NdA : Bon, c'est plutôt rare que je publie deux chapitres à moins d'une journée d'intervalle, mais que voulez-vous. Il pleut et je m'ennuie.
Non, la vraie raison c'est surtout que le chapitre précédent était une présentation des personnages de Magic Kaito et que celui-ci fait pareil avec ceux de Miraculous, donc je me suis dis, tant qu'à faire, il valait mieux que je les publie vite avant que l'histoire ne commence vraiment... mais les chapitres suivants ne seront pas aussi rapides, j'en ai peur... -.-'
Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.
Chapitre Deuxième
« Kid l'Insaisissable ?
— Oui ! Et il va venir à Paris ! Tu imagines !
— … je ne sais pas trop. C'est un voleur si j'ai bien compris, non ?
— Pas un simple voleur ! Un gentleman cambrioleur ! L'Arsène Lupin des temps modernes ! À Paris ! »
Marinette Dupain-Cheng regarda sa meilleure amie Alya qui trépignait en regardant les nouvelles sur son portable. Elle devait sans doute être en train de se demander qui gagnerait dans un combat entre Kid et Ladybug. Ou quelque chose du genre.
« D'après l'article, ils disent que Kid est apparu pour la première fois en France il y a une vingtaine d'années. Il a ensuite cambriolé partout dans le monde, mais il a subitement cessé ses activités une décennie plus tard et les gens ont pensé qu'il était mort. Il est revenu au Japon il y a environ deux ans et a volé exclusivement là-bas depuis. Tu imagines ?
— Tout ça est très intéressant, Alya, mais… tu sais qu'on est en classe ? »
La collégienne cligna des yeux et se dépêcha de ranger son portable. La professoresse continua de la fixer un petit moment avant de finalement entamer son cours.
« Mais imagine un peu ! continua Alya sur le ton de la confidence. Un cambrioleur de classe internationale ! Je me demande ce que vont faire Ladybug et Chat Noir. Tu crois qu'ils aideront la Police à l'arrêter ?
— Peut-être… mais leur travail est surtout de protéger la population des Akumas, je ne pense pas que…
— Moi, je trouve que ce serait super ! intervint un petit blondinet qui était assis devant les deux filles, en se retournant. Vous imaginez Chat Noir se battre contre Arsène Lupin ? Ce serait trop classe ! »
Adrien paraissait très excité par la perspective, et Marinette rougit quand le jeune mannequin (absolument parfait selon ses critères personnels) la regarda dans les yeux. Elle bafouilla quelque chose d'inintelligible, sous le regard amusé d'Alya, et préféra se détourna en prenant son propre portable pour aller chercher quelques informations éventuellement utiles sur le voleur.
« Après tout, Paris est une ville protégée par des super-héros, il va falloir qu'ils fassent honneur à leur réputation ! continua l'apprentie journaliste en triturant son stylo. Ce n'est pas qu'ils luttent en priorité contre le Papillon que leur cercle d'activités s'arrête là ! »
Ce n'était pas totalement faux. Si, aujourd'hui, les Miraculous de la Coccinelle et du Chat Noir étaient surtout occupés à réparer les dégâts que faisaient les personnes sous l'emprise du détenteur de la Broche du Papillon, ce n'était pas leur fonction de base. Maître Fu, le Gardien des Miraculous, le lui avait longuement expliqué.
Mais est-ce que lutter contre des voleurs était vraiment leur travail ? Bien sûr, les criminels se devaient d'être arrêtés, mais celui-là ne semblait pas particulièrement dangereux, si elle se fiait aux informations le concernant qui étaient principalement laissés sur le net…
La franco-chinoise ne savait pas trop quoi faire. En tant que Ladybug, elle avait pour mission de protéger Paris, mais de ce qu'elle pouvait voir sur la plupart des sites où elle allait, ce voleur qui se faisait appeler Kid mettait toujours un point d'honneur à garder le moindre de ses cambriolages sécurisé… et, fait assez surprenant, il avait une montagne de fans, dont certains avaient réussi à venir jusqu'à Paris en prévision du vol juste pour l'encourager… il donnait plus l'impression d'être un intermittent du spectacle assez peu orthodoxe qu'un criminel recherché par Interpol…
C'était presque à croire qu'il se souciait plus de divertir son public plutôt que de faire son cambriolage : il rendait à chaque fois ce qu'il avait volé dans les jours qui suivait, en prétendant que l'objet ne l'intéressait pas.
Et puis, il y avait ces messages codés qu'il envoyait… Marinette souffla. Un message. Comme si les voleurs sains d'esprit avaient l'habitude de prévenir le monde de la date, de l'heure, du lieu et de la cible du vol, le tout déguisé en énigme incompréhensible.
Elle secoua la tête. Elle pourrait toujours aller sur les lieux (elle était prête à parier qu'Alya serait le plus près possible pour tout filmer, il ne serait pas bien difficile de trouver une excuse pour l'accompagner) et vérifier que rien n'était dangereux. Elle préférait laisser à la Police le soin d'arrêter ce Kid, néanmoins. Sauver les gens de l'emprise du mal était une chose, aider à mettre une personne en prison en était une autre. Surtout une personne réputée comme non-violente. Comparé à tous les Akumas qu'elle avait eu à combattre, ce cambrioleur flamboyant et irréaliste ne ressemblait pas vraiment à un danger à ses yeux…
Par contre, elle ignorait ce qu'en pensait Chat Noir. Cette tête brûlée serait sûrement ravie d'avoir un challenge de la taille du voleur « insaisissable » qui arrivait.
Elle ne le savait pas, mais elle avait raison. Sur le siège placé juste devant elle, Adrien Agreste, célèbre mannequin, fils du célèbre styliste Gabriel Agreste, et accessoirement Chat Noir, célèbre super-héros de Paris, trépignait d'impatience à l'idée de rencontrer le voleur. Oh, il avait hâte. Il avait la conviction que cette rencontre serait intéressante. Il ne cessait de gigoter, au point que son pied finit par percuter son sac, réveillant la créature qui dormait à l'intérieur.
Une petite boule noire sortit à toute vitesse du sac pour rentrer dans la veste d'Adrien, et le garçon entendit un grognement étouffé. Il eut un sourire gêné et fit un signe d'excuse au Kwami de la Destruction, source de son pouvoir. La petite boule noire, un minuscule chat volant aux yeux verts qui répondait au nom de Plagg, grommela quelque chose qui devait sans doute signifier qu'il devrait lui donner, comme punition pour l'avoir réveillé, une petite montagne de camembert à la seconde où ils seraient rentrés à la maison.
Adrien n'avait d'ailleurs jamais compris comment faisait le Kwami pour en enfourner autant sans jamais se lasser ou se retrouver avec une indigestion.
Mais n'empêche. La rencontre avec Kid serait riche en rebondissements, il le savait.
« Hey, mec, pourquoi tu souris comme un idiot ? lui demanda son meilleur ami Nino, qui était assis à côté de lui.
— Oh, pour rien. »
« Parfaitement ! C'est une honte !
— Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Adrien alors qu'il croisait Chloé Bourgeois en train de faire une scène dans la cours de récréation.
La fille du maire se retourna en trois secondes et s'écria :
« Adri-chou ! Tu ne vas pas le croire ! Un voleur a décidé de voler mon père !
— Je suppose que c'est de Kid que tu parles ?
— Parfaitement ! Enfin, je ne sais pas trop… tout ce que je sais, c'est qu'il a envoyé un message monstrueusement prétentieux à mon père, pour lui dire qu'il allait le cambrioler ! Non mais tu imagines ? Alors que mon père a eu la gentillesse de prêter à la ville une partie de sa collection !
— Comment ça, il a reçu un message ? demanda Nino, surpris. Je croyais que c'était la Police qui avait reçu l'énigme !
— Il a trouvé un exemplaire de cette fichue carte dans sa boîte aux lettres, si tu veux le savoir, lui répondit Chloé en le fusillant du regard pour une raison inconnue.
— Je sais, je comprends que tu sois énervée, Chloé… mais vois le bon côté des choses, de ce que j'ai entendu, Kid rend toujours les joyaux qu'il a volé après le cambriolage, tenta de la calmer Adrien, qui connaissait suffisamment son amie d'enfance pour savoir à quel point il lui était facile d'exploser.
— En plus, mon père sera là, intervint Sabrina Raincomprix, l'amie de Chloé – et accessoirement son larbin à temps partiel. En tant que policier, il fera tout ce qui lui est possible pour protéger le clou de la collection ! Et nous aurons même une Brigade en renfort qui vient directement de Tōkyō pour nous aider. Si avec ça on n'arrive pas à l'attraper !
— Je m'en fiche ! trépigna Chloé. Ce type n'a pas à voler les gens comme ça ! Il croit peut-être qu'il est au-dessus de tout le monde ?
— Ça, par contre, ça doit te connaître, non ? lança Alya qui passait près du groupe en compagnie de Marinette. Se croire au-dessus de tout le monde ? N'est-ce pas, Mlle-est-ce-que-vous-savez-qui-est-mon-père ? »
Chloé vit rouge et semblait sur le point d'exploser pour de bon quand la sonnerie de reprise des cours retentit. Alya partit en rigolant en compagnie de Marinette, son petit-ami Nino en profitant pour fuir le groupe et la suivre vers la classe.
Marinette se sépara du couple pour aller aux toilettes avant de retourner en classe. Une petite boule rouge, qui était en fait une créature aux couleurs de la coccinelle, avec une tache noire sur la tête et des petites antennes, sortit de sa sacoche en battant des ailes et lança d'une petite voix fluette :
« Je ne savais pas que la pierre que Kid voulait voler appartenait au père de Chloé…
— Moi non plus, Tikki, mais rien que ça me donne envie de ne rien faire et de regarder le spectacle, répondit la collégienne avec un reniflement agacé.
— Ce n'est pas très gentil, ça », répondit la Kwami en fixant sa Choisie.
Même si elle pouvait un peu comprendre Marinette. Elle et Chloé se détestaient depuis l'école primaire et s'il fallait être parfaitement honnête, le sale caractère de Chloé tapait sur les nerfs de tout le monde. Au point que les Akumatisés, ces personnes possédées par un Akuma du Papillon à cause de leur colère ou de leur désespoir, étaient régulièrement dans cet état par sa faute.
La Kwami de la Création soupira. Un de ces jours, il faudrait vraiment faire quelque chose pour cette situation.
« Allez, Marinette, dépêche-toi, on doit retourner en classe ! »
« Vous dites que ces gens, cette… brigade… viendra de Tōkyō demain pour aider à protéger mon bien ? » demanda André Bourgeois, le maire de Paris, à la personne qui était entrée en contact avec lui par vidéo-conférence.
Il connaissait bien Hakuba, le Super-Intendant de la Police de Tōkyō, même s'il connaissait un peu plus son ancienne épouse qui venait régulièrement à Paris pour des raisons professionnelles. Il devait avouer qu'il était soulagé de savoir qu'on enverrait des renforts pour protéger son trésor. Bien sûr, il avait parfaitement confiance en ses forces de Police, mais savoir que des gens « spécialistes » du voleur étaient en chemin était une bonne chose malgré tout.
« Et vous me dites qu'ils sont chargés de capturer ce… Kid… depuis son retour ?
— Et même depuis avant sa disparition. En fait, leur dirigeant, l'inspecteur Nakamori, est là-dedans depuis presque le tout début, répondit Hakuba avec un hochement de tête.
— Mais… pensez-vous vraiment qu'ils soient compétents ? Je veux dire… s'ils n'ont toujours pas réussi à le capturer depuis tout ce temps… » hésita le maire.
Le Super-Intendant se contenta de rire bruyamment.
« Croyez-moi, ils sont compétents. Nous parlons simplement d'un voleur exceptionnel dont les techniques sont profondément différentes de ce qu'on a l'habitude de voir d'ordinaire. Nakamori est capable de déchiffrer les messages codés de Kid mieux que personne – à part peut-être, moi, mon fils, et un détective du nom de Mōri. Et il a l'habitude de voir la magie de Kid à l'œuvre. À chaque fois que de nouvelles personnes sont incorporées à la protection des cibles, peu importe à quel point elles sont compétentes, Kid les prend absolument toutes au dépourvu. En parlant de ça, vous savez ce qui est arrivé à ce Dolon ? continua Hakuba sans se soucier de savoir si on l'écoutait ou non.
« C'était un garde du corps royal. Il était chargé de veiller à la protection d'une princesse qui visitait le pays. Hélas pour lui, il avait une certaine tendance à la gâchette qui n'a pas trop plu au Kid. De ce que j'ai compris, il a fini par sauter tout seul d'une fenêtre et on l'a retrouvé accroché à quinze mètres du sol. Dans le même temps, Nakamori a été le seul à comprendre que Kid avait pris l'apparence de la princesse elle-même pour s'enfuir et a ainsi pu lui reprendre le joyau à temps. Croyez-moi, il ne sera pas de trop pour vous aider. »
André déglutit en entendant l'anecdote.
« Si vous le dites…
— Ah, et aussi, comme la plupart des hommes de la Brigade ne parlent pas français, j'ai demandé à mon fils de les accompagner. Vous le connaissez déjà, il me semble ?
— Oui, oui, bien sûr… c'est quoi son nom déjà ?
— Arthur. Il s'appelle Saguru Arthur Hakuba.
— Ah, oui, c'est vrai, s'exclama André. Oui, oui, bien sûr. Je serais ravi de croiser ce garçon. Il servira d'interprète, donc ?
— En effet, confirma Hakuba. Il m'a aussi demandé si quelques-uns de ses camarades de classe pouvaient l'accompagner, cela ne vous dérange pas j'espère ?
— Non, non, pas du tout. Plus on est de fous plus on rit ! Enfin, du moment qu'il n'embêtent pas les policiers, tout va bien.
— Aucune inquiétude de ce côté-là. Vous connaissez mon fils, il est déjà un bon détective et il sait comment agir en présence de forces de l'ordre. Une des filles qui l'accompagne est la fille de Nakamori et elle est donc capable de se débrouiller. Et de ce que j'en sais, les deux autres sont dignes de confiance. L'un d'eux est même un magicien amateur qui a aidé plusieurs fois la Brigade à déjouer les tours de magie du Kid. Croyez-moi, vous n'aurez pas à vous en plaindre. »
André Bourgeois se sentit grandement rassuré. Si tous ces gens semblaient compétents… ça irait. Son bien serait en sécurité. Parfait.
Il interrompit la vidéo-conférence. Ce n'était pas tout ça, mais il avait d'autres choses à faire aujourd'hui en tant que maire de Paris.
NdA : Donc. Tout ce petit monde est bien présenté, c'est déjà ça de pris.
Oui, Saguru a un deuxième prénom occidental dans cette histoire. J'ai toujours pensé qu'en tant que métis et ayant passé toute son enfance en Angleterre, il devait sans doute en avoir un. En tout cas, si j'avais été sa mère, j'aurais insisté pour.
(J'étais en train de chercher dans une liste de noms anglais ce qui pourrait aller, parce que j'avais déjà une idée mais c'était moyen, et puis d'un coup je tombe sur celui-là, et je me dis « Tiens, comme le Roi Arthur. Bon, suivant... ... attends... c'est pas comme dans Les aventures de Sherlock Holmes par le Sir Arth... adjugé vendu, donc. »)
Oui, je suis fière de moi.
