Chapitre 18

Little drummer boy - Bob Dylan

Lorsque j'ouvre les yeux, je remarque deux choses.

La première, je ne suis pas dans mon lit. Le soleil filtre à travers les rideaux écrus et illumine la chambre que je découvre à la timide lumière du jour. Le parquet est en bois sombre, les meubles superbes et les draps qui me couvrent ont l'air d'être fait de soie.

La deuxième, je ne suis pas seule. Je sens un léger sourire étirer ma bouche quand mon cerveau se réveille et que les souvenirs de notre nuit m'envahissent.

Rejoindre Edward a été visiblement une bonne décision… Le rejoindre ici, à Miami, dans un premier temps, et le rejoindre cette nuit, dans son lit.

Je me mords la lèvre quand son bras autour de moi me ramène un peu plus contre lui et qu'il soupire de contentement dans ma nuque, me faisant frissonner.

Nous avons dormi enlacés toute la nuit, et j'ai la sensation que cela fait des années que je n'ai pas aussi bien dormi. Je me cale un peu plus contre lui, savoure la chaleur de son torse nu contre mon dos, brulant ma peau à travers mon t-shirt.

Est-ce que je rêve ?

Je ferme les yeux plusieurs longues minutes, savourant nos souvenirs de la veille qui repassent en boucle derrière mes paupières clauses. Je ne sais pas ce que nous sommes précisément mais, pour de vrai, j'aime ça. J'aime vraiment ça. J'aime ce que nous devenons, et ce que ça me fait ressentir. J'aime ce que je ressens pour lui. J'aime son corps chaud contre le mien et le souvenir brulant de ses baisers, sur le toit, dans l'ascenseur, dans la rue... j'ai du mal à penser à autre chose et à faire comme si cela ne faisait pas accélérer mon cœur chaque fois que je me perds dans les émotions que ça réveille en moi.

Après un moment à rester sans bouger de peur de le réveiller, je décide de me lever. Sur la pointe des pieds et le plus silencieusement du monde, je traverse la chambre pour atteindre la porte.

Sur mon passage, mes yeux se posent sur un sweat jeté sur une chaise qui fait l'angle de la pièce.

Il me faut seulement une seconde pour me décider à l'attraper au passage et me faufiler à l'extérieur de la pièce.

L'appartement est silencieux, signe que tout le monde est encore endormi. Quelque part, cela m'arrange. Je n'ai pas envie que tout le monde sache si nous avons dormi ensemble ou non, et je n'ai pas non plus envie que l'on empiète sur ma -notre- vie privée.

Je rejoins la cuisine en silence et me sens sourire quand mes yeux font le tour de la pièce.

Son appartement est vraiment superbe... et j'ai la sensation un peu étrange d'être chez moi, alors que je ne suis venue que très peu de fois.

En me faisant couler un café, les souvenirs défilent sous mes yeux… Edward et moi dinant ici même lors de mon premier soir à Miami, Edward et moi sortant de la pièce au piano, Edward assis sur un des tabouret de l'ilot et moi soignant sa lèvre que j'avais moi-même blessée, Edward et moi, hier soir et ce baiser que je n'ai pu contrôler, qui a tout ravagé en moi... combien de temps s'est-il écoulé depuis que nous nous connaissons ? Depuis quand me suis-je laissé totalement engloutir par ce que je ressens à son contact ? Depuis quand n'ai-je plus aussi peur ?

J'ai le sentiment très étrange de l'avoir toujours connu et, à la fois, je garde en moi les traces de nos débuts et de ce que sa personne me fait ressentir chaque fois que mes yeux se posent sur lui.

Ma tasse de café chaud à la main, je rejoins distraitement la pièce où son piano trône fièrement.

Dehors, le jour est levé depuis peu. Les couleurs de l'aube inondent encore doucement l'appartement paisible.

Les rayons du soleil traversent la pièce et inondent directement le piano. C'est magnifique.

e m'avance presque prudemment, consciente d'entrée là dans un endroit qui n'appartient qu'à l'homme avec lequel j'ai passé la nuit.

Pendant de longues secondes, mes yeux voguent sur l'instrument majestueux, me rappelant avec une émotion certaine l'effet que cela m'a fait de voir Edward pour la première fois assis sur le tabouret en cuir que j'ai à présent sous les yeux.

Au-dessus des notes blanches et noirs, plusieurs partitions sont disposées. Avec curiosité, je les regarde une à une, les effleurent timidement, admirant l'écriture fine d'Edward qui y a inscrit des annotations à plusieurs endroits.

Je résiste à l'envie d'effleurer l'ivoire malgré le désir qui me picote le bout des doigts. Mes cours ont beaux avoir été une catastrophe, mon admiration pour cet instrument ne s'est jamais essoufflée.

Je sors de la pièce après en moment en refermant la porte derrière moi et retourne près de l'ilot de la cuisine contre lequel je m'appui.

D'ici, la vue de Miami s'efface pour laisser place à une panorama superbe sur une partie de l'océan qui borde la ville.

L'eau presque turquoise par endroit me laisse rêveuse alors que mon regard se perd sur l'horizon, refoulant l'appréhension que mon vertige veut faire monter en moi.

Le ciel est trop beau ce matin pour que je me prive d'un si remarquable spectacle.

Pendant longtemps, je reste absorbée par les dessins des lumières dans le ciel et sur l'eau. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est mais, finalement, je me fiche d'avoir trop peu dormi : je suis bien, pour de vrai.

J'ai la sensation d'avoir trouvé la paix... enfin.

Je sursaute quand deux bras s'enroulent autour de moi. Mon corps se détend immédiatement en reconnaissant l'odeur d'Edward qui m'englobe alors qu'un sourire étire mes lèvres sans que je ne cherche à le retenir le moins du monde.

- Bonjour, murmure sa voix rauque contre ma nuque, son souffle chaud me faisant frissonner.

Je repose ma tasse de café maintenant vide sur l'ilot avec prudence et caresse distraitement ses avant-bras contre moi en m'appuyant contre son torse, me laissant aller à son étreinte.

- Je crois que je vais pouvoir m'habituer à ce genre de réveil, murmure-t-il après une seconde. Toi, dans ma cuisine et dans mes vêtements...

Je me pince les lèvres nerveusement, me sentant presque honteuse de le lui avoir piqué sans même me demander si cela le dérangerait.

- Excuse-moi je...

- Tu peux prendre tout ce que tu veux, me coupe-t-il en me serrant un peu plus contre lui, ce qui provoque un spams dans mon ventre. La seule vision de toi ce matin dans ma cuisine ressemble à quelque chose dont je n'ai surtout pas envie de me priver.

Ses mots provoquent une avalanche de plaisirs qui se cascadent en moi, accélérant mon cœur. Finirai-je par m'habituer à sa présence ?

- Tu as bien dormi ? demande-t-il après avoir embrassé ma nuque du bout des lèvres.

Je hoche la tête, perturbée par son corps contre le mien et la façon dont sa voix vibre contre la peau fine de mon cou quand il l'embrasse à nouveau. Le désir fait trembler mes mains, venant réveiller mon corps trop longtemps endormi.

- Et toi ? demandé-je d'une voix tremblante quand son nez remonte le long de mon cou pour atteindre le dessous de mon oreille.

- J'ai rarement mieux dormi.

Sa voix grave sur ma peau sensible me coupe la respiration, amplifiant brutalement le désir qui roule sous ma peau et réchauffe mon corps entier. Ses lèvres embrassent une nouvelle fois ma peau avant qu'il n'inspire profondément puis pose son menton sur mon épaule, soupirant lentement.

Quelques instants, on reste dans la même position, savourant simplement le calme autour de nous et la bulle qui nous entourent doucement. J'aime ce que je ressens… définitivement.

Je pourrais oublier le monde entier pour lui, j'en prends pleinement conscience ce matin. Quand son corps bouge lentement de gauche à droite, je me sens sourire... et je le sens sourire aussi.

- Veux-tu petit déjeuner ? demande-t-il après un moment à nous bercer dans le même rythme lent.

- Je... je ne déjeune pas, soufflé-je alors qu'il s'éloigne pour ouvrir son frigo.

Il stoppe légèrement son geste quand je me tourne vers lui pour l'observer. Son torse offert à ma vue accélère mon cœur malgré moi. Bordel !

- Tu sais que c'est le repas le plus important de la journée ? m'interroge-t-il sérieusement, insouciant du trouble que je ressens.

Il est... ai-je déjà dit à quel point il est parfait ? Je me sens rougir légèrement quand mon regard quitte le doux dessin de ses abdominaux pour retrouver son visage, voyant par la même occasion qu'il attend que je lui réponde.

- Je...

- Tu vas petit déjeuner, décide-t-il en attrapant une brique de lait

- J'ai pris mon café, lui fais-je remarqué en jetant un coup d'œil à la tasse vide à côté de moi.

Dans son regard, quelque chose me fait frissonner.

Malgré cette lueur d'amusement que je lui connais désormais, j'ai la sensation que je suis en train de le provoquer, littéralement.

- Le café n'a jamais nourri personne.

- Edward...

- Isabella.

La façon dont il vient de prononcer mon prénom me fige alors que mon cœur loupe un battement.

Je me mords la langue, incertaine de savoir comment réagir alors qu'il reprend son manège et sort de quoi nourrir un régiment.

- Je vois que tu as encore pour idée de nourrir le quartier, me moqué-je après plusieurs minutes à le regarder composer un petit déjeuner digne d'un brunch Londonien.

Un sourire irrésistible nait sur ses lèvres alors qu'il relève les yeux vers moi.

- Viens manger, ordonne-t-il d'une voix calme.

Je repousse un rire en prenant place à table alors qu'il reste debout, me dévisageant avec une intensité largement trop perturbante.

Je finis par quitter son visage des yeux pour jeter un coup d'œil circulaire à la table à moitié remplie de tout ce qui composait visiblement ses placards.

Quand j'attrape un croissant, son sourire s'agrandit légèrement. Je me retiens presque de lever les yeux au ciel en croquant dedans avant de croiser son regard satisfait.

- Tu vas déjeuner avec moi au moins ? me renseigné-je après avoir avalé ma bouchée.

Comme lors de notre premier diner ici, je le vois s'accouder à la table, se retrouvant à une proximité de moi presque intimidante. La façon dont il me regarde ce matin... bon sang, mon cœur va-t-il arrêter de battre si fort ?

Sans me répondre, il attrape un croissant à son tour et croque dedans. Même là, surtout là, tout de suite, il est incroyablement captivant... J'ai du mal à détacher mon regard de son visage pendant de longues secondes. Suis-je en train de perdre totalement les pédales ?

Je me concentre sur mon croissant pour cesser d'être idiote à ce point et fixe mon regard sur l'océan au pied de l'immeuble. Le bleu du ciel est désormais plus net, et la transparence de l'eau n'en ressort que plus.

J'ai un sourire quand Edward fait glisser ma tasse pleine de café devant moi, le regard joyeux.

- Cette vue est superbe, murmuré-je après un moment, le regard perdu sur les lents rouleaux des vagues au loin.

Le regard d'Edward brule mon visage mais je m'oblige à rester de marbre.

- C'est vrai, admet-il, ne pas me lâcher des yeux pour autant.

Mon cœur loupe un battement quand je retrouve son regard profond. Je l'observe s'approcher un peu plus de moi, contournant l'îlot qui nous sépare pour m'atteindre alors que mon ventre se serre à la sensation que sa proximité me fait ressentir.

Quand ses mains se posent sur mes hanches et que son regard verrouille le mien, j'ai la sensation qu'il va me faire décoller l'âme.

Avec une facilité déconcertante, il me soulève pour m'asseoir sur l'îlot de la cuisine et s'insinue entre mes jambes que j'écarte pour le savoir plus près encore. Que m'a-t-il fait pour que mon corps lui obéisse déjà au doigt et à l'œil ?

Je me mords la langue quand ses mains passent sous son sweat, effleurant mon ventre qu'il caresse du bout des doigts.

Mes doigts remontent jusqu'à sa nuque que je caresse distraitement alors que son sourire presque invisible refait son apparition.

Les rayons du soleil qui filtrent à travers les rideaux illuminent doucement son visage, dessinant des nuances de lumières sur ses traits et son torse nu. Il est sublime... à tel point que j'ai du mal à penser correctement.

- Aujourd'hui je veux t'emmener voir des choses encore plus incroyables, lâche-t-il après plusieurs secondes de silence.

Troublée par sa proximité et le désir qu'il provoque en moi, je mets quelques instant à retrouver l'usage de la parole.

- Comme ?

Un sourire énigmatique prends place sur ses lèvres alors qu'il se penche vers moi, coupant mon souffle quand son nez effleure le mien.

- Il va falloir que vous appreniez à être patiente Mademoiselle Swan, murmure-t-il contre ma bouche, un sourire dans la voix.

Sa bouche embrasse la commissure de mes lèvres avant de glisser sur ma joue qu'il effleure à peine. Je sursaute nerveusement quand ses mains remontent sur mes côtes, créant des frissons qui recouvrent brutalement mon épiderme à la sensation que ses mains sur moi me font ressentir.

Plusieurs fois, ses lèvres m'effleurent sans m'embrasser alors que je m'impatiente, me retenant mal de gémir de protestation quand sa bouche effleure la mienne une nouvelle fois, sans m'embrasser pour autant.

Je pourrais pleurer tant j'ai la sensation que s'il ne m'embrasse pas à l'instant, je vais exploser, physiquement.

- Peux-tu l'être ? insiste-t-il, visiblement fier de son effet alors que mon sang boue littéralement dans mes veines.

Je secoue la tête négativement et fait pression de mes doigts sur sa nuque pour l'approcher un peu plus, ignorant le fait que j'ai certainement l'air d'une enfant capricieuse à agir ainsi... mais je m'en fou.

Je veux le sentir vraiment.

Je veux qu'il m'embrasse vraiment.

Ses mains brulantes remontent un peu plus sur ma peau, effleurant la naissance de mes seins alors que tout se trouble autour de nous, affolant mon cœur et multipliant brutalement le désir en moi.

Son souffle s'accélère en même temps que le mien quand son sourire s'amoindrit.

Le sentit-il, lui aussi, ce long filet d'électricité qui semble partir du bout de ses doigts et atteindre directement mon cœur ?

Mes yeux se ferment quand il pose son front contre le mien, s'insinuant un peu plus entre mes jambes.

Je repousse mal un gémissement quand sa bouche se pose enfin sur la mienne en même temps que ses mains remontent sur ma peau, m'effleurant dans une caresse légère qui me fait trembler de la tête aux pieds.

Dans un soupire de frustration et de désir mêlé, ses mains quittent ma poitrine pour venir entourer mon visage. Il me maintient contre lui alors qu'il approfondit notre baiser, me laissant chuter délicieusement dans tout ce qu'il m'offre.

Mes doigts fouillent ses cheveux quand il me presse un peu plus contre lui d'une main contre mes reins, accentuant le contact de nos bassins l'un contre l'autre. Une plainte sort du plus profond de son torse, vibrant contre ma bouche, foudroyant mon corps entier.

J'ai le sentiment que je vais perdre pieds.

J'ai le sentiment que je vais exploser.

Mon cœur résonne dans mes tempes alors que je prends la mesure de tout ce qu'il se passe, et du désir brulant qui coule dans mes veines. J'ai la sensation que tout s'affole, que tout brûle en moi alors que ses mains glissent sur moi, redessinant les contours de mon corps dans une lenteur démesurée qui embrase mon âme entière.

Quand il s'éloigne, à regret, mon cœur bat tellement vite et fort que j'ai la sensation qu'il va sortir de ma poitrine.

- Bonjour, murmure-t-il contre mes lèvres, la respiration laborieuse.

Ma bouche effleure la sienne à nouveau, savourant l'électricité qui me secoue vivement.

- Bonjour, soufflé-je à mon tour, la voix tremblotante.

Mes paupières sont lourdes quand je les ouvre pour tomber sur ses deux lacs sombres alors que ses mains, toujours sur moi, me serrent d'autant plus contre lui.

- Je crois que je vais définitivement pouvoir m'habituer à ce genre de réveil.

Sa voix est rauque, et mon cœur s'emballe de plus belle. C'est foudroyant. Je crois que je vais rêver de ce genre de réveil pour le reste de mes jours.

Mon nez caresse le sien tandis que je reprends difficilement mon souffle.

Je sursaute quand le rire de Chloé résonne dans le couloir, provenant visiblement de la chambre où elle et ses parents ont dormi.

- Et je crois que toute ma famille est réveillée, grogne-t-il alors qu'un rire désabusé me secoue.

J'aurai aimé que notre intermède dure bien, bien plus longtemps.

- On peut faire comme si on n'était pas là... ils vont peut-être nous oublier.

- Tu crois ?

- On peut toujours espérer, murmuré-je, les yeux fixés sur ses lèvres qui sont un véritable appel à la luxure.

Pendant une seconde, je rêve seulement de l'embrasser à nouveau. Ses mains viennent caresser mes cuisses distraitement, me donnant du mal à réfléchir.

- Ou je peux les mettre à la porte ? reprend-il dans un sourire alors que je retrouve son regard sombre mais amusé.

Ses doigts remontent de quelques centimètres, faisant résonner mon cœur contre mes tempes.

- Je... je crois que ça serait un peu malvenu, réussi-je à répondre malgré la sensation que son touché provoque.

- Tu crois ? répète-t-il dans un sourire à se damner.

Mes mains atteignent une nouvelle fois ses cheveux que je fouille du bout des doigts.

J'ai l'impression d'avoir attendu ça toute ma vie.

Ses doigts effleurent mes cuisses, remontant lentement alors que mon cœur s'accélère à nouveau, se fichant royalement de sa famille qui va arriver d'un instant à l'autre.

Mon souffle se coupe quand son visage s'approche à nouveau du mien lentement, son regard brulant caressant mes lèvres.

Sa bouche effleure à peine la mienne tandis que ses mains se figent en haut de mes cuisses, puis il soupire en posant son front contre le mien.

La frustration tiraille mon ventre, mais je dois me rendre à l'évidence... nous ne sommes pas seuls, et je n'ai vraiment pas envie de me donner en spectacle, encore moins devant sa famille.

Pendant un instant, il reste sans bouger, respirant profondément alors que je savoure sa présence contre moi et l'effet qu'il a sur ma personne.

- Tu veux prendre une douche ?

Je hoche la tête, perturbée par son comportement et le désir qui flotte entre nous, et qui me dévore le corps en de longues vagues brulant tout sur leur passage.

- Je vais te préparer ce qu'il faut.

Il m'embrasse légèrement une dernière fois avant de faire demi-tour et de partir en direction du couloir, me laissant tout le loisir d'admirer les muscles qui roulent lentement dans son dos et son pantalon de jogging tombant bas sur ses hanches. Je me mords la lèvre quand il disparait dans sa chambre qu'il laisse ouverte derrière lui. Cela doit dire que je dois le suivre ? Non ?

Quelques secondes je reste sans bouger avant d'étouffer un rire. Cet homme va me faire perdre la tête, littéralement.

Je finis pas sauter de l'îlot et passer une main dans mes cheveux distraitement en rejoignant sa chambre.

Quand mes yeux se posent une nouvelle fois sur lui, le désir fait encore trembler mes mains. Je m'appui contre la chambranle de la porte et reste silencieuse, faisant glisser mes yeux sur son corps parfait, profitant qu'il ne m'ait pas vu pour l'admirer refaire le lit rapidement.

- Tu sais que je sens quand tu me regardes ?

Sa voix me fait sursauter mais j'étouffe un rire en mordant ma lèvre, ne cessant pas mon exploration pour autant.

- Et en plus tu fais le lit ? me moqué-je gentiment.

Il m'adresse un regard en biais lourd de sens avant de sourire malgré lui.

- Mes parents m'ont bien élevé.

- Je ne fais jamais mon lit, avoué-je en l'observant venir à moi.

- Je le ferais pour toi.

Un sourire satisfait étire ses lèvres quand il me voit rougir. Pourquoi diable ai-je besoin d'être aussi réactive ?

- Ma salle de bain n'attend que toi, reprend-il après un instant à regarder tantôt ma bouche, tantôt ma joue.

- Je vais aller chercher mes affaires.

Il hoche la tête, ne me quittant pas du regard pour autant.

J'ai la sensation d'être clouée au sol, incapable de bouger quand il me regarde de la sorte. Il me faut toute la volonté du monde pour réussir à m'éloigner de lui et revenir dans ma chambre afin d'y récupérer mes affaires pour prendre une douche.

- Tu devrais les ramener dans ma chambre, entends-je la voix d'Edward derrière moi alors que je récupère ma brosse à dent dans la salle de bain adjacente à la chambre où j'ai commencé ma nuit.

Par automatisme, je relève les yeux sur le miroir qui me fait face. Immédiatement, je repère son reflet qui se démarque dans l'encadrement de la porte, et le dessin de ses bras croisés sur son torse. Sa position révèle un peu plus les muscles de son torse, me faisant déglutir presque nerveusement.

J'inspire en glissant mon dentifrice dans ma trousse et me tourne vers lui.

- Tu comptes réitérer l'expérience de cette nuit ? demandé-je en tentant de rester sérieuse alors qu'une lueur de défit nait dans ses yeux d'une clarté époustouflante.

- Pas que celle-ci, assure-t-il dans un sourire en coin qui me donne envie de me cacher -ou de lui sauter dessus, que sais-je.

- Tu es bien sûr de toi, l'ignoré-je volontairement en attrapant ma trousse de toilette pour m'occuper les mains.

Un rire le secoue alors qu'il avance vers moi lentement. J'ai la sensation d'être la proie d'un chasseur bien trop expérimenté alors que son corps s'arrête à quelques centimètres du mien. Mes doigts s'enfoncent dans le tissus de ma trousse de toilette alors que mon souffle se coupe quand il se penche vers moi, ses yeux courant de mes lèvres à mon cou.

- Je suis toujours ton client, me rappelle-t-il d'une voix calme. Tu dois obéir à mes exigences.

Son regard verrouille le mien, me figeant quand je prends conscience du désir brulant qui brille dans ses yeux.

Je déglutis difficilement, avant de laisser passer un souffle hachuré quand sa main remonte jusqu'à mon visage qu'il caresse brièvement, survolant mes lèvres.

Il est mon client, oui, mais là, maintenant, j'm'en fou totalement.

Pendant un instant, à nouveau, je ne vois plus que lui… et je ne veux plus que lui.

- J'ai vraiment envie de réitérer l'expérience aussi, finis-je par dire à mi-voix, consciente de rougir à vue d'œil alors que mon cœur s'accélère.

Quel âge ai-je, au juste ?

Ses lèvres effleurent les miennes dans un sourire.

- Bien, murmure-t-il en se reculant pour glisser une mèche de cheveux derrière mon oreille. Pour commencer, on va simplement profiter de ce que Miami a à nous offrir.

Je lui lance un regard curieux, espérant qu'il m'en dise plus.

- Je ne te dirais rien.

- Tu n'es pas juste, boudé-je, ce qui le fait rire doucement.

- Je sais, assume-t-il avec arrogance. File.

Je m'exécute à regret, me faufilant entre lui et la porte pour m'enfuir rejoindre sa salle de bain.

Je jette un regard à la baignoire qui me fait de l'œil avant de soupirer et décide de prendre une douche.

Après celle-ci, j'enfile une petite robe blanche et me démêle les cheveux soigneusement, prenant le temps de savourer la paix intérieure qui m'envahit chaque fois que mes pensées se dirigent vers Edward -c'est à dire presque tout le temps.

Quand je regagne la chambre, Edward n'y est plus. En rangeant mes affaires dans mon sac, j'entends les discussions et les rires de l'autre côté de la porte fermée -tout le monde à l'air d'être levé.

Je les rejoins un peu distraite par le rire d'Edward qui résonne dans l'appartement, arrivant jusqu'à moi par vagues pour réchauffer mon âme.

Quand ce dernier, assis autour de l'îlot de la cuisine m'aperçoit, son sourire presque invisible refait surface, accélérant mon cœur alors qu'il me tend la main. Je suis presque déçue en constatant qu'il a remis un t-shirt noir et que tout le monde est levé…

Mais, à nouveau, je ne vois que lui. Que lui, que son sourire que j'aime tant, que la façon dont ses yeux clairs me dévorent et que ses doigts fins tendus vers moi… Ma place. Vraiment.

- Bella de New-York ! s'exclame Emmett à l'instant où mes doigts rejoignent ceux d'Edward et qu'il me tire à lui, me faisant une place entre ses jambes.

Je salut tout le monde avec le sourire, ignorant Rosalie qui a le regard fixé sur l'horizon, le nez dans sa tasse.

- Maman a fait des pancrêpes ! s'exclame Chloé, la bouche pleine.

- Chloé ! la reprend Alice en lui faisant les gros yeux. On ne parle pas la bouche pleine, je te l'ai dit mille fois !

- Tu ne dis pas toujours ça, lâche Emmett en étalant consciemment de la confiture sur son pancake.

Jasper, le nez dans sa tasse, manque de s'étouffer avec son café alors qu'Alice se fige, les yeux ronds comme des soucoupes.

Je me pince les lèvres, consciente que, si j'éclatais de rire, je passerai pour la pire des obsédée.

- Emmett ! s'écrit Alice, il y a une enfant !

Ce dernier lui lance un regard qui me fait me mordre la langue. Il n'a même pas l'air d'être gêné ou d'avoir conscience que ce qu'il vient de dire est tout bonnement... culotté et affligeant.

- Elle apprendra les choses de la vi...

- Non ! Hors de question ! Bon sang, Edward dis quelque chose !

- C'est ton frère, se défend ce dernier en me ramenant d'autant plus contre lui.

Emmett continue de tartiner son pancake avant de mordre dedans et de macher activement, l'air pas du tout concerné par ce qu'il provoque autour de lui.

- C'est ton frère aussi ! s'exaspère Alice, visiblement au bord de la crise de nerfs.

- Pas quand il est si grossier, se défend Edward, ignorant les yeux d'Alice qui lancent des éclairs.

Rosalie, toujours silencieuse, ne semblent pas prêter la moindre attention à ce qu'il se passe ici.

Alice grogne quelque chose d'incompréhensible entre ses dents alors que Chloé l'observe, très attentive de ce qu'il se passe autour d'elle.

- Maman à l'air de vouloir exploser, souffle cette dernière à son père qui, à côté d'elle, regarde la scène en ayant l'air d'avoir envie d'être partout ailleurs, sauf ici.

Il y a une seconde de silence avant que la tablée n'éclate de rire à l'unisson.

Mes sentiments les concernant est toujours le même qu'hier... quelque part, sa famille me rappelle la mienne.

On reste un moment à discuter, à rire très souvent. Je finis par ignorer totalement Rosalie qui, après avoir avalé son café, disparait de la pièce sans dire un mot. Edward à raison, je dois l'ignorer… Totalement.

- Tu es prête ? finit par me demander Edward à voix basse, son souffle chaud chatouillant ma nuque.

Quand je tourne le visage vers lui, son regard est clair, bien que rieur, et son sourire ne l'a pas quitté.

- Prête ? répété-je un peu nerveusement.

Il hoche la tête, puis son sourire s'agrandit.

- Tu ne me diras pas où on va avant qu'on y soit, c'est ça ? demandé-je quand il se lève sans me donner de précision.

- Et louper l'effet de surprise ? Tu rigoles ?

Je grogne alors qu'il étouffe un rire et finit par m'entrainer avec lui vers le salon.

- Tu as un maillot de bain ? demande-t-il au milieu de la pièce.

- Un... non...

- Alice va-t'en prêter un, poursuit-il ne me laissant pas le temps d'en placer une.

Je n'ai pas le temps de réagir que je me retrouve dans la chambre d'Alice. Cette dernière à étalé des pièces plus échancrées les unes que les autres sous mes yeux, et je ne sais plus comment me sortir de cette situation étrange. Est-ce qu'on peut appeler cette chose maillot de bain ? Combien en a-t-elle emmené ? Vais-je devoir porter... ça ? Dans quel but ? Edward se souvient-il que je déteste l'eau ? Que je ne veux pas me baigner ?

- Le bleu t'ira à ravir, conseille Alice, alors que, comme déconnectée, je regarde le deux pièces d'un œil absent.

- Je...

- Ou le noir. Le noir sur ta peau doit être... grandiose.

Je me sens rougir idiotement, puis soupire.

- Franchement, c'est obligatoire ? Je ne me baignerai pas dans tous les cas !

Alice me lance un regard de travers que je soutiens.

- Dis-toi que ça sera pour bronzer.

- Il ne fait pas assez chaud.

Elle lève les yeux au ciel et attrape le maillot noir pour me le coller dans les mains.

- Cesse de faire l'enfant et prend celui-ci. Tu seras parfaite.

Je me pince les lèvres en sortant de sa chambre, le vêtement -le bout de tissus- dans les mains alors que je rejoins Edward qui m'attends sagement, un petit sac de voyage à la main. A-t-il toujours été aussi beau ? Où va-t-on encore ? Pourquoi me regarde-t-il comme ça ? Vais-je tomber dans les pommes sous la pression qui m'écrase les poumons ?

Au moment où on s'engouffre dans l'ascenseur, alors que j'oscille entre l'appréhension et la curiosité, Edward salut les autres d'un léger geste de la main, leur disant que l'on se retrouve tout à l'heure. Nous ne partons alors pas pour la nuit ou...

- Tu penses à voix haute, souffle Edward alors que l'ascenseur descend les étages silencieusement.

Je me mords les joues en lui jetant un coup d'œil. Son sourire ne le quitte pas, et mon ventre sursaute.

- Les autres nous rejoindront en début d'après-midi.

Je fronce les sourcils, un peu perdue. Nous ne serons pas seuls ?

- On rentrera ici ce soir, ils ont leur avion pour San Francisco demain matin, poursuit-il devant mon silence.

Peut-il m'en dire... plus ?

- Et ? demandé-je, définitivement trop curieuse.

- Et quoi ?

- Tu ne vas vraiment pas me dire où on va ?

Un sourire énigmatique étire ses lèvres et fait décoller mon cœur quand il se penche légèrement vers moi, son regard brulant mon corps entier.

- Je t'emmène dans mon endroit préféré sur cette Terre.

Je sens un sourire heureux s'étaler sur mon visage mais me racle la gorge, définitivement troublée par son corps chaud qui s'approche encore du mien.

- Est-ce... loin ?

Il secoue la tête légèrement, puis repousse une mèche de cheveux de mon visage avant de faire trainer ses doigts sur ma joue.

- Non. Deux heures en bateau.

Perdue, je mets un instant avant de comprendre ce qu'il est en train de me dire.

- En bateau ?

Son regard verrouille le mien alors que mon souffle se coupe sous l'intensité de ses yeux. Quelque chose de fort s'y trouve, et vibre jusqu'à moi alors que son sourire s'agrandit, illuminant son visage entier.

- Je t'emmène sur l'île d'Esmée.


Hello vous !

On est encore vendredi, je ne suis pas en retard !

J'espère que ça vous plaira toujours autant... merci pour tout, vos mots, votre soutien, vos émotions !

J'ai hâte de vous lire ! (ah et, promis, on retrouve la neige de NY tout bientôt ! j'avais juste envie d'une parenthèse au soleil :') )

J'vous embrasse,

Tied.