Chapitre 20
What Christmas Means to Me - Stevie Wonder
Lentement, le soleil se couche sur l'horizon, créant un ciel mêlé de rouge, de violet et de rose. Malgré le nombre de coucher de soleil incroyables que j'ai pu voir à New York, celui-ci est tout simplement... unique.
Est-ce vraiment réel ? Comment le ciel peut-il être aussi beau ?
Les pieds dans l'eau calme et transparente qui se pare lentement des couleurs du ciel, j'inspire profondément en regardant le bateau qui s'éloigne lentement en emportant la famille d'Edward, ne dessinant désormais qu'un petit point blanc au loin.
Un sourire étire mes lèvres quand le regard d'Edward brule ma nuque sans même qu'il ne dise un mot, sans même que je ne sache réellement qu'il est près de moi. Pourquoi je le... sens, toujours, de cette manière si... électrique ? Que provoque-t-il en moi pour que je sache qu'il est là sans même le voir ?
Pendant un instant, le silence entre nous résonne alors que je ne refoule pas le moins du monde ce que je ressens. Je suis amoureuse de cet homme. Depuis quand le suis-je ? Ai-je définitivement perdu la raison ?
- Tu vois que ça n'est pas si terrible, souffle la voix d'Edward après plusieurs secondes où le vent vient faire voler lentement mes boucles brunes.
Mon sourire s'agrandit quand je lui jette un regard amusé. J'ai presque envie de lui tirer la langue tant la joie d'être ici et maintenant avec lui est intense quand mes yeux se posent sur sa personne. Sa chemise en lin est ouverte de quatre boutons et son short lui donne un air de vacances apaisant.
Quand son regard capture le mien, j'ai la sensation de l'avoir toujours connu, et de n'avoir jamais souffert... comme chaque fois qu'il me regarde comme ça.
- Tu veux retenter l'expérience ? demande-t-il après plusieurs longues secondes où je me noie dans la clarté de ses yeux inondés par la lumière chaude du coucher de soleil.
- Deux fois dans la même journée ?
Un sourire étire sa bouche alors qu'il glisse les mains dans les poches de son short en faisant lentement les quelques pas qui nous séparent.
- J'aime les défis, tu te rappelles ?
- Plus que bien, répondis-je, sentant mon ventre se nouer à sa proximité quand il s'arrête tout près.
Ses doigts atteignent mon visage qu'il caresse brièvement avant de passer son pouce sur mes lèvres, enflammant ma peau. Ce que son touché me fait ressentir…
- Alors ? répète-t-il, son sourire presque invisible prenant place sur sa bouche parfaite.
- Je... oui.
Ma voix est tellement faible face à l'intensité de ce que je ressens sous la caresse de son pouce sur ma lèvre et son regard flamboyant que je me demande une seconde s'il m'a entendu mais son sourire s'agrandit. Ce simple geste fait s'accélérer mon cœur.
- T'ai-je dit que j'adorais t'entendre dire ça ? m'interroge-t-il calmement, l'arrogance perçant sa voix une nouvelle fois.
Sa beauté est à couper le souffle mais son arrogance… bon sang, ça le rend irrésistible. Son pouce se déplace sur mon menton qu'il prend entre ses doigts pour observer la moindre de mes réactions. Je me pince les lèvres en sentant le trouble me secouer, refoulant tout ce que ses mots provoquent en moi.
- Un jour tu seras prête, souffle-t-il comme une promesse, coupant ma respiration.
Un éclat de satisfaction abîme son regard quand je me sens rougir sous ses yeux sans pouvoir le contrôler. Ses doigts glissent sur ma peau après un léger silence, longent ma mâchoire avant de caresser mon cou lentement du bout des doigts. Quand son regard quitte le mien pour suivre le mouvement lent de ses doigts, je me rends compte que j'ai cessé de respirer.
J'inspire lentement, sentant mon cœur s'accélérer à nouveau sous le désir qui s'insinue dans mon corps tremblant sous sa caresse.
- Je… je vais aller me changer, réussi-je à dire après plusieurs secondes où ses doigts effleurent ma peau.
Il s'approche un peu plus, la chaleur de son corps irradiant jusqu'à moi.
Ses lèvres bougent légèrement mais il ne prononce pas un mot, fronçant même légèrement les sourcils quand ses doigts arrivent au tissu de la robe longue qu'Alice m'a prêté plus tôt dans la journée. Ne pas pouvoir sentir davantage ma peau semble le contrarier.
Quand son regard assombri par le désir retrouve le mien, ce que je voulais faire ou non n'a plus aucune importance.
- Viens te baigner avec moi, murmure-t-il lentement, la voix plus grave.
- Je... oui.
Ma respiration se coupe quand ses doigts font tomber la bretelle fine de ma robe, créant un frisson intense sur ma peau. Avec la même délicatesse, il fit glisser l'autre bretelle, rendant mon souffle plus rapide. Immobile, figée dans le désir ardent oscillant de son corps au mien, je reste les yeux rivés sur son visage concentré, presque trop sérieux alors que mon ventre se noue face à ce que j'éprouve pour lui, contre lui. Ce regard qu'il a sur moi... je m'entends déglutir alors que ses yeux glissent sur ma peau avant de retrouver les miens.
En silence, son regard m'interroge.
J'inspire profondément en posant les mains à plat sur son torse, lui accordant silencieusement tout ce qu'il veut. Je le sais maintenant, je suis prête à tout. Je... je veux tout de lui. Tout ce qu'il est, et tout ce que je veux être pour lui.
Un sentiment que je n'arrive pas à identifier flotte dans son regard et accélère son souffle légèrement. Le désir s'intensifie en moi, inondant chaque membre de mon corps dans une même seconde.
Je sais ce que je veux.
Mes doigts glissent lentement sur le tissu impeccable de son vêtement, retrouvant les boutons sombres de sa chemise. Tout en moi s'apaise brutalement quand, les yeux fixés sur mes doigts tremblants, je défaits le premier. Une douce brise me fait frissonner quand mes doigts glissent au deuxième, son regard incroyablement intense verrouillé au mien.
Je le vois déglutir quand sa main regagne mon visage qu'il englobe pour poser son front contre le mien.
Je l'observe fermer les yeux un instant, semblant savourer ce qu'il ressent... sa réaction me touche plus que je ne saurai probablement jamais le dire.
Mes doigts continuent leur travail aveuglement quand mes paupières se ferment à leurs tour, comprenant pleinement ce qu'il éprouve. J'aimerais arrêter le temps, faire cesser tout autour de nous, et savourer uniquement ce que je ressens tant je suis... tant je me sens en paix.
Quand sa chemise est complètement ouverte, mes mains glissent sur son torse presque prudemment, découvrant l'aspect de sa peau chaude qui frissonne sous mes doigts. Ses muscles roulent lentement, et son souffle s'accélère à mesure de ma descente vers son ventre qui se contracte à mon passage, créant un spams dans mon corps entier. Quel genre d'effet me fait cet homme ? Est-ce... est-ce normal, de ressentir tout ça ?
Son pouce caresse ma bouche une nouvelle fois, accélérant mon souffle brutalement alors que le désir déferle sous ma peau. Je finis par ouvrir les yeux avec difficulté, son regard verrouillant le mien immédiatement.
Il me faut toute ma force pour ne pas trembler d'autant plus quand ses mains me repoussent légèrement avant de remonter à mes flancs, ma poitrine qu'il effleure à peine. J'étouffe un soupire entre mes dents lorsque ses doigts attrapent la fermeture éclair longeant mes côtes pour la faire glisser avec facilité.
Quand c'est fait, je l'observe faire glisser la robe le long de mon corps avec délicatesse avant de l'envoyer plus haut sur la plage, me laissant en maillot de bain devant son regard qui brule mon corps à mesure qu'il glisse sur ma peau. Jamais personne ne m'a regardé de la façon dont il le fait.
- Tu es tellement belle, chuchote-t-il.
Je m'avance par automatisme vers lui, cherchant à atteindre sa bouche alors que ma poitrine s'écrase contre son torse nu. Le tissus fin n'empêche en rien sa peau de bruler la mienne, et la tension explose en moi à son contact.
Je le sens sourire quand ses lèvres effleurent les miennes à peine une seconde avant de glisser sur ma joue. Cherche-t-il à me torturer plus qu'il ne le fait déjà ?
Le soleil termine sa course sur l'horizon quand son regard retrouve le mien. Mes mains glissent sur ses épaules glissant sous le tissus de sa chemise, le débarrassant totalement de sa chemise. Ses mains se posent sur mes hanches, me poussant à reculer vers l'eau encore si douce.
- Qu'est-ce que tu fais ? souris-je alors que l'eau atteint mes chevilles, puis mes mollets.
Le contraste entre la température de l'eau et de mon corps me fait frissonner. Ou est-ce le sourire de l'homme qui me fait face ?
- On retourne se baigner, répond-il posément, toujours ce même sourire sur sa bouche parfaite.
Un rire étranglé se mêle à son prénom quand il franchit mes lèvres alors que ses mains sur mes hanches me forcent à reculer un peu plus. Il nous faut plusieurs longues secondes pour que l'eau ne m'arrive à la taille. Ici, nous n'avons aucun risque de ne plus avoir pieds avant plusieurs mètres, et cela me rassure réellement... L'eau est claire, calme, et je dois avouer que pour la première fois de ma vie je prends plaisir à me baigner, d'autant plus sous cette douce chaleur qui règne et la beauté de cet endroit.
Et puis... il y a Edward, contre moi... seulement Edward.
J'ai pris du temps avant d'être capable de me baigner vraiment, plus tôt dans l'après-midi, mais, à force de rire et de ne pas quitter ses bras, mes peurs m'ont paru presque incongrues... qui se priverait d'une baignade dans un endroit pareil ? Avec un homme pareil ?
Je sais désormais que, dans ses bras, je me sens protégée de tout et capable d'accomplir des choses dont je ne me doutais pas il y a encore très peu de temps.
- Tu trembles, fais remarquer Edward après un instant de silence apaisant où, ses yeux ne quittant jamais les miens, il me fait reculer encore plus jusqu'à ce que l'eau vienne caresser mes côtes et que l'on cesse de bouger d'un même ensemble.
Nous sommes seuls au monde... réellement.
Je mords ma langue par automatisme, ravalant difficilement le fait que l'océan autour de nous n'y soit pour rien. Perdue dans son regard clair et profond, je mets plusieurs secondes à comprendre ce qu'il me dit.
Et je n'ai pas peur.
Je n'ai plus peur.
- Tu as froid ? insiste-t-il en s'approchant un peu plus pour venir entourer ma nuque de ses doigts.
Je secoue la tête en m'entendant déglutir, ne refoulant plus ce que je ressens contre lui, pour lui. Je respire lentement son parfum si particulier quand son pouce caresse tendrement ma joue, me faisant fermer les yeux sous la douceur de son touché.
Je ne pourrais me laisser de ce que je ressens contre lui, je le sais maintenant... rien ne diminue, rien ne s'atténue... Tout est... tout est fabuleux.
Son sourire presque invisible revient sur ses lèvres quand il s'approche un peu plus, faisant sursauter mon ventre face à l'étincelle de bonheur dominant dans ses iris.
Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, il me ramène contre lui et pose son front contre le mien.
Je reste figée une seconde avant de me détendre dans ses bras, m'autorisant même à fermer les yeux quand il soupire lentement contre moi, faisant retomber la pression qui s'est installée en moi depuis que sa famille est partie à bord du petit bateau blanc qui a maintenant totalement disparu à l'horizon.
Pendant plusieurs secondes, j'ai la sensation que le temps s'arrête.
Son corps entraine le mien lentement, entamant un léger mouvement de gauche à droit alors que le doux bruit des vagues résonne à mes oreilles lentement, venant s'échouer plus loin sur le sable blanc.
Vaguement, mon cerveau me ramène à notre danse chez Jacob, le soir de Noël... le soir où tout a changé. Le soir où j'ai compris que je ne pouvais lutter sans cesse contre cette chose monstrueuse en moi et entre nous.
Comme ce soir-là, pendant un long moment, nous ne dansons plus dans l'eau transparente, nous flottons. Je flotte, littéralement. La brume cotonneuse revient, faisant s'accélérer mon cœur quand ses bras se resserrent autour de moi pour me serrer plus étroitement contre lui.
- J'aimerais ne quitter cet endroit pour rien au monde, finis-je par dire après un instant à inspirer profondément son odeur apaisante.
Mes paupières s'ouvrent pour le voir sourire, ses doigts pressant ma nuque légèrement alors qu'il garde les yeux clos.
- On pourrait...
- Ne me tente pas, murmuré-je en ne pouvant le lâcher des yeux.
- Ah non, tu dois finir ma soirée de lancement d'abord…
Mon rire résonne doucement sur la plage, le faisant rouvrir les yeux.
- Et après on revient ici, ajoute-t-il dans un sourire plein de promesses.
- Tu ne comptes donc pas me jeter après la soirée ?
- Tu crois que je le ferais ? demande-t-il plus sérieusement alors que mon ventre se noue sous la tournure de notre conversation.
- Elle n'a pas encore eu lieu, lui rappelé-je dans un léger sourire, alors attends de voir avant de me faire des promesses de ce genre, plaisanté-je pour essayer de me détendre.
- Pourquoi voudrais-je me priver de la femme la plus vertigineuse de tout Manhattan ?
A-t-il dit vertigineuse ? Est-ce ce qu'il ressent, lui aussi ?
- De Manhattan ? répété-je idiotement.
Je repousse au mieux ce que ses mots me font ressentir et le sentiment qu'il va me faire décoller l'âme à ne plus jamais toucher terre s'il continue à parler de moi de la sorte.
- Du monde entier, se corrige-t-il après avoir brièvement froncé les sourcils.
Cette fois, un nouveau rire m'échappe.
- Sérieusement, on pourra revenir ici quand tu veux, reprend-il après un instant à m'observer avec tellement de profondeur que je retrouve rapidement mon sérieux.
Le temps d'une seconde, ses mots font naitre de nouvelles interrogations en moi... que va-t-il se passer quand nous serons de retour sur la terre ferme ? Lui à Miami, moi à New York ? Et si la soirée le décevait ? Comment arriverons-nous a...
Son pouce passant sur ma lèvre me fait sursauter presque nerveusement, faisant taire les interrogations naissant en moi sous la coupe de son regard époustouflant qui verrouille le mien.
- Tout ira bien, murmure-t-il comme s'il lisait en moi. La soirée... et le reste. Je suis sûr que tout sera parfait.
- Je... je l'espère, avoué-je, à nouveau perturbée par la perspective que cette soirée change tout à ses yeux.
- Je ne vois aucune raison d'être déçu par quoi que ce soit que tu ferais.
- C'est parce que tu ne m'as jamais entendu chanter.
Cette fois, c'est son rire qui résonne et fais s'accélérer mon cœur. A-t-il déjà été plus beau que lorsqu'il rit ?
- Tu oublies l'épisode au Plaza le jour de la dégustation, fais-je remarquer dans un sourire à se damner.
- Tu fredonnais seulement, s'amuse-t-il alors que je me sens rougir aux souvenirs de ce jour où tout me paraissait alors tellement… tellement compliqué.
Mon cœur sursaute encore quand il me ramène davantage contre lui, effleurant mon nez du sien dans un lent mouvement de gauche à droite.
- Tu m'accorderas une danse au moins ? demande-t-il à nouveau sérieux, ses yeux émeraude sondant les miens sans relâche.
À nouveau, je comprends qu'il parle de la soirée de lancement.
- Je ne crois pas que cela serait très...
- Je t'interdis de dire que ça ne serait pas professionnel, me coupe-t-il dans un regard menaçant malgré le sourire qu'il arbore.
- Eh bien tu...
Sa bouche sur la mienne étouffe mes mots et mon rire alors que le sien vibre sur mes lèvres, m'intimant de me taire. Mon envie de rire est rapidement écrasée par le désir qui se met à bouillir sous ma peau alors que ses mains glissent sur mon corps, m'effleurant sans pour autant me toucher vraiment.
- Tu danseras avec moi, souffle-t-il contre mes lèvres quand il se recule après plusieurs secondes, le souffle court.
- D'accord, murmuré-je à demi-mots, les yeux toujours clos perdue dans mon désir.
- Et plusieurs fois, poursuit-il le plus sérieusement du monde, sa voix grave vibrant contre mes lèvres alors qu'il les effleure plusieurs fois sans qu'il ne m'embrasse pour autant.
- Tout ce que tu veux.
Sa bouche embrasse la mienne brièvement avant de glisser sur l'arête de ma mâchoire, puis dans mon cou. Il y inspire fortement, me procurant des vagues de frissons qui remontent le long de ma colonne vertébrale.
- Tout sera parfait. Tu seras parfaite, comme tu l'as toujours été, tente-t-il de me rassurer alors que ma respiration s'accélère sous la sensation de son souffle chaud contre mon cou.
- C'est faux, articulé-je difficilement, perdue dans ses cheveux.
Sa bouche effleure le carré de peau sous mon oreille, décuplant brutalement le désir qui m'inonde pour lui.
Je suis névrosée, pas parfaite... pas du tout. Je ne le serais jamais.
- Tu es parfaite, insiste-t-il en y mettant toute la persuasion qu'il possède. Indéniablement parfaite pour moi, ajoute-t-il dans un murmure qui me fait frissonner de la tête aux pieds.
Il y insuffle tellement de confiance, tellement de force que, l'espace de quelques seconde, alors que sa barbe de quelques jours pique la peau de mon cou délicieusement, j'ai la sensation que je suis capable de le croire. Ce sentiment fait décoller mon âme, et monter les larmes sous mes paupières encore closes.
Ses mains entourent mon visage avec toute la délicatesse qu'il a en lui, anéantissant tout ce qui pouvait, et pourrait se dresser entre lui et moi... et le souvenir de Riley en fait partie. Ma culpabilité me ronge chaque fois que je quitte ses bras. C'est idiot, je sais, mais je n'arrive pas à faire comme si celle-ci n'était pas présente au point d'être douloureuse... cessera-t-elle de m'étouffer, un jour ?
Je serre les dents pour ne pas pleurer quand ses mains font pression sur mes joues pour que je le regarde. Il me faut plusieurs secondes pour réussir à trouver la force de le faire... mais, enfin, je me noie dans les deux lacs sombres qui sont les siens, ravalant mal les émotions d'une intensité rare qui semblent broyer mon cœur et mon âme face à l'intensité de son regard.
Immédiatement, mon corps s'apaise et s'affole en même temps.
- Fais-moi confiance, poursuit-il avec plus de douceur en reposant son front contre le mien, son nez frôlant le mien à nouveau.
Je lui fais confiance. Totalement.
Je pose mes lèvres contre les siennes en réponse, incapable d'exprimer par des mots tout ce qu'il me fait ressentir là, à l'instant... Vertigineux, a-t-il dit ? C'est ça... c'est exactement ça.
Quand il me rend mon baiser le plus suavement du monde, tout implose en moi, et autour de moi.
Je ne sens que lui, je ne vois que lui... je ne veux que lui. Le désir s'intensifie de manière fulgurante alors que sa langue retrouve la mienne, le faisant gémir dans ma bouche.
Quelque chose en moi s'efface pour n'être remplacé seulement par le désir que j'ai pour l'homme qui m'embrasse comme si j'étais la personne la plus précieuse du monde à ses yeux.
Ma peur disparait. Réellement, presque physiquement. Je n'ai plus peur de lui, de ce que je ressens, de ce que je pourrais ressentir s'il m'abandonnait, de ce qui pourrait arriver, ou ne pas arriver. Temps qu'il m'embrasse ainsi, temps que je le désir ainsi, je peux tout vivre, qu'importe... je l'ai lui, j'ai tout.
Je l'entends brièvement murmurer mon prénom alors que mon cœur résonne contre mes tempes, me laissant essoufflée quand sa bouche relâche la mienne pour embrasser mon menton, puis ma joue délicatement.
Il soupire lourdement en posant sa joue contre la mienne, le désir circulant entre nos corps brulant blottis l'un contre l'autre. Je ferme les yeux quelques secondes, bouleversée d'être capable d'avoir envie de lui à ce point, de le désirer à ce point.
C'est violent, et magnifique.
- On devrait remonter, souffle-t-il après plusieurs secondes à respirer difficilement.
Je me mords la langue, en proie à des dizaines d'émotions qui me lacèrent le corps.
Je ne veux pas qu'il s'éloigne. Je veux savoir ce que ça fait, de le sentir m'aimer... m'aimer réellement, au sens littéral du terme. Mes mains reviennent caresser sa nuque quand je le sens s'éloigner légèrement, le sentant frissonner sous mes doigts alors qu'il revient contre moi pour me serrer contre lui. Avec l'eau autour de nous, et le ciel incroyable au-dessus de nos têtes, j'ai la sensation de voler, de ne plus toucher le sol.
- Ne pars pas, quémandé-je d'une voix tremblante, secouée par tout ce que je ressens contre lui.
Ses mains entourent mon visage à nouveau, ne faisant qu'accroitre tout ce que j'éprouve pour cet homme.
- Jamais.
Je suis amoureuse de lui, incontestablement, profondément, au point d'avoir envie de me fondre en lui et d'oublier où est la limite entre son corps et le mien.
- Je ferais tout ce que tu veux, souffle-t-il après plusieurs secondes à me regarder intensément, le désir dansant dans ses iris assombries.
- Embrasse-moi, murmuré-je pour réponse.
Je désire seulement le sentir lui, et seulement lui, je veux qu'il me fasse oublier le reste du monde.
Ses lèvres retrouvent les miennes et je le laisse me guider délicieusement dans le baiser le plus intense, le plus libre que nous ayons échangé jusqu'à aujourd'hui. J'ai le sentiment, en le sentant me soulever contre lui dans l'unique but de me sentir plus près, que ma demande à définitivement anéanti la moindre trace de doute, de peur, en lui, et en moi.
Entre deux baisers, entre deux souffles, je me rends brièvement compte que nous remontons la plage lentement, bercés par sa démarche presque féline. Le désir fait s'enflammer mon corps à la sensation de son bassin frôlant le mien à chaque mouvement.
Je l'entends étouffer un juron quand mon corps ondule contre le sien dans l'unique but de le sentir plus encore.
Quand on entre dans la maison par la terrasse, le soleil est presque couché et donne à l'intérieur une couleur fantastique, orangée, tirant presque sur le rouge.
Edward me repose sur le sol en marbre, mon corps encore mouillé dégoulinant partout dans la pièce de vie.
- On va tout salir, m'alarmé-je en me rendant compte qu'Edward est aussi trempé que moi.
- On s'en fou.
Je le sens sourire contre ma bouche avant qu'il ne m'embrasse à nouveau, faisant s'étouffer une plainte contre sa langue quand il approfondit notre baiser avec hardiesse.
Pendant plusieurs minutes, il m'embrasse, m'effleure au milieu de la pièce sans presque me toucher alors que le désir monte en moi, devenant presque douloureux tant il est intense, et ardent.
Je m'entends murmurer son prénom entre deux baisers dans une supplique, prête à le prier pour qu'il me touche, qu'il fasse quelque chose.
- Dis-moi ce que tu veux, ordonne-t-il d'une voix douce contre mon oreille, sa bouche effleurant ma peau à chaque mot.
Mon cœur décolle un peu plus, m'accrochant à ses épaules pour me maintenir debout alors que sa langue trouve mon épiderme. Je ferme les yeux, penchant même la tête pour lui donner plus d'accès à ma peau.
- Dis-le moi, répète-t-il le souffle court, ses mots brulant ma peau.
J'ai presque à nouveau envie de pleurer tant ce que je ressens est intense et tant j'ai la sensation que je vais exploser s'il ne me touche pas dans la seconde.
- Toi, je... Toi, seulement toi, je... Edward s'il te plait...
Quand ses mains effleurent mes seins par-dessus mon maillot de bain encore trempé, le même soupire nous secoue. Mais dans la même seconde, il m'échappe encore, augmentant d'un même ensemble mon désir et ma frustration.
- Viens, s'empresse-t-il en saisissant ma main pour m'entrainer derrière lui, nous faisant traverser la pièce pour atteindre l'escalier.
Je le suis tant bien que mal, tentant de reprendre mon souffle et le fil de mes pensées alors qu'on rejoint sa chambre. Je trébuche presque derrière lui dans le couloir, nous faisant rire d'un même ensemble avant qu'il ne me repousse contre le mur à côté de la porte de sa chambre pour m'y appuyer, faisant mourir mon rire dans ma bouche.
Ses doigts caressent ma joue qui se réchauffe à son touché et à la façon déroutante dont le désir brule ses yeux, les rendant bien plus sombres que d'habitude. Même si j'ai confiance en lui, même si je le connais maintenant, quand je me retrouve face à lui dans ce couloir à peine éclairé, je ne peux m'empêcher de le trouver impressionnant.
Impressionnant, et incroyablement beau.
Ses yeux se parent de doute alors qu'on se dévisage un instant en silence, nos respirations encore rapides résonnant dans le couloir plein de photos de famille. Ses doigts viennent jusqu'à ma lèvre qu'il effleure de son pouce.
- On peut... on peut attendre si...
Ma bouche sur la sienne le fait taire alors qu'il ferme les yeux quand je me recule légèrement, laissant mon nez frôler le sien.
- Auriez-vous des doutes, Monsieur Cullen ? m'amusé-je en laissant mes doigts passer dans les cheveux de sa nuque.
Un sourire sublime étire ses lèvres alors qu'il m'embrasse à son tour, laissant trainer sa bouche contre la mienne.
- Vous concernant ? Jamais Isabella.
L'allégresse me secoue doucement tandis qu'il me dévisage avec intensité, son sourire invisible s'inscrivant sur son visage parfait.
- J'aime définitivement ton rire, murmure-t-il soudain plus sérieux, son pouce effleurant à nouveau ma bouche.
Son sourire s'agrandit légèrement quand je me sens rougir sous ses yeux.
- J'aime ça, aussi, avoue-t-il en effleurant ma joue brulante de ses lèvres.
Son geste fait se couper mon souffle alors que mon cœur sursaute, le désir revenant dévorer mon corps dans de longues vagues.
Pendant un court instant, le silence envahit le couloir, intensifiant brutalement la tension entre nous et la profondeur de son regard qui glisse sur mon visage comme une caresse.
Quand je redresse légèrement le visage pour pouvoir l'embrasser, l'émotion vibre en moi à nouveau.
Je suis heureuse, profondément, et, à la fois, la culpabilité que je ressens au fond du ventre me donne la sensation d'être anéantie... encore.
Seulement, quand sa bouche effleure la mienne cette torture disparait instantanément, ne laissant place qu'au désir quand il me soulève contre lui, ses mains pressant mon bassin contre le sien.
Rapidement, il nous éloigne du mur tandis que je noue mes chevilles dans son dos, mes mains fouillant ses cheveux, me perdant totalement dans le baiser qu'il m'offre.
Mon maillot de bain est encore humide quand il me pose sur son lit, me surplombant en s'appuyant sur ses mains de chaque côté de ma tête.
Son regard fouille le mien pendant de longues secondes, scrutant la moindre de mes réactions.
Pendant un instant, j'ai l'impression qu'il cherche la moindre faille, le moindre doute. Pourtant... je n'en ai pas. Je n'en veux pas. Je le veux.
Mes mains dessinent les contours de sa nuque, de ses épaules masculines et musclées avant de glisser dans ses cheveux, appuyant sur sa nuque pour le ramener contre moi. Je mets dans ce baiser tout ce que je ressens, tout ce qu'il me fait ressentir, tout ce qu'il provoque en moi.
Quand sa bouche me rend toute l'ardeur de mon étreinte, j'ai la sensation d'avoir trouvé ma place, ma demeure.
Son odeur autour de moi, sa bouche, sa peau, ses mains survolant mon corps tremblant comme pour en imprimer chaque forme, tout ne semble tourner plus qu'autour de lui, de son corps contre le mien, de ses yeux me scrutant sous la douce lumière de la chambre. Cette façon qu'il a de me dévorer du regard quand sa bouche relâche la mienne...
Le souffle court, il m'observe plusieurs secondes alors que nos respirations résonnent dans la pièce, le désir brulant mon corps dans de longues vagues, ne me laissant aucun répit, aucune envie qu'il s'éloigne.
Dans ses yeux, c'est comme si j'étais la plus belle chose qu'il n'ait jamais vu.
Quand sa main glisse sur mon cou, puis descend lentement sur la peau frissonnante de ma poitrine, mon cœur s'emballe d'autant plus sous la profondeur de son regard qui s'accentue. Ses doigts glissent lentement sur le sillon entre mes seins, créant une série de frisson qui me secoue tout entière.
Son regard ne quitte pas le mien quand ses doigts défont le nœud de mon vêtement entre mes seins dans une lenteur abominable. J'ai la sensation de manquer d'air, de ne plus être capable de respirer normalement. Ce n'est pas seulement le fait qu'il me déshabille, c'est son regard, son souffle chaud et rapide, son odeur, son désir pour moi qui me donne la sensation de planer.
Quelque chose de nouveau, de doux brille dans son regard, quelque chose de tellement tendre que l'espoir caresse mon cœur... j'ai la sensation que rien ne pourra jamais atteindre ce que je ressens à l'instant, que rien ne pourra jamais le lasser de moi, de mes névroses et de mes peurs irraisonnées.
Pendant de longs instants, ses mains parcourent mon corps, me faisant me tordre contre lui à plusieurs reprises. Ses doigts, ses lèvres, sa langue, il est partout, il est parfait.
Quand nos corps nus se retrouvent l'un contre l'autre, l'empressement me tord le ventre.
Alors que son corps glisse contre le mien et que sa bouche embrasse la mienne avec tout la douceur dont il est capable, mon cœur s'emballe presque douloureusement dans ma poitrine.
Je sais qu'y penser n'est pas... sain. Je sais que je ne devrais pas et, malgré la chaleur d'Edward au-dessus de moi, son corps contre le mien et son nez frôlant le mien lentement alors que ses yeux me cherchent, les miens s'embuent. Sentir sa force, sa virilité et l'envie avec laquelle il me désire me bouleverse plus que je l'aurai cru.
- Tout va bien Isabella, murmure-t-il contre ma bouche, son regard verrouillant le mien quand il se rends compte à quel point je tremble.
Je hoche la tête lentement en inspirant alors qu'une larme roule sur ma joue, me trahissant. Ses doigts tremblent quand il essuie ma joue avant de m'embrasser avec douceur.
- Tu veux...
Je secoue la tête nerveusement, le pressant d'autant plus contre moi pour maintenir sa chaleur contre mon corps tremblant. Rien que comme ça, rien qu'avec son regard si tendre et intense sur moi, la culpabilité s'apaise et me laisse respirer un plus calmement.
- Tout va bien, répète-t-il en longeant mon nez du sien lentement.
- Je sais, murmuré-je la voix cassée.
- Tout ira bien.
- Je sais... c'est, c'est juste... tu es le premier depuis...
Je ferme les yeux une brève seconde quand une autre larme déborde et que l'émotion m'étrangle, m'empêchant de poursuivre.
Le trouble qui traverse son regard me retourne l'estomac alors que ses doigts essuient ma joue et que je respire profondément pour me reprendre, désireuse de ne pas tout gâcher. Je ne veux pas perdre ce que je ressens dans ses bras, surtout pas. Je ne veux pas laisser le passé nous détruire ou avoir un quelconque impact sur nous deux. Je le veux, et je sais que ma place est ici, avec lui.
Ce soir, je ne suis pas seulement cette femme détruite par la mort de son mari. Je ne suis pas seulement la femme qui lui prépare une soirée démentielle. Je ne suis pas seulement ça... dans ses yeux, je suis forte, belle et importante. Je suis tout ça... Comme chaque fois qu'Edward me regarde, je me sens juste... Bien. Complète. Je me sens moi. Son Isabella.
Son regard déshabille mon âme qui ne crie que son prénom et n'appelle que lui alors que la douleur s'efface, ne laissant place qu'à lui... c'est vertigineux, douloureux et magnifique. Mes doigts pressent à nouveau sa nuque alors que ma bouche effleure la sienne quand je ferme les yeux. J'inspire une nouvelle fois son parfum déroutant et entêtant.
- Je ne bougerai pas de là, murmure-t-il entre deux baisers aussi léger qu'une plume, sa voix vibrant contre mes lèvres entrouvertes qui laissent passer ma respiration erratique.
A l'instant où sa bouche se presse un peu plus contre la mienne, mes hanches se lèvent instinctivement vers les siennes, cherchant à soulager la brulure intense de mes reins qui revient vivement en moi, anéantissant la moindre douleur, la moindre question.
Tout est fort, inédit, décuplé et, alors qu'il soude son front au mien, il entre enfin moi lentement.
Nos souffles se coupent d'un même ensemble alors qu'il serre les dents au-dessus de moi, mes yeux s'ouvrant pour me noyer dans les siens instantanément.
C'est doux, brûlant, lent et ô combien sensuel. C'est lui, c'est Edward.
Quand il est totalement en moi, je relâche l'air de mes poumons par à-coups, incapable de respirer normalement alors que tout mon corps semble au bord de la rupture quand il en fait de même, comme s'il ressentait la même chose que moi.
Au premier retrait je m'entends gémir, et à la première avancée il en fait autant, faisant décoller mon cœur.
Sa main glisse sur la mienne sur sa nuque pour la ramener sur le côté de mon visage et de mêler nos doigts tendrement.
Son regard est si intense que les émotions se mêlent en moi à nouveau, mais, cette fois, c'est lui... lui, et uniquement lui.
Personne ne m'a jamais désiré comme lui, personne ne m'a jamais fait l'amour comme lui.
À chaque coup de rein j'ai l'impression de sombrer un peu plus, de perdre pied et de quitter cette réalité pour une autre où il n'existe plus que lui. Son corps dans le mien, le frottement de son bassin contre mon bas ventre, sa main agrippant fermement la mienne… C'est mon Éden, mon paradis.
Mes doigts s'enfoncent dans le dos de sa main alors que son visage glisse dans mon cou pour embrasser ma peau. Son corps accélère lentement dans le mien, décuplant violemment tout ce que je ressens pour lui.
- Je veux, je... je veux te voir, balbutié-je contre son oreille après un instant à me torde contre lui sous une autre avancé. Je... Edward... croassé-je en contenant un autre souffle alors que son corps se fond à la perfection dans le mien, m'inculquant un rythme d'une intensité déboussolante.
Je ne n'ai jamais ressenti ça, j'en suis certaine. Je n'ai jamais désiré si fort. J'ai la sensation, quand son regard sombre retrouve le mien, que j'ai été faite pour lui, et uniquement pour lui... comme si, quelque part, je n'avais toujours appartenu qu'à lui.
Laissant reposer son front contre le mien, sa bouche embrasse la mienne mais son regard ne me lâche pas.
Nos corps qui s'accordent parfaitement, la sensation de ma peau qui se frotte contre la sienne, de son ventre contre le mien, la sensation de ne plus savoir où s'arrête mon corps, et où commence le sien…
Je laisse échapper un profond gémissement qui meurt sur ses lèvres alors que ses mains passent sous mon corps pour me serrer plus étroitement contre lui, cambrant d'autant plus mon corps contre le sien qui accélère le mouvement, décuplant les sensations.
Vertigineux. C'est vertigineux.
À cet instant, alors que ses mâchoires se serrent et qu'une première vague me fait me tordre sous lui, j'ai la sensation de quitter mon propre corps.
L'orgasme qui me secoue me terrasse, anéantissant tout ce que j'étais, tout ce que je croyais être alors qu'il maintient le contact visuel entre nous, absorbant tout de moi. Je m'entends murmurer son prénom entre deux souffles, le corps et le cœur explosant d'un même ensemble.
Mon paroxysme entraine le sien au même instant, le faisant étouffer une plainte rauque contre mes lèvres alors que nos corps atteignent le nirvana, tremblants lourdement avant de s'apaiser très lentement, jusqu'à s'immobiliser totalement.
Pendant longtemps, nos respirations désordonnées résonnent dans la chambre baignée dans la lumière de la lune qui s'est levée.
Je ne sais combien de temps nos corps fatigués reposent l'un contre l'autre mais, quand ma conscience s'éteint, je me rends compte que rien ne sera jamais plus pareil en moi.
Hello hello !
Je sais que je suis suuuuuper en retard, vraiment désolée, le temps passe beaucoup trop vite et les journées ne sont pas assez longues !
J'espère que mon chapitre vous fera me pardonner !
Vous me laissez un mot ?
Des bisous !
Tied
