Nda : Bonjour à tous ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine et que vous apprécierez ce chapitre qui sera (j'espère) un peu plus passionnant que le précédent.
Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.
Chapitre Septième
« Tu n'as pas l'air de très bonne humeur…
— Il pleut… Aoko n'aime pas la pluie…
— Il va falloir t'y habituer, alors. C'est courant ici.
— Maaaaiiisheeu… »
Kaito secoua la tête, dépité. Aoko était dans cet état depuis qu'elle avait tiré les rideaux de sa chambre le matin même. Après tout, elle avait prévu de se promener dans Paris, et ces plans tombaient un peu à l'eau, c'est le cas de le dire…
Le jeune magicien soupira.
« Que dirais-tu d'aller au Louvre, dans ce cas ? On peut aller rendre visite à ton père, et ce sera une bonne excuse pour visiter le musée… »
Son amie d'enfance se redressa soudain.
« Ah ! C'est une bonne idée ! Aoko veut voir la Joconde et la Victoire de Samothrace !
— Et bien si tu veux les voir, il va falloir t'habiller et descendre prendre ton petit-déjeuner…
— Compris ! »
La lycéenne mit son camarade dehors pour pouvoir se changer – même si ça ne faisait pas vraiment de différence pour Kaito, s'il voulait voir ses sous-vêtements, il le pouvait, qu'elle se change derrière une porte ou non… mais il n'avait pas envie de se faire poursuivre par un balai furieux aujourd'hui. Il avait des choses plus importantes à faire pour le moment.
Préparer un cambriolage dans une ville envahie de papillons démoniaques, avec des super-héros dotés de super-pouvoirs qui avaient de super-chances d'apparaître pour lui mettre des super-bâtons dans les roues, entre autres.
Il avait commencé la veille à décortiquer toutes les vidéos qu'il avait pu trouver sur eux, et en cela, le Ladyblog s'était révélé être une véritable mine d'informations. C'était à se demander qui était cette Alya Cézaire pour Ladybug : elle lui avait plusieurs fois accordée des interviews privées et avait même reconnu publiquement qu'elle adorait son travail… en fait, Kaito avait presque l'impression que cette Ladybug était aussi fan du blog d'Alya Cézaire qu'Alya Cézaire l'était de Ladybug elle-même !
Il ne savait pas non plus comment faisait cette fille pour toujours se retrouver, à quelques exceptions près, en première loges lors des attaques du Papillon. Et ça l'énervait de ne pas savoir. Il faudrait qu'il aille rencontrer incognito cette fille…
Quand il descendit au restaurant de l'hôtel, il vit Akako qui était en train de manger sans grand appétit. Hakuba devait déjà être au Louvre avec la Police française et la Brigade à l'heure qu'il était. Sans un mot, il s'assit à côté de la sorcière qui était en train de touiller le contenu de sa tasse sans le boire. Lui-même se servit un grand bol de chocolat tout en continuant de regarder les vidéos sur sa tablette.
Au bout d'un moment, il secoua la tête et se tourna vers la sorcière.
« Alors ? Ça va mieux depuis hier soir ?
— La présence s'est estompée… soupira Akako en fixant sa cuillère. Bien sûr, elle est toujours présente, mais pas plus que quand nous sommes arrivés hier… je dois me concentrer pour la sentir.
— Tu penses pouvoir en déterminer l'origine ?
— Impossible, elle est beaucoup trop faible et diffuse… – La sorcière secoua la tête. – J'aurais aimé t'être un peu plus utile, mais…
— Ne dis pas ça, tu en fais déjà beaucoup », répliqua le magicien.
À ce moment-là, Aoko entra dans la salle de restaurant et se dirigea vers eux avec enthousiasme, aussi ils se décidèrent d'un accord silencieux de changer de sujet.
« Et donc, ce Papillon est à Paris depuis plusieurs mois… commença Akako, avant d'être interrompue par une Aoko apparemment très motivée qui s'écria avec ferveur :
— Celui-là, si Aoko l'avait en face, il finirait avec un balai sur le crâne !
— Tu sais, je pense que si on pouvait le trouver aussi facilement, Ladybug et Chat Noir auraient déjà réglé le problème eux-mêmes… fit remarquer Kaito avec un sourire.
— Même ! Comment ose-t-il faire cela à la population de Paris ? Ce type est monstrueux !
— Je sais, Aoko… par contre évite de trop t'énerver, je n'ai pas envie de me retrouver avec une super-Ahōko en colère dans la nature…
— Bakaito ! Si jamais un de ces papillons essaye de transformer Aoko en démon, elle lui fera sa fête avant !
— Ne prend pas trop le risque non plus, s'il-te-plaît… »
La lycéenne se mit à bouder – même si Kaito pouvait voir qu'elle faisait semblant – avant de s'asseoir pour manger en compagnie de ses camarades. Puis le groupe remonta pour se préparer à sortir.
Aoko semblait ravie d'aller visiter le Louvre, mais honnêtement Kaito y voyait surtout l'opportunité de pouvoir aller sur place directement pour pouvoir éventuellement modifier ses plans en fonction d'un changement de configuration des lieux importun, ou de quelque chose d'imprévu… et aussi pour voir l'organisation de la Police en prévision du vol. Il aurait lieu le lendemain soir, après tout, les forces de l'ordre n'avaient plus beaucoup de temps pour se préparer.
Akako donnait l'impression de s'ennuyer, mais le magicien pouvait voir ses yeux qui fouillaient l'environnement, comme en quête de quelque chose d'invisible. Sans doute essayait-elle de repérer la présence qui l'avait surprise la veille. Mais vu son expression, elle n'y parvenait pas.
Ils arrivèrent au Louvre un peu plus tard, et purent rentrer sans trop avoir à attendre en appelant le père d'Aoko, qui envoya un policier à leur rencontre pour les escorter.
Il suivirent l'agent Takamura jusqu'à l'endroit où se trouvait l'exposition, et Aoko salua son père avec excitation.
« Papa ! Vous vous en sortez avec la protection de la pierre ?
— J'espère… ce n'est pas comme si on avait déjà pu empêcher Kid de voler quoi que ce soit, mais bon… si on arrive à boucher toutes les sorties on devrait s'en sortir… nous avons déjà décidé d'un code pour déterminer si la personne en face est un policier ou Kid en déguisement. Nous nous sommes dit que plus tôt nous le mettions en place, moins il aurait de chance d'en avoir connaissance.
— Un code ? Quel genre de code ? demanda innocemment Kaito.
— Ah, ah ! rit Nakamori de bon cœur. Si je te le dis, ça ne sert plus à rien, Kaito-kun ! Imagine que tu sois Kid sous déguisement ! »
Le voleur (qui n'était pas sous déguisement) grommela. Il faudrait qu'il trouve un moyen de passer outre cet obstacle…
Il aperçut dans un coin Hakuba qui le regardait d'un air supérieur avec un sourire en coin et il eut une folle envie de le frapper. Mais il ne le fit pas. Non, il attendrait qu'il n'y ait plus aucun témoin et là, il se contenterait de le détruire psychologiquement en l'habillant de la manière la plus ridicule qui soit… et il lui teindrait aussi les cheveux en rose, tiens… quoique, s'il faisait ça, il valait mieux qu'il y ait quelqu'un pour admirer le résultat…
Ignorant le triste sort qui lui était réservé dans la tête de son camarade de classe, le détective lycéen se dirigea vers un policier français pour lui communiquer une instruction donnée par un de ses homologues japonais.
Aoko, elle, se précipita pour admirer tout ce qui était dans la pièce. Bien sûr, elle était incapable de lire tous les panneaux explicatifs, mais les explications étaient traduites en japonais et elle se plongea dans la lecture un moment, avant de repartir et d'aller voir toutes les vitrines.
Kaito et Akako firent de même, avec un peu moins d'entrain, cependant. Le jeune magicien était en train de regarder un plastron abîmé avec un intérêt modéré (il était plus occupé à examiner le système de sécurité de la pièce et les nouvelles caméras en place) quand il sentit quelqu'un lui tirer la manche.
Il se retourna et vit la sorcière qui était tournée vers le centre de la salle. Sans un mot, il la suivit jusqu'au piédestal où se trouvait le fourreau orné du rubis, dont il ne s'était pas encore approché pour éviter que son comportement n'ait l'air trop suspect (avec tous les policiers autour, s'approcher était assez compliqué), mais si c'était Akako qui l'y traînait…
« Un problème ? demanda-t-il néanmoins à sa compagne en voyant son air grave.
— Il y a quelque chose avec cette arme. Je ressens une énergie qui s'en échappe… une vieille magie.
— Vraiment ? »
Le voleur regarda le fourreau. La première chose qui sautait aux yeux quand on le regardait, c'était à quel point il était bien conservé. On aurait presque dit qu'il avait été fondu, cousu et assemblé la veille. Pourtant, il datait de plusieurs siècles, avait traversé plusieurs guerres et avait sans doute dû, à un moment donné, être laissé sans entretien quelque part… mais cela n'avait eu aucune emprise sur lui.
Kaito ne voyait aucune raison de ne pas croire Akako, mais si ça avait été le cas, l'état de l'arme aurait quand même été suspect.
Il avait remarqué que la relique semblait très bien conservée, mais il avait cru que c'était les photos qui lui donnait une telle impression d'éclat. Il fallait croire qu'il s'était trompé.
« C'est une magie positive, c'est certain… mais je n'arrive pas à en déterminer la nature primaire… ni l'origine.
— L'origine ?
— Là d'où provient l'énergie. Son noyau, en quelque sorte.
— La pierre, peut-être ? »
Akako secoua la tête.
« Cette pierre semble juste être une sorte de catalyseur… il y a autre chose de plus profond. »
Kaito fixa l'arme et son contenant, qui étaient exposés côte-à-côte dans la vitrine. Le fourreau, constitué de cuir noir et orné de fleurs métalliques qui servaient également d'armature, s'accordait parfaitement à l'épée, dont la lame argentée brillait doucement sous les éclairages du musée et semblait presque être encore particulièrement bien aiguisée.
Le pommeau de l'arme était fait d'un métal rouge qui s'entrelaçait légèrement le long de la garde et, une fois rengainé, le motif s'emboîtait parfaitement avec le rubis qui était fixé à l'endroit où le fourreau et le ceinturon étaient liés ensemble.
C'était une arme assez peu orthodoxe, et si elle avait vraiment été utilisée pendant la Guerre de Cent Ans, ce n'était pas par le simplet de la bande. La personne à qui appartenait ce chef-d'œuvre d'orfèvre devait sans aucun doute être un général très haut gradé.
Kaito admira l'arme pendant un moment, jusqu'à ce que l'inspecteur Nakamori ne le rejoigne devant le piédestal.
« Jolie breloque, pas vrai ? »
Le magicien s'étouffa avant de se tourner violemment.
« Une breloque ? Ça ? »
L'inspecteur éclata de rire à son regard scandalisé.
« Je l'admets, c'est une sacrée épée… et particulièrement bien conservée, qui plus est. Au point que je me suis demandé si ce n'était pas une copie… mais les spécialistes sont formels, c'est juste l'arme la mieux conservée qu'ils aient jamais vu. Vraiment étonnant.
— Ça, je suis d'accord…
— Enfin, passons. Si tu emmenais Aoko visiter le reste du musée ? Il y a beaucoup à voir ici et je préférerais que vous vous éloignez un peu de cet endroit.
— Très bien. »
Le magicien se détourna de la stèle pour aller rejoindre son amie d'enfance qui était en train de regarder des vieilles lettres de rapports divers qu'elle n'aurait sans doute pas pu déchiffrer même si elle avait parlé le français couramment, et l'entraîna dans une autre salle. Au bout d'un moment, Akako les rejoignit, même si elle ne cessait de jeter des coups d'œils à la pièce dont elle venait de sortir.
« Kaito ! Aoko veut aller voir la Joconde !
— Mais c'est à l'autre bout du musée… autant regarder les autres salles avant, on ira la voir après… »
La fille de policier bougonna mais accepta. Il visitèrent au cours des heures qui suivirent diverses périodes de l'Histoire, de l'Antiquité à la Renaissance, et Kaito se retint de faire une remarque à Akako quand il tombèrent sur un tableau qui représentait un bûcher de sorcière du Moyen-Âge. Il avait l'intime conviction qu'elle ne l'aurait pas bien pris…
À un moment, Kaito s'assit sur un banc central avec Aoko (qui commençait à être plutôt fatiguée), tandis que la sorcière examinait avec intérêt le tableau qui présentait le Radeau de la Méduse.
« Aoko commence à être fatiguée… et si on s'arrêtait de visiter et qu'on allait manger ? Ça doit être l'heure, non ?
— Je pense aussi… tu veux qu'on aille s'acheter un sandwich ? Il y a des buvettes à l'entrée.
— D'accord ! »
La jeune fille se tourna vers Akako, et lui demanda :
« Akako-chan, tu veux nous accompagner ou on se retrouve ici ?
— Allez-y sans moi, j'aimerais continuer à regarder, répondit succinctement la sorcière, en jetant un coup d'œil à Kaito qui lui donna la chair de poule pour une raison inconnue.
— D'accord ! Tu veux qu'on t'achète quelque chose à manger ?
— Ce sera inutile, mais merci de l'offre, Nakamori-san. »
Les deux amis d'enfance se détachèrent donc de la sorcière et rejoignirent l'entrée du Louvre pour s'acheter de quoi casser la croûte.
« C'est vraiment bien, ce musée, par vrai Kaito ? demanda Aoko alors qu'ils s'asseyaient à une table pour manger.
— C'est vrai… mais ç'aurait peut-être été mieux avec un peu moins de monde…
— C'est parce que c'est les vacances pour une partie du pays en ce moment et que les gens viennent, c'est le père d'Aoko qui l'a dit. »
Kaito hocha la tête. Le Louvre ne devait pas être ravi de devoir bloquer une pièce d'exposition pendant une période touristique à cause de lui… enfin, ce n'était pas comme s'il avait le choix non plus…
« On dirait que la pluie s'est arrêtée, fit soudain le magicien de regardant à travers la pyramide de verre qui constituait le toit au-dessus d'eux ; il se fit la remarque que c'était là-haut que Kid apparaîtrait, le lendemain soir…
— C'est vrai… on pourra aller se promener dehors, dans ce cas !
— Bonne idée. »
Kaito éteignit la tablette qu'il avait allumé pendant qu'ils mangeaient. Il avait réussi à trouver le nom du collège où allait Alya Cézaire et par chance, ce n'était pas trop loin d'ici… il pouvait toujours s'arranger pour diriger Aoko dans la bonne direction et croiser la française « par hasard » à la sortie des cours…
Il avait vraiment envie de rencontrer la jeune fille qui semblait tellement informée sur les super-héros de Paris…
« Aoko a fini de manger ! On retourne visiter ?
— J'arrive, j'arrive. »
