Disclaimer: Star Wars ne m'appartient pas.
J'ai complètement oublié de le dire au chapitre précédent, mais je commence à glisser des détails sur The Rise of Kylo Ren et Liens du sang, et évidemment sur The Rise of Skywalker, donc vraiment désolée pour les spoilers !
Chapitre 4 :
Ben regarda ses mains. Sur la droite, le bout de ses doigts et le tranchant de sa main étaient noircis de carbone et d'encre. Le jeune homme était dans un état second. Cela faisait tellement longtemps que ce n'était pas arrivé. Il jeta rapidement un œil au travail qu'il venait d'accomplir. Ça s'améliorait, les habitudes revenaient. Le jeune homme tira d'un coup sec sur le premier feuillet. Il froissa le papier dans sa main, jusqu'à le réduire en boule. Un soupir insatisfait lui échappa.
En deux jours, Ben avait noirci pas mal de pages de son carnet. En revanche, le jour où ils avaient fini la reconstruction de la hutte, il n'avait pas pu résister à la tentation et avait fini par faire rôtir un oiseau à la broche pour son dîner. L'animal n'était pas si facile à attraper. Malgré son ventre rond, il pouvait s'envoler avec une rapidité plutôt étonnante.
Mais comparée à ses rations insipides, la bestiole avait un goût merveilleux. Sauf qu'une Lanais était passée par là et avait vu l'oiseau cuir paresseusement au bout de la broche qu'il faisait tourner au-dessus du feu. La gardienne était restée plantée immobile devant lui, sans expression particulière. Lui-même s'était figé, persuadé d'avoir fait une énorme bêtise, comme insulter leur culture ou leur religion. Et si les Lanais vénéraient cet oiseau dodu ? Ces idées faisant leur chemin dans sa tête, les yeux de Ben s'étaient plissés brièvement.
Le jeune homme avait fait ce qu'il savait faire le mieux. Il avait provoqué la Gardienne en la regardant droit dans les yeux et avait fait tourner lentement, très lentement la broche. Elle était restée immobile encore quelques secondes, avant finalement de hausser les épaules et de le saluer en reprenant son chemin. Depuis, tous les soirs il se faisait cuir un oiseau.
Le soleil perça à travers les nuages. Le jeune homme plissa les yeux. Il aperçut les Lanais qui sortaient pour profiter des derniers rayons de soleil. Ben allait en profiter aussi. Il rentra dans sa hutte, pour laisser son matériel. Il s'assit sur la paillasse, la boule de papier toujours serrée dans sa paume posée sur son genou, le carnet dans l'autre.
Deux secondes plus tard, le Lien s'ouvrit.
Rey était assise aussi. Elle le dévisagea d'abord avec méfiance, puis avec confusion, dans un léger mouvement de recul. Le jeune homme subit son examen sans rien dire. À vrai dire, il lui retourna la pareille, mais plus discrètement. Ses cheveux humides étaient lâchés, coiffés en arrière, les mèches encore un peu humides tombaient négligemment en boucles sur ses épaules. Elle avait l'air si jeune. Troublé, Ben réfléchit à une réplique bien sentie quand finalement elle le devança.
— Ben ? Est-ce que ça va ? Où es-tu ?
— Pourquoi ces questions ? enchaîna-t-il en plissant les yeux.
Rey pinça la bouche. Ses yeux passaient sans cesse de son visage à ses mains. Le jeune homme baissa le regard. Elle voyait le carnet qu'il tenait encore. Ben vit dans ses mains à elle un épais volume dont elle avait marqué la page avec ses doigts.
— Tu n'as pas l'air d'être sur un vaisseau. Et… tu ne ressembles pas à un Suprême Leader...
Le jeune homme baissa les yeux. L'après-midi était doux. Il avait laissé tomber sa veste et sa cape, ne gardant que son tricot fin à manches longues. Ben se rendit compte que la jeune femme fixait ses cheveux, les sourcils froncés. Visiblement, son apparence décontractée la décontenançait. Ça changeait de son animosité ou de sa peur auxquelles il était habitué dans le Lien.
— Non tu n'es pas sur un vaisseau.
— Et toi, où es-tu ? demanda-t-il brusquement.
Rey se mit aussitôt sur la défensive.
— Quoi ?
— Tu ne me diras pas où tu es, c'est une certitude, alors ne compte pas sur moi pour te dire où moi je suis, conclut-il.
Une lueur de défi s'alluma dans les yeux de la jeune femme.
— Mais je peux deviner, osa-t-elle.
Ben ne baissa pas les yeux. Elle le provoquait délibérément, d'après l'éclat amusé de ses prunelles. C'était bien la première fois qu'elle le regardait de cette façon. Et ça le remuait à l'intérieur de lui-même. Le jeune homme attendit sa prochaine réaction. La bouche de Rey se crispait comme si elle se retenait de sourire. La jeune femme baissa brièvement les yeux avant de revenir s'ancrer aux siens.
Rey fondit sur lui. Elle était rapide et le jeune homme n'eut guère le temps de faire un mouvement. Il sentit ses ongles courts érafler la paume de sa main. La jeune femme s'éloigna tout aussi vite et se rassit où elle était deux secondes avant. Le poing de Ben se referma sur du vide. Ses yeux sombres se posèrent sur Rey. Une jambe ramenée contre sa poitrine, la main à hauteur de son visage, fermée sur la boule de papier qu'il froissait depuis quelques minutes, la jeune femme semblait de nouveau sur le point de bondir… pour s'enfuir. Son regard espiègle devenait méfiant. Il y avait de quoi. Elle venait de se rendre compte de la portée de son geste. Ben sentit monter en lui la colère, si familière.
Elle n'avait pas le droit ! Personne ne savait pour les dessins et la calligraphie, ou presque, il pouvait compter sur les doigts d'une main. Il avait l'impression d'être mis à nu devant la jeune femme. La sensation était angoissante et très désagréable.
Un tremblement de peur mêlé de colère le secoua en entendant le papier se défroisser. Rey prenait son temps pour dévoiler le dessin, avec délicatesse. La gorge de Ben se serra d'appréhension. Il n'osait pas bouger parce que soit il prendrait la fuite, soit il ferait tout pour le lui reprendre des mains.
À cause du Lien, il sentait que la jeune femme était aussi tendue que lui. Soudain l'expression de son visage s'adoucit, un « Oh… » surpris lui échappa. Ben scrutait son visage à la recherche du moindre signe de moquerie. Ça, il ne pourrait jamais le supporter. Ça ferait trop mal.
Ses sourcils se froncèrent et elle rapprocha la feuille de son visage pour l'examiner de plus près. Puis, d'un coup, elle se rassit normalement, les yeux écarquillés. Rey se rapprocha de nouveau de lui, mais cette fois, il eut un mouvement de recul. Ben était désarçonné par son manque de peur. La jeune femme scrutait de nouveau ses cheveux. Mais que se passait-il avec ses cheveux ? Sa réaction suivante le laissa figé, interloqué. D'où elle se tenait, relativement proche de Ben, Rey reniflait l'air autour d'elle. Elle le reniflait.
— Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il entre ses dents, en articulant distinctement tous les mots, comme une mise en garde.
La jeune femme l'ignora. Elle leva la feuille entre eux et montra une petite forme du doigt.
— C'est un porg. Pas vrai ?
— Un quoi ?
Elle lui fit face.
— Un petit oiseau tout rond, la face écrasée, sans bec mais avec des dents…
Ben pouffa sans lui répondre. Alors comme ça la bestiole était donc un porg.
— Chewie dit que c'est très bon. Je veux bien le croire, vu qu'il n'y en a plus dans le Faucon…
Toute envie de rire le quitta brusquement. Le Wookie ne lui pardonnerait sans doute jamais. Et penser à lui, c'était comme penser à son père.
— Je crois que je sais où tu es. Même si je trouve ça plutôt surprenant. Tu sens la mer.
En entendant sa voix de nouveau, il se sentit ramené à la réalité. Mais le jeune homme sentit son sang quitter son visage avant de revenir violemment. Formidable. De mieux en mieux. Le destin ne lui épargnait donc aucune honte. Rey venait de plus ou moins dire qu'il sentait le poisson.
Devant son expression figée dans une grimace de dégoût, la jeune femme s'empressa d'ajouter :
— Je veux dire que je sens l'odeur du sel sur toi. Ça m'a marquée cette odeur, c'était la première fois que je voyais la mer. Tu es sur Ach-to.
— Oui, admit-il malgré lui en soupirant.
Il était inutile de faire semblant à présent. Rey se redressa face à lui et lui rendit le papier froissé.
— Désolée, j'aurais dû te demander.
Ben récupéra l'objet tant convoité, leurs doigts se frôlèrent. L'énergie du Lien vibra un peu plus fort pendant quelques secondes. Il ne s'y habituerait jamais. Le jeune homme avait l'impression que toutes ses émotions passaient dans ses vibrations, le laissait complètement ouvert et à la merci de Rey. Un demi sourire étira ses lèvres. Celui de la jeune femme lui répondit, chaleureux.
Timidement, elle lui demanda en fixant le carnet :
— Est-ce que je peux ?
Par réflexe, Ben faillit répondre « non ». En quelques minutes, elle avait réussi à briser plusieurs barrières. Mais le plus important à ses yeux, c'était sa curiosité sincère. Rey s'intéressait à lui, vraiment, comme à un être humain, pas comme à un objet de pouvoir. Lui envoyait-elle un message de paix ?
Au bout de quelques secondes, le jeune homme consentit à baisser ses défenses et lui tendit le carnet à dessin dont elle s'en empara avec délicatesse. Rey s'assit en tailleur face à lui, tout en admirant les coups de crayon.
— Je ne suis pas du tout experte en art, mais je trouve ça bien.
Sentant son visage rougir, il fut ravi qu'elle n'ait pas levé la tête en prononçant cette phrase.
— Merci, répondit-il avec hésitation.
— Non, vraiment ! Je reconnais ces paysages Ben !
Rey continua de tourner les pages. Elle s'arrêta un moment plus long que les autres sur une feuille. Puis la jeune femme referma le carnet, les yeux perdus dans le vague, comme si elle réfléchissait.
— C'est un souvenir ? demanda-t-elle en lui rendant le cahier.
— Oui, quand… quand j'étais enfant.
La tête de Ben était obstinément baissée, mais pas sur le dessin.
— Elle était très belle.
Il hocha la tête et se passa une main sur le front. Leur conversation prenait un virage un peu dangereux. Trop intime.
La jeune femme éleva de nouveau la voix, l'obligeant à se redresser.
— Vous avez les mêmes yeux, remarqua-t-elle simplement.
Plus mal à l'aise que jamais, il chercha de quoi détourner la conversation. Heureusement pour lui, la jeune femme avait toujours son vieux livre sur ses genoux.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il innocemment.
Cette fois-ci, ce fut elle qui recula. Ben haussa un sourcil éloquent. La jeune femme lui devait bien ça. Le message sembla passer puisqu'elle soupira en levant les yeux au ciel.
— Ce sont les textes Jedi. Il y en a plusieurs. Si c'est ce que tu es venu chercher, je suis désolée mais c'est moi qui les ai tous.
Le jeune homme haussa les épaules.
— Tu arrives à les lire ?
— Plus ou moins. Mais j'ai de l'aide.
— Laisse-moi deviner… Leïa ?
— Pas vraiment, répondit Rey avec un froncement de sourcils, en réaction à son ton sarcastique.
— Oh pardon, cette vieille boîte de conserve, C3-PO…
Cette fois-ci, la jeune femme eut du mal à retenir un rire. Effectivement, le droïde de protocole était vieux, dans tout ce que cela impliquait, les bons côtés comme les mauvais, mais il savait être attachant. Ce n'était pas ça qui la faisait rire, plutôt cette façon de s'exprimer, avec sarcasme, comme sa mère, sans qu'il semble en avoir conscience.
— Ne dis pas ça. Il est très utile. Il a des souvenirs heureux de toi, je crois. Mais ta mère avait fait plus ou moins des sous-entendus, juste avant que C3-PO ne le dise.
Ben se retint de lever les yeux ciel, agacé. À vrai dire, il commençait à s'inquiéter de ce que Leïa et Rey pouvaient se raconter entre elles.
— Tu veux y jeter un œil ? Je sais que tu pourrais le lire.
Le jeune homme lui adressa un regard interrogateur. Était-elle sûre de vouloir faire ça ? Rey soupira et leva furtivement les yeux au ciel. Elle se rapprocha, assise à côté de lui. Ses doigts glissèrent entre les pages. Ben s'intéressa aux écritures et aux dessins sous ses yeux. Les schémas étaient très détaillés. L'un d'eux attira son attention. D'un coup, il se souvint d'une leçon précise de son oncle. Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Le jeune homme fit tout pour ne rien laisser paraître de son trouble. Il venait de gagner un peu de sa confiance, autant ne pas tout gâcher. Il se racla la gorge.
— Tu as raison, ça a l'air fascinant.
— Tu as déjà visité l'île. Tu es allé au temple ?
Son regard éloquent répondit pour lui.
— Et la grotte ?
— Non.
— Si… si tu y vas, fais attention. Cet endroit ne te montrera pas ce que tu as envie de voir.
— Je m'en rappellerai.
Avec un sourire timide, elle se tourna vers Ben.
— Il y a toujours du bon en toi. Bien caché. Je le sens, malgré tout ce que tu veux me faire croire.
— Je ne suis pas un Jedi, Rey.
—Je sais.
Un flot d'émotions intense le traversa. La jeune femme venait plus ou moins de dire qu'elle l'acceptait comme il était. Il avait peur et en même temps c'était agréable. Sauf que ses jolis yeux se posèrent encore une fois sur ses cheveux. Ce qui commençait à l'agacer sérieusement.
— Rey, qu'est-ce qu'il se passe avec mes cheveux ?
La jeune femme rougit.
— On dirait que… Je… Est-ce que tu t'es battu ?
— Non, répondit-il en essayant de voir où elle voulait en venir.
— Tu as de l'herbe et des feuilles dans les cheveux.
Ben faillit rire. Tout ça pour ça. Il ne lui donna pas plus d'explication. Inutile de lui parler de sa sieste au soleil et de la bourrasque de vent qui l'avait réveillé. Depuis qu'il avait fini la hutte, il en profitait tous les jours pour dormir au soleil, après avoir chassé le poisson, et avoir déjeuné.
Elle se tourna complètement vers lui, hésitante. Rey se redressa, repliant une jambe sous elle, visiblement intimidée.
— Est-ce que je peux t'aider ? osa-t-elle demander en désignant sa tignasse hirsute.
— Quoi ?
— Je veux dire… Ça doit te gêner, répondit-elle avec une nonchalance feinte. Est-ce que tu t'es vu ?
— Non.
— Je peux ?
Leurs yeux s'accrochèrent quelques secondes. Ben eut l'impression de revivre la même scène que la dernière fois lorsque le Lien avait été aussi intense. Le souvenir était gravé dans sa mémoire.
Il avait insisté en sentant sa tristesse à travers le Lien :
« Tu n'es pas seule.
— Toi non plus. Il n'est pas trop tard. »
Rey lui tendait de nouveau la main. Le jeune homme hocha la tête sans la quitter des yeux. La jeune femme, elle, détourna vivement le regard. Elle s'approcha timidement et tendit la main vers lui. Ben n'arrivait pas à détacher ses yeux de son joli visage. Sa bouche se pinçait de façon machinale, ses narines se dilataient légèrement au rythme de sa respiration nerveuse.
Ben sentit ses doigts tirer délicatement sur ses cheveux. Le contact lui fit l'effet d'un courant électrique dans tout son corps. À elle aussi, songea-t-il, en la voyant tressaillir. Ils avaient déjà été proches, très proches, mais jamais de façon aussi paisible. L'intensité du Lien semblait être décuplée.
La jeune femme lui montra la brindille qu'elle venait de retirer, une moue un peu moqueuse aux lèvres. Ben fit mine d'être vexé. Il la défia du regard de continuer, se redressa bien droit et ne bougea plus d'un pouce. Cette fois-ci, elle se rapprocha en roulant des yeux, se redressant pour être à sa hauteur. Sa main passa à côté de sa tête et il sentit la tension de ses cheveux à l'arrière de son crâne. Le jeune homme eut l'impression d'être dans un cocon alors qu'il percevait la chaleur de son corps. Il ne méritait pas tant de douceur de sa part. Pourtant, il eut brusquement envie de tendre les bras et de l'emprisonner dans son étreinte.
Rey venait de retirer une feuille quand elle demanda brusquement :
— Ben, que s'est-il passé sur le croiseur ?
Le jeune homme fronça les sourcils tout en repoussant sa main.
— Quoi ?
— Oui, tu sais bien, tout le commandement de la Résistance a été tué au cours d'une frappe de chasseurs du Premier Ordre.
Il poussa un profond soupir, frustré d'en revenir là.
— Je n'ai pas appuyé sur la détente.
— Mais…
— Je ne l'ai pas fait ! Ce n'était pas moi !
Rey leva les mains en signe de capitulation, devant ses yeux plein de colère.
— D'accord.
Le jeune homme inspira profondément pour éradiquer sa colère naissante et ferma les yeux. Deux secondes plus tard, il sentit de nouveau ses doigts dans ses cheveux.
— Ben, dis-moi que tu as quand-même des souvenirs heureux de ta famille.
Sa voix timide avait tremblé. Elle y avait de la tristesse dans ses yeux un peu embués.
— S'il-te-plait.
Il pouffa, incrédule.
— Non.
— Mais pourquoi ? s'énerva-t-elle brusquement.
— Pourquoi quoi ? gronda-t-il.
Rey bondit soudainement sur ses pieds, tordant le manuscrit entre ses mains. La jeune femme grogna de frustration.
— Oh tu le sais très bien.
— Non, continua-t-il pour l'agacer.
Ben la regarda trépigner. Elle s'arrêta, ferma les yeux et inspira calmement. La jeune femme se rassit et le fixa d'un regard sévère. Il en aurait ri s'il ne sentait pas qu'il l'avait blessée. Sa voix claqua sèchement.
— Ben, je t'ai dit que j'essaierai de te comprendre, mais en agissant comme ça, tu ne m'en donnes franchement pas envie.
Le jeune homme ne répondit pas. Il baissa les yeux. Un silence tendu s'installa entre eux. Après une longue réflexion, les mots sortirent difficilement de sa bouche.
— Bien… Sais-tu qui m'a appris que Dark Vador était mon grand-père ? Ma mère. Personne, personne n'a jamais su qui était le vrai père de Leïa Organa, à part Skywalker et Han Solo. C'est un adversaire de ma mère au Sénat qui a tout découvert et tout révélé. Elle a tenu à m'en informer elle-même. J'étais déjà en formation avec Skywalker. J'ai appris que l'homme le plus détesté de la Galaxie était mon grand-père dans une lettre. Une simple lettre. Elle n'est pas venue me voir, occupée à sauver la Galaxie… et sa réputation par la même occasion... Mon père n'est pas venu non plus. Luke a tenté de gérer la nouvelle. On m'avait chanté les louanges d'Anakin Skywalker toute ma vie et d'un coup je découvrais que lui et Dark Vador n'étaient qu'une seule et même personne. C'était plutôt difficile pour moi d'encaisser et traiter une telle information alors que j'étais un adolescent perdu et jalousé par les autres élèves.
Rey fronça les sourcils, le regard triste.
— Ben, non…
— Si, et c'est le reflet de mon enfance. Une mère toujours occupée, dévouée à son travail, un père très souvent absent, accroché à sa liberté. Un oncle aux attentes toujours plus grandes… Et au milieu, un petit garçon qui désespérait que sa mère ait un peu d'attention pour lui et qui voulait faire la fierté de son père. Mais je n'étais jamais assez bien pour eux.
— Non, ils t'aiment tous les deux !
Un rictus méchant étira sa bouche. Il savait très bien ce qu'elle voulait. La jeune femme voulait un aperçu de ce qu'était la vie avec une famille aimante. Dommage, elle n'avait pas choisi le meilleur modèle. Mais devant son regard implorant, il eut envie de céder. Sauf que ça remuait le passé auquel il tentait de ne pas penser.
— Il… Il y a quelques bons souvenirs quand j'étais vraiment petit, bien avant que Skywalker commence ma formation. C'était très rare, mais parfois ma mère annulait des rendez-vous, laissait tout tomber et prenait mes jouets pour me raconter des histoires. Elle jouait vraiment. À chaque fois c'était une nouvelle aventure. Une princesse qui combattait de méchants gangsters… un chevalier courageux qui libérait la Galaxie d'un tyran effrayant… et après, elle me prenait dans ses bras… et je… j'étais… Mon père m'asseyait sur ses genoux, prenait mes mains dans les siennes et il me faisait piloter. J'ai… J'ai appris à voler avec lui, plus tard avec Luke aussi.
Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Partager son passé était une rude épreuve. Ben se sentait incapable de regarder la jeune femme dans les yeux. Il savait ce qu'elle y verrait. Le petit garçon perdu de ses souvenirs, vulnérable.
Ben releva la tête en l'entendant bouger. Il sentit sa main se poser sur son poignet, doucement. Elle était touchée par ce qu'il avait partagé. Ses yeux brillaient d'espoir. Sa voix brisa tranquillement le silence.
— Tu n'es pas seul, Ben.
— Toi non plus. À toi maintenant, un souvenir. S'il-te-plait, ajouta-t-il en voyant son regard s'assombrir.
— Bien, se lança Rey, en se redressant et en prenant une grande inspiration. Une fois, j'ai réussi à trouver une très bonne épave. Je pouvais retaper le vaisseau, le faire fonctionner, mais je ne pouvais pas le faire seule. J'ai fait confiance à deux personnes. Sauf qu'une fois le travail terminé, je suis allée chez Unkar Plutt pour le convaincre de regarder et de me le prendre à un bon prix… Dix mille portions chacun, de quoi tenir un bon moment ! Et mes deux amis se sont enfuis de Jakku avec mon vaisseau. Je n'ai pas mangé pendant plusieurs jours. Voilà.
Le ton était redevenu sec, cassant, amer. Le jeune homme leva la main à son tour. Il dégagea une mèche de cheveux qui venait de tomber devant l'un de ses yeux noisette. Il l'entendit retenir son souffle, comme quelques minutes plus tôt.
— Je… Je veux te faire confiance, murmura-t-il.
La jeune femme fut complètement désarçonnée, par son geste timide. Mais elle lui offrit un petit sourire en retour. Rey ferma une main sur son poing.
— Merci Ben.
Trop troublé, il se pencha en avant vers elle, sans doute prêt à commettre l'irréparable. Une fraction de secondes plus tard, elle n'était plus là. Fébrile, le jeune homme se passa les mains dans les cheveux. Son regard tomba sur la feuille qu'elle avait retiré de sa tête. Frustré, il la froissa dans sa main, la réduisant en miettes.
Ce Lien était vraiment puissant, quelque chose qu'il n'avait jamais vu et dont il n'avait jamais entendu parler avant. Il savait que Leïa et Luke partageait un lien fraternel très fort dans la Force. Mais c'était forcément quelque chose d'autre. Chaque fois qu'il voyait Rey, il avait l'impression que c'était normal, évident. Parfois, Ben avait même l'impression qu'ils étaient le reflet l'un de l'autre. Définitivement, Snoke ne pouvait pas avoir créer un lien si puissant entre deux êtres.
Depuis qu'il avait découvert la grotte, il y était retourné à la même heure pendant deux jours, attiré malgré lui par le côté obscur. À chaque fois il avait résisté à son appel. Mais là, après sa conversation avec Rey, notamment à cause de ce qu'elle lui en avait dit, le jeune homme avait l'intuition qu'il devait y aller. Ça commençait à virer à l'obsession. Nerveux, Ben battait des pieds frénétiquement. Il enfonçait ses doigts dans son crâne, complètement indécis. Un juron grogné entre ses dent sortit de sa bouche.
Le jeune homme se redressa d'un coup. Il était temps de se secouer, après tout il était venu pour trouver des réponses. Si cet endroit pouvait lui endonner, Ben ne devait plus hésiter. Ça l'énerva, parce que pendant presque une semaine, il s'était laissé aller à la vie paisible des gardiennes. Le jeune homme s'était éloigné de son but.
Décidé, Ben se leva et enfila sa veste. Une fois la ceinture bouclée autour de sa taille, il y pendit son sabre. Le jeune homme sortit de la hutte. C'était la fin de l'après-midi, mais un vent fort avait entraîné de gros nuages noirs dans son sillage, cachant la lumière du soleil.
BB-9E l'aperçut et roula vers son maître. Le jeune homme lui ordonna de rentrer se mettre à l'abri. Le droïde obéit, non sans lui jeter un regard inquiet. BB-9E voyait le temps changer depuis la hutte où il était en sécurité. Ses capteurs perçurent soudain la lumière d'un éclair et les vibrations du tonnerre à quelques kilomètre. D'ici quelques heures, la tempête ferait rage sur l'île.
Ben descendit rapidement jusqu'au précipice. Au bord du rivage, le vent soufflait encore plus fort, sifflant dans ses oreilles, mais sans couvrir l'appel sinistre. Le jeune homme prit de l'élan et bondit. Il se réceptionna au bord de la couronne d'algue, qui craqua sous ses pieds lorsqu'il avança au bord du gouffre. Ben distingua les reflets changeants de l'eau. Une baignade semblait la seule solution possible. Il soupira, ennuyé. Ecoutant son instinct, il enleva sa veste. La Force, elle, lui disait de laisser son sabre. Le jeune homme hésita un instant. Finalement, il l'enveloppa dans sa veste. L'adrénaline le prit aux jambes avant de remonter dans le reste de son corps. Il sauta. Le contact avec l'eau était aussi brutal qu'avec un mur. Elle était glacée. Perçant la surface, il regarda autour de lui. Dans la pénombre, il distingua la surface polie du mur naturel. Ben se dépêcha de nager, en sentant le froid mordre ses membres qui commençaient à s'engourdir. Il se hissa sur la terre ferme avec difficulté.
Le jeune homme se leva, épuisé. Ce qu'il ne comprenait pas. Snoke et Skywalker lui avaient imposé des exercices bien plus fatiguant. Ses cheveux gouttaient désagréablement dans sa nuque, le faisant tressaillir. Ben se pencha en avant, les égoutta le mieux qu'il put et secoua vigoureusement la tête. C'était déjà un peu mieux.
Ben se redressa et examina son environnement. Le miroir était naturel. Il frissonna. La paroi miroitante lui renvoyait le reflet trouble d'une silhouette sombre. Un instant il crut que c'était la sienne. Mais elle commença à se déplacer vers la droite.
Le jeune homme se retourna. Il était bien seul. Ben la suivit du regard, un mauvais pressentiment lui nouant le ventre. Une grande arrête rocheuse séparait le mur en deux. La silhouette disparut dans l'ombre.
Le souffle court, le jeune homme sentit quelque chose de malsain envahir l'espace. Instinctivement, il porta une main à sa ceinture. Ben regretta d'avoir écouté la Force et d'avoir laissé son sabre.
Comme pour confirmer ses pires craintes, une main blanche apparut derrière l'endroit où la silhouette avait disparu. Elle était fine, pâle et jeune. Le poignet était fin aussi, presque maigre, mais une certaine force s'en dégageait. Puis une silhouette apparut.
Ben recula d'un pas. C'était bien réel.
— Ben ?
Troublé, le jeune homme fit face à la personne qui se tenait devant lui. Il aurait reconnu ce visage entre mille, même avec un capuchon sur la tête.
— Ben ? Est-ce que tout va bien ? lui demanda Rey visiblement inquiète.
Perturbé par son apparence, il ne répondit pas, la détaillant de la tête aux pieds. C'était vraiment bizarre, à peine quelques heures plus tôt elle était devant lui, très différente de celle qui se tenait devant lui.
Le regard de la jeune femme était étrangement très vif et perçant par rapport à d'habitude. Elle ne cessait de regarder autour d'elle. Tout son corps semblait tendu, comme si elle était sur ses gardes. Rey se tourna finalement vers lui, le souffle court. Le jeune homme crut voir un air de prédateur dans son regard pendant une fraction de seconde.
— Est-ce que tu es en mission ? finit-il par demander.
Rey baissa les yeux, et il vit ses mains trembler. Les yeux de la jeune femme voyageaient de nouveau d'un point à un autre et repassaient brièvement à lui. Ils s'embuèrent quand finalement elle accrocha son regard. Elle avait l'air terrorisée.
Soudain elle se précipita sur lui et referma ses bras sur lui. Il la reçut contre lui sans trop comprendre, les bras ballants, ne sachant pas comment réagir. Après un moment d'hésitation, il l'enlaça. Le contact lui amenait son odeur et sa chaleur, familières. Ben devinait facilement pour la première fois sous ses mains, son corps fin mais musclé à travers toutes ses couches de vêtements.
La jeune femme sembla se détendre, malgré son souffle toujours court. Il n'osait pas réaliser ce qui était vraiment en train d'arriver. Certes leur précédente rencontre dans la Force les avait un peu rapprochés, mais pas à ce point-là, surtout connaissant la méfiance de Rey.
Quelque chose n'allait pas.
— Rey, est-ce que tu es en danger ?
Elle eut un drôle de soupir contre lui. Ses mains s'appuyant contre ses épaules, Rey s'écarta, la tête baissée, sa capuche cachant son visage. Le jeune homme défit sa prise alors qu'elle murmurait d'un ton presque moqueur :
— Oh Ben…
Il s'immobilisa, sourcils froncés. La jeune femme releva la tête.
Sous le capuchon noir, deux billes brillantes sombres transperçaient Ben d'un regard vif et affamé. Il réalisa que son visage était livide et émacié.
Un sourire malsain étira ses lèvres pâles. Elle s'avança vers lui, lentement, sans le quitter des yeux. Ses sourcils se froncèrent, sans que son sourire machiavélique ait disparu.
Son regard de prédateur et ce sourire anxiogène le mettait vraiment mal à l'aise. Ben sentit son sang quitter son visage. Il avait souhaité, désiré voir Rey le rejoindre du côté obscur, mais la voir ainsi…
Au fond de lui, il savait que c'était trop. Quelque chose n'allait pas.
— Je ne comprends pas.
— C'est tout naturel, répondit-elle d'un ton compréhensif. N'est-ce pas ce tu voulais ?
Elle se désigna d'un geste d'une élégance terrifiante et non naturelle. Elle écarta la cape qui l'enveloppait, révélant brièvement une robe noire.
Ben la regarda approcher encore, avant de détourner la tête. Même sa voix, son intonation était comme d'ordinaire.
— Tu avais raison. Le côté obscur est très attirant.
Elle était trop proche. Paralysé par la peur, il ne fit aucun mouvement pour s'écarter.
— Mais tu t'es trompé sur un point.
D'un claquement de doigt à côté du visage de Ben, impérieuse, elle le força à la regarder.
— Je suis le côté obscur, murmura-t-elle.
Ben craignait d'avoir compris. Le jeune homme la contourna et recula.
— Et tu sais ce que je vois ? De la lumière.
Rey lui tendit la main, avec un petit sourire.
— Je peux t'aider.
Il fixa la main tendue, puis son visage. Elle avait l'air tellement sincère et compréhensive. Mais étrangement, son corps n'était pas complètement tourné vers lui, et il ne voyait pas son autre main. Comme si elle tenait quelque chose derrière elle.
Un bruit mat résonna derrière lui. Et encore, de façon répétitive. Le regard soudain agacé de Rey se porta derrière le jeune homme.
Ben se tourna. Il était littéralement dos au mur. Par-delà la surface brillante, une nouvelle ombre abattait ses poings sur la paroi pour attirer son attention. Instinctivement il leva la main. Du bout des doigts il toucha la surface froide. Un voile sembla se lever.
Le choc le saisit.
Un cri d'enfant retentit. Il ne sut pas si c'était dans sa tête ou dans la grotte.
« Maman ! »
Ben regarda sa mère sans le croire. Telle qu'elle était dans ses derniers souvenirs.
Leïa l'appelait, mais il n'entendait pas sa voix. Elle se figea en le voyant, des larmes perlant au coin de ses yeux. Sa main se tendit vers son visage, mais elle était coincée de l'autre côté. Ben haleta. Il eut la sensation de sentir sa main chaude caresser sa joue. Puis le visage de sa mère se figea dans une expression de terreur. Le jeune homme suivit son regard.
Le regard de Rey était lugubre.
— Ne l'écoute pas. Elle est comme tous les autres. Rappelle-toi, elle t'a abandonné ! Elle t'a laissé entre les mains d'un lâche ! Un faible ! La lumière, c'est pour les faibles !
Surpris de sentir des larmes couler sur ses joues, Ben se passa une main sur le visage. Le regard peiné, Rey lui tendit de nouveau la main.
— Viens, demanda-t-elle comme une prière.
Réalisant qu'il était perdu, elle porta la main à sa ceinture.
— Tu sais ce qu'il faut faire.
Le cœur battant dans sa gorge, le jeune homme regarda le sabre dans la main de Rey. Un double sabre.
— Tu l'as déjà fait. Laisse-toi aller. Ce sera facile. Et tu seras libre, lui promit Rey.
Libre ? Il aurait voulu la croire. Mais comment, alors que la mort de son père le rongeait toujours ?
Rey sembla suivre le cours de ses pensées. Toute compassion disparut de son visage. Elle activa le sabre laser. Dans un pur instinct de survie, Ben s'écarta tandis qu'un éclair rouge frappait le miroir où se tenait sa mère.
Une douleur vive dans la poitrine le sonna. Choqué, il se laissa glisser au sol, dans un gémissement terrifié. Des éclats lui tombèrent dessus. Ben se recroquevilla sur lui-même. Il sentait qu'il perdait pieds. Seul le contact de son dos contre la roche lui rappela que c'était malheureusement bien réel.
Le grésillement du sabre laser disparut. Il osa à peine lever les yeux. Rey le toisait de haut.
— Qui veux-tu être ? Ben Solo, docile et ennuyeux, qui veut que sa mère l'admire ? Ou Kylo Ren, l'invincible redouté par toute la galaxie ?
Ben secoua la tête. Il voulait que ça s'arrête.
Le visage de Rey s'adoucit. Toujours debout devant lui, les yeux tristes, elle se pencha légèrement en avant et murmura d'une voix sourde et tremblante :
— Je sens la peur et la tristesse qui te rongent. Je peux t'aider. Encore.
Rey s'écarta, dévoilant ce qu'elle cachait dans son dos depuis le début. Sa main tenait une autre main.
Si petite.
Rattachée à un petit garçon, aux cheveux sombres et aux grands yeux bruns, qui l'observait avec curiosité. Des yeux brillants d'innocence qui passèrent de Ben à Rey.
La jeune femme s'accroupit face au petit garçon et lui sourit avec une telle douceur que cela brisa le cœur de Ben. Sa main caressa sa joue ronde d'enfant d'un geste maternel.
Rey se redressa et vint s'agenouiller près du jeune homme. De nouveau troublé par ce brusque changement d'attitude, il détailla son visage. Il réalisait que c'était la pénombre et son capuchon qui creusaient ses traits. Une main légère se posa sur son épaule, tandis que l'autre repoussait doucement une mèche noire de ses yeux. Son sourire ému était magnifique. Elle se pencha sur lui. Il ferma les paupières, les souvenirs de leur dernière connexion encore vifs.
— Sois avec moi, chuchota-t-elle, à son oreille, d'un ton presque implorant, en glissant sa main à sa nuque.
Il sentit la main posée sur son épaule le lâcher. Les yeux de Ben suivirent le doigt qu'elle pointait en avant.
Le petit garçon.
Toujours près de son oreille, elle continua de cette même voix :
— Laisse mourir le passé. Tue-le s'il le faut.
Son sang se glaça dans ses veines. Réalisant enfin qu'elle retournait tous ces mots contre lui, Ben sentit enfin l'adrénaline dans tout son corps. Il agrippa brusquement les bras de Rey et la repoussa. Elle s'affala au sol. Le jeune homme se releva, tentant de remettre ses idées en place. Elle le fixait. Il crut qu'elle allait se mettre à pleurer.
Mais en le voyant se mettre en garde, son regard malsain revint.
Rey se jeta sur lui. Le jeune homme bloqua facilement ses coups, jusqu'à ce qu'il arrive à saisir ses deux poignets. Elle eut un rire mauvais en se glissant sous ses bras et pivota. Un coup de coude d'une violence inouïe lui coupa le souffle. Ben se massa le sternum, où le coup l'avait atteint.
— Tu es faible ! Comme ton père ! cracha-t-elle, se détournant avec une grimace de dégoût.
Il chargea. Le jeune homme la plaqua contre le miroir. Son visage percuta la roche et elle s'effondra comme une poupée de chiffon. Son capuchon était tombé, révélant un unique chignon austère.
Essoufflé, Ben vit sa lèvre fendue et son nez cassé dégoulinant de sang. Son horrible sourire persistait malgré ses blessures alors qu'elle se traînait vers l'endroit où elle était apparue. Le jeune homme la suivit, sur ses gardes.
Rey se releva. Elle recula dans l'ombre et disparut.
Ben était enfin seul. Le garçon, Leia, Rey, tout avait disparu. Un immense soulagement l'envahit mais il dut s'asseoir pour ne pas tomber, sous le coup de l'émotion. Trop de choses se bousculaient dans sa tête.
Ben ferma les yeux. Il devait se débarrasser de sa peur. Le jeune homme avait du mal à respirer. Le souffle saccadé, il se rendit compte à la dernière minute que quelque chose avait changé dans l'air.
Il se releva tendu.
J'espère que ça vous a plu et surtout que ça vous surprend. Je donnerai plus d'explications au prochain chapitre, sinon je vais me spoiler toute seule me connaissant. J'ai adoré écrire la deuxième partie de ce chapitre. Je voulais que ce soit vraiment sombre, de façon progressive j'espère que vous l'avez senti, parce que j'avoue qu'après beaucoup de relectures, je n'arrive plus à prendre du recul, je ne pense qu'aux coquilles qui peuvent (malheureusement) encore traîner.
Merci à Gaelle et Harpie pour vos reviews, ça m'a fait vraiment super plaisir !
A bientôt.
