Bonjour bonsoir, quoi de neuf? :)
Bon comme j'avais dis (je crois...?) je reposte le 22 ! :D je suis à l'heure en plus ! J'ai passé mon aprem à recopier le chapitre, j'ai les doigts en compote, mais je suis à l'heure ! :D Soyez fier de moi. é.è
Myrzi: Salut ma belle. Comment va? ;) Je suis morte de rire,c'est tellement marrant de voir les avis différent sur un seul même personnage. XD Mais à vrai dire je sais pas si Tony va y arriver, Erwan est plus vieux, il a des années d'entrainement derrière lui. ;) Bisous bonne lecture, j'espère que tes vacances se sont bien passée. *coeur*
Guest (Sarah): XD je suis contente qu'il te plaise. (court? Tu veux des chapitres de combien de pages...? XD) celui là est plus long normalement. ;) bisou bonne lecture! :*
Shiki: Hello ma belle, ca va? XD il faut croire en tes intuitions, tu commences à me connaitre... ;) Attend toi à une fin frustrante pour celui-là aussi ! gnarkgnarkgnark. Bien sur que non je ne les perds pas de vu! Où sont les moments câlins pas vraiment câlin sinon?! :D Mais naaaaan il va pas faire de bêtise. Par contre, attend toi à un truc de la part de Loki... ;) Je n'en dis pas plus. *coeur* (en rapport avec ce que tu demandes depuis 23 chapitres. XD) bonne lecture ma puce. :*
Irulan27: :3 oh merci. Je suis contente que ca te plaise alors. :3 Oui moi aussi je n'aime pas quand tout va trop vite, c'est pour ca que je fais durer. :) je veux de la tension... grrr. ;) Eh bien bonne lecture, parce que la suite est là ! :D
CHAPITRE XXIII
Frigga souriait en se dirigeant vers sa chambre. Sa petite virée dans les jardins lui avait rendu le sourire, si tant est qu'elle l'avait perdu, et elle prenait grand soin d'ignorer le regard persistant des nobles dans son dos. Sa longue robe chuintait légèrement en glissant sur le sol, mais les tissus qu'elle avait dans les mains l'empêchaient de la relever. Elle ouvrit la porte de sa chambre et ignora délibérément son mari assit sur son fauteuil pour poser ses ouvrages sur le lourd bureau en bois finement travaillé qui ne lui appartenait qu'à elle. Odin se racla la gorge, bruyamment, et bien qu'elle sente son regard fixé dans son dos, insistant, elle ne se retourna pas et continua de plier d'une main douce mais précise les petits carrés de tissage. Elle ne laissait jamais ses servantes s'occuper de ses œuvres. Pas qu'elle ne leur faisait pas confiance, mais il s'agissait de ses œuvres, de son travail de filage, et elle ne laisserait personne d'autre y toucher. Même son mari ne pouvait y poser la main sans risquer sa colère.
Son mari se racla de nouveau la gorge, plus impatiemment, et elle ferma un instant les yeux, retenant un soupir las. Elle n'en pouvait plus de le côtoyer alors qu'il semblait être sûr d'être supérieur à toute personne de son entourage. Et en faire partie ne la réjouissait vraiment pas. D'autant que depuis quelques temps, il semblait de plus en plus perdre son calme pour tout et rien, et elle ne parvenait toujours pas à comprendre pourquoi et comment il avait pu changer à ce point. Au temps de leur jeunesse, jamais elle n'aurait pensé qu'il devienne ainsi. Et bizarrement, elle ne croyait pas les bruits qui courraient, sur le fait que le trône et le pouvoir lui étaient montés à la tête. Il n'était pas ce genre de personnage…
_ Frigga.
La voix froide exaspérée mais dure faillit la faire sursauter mais elle reprit immédiatement son calme et tourna son regard vers lui. Elle haussa calmement un sourcil et vit la mâchoire de son mari se crisper légèrement, son œil revêtant une lueur presque dangereuse :
_ M'ignores-tu ?
_ Eh bien… commença-t-elle d'un ton posé et calme, les mots un peu trainants. Je ne savais pas que tu t'adressais à moi. A moins que tu n'es grandement écorché mon nom lors de ton raclement de gorge. Dans ce cas je suis désolé, je ne savais pas que tu essayais de prononcer le nom de ta femme.
Oui elle avait conscience d'être cassante, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Un muscle tressauta dans la mâchoire du roi, et elle se demanda un instant si à foire de faire cela, il pouvait contracter une crampe. Bien sûr, elle se rendait compte qu'elle ne lui parlait que rarement ainsi, mais elle commençait sérieusement à se lasser de son comportement.
_ Ne me parle pas sur ce ton, je suis ton roi.
_ Non, tu es mon mari. Tu es mon roi en dehors de cette chambre. Maintenant dis-moi la raison pour laquelle tu m'as dérangé.
Pendant un moment, son visage devint glacial et elle eut la nette impression de ne plus avoir l'homme qu'elle aimait sous les yeux. Ou avait aimé. Elle ne savait plus, parce qu'il n'avait plus rien à voir avec celui qu'elle aimait justement – toutes les histoires qui tournaient autour de leur mariage arrangé, et sur le fait que leur amour était inexistant et qu'il ne s'agissait juste que d'un mariage d'intérêt se trompaient lourdement sur elle. Cet éclat glacial disparu brusquement de son regard et son visage s'adoucit un peu, mais la petite lueur de tendresse qu'elle y voyait parfois n'apparue pas.
_ Excuse-moi tu as raison. Je voulais savoir pourquoi tu avais convoqué le conseil sans m'en parler, et que donc pourquoi je ne suis pas convié aux réunions de mes propres subalternes.
Elle pinça un peu les lèvres sous le terme qui lui semblait presque méprisant mais ne fit aucun commentaire et s'assit avec retenu sur le fauteuil en face du sien, essayant de ne pas paraitre trop détendue ou affalée, pour ne pas lui donner l'idée qu'elle était plus faible et incapable de lui tenir tête sans se ratatiner.
_ J'ai tout autant que toi le droit de demander audience aux conseillers, que tu sois présent ou non. Nous avons parlé des finances, puis du problème Loki, puisque tout tourne autour de lui ses derniers temps. Rien qui ne nécessitait vraiment ta présence.
Le visage d'Odin redevint glacial et fermé, et une lueur agressive s'alluma dans son œil :
_ Et tu trouves que l'avis du roi n'est pas nécessaire sur ce genre de sujet qui touche tout ce royaume ?!
Elle se crispa légèrement et ses doigts fins froissèrent légèrement le tissu vert foncé brodé d'or de sa robe. Elle prit une inspiration calme en se forçant à rester détendue, et se félicita quand le ton de sa voix resta calme et fluide :
_ Le problème est là. Tu en as fait un problème d'Asgard alors qu'il ne s'agit que d'un problème familial. J'ai parlé en tant que mère et non en tant que reine, tu n'étais donc pas utile à la conversation.
Odin lui jeta un regard noir et se leva brusquement pour se mettre à faire les cent pas, les mains typiquement croisées dans le dos. Cela en devenait presque caricaturale, de la caricature du roi furieux et sans discernement qui prenait l'habitude de tourner en rond dans son bureau ou sa chambre en réfléchissant ou maugréant.
_ Comment peux-tu encore l'appeler "mon fils" ? C'est un jötun qui a montré qu'il pouvait faire preuve d'une extrême violence. Il peut se retourner contre nous à tout moment.
Frigga soupira et baissa un peu la tête de lassitude avant de lui lancer un regard irrité et frustré :
_ Tu es encore bloqué là-dessus. Tout vient de là n'est-ce pas ? Que je suis stupide, bien sûr que tout viens de là. Tu as toujours eu peur de lui.
Odin la fusilla du regard et sa voix se fit grondante :
_ Je n'ai pas peur de lui.
Frigga plissa les yeux vers lui :
_ Tu te fiches de moi ? Bien sûr que si. Tu as toujours eu peur de sa manière de parler et de son intelligence, et tu as toujours cherché à s'éparer Loki de ton fils. Et je t'interdis de me contredire parce qu'il s'agit de ça, coupa-t-elle en le voyant ouvrir la bouche.
Il lui lança un nouveau regard noir et reprit ses cent pas, les mains fermement plaquées dans son dos. Elle resta à le regarder avec ce reste d'une infime tristesse dans la poitrine. Elle savait qu'il avait toujours craint Loki, mais la raison lui avait toujours plus ou moins échappée. Odin se stoppa au bout de quelques minutes de silence pesant et il retourna s'assoir, le corps un peu rigide. Il prit la parole peu après :
_ Dans ce cas, tu dois savoir où il se cache.
Frigga ne voyait pas le rapport avec leur discussion précédente mais elle ne fit aucun commentaire et accepta le changement de sujet :
_ Non je ne sais pas où il se cache. Comment le saurais-je ?
_ Parce que comme tu l'as souligné, tu es sa mère, tu es donc censé savoir où il se cache. D'autant que tu as un don de prédiction… il plissa les yeux. Ça me semble étrange que tu ne saches pas où il se cache. A moins que tu ne me mentes… ?
Frigga resta un moment silencieuse en essayant de comprendre ses sous-entendus et plissa dangereusement les yeux quand elle y parvint :
_ Es-tu en train de dire que je mens en cachant une information d'une extrême importance avec peine de trahison… ?
Odin la regarda un instant mais détourna rapidement les yeux avec mauvais foi quand il sembla se rendre compte de quelque chose, bien qu'elle ne sache pas quoi. Probablement sa colère latente qui devait faire briller ses yeux d'un éclat éclatant. Au moins, il avait la présence d'esprit de la savoir dangereuse, tout n'était peut-être pas perdu…
_ Je n'ai pas dit cela…
_ Non bien sûr, et moi je suis stupide. Pour qui me prends-tu ? Avec toute ta connaissance, n'est-ce pas plutôt toi qui devrais savoir où il se trouve ?
Son roi sembla se figer à moitié avant de que ses yeux ne semblent s'enflammer de colère. Sa voix se fit sourde et grondante :
_ Bien sûr que je devrais le savoir. Je devrais tout savoir ! J'ai donné de mon entièreté pour ce savoir ! Je devrais posséder la vérité suprême ! J'aurais dut pouvoir tout commander avec ma connaissance, les gens devraient voir ma supériorité ! Pour tous obéir à mes ordres comme il se devrait d'être, parce que ma parole est suprême, elle fait loi.
Frigga fronça les sourcils et se redressa légèrement :
_ De quoi parles-tu ?
Odin redressa le menton dans un mouvement supérieur :
_ Je parle du fait que personne ne respecte mes choix alors qu'ils devraient obéir sans se poser de questions !
Le regard de Frigga devint glacial et elle se leva lentement, dans une posture et une prestance naturellement imposante. Pour qui se prenait-il à dire ce genre de choses ? Peut-être qu'il était plus atteint qu'elle n'avait bien voulu l'admettre. Et même s'il ne voulait rien lui dire – parce qu'elle était pratiquement sure qu'il ne voudrait rien lui dire de ses secrets qu'il gardait si jalousement – elle irait fouiner par elle-même. Personne ne lui cachait des choses impunément, encore moins s'il s'agissait de sa famille, et de choses qui pourraient mettre en danger cette même famille et le royaume tout entier. Sa voix sortie froide et cassante :
_ Tu n'es pas supérieur. Tu es roi certes, mais tu es comme tout le monde, donc tu peux tout à fait avoir aussi tort que nous. Maintenant tu vas m'expliquer cette histoire de savoir suprême. Immédiatement.
Odin se dressa lui aussi sur ses pieds, et sa présence était tout aussi écrasante que celle de sa femme. Il la regarda avec colère, et sa bouche se plissa avec mépris, et quelque chose d'hautain qui lui resta en travers de la gorge, parce qu'il était bien le seul à prendre le droit de la regarder ainsi depuis bien longtemps :
_ Silence femme. Tu n'es là que comme faire valoir, et si tu as le droit de parler c'est parce que je t'en donne l'autorisation.
Frigga resta un instant sans voix avant que son regard ne devienne véritablement glacial. Elle le dévisagea en silence pendant un long moment avant de se diriger vers la porte d'un pas un peu saccadé par le reste de choc que venait d'avoir ses paroles sur son esprit et son cœur. Elle posa la main sur la poignée de la porte, bien décidée à quitter cette chambre qui soudainement lui donnait une impression de claustrophobie intense. Elle le regarda juste avant de sortir, et sa voix sortie glaçante, aussi coupante que les lames qu'elle aiguisait chaque soir pour se détendre :
_ Tu n'as plus rien à voir avec l'homme que j'ai aimé Odin. Et crois-moi, tu es loin de m'avoir vu quand je suis de mauvaise humeur et très énervée contre quelqu'un. Surtout si ce quelqu'un, c'est toi.
La porte se referma derrière elle sans un bruit autre que le petit cliquetis caractéristique, laissant Odin seul bêtement planté en plein milieu de leur chambre. Seul, comme il allait bientôt le rester s'il s'obstinait dans ce comportement.
Loki releva la tête vers l'immense bâtisse qui se dressait devant lui et soupira légèrement en posant sa main sur l'épée à sa taille. Il caressa légèrement le pommeau de l'arme, la main douce et un peu rêveuse, dans une caresse que l'on pouvait prodiguer à un amant. Depuis qu'il sentait le poids lourd de cette épée à sa taille, battant contre sa cuisse, le métal chaud sous sa main, il hésitait. Se demandant si cela était franchement une bonne idée de lui offrir ce cadeau. Enfin, non bien sûr que ce n'était pas une bonne idée, mais s'il allait vraiment lui donner cette épée. Après tout, le pouvoir de celle-ci était énorme, presque incompréhensible dans sa puissance, et il était sûr que le choix de Frey de la donner à une jötun était une erreur monumentale. D'autant que pour une raison inconnue, il sentait qu'il ne devait pas se séparer de cette lame, la garder au péril de sa vie. Ce qui était ridicule, parce que cette épée était forgée pour protéger son porteur, et surtout peu importe si ce porteur savait la manier ou non. Il hésitait, et ce qui l'inquiétait était le fait qu'il n'avait plus beaucoup de temps. Il patientait devant la maison qui selon des critères autres que jötun ressemblait d'avantage à un immense palais – bien qu'après avoir vu le palais royal il doutait d'être à nouveau surpris de la grandeur d'un lieu. Il patientait donc depuis au moins dix minutes et se doutait bien du fait que Gymir n'allait pas tarder à ouvrir lui-même sans qu'il ne toque. Il devait déjà se demander pourquoi il restait bêtement devant la porte. Le fait que cela puisse paraître suspect le décida enfin à toquer, trois coups puissants qu'il entendit raisonner dans l'air froid.
La porte s'ouvrit trop vite devant lui pour que le serviteur ne fût pas derrière celle-ci depuis qu'il était arrivé. Il cacha Skidbladnir (l'épée de Frey) sous la lourde cape que lui avait donné les jötnar – sans qu'il ne comprenne bien à quoi elle correspondait – finement brodée d'or et d'un autre tissu qu'il ne connaissait pas, mais qui était doux sous ses doigts. Il fut légèrement surpris de son mouvement automatique mais fut beaucoup moins anxieux quand il fut sûr que le serviteur n'avait pas remarqué son geste, incliné devant lui. Ses cheveux noirs et longs, souples et détachés, formaient un rideau de soie autour de sa tête. La lumière qui envahissait peu à peu le ciel depuis qu'il avait rendu la cassette – on aurait dit que la planète revivait à dire vrai – se reflétait sur la peau d'un bleu étrangement clair. D'autant que les lignes qui auraient dut apparaître sur ses bras étaient inexistantes. Il sentit une pointe de curiosité en le regardant mais la scène commençait à devenir gênante. Pas qu'il n'aimait pas voir les gens se prosterner devant lui, au contraire, mais là, il n'en voyait pas vraiment l'utilité, surtout qu'un vague sentiment de malaise l'envahissait quand c'était un jötun qui s'inclinait devant lui. Probablement l'une de ces réminiscences du passé agaçantes.
_ Tu peux te redresser.
Le jötun obéit immédiatement. Son visage jeune contrastait un peu avec son regard trop sérieux et impassible, où il pouvait pourtant lire une sorte de lassitude sombre et latente, s'apparentant à de la résignation. Il ne fit aucun commentaire et resta surpris de voir qu'il était plus petit que lui, même si leur différence de taille n'était pas accablante. Son visage était fin, trop fin, les jötnar ayant pour la plupart des traits anguleux et coupants. Celui-ci avait des courbes fines et douces, et un corps fin qu'il devinait pourtant puissant sans être fort. Quelque chose de presque magnétique se dégageait des beaux yeux rouges pâles, et Loki sentit sa curiosité grandir un peu plus, se muant en un faible bourdonnement intéressé. La voix grave mais étrangement chantante du jeune homme le tira de sa rêverie, qui maintenant qu'il s'était repris, était fortement déplacée :
_ Veuillez me suivre monsieur, maître Gymir attend votre arrivée.
Loki hocha la tête et le suivit à l'intérieur, son regard glissant avec impassibilité sur le corps jeune et souple devant lui. Il se força presque à détourner les yeux pour étudier la manière dont le plafond s'étirait à des mètres au-dessus de sa tête. Il supposait que pour un véritable jötun, le plafond était d'une hauteur correcte – les plafonds du palais étaient si hauts qu'il avait parfois eu du mal à y voir les décorations peintes. Le hall qu'ils traversaient étaient d'une architecture mêlant le brut et le délicat, et le matériau inconnu utilisé, une sorte d'acier légèrement brillant, semblait être assez souple pour un travail de minutie. Des fleurs de givre d'une finesse et d'une raffinerie que seul le froid pouvait créer décoraient l'endroit, en plus des nombreuses tapisseries plus ou moins colorées qu'il n'avait pas le temps d'examiner plus en détail. Des lumières douces d'un joli blanc éclairaient doucement le hall et les différents couloirs qui partaient de celui-ci, laissant peu de zones d'ombres. Ils s'engagèrent dans l'un des couloirs relativement simple où défilaient sous ses yeux de nombreuses portes fermées. Ses pas ne faisaient pas le moindre bruit sur le tapis bleu nuit et il remarqua que ceux du serviteur n'en faisait pas plus. Ce couloir lui sembla interminable, et il en fut presque soulagé quand le plus jeune se stoppa enfin devant une porte. Pas qu'il était trop fatigué pour marcher, mais il voulait finir cela vite, pressé de rentrer depuis l'appel de Erwan. Oui, c'était égoïste, mais il n'avait aucun problème avec ça.
Il entra dans une salle relativement petite, vide hormis quelques sièges et tables. Il se stoppa quand le plus jeune lui fit un signe de la main avant de se diriger vers la porte au bout de la pièce. Bien, il était donc dans une salle d'attente. Son regard glissa de nouveau sur le corps fin du plus jeune, le visage toujours aussi impassible bien qu'il lui tournait le dos. La tunique fine et légèrement moulante, confortable, se plaquait dans quelque chose de sensuel contre son dos, laissant apparaître au travers du tissu noir la courbe de ses reins et les muscles tendus. Loki pencha légèrement la tête de côté et se perdit légèrement dans ses pensées tandis que le jötun disparaissait derrière la lourde porte qui ne fit pas un bruit. Le corps du serviteur lui revint en tête. Après tout, il était vraiment beau, et il n'avait plus touché intimement quelqu'un depuis longtemps. Mais bizarrement, il ne sentit pas la pointe de désir habituel, et un soupir las lui échappa quand l'image souriante d'un visage exaspérant s'imprima dans son esprit. Evidemment, même absent il fallait qu'il le hante de sa présence. Loki se demandait vraiment comment il allait. A part son réacteur défaillant le faisant souffrir bien sûr. C'était d'ailleurs la raison principale pour laquelle il était pressé de rentrer. Il voulait s'assurer que Fen avait réussi à apaiser la douleur de son cœur, même s'il allait passez derrière pour vérifier qu'il avait totalement déchargé l'énergie. Il mentirait en disant qu'il ne s'en voulait pas de ne pas avoir "nettoyé" son cœur comme il le lui avait pourtant promis. Mais encore une fois, lui et les promesses semblaient être en éternel conflit…
Mais quand il était partit précipitamment, il ne s'était pas posé de questions, et avait juste agis par instinct. Quand il l'avait repoussé, Loki n'avait pas pu penser plus loin que le rejet, complet et douloureux, qui inconsciemment le ramenait aux dizaines de fois où il l'avait ressenti. Il n'avait absolument pas réfléchi aux sentiments qu'avait pu causer son baiser chez Stark. Mais bon, rien que le fait qu'il y avait pensé – après peut-être mais il y avait pensé – signifiait déjà qu'il tenait à lui. A présent, il s'en voulait légèrement de l'avoir laissé ainsi, mais il avait été hors de question qu'il fasse demi-tour. Sinon, sa fuite aurait été vue comme une colère enfantine, et il ne supportait pas de s'excuser. Même si bien sûr, il avait conscience d'être un peu en tort… Mais il se ferait pardonner en revenant. Il essayerait. En espérant que la sorte "d'amitié" qu'il avait construit avec Stark n'ait pas pris fin avec son acte. Pas qu'il aurait pu s'empêcher de le plaquer contre cette porte. Ses mots lors de leur rencontre avec Frey l'avaient probablement plus blessé qu'il ne voulait bien l'admettre.
_ Monsieur ?
Loki tourna de nouveau la tête vers la lourde porte, où le serviteur le regardait fixement. Il reprit la parole en voyant son attention sur lui :
_ Maître Gymir est prêt à vous recevoir. Veuillez me suivre.
Il disparut de nouveau derrière la porte et Loki le suivit prudemment, restant sur ses gardes. La pièce dans laquelle il entra devait être la plus grande de la maison, quoiqu'il n'en était pas vraiment sure. Cela semblait être une salle de réception. La décoration était fine et délicate, mais il ne s'y attarda pas et fixa son regard sur Gymir. Même assit, il était énorme et gigantesque, et Loki n'aimait pas vraiment la sensation de devoir lever la tête pour s'adresser à quelqu'un, mais il commençait à prendre l'habitude depuis la semaine passée ici.
_ Bienvenu dans ma demeure Loki Laufeyson.
Il inclina légèrement la tête vers lui, et sa voix grave et puissante résonna entre les murs. Une note de respect s'insinua dans sa voix, qu'il avait appris à reconnaitre dans le ton des jötnar. Une sorte de ton trainant qui semblait leur arracher la gorge. Loki se dit que les nouvelles allaient vite :
_ Je suis honoré de faire faire votre rencontre.
Gymir rit, et ses yeux étaient empreints d'amusement :
_ Nous savons tous les deux que tu n'es pas ici pour moi. Tu viens donc pour conquérir Gerd.
Loki secoua la tête et lui fit un léger sourire en coin :
_ Je viens en effet pour cela, mais au nom de quelqu'un d'autre.
Les yeux rouges sang du jötun se plissèrent et une sorte de grondement sortit de sa gorge :
_ Dis-tu que tu ne veux pas d'elle ? La trouves-tu si laide ?
Loki haussa un sourcil :
_ Je ne pense pas avoir dit cela. Mais à mon grand regret, j'ai déjà un compagnon, je ne pourrais décemment pas demander à cette dame de me rejoindre.
Gymir sembla se calmer légèrement, et ses longues mains fortes se posèrent sur ses cuisses puissantes. Loki eut l'étrange impression d'y voir un mouvement gauche et hésitant. Etait-il intimidé ?
_ Je comprends. Qui est donc celui qui cherche les faveurs de ma fille ?
_ Le roi de Alfheim. Il a été transporté en la voyant, et soupire après elle depuis de nombreux jours.
_ Je n'aime pas les alfes.
_ Il s'agit d'un vane. Asgard a tenté de le manipuler, mais il a acquis le pouvoir de ce peuple seul, et fait croire à Odin qu'il est toujours sous son joug.
_ Ce qui est faux.
_ Evidemment.
Gymir sourit de nouveau, et ses yeux balayèrent son corps :
_ Et un roi envoie un prince comme porte-parole ?
_ Il voulait vous prouver sa bonne foi en m'envoyant. Dame Gerd sera traitée comme sa reine et bien plus encore… De plus, votre famille aura un nom dans l'histoire vane et alfe, mais vous permettrez aussi une alliance de Jötunheim avec deux autres peuples… Je suis sûr que le pouvoir en place saura vous récompenser d'une telle initiative.
_ Et vous ? demanda-t-il après un moment de silence pensif.
Loki fronça les sourcils et pencha légèrement la tête :
_ Moi ?
_ Que pensez-vous de ce roi ? Est-il puissant ? Respecté ? Sait-il se battre ? Peut-il la protéger ? L'aimer ? Je veux votre avis.
Si Loki resta perplexe face à cette demande, il n'en laissa rien paitre :
_ Frey est puissant et respecté, et c'est un excellent combattant. Il saura la protéger de toute menace, bien que je m'attende à ce qu'une dame de ce rang sache se battre…
Gymir rit de nouveau et le regarda avec une sorte de fierté, ou de respect. Pas qu'il le comprenait dans tous les cas.
_ En effet jeune prince, et votre roi va devoir prouver son honneur devant elle.
Loki tressailli légèrement, à peine, et il inclina légèrement la tête :
_ Je suis sûr qu'il en sera ravi. Puis-je la voir à présent ?
Les yeux rouges se plissèrent légèrement et il se redressa, paressant plus grand qu'il ne l'était déjà, son torse semblant se délier et s'étirer vers le haut.
_ Pourquoi cela ?
_ Parce que Frey a un présent pour elle. Et que je veux personnellement le lui donner.
Le silence s'éternisa un peu entre eux puis Gymir fit un signe au serviteur :
_ Suivez-le il vous y mènera. Ne revenez pas me voir par la suite, j'ai des affaires à régler. Bonne continuation mon prince.
Loki inclina la tête et tourna les talons vers le serviteur qui, immobile près du mur, lui tenait déjà la porte, qui chuinta légèrement quand elle se ferma derrière eux. Le plus jeune ne semblait pas vouloir le regarder, marchant rapidement et traversant des salles magnifiques qu'il eut à peine le temps de regarder. Le jardin dans lequel il arriva alors était grand et bien entretenu, et une autre maison se dressait devant lui, au centre, le fond semblant juste être quelques hectares d'une forêt d'arbres touffus – qu'il était étrange de trouver par de telles températures, mais ma foi, chaque planète avait sa faune et sa flore. Beaucoup plus petite et beaucoup moins haute, le serviteur s'y dirigea immédiatement.
La porte s'ouvrit sans même qu'il n'est le temps de toquer, et une magnifique jeune femme se dressa devant eux. Assez petite même si elle faisait sa taille, elle avait un corps fin et d'une féminité extrême, avec une taille fine et des hanches arrondies. Ses jambes semblaient longues sous la robe d'un tissu extrêmement fin qu'elle portait, d'un blanc cassé orné de quelques fleurs d'un doré cuivré. Son corset faisait ressortir une poitrine haute et ronde, affermissant sa silhouette longiligne. Son visage, ses épaules et ses mains étaient d'une finesse rare, bien que ses biceps soient dotés d'une certaine puissance. De longs cheveux formaient une parure le long de son dos, et leur couleur d'un noir profond semblait ici et là s'éclairer de reflets dorés. Comme ses yeux. Il resta surpris bien que son visage impassible ne laisse rien paraitre face à ses yeux en amande d'un doré sombre où brillaient quelques étoiles rouges sang. Sa bouche fine affichait une courbe moqueuse et il se reprit de son observation béate. Il inclina le haut du torse et la tête vers elle :
_ Ma dame, je suis honoré que vous permettiez ma présence devant vous.
Le visage fin se fendit d'un sourire amusé, et ses yeux brillaient d'une intelligence malicieuse et vive. Frey n'aurait pu trouver quelqu'un de plus adapté, parce qu'il sentait que quelque chose était clairement possible entre eux.
_ Comment aurais-je pu refuser la présence de celui qui nous a rendu le soleil ?
Les yeux émeraude de Loki s'assombrirent légèrement et il leva les yeux vers le ciel qui en effet s'éclaircissait de minutes en minutes. L'air même semblait plus frais et plus pur que quand il était arrivé sur la planète.
_ Les nouvelles vont vite.
_ Pas besoin que la nouvelle circule, nous le sentons tous ainsi.
_ Peu importe, je ne suis pas devant vous pour cela, lâcha-t-il d'une voix plus sèche qu'il ne l'aurait voulu.
Il fit apparaitre une lettre qu'il lui tendit :
_ Voici une lettre de votre prétendant. Il m'a aussi légué cela pour vous.
Il fit apparaître une copie conforme de Skidbladnir et le lui tendit, sans même ressentir un pincement de culpabilité. C'était pour le mieux.
_ Cette lame vous revient.
Gerd releva les yeux qu'elle avait détournés et alors qu'elle ne montrait qu'un vage dédain enver la lettre toujours close, ses yeux s'illuminèrent devant le magnifique ouvrage.
_ Je tiendrais compte de ce cadeau.
Elle la lui prit d'une main délicate mais ferme, et ses doigts se fermèrent sur la gard avec une dextérité apparente.
_ Il me faut votre réponse tout de suite.
Elle pinça un peu les lèvres mais secoua la tête :
_ Ganin, mon serviteur, viendra vous donner ma réponse.
Loki resta un instant silencieux mais capitula et hocha la tête.
_ Bien.
_ Vous pouvez disposer.
Elle lui sourit avant de fermer la porte. Loki resta un instant devant, l'image de la beauté merveilleuse de la jötun imprimée derrière les paupières. Au moins maintenant il comprenait pourquoi le père ne voulait pas qu'elle sorte trop de chez elle…
_ Suivez-moi.
Le serviteur fit à nouveau demi-tour et le chemin inverse au travers de la demeure lui paru beaucoup plus lent. Un sourire lent apparu sur ses lèvres quand il se rendit compte que Fenrir l'attendait dehors, sautillant dans le vent, semblant courir après les gouttes de neige que le vent soulevait. Il couina un son joyeux quand il le vit et sautille vers lui.
_ Salut. On rentre ?
Loki sourit devant son enthousiasme et hocha la tête. Une main retint son bras et il jeta un regard glacial au serviteur, qui frémit mais eu le courage de ne pas le lâcher :
_ Dites-mon nom à votre roi, que je ne me fasse pas tuer en apportant ma réponse.
Loki resta un moment silencieux avant d'hocher sèchement la tête. Ganin lui rendit son salut et disparu si vite dans la demeure qu'il n'eut le temps de ne rien dire.
_ Ça va ?
_ Oui ne t'inquiète pas. Nous y allons ?
Fen lui lança un regard un peu perplexe mais ne fit aucun commentaire et le portail miroita devant eux, brillant de mille feux, beaucoup plus lumineux que les fois précédentes. Comme Loki s'y attendait, l'afflux magique dut au réacteur de Stark l'avait drôlement boosté.
Ils apparurent pile dans la chambre du mortel, et il n'eut même pas le temps de fusiller son fils du regard, parce que son regard venait de s'accrocher sur l'humain, et qu'il n'arrivait plus à s'en détacher. Même si ledit humain lui lançait un regard qui lui promettait mille morts. Ce qu'il lui avait manqué.
Voili voilou !
Alors, vous avez des hypothèses sur le comportement d'Odin...? Franchement si celui trouve mon idée "tordue" je lui demande son adresse et je lui envoie un cadeau. XD Autre chose, comment va réagir Tony...? Et Loki? Hypothèses...? :P Faites moi rêver. *^*
Gros bisou à tous ceux qui m'ont laissé une review la dernière fois, ca m'a vraiment beaucoup touché, je suis tellement contente de voir que ca vous plait toujours. :3 Gros bisou et au prochain chapitre alors ! :D
*coeur*
