Chapitre 2
It's beginning to look a lot like Christmas - Michael Bublé
Il me faut tout le trajet jusqu'au bureau pour retrouver un fonctionnement quasi normal de mon cerveau et de mon cœur. Perturbée par mes réactions disproportionnées, je n'adresse pas un mot à Jacob en pénétrant dans notre bureau commun. Mes yeux en font le tour, redécouvrant presque l'étroitesse de l'endroit. Notre lieu de travail a-t-il toujours été aussi petit ? Il fait quoi ? 13m2 à tout cassé ?
Nos deux bureaux sont en face l'un de l'autre, et mon bazar empiète légèrement sur la partie à Jacob qui est, elle, parfaitement rangée.
- Tout va bien ? demande mon meilleur ami en voyant que je ne bouge pas de l'entrée après plusieurs minutes.
- Hum ?
- Tu es… bloquée… me fait-il constater, sourcils froncés. As-tu été pétrifiée ?
Mon regard retrouve le sien où les interrogations fusent. J'aurai pu réagir à son haussement de sourcils et le petit sourire sur ses lèvres -sa moquerie- mais j'ai la tellement la sensation d'être totalement engourdie que je n'arrive pas à réagir. J'ai du mal à comprendre ce qu'il a dit avant d'inspirer profondément, tentant de me sortir de mon état plus qu'étrange depuis que j'ai quitté le Plaza.
- Non non, tout va bien, réussi-je à dire en débloquant enfin mes jambes.
J'avance vers mon bureau et me laisse tomber mollement sur ma chaise sans prendre la peine d'enlever mon manteau ou de me débarrasser de mon sac. Mes pensées s'affolent alors que je tente de comprendre ce qu'il vient de se passer.
- Qu'est-ce qu'il y a ? insiste Jacob en fronçant les sourcils, visiblement inquiet de mon comportement. Ca s'est mal passé ? T'as l'air…
- Ce rendez-vous m'a épuisée, j'ai la sensation de n'avoir plus aucune force.
Je baragouine entre mes dents, peinant à me secouer. Le sourire de Jacob me fait comprendre qu'une pensée salace le traverse.
- Hé ! m'indigné-je en reprenant brutalement pieds dans la réalité.
Notre réalité.
- Quoi ? T'aurais pu… je sais pas, tomber sous le charme de monsieur Cullen et te laisser aller à tes plus primaires instincts ?
Je lève les yeux au ciel, retire mon manteau pour occuper mes mains. Les tremblements de mes doigts ont cessés, mais ils se réveillent de nouveau quand je sors son dossier devant moi, et l'ouvre lentement. Je frissonne en relisant mes notes, incapable d'oublier totalement les petits bonds de mon cœur à chaque regard de sa part. C'est n'importe quoi. Je me plonge dans mes notes, et tente de ne rien oublier de tout ce que je dois faire à présent.
- Alors… reprends Jake après un silence, il est comment ?
- Riche, grimacé-je en continuant de parcourir le dossier l'air de rien.
Jacob sort de sa chaise et vient poser une fesse sur mon angle de bureau pour en savoir plus. J'ai du mal à retenir la grimace qui veut tordre ma bouche. Je ne me comprends pas moi-même. C'est n'importe quoi.
- Et ?
- Et quoi Jacob ? demandé-je en l'ignorant volontairement.
- On dirait que tu as vu le Messi, se moque-t-il, me forçant à le regarder finalement. Il t'a fait quoi pour que tu sois aussi...
- Aussi quoi ? demandé-je en me raidissant légèrement.
- Perturbée, affirme-t-il avec aplomb. On dirait que t'as touchée le septième ciel.
Je retiens un rire alors que ses yeux avides d'informations croustillantes me scrutent, espérant lire en moi. Je dois avouer que j'ai un peu la sensation d'avoir eu le droit de frôler le paradis, ne serait-ce qu'un instant.
- Ok Jake… j'avoue qu'il… il est très…
Je mords nerveusement ma lèvre en fouillant dans ma mémoire. Repoussant les souvenirs de son regard sur moi, je soupire. Je ne trouve même pas de mot pour réussir à définir ce que cet homme est.
- Je sais ! s'extasie subitement Jake, me faisant sursauter.
Je hausse un sourcil.
- Tu sais ?
- Google ma belle ! Cet homme… mamamia, heureusement que j'aime Sam !
J'éclate de rire nerveusement, incapable de m'en empêcher. Tout ça est surréaliste ! Quel genre d'homme fait cet effet là ?
- Je ne crois pas qu'il soit gay Jacob, fis-je remarquer en me levant pour me faire un thé.
Je me rends brutalement compte que je n'ai même pas bu mon café à l'hôtel. Merde.
- Qu'est ce qui te fait dire ça ?
L'éclat de deux émeraudes vertes passent devant mes yeux, remplaçant immédiatement le bruit de ma théière qui chauffe lentement. Je frissonne, repoussant un nouveau tremblement.
- Alors ? répète Jacob comme je ne réponds toujours pas.
J'espère vraiment que mon thé va m'aider à retrouver des idées claires et une attitude des plus banales.
- Je… j'en sais rien. Une intuition. Il à l'air… d'aimer les femmes, dis-je avec une désinvolture appuyée.
Je sens mon meilleur ami sourire dans mon dos. J'me fiche de ce que Jacob pense. Oui, Edward Cullen est certainement le plus bel homme que j'ai croisé. Certes. Mais cela n'empêche pas qu'il est notre client pour les mois qui vont arriver et pour la plus grosse soirée de l'année à venir… Probablement aussi de notre -ma- carrière.
Je finis par raconter à Jacob notre entretien un peu plus en profondeur, repoussant les frissons que je ressens à chaque souvenir de son regard sur ma personne. A plusieurs reprises, j'ai pratiquement la sensation qu'Edward Cullen est là, devant moi. C'est surréaliste.
- Il veut au moins 200 personnes pour la soirée, l'informé-je en me versant mon thé bouillant qui à infusé le temps de mon -court- récit.
- 200 ?
Sa voix part dans des aigus qui me font rire alors que ses yeux sont ronds de stupéfaction.
- Ouep… J'ai eu la même réaction à quelque chose près.
- Mon dieu… J'vais devoir te donner un coup de main pour que tout soit prêt à temps !
- Hum… ça va dépendre combien de temps son assistante mets pour m'envoyer toutes les infos qu'il me manque pour entamer la préparation.
Presque instantanément, mon ordinateur émet un léger bip qui résonne dans la pièce, m'indiquant l'arrivée d'un mail. On échange un regard avec Jacob.
- Prie pour que ça soit elle et qu'il accepte de bosser avec nous malgré cet entretien un peu… étrange.
Quand j'ouvre ma boite mail sous l'œil attentif de Jacob toujours à son bureau. Mon cœur sursaute au nom de l'expéditeur.
- Quoi ?! s'exclame Jacob alors que je m'assoie lentement, ralentie par la surprise de ce qui s'affiche sous mes yeux.
- Je… il m'a envoyé un mail.
- Il ?
- Cullen, dis-je juste. Lui. Son… de son email à lui… enfin, perso. Lui, répété-je, perdu dans mon discours décousu.
Jacob retient un rire alors que l'excitation le guide jusqu'à moi quand le mail s'affiche.
De : ECullen
à : IsabellaBears
Le : 13/11 à : 16:23
Objet : Soirée de lancement.
Madame Swan,
Veuillez trouvez ci-joint la liste des partenaires traiteurs qu'Alice m'a transmise, et la fiche budgétaire pour le Gala. (Si il y a un surplus, je financerai la différence personnellement.)
Je reviendrais à New-York en fin de semaine. J'espère pouvoir vous revoir et avoir un premier plan de ce que vous aurez préparé pour moi cette semaine.
J'aurai un créneau pour vous vendredi midi.
Respectueusement,
Edward Cullen, PDG CullenCorp.
La signature automatique me fit sourire malgré moi.
- Madame Swan ? souffle la voix de Jacob à mon coté.
Je me sens déglutir presque douloureusement. Brutalement, j'ai la sensation que tout me revient comme une vague violente qui balaye absolument tout sur son passage. Moi compris.
- Je… je voulais pas…
- C'est ton droit, me rassure Jacob en posant une main sur mon épaule.
- C'est… c'est venu naturellement. Mais je… je sais pas trop pourquoi…
- Bella, j'm'en fou complètement personnellement. C'est ton nom de jeune-fille, tu as le droit de l'utiliser autant que tu en as envie !
La tristesse enserre mon cœur légèrement alors qu'une culpabilité absurde m'effleure. Je suis ridicule. Ca n'est pas comme si je le trahissais d'une quelconque façon. Ma vie professionnelle est à des milliers de kilomètres de ma vie privée.
- Tu veux un donuts ? demande soudain Jacob en regagnant sa place.
Je hoche la tête avec envie, désireuse de penser à autre chose.
- Caramel ? demande-t-il en portant son téléphone à son oreille pour appeler notre petit producteur de donuts préféré.
- Et un fraise, ajouté-je dans une moue, provoquant son rire.
Pendant qu'il passe notre commande -où il y a quatre donuts rien que pour lui- j'ouvre les pièces jointes que mon nouveau client m'a envoyé il y a quelques minutes. Je parcours les documents, écarquillant les yeux devant le budget pour les soirées comme celles que je dois organiser. Une partie de moi en est presque rassurée. Ces milliers de dollars me laissant très largement faire absolument tout ce que je veux pour cette soirée. Je soupire en pensant que cette dernière va certainement me causer un paquet de nuits blanches.
Une demie heure plus tard, je grignote mon donuts à la fraise en gémissant littéralement tant ça me fait du bien. Cette dose de sucre me revigore plus que n'importe quoi au monde. J'en profite pour passer quelques coups de fil, espérant dénicher de quoi trouver un traiteur pour la réception. Avec Noel et le nouvel an qui approchent, ils sont tous débordés. Je peste littéralement quand les trois traiteurs que son assistante à trouvée se voient refuser la soirée.
La première impasse s'ouvre devant moi : il va falloir que je trouve un traiteur moi-même.
Je tente de trouver une solution pendant dix minutes avant de sursauter quand un nouveau mail à son nom s'affiche sur mon écran.
De : ECullen
à : IsabellaBears
Le : 13/11 à : 17:58
Objet : Soirée de lancement (1)
Madame Swan,
Vous trouverez ci-joint le premier exemplaire de NewMoon. Le lancement officiel est annoncé au 13 janvier prochain, aussi, je vous demanderai de faire preuve de la plus grande discrétion… Ce projet est important pour moi.
Je vous transmet aussi mes présences à New-York pour la fin du mois de novembre, que nous puissions organiser ensemble nos rencontres. Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à m'écrire à la suite de ce(s) mail(s).
Respectueusement,
Edward Cullen, PDG CullenCorp.
Je me pince les lèvres quand je me rends compte que je n'ai pas répondu à son premier mail reçu presque deux heures plutôt. Aussitôt, je m'y attelle, restant un moment à regarder la barre verticale qui clignote dans le vide sans savoir vraiment quoi lui dire.
De : IsabellaBears
à : ECullen
Le : 13/11 à : 18:15
Objet : Soirée de lancement. (re) (re)
Monsieur Cullen,
Merci pour les documents et la rapidité dont vous faites preuve. Vous pouvez compter sur moi quant à ma discrétion pour NewMoon.
Le titre de ce magazine a-t-il un sens particulier pour vous ? J'imagine que oui. Si jamais vous pouvez m'en parlez, cela m'aiderai peut-être à vous trouver une idée un peu plus précise pour le thème de votre soirée.
Nous rencontrons (déjà) un problème : les traiteurs qu'Alice à indiquée dans sa sélection sont complets et ne peuvent en aucun cas s'occuper de votre soirée. Puis-je contacter ceux que je connais et avec qui je travaille depuis des années ? Ce sont des professionnels hors du commun et je vous fait la promesse que vous ne serez pas déçu. Dites moi si cela vous pose un éventuel problème.
Quant à mes disponibilités, je reste à votre entière disposition.
Cordialement,
Mademoiselle Swan.
J'ai à peine le temps de me replonger dans mes recherches qu'un nouveau mail venant de mon client s'affiche sur l'écran de mon ordinateur portable.
De : ECullen
à : IsabellaBears
Le : 13/11 à : 18:21
Objet : Soirée de lancement (re) (re) (re)
Madame Swan,
Je vous laisse carte blanche quand à toute la mise en place de la soirée.
Vous ferez ce qu'il faut, j'en suis certain.
Je vous attends donc vendredi pour midi, au Plaza… nous pourrons parler de la signification de ce magazine pour moi autour d'un déjeuner, et vous pourrez m'en dire plus sur ces professionnels hors du commun.
Respectueusement,
Edward Cullen, PDG CullenCorp.
Je ne peux m'empêcher de sourire le plus idiotement du monde devant son dernier mail. Mon cœur s'affole quand je mesure l'ampleur de ce dans quoi je viens de mettre les deux pieds… Cette soirée promet d'être inoubliable.
J'hésite une seconde : dois-je lui répondre ? Ou cela ferait-il… trop ? Je soupire, croque dans mon donuts au caramel et ferme la page de mes mails. Ma fin de semaine va être à l'image de mes nuits sans sommeil : longue et épuisante.
Le lundi soir, je me couche directement en rentrant à mon appartement, ne prenant même pas la peine de manger tant je suis épuisée. Mon sommeil est de trop courte durée mais au matin, je suis plus calme en ce qui concerne Edward Cullen et notre entrevue un peu étrange. Oui, peut-être, il m'a fait de l'effet. Mais cela ne veut pour autant pas dire que je vais devenir incapable de gérer ce dossier avec succès -comme pour les autres évènements que j'ai organisé au cours de ces deux dernières années.
Le reste de la semaine passe trop vite, bien trop vite. Si bien qu'arrivée au vendredi matin, j'ai l'impression d'avoir dormi 20 minutes sur toute ma semaine. Armée d'un thé bien chaud, j'arrive vers 8h au bureau avec la ferme intention de ne pas me laisser envahir par le charme que dégage mon client que je dois rencontrer pour le déjeuner. Edward Cullen n'aura, cette fois, pas le loisir d'avoir l'ascendant sur ma personne. Je suis une bonne professionnelle, et je compte bien le rester.
- Tu es bien matinale, se moque Jacob en arrivant au bureau à 8h30 passé.
Il est en retard, comme toujours. Je ne lui en veux jamais vraiment : il sait se faire pardonner comme personne -en me ramenant des donuts, des sushis, ou bien cette énorme pile de bloc notes multi colores que j'affection particulièrement et qui traine sur mon bureau depuis mardi midi.
- Je veux être sûre que tout mon plan tient la route avant ce midi, dis-je sans relever les yeux du dossier ouvert devant moi et dans lequel je suis plongée jusqu'au cou.
- Tu veux que je jette un coup d'œil ?
Je lui tends le dossier alors qu'il enlève son écharpe et qu'il secoue ses cheveux ébènes coupés courts recouvert de flocons. Il neige encore malgré les températures plus que douces. C'est infernal. Mon impatience le fait brièvement sourire, puis il l'attrape pour le lire. Je le regarde le parcourir silencieusement, hochant la tête par moment comme s'il approuvait mes idées. Ou se moque-t-il de moi ?
- Tu es trop silencieux, m'impatienté-je en tapant nerveusement du pied après un instant de silence trop lourd.
Il rit légèrement mais ne décroche pas du dossier. Je l'observe une minute en silence. Cette petite chemise bleu nuit à toute petites fleurs blanches lui va vraiment bien. Mon meilleur ami est un bel homme, le nier serait une erreur. Au grand malheur de ses dames, il est aussi gay qu'Elton John.
- C'est pas mal, finit-il par dire après un moment. Vraiment pas mal.
- Tu trouves ? L'histoire de la lune c'est…
- Franchement ? Je trouve ça génial. Si il n'approuve pas, c'est qu'il est idiot.
- Je prends un risque, il ne m'a pas dit pourquoi NewMoon… ça se trouve, ça n'a rien à voir avec ce que j'ai prévu là dedans, grimacé-je ne pointant le dossier du doigt.
- Si c'est le cas et qu'il ne valide pas, tu auras encore deux mois pour trouver autre chose. Relax Bells.
Je lève les yeux au ciel en grognant. Il sait parfaitement que je déteste qu'il m'appelle comme ça.
- A quelle heure vous avez rendez-vous ? finit-il par demander en se faisant un café.
- 12h, répondis-je avec automatisme.
Dans un peu plus de quatre heures seulement. Cette seule pensée noue mon estomac. J'appréhende notre entrevu. Je l'appréhende vraiment.
Toute la matinée, je m'oblige à penser à autre chose qu'à mon rendez-vous qui arrive. Jake me lance des regards par dessus les écrans de nos ordinateurs qui me font presque serrer les dents. Je sais que je suis nerveuse, je le sens : j'ai l'estomac noué à l'idée d'exposer mes projets à monsieur Cullen, mais j'appréhende surtout de ne pas réussir à contrôler comment je vais réagir une fois face à lui. J'espère me montrer moins ridicule que la première fois.
Il est presque 12h quand un taxi me dépose devant le Plaza. La neige à cessée de tomber depuis la fin de matinée, mais le ciel est toujours aussi blanc et chargé. Je lisse mes cheveux de mes doigts pour la dixième fois en pénétrant dans le hall après avoir inspiré profondément l'air extérieur -comme si celui d l'intérieur était toxique.
A l'intérieur du bâtiment, je me fige légèrement dans l'entrée quelques secondes.
Pour respirer, d'abord, et pour faire cesser le tremblement de mes doigts qui augmentent à mesure que les secondes passent. Je ne sais même pas si je dois attendre Edward Cullen ici ou si je dois aller au restaurant de l'hôtel directement. Nous n'avons pas échangés d'autre mail, si bien que j'espère furtivement qu'il ne m'a pas oublié. Je sors mon téléphone pour regarder l'heure une énième fois avant de me décider qu'il est peut-être temps que je me présente à l'accueil.
- Madame Swan, souffle une voix chaude au moment où je glisse mon téléphone dans ma sacoche d'ordinateur.
Un frisson me secoue. J'n'ai pas besoin de voir qui s'adresse à moi pour le savoir. Quand je retrouve son regard clair et absolument déroutant, mon ventre sursaute à nouveau.
- Monsieur Cullen.
Un sourire en coin étire sa bouche. Je remarque qu'il porte un caban long bleu marine qui mets en valeur la musculature de ses épaules. Il m'a l'air plus beau encore que lors de notre entrevu du lundi. Je m'entends déglutir que je me rends compte qu'on se dévisage l'un et l'autre sans rien dire pendant un moment.
- Vous partez ? demandé-je, légèrement perdue.
Avons-nous bien rendez vous ce midi ?
- J'arrive, en faite, explique-t-il dans un sourire. Vous êtes plus ponctuelle que moi.
Je me contente de sourire légèrement, ne sachant quoi lui répondre tant sa présence me perturbe. Pourquoi mon corps réagit de manière exponentiel quand le sien est à proximité ?
D'un mouvement de bras, il m'invite à le suivre dans le hall. On le traverse en silence, moi sur ses talons. Je remarque qu'il porte un petit sac de voyage noir et une sacoche d'ordinateur seulement quand il les confit au concierge de l'accueil qui le salut avec le plus de flatterie possible. J'en aurais presque envie de lever les yeux au ciel tant cela sonne faux.
- Je tiens à ce que ça soit dans ma suite à mon retour en début d'après midi, ordonne mon client avec froideur.
Le concierge bafouille légèrement. Je me mords la langue pour ne pas rire nerveusement. Il n'y a visiblement pas que moi qui suis perturbée par le charisme qu'il dégage.
- Allons déjeuner, finit par dire M. Cullen en se tournant vers moi.
Le regard mi-amusé mi-agacé qu'il m'adresse me fait sourire malgré moi. Pendant que je le suis à travers le hall à nouveau pour gagner les ascenseurs, la nervosité me gagne à nouveau. J'ai mon plan parfait dans ma tête, je sais que je dois lui présenter ce à quoi j'ai travaillé toute la semaine mais cela me rends plus angoissée que jamais. Depuis quand un projet me stress à ce point ?
- Votre semaine n'a pas été trop longue ? me demande-t-il d'une voix calme quand on monte dans la cabine de l'ascenseur.
- Je… j'ai été très occupée, et la votre ?
- Je n'ai eu le temps de rien, avoue-t-il dans un sourire.
Pour la première fois, je remarque les signes de fatigue sous ses yeux. Je me mords la langue quand les portes se referment, nous laissant qu'un espace trop, trop petit pour nous deux.
Pendant de longues secondes, je fixe les portes clauses devant nous en espérant que l'ascenseur ne tombe pas en panne. Etre avec Edward Cullen dans une pièce est une chose. Etre avec Edward Cullen dans un endroit aussi peu grand et clos en est une toute autre. Son parfum m'entoure, faisant s'accélérer mon cœur malgré moi. Mes tremblements s'amplifient. Je tente de me résonner alors que le silence entre nous est étouffant. Il n'est que mon client. Mon plus gros client.
Je l'entends soupirer légèrement quand l'ascenseur s'arrête à l'étage du restaurant avant de s'ouvrir en silence.
Le soulagement me traverse sans que je ne comprenne bien pourquoi. J'ai du mal à rester de marbre quand son regard croise le mien avant de m'inciter à sortir d'une main dans mon dos qui ne me touche pas.
Cet homme à l'air d'être… gentleman. Cette constatation augmente subitement la pression dans ma poitrine. J'inspire lentement quand il annonce notre présence au concierge à l'entrée du restaurant qui nous guide jusqu'à une table reculée, presque cachée par des alvéoles blanches et bleues. Je jette un regard nerveux à mes mains, ne pouvant m'empêcher d'être plus tendue qu'à la normale. Voilà bien des années que je ne me suis pas sentie aussi mal à l'aise.
C'est pire quand il congédie le concierge et qu'il passe derrière moi pour m'aider à ôter mon manteau, mon sac à main et tirer ma chaise. J'ai dû mal à respirer en m'asseyant. Mais qu'est ce qu'il m'arrive ? Ou est passé la Bella sûre d'elle ? Qu'est ce que cet homme peut bien dégager pour me faire perdre contenance à ce point ?
J'inspire lentement en le voyant enlever son caban et prendre place en face de moi. Je peux le faire. Il lance un regard au barman qui se propulse à toute vitesse à notre table.
- Que voulez-vous boire ? s'enquière mon client en me regardant droit dans les yeux.
- Je… un jus de fruit, lâché-je rapidement, perturbée par l'aisance dont il fait preuve.
- Un jus de fruit pour madame, dit-il au serveur à notre coté qui est raide comme un piquet. Et votre meilleur bourbon pour moi.
Le serveur hoche la tête et repart rapidement derrière les alvéoles, nous laissant seuls. Je tente de ne pas trop le regarder, mais mes yeux sont irrévocablement attirés par son visage et le dessin carré et net de sa mâchoire.
- Avez-vous eu le temps d'avancer sur la soirée de lancement ? finit-il par demander après quelques secondes d'un silence tendu entre nous.
- Je… oui, murmuré-je en me penchant pour attraper le dossier dans mon sac. J'ai fait les premiers esquisses de ce que cela pourrait être.
Un sourire satisfait étire ses lèvres roses quand je lui tends le dossier. Je suis heureuse de pouvoir plonger dans un sujet où je suis moins mal à l'aise.
- Ne soyez pas si nerveuse, murmure mon client en l'attrapant.
Ses doigts effleurent les miens une seconde. Je me sens rougir, incapable de lutter contre ma gêne.
- Vous n'allez peut-être pas du tout aimer ce à quoi j'ai pensé, réussi-je à dire quand il ouvre la première page.
- Laissez-moi en juger.
Je me pince les lèvres tandis que le serveur nous ramène nos boissons. Mon client, concentré sur sa lecture ne prends pas la peine de le remercier. Il parcourt le dossier, le visage concentré sur ce qu'il à sous les yeux alors que ma nervosité explose. Cette attente est difficilement supportable. Mal à l'aise je m'agite sur ma chaise avant de boire une gorgée de mon jus de fruit. Pendant plusieurs minutes, je lutte pour regarder autre chose que les traits de son visage : mais je n'y arrive pas. Tout me ramène irrémédiablement à lui, et le fait que notre table soit légèrement isolée des autres empire ce sentiment d'intimité qui s'installe au creux de mon ventre. A la lecture d'une nouvelle page, je le surprends à sourire, mon cœur décolle immédiatement.
- Ca vous dérange si je vous appelle Isabella ? demande-t-il soudain, me figeant sur ma chaise.
- Je…
- On va être amenés à se voir souvent, explique-t-il sans relever les yeux de mes notes, autant éviter un formalisme inutile et encombrant.
Je reste muette, figée par son élan de confiance. Qui dit ce genre de choses ?
- Comme… comme vous voulez, bafouillé-je, clairement mal à l'aise.
Un léger sourire orne sa bouche, mais ses yeux restent fixés sur le dossier. Je note dans un coin de ma tête que le formalisme ne s'adresse cependant pas à moi et bois une nouvelle gorgée de mon jus de fruit. J'ai presque envie de vomir. Vais-je être capable d'avaler quelque chose, au moins ?
- Comment avez-vous eu l'idée de la lune ? m'interroge-t-il en relevant ses yeux brillants vers moi.
Je m'entends déglutir, ne sachant si sa réaction est bonne ou mauvaise. Je suis totalement incapable de comprendre ce qui flotte dans son regard.
- Oh je… le titre de votre magazine était indicatif, et je… la couverture, bafouillé-je maladroitement.
Un de ses sourcils s'arque légèrement alors qu'il attends que je poursuive... ou que je sois plus clair. Une nouvelle fois, je me sermonne d'être incapable de dire quelque chose de censé face à lui et m'oblige à retrouver une attitude plus professionnelle. J'inspire avant de me lancer.
- J'ai… j'ai pensé que ce nouveau magazine était une sorte de… renaissance, pour vous. Nouvelle implantation, nouveau sujet, nouveau concept.
- Pourquoi nouveau concept ?
Je me mord légèrement la lèvre, espérant sincèrement ne pas me tromper.
- On ne voit pas souvent ce genre de… mise en page.
Un léger sourire étire sa bouche à nouveau. Est-ce de la satisfaction qui flotte dans ses pupilles ?
- Je travaille sur ce magazine depuis des années, avoue-t-il en verrouillant son regard au mien. Notre implantation sur cette ville est un gros challenge. Si ça marche, j'aurai de quoi rester ici, un peu plus longtemps.
La perspective de le voir déambuler dans les rues de New-York encore un moment provoque un flot de sentiments contradictoires en moi.
- Mais vous avez entièrement raison, Isabella. La lune est effectivement un signe de renaissance et c'est le cas pour ce magazine. C'est…
Il sourit lentement, rendant ma respiration plus lourde. Je suis hypnotisée par le charisme qui émane de lui, littéralement. Mon prénom dans sa bouche retourne mon estomac autant que son sourire. s'agrandit.
- C'est un nouveau souffle.
J'ai du mal à soutenir son regard alors qu'il me scrute avec une attention vraiment particulière pendant une longue seconde.
- On va commander, décide-il en faisant signe au serveur qui vient vers nous en sautillant presque.
Je me saisi de la carte que ce dernier me tends et parcours avec difficulté la liste des plats proposés. Tout à l'air délicieux, mais j'ai du mal à penser à autre chose que mon client prononçant mon prénom avec une intonation aussi déroutante.
- Vous avez choisi ? demande-t-il après une minute.
- J'ai… Les lasagnes au poissons, dis-je en prenant le premier plat sous mes yeux.
- Mettez en deux. Avec une bouteille de vin blanc. Un cabernet.
- Bien, Monsieur Cullen.
Le serveur disparait aussitôt, nous laissant à nouveau seuls.
- Vous êtes la première à l'avoir lu, avoue-t-il après un silence.
- NewMoon ?
Il hoche la tête.
- J'aimerais savoir ce que vous en pensez.
- Moi ?
- Oui.
J'inspire lentement en buvant une nouvelle gorgée de mon jus de fruit. On s'éloigne de mon job, là, non ?
- C'est… nouveau, réussi-je à dire après quelques secondes. Tout est aéré, graphique et pourtant… très arrondis. Les sujets traités sont… profonds. Vous avez une vision de la culture New-Yorkaise très… intéressante.
Son sourire dévoile ses dents blanches et rectilignes. Mon cœur s'affole brutalement.
- Intéressante ?
- On n'évoque pas souvent les petits théâtres de la ville. En parler les mets en lumière, expliqué-je.
- Et vous avez aimé ?
- Je… oui, avoué-je. C'est différent que tout ce que j'ai pu voir. Un peu de… de nouveauté fait du bien.
Il hoche la tête, approuvant ma dernière phrase avant de baisser les yeux sur mes doigts qui serrent et desserrent mon verre. Presque instantanément, mon alliance me brule la peau. Mon client serre légèrement les dents avant de s'appuyer dans le fond de sa chaise, croisant les bras contre son torse.
- Vos idées sont intéressantes, avoue-t-il après m'avoir longuement dévisagé, retrouvant un air plus calme. J'aime beaucoup le concept que tout soit… lunaire.
- Merci, dis-je, soulagée que mes projets pour la soirée lui plaisent.
Je suis d'autant plus soulagée que nous retrouvions un sujet de conversation que je maitrise. Je décide de poursuivre sur ce terrain des moins dangereux.
- J'ai fais une liste de trois lieux où nous pourrons organiser la soirée.
- J'ai vu, oui.
- Un de ces lieux vous parle-t-il plus qu'un autre ?
Ses yeux parcours mes notes une seconde avant qu'il ne hausse les épaules, visiblement perdu.
- New York est encore très… inconnue pour moi, souffle-t-il en verrouillant mon regard. Je compte sur vous pour tout me faire découvrir d'elle.
Sans que je ne comprenne totalement pourquoi, j'ai subitement du mal à respirer. Je tente de trouver un échappatoire mais son regard profond et déboussolant emprisonne le mien, me faisant trembler. Désireuse d'ignorer la façon dont il me regarde, et surtout tout ce que cela provoque en moi, j'inspire doucement pour pouvoir reprendre sans avoir une voix ridicule au possible.
- On pourrait aller visiter les salles et vous choisirez celle qui vous convient le mieux, réussi-je à dire, perturbée.
- Vous avez mes disponibilités, me rappelle-t-il dans un sourire en coin.
La tension entre nous est brutalement palpable, si bien que je me demande si je ne devrais pas écourter notre entrevu. L'envie de fuir s'insinue en moi, comme si je devais brutalement me protéger. J'ai envie de partir d'ici. De vraiment partir. Qu'est ce qu'il se passe ?
- Respirez, se moque-t-il en se redressant pour s'accouder à la table entre nous.
Je m'exécute tant bien que mal, tentant d'étouffer le malaise grandissant dans ma poitrine.
- Il nous faut également assez d'espace pour danser, reprend-t-il en pointant du doigt le dossier posé à plat devant lui.
- D'accord, abdiqué-je, souhaitant juste penser à autre chose.
- On adressera deux invitations à votre nom.
Je manque de m'étouffer avec ma propre salive.
- Je… quoi ? m'étranglé-je.
- Vous serez présente.
Ca n'est pas une question. Mon cœur vient de remonter dans ma gorge et la panique se fait plus violente.
- Je… je n'ai pas…
- Isabella…
- Monsieur Cullen je… ça n'est pas dans notre accord.
- Je peux l'y rajouter, lâche-t-il avec un sérieux désarmant. Je tiens à ce que vous soyez là. Il y aura beaucoup de monde et je sais que votre travail fera sensation. Ca sera pour vous l'occasion de vous présenter en personne à tout un tas de clients potentiels.
Je vire coquelicot alors que je tente de trouver un moyen de refuser son invitation sans qu'il ne le prenne mal. Je ne peux pas aller à cette soirée. Je crains même de ne pas pouvoir réussir à terminer mon contrat avec lui s'il lâche des choses aussi déroutante chaque fois que l'on se voit.
- Je… je ne crois pas que cela serait…
- Votre travail est de répondre à toutes mes exigences, non ? s'enquit-il le plus sérieusement du monde en se penchant légèrement sur la table.
Son parfum m'atteint de plein fouet et je dois couper ma respiration pour ne pas fermer les yeux devant la douceur de son odeur. Il me faut plusieurs secondes pour comprendre ce qu'il vient de dire. Est-il sérieux ? Dois-je réellement céder à la moindre de ses exigences parce qu'il est mon patron ? Techniquement, oui. Cependant, la tension entre nous m'empêche de penser tout à fait normalement. Il est impossible qu'il ne fasse pas exprès de tenir des propos pareil alors qu'il est parfaitement conscient de ma gêne depuis le départ. Soudain, sans réussir réellement à comprendre pourquoi je réagis aussi violemment avec lui depuis le premier instant, la colère et l'incompréhension me brule la langue.
- Dans le… dans le cadre de notre échange professionnel, oui, dis-je, très tendue.
- Je ne vois pas bien dans quel cadre cela pourrait-il être sinon ?
Un sourire presque arrogant s'étale sur son visage alors que je me sens pâlir.
Simultanément, deux choses s'impose à moi : notre relation ne sera jamais rien d'autre que professionnelle -ce qu'il vient de me confirmer clairement- (comme si j'avais besoin qu'il me le rappelle) et nous n'appartenons clairement pas au même monde (comme si j'avais aussi besoin) Je ne suis qu'une idiote, s'en est presque risible.
- Je…
- Je ne crois pas que votre époux apprécierait, lâche-t-il dans un sourire figé.
Sa phrase fait brutalement se tordre mon estomac qui se recroqueville sur lui-même. J'ai l'impression que je vais vomir. Son allusion à Riley me transperce le cœur alors que je lutte pour ne pas m'enfuir en courant ou me mettre à pleurer hystériquement. Déjà qu'il doit me prendre pour une débile profonde, avec ça, je perdrais ce contrat.
- En effet, m'étranglé-je en baissant les yeux, honteuse et blessée.
Un silence s'en suit. Je n'arrive même plus à le regarder. Tout se mêle dans mon cerveau détraqué. Ce contrat est certainement la pire chose qu'il pouvait m'arriver.
- Vous pourrez venir avec lui, si vous le souhaitez, ajoute-t-il d'une voix plus douce, amplifiant mon malaise.
Je me pince les lèvres, repoussant la douleur sourde que ses mots font naitre en moi.
- Je crains que cela soit impossible.
Ses sourcils se froncent légèrement.
J'attrape mon verre et le termine en tremblant pour reprendre contenance. Remets-toi Swan… Ca va faire trois ans.
Cullen s'apprête à ouvrir la bouche mais nos plats arrivent, le faisant taire. J'apprécie plus qu'il ne faudrait le silence qui suit et qui me laisse le temps de me reprendre lorsque le serveur ouvre la bouteille de vin blanc puis nous serre tour à tour.
- Cet hôtel présente une salle de réception absolument fantastique, dis-je quand le serveur disparait pour relancer une conversation moins pénible. Si vous voulez, nous pouvons allez la visiter après le repas.
- Ca serait parfait, avoue-t-il en s'emparant de ses couverts.
Je suis heureuse d'avoir prit la liberté de réserver un créneaux de quelques minutes la veille pour visiter la salle de réception au dernier étage de l'hôtel. On mange un instant dans un silence étrange. Je ne suis clairement pas des plus à l'aise malgré la qualité du repas et la beauté de l'homme en face de moi. Qu'est ce que ça peut me faire, d'ailleurs ?
- Vous ne faites pas ça souvent, n'est-ce pas ? demande mon client d'une voix calme après un moment.
Je relève les yeux vers lui pour voir qu'il m'observe, le menton appuyé sur ses mains reliées. Ses traits sont détendus, il à l'air… presque apaisé. Sa barbe est rasée de prêt, rendant les contours de sa mâchoire encore plus saillants. Sa chemise est ouverte de trois petits boutons, laissant entrevoir la peau de son cou et du haut de son torse.
- Je… pardon ?
- Déjeuner avec vos clients, précise-t-il dans un sourire.
- Oh… je…
- Vous n'êtes clairement pas à l'aise, s'amuse-t-il en penchant légèrement la tête.
Mon visage prends feu alors que je lutte pour garder un contacte visuel entre nous. Je suis presque soulagée qu'il pense que cela vient de notre situation actuelle, et non de simplement… lui. Il brouille vraiment tout mes repères. Je ne comprends plus rien à ce qu'il se passe.
- Effectivement, avoué-je dans un léger sourire d'excuse.
- C'est parce que je suis votre client ?
- C'est parce que vous êtes… le client, soufflé-je malgré moi.
Je me sens rougir, à peine consciente de ce que j'ose lui dire. Pourtant, le sourire qui étire sa bouche est fabuleux. Il n'est pas beau il est… il est à coupé le souffle.
- Oh, je suis déçu, avoue-t-il dans un soupire presque lasse. Je pensais que c'était juste… moi, qui vous troublait.
Je me retiens de lever les yeux au ciel devant son arrogance. L'amusement flotte clairement dans ses yeux d'un vert intense, ce qui me fait rire nerveusement.
Bizarrement, cet échange gênant me fait me sentir un peu moins nerveuse et morose. Je voudrais lui faire comprendre que, quoi qu'il dise, rien ne pourra être plus bizarre et gênant que mes propres réactions.
- Je… vous êtes mon client, répondis-je après un silence où il me regarde comme s'il arrivait à lire en moi. C'est littéralement impossible que vous me troubliez.
Quelque chose que je n'identifie pas flotte dans ses yeux, pourtant, son sourire ne bouge pas.
- Le truc du cadre professionnel, oui, se rappelle-t-il.
Je baisse les yeux sur mon assiette, ne pouvant retenir mon sourire en secouant la tête d'effarement. Cet homme a l'air de ne jamais douter de quoi que ce soit, et encore moins de lui.
Ce déjeuner est très loin d'être comme je l'avais imaginé.
Hellooooo semaine-9 avant les festivités ! Est-ce que je suis la seule à mourir d'impatience ? Ou est-ce que vous aussi vous avez déjà envie d'installer votre sapin ? C'est terrible non ?
Alors, avant tout, merci infiniment pour l'accueil de cette nouvelle romance ! C'est fou, je pensais pas que ça vous plairait autant ! Noël en octobre c'est génial finalement !
Bon, sinon, ce chapitre ? Désolée d'avance, je sais que vous allez râler comme never mais hé ! Fallait que je coupe quelque part pour vous obliger à revenir la semaine pro ! Si je dévoile tout maintenant, vous ne viendrez plus me lire :')
Et cet Edward ? On en parle ? Laissez moi un mot pour savoir si vous le voulez sous votre sapin de Noël ! J'vous laisse deviner ce que j'en pense...
J'vous embrasse,
Tied.
