CHAPITRE XXVII

Odin tournait en rond dans sa chambre conjugale. Chambre conjugale vide, puisque Frigg avait déserté leur chambre depuis environ une semaine. Il ne savait pas bien pourquoi. Enfin, il ne s'en rappelait pas plutôt. Ils étaient en train de parler calmement, et il se rendait compte seulement maintenant que c'était de plus en plus rare qu'ils parlent ensemble. Et puis il ne se souvenait plus de ce qu'il c'était passé après. Il avait le vague souvenir qu'elle avait élevé la voix, et soudainement, elle était sorti en claquant la porte, sa robe pâle volant derrière elle quand elle s'était détournée de lui avec fureur. Il ne parvenait pas à mettre le doigt sur le pourquoi. D'ailleurs, il ne s'était pas posé la question avant ce jour, une semaine plus tard, et il ne pouvait pas dire pourquoi il se le demandait seulement maintenant. Enfin, il se le demandait parce qu'elle lui manquait évidemment, s'était sa femme tout de même. Mais pourquoi seulement maintenant, une longue semaine après leur dispute ? Et voilà que maintenant, il tournait bêtement en rond dans sa chambre. Il venait de passer presque une heure à la chercher, parcourant tous les endroits où elle aurait pu être, allant même chercher dans les endroits où elle n'allait jamais. Il avait ainsi fait les grands jardins d'Asgard, et les deux, que ce soit celui pour les gens que celui privé pour la famille royale. Il était allé voir dans les écuries, où elle aimait passé du temps avec son cheval, mais elle n'y était pas, et son cheval était toujours là. Il avait regardé dans la chambre d'ami, puis dans la tourelle où elle avait l'habitude de passer son temps à coudre. Il était même allé dans les appartements de ses domestiques. Lui, le roi, avait pris la peine d'aller regarder là-bas. Il leur avait même demandé où elle était, mais aucune des trois n'avaient voulu lui répondre. Et il était à peu près sûr qu'elles lui cachaient quelque chose, parce que leur regard n'étaient pas honnêtes, mais il ne s'abaisserait pas à leur fait du mal ou à les menacer pour obtenir ce qu'il voulait. Pas que l'envie lui en manquait non, mais il avait juste promis à sa femme de ne jamais toucher à ses servantes. Il allait essayer de s'y tenir, sinon qui était-il pour ne même pas respecter ses promesses vers la femme qu'il aimait.

Quelqu'un entra soudainement dans la chambre. Il se retourna avec colère et se figea. Elle était là, devant lui, dans toute sa beauté et toute sa prestance. Et resta bêtement à la regarder, semblant presque la redécouvrir, et elle haussa un sourcil froid dans sa direction en refermant la porte. Il resta presque figé devant elle comme un adolescent follement épris, et elle passa près de lui en l'ignorant, sa belle robe en soie verte pâle ondulant dans son dos. Il se reprit rapidement quand elle passa à côté de lui et prit délicatement son avant-bras pour la retenir. Elle lui lança un regard froid qui le heurta même s'il n'en montra rien, et sa voix parla froidement :

_ Odin.

_ Frigg. Où étais-tu ?

Bon. Ce n'était apparemment pas la chose à dire quand il vit son regard passer du froid au polaire, et qu'elle se dégagea sèchement de la prise douce sur son bras :

_ Dois-je donc te dire tout ce que je fais ?

_ Non bien sûr. Mais je m'inquiétais, je te cherchais et je ne te trouvais pas.

Elle ne sembla pas surprise et s'assit sur son fauteuil près du bureau, croisant majestueusement les jambes en posant ses mains proprement sur ses cuisses.

_ Oui Fulla l'a mentionné. C'est pour cette raison que je suis ici. Que voulais-tu ?

_ Je…

Il hésita légèrement, et sans savoir pourquoi, une sorte de pression le pris à la gorge, l'empêchant presque de continuer. Son silence sembla s'éterniser plus longtemps qu'il ne l'avait cru de prime abord, puisque sa femme sembla s'impatienter et se leva, le visage toujours aussi impassible face à lui :

_ Bien je vois donc que ce n'était pas très important. Je vais y aller dans ce cas.

_ Non attend Frigg.

Il s'approcha d'elle avec un air un peu inquiet, et il fut presque blessé en voyant son air surpris, mais surtout honteux, parce que depuis quand sa femme, sa reine, était surprise qu'il veuille lui parler. Il se rabroua et prit doucement ses mains, plongeant son œil dans ceux de sa femme, qui le regardait toujours avec ce mélange de surprise et de doute :

_ Tu me manquais. Je voulais voir ma reine et la femme que j'aime. Voilà pourquoi je te cherchais. Peut-on manger ensemble ce soir ?

Son air surpris se fit encore plus présent, et une boule enserra sa gorge. Il ne devait probablement s'en prendre qu'à lui-même, mais il s'en voulait énormément par cet état de fait. Elle le regarda un moment avec une sorte de méfiance, et le silence s'éternisa jusqu'au point où il fut convaincu qu'elle refuse. Mais elle sembla s'adoucir légèrement et lui sourit. Il crut revoir le soleil, et un sourire naquit sur ses lèvres en réponse. Le mouvement, très léger pourtant, lui fit se rendre compte du temps qui s'était écoulé depuis qu'il n'avait pas souri.

_ Bien. J'en suis énormément surprise, mais ce serait avec plaisir de partager un diner avec vous. Mais j'aurais une requête avant cela. Tu penses pouvoir me faire une petite concession Odin… ?

Il hésita, et perdit son sourire. Les mains de sa reine se serrèrent autour des siennes, alors qu'auparavant il ne faisait que les lui tenir sans qu'elle ne réagisse, et quand elle plongea son regard profond dans le sien, il sut qu'il lui accorderait tout. Il soupira légèrement mais hocha la tête :

_ Dans la mesure de mes capacités ma dame. Que puis-je faire pour vous mon amour ?

Elle sourit, et ses yeux semblèrent se parer de quelque chose ressemblant à du plaisir et de l'espoir. Il ne comprit par vraiment, mais se laissa guider quand elle les mena vers le canapé en tissu bordeaux près de la lourde cheminée. Elle se tourna vers lui et garda ses mains dans les siennes, serrées entre eux.

_ Te rappelles-tu de Mimir ?

Il haussa un sourcil un peu perplexe mais hocha la tête :

_ Oui évidemment. C'est mon père qui l'a envoyé aux Vanes pour clore la guerre si je me souviens bien. Ils nous ont renvoyés sa tête. Un acte très primitif si je puis me permettre.

_ Là n'est pas le sujet. C'est bien toi qui est allé le mettre près de la rivière n'est-ce pas ?

_ Oui en effet. A la naissance de la rivière de Mimir. Je lui ai donné son nom, il en est le sage gardien. Pourquoi me demandes-tu cela Frigg ?

Elle haussa une épaule dans un geste délicat et sourit à nouveau, mais ses yeux ne souriaient pas :

_ Cela fait de nombreuses années que tu n'es pas allé le voir n'est-ce pas ? J'aimerais que tu y ailles.

Ce fut à son tour d'afficher une moue surprise et haussa un sourcil perplexe :

_ Tu veux que j'ailles voir…Mimir ? Mais… Pour quelles raisons au juste ?

Elle secoua la tête et perdit son sourire, fronçant légèrement les sourcils, ce qui lui donnait une sorte de petite moue assez mignonne, même si cette moue n'était pas vraiment là pour ça.

_ C'est ma condition. Ou tu y vas et nous dinons ensemble, ou tu n'y vas pas et je reprends ma chambre en abandonnant celle-ci plus que seulement quelques jours. C'est toi qui choisit.

Odin soupira légèrement mais hocha faiblement la tête :

_ Je n'en vois pas l'intérêt mais d'accord, si tu y tiens tant que ça, j'irais demain.

_ Maintenant.

_ Plaît-il ? demanda-t-il en haussant un sourcil perplexe face au ton inébranlable de sa femme.

_ Je veux que tu y ailles maintenant, pas demain. Demain il sera trop tard.

Elle reprit ses mains et les serra doucement. Il se rendit compte que ça faisait bien trop longtemps qu'elle ne l'avait pas touché ainsi, simplement dans l'envie de le toucher. La chaleur de ses mains se propageait dans les siennes, et son regard plongé dans le sien ne lui permettait pas de détourner le regard, de telle sorte qu'il était obligé de continuer à la regarder. Ses yeux étaient durs, mais il subsistait quelque chose de presque tendre.

_ Sil-te-plaît. C'est la seule chose que je te demande. Va parler avec Mimir.

Il soupira mais finit par se lever.

_ Bien, si c'est vraiment ce que tu souhaites… Je reviendrais vite.

_ Prends ton temps Odin. – elle se leva, sa robe glissant sur ses jambes fines, jusque reprendre son aspect ondulé. Je veux que tu ais une véritable discussion avec lui, je ne veux pas que ce soit bâclé, ou je te forcerai à y retourner.

Il soupira légèrement et prit sa cape, qu'il accrocha résolument, la laissant librement dans son dos sans la fermer complètement :

_ Bien, si c'est ce que tu veux. Je reviendrais quand j'aurais fini cette discussion que tu veux que j'ai avec lui, même si je ne sais pas vraiment ce que tu attends de moi.

Elle sourit doucement, et croisa ses mains devant elle, presque nonchalamment posées sur le bas de son ventre. Son visage était plus doux que tout ce qu'il avait vu ses derniers mois.

_ Je t'attendrais ici mon roi. Va, Heimdall t'y enverra.

Odin hésita mais finit par s'approcher d'elle. Il prit l'une de ses mains et lui fit un baisemain léger avant de se détourner et sortir d'un pas déterminé, guidé par il ne savait quelle envie de lui faire plaisir et de sentir à nouveau sa douceur autour de lui. Il rejeta tous les gardes qui le suivirent. Il arrivait devant le pont quand il vit Thor arriver sur sa droite, le visage grave.

_ Père, je dois vou-

_ Pas maintenant.

Il continua sa route vers le bout du Bifröst, mais Thor décida de le suivre, à sa plus grande exaspération.

_ Mais père, c'est important. J'a-

Il se stoppa et tourna un visage froid et fermé vers lui :

_ Thor. Quand je dis que ce n'est pas le moment, c'est que ce n'est pas le moment. Tu m'en parleras quand je reviendrais si c'est toujours important. Tu penses être capable de tenir quelques heures, ou es-tu incapable de patience ?

La bouche de son fils se referma brusquement et il sembla se renfrogner, mais il hocha sèchement la tête :

_ Bien, je vous en parlerais à votre retour. Où allez-vous ?

Le roi se détourna sans répondre, et poursuivi sa route vers Heimdall, le pas rapide et décidé. Il avait fait une promesse à sa reine, il allait l'honorer.


_ Loki, pourquoi ils nous ont mis dans deux cages séparées ?

Tony tournait en rond dans sa petite cellule en verre, ennuyé. Ça faisait déjà quelques heures qu'ils étaient ici, et Thor avait disparu plutôt rapidement, disant qu'il devait se préparer pour aller parler à son père de leur présence ici. Loki n'avait pas décroché un mot depuis qu'ils avaient mis les pieds ici, et il ne semblait pas vouloir sortir de son mutisme. Pas que le silence le dérangeait particulièrement, mais en fait si. C'était assez rare qu'il accepte de rester dans un silence complet quand il était en présence de quelqu'un d'autre. Sa vieille peur de la solitude surement, comme lui avaient répétés de nombreux psychiatres, qui au demeurant n'avaient pas du tout été utiles. Il claqua sa langue et s'arrêta devant la paroi en verre qui donnait sur celle d'en-face, où se trouvait Loki. Dès son arrivée il s'était assis contre le mur, une jambe pliée et l'autre étendue devant lui. Son bras droit était appuyé sur son genou, et sa tête était légèrement penchée en avant. Tony n'aimait pas vraiment le voir comme ça, on aurait dit que toute conscience l'avait désertée, puisqu'il n'avait pas bougé d'un centimètre depuis qu'il était dans cette position.

_ Loki, je ne fais pas partit du mur. J'aimerais que tu me répondes. Et je sais que tu m'entends, donc ne prends pas la cellule comme excuse. Si Thor parvenait à m'entendre, tu dois y arriver aussi. Arrête de m'ignorer. Des gardes d'Odin vont probablement arriver dans peu de temps, j'ai le droit de profiter de mes dernières heures et profiter d'un semblant de conversation ?

Il ne se donna même pas la peine de tourner la tête vers lui. Un tic naquit sur sa tempe, et il croisa les bras. Ok s'il voulait jouer à ça.

_ Loki, pourquoi tu m'as embrassé ce jour-là ?

Il retint un sourire victorieux quand les épaules du Dieu se raidirent. Il tourna la tête vers lui, et son regard vert semblait impassible, un peu froid, mais au moins, il avait tourné la tête vers lui. C'était déjà ça.

_ Tu ne peux pas te taire ?

_ Non, j'essaye d'avoir une conversation avec toi là, aussi étrange que ça puisse paraître. Et comme tu ne réagis pas. Qu'est-ce qui t'arrive ?

Tony crut vraiment pendant un instant qu'il n'allait pas lui répondre. Et… en effet, il ne lui répondit pas. Il lâcha un soupir las et s'assit enfin en tailleur devant la vitre de la cellule, le regard dirigé sur le Dieu et les mains posées chacune sur un genou.

_ Bon d'accord on ne parle pas de ça. On peut parler d'autre chose alors ? Un truc qui est beaucoup moins important de quoi je voulais parler de base, et qui ne nous concerne pas du tout dans l'immédiat, c'est-à-dire qu'on bannit totalement notre possible mort prochaine pour prendre un sujet totalement bénin et inutile.

Loki lui jeta un regard noir et il lui répondit par un sourire innocent. Si le Dieu avait décidé de la jouer connard intransigeant, il allait se la jouer débile simplet. Parce que voilà. Il lui fit un grand sourire et son ton était clairement moqueur et peut-être un peu niais :

_ Alors petit prince, de quoi tu veux parler ? Le nouveau jouet que tu veux pour Noël ? sourit-il d'un air moqueur.

Son sourire disparu pourtant brusquement quand il se sentit partir en avant et que son front rencontra la glace devant lui. Pas avec violence – pas trop – mais assez pour qu'il lâche un couinement mêlant surprise et un brin de douleur parce que quand même, c'était comme si on le poussait tête la première dans la vitre, et en plus, il était en tailleur. Alors d'accord le sport tout ça il connaissait ok, mais il avait pas signé pour la douleur qui tira brusquement sur ses cuisses quand il partit en avant.

Il grogna et se redressa pour se rasseoir, le fusillant du regard par-delà les deux vitres qui les séparaient. Ah parce que maintenant monsieur souriait. Sans savoir pourquoi, il n'était pas réellement en colère, puisque de toute manière il n'avait pas vraiment eut mal, et là du coup il avait plus ou moins l'impression qu'il lui avait presque remonté le morale. Au moins il avait réussit quelque chose dans sa vie, pensa-t-il avec cynisme. Il prenait comme une victoire le fait de faire sourire Loki. Même si ce n'était qu'un faible étirement aux coins de sa bouche. Il retint un petit soupir et préféra repousser l'idée gênante du pourquoi ça pouvait bien lui apporter de faire sourire Loki.

_ Ce n'est pas drôle. Espèce de gamin.

Le sourire s'agrandit un tout petit plus, presque imperceptiblement, et il ne put s'empêcher de sourire en retour. Loki sembla se détendre un peu, et il renversa sa tête contre le mur, en continuant de le regarder :

_ De quoi veux-tu bien parler Stark ?

L'humain soupira doucement et haussa une épaule.

_ Je ne sais pas. Ecoute tu as qu'à me dire sujet sensible ou pas ? – il attendit qu'il hoche la tête, même si apparemment c'était à contrecœur pour reprendre. Bon, si on parlait de papa Odin ?

Le regard qu'il lança était largement clair pour qu'il comprenne que ouais ok, sujet sensible.

_ Non c'est bon j'ai rien dit. Hum… Pourquoi la reine était sur Alfheim ?

Cette fois le regard de Loki était juste un peu noir, mais il n'y avait plus cette envie de meurtre dans ce regard. C'était plutôt positif quand même. Et encore plus positif, monsieur daigna lui répondre :

_ Je ne sais pas. Evitons de parlez de cela, apparemment sa présence là-bas n'était pas censé être divulguée. Je ne suis pas sûr qu'Odin soit au courant de cette excursion, donc il est mieux d'éviter le sujet.

_ Euh… Tu veux protéger la reine là ? Je pensais que vous étiez en froid ? demanda-t-il en haussant un sourcil perplexe.

Retour du regard noir, et il leva les yeux au ciel avec un soupir.

_ Bon d'accord d'accord on parle d'autre chose… Tu sais que ton pote blond est un véritable connard ? Tu as intérêt à plus jamais me laisser une putain de semaine avec lui.

Loki lui jeta un regard un peu étrange, indéchiffrable, et il préféra oublier tout de suite ce qu'il venait de dire. Ça laissait sous entendre trop de choses, des choses qui impliquaient qu'ils passeraient du temps ensemble s'ils sortaient vivants de cette histoire, et merde il ne savait même pas pourquoi il avait dit ça en sachant que Loki allait surement disparaitre à nouveau s'ils s'en sortaient. Il grogna un peu et détourna les yeux, parce que le regard vert perturbant ne le lâchait pas, et il était brusquement un peu gêné. Un peu plus que seulement un peu mais bon.

_ Oublie. Tu n'as pas trouvé Thor un peu bizarre ? Quand on l'a vu sur Alfheim ?

Il ne regarda pas Loki, mais finit par tourner la tête au bout de longues minutes de silence. Le regard de Loki était toujours aussi perturbant, mais il finit par lui répondre, sans toutefois arrêter d'être Loki, c'est-à-dire bizarre.

_ En effet. Il recommence avec ses illusions d'amour fraternel qui n'existe pas. Il a du se passer quelque chose pour qu'il se remette à me voir ainsi, et c'est assez…pathétique.

Tony fronça les sourcils et pencha un peu la tête :

_ Je l'ai trouvé presque mignon personnellement. Pourquoi tu es comme ça avec lui ? Je suppose que s'il est comme ça c'est que c'était bien réciproque à un moment donné non ? Ou je me trompe ?

Un autre moment de silence.

_ Sujet sensible.

Il soupira à nouveau. Au moins il lui avait répondu.

_ Bon. Choisit un sujet de discussion alors, si madame est si difficile à satisfaire.

Loki plissa un peu les yeux. Son regard n'étais pas mauvais, mais presque.

_ Bien. Quelle est cette cicatrice sur votre épaule ?

Ce fut au tour de Tony de plisser les yeux. Tant pour le vouvoiement, parce que ça voulait dire qu'il était en colère et ou vexé, et pour la question. Il était obligé d'être aussi connard tout le temps. C'est pas comme s'il cherchait un sujet de discussion quoi.

_ Sujet sensible.

Il rajouta le connard dans sa tête, mais préféra ne pas le dire à voix haute. Merci bien, mais sa tête rencontrant la vitre lui suffisait une fois, et il ne voulait pas savoir ce que pouvais faire Loki s'il l'énervait vraiment. Ils se regardèrent un long moment dans le blanc des yeux, le regard plissé et presque noir, défiant. C'était cliché, mais Tony pouvait presque sentir la tension entre eux. Il se demandait vraiment pourquoi il lui avait fait confiance maintenant.

_ Mon frère !

Tony sursaute presque. Presque, mais il avait quand même un minimum de maintien, et tourna calmement la tête vers la droite, où Thor arrivait avec un air de conquérant, alors que pourtant ses yeux semblaient presque afficher quelque chose de…sensible ? Pff une émotion quelconque, qu'est-ce qu'il en savait lui de toute manière, question relations humaines, il était pas le mieux placé. Loki ne tourna même pas la tête vers lui, continuant de le regarder dans un mélange de… Bah il savait pas trop, puisqu'il était totalement impassible. Un peu comme plus de la moitié du temps en fait. Ce mec était vraiment bizarre parfois, vraiment…

Thor se posta entre les deux cellules, mais il sembla hésiter vers quel côté regarder, alors sa tête se mit à bouger des deux côtés, comme les chiens en peluche à l'arrière des voitures. L'image était comique, il aimait bien.

_ Salut blondie. Comment va ? La discussion avec papa tout ça ?

La tête du blond parut enfin s'arrêter sur lui, mais son regard était un peu déçu :

_ Je n'ai pas pu, il prenait le Bifröst, et il n'a pas voulu que je lui parle. Il m'a dit qu'il n'avait pas le temps.

Il vit Loki se redresser d'un air intéressé, même si son visage restait fermé, et il soupira pour lui-même en posant la question que Loki mourrait d'envie de poser mais qu'il ne poserait pas :

_ Il est partit où ?

_ Je ne sais pas, il n'a rien voulu me dire. Et je n'ai pas entendu parler de voyage programmé.

Le regard de Loki était plus ou moins pensif, mais prudent. Tony était sûr qu'il était plus que frustré de ne pas savoir ce qu'il se passait. Maintenant qu'il connaissait un peu Loki, il savait qu'il avait besoin de savoir tout ce qu'il se passait pour monter un plan. Il détestait probablement ne pas savoir quelque chose. Ça devait fausser ses conclusions. Il retint un petit ricanement. Pour une fois que Loki ne devait pas savoir quelque chose. Ça devait le torturer. Oh il était content, il allait pouvoir jouer avec ça.

_ Mais peu importe, il sera rentré ce soir apparemment. Je verrais avec lui à ce moment. Ce temps me permettra par conséquent de parler avec Loki.

Il se tourna immédiatement vers son frère. Le regard vert de celui-ci se détourna avec indifférence, et il se remit à regarder le mur. Il ne voyait plus la tête de Thor, mais il imaginait plutôt bien le regard de chien battu qu'il devait afficher. Loki fronça à nouveau les sourcils et tourna la tête un peu brusquement vers Thor, le regard plissé. Tony n'était pas un idiot, mais là du coup il se posait des questions – plus que celles habituelles en tout cas – sur la santé mentale du Dieu. C'est seulement quand il vit les lèvres bouger de Loki sans entendre ce qu'il disait qu'il se sentit un peu stupide. Ok ils avaient fait en sorte qu'il n'entende plus la conversation. Il se sentait un peu exclus là d'un coup. Son visage se renfrogna et il se cala contre le mur en pierre en croisant les bras. Son air aurait pu être boudeur si ses yeux n'étaient pas noirs de colère. Ils restaient fixés sur Loki, qui semblait répondre à son frère pour une fois, au lieu de l'ignorer. Même si son regard vert était froid et ses épaules rigides, il lui répondait quand même, donc Thor avait dut dire quelque chose qui l'intéressait pour une fois.

Son regard noisette dériva sur le visage du Dieu – pas comme s'il avait quelque chose de mieux à faire de toute manière. Il se concentra sur sa bouche qui bougeait silencieusement, un peu pincée. Ses lèvres fines étaient légèrement rosées – il la préférait quand elle était rouge de ses baisers à vrai dire. Ses yeux remontèrent sur ses pommettes légèrement marquées, puis sur ses yeux froids et plissés. Son regard était clair, mais brillait d'un éclat glacial. C'en était presque excitant – presque. Son regard redescendit le long de son cou jusqu'à se perdre dans l'échancrure de sa chemise, et sa peau pâle contrastait avec la couleur si foncée du tissu. Cette peau devait marquée rapidement.

_ Stark ?

Il retint un petit sursaut de surprise et releva précipitamment les yeux. Thor avait disparu, et Loki fixait son éternel regard indéchiffrable sur lui. Même si son regard n'était pas plissé, il se sentait dévisager, mis à nu par le regard profond. Il se racla un peu la gorge en se renfrognant à nouveau et se détourna. Il lui tourna puérilement le dos, s'appuyant contre la paroi en verre qui donnait sur le couloir, et fixa résolument le mur, en colère contre lui-même. Ca avait été quoi toutes ses bêtises qu'il venait de se dire là ? C'était la faute de Loki. Tout était la faute de Loki.

_ Stark.

Le ton était nettement plus froid, mais il se contenta de l'ignorer. Après tout, il ne voyait pas pourquoi Loki se donnait le droit de le faire et pas lui. Voilà.

_ Stark, ne m'ignorez pas.

Le ton était maintenant presque en colère. Il était content, parce que si le ton n'était pas froid, c'est que Loki était vraiment touché, sinon il serait resté glacial envers lui comme il était envers Thor par exemple. Il se contenta de faire un petit bruit de gorge mi-amusé mi-boudeur, et continua de fixer le mur. Ca allait cinq minutes hein de se faire traiter comme une merde qu'on peut ignorer. Voilà.


Il faisait nuit quand Natasha ouvrit lentement les yeux, brusquement alerte. Son regard scinda la nuit autour d'eux, alors que sa main glissait naturellement et sans se faire remarquer le long de son flanc pour attraper le bout de son arme. Une lumière près d'elle lui fit tourner la tête, et elle rencontra le regard lumineux de Jarvis.

_ Ne vous inquiétez pas. Quelque chose arrive, mais il n'est pas agressif envers nous.

Natasha hocha silencieusement la tête et s'assit calmement, mais sa main ne quitta pas la crosse de son arme à ses hanches. On n'était jamais trop prudent dans la vie. Du coin de l'œil, elle remarqua le mouvement de Fury. Le directeur était déjà réveillé et totalement alerte, et il se leva calmement. Elle resta assise, alors que dans son oreillette, Clint la prévenait que quelque chose volait vers eux, du haut de l'arbre dans lequel il était. Ils étaient en terrain inconnu, évidemment qu'ils gardaient des tours de garde.

Quelques minutes plus tard, un grand corbeau noir se posa devant eux, repliant majestueusement ses ailes quand il se posa presque délicatement sur une branche d'un grand arbre, qui ne bougea qu'à peine sous son poids, alors qu'il était pourtant relativement gros. Natasha le regarde prudemment, mais elle se rappelait que la reine leur avait parlé un jour de quelque chose dans ce style, donc même si elle était surprise devant l'animal, cela aurait put être pire.

_ Humains… J'ai un message de la reine à vous délivrer.

La voix était grave, et si profonde qu'elle sentit un frisson traverser ses épaules. Elle remarqua que les autres s'étaient réveillés aussi, mais à part Fury et Steve, ils étaient assit. Elle choisit de se lever aussi, le regard fermement fixé sur l'oiseau. Fury s'approcha de quelques pas. S'il était perturbé par la situation, il n'en laissa rien transparaitre.

_ Je vous écoute.

Les yeux rouges perturbants de l'oiseau semblèrent le jauger du regard, et il resta silencieux un certain temps avant de reprendre sans le quitter du regard, et sa voix profonde la faisait presque tressaillir à chaque mot :

_ Nous avons retrouvé Loki et l'humain, ils sont actuellement sur Asgard. Nous savons que vous aviez encore une fois perdu leur trace, et ma reine a décidé de vous prévenir.

Natasha ne se permit aucune émotion, mais elle vit du coin de l'œil les épaules de Bruce s'abaisser avec un petit soupir soulagé. Peut-être que le docteur était un peu trop stressé ses derniers temps. Steve semblait déjà être en train de ranger ses affaires avec précipitation – en soi seulement ramasser son bouclier et son sac et trépigner sur place. Il se raidit pourtant bien vite, et perdit de cet enthousiasme charmant.

_ Cependant… Le temps que le procès commence, ils sont en prison. Le roi d'Asgard est pour le moment en déplacement, donc le procès ne pourra se faire dans les prochaines heures comme il est d'ordinaire coutume. Si vous venez maintenant sur Asgard, à son retour il pourrait considérer cela comme une atteinte au royaume et pourrait penser à une déclaration de guerre ouverte. Par conséquent…

Il se stoppa un moment, et le silence se fit tendu. Natasha entendait dans son oreillette Clint qui jouait avec une flèche comme il avait l'habitude de faire quand il était un peu tendu. Le cliquetis qu'il produisait était très gênant, mais elle se retint de tout commentaire.

_ Par conséquent ? Vous dites que nous devrions laisser Stark en prison sur Asgard ? Ce n'est pas ce que nous avions convenu avec votre reine je crois, lâcha Fury d'une voix un peu plus froide, où sourdait une note de colère contrôlée.

_ Ce n'est pas la teneur du message humain borgne. Ma reine vous propose un compromis. Vous rentrez sur Midgard et vous lui faites confiance. Si dans trois jours l'humain qui brille n'est pas de retour sur Midgard, elle vous ouvrira elle-même le Bifröst pour vous faire monter.

Natasha vit clairement les épaules de Fury se raidir. Demander la confiance à Fury était comme demander à Clint de se battre sans son arc. Pratiquement impossible, et très stupide.

_ Si je ne suis pas d'accord avec ces conditions ?

Cette fois, le corbeau sembla changer imperceptiblement. Son poitrail sembla se gonfler légèrement, les plumes de ses ailles tressaillant sur ses flancs, et ses yeux brillèrent un peu plus.

_ Faible chose, pour qui te prends-tu ? Le portail ne se serait pas ouvert devant vous si vous l'aviez demandé de toute manière. Si vous n'êtes pas d'accord avec les conditions de ma reine, elle a été très claire. Le chemin sacré du Bifröst ne s'ouvrira plus devant vous, et vous resterez ici pour le restant de votre courte vie. Madame est une reine, elle ne vous doit rien. Vous n'avez par conséquent pas le choix d'accepter ou non. Le libre arbitre ne vous est pas laissé dans cette situation.

Natasha serra compulsivement les poings, mais elle se retint. Elle n'allait quand même pas flinguer un oiseau. Coulson posa une main légère sur l'épaule de Bruce, qui commençait à se tendre de manière inquiétante. Le contact sembla le calmer, parce qu'il s'affaissa un peu sur lui-même, et Coulson s'approcha de l'oiseau à son tour, se postant calmement et souplement devant Fury qui semblait fulminer :

_ Trois jours, pas un de plus. Et il ne revient vivant, nous ne voulons pas d'un cadavre.

Le corbeau sembla se calmer un peu, et ses ailles se refermèrent à nouveau soigneusement.

_ Il restera brillant.

_ Bien nous acceptons l'offre de votre reine, il est gentil de sa part de nous permettre d'être au courant de toute cette affaire. – il ignora le hoquet de stupeur de Fury derrière lui, et reprit de ce même ton posé qui le caractérisait le plus souvent. Qu'adviendra-t-il de Loki ?

Le corbeau le regarda d'un air un peu surpris, et Natasha ne pouvait pas le blâmer puisqu'elle l'était aussi.

_ Que sous-entendez-vous par là humain miraculé ?

La rousse haussa un sourcil surpris au surnom. Cet oiseau avait une drôle de manière de s'adresser à eux. Coulson reprit comme si de rien n'était :

_ Quelle sera la sentence de Loki ?

_ Je ne puis vous répondre, je ne suis pas au courant de cela.

Coulson hocha simplement la tête et se tourna vers eux, les regardant calmement :

_ Bien. Nous y allons. Je ne veux entendre que oui monsieur, rien d'autre clair ?

Un silence lui répondit, et Natasha le vit hocher la tête d'un air satisfait, le corbeau les sondant toujours d'un regard profond. Bon. Au moins ils savaient que Tony était encore vivant…


Voilà voilà, si des gens me lisent encore, dites moi ce que vous en avez pensé. X)

L'évolution d'Odin vous plait ou pas? ^^ quelqu'un m'avait dit au début qu'elle comprenait pas pourquoi Odin était comme ça, un peu fou furieux. J'espère que c'est un peu plus clair maintenant, par rapport à sa folie tout ça. Dites moi vos hypothèses. ;)

bisous *coeurs*