NdA : Et bonjour pour le troisième chapitre ! Donc, aujourd'hui, tout le petit monde japonais arrive en France et on a la résolution de l'énigme... (je m'excuse à l'avance pour l'explication ^^') Le chapitre d'aujourd'hui est du point de vue de Saguru. Je ne sais pas si c'est utile à dire, vu que ça se voit, mais bon...
Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.
Chapitre Troisième
Aoko sortit de l'aéroport Charles-de-Gaulle en sautillant, surexcitée. À croire que les douze heures d'avion et le décalage horaire n'avaient aucune influence sur elle. Ah. Si seulement. On verrait bien si elle était toujours en forme le lendemain.
« Alors c'est ça, Paris ? Ça a l'air génial ! s'exclama la fille de policier en regardant tout autour d'elle.
— Ce qui est génial, c'est que nous n'ayons pas à passer entre les gouttes pour rejoindre notre hôtel », remarqua Saguru avec un sourire.
Il faisait en effet un beau soleil sur la capitale, comme pour les accueillir. Honnêtement, il avait déjà eu affaire à bien pire au cours de ses visites précédentes.
« Enfin, venez par là, normalement notre chauffeur ne devrait pas tarder à arriver.
— Un chauffeur ?
— À moins que vous ne préfériez y aller à pied…
— Non, non, c'est bon ! »
Le quatuor de lycéens se dirigea vers deux voitures d'allure officielle, les valises à la main. Un homme les y attendait et les salua.
« Bonjour les enfants. On m'a demandé de vous escorter jusqu'à l'hôtel. Lequel d'entre vous est monsieur Hakuba ?
— Moi.
— Enchanté. Monsieur le maire m'a demandé de vous informer qu'il vous accueillera à l'hôtel. L'inspecteur Nakamori s'y trouve également.
— Je vois. Merci. »
Aoko, qui ne comprenait pas le français mais qui avait quand même reconnu son nom, demanda à Saguru ce qui avait été dit, et il lui traduisit les mots du chauffeur. Aoko fut ravie à l'idée de retrouver son père, qui était arrivé sur place en compagnie de sa Brigade avec un vol différent quelques heures plus tôt.
Ils durent alors se décider pour savoir qui irait avec qui dans les deux voitures. Le détective fit mine de vouloir monter avec Aoko, mais évidemment Kuroba ne l'entendit pas de cette oreille et traîna son amie d'enfance vers une des voitures.
Il se retrouva donc à monter avec Koizumi qui semblait particulièrement vexée. La jeune fille aux yeux rouges fixa un moment son compagnon de voyage et le détective lycéen sentit son visage devenir écarlate. Il entendit Kuroba ricaner au loin, alors qu'il fermait sa portière.
Qu'il ricane. Sa vengeance serait terrible.
Quand les quatre se retrouvèrent devant l'hôtel Le Grand Paris après le voyage, il furent accueillis par un homme bedonnant, au sourire jovial, dont le torse était traversé d'une écharpe municipale.
« Ah, mon garçon ! C'est un plaisir de vous revoir ! Cela faisait si longtemps !
— Le plaisir est partagé, monsieur le maire, répondit Saguru avec un sourire. Cela fait… un an depuis la dernière fois ?
— Peut-être, peut-être… ah, il s'agit donc de vos amis ? demanda André Bourgeois en jetant un regard aux lycéens qui se trouvaient à ses côtés.
— En effet. Je vous présente Aoko Nakamori, la fille de l'inspecteur Nakamori, ainsi que deux de mes camarades de classe, Akako Koizumi et Kaito Kuroba. »
Les trois s'inclinèrent légèrement quand leurs noms furent prononcés, et Kuroba ajouta son grain de sel :
« C'est un honneur de vous rencontrer, monsieur le maire. J'espère que ce séjour sera agréable pour nous tous ici. »
Il avait dit tout ça dans un français impeccable et Saguru le fixa un instant en clignant des yeux, surpris, le spectacle qu'il avait devant les yeux presque surréaliste. Kuroba eut un reniflement agacé, et il entra à la suite du maire dans l'hôtel, en entraînant Aoko avec lui.
Ils visitèrent un peu l'hôtel, monsieur Bourgeois semblant particulièrement fier de leur faire la visite du bâtiment qui lui appartenait jusqu'aux fondations. Puis il leur montra leurs chambres pour qu'ils puissent déposer leur affaires, et leur indiqua l'endroit où se trouvait l'inspecteur Nakamori. Les jeunes le remercièrent avant d'entrer dans les chambres. Il y en avait deux de deux lits chacune, et en toute logique Aoko et Koizumi se mirent ensemble dans l'une d'elles, laissant les garçons prendre l'autre.
Saguru et Kuroba rentrèrent donc à leur tour dans leur chambre et déposèrent leurs bagages sur le côté. Le détective ne resta pas longtemps pour admirer la pièce, étant donné qu'il avait à rejoindre l'inspecteur le plus vite possible. À l'heure qu'il était, le pauvre devait sans doute essayer de communiquer du meilleur qu'il pouvait, mais ce ne serait pas de refus d'avoir son interprète le plus vite possible.
Il se retourna vers son camarade de classe avant de sortir, et lui lança :
« J'ignorais que tu savais parler français, Kuroba. »
Le jeune magicien haussa des épaules sur le lit.
« Ma mère a des origines françaises, mes parents se sont rencontrés en France, et je suis déjà venu en France pour des vacances quand j'étais petit. Ce n'est pas très surprenant.
— Ah ? Je l'ignorais. »
Quand il avait fait ses recherches, Saguru s'était surtout concentré sur le père de Kuroba, un magicien de classe internationale qui, comme par hasard, était mort dans un accident de spectacle à peu près au même moment où Kid avait disparu pour la première fois. Cela faisait un peu trop pour une coïncidence et il se doutait bien que Kuroba Tōichi avait dû être le premier Kid; il se demandait d'ailleurs parfois si cet accident de spectacle qui l'avait tué avait vraiment été un simple accident…
Mais il ne s'était pas vraiment concentré sur la mère de Kuroba. Maintenant qu'il y pensait, il se demandait quel genre de personne elle pouvait être… il ne l'avait jamais rencontrée et elle était apparemment toujours en voyage, changeant de pays comme de paires de chaussures. Il faudrait qu'il s'intéresse à son cas un de ces jours…
« J'aurais pensé que c'était à cause de ton fanatisme pour Arsène Lupin…
— Si tu veux le savoir, oui, j'ai déjà lu les bouquins en français, lâcha le magicien. Mon père avait toute la collection. »
Saguru sourit et lui lança : « En tout cas, je dois dire que ton accent est bien meilleur quand tu parles français que quand tu parles anglais », avant de sortir de la pièce, refermant la porte juste à temps pour ne pas se prendre un oreiller à la figure.
Il ignora le « Excuse-moi de m'adapter au niveau japonais moyen… » étouffé qui venait de derrière la porte et descendit jusqu'à la salle de conférence.
Sur le chemin, il croisa Aoko qui semblait un peu perdue et ils finirent le chemin ensemble. Une fois arrivés, ils frappèrent doucement à la porte et entrèrent.
Tout le monde se tourna vers eux et l'inspecteur Nakamori se précipita vers eux, ravi.
« Ah, Aoko, Hakuba-kun ! Vous êtes enfin arrivés ! Parfait… ils n'ont pas l'air de comprendre quand je parle anglais, alors on a dû communiquer par écrit jusque là. Heureusement, ça va être plus facile maintenant ! »
Le jeune détective hocha la tête et se tourna vers les policiers français qui étaient assis. Ils semblaient également être soulagés. Il s'inclina légèrement, avant de se tourner en direction de celui qui semblait diriger la brigade française.
« Enchanté. Je suis ici pour vous aider à communiquer avec les troupes japonaises, et suis également prêt à vous apporter mon aide, en tant que détective.
— Détective ? À ton âge ? demanda un des policiers – dont le badge indiquait le nom de Roger Raincomprix – avec un regard intrigué. Bah, si tu peux aider, pourquoi pas… »
Saguru hocha la tête et se tourna vers Nakamori.
« Où en étiez-vous avant que j'arrive ?
— Nous étions en train de parler du message codé. Enfin… nous essayions de parler, plutôt. »
Saguru hocha la tête et se tourna vers le vidéo-projecteur qui affichait l'énigme de Kid en grand sur le mur. Une traduction en japonais était projetée à côté pour la Brigade.
Il lut à nouveau l'énigme qui était sous ses yeux, même s'il avait déjà eu le temps d'y réfléchir pendant le trajet en avion, et pensait en avoir compris l'intégralité.
Quand l'horloge sonnera ses coups promis, je descendrai de l'Aînée pour vous enchanter d'un voile de Rêve. Au sommet de la pantoufle j'irai me placer, sa magie éternellement conservée recouvrant la nuit d'un linceul protecteur.
Aux côtés de ma Compagne de Lumière, j'irai enlever le vestige flamboyant du Siècle Sanglant de sa stèle et l'élever aux Cieux d'où vint l'Appel.
Kid, l'Insaisissable Voleur Fantôme
« Et bien… cette énigme me semble plutôt simple, pourtant.
— En tout cas, la fin du message indique la cible du vol de manière plutôt évidente », fit Nakamori en haussant des épaules.
Un des policiers français fit défiler le diaporama et une photo prit la place de l'énigme. Sur le mur se trouvait en grand l'image d'un magnifique fourreau, qui semblait presque ne pas avoir été touché par le temps.
Le cuir était noir, et le métal qui formait l'armature était fondu de manière à lui donner des motifs de fleurs et de plantes en tout genres, qui ornaient l'objet sur toute la longueur. Sur la ceinture, entouré d'une fine corolle, se trouvait un magnifique rubis qui brillait doucement, comme pour s'accorder au métal rouge qui constituait la poignée de l'épée qui était sagement glissée dans le fourreau.
Nakamori avait raison, la seconde partie du message était claire sur la cible du vol. Surtout quand on savait que le maire de Paris, qui venait juste de prêter ce trésor au Louvre dans le cadre d'une exposition sur la Guerre de Cent Ans, avait reçu son propre exemplaire de la carte.
« Le « vestige flamboyant » est sans aucun doute le rubis qui orne l'arme que monsieur le maire a prêté au Louvre, commença un policier français. Et le « Siècle Sanglant » est une référence à la Guerre de Cent Ans dont date le fourreau.
— On a supposé que les « Cieux » et « l'Appel » étaient une référence à la légende de Jeanne d'Arc, continua un de ses collèges. Après tout, elle est l'une des figures les plus emblématiques de cette période. »
Hakuba hocha la tête. C'était en effet le plus plausible.
« Même si nous ignorons si la « Compagne de Lumière » se réfère aussi à cette légende, étant donné que le message indique que Kid sera à ses côtés…
— Et puis on coince aussi avec le début, cette histoire d'Aînée et de pantoufle en particulier… »
Saguru sourit et traduisit la conversation à la Brigade. Nakamori hocha la tête.
« Je ne vois pas non plus de quoi Kid peut bien parler avec sa pantoufle… mais pour « l'Aînée », j'ai bien ma petite idée… et je pense que tu as également compris cette partie-là, Hakuba-kun ?
— La tour Eiffel, répondit le lycéen en hochant la tête.
— Exactement. – L'inspecteur eut un sourire. – Ça ne m'étonnerait pas qu'il parte de là-bas avec son deltaplane et rejoigne le Louvre par la voie des airs. »
Saguru hocha la tête et se tourna vers les forces françaises pour transmettre l'hypothèse. Les policiers eurent l'air perdus.
« La tour Eiffel ? Pourquoi Kid qualifierait-il la tour d'« aînée » ?
— La tour Eiffel a été construite lors de l'Exposition Universelle ayant eu lieu à Paris en 1889, commença Saguru d'un ton professoral. De manière anecdotique, elle fêtait les cent ans de la Révolution Française, mais elle devait à la base prouver le savoir-faire de la France en construisant une tour de 312 mètres – 324 avec son antenne –, faisant d'elle la plus haute structure du monde à l'époque. Elle est finalement restée en place pour servir de tour radio et est devenu un véritable symbole.
« Mais d'autres pays, par la suite, ont décidé de construire leur propre tour en copiant la silhouette de la tour Eiffel. Le Japon, où Kid a principalement été actif depuis sa réapparition, en fait partie. La Tour de Tōkyō est donc une… « petite sœur » du symbole de Paris, même si elle a quelques mètres de plus qu'elle. »
Il y eut un profond silence parmi les policiers français tandis que tout le monde faisait le tri parmi la quantité d'informations que le jeune détective venait de donner.
« Oh… je vois… finit par lâcher quelqu'un.
— Donc… Kid apparaîtra sur la tour Eiffel avant le vol ?
— En effet, confirma Saguru. Et pour ce qui est de la pantoufle… je pense que cela désigne la pyramide du Louvre.
— La pyramide ? s'exclamèrent les policiers.
— Il n'était pas difficile de comprendre que Kid irait au Louvre, mais…
— Pourquoi la pyramide en particulier ? »
Saguru soupira.
« À la fin du premier paragraphe, il mentionne un « linceul protecteur ». Or, dans l'Égypte Ancienne, les pyramides étaient construites pour servir de tombeaux aux Pharaons en attendant d'aller dans l'autre monde.
— Oh… mais ce n'est pas une vraie pyramide, celle-là est en verre…
— C'est vrai. C'est ça qui explique pourquoi il mentionne une pantoufle. Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit quand on dit les mots « pantoufle » et « verre » ? »
Il y eut un silence. Puis quelqu'un murmura :
« Cendrillon ?
— Exactement ! s'exclama le jeune détective. Cendrillon. « Petite cendre ». Dans l'histoire, la marraine de Cendrillon transforme ses sabots en pantoufles de verre soufflé. Mais ce n'est pas seulement à la pyramide que le conte se rapporte… »
Le jeune Britannique pointa le début de l'énigme et lut à voix haute : « Quand l'horloge sonnera ses coups promis ».
Les policiers dans la pièce lâchèrent soudain moult exclamations diverses alors que l'explication prenait forme dans leurs tête. Enfin, chez presque tout le monde.
« Je ne vois pas le rapport », fit un policier avec les sourcils froncés.
Il se fit taper sur le crâne par un de ses collèges, qui se passa la main sur la tempe avant de répondre, alors que tout le monde soupirait – sauf la Brigade du Kid qui ne comprenait rien à la situation depuis un moment.
Saguru préféra donc laisser le groupe de français expliquer aux moins réveillés d'entre eux le reste du message, et alla traduire l'explication de la note aux japonais de la pièce.
À la fin, Nakamori grommela.
« Je suppose qu'il apparaîtra sur la pyramide au douzième coup de minuit, dans ce cas ?
— C'est également mon hypothèse, fit le détective en hochant la tête. Il empruntera certainement la voie des airs pour faire le trajet tour Eiffel-Louvre, direction plein Est. Si l'on tient compte de la différence de hauteur entre l'observatoire de la Tour et le sommet de la pyramide, il parcourra une distance d'environ 3,06 kilomètres avec un angle depuis le sommet de 85,17°. Je suppose qu'il s'arrangera pour s'envoler de la tour Eiffel juste à temps pour pouvoir atterrir sur la pyramide à minuit. »
Il y eut un autre profond silence, cette fois parmi les policiers japonais.
« Ce Kid, il se croit marrant peut-être ? explosa soudain Aoko sur son siège. Il se prend pour une princesse ?
— À mon avis, plus pour un prince charmant, proposa Saguru avec un sourire. De très mauvaise qualité, certes, mais…
— Ça, tu peux le dire ! Je préférerais encore mourir dans une oubliette plutôt que de me faire sauver par ce… ce… ce coureur de jupons ! »
Le Britannique se retint de rire à la pensée que le coureur de jupons en question était le même garçon qui lui courait après depuis l'école primaire. Et qui lui faisait des farces de mauvais goût à longueur de journée, mais qu'elle n'échangerait malgré tout pour rien au monde.
Enfin, il n'avait pas de preuves, bien sûr. Mais ça viendrait.
« Les dernières choses qu'il reste à traduire dans le message, à présent, c'est le « voile de Rêve » et la « Compagne de Lumière », fit remarquer Nakamori en faisant s'asseoir sa fille pour éviter qu'elle ne se mette à casser quelque chose en s'imaginant qu'il y avait la tête de Kid dessus.
— En effet. Le voile de Rêve est peut-être un indice sur le tour de magie qu'il utilisera, mais en ce qui concerne la « Compagne », je pense que cela désigne tout simplement la lune.
— C'est aussi mon avis, concéda l'inspecteur. Un des surnoms de Kid est le « Magicien du Clair de Lune », après tout. Et dérangé comme il est…
— En général, il ne la mentionne jamais dans ses messages, fit remarquer Saguru, c'est donc qu'elle sera dans un état sortant de l'ordinaire le soir du vol.
— … et étant donné que la pleine lune aura lieu dans la nuit de samedi à dimanche, il n'y a plus de doute à avoir. À de rares exceptions près, chaque fois que Kid envoie une note, le cambriolage a lieu dans la semaine qui vient, de toute manière. »
Le détective alla traduire la dernière partie aux policiers français, qui se mirent à grommeler.
« Sérieusement… d'abord les douze coups de minuit, maintenant la pleine lune… ce Kid est… »
Saguru tapota l'épaule du policier le plus proche.
« Je sais. Je sais. »
Saguru resta encore un moment à aider les policiers des deux côtés du monde à s'organiser pour le cambriolage qui arrivait.
Comme il fallait s'en douter, quand il retourna enfin dans sa chambre après la réunion, Kuroba n'était plus là.
NdA : Voilà. Donc. Le prochain chapitre sera normalement du point de vue de Kaito. Juste pour préciser, dans l'histoire, on est actuellement un jeudi. Donc le cambriolage ne sera pas pour tout de suite, mais j'espère que les événements qui se passeront en attendant seront quand même à votre goût !
Je tiens à préciser que le talent de Nakamori pour déchiffrer les messages de Kid est canon (dans le vol de l'Étoile Noire, le premier cambriolage de DC, on le voit dans une voiture près du bon building, alors que tous les autres ont suivi Mōri dans ses théories bizarres).
De plus, les origines françaises de Kaito (du côté de Chikage) sont un headcanon personnel de ma part.
Et oui, j'ai ressorti mon vieux théorème de Pythagore juste pour que Saguru puisse se la péter avec des chiffres devant les policiers. Parce que c'est Hakuba Saguru.
