à voir ce qu'il pourrait bien faire. Sans vraiment faire attention aux yeux noisette perdus, Fenrir s'assit à côté de lui contre le mur, prudemment, comme s'il avait peur qu'en étant trop brusque, il se sentirait menacé. A bien y réfléchir, Tony le ressentit un peu comme ça aussi, même si son esprit n'arrivait à mettre aucun mot sur ce qu'il ressentait clairement actuellement. Probablement que trop d'émotions se mélangeaient anarchiquement en lui pour faire ressortir un bon mot à son état émotionnel. La tête de Fenrir se posa doucement sur son épaule, et il sentit tout de suite la présence chaude qui se pressa contre son flanc comme quelque chose de reposant et de tranquille, qui l'apaisa doucement.
_ Maman m'a dit de venir. Il avait l'air inquiet, il est sorti dehors.
Tony sentit une pointe d'inquiétude dans son ventre, et son cœur se pinça. Ses idées s'éclaircirent, et il prit grand soin de ne surtout pas se demander pourquoi savoir cela pouvait calmer aussi vite ses pensées désordonnées.
_ Tout seul ?
Le ton avait quelque chose de pressant, et il sut que Fenrir l'avait aussi sentit, parce qu'il rit doucement en se calant un peu plus contre lui.
_ Non c'était pour te faire réagir un peu, j'ai cru que tu étais partit loin dans les étoiles. Bien que ce doive être un spectacle magnifique, je n'en doute pas, ce serait bête de te perdre. Il est dans le salon en train de lire.
Tony se détendit et ne tint pas compte de la vague de soulagement, posant sa tête contre celle du plus petit, vaguement irrité et exaspéré par le petit mensonge, mais le rire qu'il entendait encore contre son oreille le retint de faire le moindre commentaire. Il ferma les yeux et resta immobile, écoutant le silence avec quelque chose qui pourrait se comparer à de la vénération, parce que le silence autour d'eux était doux et réconfortant, et qu'il savait que ce silence ne durerait pas éternellement.
voilà voilà, j'espère ne pas vous avoir trop déçu! :)
J'espère aussi ne pas mettre autant de temps pour le prochain. ^^"
Un gros bisous à tout le monde, ciao! x*
