NdA : Bonjour à tous pour le nouveau chapitre. Il était censé arriver un peu plus tôt, mais mon week-end a été plutôt occupé.
Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.
Chapitre Quatrième
Kaito regarda autour de lui alors qu'il sortait prendre l'air. Les gens se pressaient autour de lui, riant ou se dépêchant, plus ou moins joyeux.
Il sourit. Cela faisait une éternité qu'il n'était pas venu dans la capitale française, mais il était ravi de pouvoir y remettre les pieds. Cette ville avait une certaine place dans son cœur.
Et certainement pas à cause du fait que ses parents s'étaient rencontrés ici, ou que Kid était né à Paris… bon, peut-être un peu. Mais bref.
Il sortit son portable de sa poche et sélectionna un numéro enregistré.
« Jii-chan ? C'est moi, je suis arrivé.
— Jeune maître ! Le voyage s'est bien passé ? » demanda la voix à la voix inquiète et soulagée du vieil homme.
Kaito sourit. Jii était toujours inquiet pour un rien. Mais c'était une des personnes les plus importantes de sa vie.
L'ancien assistant de feu son père, et complice de Kid père et fils, était profondément loyal à la famille Kuroba et Kaito aurait pu lui confier sa vie sans hésiter une seconde. Et l'inverse était vrai également.
« Ça va, Jii-chan. J'ai passé le trajet à dormir… enfin, à essayer. Si tu voyais l'hôtel dans lequel on est, par contre !
— Vous êtes des invités du maire de Paris, ce n'est pas bien surprenant. Plus important… il faudrait que nous parlions… c'est assez urgent…
— À propos de tu-sais-quoi ? C'était également mon intention… où est-ce qu'on peut se retrouver ?
— Pas seulement, je… peu importe. Je me trouve actuellement dans les jardins du Trocadéro.
— Parfait. On se retrouve là-bas et on va dans ta chambre d'hôtel ?
— Très bien. À tout de suite. »
Le vieil homme raccrocha et Kaito commença sa route. Il voulait pouvoir discuter du cambriolage sans risquer que quelqu'un les entende. Bien sûr, la plupart des gens seraient incapables de les comprendre, mais il ne voulait pas prendre le risque. Quelqu'un pouvait très bien comprendre le japonais et additionner deux et deux en écoutant leur conversation… on n'était jamais trop prudent.
Durant le trajet, il écouta les policiers qui discutaient dans la salle de conférence de l'hôtel via le mouchard qu'il avait placé sur les vêtements d'Aoko quand ils étaient dans la voiture. Il s'était douté qu'elle irait immédiatement rejoindre son père, et il était plus sûr de la choisir elle plutôt que d'essayer de moucharder Hakuba qui était sans cesse sur ses gardes.
Il sourit en entendant les réflexions du groupe. Comme prévu, ils avaient réussi à la déchiffrer sans trop de problèmes… mais on voyait bien que les policiers de Paris n'étaient pas habitués à son lyrisme, car ils semblaient profondément perdus par le train de pensée de l'énigme. Heureusement que le détective britannique était là pour les aider.
Il laissa un peu son esprit vagabonder au moment où les policiers se mirent à débattre pour savoir qui dirigerait les troupes.
Il ne s'inquiétait pas juste avant un vol, en général… mais la prédiction d'Akako le turlupinait… si Jii était sur place, il avait sûrement dû entendre parler de quelque chose. Il se mordit la lèvre et sortit le papier sur lequel il avait recopié la prédiction de la sorcière au-cas-où.
L'Âme prend les Sentiments en otage.
Les Ombres recouvrent la Ville des Lumières.
Le Démon rit et s'agite; l'Ange se débat sous ses chaînes.
Jusqu'à présent, aucune des prédictions de son amie sorcière prévoyant sa future arrestation n'avaient fini par se réaliser, mais sans doute était-ce à cause du fait qu'il n'en faisait pas grand cas.
Il avait toujours été convaincu que les prédictions ne se réalisaient que quand on essayait d'agir en conséquence de leurs paroles. Or, même s'il ne le montrait pas, il était toujours sur ses gardes, prédiction ou non, danger ou non, son immense sourire cachant ses vrais sentiments avec plus d'efficacité qu'un masque.
S'il restait convaincu qu'il pourrait s'enfuir, même quand il avait cette épée de Damoclès au-dessus de lui, il arriverait toujours à s'en sortir.
Mais cette prédiction était différente. Elle ne parlait pas de lui. Elle parlait de Paris toute entière. Et surtout, elle était au présent.
Toutes les prédictions qu'Akako lui avait faites jusqu'à présent étaient au futur. Absolument toutes.
Quoi qu'il allait se passer à Paris, ça avait déjà commencé.
« Jeune maître ! »
Kaito releva la tête. Il était arrivé au Trocadéro sans s'en rendre compte et c'était son assistant qui l'avait vu en premier.
Le vieil homme attrapa le lycéen par le bras et le traîna à sa suite.
« Jeune maître, il faut que nous discutions de quelque chose…
— À propos de tu-sais-quoi ? Oui, je sais, mais vaut mieux attendre d'être à l'hôtel pour…
— Ce n'est pas ça, vous ne comprenez pas ! Il y a quelque chose… quelque chose que nous n'avions pas prévu.
— Quoi ?
— Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite… mais hier, il s'est passé un… incident à Paris…
— Que veux-tu dire ? »
Kaito fronça les sourcils. Cela avait-il un lien avec la prédiction d'Akako ?
« Cette ville est… comment dire… hier, une créature a… attaqué la ville et…
— Pardon ? Comment ça, quel genre de créature ? s'exclama Kaito, inquiet.
— Je ne sais pas, jeune maître. La population de Paris appelle ça des Démons, si j'ai bien compris… »
Kaito senti son sang se glacer. Ça, il le sentait mal.
« Tu peux être un peu plus précis ?
— Ces… démons, ils… ils transforment les gens en monstres dénués de tout sens commun à chaque fois qu'ils se laissent envahir par la colère et… ils se mettent à attaquer tout ce qu'ils peuvent… »
Le magicien se mordit la lèvre. C'était très mauvais, ça. Très, très mauvais. Il ne savait pas quel genre de magie était à l'œuvre ici, mais une chose était certaine, cela voulait dire que les parisiens étaient en danger.
« Mais, si c'est vraiment ce que je crois… pourquoi Paris n'a toujours pas été désertée à l'heure qu'il est ? demanda le magicien, pris d'un doute.
— Parce qu'ils n'ont pas peur, répondit Jii en secouant la tête. Ils sont protégés.
— Protégés ? Par quoi ? »
Le vieil homme se tut et continua de marcher. Kaito ne put que le suivre jusqu'à un parc où ils entrèrent en silence. Puis Jii arriva en face d'une statue et s'arrêta.
« Par eux. »
Kaito regarda la monument de pierre. Il s'agissait de deux personnes en position de combat, un homme et une femme, en combinaisons vu la manière dont leur corps étaient taillés. L'homme était à quatre pattes et, de manière étrange, semblait doté d'une queue, de griffes et d'oreilles de chat. La femme, elle, se tenait au-dessus de lui. Elle avait des couettes et tenait ce qui ressemblait à une espèce de yo-yo.
Il fronça les sourcils.
« Ça veut dire quoi, ça ?
— À Paris, on les appelle Chat Noir et Ladybug. Ils sont considérés comme les héros locaux. À chaque fois qu'un… démon… apparaît dans la ville, ils arrivent et libèrent la personne possédée de son emprise.
— Des super-héros ? »
Jii hocha la tête, alors que Kaito avait du mal à en croire ses oreilles. Des super-héros ? Sérieusement ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ?
« Tu veux me dire que la capitale de la France est protégée par deux super-héros qui luttent contre des démons depuis suffisamment de temps pour avoir une statue à leur effigie, et que l'info n'a toujours pas fait le tour de la planète ?! »
C'était le truc le plus ridicule qu'il ait jamais entendu de sa vie. Jii se contenta de hausser les épaules.
« J'ignore pourquoi aussi peu d'informations filtrent en dehors du pays alors qu'il sont si populaires ici… en fait, les gens n'en parlent pas tant que ça. Tenez, hier, le démon a attaqué ce parc. Tout était détruit. Sur toutes les chaînes, on nous disait de nous éloigner le plus vite possible. Et aujourd'hui… tout est terminé, réparé, les gens font comme s'il ne s'était rien passé. Quand j'ai demandé des informations aux passants sur ces deux super-héros, ils m'ont tous dit à quel point ils étaient formidables, mais rien d'autre… ils y sont juste habitués. Je suppose que toute la France doit être au courant pour eux, mais une chose est sûre, ça ne dépasse pas la frontière…
— Il y a clairement quelque chose de pas net là-dessous, grogna Kaito en fixant la statue. Tu as quelque chose sur les réseaux sociaux ?
— J'ai réussi à trouver un blog dédié aux super-héros… enfin, surtout à Ladybug, pour être exact. Ça s'appelle le « Ladyblog ». Il est tenu par une collégienne et il rassemble toutes les informations qu'on puisse trouver sur le sujet. »
Là-dessus, Jii sortit une tablette et la tendit à Kaito, qui l'attrapa avidement.
« Alors… apparemment, il sont apparus il y a quelques mois… ils ont libérés une quarantaine de personnes de l'influence des… akumas ? »
Kaito eut un rictus interrogateur en direction de Jii.
« Pourquoi utilisent-ils le mot japonais au lieu de simplement les appeler « démons » ?
— Je l'ignore. Apparemment, ce sont Chat Noir et Ladybug qui les désignent de cette manière, et vu qu'ils semblent informés sur le sujet…
— On peut supposer que ces démons ont une origine asiatique, dans ce cas…
— C'est possible, jeune maître. »
Kaito continua à fouiller sur le site.
« Et donc, la personne qui envoie ces démons sur la population de Paris se fait appeler le… Papillon ?
— En effet.
— La seule fois qu'il a été possible de voir son visage – ou plutôt, son masque – c'était au tout début de la guérilla, le jour où Chat Noir et Ladybug sont apparus pour la première fois. Il a utilisé ses… papillons… pour créer un répliqua géant dans le ciel… et leur demander de leur donner leurs… Miraculous ?
— Apparemment, il s'agit de la source de leurs pouvoirs respectifs, précisa Jii.
— Oooookay… soupira Kaito en posant la tablette sur un banc avant de s'écrouler à côté. C'est le genre de truc tout à fait normal ces derniers temps à Paris, à ce que je vois. Et bien, on peut dire que ça a bien changé depuis la dernière fois où je suis venu… »
Jii s'assit à côté de lui.
« Si Ladybug et Chat Noir décident d'aider la police, votre cambriolage risque de grandement se compliquer, indiqua le vieil homme avec inquiétude.
— Je ne peux rien annuler maintenant, répliqua Kaito. Il faudra faire avec. Et puis, après tout, j'ai déjà eu affaire à une sorcière, un samouraï, des mercenaires, un détective haut comme trois pommes armé de ballons de football, des snipers, un pirate, divers savants fous, un premier ministre, et que sais-je encore ! Je pense que je pourrais me débrouiller face à ces deux « super-héros ». En plus, ils ont l'air d'être drôlement jeunes… peut-être encore plus jeune que moi quand j'ai repris le manteau… »
Le reste de la phrase resta en suspend, mais Jii n'eut pas de mal à la comprendre. Après tout, Kaito n'avait que quinze ans quand il avait décidé de reprendre le flambeau de son père en devenant Kid deuxième du nom. Il avait eu un peu de mal au début, alors même qu'il était habitué aux acrobaties les plus dangereuses et aux tours de magie les plus complexes, qui étaient aussi naturels pour lui que d'écrire ou de marcher.
Aujourd'hui, alors qu'il avait presque dix-huit ans, il était bien plus assuré dans son rôle, mais si ces deux héros étaient vraiment aussi jeunes qu'ils en avaient l'air, ils avaient dû eux aussi s'entraîner toute leur enfance pour avoir un tel niveau aujourd'hui. Ça ou… les « Miraculous » qui leur « offraient » leurs pouvoirs leurs conféraient des capacités décuplées en plus du reste.
La même idée semblait avoir traversé la tête de Kaito, car son regard s'assombrit un instant. La seconde d'après, pourtant, un large sourire fendit son visage et il s'exclama :
« Et bien, ce sera plus divertissant que prévu dans ce cas ! Ces deux-là m'intéressent. Je vais voir ce qu'ils ont fait jusqu'à maintenant… – il baissa la voix – on ne sait jamais, je ferais peut-être mieux d'étudier leur style de combat…
— Je pense également que c'est une bonne idée, jeune maître. Vous pensez que ce sera possible ?
— Allons, Jii, dois-je te rappeler qu'un des plans de secours qu'on a prévu incluait la possibilité que la sorcière se retourne contre nous ? Je pourrais sans doute adapter quelques trucs en les basant sur le style de combat de ces deux-là. En plus, grâce à Hakuba, on a un peu plus de quarante-huit heures sur place pour se préparer du mieux qu'on peut. Ça ira.
— Si vous le dites… »
Le lycéen se redressa avant de se tourner vers Jii.
« Au fait, Akako m'a fait une prédiction avant de partir… c'était de ça que je voulais te parler, entre autre. »
Il lui tendit le papier et son assistant lut silencieusement.
« … donc… si je comprends bien, il risque de se passer quelque chose pendant le vol ?
— Je ne sais pas, Jii-chan, je ne sais pas. Je pense que les « Ombres » se réfèrent aux démons qui attaquent les habitants de Paris, mais… ce qui m'inquiète, c'est la dernière ligne.
— « Le Démon rit et s'agite l'Ange se débat sous ses chaînes » ?
— Hmm. »
Les deux restèrent silencieux un moment. Puis Kaito se leva pour aller en direction de hôtel de Jii, afin de rajouter une petite montagne de plans B à celle qui existait déjà, au-cas-où, tout en laissant échapper un soupir.
« Je ne sais pas qui est cet « Ange », mais j'espère franchement que ce n'est pas moi… »
