Sam-san : Salut. :3 Pour ce qui est des mercenaires tu te doutes bien que je vais pas te le dire, tu verras par toi-même. :P Pour répondre à ton autre question, Hela va apparaître quelque part oui. Je ne sais pas encore comment exactement, mais on la verra à un moment. Pour les deux autres, je ne sais pas. J'en ferai la mention, ça oui, par contre je ne sais pas si je les mettrais ou pas. Je pense que ça va dépendre de comment évolue l'histoire, mais pour l'instant ils n'apparaissent pas dans ma trame. Si je devais mettre tous les enfants de Loki, on pourrait ouvrir un orphelinat dans la Tour. XD
Merci pour ton commentaire en tout cas, ça me fait extrêmement plaisir ! J'espère que cette suite te plaira aussi~ xoxo
.
Contexte : Frey est tombé follement amoureux de la jötun Gerd, qu'il a vu quand, après un voyage sur Asgard, il a pu s'asseoir sur le trône d'Odin, qui permet de voyager et d'observer les mondes. Il a envoyé Loki pour la courtiser à sa place et la demander en mariage. Celle-ci lui a envoyé son serviteur pour lui faire parvenir son accord, et pour le moment il attend qu'elle lui transmette une date pour le mariage, qu'elle organise elle-même sur Jötunheim. Loki y est d'ailleurs invité.
Je conseille de relire le chapitre 25 pour comprendre au mieux ce chapitre, au moins dans les grandes lignes, parce qu'on va aborder plus en détail la conversation sur Mimir.
Pour rappel, Frey est un Vane, roi d'Alfheim, qui a interdiction totale de retourner "chez lui", donc Vanaheim. Gerd elle est une jötun, elle est considérée comme la plus belle femme de son peuple. Erwan est un personnage original, c'est un alfe guerrier, il est au service de Frey depuis des années comme soldat, espion et garde du corps, et ami de Loki.
Chapitre 31
.
Quand Frey demanda aux conseillers de sortir de la salle, Erwan resta comme il était, debout derrière sa chaise, les bras croisés sur le torse et le visage impassible. Il regarda la dizaine d'alfes sortir peu à peu de la grande salle de réunion. Son roi semblait satisfait, et il était d'accord pour dire que ça s'était bien passé. La vie au royaume était paisible dans l'ensemble et Frey était parvenu à faire baisser les taxes qu'Asgard leur exigeait chaque mois. Leurs récoltes se portaient à merveille – non pas qu'ils aient déjà eu beaucoup de problèmes de ce côté là, tout était toujours si lumineux et parfait ici ; le peuple alfe vivait bien, et mis à part quelques accrochages commerciaux avec les nains de Niflheim, il n'y avait aucun conflit au sein d'Alfheim. Les alfes lumineux n'étaient d'ailleurs pas connus pour aimer se battre inutilement, encore moins entre eux.
_ Viens avec moi, dit Frey en se levant, et il se contenta d'hocher la tête, le suivant en silence jusque dans sa suite.
Il cligna rapidement des yeux en voyant Frey s'asseoir dans l'un de ses multiples salons privés et lui faire signe de prendre place face à lui. La pièce était lumineuse, les quelques gros fauteuils verts pâles baignant dans la lumière que la large fenêtre laissait filtrer. Une petite table en bois ronde était située entre les fauteuils, face à son roi, et Erwan n'avait jamais réellement compris l'intérêt de toutes les arabesques décoratives taillées dans le bois sombre. Elles finissaient toujours recouvertes soit de papiers, soit d'assiettes ou de tasses en tout genre. À son humble avis, c'était de la décoration superflue. Ou l'art alfe de perdre son temps en choses inutiles.
_ Je veux parler à l'ami et non pas au soldat. Assieds-toi.
Erwan sourit en perdant son air froid et impassible qu'il ne quittait jamais quand il était en poste. Ça devait être cette "conscience professionnelle" dont Stark avait parlé, chose qu'il ne comprenait pas forcément très bien, mais dont il cernait au moins l'idée. Il se laissa tomber avec grâce sur le fauteuil vert pâle en face de celui du roi, mais se retint de poser les pieds sur la table ronde. Il avait quand même un minimum de tenue. Pas souvent, mais quand même. Il croisa les jambes et haussa un sourcil curieux dans sa direction :
_ Tu n'as pas parlé de ta future compagne. Je pensais que tu avais demandé une réunion du conseil aujourd'hui pour le faire. C'est une grande nouvelle, depuis le temps qu'ils attendent de te voir prendre une femme.
_ Je le ferai bientôt. Je préfère m'assurer qu'elle ne change pas d'avis. Si j'annonce un mariage pour ensuite l'annuler, les retombées seront plus désastreuses que si j'attends un peu.
_ Comment va être prise la nouvelle ?
_ Hum. Je ne sais pas. Jötunheim a su se faire oublier ces dernières années, mais leur réputation reste toujours...hum, sombre. Les commérages d'Asgard aux sujets des géants les précèdent. D'autant que la tentative récente de Laufey d'initier une nouvelle guerre avec Asgard n'aide pas.
_ Ils l'ont fait par désespoir. Leur royaume dépérit à petit feu depuis leur première guerre contre Odin, répondit-il en haussant un sourcil. En voyant ton peuple mourir, n'aurais-tu pas fait la même chose ?
_ Je ne dis pas le contraire. Même l'arbre commençait à pâtir des décisions inconsidérées d'Odin. Mais il n'empêche que cette altercation avec Asgard il y a quelques années* n'a pas aidé à assainir les esprits à leur sujet. Même s'ils se sont calmés depuis cette tentative d'éradication, ajouta-t-il en haussant une épaule.
Erwan fit une moue pensive et tapota un peu les doigts sur son genou :
_ On est sûr que ce soit bien Loki ? Tu as eu le temps d'en parler avec lui ? Nos espions ont affirmé que c'est lui, mais j'ai des doutes sur la volonté d'Asgard a essayé de lui nuire par tous les moyens. Loki a certes ses travers, mais le meurtre de masse et l'éradication de peuples, ça n'a jamais été dans ses habitudes. J'ai du mal à l'imaginer faire ça en toute connaissance de cause.
_ Malheureusement, je n'ai pas pu aborder la question, il est partit trop vite à Jötunheim. Mais je pense que nous sommes d'accord pour dire que le fait de s'y précipiter ainsi est déjà un signe. Il n'était certainement pas si enjoué à l'idée de courtiser ma future reine.
_ Hum… Ça n'a pas l'air de te poser plus de problème que ça qu'il ait essayé de raser Jötunheim de l'arbre. J'ai toujours trouvé incroyable le fait que tu envoies Loki courtiser ta future femme en sachant que c'était lui qui avait essayé de les exterminer.
_ Il est vrai que la situation de Jötunheim n'a jamais réellement attiré mon attention. Enfin, tant que l'équilibre sur l'Yggdrasil était plus ou moins préservé. Dernièrement, il est vrai que ce n'était plus le cas, et je suis heureux de voir que Loki a pris ses responsabilités sur ce point. En tant que mage, c'était la moindre des choses. D'autant que maintenant que ma dame a accepté ma proposition, il est évident qu'Alfheim va entretenir de nouvelles relations cordiales avec Jötunheim. Le fait d'envoyer Loki comme émissaire est aussi un moyen de prouver ma bonne foi. Dans un cas comme dans l'autre, j'en serais ressorti gagnant, peu importe la décision de leur nouveau régent à l'égard de Loki.
Erwan fronça les sourcils, avant de soupirer légèrement en voyant l'éclat calculateur dans les yeux bleus du roi. Evidemment. Il aurait dû se douter de quelque chose dans ce style-là.
_ J'ai peur de comprendre ce que tu sous-entends.
_ Et bien, c'est pourtant simple. Dans le premier cas, Loki arrivait à apaiser leur colère, puis prenait contact avec ma dame pour la courtiser. Et quelqu'un qui parvient à apaiser la colère d'un nouveau régent après un tel massacre ne fait que prouver la valeur de cet émissaire. D'autant plus s'il est l'acteur majeur de cette catastrophe. Je suis sûr que ma future reine, au-delà des talents d'élocution dont Loki a sûrement fait preuve, n'est pas passée à côté de ce détail. S'il est capable de régler ses dettes face à un royaume qu'il a failli détruire, elle ne peut que le respecter, et par conséquent, me respecter, moi, pour avoir un tel sujet.
_ Loki n'est pas ton sujet, répondit Erwan dans un soupir, parce que parfois, les côtés...et bien, royaux de son roi le fatiguaient un peu.
_ C'était mon émissaire, il l'était donc à ce moment-là.
_ Bien, d'accord, souffla-t-il avec une pointe d'agacement. Mais ils auraient pu penser que tu avais quelque chose à voir avec la semi-destruction de leur peuple, pour leur envoyer le responsable.
_ C'est là qu'entre en compte le second cas dont je parlais. Jötunheim sait très bien qu'Alfheim n'a jamais cherché à nuire aux jötnar. Je ne risquais personnellement pas grand-chose. Mais si Loki n'avait pas réussi à apaiser leur colère, le fait de l'avoir sur leur royaume et de pouvoir le juger eux-mêmes est déjà un grand cadeau, tu ne trouves pas ?
Erwan décroisa les jambes en fronçant les sourcils et se pencha un peu en avant :
_ Tu es vraiment en train de dire que tu aurais vendu Loki ?
_ Hum, c'est vite résumé, mais l'idée principale est là effectivement. Ma dame n'aurait pu refuser ma demande en sachant que je suis celui à leur avoir envoyé Loki. Trouver un autre émissaire pour le lui expliquer n'aurait pas été bien difficile.
_ Tu es vraiment…
Erwan soupira à nouveau et se frotta le visage de lassitude, se renfonçant en arrière dans le fauteuil. Il n'avait jamais été naïf concernant son roi, mais tout de même. Il savait que même Frey portait une certaine affection au petit prince. Et mis à part lui, Erwan, nombreux étaient les alfes à l'apprécier, que ce soient les mages et sorciers du palais comme les chasseurs.
_ Ne t'en fais donc pas tant. Loki aurait trouvé un moyen de s'en sortir, je n'en doute pas une seconde, reprit le roi. Et personne n'aurait pu me reprocher son comportement. Dans ce cas là, ce n'était pas mon émissaire, mais un cadeau pour prouver ma bonne foi, et commencer à consolider les relations entre nos deux royaumes. Bien que ça allait arriver dans un cas comme dans l'autre. Nous ne pouvions être que gagnant dans cette affaire. Toutefois, je suis tout de même heureux que Loki ait réussi à s'acquitter de sa dette, du moins en partie. Là aussi, il faudra que j'en parle directement avec lui. Il va falloir poser des questions à notre informateur sur Asgard, pour voir ce qu'il advient de lui.
Erwan secoua la tête mais préféra changer de sujet. Même après tant d'années au service de Frey, il avait encore du mal avec toutes ces manigances politiques qui étaient choses courantes en ces hautes sphères. Fort heureusement pour lui, il n'était pas là pour penser à ce genre de choses. Il posa ses avant bras sur ses cuisses et se pencha de nouveau en avant en penchant la tête, le regardant avec curiosité :
_ Tu as dis que Loki a pris ses responsabilités, mais pourquoi parler du fait qu'il soit un mage ? Y-a-t-il un lien avec le comportement des mages du palais ? Quand il a rejoint Jötunheim il y a deux semaines, tous les mages que j'ai croisé ont semblé s'arrêter pendant un moment, et ils sont tous inexplicablement plus joyeux depuis. Même toi, même si la réponse de ta dame doit y être pour quelque chose. Est-ce du fait de Loki ?
Frey sourit, mais ce n'était pas vraiment un sourire amical, plutôt un sourire de prédateur en voyant sa proie juste sous ses yeux.
_ La cassette avait disparu d'Asgard en même temps que Loki. Tu dois le savoir, tu étais là quand nous avons été mis au courant. On se doutait bien qu'il l'avait emmené avec lui quand il a disparu. Tu dois savoir aussi ce que représente la cassette. Le royaume peut survivre sans elle, mais il s'agit réellement du souffle de Jötunheim. C'est son cœur magique, si Jötunheim se meurt lentement depuis des siècles, c'est parce qu'Asgard leur a pris. Comme Muspellheim avec leur flamme, ou Svartalfheim dans une moindre mesure. Asgard a toujours pris les pires décisions concernant la survie des autres peuples d'Yggdrasil.
_ Loki leur a rendu la cassette ? demanda Erwan en fronçant un peu les sourcils.
Frey croisa ses longs doigts fins en s'appuyant plus confortablement contre le dossier de son fauteuil.
_ Je le pense. Yggdrasil a vibré, je pense que tous les mages qui ont un minimum de sensibilité l'ont sentit. Tu ne peux pas comprendre ce que ça veut dire exactement, tu ne ressens pas la magie comme nous. Mais le fait est que depuis quelques jours, Jötunheim revit, et l'arbre a cessé de pourrir, même s'il lui faudra du temps pour retrouver son état normal. Donc effectivement, je pense que Loki a dû leur rendre la cassette. Je ne pense pas que ce soit suffisant pour pardonner tout ce qu'il a fait cependant. Si Loki a vraiment essayé de détruire totalement Jötunheim, ce n'est pas en leur rendant la cassette que ça va tout arranger. Ils ont dû lui demander d'autres choses, c'est ce que je ferais moi-même si j'étais à leur place. Par contre ce qu'ils ont bien pu lui demander, ça je ne saurais dire.
_ Ta future femme saura peut-être y répondre.
Frey sourit rêveusement et haussa une épaule gracieusement :
_ Quand je l'aurais face à moi, ce n'est pas de Loki dont je vais parler en priorité.
Erwan leva les yeux au ciel mais fit un sourire amusé.
_ Oui ça je m'en doute bien. Quand tu es revenu d'Asgard après l'avoir vu, je pense avoir fait preuve de plus de patience en quelques jours que depuis ma naissance.
Son roi haussa une épaule indifférente, mais il souriait légèrement, signe qu'il n'en prenait pas ombrage. Erwan reprit plus sérieusement :
_ Pour en revenir à ton mariage. Comment va-t-il être accueilli dans les autres royaumes ?
_ Honnêtement, je pense que les alfes n'y verront pas trop d'inconvénients comme je te disais. Tant que la guerre n'ensanglante pas leur terre, la plupart de mes sujets sont assez indifférents, mis à part quelques exceptions. Mais aucun ne pourra nier qu'un mariage avec une jötun de bonne famille diminuera les possibles conflits. Quand la guerre a failli éclater à nouveau entre Asgard et Jötunheim, nombreux ont été les alfes à me demander de ne pas y prendre part. Je pense que la perspective d'une alliance entre nos deux royaumes ne va pas les indisposer. Peut-être que ça mettra un peu de temps, mais je ne m'en fais pas ici. Pour ce qui est de Vanaheim, avoir un lien de sang avec les ennemis héréditaires des Ases ne leur posera je pense pas le moindre souci, au contraire. Les Vanes sont, encore aujourd'hui, emplis de rancœurs. Savoir que je vais tisser des relations avec Jötunheim ne pourra que les faire exulter à la perspective d'avoir l'aide des géants si un nouveau conflit éclate avec les Ases.
_ Et Asgard ? Odin ne risque-t-il pas d'y voir une trahison ?
_ Ca… Je ne sais pas. Il serait hypocrite de sa part de me prendre en grippe pour un mariage alors qu'il a lui-même eu des femmes jötnar à son bras, et ce à plusieurs reprises. Jamais il n'a été question qu'Odin donne son avis sur mon mariage. Et il est évident que ce n'est pas les intérêts politiques que je vais vanter devant lui. Je ne lui dirais que la stricte vérité : c'est la plus belle créature qu'il m'ait été donné de voir de toute ma vie, et je ne puis plus vivre sans elle à mes côtés. Le reste est très surfait en comparaison à l'amour que je lui porte.
Erwan leva à nouveau les yeux au ciel et ricana un peu :
_ Si un jour on m'avait dit que tu ferais passer le langage de l'amour avant le langage de la raison et de toutes tes manigances politiques, j'aurais tué celui à oser me faire pareil affront.
_ Et bien, heureusement que cette vie nous offre encore son lot de surprises.
Un petit moment de silence s'installa entre eux quand une domestique entra pour leur apporter un plateau de thé accompagné de plusieurs gâteaux. Il lui fit un signe de tête poli alors que Frey se contentait de regarder le contenu du plateau, et Erwan regarda le Vane prendre délicatement l'une des tasses pour boire une gorgée. Comme il l'avait dit précédemment, voilà, on ne voyait plus les arabesques de cette petite table. Encore un signe de l'inutilité de la chose.
_ Que penses tu de ce que la reine Ase est venue me demander quand elle est venue ? demanda Frey en gardant la tasse entre ses mains fines une fois la domestique sortie.
_ Tu me demandes ça comme si j'étais au courant, répondit-il innocemment.
Le roi se contenta de hausser un sourcil plat dans sa direction et Erwan sourit avec amusement en s'appuyant à nouveau contre son dossier :
_ Je pense probablement la même chose que toi, répondit-il à la question. Odin a sauvé Mimir de la mort non pas par bonté d'âme, mais bien parce qu'il attendait quelque chose en retour. Le fait d'avoir posé sa tête près de la source était aussi intentionnel. Il y a sûrement bu.
_ Je le pense aussi. Mais Mimir est le Dieu de la Sagesse, pour les Ases. Si lui peut boire sans peine à la Mimirsbrunn*, ce n'est pas le cas d'Odin. Mimir aurait dû lui dire que ce n'était pas sans risques, répondit pensivement le roi.
_ Il l'a peut-être fait ? Personne à part Mimir lui-même ne peut en parler précisément, on ne fait qu'évoquer des spéculations. Que sait-on exactement de ce qui a pu se passer entre eux ? J'avoue que je ne me suis jamais réellement penché sur cette question, ça ne m'a jamais paru d'une grande importance.
Frey fit tourner le liquide brun dans sa tasse :
_ Il est dit, selon les rumeurs, qu'Odin est un matin parti voir Mimir, mais qu'il a disparu pendant neuf jours et neuf nuits, avant de revenir, borgne. A son retour, il aurait paru plus sage, aurait réellement compris le sens le plus profond des runes, mais des bruits courent sur le fait qu'il serait revenu différent, plus sombre. On dit qu'il n'aurait pas perdu que son œil durant son voyage.
Erwan haussa un sourcil perplexe :
_ C'était avant la première grande guerre il me semble. Il était déjà borgne face aux Vanes, même si c'était la fin du règne de son père. Son comportement n'était pourtant pas celui d'un sage. Ni pendant cette guerre, ni durant celles contre les autres peuples de l'Yggdrasil.
_ En temps de guerre, les Ases ne sont pas connus pour leur aptitude à être sages ou réfléchis. Ce sont des guerriers, il ne faut pas l'oublier. Mais effectivement, Odin n'a jamais été sage à mes yeux, du moins concernant les décisions qu'il a prises au sujet des peuples qu'il a vaincu. Je doute qu'il soit perçu comme tel sur Yggdrasil, seul Asgard se targue de la prétendue sagesse d'Odin.
_ Les Ases ne sont que de stupides guerriers qui ne savent pas faire la différence entre un mage et un sorcier. Ça ne m'étonne pas qu'ils considèrent Odin comme sage.
Le roi haussa les épaules et reprit sans faire grand cas de sa remarque, semblant presque se parler à lui-même, plongé dans sa réflexion :
_ Pour ce qui est des bruits qui courent au sujet d'Odin, ils sont si nombreux qu'il est difficile de savoir exactement lesquels ont un fond de vérité. Il est parfois dit qu'il a bu à la source de Mimirsbrunn pendant neuf jours et neuf nuits. D'autres disent qu'il a sacrifié son œil à Mimir pour pouvoir goûter à la source, et qu'il lui a fallu ce temps pour s'imprégner de ce savoir incommensurable. D'autres encore arguent qu'il se serait lui-même crevé un oeil puis pendu par les pieds à l'une des branches d'Yggdrasil pendant neuf jours et neuf nuits, sa propre lance planté dans le corps, et que c'est ainsi qu'il aurait découvert le secret des runes et la sagesse suprême. Il me semble toutefois peu probable qu'un Ase comme Odin, qui n'est pas un mage, puisse survivre ainsi au cœur même de l'Yggdrasil. Il n'y aurait probablement pas survécu, du moins pas sans perdre une partie de sa raison.
_ N'est-ce pas là ce dont la reine voulait t'entretenir, la perte de sa raison ?
Frey frotta pensivement son pouce sur sa bouche, geste automatique qu'il faisait parfois quand il réfléchissait sérieusement à quelque chose :
_ Hum, ça n'aurait pas été si progressif, il aurait perdu la raison immédiatement en revenant sur les royaumes. Dans le cas présent, sa raison s'est étiolée peu à peu au fil du temps. Rares sont ceux à pouvoir sortir indemne d'un voyage au cœur même d'Yggdrasil.
_ On ne peut donc pas savoir avec exactitude ce qu'il a fait entre toutes ces choses.
_ Non. Mais connaissant vaguement Mimir, il me semble très plausible que celui-ci lui ait effectivement demandé son œil en sacrifice avant de boire.
_ Pour quelqu'un qui a peut-être bu à la source de la sagesse et de l'intelligence, je trouve que son règne en est bien dénué, grogna Erwan en laissant sa tête en arrière contre le siège.
Frey fit un sourire amusé et reprit une gorgée de thé, et il semblait toujours en pleine réflexion. Il devait réfléchir à la question depuis la visite de la reine Ase. C'était une information bien trop importante pour passer à côté après tout. Le roi reprit d'une voix plutôt pensive :
_ Au départ, Odin est un guerrier. Certes il peut manier les sortilèges et les runes, mais comme un sorcier ou un enchanteur, pas comme un mage*. Il ne ressent pas l'emprise ou la force de l'Yggdrasil comme un mage, son esprit ne peut pas effleurer son essence même. S'il a réellement bu l'eau de la Mimirsbrunn, son esprit n'est pas fait pour engranger tant d'informations. La raison de sa folie naissante est là : il est submergé par l'Yggdrasil qu'il a voulu dompter, comme l'assoiffé de pouvoir qu'il est. Sa cupidité est la seule cause de cette chute. L'Yggdrasil ne peut être dompté.
_ Pourquoi la reine est-elle venue t'en parler ? Elle doit savoir que nous ne portons pas Odin dans notre cœur. Pourquoi révéler ce genre d'informations à de possibles ennemis ? Elle ne me semble pas naïve au point de croire que nous lui sommes acquis.
_ Je crois qu'elle cherchait à s'assurer qu'il s'agissait bien de cela, que son mari ne perdait pas la tête sans raison. Si elle veut essayer de le guérir, ou quoiqu'elle ait en tête, il faut bien qu'elle s'assure ce qui en est la cause. Je trouve ça plutôt courageux et louable de sa part. Peu de femmes seraient dévouées à ce point à leur mari.
_ On pourrait toutefois se servir de cette information contre eux. C'est un peu sot de penser le contraire.
Soudainement, un petit bruit leur parvint d'une des fenêtres, et ils virent un faucon taper le verre avec son bec, ses yeux bruns presque noirs les dévisageant calmement. Il ouvrit en grand les ailes quand il vit leur regard, comme s'il s'impatientait, et Erwan secoua un peu la tête, parce que vraiment, il n'y avait que les princes pour avoir un comportement si impatient et fier en toutes circonstances.
Frey sourit, son visage semblant s'illuminer, et il se leva rapidement pour aller ouvrir. Il fit un large geste du bras en inclinant un peu la tête, et l'animal vola gracieusement à l'intérieur pour se poser en silence devant la table basse. Quelques secondes plus tard apparu une magnifique femme à la longue chevelure blonde et rousse qui effleurait ses reins, libre de toute entrave. Ses yeux bleus marines profonds étaient en tout point semblables à ceux de son roi, et elle était d'une beauté saisissante, avec des traits fins et un visage délicat. Sa peau était pâle comme de la porcelaine et le contraste entre sa beauté délicate et ses habits de cuir sous son long manteau était saisissant. Elle leur sourit alors que Frey refermait la fenêtre :
_ Bonjour.
Erwan se leva et s'inclina légèrement :
_ C'est un plaisir de vous revoir ma dame, cela faisait bien longtemps que vous ne nous aviez plus honoré de votre présence.
_ Ne sois donc pas aussi formel avec moi, alfe, nous nous connaissons suffisamment pour éviter tant de formalités. Freyr, mon frère.
Frey la rejoignit et prit sa main pour la serrer entre les siennes, et son sourire lumineux subsistait sur ses lèvres.
_ C'est un plaisir. Ça faisait bien trop longtemps que tu n'avais pas quitté ta résidence. Laisse-moi te débarrasser.
Erwan se rassit, mais de manière un peu plus stricte, le dos droit et les mains posées sur les cuisses, les doigts croisés. S'il se permettait quelques libertés avec son roi, il ne connaissait pas assez sa sœur pour se permettre les mêmes choses. Il regarda comment Frey la débarrassait de son long manteau en plumes de faucon, avec un soin et une attention toutes particulières, le posant sur le canapé un peu plus loin et l'étendant avec précaution. Après Freyja* elle-même, Frey était le seul à pouvoir y toucher sans risquer le courroux de la Déesse.
_ Assieds toi avec nous. J'imagine que si tu es venu ainsi avec Valshamr*, c'est que personne ne sait que tu es là.
_ Effectivement, répondit-elle en s'asseyant sur le siège que Frey occupait quelques minutes auparavant, en face de l'alfe. J'ai préféré la discrétion à une visite officielle.
Frey tira un autre siège autour de la petite table et se rassit, lui tendant la tasse de thé qu'Erwan n'avait pas touchée. Elle lui fit un sourire doux en la prenant, et Frey croisa les doigts en haussant un sourcil. Si son visage était toujours détendu, ses yeux étaient devenus plus sérieux.
_ Erwan doit-il sortir ou tu peux parler librement en sa présence ?
_ Il s'agit de ton homme de confiance. Il peut rester, je sais que tu ne lui caches rien ou presque. C'est assez rare pour être souligné.
Erwan inclina respectueusement la tête, et Frey acquiesça avec un léger sourire :
_ Je t'écoute alors.
_ Odin a disparu. Ça me semblait suffisamment important pour que je me déplace moi-même t'en parler, dit-elle en croisant les jambes.
Erwan haussa un sourcil intéressé et surpris, et le roi pencha un peu la tête :
_ Depuis quand ?
_ Aujourd'hui ça fait quatre jours il me semble.
_ Il ne s'agit pas d'un simple voyage ? Il lui arrive de se déplacer dans d'autres royaumes.
Elle posa la tasse sur la petite table avant de secouer la tête, et ses cheveux ondulaient doucement autour de son visage fin :
_ Il est parti seul, et aucun voyage diplomatique n'a été organisé récemment, je me suis renseigné. D'autant qu'Odin ne part jamais seul dans ce genre de cas. Il n'a emmené personne cette fois.
Frey s'enfonça un peu contre le dossier de son siège et se frotta la bouche du pouce d'un geste presque soucieux :
_ Est-ce inquiétant ?
_ Heimdall l'a fait partir lui-même, répondit-elle en comprenant la question silencieuse. Il ne semble pas avoir été victime d'un piège ou d'un enlèvement, ce n'est pas une tentative de meurtre ou de coup d'Etat. Par contre, Heimdall refuse de dire où Odin est parti. Et les quelques rares mages d'Asgard semblent avoir perdu sa trace, donc il n'a pas emprunté le Bifröst très longtemps. Il semble avoir sciemment cherché à disparaître.
_ Qu'en dit la reine ? demanda Erwan avec une certaine curiosité.
_ Je ne me suis pas entretenu avec elle, nous n'avons pas les meilleures relations du monde, répondit-elle d'un air pincé, et ses yeux flambèrent un bref instant d'un éclat de colère. Toutefois, le Valaskjálf* s'est empli très vite de rumeurs, et il semble qu'elle ait fait taire les bruits qui courent. Elle aurait dit qu'Odin avait des choses à régler qui ne regardait en rien le conseil et n'avait pas de rapport avec le royaume, et qu'elle s'occupait du trône en son absence. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ses premières mesures ont été très mal accueillies.
Erwan regarda Frey avec interrogation, et fit un petit mouvement de menton sans désigner quelque chose en particulier en s'adressant directement à lui :
_ La reine est venue il y a quatre jours. Tu crois que ça a un rapport avec ce dont nous avons parlé ?
_ Peut-être, répondit Frey pensivement, toujours appuyé contre le dossier du fauteuil, mais ses yeux posés vaguement sur le plateau de thé étaient soucieux. Quelles ont été ses premières mesures dont tu parles ? reprit-il en regardant sa sœur.
_ Hier, elle a choisi de libérer Loki et ce midgardien que je ne connais pas. Cela a fait tellement de bruit que tout Asgard doit être au courant à présent. Enfin, il semble que ce soit Thor qui ait pris cette décision, elle n'a fait que donner son autorisation. Mais ça me semble peu probable que l'idée vienne de lui, et il me semble que les autres Ases doivent le penser aussi.
_ Loki est libre ? s'exclama Erwan en haussant très haut les sourcils. Elle a le droit de faire ça ? C'est une lourde décision.
_ De ce qu'on m'a rapporté, elle est enfermée dans une salle avec les conseillers depuis hier. Ils doivent tempêter pour qu'elle revienne sur cette décision, il me semble qu'elle a outrepassé ses droits. Mais je dois dire qu'elle a finement joué ses cartes. Ils étaient déjà sur Midgard quand la nouvelle de leur libération s'est répandue, ce n'est donc pas comme si le conseil avait pu faire quelque chose. Toutefois, elle a nommé Thor comme garant. Ou bien s'est-il nommé lui-même, je ne sais pas.
Erwan haussa de nouveau un sourcil, vraiment surpris par la conversation :
_ Décidément, nous allons de surprise en surprise. Thor comme garant de Loki ? C'est comme s'il disait ne plus vouloir du trône à ce stade.
_ C'est peut-être pour pousser Odin à prendre en compte d'autres avis concernant la sentence de Loki, répondit Freyja en haussant une épaule désabusée. Dans ce cas, il serait obligé d'écouter la parole de Thor avant de prendre une décision.
_ Oui enfin, si Loki ne s'enfuit pas avant, ricana l'alfe en se passant une main joyeuse dans les cheveux. J'ai hâte de voir Thor se présenter devant le trône en ayant encore perdu son frère.
Frey ne fit même pas mine d'esquisser un sourire et il se leva, les yeux sombres, pour se mettre à faire les cent pas, les mains parodiquement croisées dans le dos. Tout son visage était figé en un masque soucieux, et il avait ce petit tic qui faisait tressauter un peu le coin de sa bouche qu'Erwan voyait apparaître quand quelque chose le contrariait réellement. Il perdit son sourire, même si voir le roi tourner en rond au milieu d'un salon vert pâle et près d'une petite table basse de poupée avait de quoi amuser.
_ A quoi penses-tu ? demanda-t-il sérieusement.
_ La reine a-t-elle pris d'autres décisions durant ces quatre jours ? se contenta-t-il de répondre en ignorant sa question.
_ Je ne sais pas exactement. Comme je l'ai dit, je ne fais pas partie de son entourage proche. Je n'habite même pas Valaskjálf. Mais… elle prit une voix pensive. Il me semble avoir entendu des rumeurs. Apparemment, plusieurs messagers ont été conviés dans son bureau avant de disparaître d'Asgard. De même, Hugin et Munin ne sont pas au palais pour le moment.
_ A qui peut-elle bien envoyer des messagers ? Étaient-ils nombreux ?
_ Il me semble que oui.
Frey secoua la tête et s'arrêta devant la fenêtre, les mains toujours croisées dans le dos. Erwan reprit la parole en voyant qu'il ne comptait pas parler pour le moment :
_ Doit-on craindre une prise de pouvoir de la part de la reine ?
Frey se tourna vers lui et le regarda comme s'il était profondément stupide, et sa sœur rit doucement, d'un son amusé et limpide. Il décida de passer outre, ce n'était sûrement ni la première ni la dernière fois que ça arrivait. Le Vane reprit la parole, et il parlait plus lentement, comme s'il essayait de lui faire comprendre à quel point il le trouvait idiot d'avoir osé poser cette question :
_ De la part de la reine, non. Cependant, je crains qu'il n'y ait trop de bouleversements en trop peu de temps. Tu sais comme moi ce qui se tramait dans le dos d'Odin, et ce depuis déjà quelques dizaines années. Les évènements récents avec Loki, Jötunheim, Thor et tout ce qu'il s'est passé sur Midgard n'ont certainement pas contribué à faire diminuer les tensions qui régnaient déjà dans le dos de la couronne.
Freyja hocha la tête légèrement :
_ Tu parles des complots qui se trament dans le dos d'Odin n'est-ce pas ? Les Ases qui ne veulent pas de la paix fragile qui s'est instauré en Yggdrasil depuis qu'Odin a choisi d'arrêter de faire la guerre.
_ Oui. Mais je n'ai qu'une partie des informations uniquement à ce sujet, ils sont bien organisés et extrêmement prudents. A raison, j'imagine que comploter derrière la couronne ne doit pas rallonger l'espérance de vie.
Erwan pencha un peu la tête et remua le pied en reprenant la parole d'une voix curieuse et plutôt légère :
_ Je ne vois pas ce qui te pose problème ? Ça fait longtemps que l'on sait que certains Ases complotent pour contrôler Odin, voir même pour gouverner à sa place. Pourquoi subitement cette information te rend si inquiet ? Laissons-les se détruire de l'intérieur. Si ces Ases veulent faire tomber Odin, on ne va pas s'en plaindre, nous souhaitons la même chose. Ce ne peut que nous être bénéfique.
Le visage du roi s'assombrit et il croisa les bras sur son torse :
_ Je n'en suis pas si sûr. Vois-tu, Odin n'est peut-être pas le meilleur suzerain qu'Asgard pourrait avoir, nous sommes d'accord sur ce point. Mais sa reine, il m'en coûte de le dire, est capable de gérer les pulsions de son mari. Depuis la fin des guerres entre Asgard et la plupart des royaumes d'Yggdrasil, Odin se tient calmement au-dessus de tout. Certes, avec des tendances despotiques, ce n'est pas le roi le plus juste que nous connaissions et il règne aujourd'hui uniquement à cause de la peur qu'il suscite et des menaces qu'il a finement mis en place pour pouvoir garder son pouvoir. Comme je disais précédemment, le fait de voler la cassette de Jötunheim, la flamme de Muspellheim, le soleil de Svartalfheim… Tout ceci contribue à ce que les royaumes se tiennent tranquilles. Ils ont déjà beaucoup perdu contre Asgard, ils ne vont pas risquer de perdre encore plus. Odin n'est pas si stupide, il a consolidé ses assises.
Frey pinça les lèvres, comme s'il lui en coûtait physiquement d'admettre qu'Odin n'était pas uniquement un tueur sanguinaire, et qu'il savait comment protéger ses arrières. Il regarda un moment par la fenêtre près de laquelle il se tenait toujours avant de les regarder à nouveau, et son ton était froid et impassible quand il reprit la parole :
_ Mais les peuples sont encore plus ou moins libres. Nous sommes contrôlés certes, observés, et nous n'avons pas toute la liberté que nous pourrions avoir, mais Odin n'interfère pas dans les affaires politiques des autres royaumes. Tant qu'ils ne se révoltent pas contre Asgard et que ses intérêts commerciaux ou politiques ne sont pas en danger, Odin ne s'immisce pas. Je contrôle mon royaume comme bon me semble, même si je dois rendre des comptes à Asgard sur la plupart de mes décisions. Mais je suis le seul dans ce cas là, et uniquement parce que j'ai été choisi par Odin lui-même.
_ Je ne comprends pas. Tu es en train de défendre Odin ? claqua Erwan avec une mine de dégoût.
_ Tu sais très bien ce que je pense d'Odin, ne me fait pas l'affront de me dire ce genre de choses, répondit le Vane d'une voix cassante.
_ Ce que mon frère veut dire, intervint Freyja plus calmement, c'est qu'Odin a certes la main mise sur une bonne partie des royaumes d'Yggdrasil, mais que nous ne sommes pas totalement assujettis à Asgard. A part Alfheim où mon frère a été couronné roi par Odin, les autres royaumes ont leur propre roi. Vanaheim et Jötunheim qui étaient pourtant en guerre ouverte avec Asgard ont leur propre dirigeant, qui n'est pas contrôlé par Odin. Musspelheim a son propre roi, et je crois qu'aucun Ase n'y a mis les pieds depuis qu'ils ont volé leur flamme. Svartalfheim et Niflheim sont chaotiques, ils n'ont même pas de pouvoir central, Odin ne peut pas contrôler ce qu'il s'y passe. Je crois qu'il n'a même pas essayé d'ailleurs, à part le commerce avec les nains, il évite le plus possible d'avoir affaire à eux. Helheim est totalement hors d'atteinte d'Asgard, sauf cas exceptionnels, et les portes resteront closes si un Ase essaye de s'y introduire de force. Et Midgard, et bien, la règle tacite est que personne n'y touche, pas même Odin. S'il s'est lui-même élevé comme protecteur de Midgard, il ne s'y est que rarement rendu lui-même, et il laisse les midgardiens vivre dans l'ignorance.
Elle lui sourit calmement mais avec toutefois un air un peu crispé, et Erwan remarqua qu'elle avait le même tic au coin de la bouche que son frère alors qu'elle continuait :
_ Même si Asgard prône gouverner tout Yggdrasil, dans les faits ce n'est pas vraiment le cas. Les royaumes se tiennent tranquilles sous la peur, mais ils sont toutefois libres, du moins dans l'idée générale. Nous sommes d'accord que vivre sous le joug d'une menace perpétuelle n'est pas la plus grande liberté du monde, et aucun des royaumes n'est serein face aux décisions qu'Asgard pourrait prendre. Mais aucun ne prend le risque d'aller contre Odin, se serait jouer trop gros. Asgard a tout fait pour affaiblir les autres peuples au fil des siècles, et ils ont réussi. La paix qui règne en Yggdrasil est très fragile, c'est un château de cartes instables qui pourraient s'écrouler au moindre faux pas.
Frey se rassit dans le fauteuil vide qu'il occupait précédemment, et il croisa de nouveau les doigts devant sa bouche d'un air soucieux :
_ Tout ce qui s'enchaine depuis Laufey et sa tentative de tuer Odin est en train d'ébranler bien trop durement ce château de cartes. Loki, sans s'en rendre compte, a mis en branle bien plus que juste la destruction de Jötunheim. Les Ases qui complotaient déjà derrière Odin se sont mis en mouvement, mais les autres royaumes aussi. Voir un roi se faire tuer n'a pas dû les enchanter plus que ça. Les Vanes sont sur leur garde et se préparent déjà à une nouvelle guerre, il ne leur faut qu'un seul prétexte, et il me semble que les jötnar ne doivent pas être des plus heureux depuis la mort de leur roi. Svartalfheim se laissera entraîner par les deux autres royaumes si une nouvelle guerre éclate, et il me semble que Musspelheim ne restera pas neutre non plus si Surt* a la possibilité de récupérer la flamme éternelle. L'équilibre fragile qui subsistait jusque-là est mort avec Laufey. Mais maintenant si on ajoute à cet équilibre rompu la disparition brusque d'Odin…
Les épaules du roi se raidirent et ses yeux bleus s'assombrirent un peu plus encore, jusqu'à ressembler aux océans secoués des tempêtes les plus dévastatrices. A chaque fois qu'Erwan voyait ces yeux s'assombrir ainsi, comme secoués de vents violents, il ne pouvait s'empêcher de se dire que le Dieu incarnait étonnamment bien son élément. Il était aussi lumineux que le soleil mais aussi changeant que l'océan lui-même. Erwan pinça les lèvres et se passa une main dans les cheveux.
_ Tu as peur qu'Odin perde son trône et que les Ases qui complotent contre lui ne déclenchent enfin cette guerre dont ils rêvent tant, dit Erwan d'un ton plat, plutôt comme une constatation sombre qu'une réelle question.
_ Effectivement. Freyja, sais-tu à quel point ils sont préparés ?
_ Non malheureusement. Comme tu l'as dit, ils sont extrêmement prudents, je ne sais pas qui fait partie de ce groupe, ça pourrait être n'importe qui. Mais s'ils se sont vraiment mis en mouvement… Je pense que les Vanes n'auront pas à attendre longtemps un prétexte pour lancer une nouvelle guerre.
Quelqu'un toqua doucement à la porte et une domestique entra après quelques secondes, s'inclinant légèrement devant Freyja avant de regarder son roi :
_ Un messager asgardien vous demande audience. Il n'a pas voulu m'en divulguer la raison, mais il semble être envoyé par la reine d'Asgard.
_ Et bien, il semble que nous savons à présent où Frigg a envoyé les messagers qu'elle a convoquée, dit Freyja d'une voix sarcastique.
_ Ce n'est pas si stupide de sa part si elle a conscience des complots qui se jouent dans son dos. Essayer de prendre contact avec les dirigeants des autres royaumes en l'absence de son mari… Elle a dû sentir une menace quelque part pour réagir ainsi et prendre le risque d'envoyer des messagers, répondit-il à sa sœur.
Frey se leva :
_ Va dire à ce messager que j'arrive. Guide le dans la salle de réunion que je dédie aux affaires sensibles. Que personne ne soit dans les parages quand je parlerai avec lui. Erwan, tu resteras devant la porte pour t'assurer que personne ne puisse écouter. Va maintenant, j'aimerai m'entretenir en privé quelques instants avec ma sœur.
L'alfe hocha la tête et se leva à son tour, disparaissant immédiatement par la porte pour s'assurer que personne ne soit dans les parages. Si son roi voulait parler sans être dérangé, il pouvait tout à fait s'occuper de ça. Il le laissait gérer les affaires de la couronne et tous les complots qui en découlaient. Seule sa sécurité lui importait, pour le reste il le laissait faire comme il le souhaitait, il n'était que son ombre.
Si la guerre venait à éclater à nouveau entre Asgard et les autres royaumes, il suivrait son roi dans ses décisions. Et si Alfheim tenait à ne pas prendre part au combat, lui n'allait pas se retenir de se battre si Frey décidait de s'en mêler.
_ Tout va bien jeune loup ?
Fenrir cligna des yeux, sortit de sa rêverie par une voix douce et chantante. Il leva la tête qu'il avait posé sur ses pattes avant et rencontra un regard doux, dont la couleur riche et profonde lui rappela immédiatement la couleur du miel. La femme devant lui sourit et replaça une mèche blonde qui s'était échappée de son chignon lâche derrière son oreille. Elle sentait les fleurs et le vent.
_ Que fais-tu seul ici ?
Fenrir regarda autour de lui comme s'il découvrait tout juste son environnement, ce qui était à moitié vrai. Il avait passé les derniers jours à courir et chasser dans la forêt depuis que Loki et Tony avaient été emmenés, puis il avait vu ce petit coin tranquille en revenant dans les environs du palais de Frey. Il s'était assis sur cette grosse pierre pour écouter le clapotis de l'eau du ruisseau qui se trouvait à quelques mètres, et il s'était à nouveau perdu dans son propre esprit comme il lui arrivait régulièrement. Il ne saurait dire combien de temps il était resté sur cette pierre, mais maintenant qu'il y faisait attention, il se rendit compte qu'il sentait la faim et la soif tirailler son ventre. Il bougea un peu les oreilles et regarda la femme devant lui, penchant un peu la tête. Elle ne ressemblait et ne sentait pas du tout comme une alfe, mais il ne savait pas avec exactitude ce qu'elle était. Elle semblait douce et inoffensive en lui souriant ainsi, mais il pouvait sentir une puissance sous-jacente qu'il ne fallait pas prendre à la légère.
_ J'écoutais l'eau.
Cette phrase sembla beaucoup l'amuser puisqu'elle rit doucement, faisant s'entrechoquer les bocaux en verres qui se trouvaient dans le panier en osier qu'elle portait, qu'il n'avait pas remarqué avant.
_ Je vois, c'est une jolie occupation, je suis d'accord avec toi, dit-elle en s'asseyant à côté de lui sur le rocher plat. Tu es Fenrir n'est-ce pas ? Frey m'a parlé de toi, mais je ne pensais pas te rencontrer ici.
_ Frey parle de moi ? répondit-il, et cette fois il se tendit, levant haut les oreilles et les pattes plus raides.
_ Rassure toi, il n'en a parlé qu'à ceux qui s'enfoncent dans cette partie de la forêt, puisque ce terrain appartient au palais. Je ne te ferais rien.
Fenrir hésita un peu mais accepta l'explication toutefois avec prudence, et il se redressa pour s'asseoir. Son instinct lui faisait comprendre qu'il n'avait rien à craindre d'elle, pour l'instant du moins, et il se sentait en confiance sans vraiment savoir pourquoi. Il tendit les pattes devant lui pour s'étirer, et son ventre gronda bruyamment. Il avait vraiment dû rester ici longtemps pour avoir si faim. Et il en avait suffisamment souffert au fil des siècles pour savoir que ce n'était pas une sensation qu'il appréciait.
_ Tiens, reprit-elle en souriant, et elle sortit un petit bocal de son panier, l'ouvrant devant lui. C'est du miel, je viens de le récolter.
Elle le posa devant lui et il hésita juste quelques secondes avant de plonger la langue dedans. La saveur sucrée éclata dans sa gueule, avec une petite saveur particulière qui lui rappelait la senteur du bois, et il finit le pot avant même de s'en rendre compte. La femme près de lui rit doucement, et elle lui ouvrit un second pot, qu'il dégusta plus patiemment en la regardant avec interrogation.
_ Je m'appelle Beyla*. Je suis une servante proche de Frey, même si je n'apprécie que moyennement ce terme.
Il secoua un peu la queue et ils restèrent en silence alors qu'il finissait consciencieusement le petit pot. Le temps passa confortablement, plusieurs longues minutes calmes et agréables, jusqu'à ce que cette femme étrange descende enfin de la pierre, récupérant les pots vides pour les remettre dans son panier.
_ Rentres-tu au palais ?
Fenrir se lécha le museau en réfléchissant avant de sauter souplement au sol.
_ Je dois parler à Frey, donc oui je vais te suivre. J'y rentrerais plus facilement ainsi.
Elle fit un petit sourire amusé et se mit à marcher d'un pas vif, qu'il suivit en trottinant avec légèreté. Elle semblait connaître par cœur les moindres petits recoins des chemins qu'ils empruntaient, évitant les racines et les branchages sans même les regarder. Ou bien c'était la forêt qui s'ouvrait devant elle, il ne saurait dire.
_ Que viens-tu faire en forêt ?
_ Je récolte le miel pour faire de l'hydromel. Il est bon n'est-ce pas ?
_ Effectivement.
_ Comment trouves-tu Alfheim ?
_ Vos forêts sont magnifiques. L'air est pur, le bois est vivant et vos eaux sont claires.
Beyla sourit et hocha la tête mais ne dit rien d'autre et ils marchèrent en silence entre les arbres le bruit des animaux qui vivaient autour d'eux. Ce fut au bout de longues minutes qu'ils virent se dresser le palais devant eux. Cette partie-là de la bâtisse s'enfonçait directement dans la forêt, si bien que les arbres et de longues plantes grimpantes dissimulaient la bonne moitié du mur et par conséquent la petite porte qui s'y trouvait. Elle était ouverte, et Beyla fit un geste de la tête aux deux gardes de chaque côté des battants, qui se contentèrent d'incliner légèrement la tête en retour. Fenrir s'étonna de pouvoir entrer si facilement mais ne fit aucun commentaire. Peut-être que Beyla était suffisamment importante ici pour ne pas avoir à donner d'explications. Il n'allait pas s'en plaindre. Qu'il était agréable de pouvoir se balader sans avoir à se cacher et sans crainte de toutes les insultes qu'il récoltait quand les gens pensaient qu'il n'entendait pas.
Ils entrèrent dans le palais et elle le guida au travers des couloirs, jusqu'à s'arrêter devant les grandes portes de la salle du trône.
_ C'est ici que je te laisse, loup. Demande audience au roi s'il n'est pas dans la salle du trône, quelqu'un ira le chercher pour toi.
_ Bien. Merci de m'avoir guidé jusqu'ici.
Fenrir reprit forme humaine, décidant qu'il était plus sage de prendre sa forme d'adulte. Il pouvait moduler son apparence comme il le souhaitait mais ne pouvait pas se rendre plus vieux qu'il ne l'était. Il prenait rarement cette apparence là, parce que souvent il oubliait qu'il n'était plus un enfant. Il préférait garder une forme enfantine la majeure partie du temps. Il s'y sentait plus confortable mais surtout, c'était pour éviter les regards. Ces regards si particuliers qu'il récoltait quand il était sous sa forme de loup, mais qu'on lui lançait aussi quand il prenait sa forme adulte. Apparemment sa ressemblance avec Loki était suffisante pour mettre les gens mal à l'aise en sa présence. Il préférait toutefois sa forme adulte quand il voulait aborder des sujets plus importants, en général les gens étaient plus enclins à lui répondre à ce moment-là.
Beyla lui sourit avec ce qui semblait être de l'amusement. Elle inclina un peu la tête devant lui et sans savoir pourquoi, il cru distinguer une pointe de respect dans sa manière de se tenir devant lui :
_ Bonne fin de journée loup. A une prochaine fois peut-être.
Elle s'éloigna sans lui laisser le temps de répondre, et il la regarda marcher pendant quelques secondes. Quelque chose chez elle lui faisait penser qu'elle était plus dangereuse que ce que son sourire laissait présager, mais il n'arrivait pas à savoir pourquoi. Il lissa un peu ses vêtements avant de toquer à la lourde porte en bois et attendit sagement qu'on vienne lui ouvrir. Il attendit un long moment avant que la tête d'Erwan n'apparaisse dans l'encadrement de la porte. L'alfe sourit en le voyant et lui fit un grand signe du bras pour lui faire signe d'entrer, et il fut très surpris de ne voir personne d'autre que Frey et lui à l'intérieur de la salle du trône. Le roi était debout près de son siège, et il lui fit un signe de tête en le voyant. Il ne paraissait ni heureux ni mécontent, mais Fenrir avait l'impression qu'il était soucieux.
_ Fenrir, je suis heureux de te voir. Es-tu entré facilement ?
_ Oui. J'ai croisé une certaine Beyla qui m'a aidé à entrer. Mais là n'est pas le sujet. Vous avez du nouveau concernant Loki et Tony ? Vous m'aviez dit que vous vous renseignerez.
_ Ils sont tous les deux sur Midgard, ils ont été libérés. Mais je te déconseille de les y rejoindre, Thor est avec eux, et je ne pense pas qu'il soit très ouvert à l'idée de te laisser rôder en liberté. Les recherches pour te retrouver sont toujours en cours.
Fenrir pinça un peu les lèvres et se frotta le front de dépit. Erwan serra son épaule d'un geste doux mais ferme :
_ Ne t'en fait pas tant. Profite de ta liberté nouvellement acquise pour le moment et ne cherche pas plus loin.
_ Je ne vais pas me cacher tout le reste de ma vie, répondit-il dans un soupir. Il va bien falloir que je me batte aussi pour ma propre liberté.
_ Ce n'est pas le meilleur moment, contredit le roi en croisant les bras. Ce que tu as de mieux à faire pour l'instant, c'est de te cacher, même si je conçoit que ce n'est pas une perspective de futur très agréable. Ne va pas provoquer d'autres remous inutiles dans tout ce qu'il se passe déjà.
Fenrir haussa un sourcil et pencha un peu la tête en le regardant, sans comprendre exactement de quoi il parlait. Mais il avait l'air suffisamment sérieux pour qu'il ne prenne pas ses mots à la légère.
_ Je vais retourner sur Jötunheim. Je ne pense pas qu'on ira me chercher là-bas.
_ Qu'est-ce que tu veux aller faire là-bas ? demanda Erwan avec surprise.
_ Tu as été témoin de la discussion entre Loki et le nouveau régent ? demanda le roi à la suite de l'alfe, le ton encore plus sérieux que précédemment.
_ Je n'étais pas présent à chaque fois. Ils ont parlé longtemps, plusieurs jours. Je n'ai pas été convié souvent.
_ Que peux-tu me dire ? Dans les grandes lignes ?
_ Hum. Il me semble que c'était tendu. Maman n'était pas toujours de très bonne humeur en sortant des réunions. Mais ça c'est calmé, ils nous ont même fait des présents quand nous sommes partis, des bijoux et des vêtements il me semble. Mais ils ont dit quelque chose avant que nous partions que je n'ai pas bien compris. Enfin, je sais que maman est jötun, il me l'a dit quand nous y étions. Mais ils l'ont appelé prince. Ils semblaient toujours tendus en sa présence, mais ils l'ont quand même appelé comme ça, et il y avait énormément de marques de respect à son encontre.
Frey fronça les sourcils et se frotta un peu la bouche du pouce. C'était un geste curieux, et Fenrir trouvait ça vraiment amusant, parce que c'était comme s'il pouvait voir réellement les questionnements du roi à ce moment-là.
_ Autre chose qui te paraît important ?
_ Hum… Ils m'ont dit qu'ils étaient heureux que je les rejoignent et qu'ils attendraient impatiemment mon retour. Mais je n'en ai pas compris la raison, et ils n'ont rien dit de plus à ce sujet. Mais ça a mis Loki de très mauvaise humeur.
Frey fronça encore plus les sourcils.
_ En sachant ça, je ne sais pas si c'est une bonne idée que tu y retournes seul, commenta Erwan d'un air soucieux lui aussi. Attendons de pouvoir reprendre contact avec Loki pour savoir exactement de quoi il retourne. Je trouve cette phrase suffisamment inquiétante pour rester prudent.
_ Effectivement. Dernièrement les affaires politiques sont compliquées, et les relations entre royaumes sont plutôt tendues. Je crains que certains peuples entrent en conflits. Il serait vraiment dommage que tu y sois traîné sans le vouloir, surtout s'il s'agit d'une peut-être guerre entre Asgard et Jötunheim. Je ne sais pas de quoi Loki a parlé avec eux et ce qui a été convenu, mais le mieux serait d'attendre qu'il en parle lui-même.
_ Mais je ne peux pas le rejoindre sur Midgard.
_ Reste ici et attendons de voir comment les choses évoluent. Nous sommes dans un contexte où il vaut mieux éviter de se précipiter bêtement. Chaque pas que nous ferons à présent doit-être murement réfléchit.
Fenrir soupira et se passa une main dans les cheveux.
_ Bien, je resterai ici un moment. Mais dès que je pourrais le rejoindre, je n'hésiterais pas à partir.
_ C'est évident, je ne te retiens pas ici je te l'assure, répondit Frey en inclinant un peu la tête vers lui.
Fenrir hocha doucement la tête avant de froncer un peu les sourcils en le regardant curieusement :
_ Tu as parlé d'une guerre entre Jötunheim et Asgard ?
.
* J'ai choisi de parler d'années depuis la disparition de Loki. Quand il est tombé du Bifröst, il est resté pas mal de temps dans le "vide" de l'Yggdrasil. Et pareil, j'imagine que quand il a été récupéré par Thanos, ça ne s'est pas passé en cinq minutes. Je parle donc d'années (entre deux et trois ans je dirais) depuis sa disparition, et pas de mois.
* Mimirsbrunn : c'est un puits d'eau, la source (courant d'eau) de l'intelligence et de la sagesse. Elle est située sous l'une des trois racines de l'Yggdrasil, celle qui passe sous Jötunheim. Elle est gardée par la tête de Mimir (dieu Ase de la sagesse et de la mémoire), qui lui a donné son nom. C'est Odin qui sauve la tête de Mimir après qu'il ait été décapité par les Vanes à la suite de la guerre entre Ases et Vanes.
* La distinction entre mage et sorcier sera expliquée plus tard.
* Freyja est la sœur jumelle de Frey, c'est donc une déesse Vane. Là, selon les sources, l'existence de Freyja est contestée parce qu'elle est apparue relativement tard dans les écrits par rapport aux autres sources qui parlent des dieux, c'est-à-dire après l'implantation judéo-chrétienne. Il est dit parfois que c'était un autre nom donné à Frigg, même s'il y a de nombreuses histoires à son sujet. Ici j'ai donc décidé de la garder comme sœur de Frey, et pas comme "doublon" de Frigg. Comme Frey, elle a été envoyée comme otage sur Asgard après la guerre.
* Valshamr : c'est le manteau de Freyja, en plumes de faucon, il permet à celui qui le porte de se changer en faucon et de voler d'un monde à l'autre, sans prendre le Bifröst ou n'importe quel autre portail. Là aussi du fait du problème Freyja/Frigg, parfois il est dit que ce manteau appartient à Frigg.
* Valaskjálf : nom du palais d'Odin, situé en Asgard.
* Surt : géant, roi de Musspelheim.
* Beyla : c'est une Vane, considérée comme la personnalisation des abeilles, et elle est au service de Frey avec son mari.
.
Pour ce que j'ai dis sur Odin (à propos de l'œil crevé, de la source tout ça), ce que j'ai trouvé sur la question est vraiment flou. Selon les sources, on trouve l'une ou l'autre de ces explications. Je ne sais pas laquelle est la plus "véridique", alors j'adapte pour mon histoire.
.
Merci de votre lecture, n'hésitez pas à m'écrire un commentaire, ça fait toujours plaisir, même si c'est juste un ou deux mots. Un grand merci à qui le feront.
xoxo
