NdA: *fait un signe de la main* Bonjour ? Je ne suis pas morte ? Même si j'en ai l'impression ? Enfin. désolée pour le silence radio, mais j'ai commencé une nouvelle formation qui s'avère bien plus chiante que prévue et je vais être honnête si je dis que je procrastine à mort rien qu'en publiant ça. Je pense que vous feriez mieux de lire le précédent chapitre vite fait histoire de vous remettre dans le bain. Le chapitre 15 est techniquement écrit, mais j'ai du mal à organiser les points de vue donc ce ne sera pas pour tout de suite (par contre, si ça vous intéresse, je publierai probablement 2-3 nouveaux OS dans ma fic "Changement de programme" dans les prochains jours (100% écrits en cours parce que la Politique des Sols, ça va bien deux minutes)).

Enjoy !

Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.


Chapitre Quatorzième


À la seconde où Kaito se retourna, il se retrouva confronté à la vision de trois yeux ronds et rouges positionnés en triangle qu'il reconnu malheureusement trop bien. Son corps, lui, se retrouva soudain immobilisé, ses membres accrochés à une immense toile d'araignée aux fils dorés plus résistants que des câbles.

« Bonsoir, Kid. Cela faisait longtemps, depuis la dernière fois.
— Spider ! »

L'hypnotiseur sourit d'un rictus carnassier.

« Tu as l'air d'être surpris de ma présence ici ce soir… mais nous ne sommes pas si loin de mon cher pays, l'Allemagne. Puisque tu as eu la gentillesse de faire tout le voyage depuis le Japon jusqu'en Europe, je me suis dit que je pouvais venir te passer le bonjour.
— Tu n'aurais pas dû te donner cette peine, vraiment, fit Kaito en tentant vainement de se libérer.
— Oh, mais si, vois-tu. Surtout qu'un de nos amis communs a insisté pour ces petites retrouvailles… »

Il y eu un mouvement sur le côté gauche de la toile. À force de maints mouvements de tête, fortement restreints par la toile d'araignée sur laquelle il était immobilisé, le voleur pu apercevoir la personne venait d'apparaître à côté de l'illusionniste.

« Snake… pourquoi ne suis-je pas surpris…
— Comme on se retrouve, pas vrai ? »

Le mercenaire à la moustache en guidon de vélo le regardait d'un air satisfait, son éternel pistolet à la main. À la vision de l'arme, Kaito se mit à chercher la présence de Hakuba du regard, se souvenant encore clairement de la chute du jeune détective qui avait suivi le coup de feu. Malheureusement, l'illusion de Spider l'empêchait de le voir.

« Tu dois sans doute te demander ce que je fais là, hein ? fit le mercenaire avec un sourire carnassier. J'étais dans le coin, par hasard, le boulot tu comprends. Et là, figure-toi que mon bon ami Spider ici présent m'informe qu'un certain fantôme horripilant va faire une visite tout près de nous… tu penses bien que je ne pouvais pas dire non. Et cette fois, je me ferai un plaisir de vérifier que tu es bel et bien mort, quand je laisserai ta carcasse derrière moi. »

Le voleur le fusilla du regard, ce qui semblait beaucoup amuser Snake.

« Oh, et au fait… le vieil homme qui cachait un habit de Kid dans ses affaires, c'était ton complice, pas vrai ?
— Qu'est-ce que vous lui avez fait ? demanda Kaito en tentant de contrôler sa voix du mieux qu'il pouvait, malgré son inquiétude croissante pour le vieil homme.
— Oh, rien. Juste assez pour qu'il ne nous mette plus de bâtons dans les roues. Rassure-toi, tu vas subir le même sort. »

Un corps apparut soudain dans l'illusion. Celui de Jii, immobile. Kaito serra les dents en cherchant au loin un pouls ou quoi que ce soit qui puisse lui indiquer qu'il était encore vivant, sans succès. Il ignorait quel était l'état de son vieil ami pour le moment, et il ne pourrait pas le savoir tant qu'il ne serait pas sorti de l'illusion. Il espérait simplement qu'il n'était pas déjà trop tard.
Discrètement, il tenta de se mordre la langue. Cela n'eut pas beaucoup d'effet, malheureusement.


« Une bombe ?
— Ça m'en a tout l'air.
— Tu sais comment on défait ça ?
— Pas du tout. »

Chat Noir et Ladybug se fixèrent pendant quelques secondes. Une chose était sûre, ils n'avaient jamais eu affaire à ce genre de choses auparavant. Finalement, la super-héroïne redescendit à terre et ouvrit son yo-yo pour composer rapidement le 17.

« Allô, ici Ladybug… oui, la vraie. Nous avons trouvé des bombes dans le musée du Louvre, près de l'endroit où se trouvait la cible de Kid. Nous aurions besoin d'aide pour la démanteler le plus tôt possible. »

Elle fut rapidement mise en contact avec une section de déminage et leur expliqua rapidement la situation. Elle put entendre des ordres donnés dans le fond pour demander à une équipe de partir sur-le-champ, et elle plaça son yo-yo entre elle et son partenaire qui venait de redescendre du faux plafond lui aussi pour que Chat Noir puisse écouter lui aussi.

« Est-ce que c'est possible d'utiliser simplement le Cataclysme de Chat Noir pour la détruire ?
— C'est possible, mais dans ce cas je me détransformerais très vite. Et comme il est à usage unique, si jamais il y a d'autres bombes, je ne pourrais pas me débarrasser d'elles.
— Sans compter qu'il y a le risque que la désintégration ne se fasse pas assez vite et que la bombe explose prématurément, fit remarquer un des démineurs.
— A votre avis, il vaut mieux qu'ils attendent l'équipe de déminage, ou qu'ils désamorcent la bombe eux-mêmes ?
— Trop risqué. On ne sait pas si la bombe a un minuteur ou si elle est commandée à distance.
— Mais de ce qu'ils nous ont dit, la bombe a l'air difficile d'accès… »

Il y eu un silence.

« Bon, vous pouvez peut-être nous aider en attendant que l'équipe de déminage arrive. Si on arrive à voir à quoi on a affaire, on pourra s'en charger plus rapidement.
— Très bien, répondit immédiatement Ladybug avec un hochement de tête décidé. Que doit-on faire ?
— Pour commencer, montrez-nous la bombe. »

La super-héroïne s'accrocha à Chat Noir qui remonta à l'aide de son bâton, tandis que les policiers de l'autre côté enclenchaient une vidéo-conférence. Puis elle enclencha la caméra de son yo-yo.

« Alors… commencez par retirer la coque sur la gauche, qu'on puisse y voir plus clair – et avec délicatesse ! »

Ladybug fit un signe de tête à Chat Noir, et celui-ci ouvrit doucement la bombe en faisant passer ses griffes dans la rainure du métal.

« Bien, c'est fait.
— Est-ce que vous voyez quelque chose avec du liquide dedans ?
— Heu… non, fit la coccinelle en faisant tourner son yo-yo tout autour de l'objet du mieux qu'elle pouvait.
— Parfait. La bombe n'est pas pourvue d'un système de niveau à mercure, ce sera déjà ça de pris. Qu'est-ce que vous voyez d'autre ? »

Chat Noir et Ladybug se mirent à décrire ce qu'ils voyaient aux agents de déminage tout en illustrant avec la caméra de la coccinelle, et il y eut bientôt une discussion de l'autre côté de la ligne.

« Bon. Si ce que vous nous décrivez est bien ce à quoi nous pensons, ce ne sera pas trop difficile. Mais comme c'est manifestement un système d'enclenchement manuel à distance, le plus dangereux sera d'arriver à désamorcer la bombe avant que celui qui l'a placée là ne décide de la faire sauter. Commencez par faire sortir la bombe du conduit, on dirait qu'elle n'est pas trop périlleuse à déplacer. Ce sera déjà ça de fait. »

Ladybug quitta les côtés de son compagnon pour qu'il puisse s'exécuter. Bientôt, il la rejoignit bientôt sur le sol, la bombe soigneusement placée dans ses bras. Il la posa par terre et fixa le tout pendant un moment.

« Regardez sur le côté droit, demanda un des démineurs. Vous voyez tous les fils qui dépassent ? Coupez le troisième en partant du bas. »

Chat Noir s'exécuta.

« Fait.
— Bien, maintenant, rassemblez les fils qui sont reliés au truc vert, en bas. Dans le tas, il y en a un qui est bleu, coupez-le. »

Le super-héros, qui avait commencé à avancer ses griffes, se stoppa net en clignant des yeux.

« Heu… ma lady, tu peux m'aider deux secondes ? C'est lequel qu'il faut couper ?
— Pourquoi tu me demandes ça à moi ?
— Je suis un chat, différencier les couleurs, c'est pas notre fort.
— Ça veut dire quoi, ça ? » demanda un démineur depuis l'autre bout du fil.

Le félin eut un rire gêné.

« … je suis daltonien ? »

Ladybug pâlit alors que les policiers au bout du fil grognaient.

« Bon, et bien dans ce cas, on ne perd pas de temps. Ladybug, vous…
— Ça ne va… pas être possible non plus, dit la super-héroïne avec lenteur.
— … et pourquoi ?
— Parce que les coccinelles ne voient pas les couleurs du tout. »

Il y eut un autre silence.

« C'est vrai ça, ma Lady ?
— Ben… en costume, les seuls moments où je vois autre chose que du noir et blanc, c'est quand j'utilise mon Lucky Charm, et même là ce n'est pas la vraie couleur de l'objet, c'est juste une légère surbrillance qui me permet de savoir si ça me sera utile où non…
— Oh, c'est comme ça que marche ton pouvoir, alors ?
— Oui…
— C'est intéressant, ça… »

Il tourna la tête vers la bombe.

« … sauf qu'on est un peu dans la merde, là.
— … je pense aussi. »

Les démineurs soupirèrent de concert.

« Bon, ben on va devoir faire avec. Le fil est vers le bas… – Chat Noir tendit la main. – un peu plus… non, attendez, vous y étiez… pas celui-là… voilà, c'est bon ! Vous pouvez le couper. »

Chat Noir le sectionna d'un coup de griffe. L'homme à l'autre bout soupira.

« Vous savez quoi, laissez tomber en fait. À ce train-là, on risque de provoquer une catastrophe. Soit vous attendez l'arrivée des démineurs, soit l'un de vous va se dé-transformer.
— Mais… »

Un bruit retentit soudain du côté de la porte, faisant sursauter les deux collégiens en costume.

« L'équipe de déminage ?
— Ça m'étonnerait, ils ne sont pas encore arrivés. »

Ladybug se leva pour aller en direction de la porte, qui s'ouvrit doucement. Une tignasse de cheveux roux se glissa alors dans l'entrebâillement, suivie d'un visage barré d'un sourire éclatant, et orné de deux yeux cachés derrière une paire de lunettes qui se mirent à briller d'excitation en voyant qui se trouvait à côté d'elle.

Les deux super-héros, figés par la stupeur, regardèrent Alya se redresser face à eux et brandir son téléphone portable.

« Alya Cézaire, en direct du Ladyblog ! J'ai bien peur d'avoir manqué le Kid, chers spectateurs, mais à défaut, je vais me contenter de nos héros bien-aimés. Ladybug, quelles sont vos impressions concernant Kid le voleur fantôme à l'heure actuelle ?
— Hu ? fit la super-héroïne de manière très éloquente. Heu… attend, attend, attend, comment tu es arrivée là ? »

La collégienne cligna des yeux un instant.

« Oh, et bien… si ça ne vous dérange pas, je m'étalerais sur mes talents de ninja un peu plus tard, sachez simplement que ça impliquait des toilettes et beaucoup de patience. Concernant ma question… »

Ladybug se frappa le front d'un poing ganté avant d'interrompre la lady-bloggeuse.

« En fait, tu as raison, on parlera de ça plus tard. Il y a plus urgent pour le moment. »

D'un geste, elle attrapa la collégienne et la colla devant la bombe. Alya poussa un petit cri à la vue de la machine avant de tousser frénétiquement.

« C'est vraiment important, Alya, il faut que tu fasses exactement ce que les démineurs à l'autre bout du fil te disent pour qu'on puisse démanteler ça.
— Vous ne pouvez pas le faire vous-même ?
— Je ne vois pas les couleurs.
— Et moi je suis daltonien. »

La collégienne regarda tour à tour les deux super-héros.

« Je peux savoir pourquoi je suis la seule à porter des lunettes, ici ? fit-elle d'une voix légèrement plus aiguë que d'habitude.
— Les lunettes ne permettent que de corriger la vision en trois dimensions. »

Alya grommela quelque chose d'inintelligible, avant de souffler longuement. Cela fait, elle posa son portable par terre et se redressa d'un air décidé. Même si elle n'était pas Rena Rouge en ce moment même, cela ne voulait pas dire qu'elle ne pourrait pas avoir sa part d'héroïsme aujourd'hui.

« D'accord, je vais faire de mon mieux. Je dois faire quoi ? »


Nino fixait son portable, paniqué. Une chose était claire, il n'accepterai plus jamais d'aider Alya à faire un truc aussi stupide. Il aurait dû se douter que ça allait mal tourner : Alya était la spécialiste pour se mettre dans des situations toutes plus dangereuses les unes que les autres.
C'était censé être un cambriolage avec de la magie, et là, ça tournait plus au mauvais film. Il jeta un œil tout en marchant aux commentaires qui s'affichaient à toute vitesse sur le blog. Tu parles ! Alya était en train de démanteler une bombe avec Chat Noir pendant un cambriolage de Kid le Voleur Fantôme, évidemment que tout le monde s'en donnait à cœur joie pour écrire des trucs inutiles ou pour paniquer en commentaires !

Il manqua de trébucher et se fustigea pour ne pas regarder devant lui. Heureusement, la plupart des gens présents sur la place ne semblaient pas être connectés au Ladyblog en ce moment même, et les « spectateurs » n'avaient pas encore commencé à paniquer… pour l'instant. La police était déjà en train d'évacuer les abords du musée le plus rapidement possible, mais faire ça sans rien expliquer, tout en essayant de garder la foule calme, c'était franchement mission impossible.

Bon sang, savoir Alya toujours à l'intérieur, juste à côté de la bombe… Il tenta de contacter Marinette, en vain. Il espérait qu'elle n'était pas allée trouver un moyen d'entrer en douce pour partir seule à la recherche d'Alya, où ça risquait de mal finir ! Il jeta un nouveau coup d'oeil au direct : inutile, bien sûr, puisque Alya avait posé son portable et qu'on ne pouvait voir que le plafond.

« Allez, on avance ! Et pas de bousculades ! » cria un policier à proximité. Avec un peu de chance, tous le monde serait loin avant que la nouvelle de la bombe se répande… c'est alors que Nino entendit un cri au milieu de la foule, suivi d'un mouvement de panique que la Police eut du mal à contenir, et il comprit que ses prières étaient tombées dans l'oreille d'un sourd.