Coucou me revoilà ! ^w^ Vous allez bien? Moi super, je commence mes vacances, enfin ! :D PS: je viens de me rendre compte que j'ai posté le chapitre d'avant y'a pile un mois, le 22/01. Je sais pas, ca m'a fait rire parce que c'était pas prévu. XD

Donc sinon, un gros énorme bisou à loveyaoi-15 qui a trouvé la référence du chapitre précédent. Bravo tu connais les bases. ;)

Guest (Sarah) : Coucou. ^w^ merci, je suis contente que ca te plaise... :3 En espérant que tu aimes cette suite tout autant ! ^^

Myrzi : Coucou chérie. :3 Je suis contente d'avoir fait briller un peu ta journée merdique alors. J'espère ce chapitre en fera de même pour cette journée (qui j'espère n'est pas merdique x) Gros gros bisous partout sur toi. *coeur*

Shiki : XD j'étais obligée! Et tu t'y attendais qu'il parte non...? :P Bon après pour l'Ironfrost... va falloir attendre encore. XD *rire sadique* Bonne lecture, en espérant que ca te plaise toujours autant même si c'est un chapitre un peu "lent" à mon avis. ^w^ Bisou bébé. *coeur*


CHAPITRE XXII

_ Maman, tu ne m'as toujours pas dit pourquoi on est venu ici.

_ Je t'ai dit que je devais me débarrasser d'ennemis. Je pense que c'est assez clair dans ce qu'il est nécessaire que tu saches.

Fenrir fit une petite moue en le suivant en silence, le bout des pattes à moitié gelé à force de marcher dans la neige, et ceux malgré la protection de sa magie qui tournoyait dans son corps pour le réchauffer. Il ne comprenait pas comment Loki faisait actuellement pour ne pas avoir froid alors qu'il était si peu habillé. Parce que juste un manteau et des bottes n'étaient, à son humble avis, vraiment pas suffisant pour qu'il ne gèle pas sur place. Et sans qu'il ne sache bien pourquoi, son visage était fermé et froid depuis le moment où ils avaient posés un pied sur la planète. Sans jeu de mots de mauvais goût, il était en accord avec le reste comme cela...

_ Ils ne devraient pas tarder à arriver maintenant qu'ils nous ont bien observé gambader dans la neige. Ne soit pas agressif je t'en prie Fenrir.

Il couina un petit assentiment surpris, parce qu'il n'avait ni sentit ni entendu quelqu'un près d'ici, mais qu'il faisait suffisamment confiance à sa maman pour le croire quand il lui disait des choses sur ce ton si sérieux. Ils continuèrent à marcher encore un moment avant que soudainement, une voix profonde et rauque ne résonne derrière eux :

_ Le petit prince perdu c'est décidé à revenir… ?

Fenrir bondit à moitié pour se retourner. Ne jamais montré son dos à un ennemi, règle de base. Eh bien maintenant…il se trouvait un peu stupide parce qu'il n'y avait personne derrière eux, alors que pourtant la voix venait bien de cette direction. A moins qu'elle n'ait résonné tout autour d'eux, il ne saurait dire… il aplatit un peu ses oreilles sur son crâne en jetant un regard inquiet à Loki qui n'avait pas bougé d'un millimètre, le visage aussi froid que la glace qui les entourait.

_ Il faut que je vous parle, dit Loki avec une voix froide et mesurée.

_ Avant ou après la torture ?

Fen' se mit à grogner d'agressivité sous la menace, parce que même s'il ne comprenait rien à ce qu'il se passait, il savait qu'il protégerait sa maman de toutes les menaces qu'ils pourraient rencontrer à un moment donné.

_ Fen' doucement. Je veux juste vous parler, de manière civilisée, de quelque chose d'important. Vous jugerez ensuite de votre sanction si vous en gardez à mon égard après notre discussion.

_ Es-tu venu supplier ? Parce que cela ne marchera pas.

_ Ça tombe bien alors, je ne suis pas ici pour cela. J'aimerais voir les nouveaux dirigeants de Jötunheim.

_ Pour finir le travail ?

_ Pour vous aider à reconstruire plutôt.

Un silence s'installa et Fenrir piétina un peu le sol gelé en regardant Loki qui ne faisait toujours pas mine de bouger. Il avait actuellement tout l'air d'une de ces statues en marbre qu'il avait déjà vu à Asgard, mais en plus digne – enfin à son avis. Le silence devint angoissant et ses oreilles s'aplatirent sur son crâne alors qu'il se plaquait à moitié contre Loki, inquiet. La main fine qui se faufila dans son pelage le détendit légèrement et ils patientèrent encore quelques minutes avant que la voix ne résonne de nouveau, d'un endroit qu'il encore une fois ne parvenait pas à localiser avec précision tant le son semblait se répandre dans l'air :

_ Ils sont d'accord pour vous écouter. Mais vous serez escorté et entravé. Si nous jugeons que ce que vous proposez n'est pas à la mesure de vos actes, vous serez exécuté. Patientez.

Cette fois, le silence lui parut moins pesant et moins angoissant malgré la menace qui venait de retentir comme un glas. Et ce ne fut que quand la sorte de grésillement électrique qui courait sur sa peau d'une manière presque imperceptible disparu qu'il se rendit compte qu'elle avait été là. Ils utilisaient probablement de la magie alors, et c'était pour cela qu'il ne sentait et n'entendait personne aux alentours.

_ Tu as fait quoi pour qu'ils soient aussi énervés… ? Enfin je veux dire d'accord ce sont des jötnar mais quand même, ils ont l'air de t'en vouloir pour quelque chose que tu as fait…

Loki soupira un peu et son regard se perdit dans l'étendue glacée. Le silence s'installa entre eux, si long qu'il était sûr qu'il ne répondrait pas avant qu'il ne reprenne d'une voix un peu étouffée, un peu rocailleuse sur les bords :

_ Je suis un jötun Fenrir. Lors de la guerre entre Asgard et Jötunheim, Odin m'a adopté et m'a fait passer pour son fils au palais, bien que je n'arrive toujours pas à comprendre ses motivations… Je l'ai appris il y a peu à vrai dire.

Fenrir resta silencieux et le regarda avec une certaine pointe d'incompréhension et de tristesse dans les yeux en voyant le visage aussi froid de sa maman, qu'il connaissait suffisamment pour savoir qu'il cachait sa douleur ainsi. Loki leva ses yeux verts un peu assombris vers le ciel gris et terne.

_ Je suppose que j'ai développé ce que les humains appellent "le syndrome de Stockholm", un mélange d'admiration et de confiance inconsciente pour ma survie, ricana-t-il avec une certaine rancœur audible dans sa voix. J'ai appris mon adoption, et il semblerait que ma violence ce soit dirigée vers ma "patrie" et non vers Odin bien que ce soit lui qui m'ait arraché à ce qui aurait pu être ma vraie maison. Je suppose que c'est une réaction instantanée non réfléchie d'autodestruction identitaire qui m'a poussé à essayer de détruire cette planète. Dans tous les cas, cet accès de violence destructrice que je n'ai su contrôler à fait de nombreux morts et à détruit une importante partie de leur ville. Leur rancune vient hypothétiquement de là, finit-il avec une aigreur et une ironie acide dans ces mots prononcés entre ses dents serrées.

Fenrir ne dit rien, contemplant le ciel gris qui semblait être le miroir des choses qu'il ne pouvait voir dans le regard insondable et coloré des pupilles du Dieu. Le silence s'éternisa, sans qu'il ne réponde, un mélange de peine et rage dans le cœur. Il ne se rendit compte que son silence pouvait être mal interprété seulement quand il sentit la tension envahir le corps de Loki. Il réagit instantanément en frottant un peu sa tête contre son épaule, parce qu'il préférait garder une taille relativement petite pour ne pas paraître trop menaçant.

_ Moi je m'en fiche, tu es toujours pareil ça change rien. Et puis, je sais déjà que mère Angrboda en était une, ça ne m'a jamais posé de problème, parce qu'elle n'a jamais fait montre de la violence des jötnar contre moi.

Loki se détendit légèrement et le regarda, un petit sourire rassurant à la commissure de ses lèvres :

_ Je suis content de cela.

_ Et donc, tu vas faire comment pour te faire pardonner alors ? Parce qu'ils vont pas tout régler en claquant des doigts comme ça…

Un bruit de pas retentit avant que Loki ne puisse répondre et il se retourna de nouveau, tombant sur cinq jötnar aux visages fermés. Fenrir les étudia du regard, s'aplatissant un peu sur ses pattes, prudent mais un peu perplexe et incertain. Pourquoi sur les cinq, seulement deux étaient aussi grands – comme devaient l'être en général un jötun en fait. Et la chose encore plus surprenante, pourquoi ne sentait-il aucune autre odeur que celle de la neige, du vent et de la glace ?

_ Vos mains je vous prie. Et nous demanderons au loup de bien vouloir mettre une muselière.

Fenrir se mit à grogner dès que les paroles parvinrent à ses oreilles et ses griffes raclèrent le sol. Il ne se laisserait pas de nouveau attacher sans rien faire ! L'un des "petits" jötnar s'approcha d'un pas qu'il perçut plus que menaçant et il se mit immédiatement en position de combat en grognant, sortant les crocs, les babines frétillantes. Loki soupira doucement en posant les yeux sur son fils puis sur les jötnar. Cela s'avérait plus compliqué que prévu…


_ Je n'arrive pas à comprendre ce que tu veux faire.

Il fit un bruit de gorge exaspéré et irrité, et ses yeux brillaient déjà de colère, après à peine deux minutes d'argumentation.

_ Si tu me laissais sortir de cette putain de chambre, je pourrais te montrer !

L'alfe fit un sourire amusé, un simple étirement aux coins des lèvres.

_ Mais je ne te laisserais pas sortir de cette chambre tant que je ne saurais pas ce que tu vas faire. Comme je t'ai dit, je suis là pour que tu parviennes à rester en vie. Si je te laisse te promener seul à faire n'importe quoi, tu ne resteras pas en vie très longtemps.

_ Je ne suis pas un enfant, grinça-t-il entre ses dents serrées.

Erwan éclata de rire à cela :

_ Ah ? Eh bien, je serais vraiment surpris du contraire.

_ J'ai vraiment envie de te mettre mon poing dans la gueule.

_ Oh attention, je pourrais avoir envie de t'attacher à mon lit après de telles avances de ta part. Loki ne sera pas très content de ça.

Tony serra de nouveau les poings et ses yeux brillaient de colère. Il avait très, très mal dormi, et il n'était clairement pas d'humeur à ces petites querelles enfantines. Un éclair de douleur envahit sa poitrine sous les battements de colère dans sa poitrine, mais son visage resta impassible quant à ce qu'il ressentait. Il grinça un peu des dents :

_ Il me faut quelque chose dans les sacs que tu m'as pris.

_ Les sacs avec les armes ? Tu penses que je vais aller te chercher quelque chose pour t'amuser ? Tu me prends pour plus stupide que je ne suis.

L'alfe s'appuya nonchalamment contre la porte de bois en croisant les bras sur sa poitrine large, un sourire moqueur amusé et taquin aux coins des lèvres. Tony aurait clairement tenté de le frapper s'il n'était pas sûr du fait qu'il ne parviendrait pas à le faire bouger, et qu'en plus l'alfe l'étalerait en une baffe. Il hésita avant de se frotter les yeux de deux doigts en comprenant que le plus simple serait encore de dire la vérité, et de voir ensuite où cela les mènerait. Un peu comme d'habitude en fait… Il croisa les bras sur sa poitrine dans un mouvement fermé et protecteur, suffisamment haut pour cacher l'emplacement de son réacteur :

_ J'ai besoin de quelque chose dans le sac pour survivre.

Le regard pâle de l'alfe devient soudainement moins joueur et beaucoup plus sérieux et sombre :

_ C'est-à-dire ?

_ Va juste chercher le sac, grinça Tony en serrant les mâchoires.

Il se retrouva soudainement plaqué contre la porte avec un mauvais arrière-goût de déjà vu, à part le fait que les yeux dans le visage froid n'étaient pas d'un vert sombre et coléreux mais d'un bleu pâle glacial. La voix de Erwan n'avait plus rien de joueuse ou subtile, et restait froide et brutale, presque professionnelle et sans émotions :

_ Je ne te demande pas ton avis. Je suis garant de ta vie, si tu as un problème il devient le mien.

Tony le fusilla du regard et dégagea presque brusquement ses mains de ses épaules, essayant de ne pas se crisper pour ne pas empirer la douleur de plus en plus lancinante dans sa poitrine :

_ De quoi est-ce que tu parles ? Ton putain de roi t'a dit de me protéger et tu le fais ? Je suis pas un animal domestique !

A sa plus grande surprise, il éclata de rire, mais d'un rire qui le fit frissonner sous le dédain et presque mépris amusé, et les mêmes émotions se lisaient sans mal dans ses yeux :

_ Je ne savais pas que tu pouvais être si aveugle. Ou bien n'est-ce que de la stupidité de ta part. Loki est comme mon jeune frère.

Tony attendit la suite de cette phrase dite sur le ton de l'évidence, suite qui ne venait pas. Il ne comprenait pas pourquoi il lui disait cela, et il fronça les sourcils en essayant de comprendre. Qu'est-ce que Loki venait faire dans l'histoire ?

_ Oui, un mélange d'aveuglement et de stupidité je crois.

Tony releva les yeux pour le fusiller du regard mais l'alfe reprit avant qu'il ne puisse parler :

_ Peu importe. Répond moi. Maintenant.

Le génie grinça des dents en le regardant avec une certaine colère :

_ Tu verras bien de quoi je parle en allant chercher ce putain de sac.

L'alfe plissa dangereusement les yeux mais resta silencieux, semblant réfléchir. Tony ne sut pas bien à quelle conclusion il arriva mais elle devait être plutôt bonne pour lui parce qu'il recula un peu et sa présence se fit un peu moins imposante. Erwan le fixait avec une certaine froideur, à moins qu'il ne s'en fiche vraiment et le laisse crever dans la chambre, ce qui pourtant irait à l'encontre de ce qu'il avait dit plus tôt. Il prit la parole d'une voix sérieuse mais le ton plus léger le rassura inexplicablement.

_ Bien je vais le chercher. Mais pour m'assurer que tu ne sortes pas de cette chambre…

Tony eut juste le temps de froncer les sourcils avant qu'un couinement dégradant ne lui échappe quand Erwan le balança sur son épaule. Il resta bêtement sur son épaule sans bouger sous l'incrédulité et réagit seulement quand une main ferme se posa sur l'arrière de sa cuisse, la chaleur de sa grande main s'insinuant au travers du tissu. Il se débattit légèrement avant de couiner de nouveau quand l'alfe le lâcha sur le lit, où il s'enfonça à moitié, ses draps et le matelas trop moelleux pour son bien. Il chercha à se redresser, bataillant un peu avec les couvertures défaites mais Erwan s'empara durement de ses poignets sans qu'il ne puisse rien faire, lui prouvant une nouvelle fois qu'il était beaucoup trop faible physiquement, et oh mon dieu, il n'aimait pas du tout la tournure que prenait les évènements.

_ Qu'est-ce que tu fais bordel ?! cracha-t-il avec colère.

Un bref instant il écarquilla les yeux quand il crut que l'alfe allait s'étendre sur lui et il en fut tellement secoué qu'il ne remarqua le problème seulement quand Erwan se redressa avec un grand sourire malicieux qui lui donna envie de lui écraser son pied dans la figure. Il leva les yeux pour être bien sûr, et grogna quand en effet il vit bien ses mains obstruées par des cordes attachées à une sorte de petit anneau au mur dont il s'était déjà questionné sur son utilité. Maintenant il le savait au moins. Il le fusilla du regard :

_ Je peux savoir ce que tu fais bordel ?!

Erwan ricana alors qu'il prenait une inspiration un peu sifflante sous la pique de douleur cuisante qui irradia dans sa poitrine, qu'il cacha en pinçant fortement les lèvres.

_ Ne bouge pas, je reviens. De quel sac as-tu besoin ?

_ … Le plus petit, grinça-t-il entre ses dents.

L'alfe lui sourit avant de tourner les talons et sortir en refermant la porte, et il semblait rayonner de malice. Petit trou du cul… Il grogna un peu et ne chercha même pas à tirer sur ses liens, parc qu'il savait que ça ne servirai à rien, le nœud était trop bien fait. Il se permit une légère grimace de douleur, essayant de s'installer un peu plus confortablement pour essayer de diminuer les tiraillements dans sa poitrine, qui accentuaient la douleur déjà très présente du réacteur. Son regard se perdit dans une contemplation du magnifique plafond blanc et il soupira à nouveau, se faisant l'effet d'un vieux las de tout.

Il en avait marre d'attendre bêtement, et il avait clairement l'impression d'être devenu un animal en cage, à tourner en rond dans sa chambre sous l'ennui. Il devait demander la permission pour sortir ou faire quoique ce soit, et il était sûr que ça amusait cet satané d'alfe. Loki était partit depuis une semaine et il avait de plus en plus le sentiment d'avoir été laissé derrière. Il ne savait pas pourquoi il ressentait ce mélange d'abandon et de trahison, mais il savait qu'il lui en voulait, même s'il n'en connaissait pas vraiment la raison. Peut-être qu'il avait l'impression d'être une petite chose fragile qu'on laissait derrière pour ne pas qu'elle amène de problème…

Et puis, il y avait aussi le fait qu'il s'inquiétait vraiment. Malgré la colère qu'il envers lui, Loki lui avait dit que si tout allait bien, il reviendrait dans la semaine. Bon il interprétait tout la partie "si tout allait bien", mais son regard à ce moment avait été plutôt clair pour lui. Loki était inquiet, et ce n'était pas une bonne chose. Et bordel, rien que le fait de sentir de l'inquiétude pour lui le rendait irritable, parce que bon d'accord, c'était Loki, mais c'était Loki. Le Loki avait qui il c'était plus ou moins lié d'amitié, mais aussi le Loki qui avait attaqué sa tour. Déjà qu'il n'était pas très stable émotionnellement, mais avec tous ces…sentiments en plus, il allait rapidement atteindre le black-out, enfermé comme il l'était à ne rien faire. A ne rien faire avec un tordu pour seule compagnie en plus.

Et en plus de tout ça, de toutes ces choses qui commençaient quand même à faire beaucoup pour lui, ses cauchemars ne le lâchaient plus et son réacteur commençait à devenir insoutenable même s'il faisait tout son possible pour ne rien montrer. La douleur était réapparu il y avait de cela deux jours et était de plus en plus présente et de plus en plus intolérable. Loki lui avait dit qu'il ferait son…truc magique qu'il faisait avant de partir mais il avait fuis si vite qu'il l'avait laissé totalement en plan. Probablement qu'il lui en voulait de ça aussi. Parce qu'il n'avait que trois autres petits réacteurs de rechange, et qu'ils ne tenaient que quelques heures chacun, pas suffisamment pour le garder en vie le temps que le Dieu ne revienne. Et qu'en plus, il ne pouvait pas en reconstruire lui-même, parce que le roi avait interdit qu'on lui donne le moindre objet pour qu'il construise quelque chose, peu importe quoi. Et bon dieu, il ne savait même pas pourquoi il l'avait interdit. Il n'avait pas l'intention de faire exploser son palais ou quoi qu'il puisse penser pour lui interdire de travailler putain. Et après Erwan s'étonnait qu'il vire de plus en plus névrotique. Il allait devenir fou, à ne pouvoir rien faire comme ça, à part dormir. Et encore, dormir assailli par des cauchemars, donc au final il ne faisait que regarder le plafond pendant toute la nuit à se réciter toutes les formules mathématiques, chimiques, quantiques et à peu près tout ce qu'il connaissait pour avoir l'impression de faire quelque chose et ne pas devenir fou. Bientôt il allait se mettre à écrire des formules de savant fou sur les murs, et ce ne serait vraiment pas de ça faute s'il virait psychopathe.

Bref, dans tous les cas, si Loki ne revenait pas bientôt, il était fichu, parce qu'il n'autoriserait pas à des inconnus – soit un mage alfe – de toucher à son réacteur. Et non, il ignorerait la raison qui lui faisait attendre Loki comme quelqu'un de confiance pour ça. Surtout pour quelque chose d'aussi personnel que son cœur. S'il était une midinette il aurait souris stupidement mais il ne fit que grogner face au sous-entendu qui pouvait planer dans cette fichu phrase.

Il releva la tête pour fusiller la porte du regard. Bordel, mais que faisait-il ? Il s'était perdu dans les couloirs ou quoi ? Ça faisait déjà dix putain de minutes. Pour essayer de braver l'ennui qui vrillait son crâne d'une envie de s'arracher les cheveux, il se mit à compter dans sa tête pour une occupation comme une autre. Jusqu'à ce qu'enfin, la porte s'ouvre. Il leva brusquement la tête en le tuant du regard :

_ Cent-vingt putain de minutes ! Cent-vingt ! Tu te fou de ma gueule ?!

_ Quoi ?

_ Deux heures ! Tu m'as fait poireauter deux heures ! Tu faisais quoi au juste ? Une partie de jambes en l'air avec la domestique ?!

Erwan leva les yeux au ciel en refermant la porte derrière lui, s'approchant du lit :

_ Loki à appeler.

Tony en resta comme deux ronds de flan, laissant un moment de flottement durant lequel Erwan s'assit naturellement sur le lit près de sa hanche. Son sourire en coin le fit revenir sur terre, et il fronça les sourcils avant de plisser les yeux dans sa direction :

_ Il va bien ?

_ Oui. Il semblerait que, même si ça a pris plus de temps que prévu, il s'en est bien sortit avec eux, son affaire est réglée. Mais maintenant il doit rejoindre la bien-aimée de mon roi, donc il ne sera pas rentré avant une ou deux semaines.

Son sang se figea dans ses veines et il pâlit légèrement même s'il détourna la tête pour qu'il ne le remarque pas trop :

_ Oh.

_ Mais ! Je lui ai dit que tu n'allais pas bien, et que tu as parlé de survie, donc que c'était suffisamment grave. Il ne peut pas revenir pour le moment parce que ce serait inutile, mais Fenrir devrait bientôt arriver.

Il écarquilla un peu les yeux :

_ Quoi ? Mais Loki… Il ne va pas rester tout seul.

_ Fenrir repart juste après, Loki lui a expliqué comment faire, même si je ne sais pas faire quoi.

Tony resta silencieux, reconnaissant mais inquiet et exaspéré, parce qu'il était seul en terrain ennemi, et que lui passait pour une petite chose fragile dont il fallait prendre soin.

_ Détache moi.

_ Pourquoi ? demanda l'alfe d'un ton innocent.

_ Parce que j'ai mal aux épaules Raiponce, et que j'en ai marre de rester attacher là, ça fait presque deux heures et demie.

_ J'ai quoi en échange ? chantonna-t-il légèrement.

Tony lui lança un regard noir :

_ Mon poing dans la gueula ça te va ?

Erwan rit simplement en lui lançant un regard condescendant :

_ Pas vraiment à vrai dire.

Tony grinçait des dents au moment où la porte s'ouvrit. Il leva la tête mais une forme noire relativement petite lui sauta dessus, le faisant grogner sous le choc dans sa poitrine, le laissant sans souffle écrasé dans les coussins :

_ Tony !

Il releva les yeux pour tomber dans un regard vert pétillant et enfantin, qui étrangement lui fit un bref coup au cœur quand il se rendit compte que ce n'était pas vraiment le regard qu'il aimait voir. Il se morigéna sévèrement après une telle pensée et força un sourire pour Fenrir en tentant d'ignorer le goût d'amertume dans sa bouche, et la sorte de boule coincée dans sa gorge :

_ Salut Fen'. Comment va ?

_ Super ! Ça fait deux jours que je mange super bien.

Tony força un sourire, un peu crispé, ses doigts se resserrant un peu sur les liens qui lui clouaient toujours les bras au mur. Et dire qu'il s'inquiétait. Il était vraiment stupide, Loki devait dormir dans des draps en soie et toutes ces conneries dans le même genre alors qu'il avait l'impression de vivre son enfer personnel enfermé dans cette chambre. La voix du loup le tira de sa rêverie soudaine :

_ Pourquoi tu es attaché ?

_ Parce qu'il ne veut pas me détacher tout simplement, répondit-il en fusillant le blond d'un regard incendiaire, qui ne fit que lui faire un grand sourire en réponse. C'est qu'il lui mettrait vraiment une baffe à ce sale gamin…

Fenrir s'assit sur son ventre et heureusement qu'un corps de huit ans n'était pas censé être très lourd – même si là il l'était plus qu'il ne devrait l'être – parce que la douleur dans son torse s'accentua sous la pression, alors même qu'il n'était absolument pas en appuie sur son réacteur. Il retint une grimace en blêmissant un peu. Et dire qu'au début il n'était censé venir que pour un banquet, voilà qu'il se retrouvait avec un réacteur défaillant qui le maintenant en vie mais qui risquait de le tuer assez rapidement. Il adorait sa vie vraiment, pourquoi avait-il l'impression de se prendre des merdes les unes après les autres ? Un bref soupir lui échappa et il releva les yeux vers Fenrir qui le regardait fixement d'un regard un peu trop sérieux. Assez sérieux pour que cela ne devienne étrange dans un si petit visage, aux traits si fins et enfantins. Il haussa un sourcil interrogateur en forçant un sourire, et Fenrir croisa les bras sur sa poitrine comme un adulte :

_ Loki m'a dit comment faire, mais il a dit que ça pouvait faire mal. Il a dit très mal même, du coup il faut que tu me dises, que j'adapte pour ne pas te faire trop mal. J'aimerais évitez le fait de devoir te ranimer après…

Tony sourit légèrement.

_ S'il n'y a que ça tu sais je suis habitué à ce qu'on me ranime. Evite juste de me mettre des baffes, parce que ok ça marche mais je me réveille avec mal partout, alors autant éviter le fait d'avoir la joue en feu par-dessus le marché. De même pour l'eau dans la gueule, se réveiller glacé, c'est pas super hein, je parle d'expérience.

Fenrir fronça les sourcils et son regard perplexe le fit sourire légèrement.

_ Je rigole Fen. Juste avant, si tu pouvais me détacher et faire sortir cet espèce de troufion de ma chambre, je t'en serais vraiment reconnaissant.

Le troufion en question ricana d'un ton moqueur alors que Fenrir détachait rapidement les liens à ses poignets. Tony massait sa peau – pour la forme, parce qu'ils n'avaient pas été assez serrés pour lui faire des marques – quand Erwan se leva sans qu'on n'ait besoin de lui en dire plus, ce qui à son avis était un exploit en soi.

_ T'en fait pas l'humain je sors. Je reviens quand Fenrir ira voir Frey.

Il fit une révérence moqueuse et sortit en refermant soigneusement la porte. Tony attendit d'entendre le cliquetis du battant avant de regarder Fenrir qui le fixait toujours aussi sérieusement. Il allait très vite commencer à se sentir mal à l'aise s'il n'arrêtait pas bientôt son cirque. Il fit un petit sourire gêner et Fenrir parla d'une voix sérieuse et avec un quelque chose d'inébranlable mais de presque tendre qui le surpris assez :

_ Tu me montres sil-te-plaît Tony ?

Tony hésita un bref instant avant de déboutonner le haut de sa chemise de doigts légèrement tremblants pour dévoiler son réacteur rougeoyant qu'il sentait pulser douloureusement.

_ Ça fait mal ?

_ Oh non non, c'est très agréable comme sensation, railla-t-il en levant les yeux au ciel, exaspéré. Oui, il était vraiment à cran.

Fenrir fit une moue et il s'en voulu un peu de ses automatismes ironiques pour se défendre, mais le garçon ne sembla pas en prendre ombrage. Il prit une inspiration un peu sifflante quand il vit approcher les mains fines et pâles et il ferma fortement les yeux. L'image de Loki qui sembla s'imprimer sous ses paupières, assit sur lui comme l'était actuellement Fenrir fit monter une vague de chaleur le long dans son dos et dans le creux de son ventre et il écarquilla les yeux alors même que la sensation de tiraillement dans sa poitrine ne s'accentuait, devenant brusquement étouffante.

_ Et merde, murmura-t-il seulement dans un souffle.


voilà. ^w^

J'espère que le chapitre vous a plut. Un gros bisou aux personnes qui prennent la peine de me laisser des reviews, sinon j'aurais abandonner la fic depuis quelque temps déjà, vous êtes les seuls à me motiver pour la continuer. x)

a la prochaine ! *coeur*