NdA : Bonjour à tous pour la suite de cette histoire ! J'espère que vous ne m'avez pas crue morte (même si je l'étais en partie psychologiquement, grâce à ces choses merveilleuses qu'on appelle les partiels de fin d'année et le système administratif). Ce chapitre introduit donc le cambriolage du Kid, que j'espère que vous aimerez parce que je me suis cassée la tête pour essayer de trouver quelque chose de plausible. C'est plus difficile qu'on croit de faire ces trucs. Et en plus je n'étais pas allée au Louvre (et à Paris en général) depuis des années donc j'ai dû m'aider de Google Earth, c'était pratique, tiens.

Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc


Chapitre Douzième


Le vent battait fort au sommet de la tour Eiffel. Mais cela ne dérangeait pas la personne qui se trouvait sur la plate-forme, et dont la cape volait doucement dans la nuit. Elle tenait un petit appareil électronique noir au-dessus de sa tête, l'air concentré. Quand elle jeta un coup d'œil aux résultats, elle hocha la tête, manifestement satisfaite, avant de placer l'objet dans un sac où se trouvaient déjà des bombes aérosol récemment vidées par ses soins. Elle n'en aurait plus l'utilité; du moins pour ce soir.

Son aile se déploya et la silhouette décolla, filant vers l'est.


La place du Louvre était bondée.

Des centaines de personnes se massaient partout où ils pouvaient dans l'espoir de pouvoir apercevoir le cambrioleur international; on pouvait apercevoir à plusieurs endroits des pancartes d'encouragements, écrites en français, en anglais, et un nombre étonnamment important en japonais. C'était assez inquiétant, d'une certaine manière, de penser qu'un criminel puisse être aussi acclamé.

Mais si elle devait être parfaitement honnête avec elle-même, ce n'était pas pour le Kid que Marinette se trouvait présentement sur la place. Bien sûr, elle songeait à aller se transformer en Ladybug dans quelques minutes, mais pour le moment elle était surtout à la recherche d'Alya, qui avait disparu mystérieusement au cours de l'après-midi. Et elle n'avait répondu à aucun message depuis une bonne heure. Elles étaient pourtant censées se retrouver devant la pyramide à onze heures, et il était déjà presque minuit !

Elle soupira. La reporter amatrice était bien du genre à aller quelque part et complètement oublier ce qui ne concernait pas son scoop du moment.

Elle était en train de longer les grilles installées par la Police en fin d'après-midi quand elle aperçut enfin une tête familière prolongée d'un téléphone portable en mode vidéo, même si ce n'était pas exactement celle qu'elle cherchait.

« Nino ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

Le jeune garçon se retourna vers Marinette.

« Ça ne se voit pas ? Je filme. C'est pour Alya. Elle voulait se placer ailleurs pour avoir une meilleure vue plus tard, alors elle m'a demandé de filmer l'arrivée de Kid d'ici pour le blog.

— Tu sais où elle est en ce moment ?

— Pas du tout, fit le DJ en secouant la tête. Mais ça doit être quelque part où elle n'est pas censée être, si tu vois ce que je veux dire. »

Marinette fronça les sourcils. Alya était toujours prête à prendre des risques pour obtenir la meilleure vidéo possible, et ça l'inquiétait au plus haut point. Elle était presque sûre qu'elle avait éteint son portable pour économiser sa batterie avant le moment venu, et cela voulait dire qu'elle ne pourrait pas la contacter avant le début du cambriolage.

Elle soupira en tournant son regard vers l'ouest, où devait se trouver la tour Eiffel, quelque part au loin.

Chat Noir, j'espère que ton indic avait raison…


Chat Noir n'était pas au Louvre. Il savait que Ladybug s'y trouvait – ils s'étaient mis d'accord la nuit dernière, au rendez-vous qu'ils avaient fixé juste après la dernière attaque d'akuma – mais elle n'était pas transformée; sinon, sa position serait affichée sur le GPS intégré à son bâton.

Il soupira. Il aurait préféré être sur place, mais il savait que quelqu'un devait aller vérifier la situation de la tour et sa partenaire avait déjà une excuse pour être au musée en tant que civile – une amie qui l'avait invitée, apparemment. Adrien, pour sa part, avait essuyé un refus quand il avait demandé à son père et se trouvait officiellement dans sa chambre en train de bouder.

Pour le moment, il était aux alentours de la tour Eiffel qu'il avait presque atteinte. Il avait entendu la Police discuter au dîner jeudi soir, et il savait que Kid serait là-bas avant le vol et qu'une équipe de policiers était chargée de surveiller l'endroit. Il en avait informé sa Lady (en gardant la manière dont il avait reçu ces informations pour lui) et elle avait accepté qu'il aille jeter un coup d'œil en premier lieu. Avec un peu de chance, il pourrait le confronter avant qu'il n'arrive au musée.

Il jeta un coup d'œil à l'écran de son bâton. Minuit moins cinq. Il n'avait pas pu arriver plus tôt à cause de la dispute qu'il avait eu avec son père, mais espérait que le voleur se trouverait encore là-bas.

Néanmoins, quand il atterrit au premier étage, il comprit que quelque chose n'allait pas. C'était silencieux, vide, et pesant. Il s'éloigna du bord et alla vers l'intérieur de la plate-forme, pour voir des formes immobiles un peu partout sur le sol. Des policiers.

Paniqué, le super-héros chercha le pouls du plus proche et sa respiration, avant de souffler, soulagé. Apparemment, ils étaient juste inconscients. Soit assommés, soit gazés. Sûrement la seconde option, s'il se fiait à ce qu'il connaissait du voleur. Il étendit son bâton pour monter à l'étage supérieur et se retrouva face au même spectacle. En soupirant, il pris un des talkies-walkies des policiers et l'enclencha.

« Allô ? »

Après un court silence, une réponse grésilla.

« Base à équipe 2, quelle est votre situation ?

— Heu… mauvaise, je dirais. Ils ont tous été gazés.

— … qui êtes-vous ?

— Chat Noir.

Oh, je vois, alors vous êtes là-bas. Savez-vous si Kid est toujours dans la tour ?

— Aucune idée. Je vais monter au sommet pour voir. »

Il rallongea son bâton de nouveau. La plate-forme du troisième étage était vide, sauf pour un sac rempli de bombes aérosol vides et ce qui semblait être un anémomètre.

« On dirait que je l'ai raté. Il doit être en direction du musée en ce moment.

Ça ne m'étonne pas. Se faire la distance tour Eiffel-Louvre en planeur doit prendre un peu de temps… pouvez-vous revenir au musée ?

— Pas de problème. Ladybug y est déjà, normalement.

Compris. Revenez à l'entrée, quelqu'un vous recevra. »

Il s'élança dans le ciel. Il mettrait du temps à retourner au musée, mieux valait se dépêcher.


Plus que quelques minutes avant minuit. la foule devenait de plus en plus impatiente et ça commençait à agacer profondément Marinette.

Sérieusement, qu'est-ce qu'ils lui trouvent, à ce voleur…

Elle fut tirée de ses pensées par Nino qui la secoua comme un prunier avec une main, l'autre tenant toujours son portable.

« Marinette, regarde ça ! »

Il pointait un petit point blanc dans le ciel. Ç'aurait pu être n'importe quoi à cette distance… mais à cette heure-ci, il y avait de fortes chances pour que ce soit le voleur de joyaux. Les gens finirent par l'apercevoir et se mirent à crier dans un joyeux imbroglio de langues.

Il tourna un peu au-dessus du Louvre, faisant de petits signes de la main à son public.

Puis les cloches de Notre-Dame de Paris résonnèrent au loin, sonnant minuit. Certains Japonais se mirent à compter avec enthousiasme, et furent bientôt suivis par la foule qui compta jusqu'à douze dans trois langues différentes.

Puis Kid entama sa descente et il atterrit sur la pyramide au moment même où la foule criait le douzième coup. Marinette le vit replier son aile et se dresser au sommet de la structure. Il déplia les bras et sa voix éclata dans l'air, comme soufflée depuis des hauts-parleurs (ce qui était probablement le cas) :

« Mesdames et Messieurs, je vous souhaite une excellente soirée ! Je vois que certains de mes merveilleux spectateurs ont fait tout le chemin jusqu'ici… »

Il lança alors quelques mots en japonais qui provoquèrent l'hystérie des fans nippons, avant de continuer :

« Et pour mes chers Parisiens qui me font l'honneur de m'inviter ce soir, un grand merci à vous. »

Il s'inclina alors, sa cape volant derrière lui. Quand il se redressa, il annonça :

« À présent, que la magie envahisse celle magnifique ville des lumières ! Laissez-moi vous montrer mon nouveau tour sans plus tarder ! »

Des fusées quittèrent les angles du palais du Louvre pour s'élever dans le ciel, avant d'exploser en trois gerbes lumineuses. Marinette fixa les bouquets bleus, blancs et rouges pendant un instant avant de reporter son attention vers le voleur… enfin, là où il s'était trouvé auparavant.

Le sommet de la pyramide était vide.

Zut…

Les lumières dans le ciel se reflétaient sur la pyramide, provoquant des tâches de couleurs qui voguaient sur toute la surface du verre. Elle les regarda un moment, jusqu'à remarquer quelque chose qui descendait en flottant au milieu. Une forme blanche. Elle se concentra dessus et reconnu soudain ce dont il s'agissait.

C'était Kid ! À l'intérieur de la pyramide ! Mais comment avait-il fait ? Il ne pouvait pas traverser le verre !

« Géant ! T'as vu ça Marinette ? s'écria Nino qui suivait la descente avec son portable.

— Oui, mais j'ai raté le moment où il est passé à travers le verre.

— Moi aussi. Je filmais le feu d'artifice…

— Ça devait être le but.

— Bah ça a marché. Désolé tout le monde… » fit le DJ à ceux qui suivaient le direct.

Marinette, elle, se détacha de son camarade de classe pour trouver un endroit discret afin de se transformer. Si Kid avait trouvé un moyen d'entrer à l'intérieur, il valait mieux faire de même.


Les policiers qui se trouvaient sous la pyramide n'avaient rien entendu. Une équipe gardait un œil sur la petite pyramide qui se trouvait à l'intérieur, dans l'hypothèse où il s'agissait de celle-là et non de la grande, mais la probabilité était mince et ils avaient peu d'espoir de voir le voleur par ici.

C'est pourquoi ils furent si surpris quand un écran de fumée s'étendit soudain à l'intérieur. Quand elle se dissipa, Kid se trouvait adossé contre la petite pyramide de pierre. En temps normal, il y aurait sans doute eu un rictus amusé sur le visage, mais cette fois il était impossible de le distinguer : en effet, il portait un masque à gaz qui dissimulait ses traits.

« Kid ! »

Les policiers tentèrent de l'attraper, mais aucun ne parvint jusqu'à lui. Ils tombèrent comme des mouches sur le sol en quelques secondes.


Saguru, lui, n'était pas avec les policiers : il avait estimé que la probabilité pour lui de capturer Kid baisserait significativement s'il restait en leur compagnie. Il n'avait rien contre les policiers, bien sûr, mais Kuroba n'aimait rien tant que de tromper les foules, et plus il y aurait de gens avec lui, plus ses tours seraient efficaces. Et puis, pour être honnête, Saguru ne voyait pas trop l'intérêt. Il était beaucoup plus intéressant de chercher autour et dans le musée tous les indices lui permettant de deviner quel était le tour de Kid.

Quand il avait vu le tour, il avait eu trois théories principales concernant l'astuce qui avait été utilisée. C'était pour déterminer laquelle était la bonne qu'il était dans un couloir du dernier étage en ce moment même. Une équipe de télévision se trouvait actuellement sur une plate-forme installée sur le toit Sud, et la police était dispersée à la fois dans les étages et sur les toits Sud, Nord, et Est des trois façades entourant la pyramide.

Enfin, en théorie.

« Donc, si je comprends bien, vous êtes censés être l'équipe du toit Est ?

— Ben… oui. »

Les policiers qui se trouvaient devant lui déglutirent. Bien sûr, ce n'était pas vraiment de leur faute si Kid les avait assommés et enfermés dans les toilettes, les délestant au passage de leurs talkies-walkies, mais se faire retrouver ligoté ainsi n'était jamais plaisant. Et pour ce petit groupe de policiers, en grande partie composé de français, c'était sans doute la première fois, ce qui était encore pire.

« Y retourner maintenant ne servira pas à grand-chose. Contentez-vous de retourner à l'entrée, je veux vérifier quelque chose. »

Il partit sans laisser aux policiers le temps de répondre et courut en direction du toit dont il avait mémorisé tous les accès au-cas-où. L'endroit était vide de toute forme humaine, bien sûr. En revanche, c'est autre chose qui attira son attention. Il y jeta un coup d'œil, intéressé, avant de prendre son téléphone portable pour zoomer en direction de la pyramide.

« Je vois… c'était donc ça. »


Marinette dut chercher un moment pour trouver un endroit vide; la place était si bondée que les avenues adjacentes étaient également peuplées.

« Là ! fit la kwami en désignant un endroit vide depuis la sacoche de la collégienne.

— Parfait. Ne perdons pas de temps, Kid est déjà à l'intérieur. Tikki, transforme-moi ! »

Une fois la petite divinité aspirée dans le bijou et le costume de Ladybug apparu, la super-héroïne envoya son yo-yo en direction du musée et s'envola.

Si j'arrive à repérer une entrée gardée, ils me laisseront entrer… normalement.

Elle avait dû aller à l'arrière du musée pour trouver une cachette convenable, donc elle devait d'abord retourner de l'autre côté… à moins que…

Un mouvement derrière une fenêtre attira son attention. Un groupe de policiers se trouvaient dans une des pièces du deuxième étage. Intriguée, elle se percha à une des fenêtres et tapota la vitre. L'unité réagit d'un seul mouvement et le groupe parvint à lui ouvrir, non sans difficultés – l'état des gonds témoignait du peu d'activité de la fenêtre.

« Ladybug ! Vous n'imaginez même pas combien on est contents de vous voir. Comment est la situation, dehors ?

— Kid est entré dans le musée en traversant la pyramide il y a un peu plus de cinq minutes.

— Il a quoi ?!

— Je ne sais pas comment il s'y est pris non plus, mais il est à l'intérieur. Je vais essayer de le rattraper. Vous savez par où se trouve la salle d'exposition où Kid doit aller ? »

Les policiers eurent soudain l'air légèrement fuyant.

« Ben, en fait, on aimerait déjà savoir où on est…

— Pardon ?

— Le petit anglais nous a demandé de rejoindre l'entrée, mais il est parti sans nous dire quelle direction il fallait prendre… »

Marinette soupira. De toute évidence, elle ne pourrait pas compter sur eux. Elle sortit de la salle et jeta un coup d'œil dans le couloir, fixant les œuvres d'art avec intérêt, avant de reporter son attention sur un petit panneau qui disait « Vous êtes ici » dans huit langues différentes.

« Ah ! Ça y est ! Je vois où on est. »

Elle partit en courant en direction de l'entrée, ne souhaitant pas perdre une seconde.

« Hé, attendez ! C'est par où l'entrée ?

— Regardez le panneau, il faut juste tourner à gauche !

— Mais… »

Elle ne leur laissa pas le temps de continuer et fila vers la salle d'exposition.


Kaito eut un petit rire derrière son masque alors que les policiers succombaient à son gaz soporifique. En temps normal, il aurait bien discuté un peu avec eux (s'il on pouvait appeler ça comme ça les railleries qu'il s'amusait à leur envoyer), mais le tour de la soirée avait déjà été effectué et il n'avait pas envie de traîner sachant que deux super-héros n'allaient probablement pas tarder. Même s'il aimait les challenges, il ne voulait pas prendre trop de risques : la magie était toujours dangereuse, et elle l'était d'autant plus quand elle était dans le côté adverse.

Il s'élança dans les couloirs pour rejoindre l'aile dédiée à l'exposition du moment, gazant tout le monde sur son passage. Au détour d'un couloir, il remit son déguisement et couru vers la pièce où se trouvait l'épée.

« Alerte ! Kid a réussi à pénétrer dans le bâtiment !

— Quelle est la situation à l'entrée ? demanda l'inspecteur Nakamori depuis l'intérieur.

— Il a rendu tout le monde inconscient avec du gaz, monsieur. »

Il voulu entrer dans la pièce, mais se fit stopper un autre policier.

« Un instant ! Hum… l'orange et les citrons de la nature morte dégagent un parfum d'agrumes. »

Ah, oui, le code. Au moins, ce policier-là avait le sens de la poésie. Les trois autres fois qu'il avait dû répondre au cours de la soirée, ses « collègues » ne s'étaient pas trop foulés. Il était quand même plutôt fier d'avoir réussi à deviner à la fois le code français et le code japonais en quelques minutes à peine.

« Cinq des fruits sont dans le panier. »

Le policier hocha la tête et lui libéra le chemin. Réprimant un rictus satisfait, Kaito entra dans la pièce et se dirigea vers sa cible le plus naturellement possible.

Malheureusement, il n'eut pas le temps de l'atteindre qu'il fut de nouveau arrêté par une voix derrière lui, féminine et beaucoup plus jeune.

« Une petite seconde ! »


NdA : J'espère que ce chapitre valait le temps de l'attente. Il a été écrit en même temps que le chapitre suivant, qui contient l'explication du tour et qui par conséquent est terminé lui aussi, mais vous devrez attendre quelques jours avant de l'avoir (sinon c'est pas du jeu).

Pour ceux qui se posent la question : NON, NOTRE-DAME N'A PAS BRULÉ. Quand j'ai commencé à créer cette histoire, je me suis basée sur une time-line réelle et j'ai décidé de m'y tenir malgré mon rythme d'écriture. Nous sommes donc dans la nuit de pleine lune du samedi 31 mars 2018 et NOTRE-DAME EST TOUJOURS DEBOUT MOUHAHAHA (peu importe) (vous noterez mon rythme d'écriture excessivement rapide, bien sûr).