Chapitre 12

White Christmas - Otis Redding

- Vous voulez ? insiste-t-il voyant que je ne réponds pas.

- Danser ? demandé-je nerveusement, ayant du mal à calmer mon cœur face à sa proximité.

Il hoche la tête légèrement.

- Je... je ne sais pas danser.

Un sourire atrocement sexy s'imprime sur sa bouche, affolant mes sens.

- Je suis certain que vous savez.

Je me mords la lèvre nerveusement, avant que son pouce ne se pose sur ma bouche, me forçant à relâcher ma peau dans un tremblement.

Tout mon corps à l'air de lui obéir au doigt et à l'œil... Et c'est vraiment déstabilisant.

Sa peau est chaude, si bien que j'ai envie que son touché ne me quitte plus jamais.

- Ne faites pas ça.

Sa voix est grave, presque tremblante. Le désir intense brillant dans ses yeux me broie l'estomac alors que mon souffle s'accélère en même temps que mon cœur.

- Allons danser, lâche-t-il subitement, me prenant la main pour m'entrainer à sa suite, ne me laissant ni le temps de penser, ni de parler.

Je trébuche presque derrière lui tandis que nos doigts se mêlent, incapable de refouler le désir ardant qui me secoue et l'envie que j'ai de me blottir contre son corps. J'me fou de tout, pour dire vrai. J'me fou des autres. J'me fou de la musique. J'me fou d'aller danser. Je veux juste ressentir encore ce que je peux ressentir quand il me touche, quand son souffle se mêle au mien et que le désir s'insinue entre nos corps.

Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Jacob et Leah qui dansent ensemble -virevoltent- émettent des cris presque inquiétants quand ils nous voient pénétrer dans le salon pour les rejoindre.

La musique latine m'assourdit, me faisant littéralement paniquer quand Edward m'attrape par la taille pour me ramener plus près de lui. Ses gestes sont tellement sûrs, tellement puissants... je déglutis quand mon regard retrouve le sien, son visage à une proximité déboussolante du mien.

Je n'ai pourtant pas assez bu pour me laisser aller contre lui, et je n'arrive pas à faire se calmer mon cœur qui s'affole dangereusement devant le rythme langoureux de la musique autour de nous.

Les autres dansent, rient tout autour de nous, totalement inconscients de l'incendie qui fait rage dans mon corps entier.

Pendant une seconde encore, il me dévisage sans bouger, le souffle court. J'ai brièvement la sensation que je ne suis pas la seule à être totalement déboussolée.

Debout contre lui, je dois faire appel à tout mon self control pour ne pas enfouir mon visage dans son torse et inspirer son odeur comme je ne l'ai jamais fait.

Il ouvre la bouche au moment où la musique change subitement.

Un rythme lent et doux empli la pièce, faisant taire mon client. Je jette un regard furieux à Angela qui vient de changer la musique et qui me regarde avec un sourire machiavélique sur la bouche.

Elle a fait exprès ! Je rêve !

Mes amis autour de nous forment des couples dans la semi-obscurité, et mon cœur s'arrête quand l'homme face à sa prends ma main dans la sienne, mêlant nos doigts dans une facilité qui dépasse l'entendement.

- Edward, murmuré-je, tétanisée.

Son prénom dans ma bouche à l'air de le satisfaire plus que de raison. J'ai la sensation que, désormais, plus aucun filtre n'existe entre nous. Pourquoi mon corps lui fait-il à ce point confiance ? Comment puis-je me laisser aller ainsi contre lui alors que j'ai lutté tellement de temps avant ce soir ? Pourquoi, maintenant, depuis notre échange dans la cuisine, tout me parait aussi différent ?

- Dansez avec moi.

J'avale ma salive difficilement, essayant de ne pas avoir l'air d'une hystérique alors que tout en moi semble hurler quand il me ramène contre son torse d'un geste lent.

Mon souffle se coupe à son contact.

Je suis incapable de détacher mes yeux des siens alors que notre proximité s'accentue, faisant s'emballer mon cœur et mon âme d'un même ensemble. Sentir son torse contre ma poitrine me déstabilise totalement. Le désir augmente avec force, brulant mon ventre sans retenue alors qu'Edward commence à bouger doucement, suivant le rythme lent de la musique, son regard profondément ancré au mien.

Pendant de longues secondes, j'oublie tout ce qui m'a poussé à rejeter ce que je ressens pour lui depuis le premier instant. J'oublie la peur qui me broie. J'oublie mon deuil, la maladie de Riley, le combat qu'on a perdu, lui et moi. J'oublie les nuits d'insomnies, les doutes, les pleurs. J'oublie le fait qu'Edward est, d'abord, mon client, avant d'être l'homme avec qui je danse ce soir. J'oublie les raisons pour lesquelles j'ai repoussé tout ce qu'il provoque en moi. J'oublie que je ne serais jamais assez bien pour lui.

Je savoure simplement son odeur, sa chaleur. Son regard qui ne lâche jamais le mien, comme s'il arrivait à lire dans mon âme. Je savoure le sentiment de sécurité qui m'entoure chaque fois que ses doigts caressent tendrement les miens. Son souffle chaud contre mon visage, la sensation de son corps bougeant dans le même rythme lent que le mien. C'est déroutant, et, même si j'ai encore du mal à l'assumer pleinement, j'aime ce que je ressens contre lui. Pour la première fois depuis la mort de Riley, j'ai la sensation d'être pleinement vivante.

Les lumières des décorations des garçons dansent autour de nous, rendant l'atmosphère quelque peu irréelle. Pendant un instant, je me demande brièvement si je rêve. Vais-je me réveiller, seule dans mon lit, anéantie, au beau milieu de la nuit ?

- Tout va bien ? demande la voix d'Edward, me faisant battre des paupières plusieurs fois pour me reconnecter à la réalité.

Cette réalité. La nôtre. Celle où je suis dans ses bras. Celle où nous dansons tous les deux dans le salon de Jacob et Sam.

- Je... oui, dis-je juste, le souffle court quand il repli ses bras entre nous, me serrant plus étroitement contre lui.

- Cessez de réfléchir, murmure-t-il.

Je ferme les yeux quand il pose son front contre le mien, me bouleversant par l'abandon dont il fait preuve avec moi.

Une nouvelle fois, ce soir, là, contre moi, il y a Edward, l'homme. Il n'y a plus la magna de la presse, enfermé dans son costume de luxe. Il est lui-même, vraiment, je le vois, je le sens. Cette nouvelle intimité est grisante, et largement perturbante.

Je force mon cerveau à cesser de m'interroger sur ce qui est en train d'arriver, et pourquoi c'est en train d'arriver. Son souffle chaud me rassure et me trouble à la fois alors que j'inspire profondément son odeur boisée, repoussant les centaines de questions qui m'assaillent pour ne plus sentir que lui.

Je ne veux que ça… je ne veux que lui.

Pendant un moment, je ne danse plus, je flotte.

Je suis déconnectée, bien qu'ancrée dans la réalité plus que jamais. Je me force à ressentir, seulement. Je savoure mon cœur qui bat vite, nos souffles qui se mêlent, ses gestes doux et lents, son corps chaud et ferme contre le mien, son odeur qui me berce, et la tendresse dont il fait preuve avec moi.

Alors que la chanson prend fin, je regrette que cela soit déjà terminé. Je réalise presque douloureusement que j'aimerais passer tout mon temps contre lui, contre sa peau, maintenant que je sais à quoi cela ressemble.

C'est indescriptible.

Lorsque quelque chose de plus enjoué résonne à nouveau, notre rythme ne change pas.

Je sais que cet instant n'appartient qu'à nous et ça me fait du bien. J'ai la sensation d'être libre… et d'avoir le temps de tout vivre.

J'ouvre les yeux pour tomber sur son visage tout près du mien. L'obscurité de la pièce rend chaque sentiment plus fort, plus intense. Ses paupières sont closes, ses longs cils bruns balayent le haut de ses pommettes doucement.

La perfection de ses traits me laisse émerveillée pendant un moment. Il n'est pas seulement beau il... il m'éblouit. Littéralement.

Mon regard glisse sur son visage, en savourant chaque centimètre. Je le détaille sans m'en cacher, savourant aussi mon apaisement à le dévorer aussi librement des yeux, sans que rien ne m'en empêche. Sa mâchoire est contractée, comme s'il se retenait de bouger, de parler.

Malgré la musique autour de nous qui fait danser les autres -qui nous ignorent royalement- je ne veux pas cesser d'être bercée lentement par son corps contre le mien.

Je suis bien ici, et maintenant. Je suis… vraiment bien. Mes yeux glissent jusqu'à sa bouche, accélérant mon souffle malgré moi.

J'humidie mes lèvres par automatisme, avant de voir qu'il a ouvert les yeux, et qu'il me regarde de cette manière unique qui est la sienne.

Pendant un long moment, on ne fait rien de plus que se dévisager, alors que mon cœur bat de manière irrégulière. Je sais qu'il ne battra jamais normalement contre lui. J'en suis convaincue. Je ne m'habituerai jamais totalement à sa présence, à sa chaleur contre moi : tout est bien trop fort entre nous pour ça.

Ses doigts glissent finalement de ma nuque à ma bouche qu'il caresse de son pouce, suivant le dessin de mes lèvres en tremblant, les effleurant à peine.

S'il connait maintenant la vérité pour Riley, je ne sais pas réellement ce qu'il pense de tout ça. Et je ne sais pas si cela change quoi que ce soit. Oui, cet instant de complicité dans la cuisine était déroutant. Oui, cette danse l'est d'autant plus et il me semble que, ni lui ni moi n'avons envie que cela cesse... mais je n'arrive pas à savoir ce qu'il en est de nous... de ça. Les muscles de mon dos se nouent un à un quand son regard glisse sur mes lèvres, faisant bondir mon cœur dans ma poitrine.

À ce moment précis, je crois que la douceur qui émane de notre étreinte me suffit.

Les questions m'assaillent quand son regard fouille le mien. Est-il toujours mon client ? A-t-il conscience du contrat qui nous lit toujours ? Dois-je lui dire que je ne suis pas prête ? Que je ne sais même pas ce que je veux ?

Quelque chose dans l'intensité de ses yeux change alors qu'un très léger sourire en coin étire ses lèvres, comprimant mon cœur dans ma poitrine. J'ai la sensation que, sans avoir besoin de lui dire, il vient de comprendre qu'il me faut du temps.

Surement beaucoup, beaucoup de temps.


Il est presque 3 heures du matin quand on quitte la maison de Jacob et Sam. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais une fois la porte refermée sur mes amis qui semblent plus que ravis de leur soirée de réveillon, le silence de la nuit m'apaise.

Il neige à nouveau quand on descend les marches du perron sans dire un mot, les guirlandes lumineuses éclairant doucement le trottoir devant nous.

- Encore de la neige, s'émerveille Edward en levant les yeux vers le ciel après une seconde.

Je retiens un sourire, regardant le ciel à mon tour.

- Il fait froid, fais je remarquer, ce qui le fait rire doucement. Jacob serait là il dirait que j'ai toujours le chic pour être très positive…

- Je vais me donner pour mission de vous faire aimer la neige, s'amuse mon vis-à-vis en se tournant légèrement vers moi.

- Vous allez devoir vous accrocher. Personne n'a jamais réussi.

Une lueur de défit nait dans ses yeux à mes mots, agrandissant son sourire. Je n'aime pas la neige, c'est un fait... pour autant, elle le rend d'autant plus sublime, cette nuit, au milieu de ce quartier résidentiel débordant de décoration de Noël.

Pour garder contenance devant le silence qui s'installe doucement entre nous, et qui me fait trembler plus que de raison, mon attention se fige sur la berline noire derrière l'homme qui me dévisage d'une manière si intense que mon estomac se noue.

Après une seconde, son attention est aussi attirée par le chauffeur qui allume le contact du véhicule. Est-il resté ici à l'attendre toute la soirée ?

- Je vous ramène ? demande l'homme à mon côté en me jetant un regard.

Ma nervosité, à nouveau, remonte en flèche.

- Je... je vais appeler un taxi.

- J'insiste, sourit-il un peu plus légèrement.

Je me retiens mal de lever les yeux au ciel, ce qui ne fait que le faire sourire davantage.

Dans la voiture, le silence est apaisant.

L'effervescence de la soirée retombe lentement alors que nous quittons le quartier, me laissant le temps de réaliser doucement ce qui est arrivé : Edward sait, désormais. Pour Riley, pour ma vie... pour tout.

Je lui jette un regard après un instant, observant le dessin des lampadaires éclairant son visage. Les yeux figés sur le paysage extérieur qui défile, je l'admire quelques secondes dans le doux ronronnement de la voiture. Il est beau. Quelque chose de presque angélique l'entoure ce soir. Est-ce à cause de la douceur dont il a fait preuve avec moi toute la soirée ? Ou est-il comme ça... tout le temps ?

- J'aimerais savoir ce à quoi vous pensez, finit-il par dire après un instant, me faisant sursauter nerveusement.

Retrouvant son visage, je me rends compte qu'il m'observe avec calme.

- Ce que je pense ? répété-je, incertaine de la réponse à donner.

Il hoche la tête lentement, ses yeux d'une profondeur absurde nouant mon ventre.

- Je... Je m'inquiétais de savoir si vous avez passé une belle soirée.

Un sourire tendre étire sa bouche alors qu'il se tourne légèrement vers moi pour pouvoir me regarder librement.

- Je dois avouer que je suis assez... surpris.

- D'avoir rencontré des gens aussi étranges ?

Un éclat de son rire me parvient, me faisant sourire sans me retenir.

- En partie, oui, avoue-t-il dans un sourire sincère avant de secouer la tête. Vos amis sont... vraiment agréables. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir à partager un repas avec des inconnus.

- J'en suis ravie, concédé-je doucement.

- Mais je... je ne m'attendais pas à ce que cette soirée prenne cette... tournure.

L'appréhension me traverse alors que je lutte pour ne rien laisser paraître pendant qu'il fouille mon regard, comme s'il cherchait à en retirer des réponses.

- J'étais loin d'imaginer que vous étiez veuve, ajoute-t-il plus doucement, les traits plus ternes. J'nai... j'avais imaginé un tas de raison à votre comportement mais j'avoue que ça... je ne l'avais pas envisagé.

Me mordant les joues nerveusement, je l'observe quelques secondes dans un silence presque lourd.

- Je... vous le dire me semblait... déplacé.

- Je comprends.

- Je ne voulais pas vous... mentir, murmuré-je à demi-mot, maintenant gênée. Vous êtes... vous restez mon client.

La mention du terme augmente presque imperceptiblement la tension entre nous, mais son regard, lui, ne change pas le moins du monde. En est donc-t-il conscient ? Réellement ? Malgré tout ce qu'il s'est passé ce soir ? Malgré nos mots dans la cuisine ? Et à l'instant ? Mes yeux glissent sur son visage sans que je ne le veuille réellement pour aller s'échouer sur sa bouche, savourant bien trop le dessin pur et net de ses lèvres.

- J'en ai conscience, avoue-t-il après un léger silence où mon cœur résonne dans mes tempes. Je suis... je suis votre client jusqu'à la soirée de lancement.

Un léger sourire nait sur sa bouche quand mon regard s'accroche à nouveau au sien. Mes joues s'embrasent subitement face à l'intensité de ce que ses mots font naitre en moi. Et après cette soirée ?

- Ensuite, je vous inviterai à diner, j'imagine.

Ai-je pensé à voix haute ?

Son regard verrouille le mien, attendant ma réaction alors que mon pouls s'affole.

- Vous l'avez déjà fait, dis-je dans un faible sourire, espérant que mon cœur se calme.

Un sourire heureux franchit ses lèvres. Plus rien d'autre au monde ne semble compter que la chaleur de son regard sur moi.

- Je ne crois pas qu'il s'agira là d'un dîner uniquement professionnel, avoue-t-il, son regard profondément ancré au mien, comme pour ne pas me laisser la possibilité d'ignorer ce qu'il est en train de dire.

Je m'entends déglutir, un peu étourdie alors que je prends conscience de ce qu'il insinue. Il veut diner avec moi ? Réellement avec moi ? Juste... juste moi ?

- Pardon de vous déranger Monsieur, nous interromps la voix de son chauffeur que j'avais totalement oublié. Dois-je me rendre à l'hôtel directement ?

Mon client à mes côtés ne me quitte pas des yeux. Quelque chose de presque joueur y flotte, allumant le doute en moi. Dois-je rentrer chez moi ? Pour de vrai ? Ai-je seulement envie de rentrer chez moi ?

- Nous ramenons Madame Swan chez elle, lui indique Edward sans me lâcher des yeux.

- Bien monsieur.

- Madame Bears.

Les sourcils de l'homme face à moi se froncent légèrement alors que j'inspire doucement.

- Je... nous étions mariés, expliqué-je maladroitement en me sentant rougir à nouveau. Avec Riley nous... je... mon nom de mariée est Madame Bears mais je... je ne sais pas trop pourquoi je..

- Respirez, se moque gentiment mon client en posant sa main sur la mienne -sur mes cuisses.

J'ai subitement du mal à penser à son contact.

Mes envies s'entrechoquent et me font lourdement frissonner sous la chaleur de sa peau sur la mienne. Son regard n'exprime que de la douceur que je m'emmêle littéralement les pinceaux dans mes explications. Pourquoi ai-je l'impression de devoir lui expliquer pourquoi je me suis présenté sous mon nom de jeune fille plutôt que sous mon nom de femme mariée ?

- Comment désirez-vous que je vous appelle ? demande-t-il avec prévenance, le regard sérieux.

- Isabella, soufflé-je sans réfléchir, ignorant -au mieux- le désir que juste sa main sur la mienne provoque.

S'il lutte un instant contre son sourire, j'ai la sensation que ma réponse le comble à un niveau incroyable.

- Isabella, alors, approuve-t-il, son sourire dévoilant la blancheur de ses dents.

Je me surprends à sourire aussi, sentant son pouce caresser la naissance de mes doigts. Sa main finit par quitter la mienne après un instant à caresser ma peau.

Lorsque l'on quitte Chelsea pour rejoindre Greenwich Village, le silence est de retour et me fait du bien. Presque étrangement, je me sens bien. Bizarrement à ma place, et à l'aise alors que l'homme qui me tourmente est à mes côtés, plongé dans le silence… Mais je suis bien. Et je suis heureuse de l'avoir invité. Je suis vraiment heureuse qu'il soit venu. Je suis profondément heureuse de lui avoir proposé.

Les décorations de mon quartier illuminent le village d'Edward qui fixe à nouveau la rue, regardant avec émerveillement les immenses sapins dressés tous les mètres de Washington SQ. Ici, tout autour du parc, tout est illuminé.

- C'est beau n'est-ce pas ? m'amusé-je doucement.

J'ai presque la sensation d'avoir un enfant sous les yeux qui découvre la neige pour la première fois.

- Ça l'est, approuve-t-il en m'adressant un sourire lumineux.

- Et ça n'est pas le Rockefeller ! m'amusé-je en haussant les épaules.

Son regard fouille le mien un instant. Il n'a pas l'air de savoir de quoi je parle.

- Le sapin du Rockefeller Center ? Les sapins de géant de Wall Street ? Les marchés de Noël ?

Son rire me chatouille les entrailles alors qu'il secoue la tête.

- Je ne les ai jamais vu, avoue-t-il avec amusement.

- Vous venez à NY dans la période de Noël et vous n'avez pas envisagé de voir les plus belles illuminations du monde ?

Il hausse un sourcil alors que je ris doucement. Pour quelqu'un qui aime tellement la neige, je ne comprends même pas qu'il n'ait pas pensé à le faire !

- Vous avez l'air de connaître cette ville par cœur.

- J'y suis née, souris-je. Je connais chaque secret du vrai New-York.

- Vous pourriez me les faire découvrir, alors.

Je me mords la langue, l'appréhension me secouant doucement... mais l'envie de lui faire découvrir la ville se fait plus forte. Et j'ai, aussi… surtout, envie de passer plus de temps avec l'homme que j'ai découvert ce soir. Ce sentiment-là surpasse brutalement le reste de mes pensées.

- Vous voulez ? demandé-je presque timidement.

- J'ai la presque totalité de ma journée de demain de libre.

Sa réponse me rend légère et je n'arrive pas à repousser la joie qui me fait trembler agréablement.

Le reste du trajet se passe rapidement, trop rapidement. Edward prévoit de me rejoindre chez moi le lendemain en début d'après-midi, et malgré tout ce qui nous entoure, je suis heureuse qu'il ait envie de passer du temps avec moi, et de découvrir la ville à travers mes yeux.

Quand la voiture s'arrête dans ma rue, je suis véritablement déçue de devoir déjà le quitter.

Malgré les tourbillons qu'il provoque en moi, j'aime ce que je ressens quand je suis avec lui. J'aime celle que je suis quand je suis avec lui. J'aime ce que j'ai ressenti dans ses bras ce soir, et la sécurité que j'éprouve dès que son corps est près du mien.

Je n'ai pas le temps de bouger qu'Edward sort de la voiture pour me raccompagner jusqu'à ma porte.

J'ai presque la sensation d'être dans un film, d'être l'héroïne que le prince charmant va embrasser sur le pas de la porte, sous la neige, et le cœur battant terriblement fort.

Tremblante, je sors à mon tour et le rejoins sur le trottoir.

Quand j'arrive à sa hauteur, son regard accroche brièvement le mien. Ma nervosité remonte en flèche quand un léger sourire illumine son regard.

Et il neige encore… Il n'a vraisemblablement pas cessé de neiger de la soirée. C'est digne d'un roman !

On remonte la courte allée jusqu'à la porte, la voiture tournant toujours derrière nous, perturbant le silence de la rue. La neige atténue tout, même ici, où la ville ne dort jamais.

- Merci pour ce soir, finit par dire Edward en s'arrêtant en bas des marches.

J'en ai déjà monté deux quand je me tourne vers lui, arrivant à hauteur de son visage parfait. Son caban bleu marine tombe parfaitement et, l'espace d'une seconde, j'ai de nouveau envie de me blottir contre lui. J'ai envie de sentir sa chaleur, son parfum. J'ai envie d'être entourée par ce sentiment de paix et de sécurité que j'ai ressenti contre lui, chez Jacob.

- C'était une belle soirée, continue-t-il devant mon silence.

- Je... oui, c'est vrai, bafouillé-je maladroitement, sentant mon cœur s'emballer quand il fait un pas vers moi. Merci d'être venu.

- Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas fêté Noël, avoue-t-il dans un sourire.

- Vous ne le fêtez plus ?

- Ça n'est pas une fête facile pour ma mère, elle... elle préfère être seule à cette période. Alice le fête avec sa petite famille et Emmett, mon frère, et Rose sont toujours en voyage au soleil à cette période de l'année...

- Donc... vous êtes toujours seul ?

- Ça va vous paraitre probablement triste mais oui. Ça ne m'a jamais dérangé jusqu'à aujourd'hui.

Son regard accroché au mien, une lueur particulière et déroutante s'y installe. Je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire mais, pour une fois, je ne cherche pas à comprendre. Je savoure juste ses yeux profonds et clairs, les traits de son visage parfait et le sourire presque invisible qui flotte sur sa bouche.

- Je crois que j'aurai du mal à voir Noël comme avant, désormais, avoue-t-il dans un sourire en biais, verrouillant mon cœur.

- Je crois que moi aussi, murmuré-je d'une voix faible, incapable de prendre totalement conscience de l'échange que nous avons.

La douceur se mêle à son regard, à nouveau.

- Je vous souhaite un Joyeux Noël, Isabella, finit-il par dire après un silence où il me dévisage avec une intensité nouvelle qui me broie le cœur sans ménagement.

- Joyeux Noël Edward.

Un sourire discret étire sa bouche, puis il recule d'un pas, puis de deux, son regard ne quittant pas le mien.

Quand il fait demi-tour pour rejoindre la berline, je ne le quitte pas des yeux, incapable de repousser ce que je ressens en le regardant s'éloigner.

Pour la première fois depuis que je connais Edward Cullen, je n'ai plus envie de fuir... Je ne ressens pas ce que j'ai pu ressentir chez lui, ou dans sa suite au Plaza. Je ne ressens pas le besoin de m'enfuir pour me protéger, le besoin de m'éloigner de lui pour reprendre contenance, ou retrouver ma dignité.

Pour la première fois depuis que je le connais, j'ai envie qu'il reste.


Hello mes petites cuillères !

Pour commencer : Joyeux Noël ! (si si, il est encore temps!)

J'espère que cette jolie fête à été belle pour vous et que vous avez pu profiter de vos proches malgré les circonstances actuelles... Nous, Noël à été magique cette année, ça fait du bien.

Bon bien finir cette jolie parenthèse, j'espère que mon chapitre vous a plu...

Patience, patience... tout ira bien.

J'voulais aussi vous remercier, pour votre présence, votre fidélité, vos mots, vos encouragements, votre respect pour mon travail et tout le temps que cette passion pour l'écriture me demande. Je m'investi tellement, que, parfois, c'est difficile d'allier la vraie vie à tout ça mais, pour le moment, je m'en sors plus tôt pas mal. Encore merci, vraiment. Tout ça... tout ça, c'est beau, et c'est vraiment important pour moi. Vous êtes mon essence pour continuer d'être inspirée. Sans vous... beaucoup d'histoires n'auraient pas vu le jour, alors, merci pour eux.

Vous me laissez un mot ?

J'vous embrasse, encore Joyeux Noël.

Tied.