NdA: J'ai réussi à me souvenir de publier avant la fin du week end ! Enfin bref. J'espère que vous aimerez ce chapitre, on arrive ENFIN à la partie intéressante.

Disclaimer : Magic Kaito est la création d'Aoyama Gōshō et Miraculous Ladybug appartient à Thomas Astruc.


Chapitre Seizième


Kaito s'était attendu à l'explosion des bombes d'un moment à l'autre. Mais il ne pensait pas que l'une d'elle serait aussi près de la sortie qu'il avait utilisé.

Par chance, Hakuba et lui s'était un peu éloigné du musée et ne se retrouvèrent pas pris dans l'explosion, mais ils étaient encore assez proches pour que les débris puissent les atteindre. Kaito, qui avait posé Hakuba au sol quand il avait envoyé son message, dû récupérer son camarade de classe pour aller se mettre en sécurité. N'ayant pas le temps de le remettre sur son dos, il le maintint sur ses épaules à la manière des pompiers et se mit à courir pour chercher un endroit suffisamment protégé.

Hakuba gémit de douleur en se prenant un débris et Kaito grimaça. Il espérait que le détective ne serait pas trop touché : sa blessure par balle était suffisamment sérieuse pour avoir à rajouter autre chose.

Apercevant un abri à poubelles qui avait réussi à résister à un gros débris qui se trouvait à moitié encastré dans le toit, il se dirigea dans cette direction. Malheureusement, il n'eut pas le temps d'y arriver sans dommage : un débris qu'il n'avait pas réussi à repérer à temps heurta les garçons et les projeta à terre. Le choc fit perdre son souffle à Kaito pendant quelques minutes, et il dût finir le trajet à genoux, un bras contre son corps, traînant Hakuba derrière lui jusqu'à l'intérieur de l'abri à poubelles.

Une fois à l'abri, il se pencha pour vérifier l'état du détective. Celui-ci s'était évanoui sous le choc survenu plus tôt, et il avait une nouvelle entaille au niveau de son front à cause du débris qui les avait heurté. Sa première blessure, qui était toujours en train de saigner fortement, était pleine de poussière.
Kaito dût s'y reprendre à deux fois pour sortir son mini-kit de secours, son bras étant dans un état bien pire qu'il ne l'avait pensé au premier abord. Il sortit avec difficulté une serviette et un peu d'eau, puis entreprit de nettoyer la blessure par balle ainsi que l'entaille sur le front de Hakuba, avant de désinfecter celle-ci et de la bander. Il n'essaya pas de retirer le projectile qui se trouvait dans l'épaule du détective, en revanche : il était parfaitement au courant qu'essayer de faire ça dans un endroit aussi sale ne ferait qu'empirer les choses. De toute manières, avec son bras en miettes, il serait bien incapable de récupérer tous les débris.

(Il était bien placé pour connaître la difficulté de l'opération, ayant dû demander l'aide de Jii à plusieurs reprises quand un cambriolage prenait une tournure un peu trop dangereuse.)

Il souffla en s'affalant contre le mur.

« Merde… »

Le voleur frappa alors le sol d'un coup de poing rageur. Puis il jeta un œil en direction du musée, la vision apocalyptique qui s'offrit à lui le faisant grimacer. Il remercia mentalement la police (et Alya dans une moindre mesure) pour avoir permis l'évacuation du parvis, avant de penser aux démineurs qui se trouvaient probablement encore à l'intérieur.

« Snake, cette fois tu as dépassé les bornes… »

Que le mercenaire veuille le tuer était une chose. Attaquer Hakuba, qui était ouvertement à la poursuite de Spider depuis des mois, était compréhensible également. Mais qu'il implique d'autres personnes innocentes juste parce qu'elles étaient sur son chemin, et qu'il aille jusqu'à provoquer un attentat à la bombe pour parvenir à ses fins, était différent.
La prochaine fois qu'il verrait sa maudite face moustachue, il lui ferait passer un sale quart d'heure.


Pas si loin de là, dans une pièce sombre dans laquelle volaient des centaines de papillons blancs, une silhouette se redressa.

« Hum… c'est un bien triste spectacle auquel nous avons dû assister. Que de destruction, et ce n'est même pas de ma faute, pour une fois… quand je pense que notre magicien avait fait un numéro vraiment étonnant, un coup de maître, et que tout a été réduit en miettes… quelle rage et quelle rancœur anime désormais son âme… ce qui est tout à fait compréhensible. Je pense que ces criminels ayant détruit un des trésors de Paris méritent bien une petite punition… »

Le Papillon tendit la main en l'air, et un petit lépidoptère immaculé s'y posa en silence avant d'être entouré d'une cage de doigts. Une fumée violette sortit des paumes de l'humain qui le tenait, et le papillon absorba l'énergie jusqu'à se teindre lui-même de la même couleur.
Les mains se desserrèrent alors et l'insecte battit lentement des ailes avant de décoller.

« Envole-toi mon petit Akuma, et noircis le cœur de ce magicien hors pair ! »

Le papillon noir se faufila entre les vitraux pour s'élever au-dessus des toits de Paris, traversant le ciel sans étoile de la capitale, jusqu'à atteindre l'abri presque enseveli sous les décombres dans lequel le voleur s'était caché.
Celui-ci ne le vit qu'au dernier moment, et n'eut pas le temps de reculer que l'Akuma entrait déjà à l'intérieur de son monocle.

Le contact entre le Papillon et sa cible se fit instantanément, et une voix résonna à l'intérieur du lien psychique.

« Qui est là ? Répondez ?
— Oh… c'est rare de croiser quelqu'un d'aussi alerte, répondit le super vilain. Pour répondre à ta question, je suis le Papillon. Mon nom te dit-il quelque chose ? »

Il y eut une seconde de silence.

« Vous êtes celui qui transforme les gens en démons ?
— Hum… je n'irais pas jusque là. Je me contente simplement de leur donner ce dont ils ont besoin pour remplir leur objectif ou… pour corriger une injustice dont ils ont été victimes…
— Qu'est-ce que vous voulez ? »

Le Papillon eut un rictus amusé.

« La vraie question, est : qu'est-ce que toi, tu veux ? Tu souhaites punir ces gens qui ont fait exploser ces bombes pendant ton cambriolage, n'est-ce pas ?
— Je… pense, mais…
— Et bien, je peux te le donner. Je peux te donner le pouvoir de retrouver ceux qui ont gâché ton spectacle, de leur donner la punition que tu considères qu'ils méritent… tout ce que tu as à faire en échange, c'est retrouver les Miraculous de Ladybug et Chat Noir. Pour un voleur de joyaux, ça ne devrait pas être trop difficile. Alors, quelle est ta réponse ? »

Le voleur resta silencieux un moment, avant de finalement répondre :

« … oui.
— Parfait, dans ce cas… »

Le papillon envoya son pouvoir à travers le lien, et il put sentir le voleur s'en recouvrir, formant un cocon autour de son corps qui ne tarda pas à se déchirer pour en laisser sortir le tout nouvel Akuma du Papillon.

« Bien… à toi de jouer, maintenant. N'oublie pas ta part du contrat, Poker Face. »


Saguru grogna. Très honnêtement, il était surpris de se réveiller : entre la balle de pistolet et les blessures qu'il avait reçu pendant l'explosion de la bombe, il était chanceux d'être encore en vie.
Ou alors il était tout simplement mort et dans l'au-delà, même s'il était surpris qu'il y ait vraiment quelque chose du genre.

En tout cas, son corps était bien moins douloureux que tout à l'heure : il ne ressentait même plus la douleur de sa blessure par balle, qui l'avait fait souffrir pendant de longues minutes avant qu'il ne s'évanouisse. Et il s'était déjà fait tirer dessus par le passé pour savoir que ce n'était pas juste le corps qui s'habituait à la douleur. L'hypothèse la plus probable était qu'il avait été anesthésié, mais la surface sur laquelle il était allongé était trop dure pour être un lit d'hôpital, ou même un simple brancard.
Il secoua la tête avant d'ouvrir les yeux.

Et il se retrouva nez à nez avec un masque.

Il sursauta avant de faire un bond en arrière, mais une main attrapa son bras pour le maintenir en place. Il balaya son environnement du regard, notant qu'il était toujours dehors, dans la ruelle dévastée par les bombes, mais en dessous d'un abri qui semblait destiné aux poubelles mais qui avait été vidé.

Il fixa alors la personne qui se trouvait en face de lui. On ne pouvait pas voir son expression, car elle était cachée derrière un masque de théâtre argenté au motif d'un visage en train de pleurer, le sourire à l'envers. Il était impossible de voir des yeux à travers les fentes.
La personne portait un costume en queue-de-pie complètement noir, qui recouvrait une chemise rouge sombre resserrée au cou par un nœud-papillon. Il portait un haut-de-forme en velours tout aussi noir que le costume, qui était agrémenté d'un ruban argenté, de la même couleur que le masque et le nœud-papillon.

Cet accoutrement, à lui seul, était assez suspect, mais le plus menaçant aux yeux de Saguru était le fourreau qui se trouvait accroché à sa taille, où était rangé un katana. Le fourreau était orné de piques, de trèfles, de cœurs et de carreaux sur toute la longueur, et en haut du fourreau se trouvait une énorme pierre précieuse qui brillait d'une lumière violette.

Quand il vit cette pierre, Saguru n'eut aucun mal à comprendre qui se trouvait en face de lui.

« K… Kid ?
— Pas pour le moment, détective-san. Ne bouge pas, je n'ai pas fini.
— Fini quoi ? »

L'homme masqué ne répondit pas. Ses mains étaient posées sur son épaule, à l'endroit où il avait reçu la balle. Il n'y avait plus rien, ni sang, ni même un trou dans le tissu.

« Que…
— J'éviterais de bouger si j'étais toi. Maintenant, si cela ne te dérange pas, j'ai un message à transmettre. »

Il sortit alors quelque chose de sa poche — quelque chose qui s'avéra être son téléphone portable, qu'il se souvint vaguement avoir laissé à Kuroba pendant qu'ils s'enfuyaient. Le démon — parce que c'était manifestement ce que Kid était devenu — déverrouilla son portable et pianota quelques secondes.

« Qu'est-ce que tu fais ?
— Je suis simplement en train de m'assurer que mes nouvelles cibles sont prévenues de mon arrivée. On ne change pas les vieilles habitudes, pas vrai ? »


Chat Noir et Ladybug avaient protégé Alya de l'explosion, s'interposant grâce à leurs costumes magiques pour stopper un maximum de débris.

« Tout va bien ?
— Je… je crois. »

La collégienne était en état de choc. Et très franchement, les deux autres n'étaient pas beaucoup mieux.

« Oh, oh, oh… c'est quoi ce carnage…
— Je… ne sais pas combien il y avait de bombes à l'intérieur, mais c'est moche… »

Les trois adolescents se regardèrent un instant.

« Tu crois que tu pourrais réparer ça avec ton Lucky Charm ?
— Aucune idée. Il faudra que je demande. »

Alya se cramponnait à son téléphone.

« C'est de ma faute, si je n'avait pas filmé ça, ils n'auraient jamais tout fait exploser maintenant…
— Ne dis pas de bêtises, la coupa Ladybug. Ils avaient l'intention d'activer ces bombes à un moment ou à un autre. Pour le moment, il faut rejoindre les autres. On ne peut pas te laisser là, et il faut qu'on aille aider la Police tant qu'on est là.
— C'est vrai qu'aucun de nous n'est limité par le temps. Suivez-moi, je vais vous montrer où se trouve l'équipe la plus proche.
— Comment tu sais où ils sont ? demanda Alya.
— J'étais en communication avec eux avant de rejoindre Ladybug, c'est eux qui nous ont filé les masques… d'ailleurs, maintenant que j'y pense, on en a fait quoi ?
— Perdu en chemin. Mais je pense que ce n'est pas le plus important pour le moment.
— Oh… ok.»

Chat Noir attrapa Alya et fila vers le groupe de policiers, Ladybug à sa suite.


Ginzo regarda autour de lui en grimaçant. Le spectacle n'était pas beau à voir : le palais du Louvre était à terre, et la pyramide était réduite à l'état de poudre fine qui recouvrait tout d'un tapis tranchant.
Par chance, la police avait pu évacuer les civils à temps, mais les membres de l'équipe de déminage avaient été pris dans l'explosion. Plusieurs groupes de sauvetage étaient déjà en route pour leur porter secours, si par chance ils étaient toujours en vie.

« Inspecteur, je pense que vous devriez voir ça… »

Il se tourna vers un de ses subordonnés, qui se tenait à côté d'un agent français. Les deux étaient en train de fixer un téléphone portable.

« Qu'est-ce que c'est que ça ?
— La mineure qui était à l'intérieur et a aidé à désamorcer les bombes a filmé depuis son blog…
— On sait, le coupa son supérieur. C'est quoi le problème ?
— On a continué à jeter des coup d'oeil de temps à autres, histoire de voir où la fille et les super-héros se trouvaient, mais la vidéo a été interrompue d'un coup. »

L'inspecteur fronça les sourcils.

« Et alors ? Elle a juste éteint son téléphone ou quelque chose comme ça.
— Non, on dirait que ça a été piraté. Et la personne est en train de parler en Japonais.

Ginzo jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule de son subordonné. Un masque blanc se trouvait en gros plan sur l'écran.

« C'est qui, ça ?
— Il s'est présenté en tant que Poker Face. Pour le moment, il s'est simplement excusé de l'interruption et indiqué qu'il avait un message à transmettre. »

La personne au visage masqué continuait de parler, toujours en Japonais.

« … est à l'intention de Snake et de Spider. Je sais que vous regardez toujours. »

Il fit une courte pause, comme pour s'assurer que les destinataires du message puissent écouter, puis il secoua la tête.

« J'ai supporté vos fusillades bien trop longtemps, mais cette fois, vous êtes allés trop loin. Cette histoire est entre nous, et je ne vous laisserai pas impliquer d'autres personnes là-dedans. Alors préparez-vous à me voir arriver, parce que je vais vous trouver, peu importe où vous vous cachez. Et si vous ne voulez pas augmenter votre sentence… »

Les fentes servant d'yeux au masque se mirent à briller.

« Je vous conseille de sortir de votre trou. »

Le masque disparut alors d'un coup, la communication coupée. Ginzo et son subordonnés se regardèrent un instant.

« Il n'y a pas un adage qui dit que quand les choses commencent à aller mal, c'est que ça va encore empirer après ?
— On discutera de ça plus tard. Pour le moment, il faut aller rejoindre des autres. »

Le policier français parla sans que les deux Japonais ne comprennent un autre mot que "Démon".

« Trouvez-moi Hakuba. On va avoir besoin de lui. »


Le trio ne put atteindre sa destination, leur route se trouvant soudain coupée par un corps qui atterrit devant eux avec tant de force que le sol trembla sous le choc.
La silhouette se redressa en silence. On ne pouvait pas voir son visage, caché à la fois par l'ombre de son chapeau et par un masque de théâtre au rictus rieur, mais le pistolet au design singulier qu'il tenait d'une main ferme était une indication suffisante de ses intentions.

Ladybug se plaça devant Chat Noir et Alya avant de lancer :

« Qui êtes-vous ? Déclinez votre identité ! »

La personne pencha légèrement la tête, avant de répondre :

« Poker Face.
— Pardon ?
— Vous pouvez m'appeler Poker Face, même si mon nom n'est pas vraiment important. Pour le moment, j'ai quelque chose d'urgent à faire, mais je reviendrai vers vous très vite. »

Les super-héros se concertèrent du regard, avant de voir le symbole du Papillon apparaître sur le masque de leur vis-à-vis.

« Un Akuma ? Comme si c'était le moment ! » fit Ladybug.

Pendant ce temps, Poker Face se mit à parler — au Papillon, apparemment.

« Mais si je prends leurs Miraculous maintenant, qu'est-ce qui m'assure que vous ne me retirerez pas mon enveloppe avant que je puisse réaliser mon objectif ? »

Il y eut un moment de silence, puis l'Akuma secoua la tête.

« Compris. »

L'Akuma posa une main sur le fourreau qu'il portait à la taille, avant de dégainer un sabre. Chat Noir se mit en position de combat après avoir laissé Alya reposer les pieds par terre. Ladybug, elle, fronça les sourcils en voyant le fourreau qui était accroché à la taille de leur adversaire.

« Il y a une pierre précieuse là-dessus… elle n'est plus de la même couleur, mais… »

Ses yeux s'écarquillèrent.

« C'est Kid, ça ?
— On dirait bien, » fit son compagnon.

Alya pointa la tête de derrière Ladybug et leva son portable qui filmait toujours.

« Heu… comme vous pouvez le voir, il semblerait que le Voleur Fantôme connu sous le nom de Kid soit la nouvelle victime du Papillon… oh ? On dirait que ma vidéo s'est coupée toute seule… AH ! »

Le voleur s'était déplacé si vite qu'on avait eu du mal à le voir bouger, et il se tenait à présent derrière le groupe. Le portable d'Alya tomba à terre, tranché en deux.

« Pour commencer, mademoiselle… je tiens à dire que mon nom à l'heure actuelle n'est plus Kid, mais Poker Face. Et deuxièmement, je me suis déjà occupé de votre vidéo tout à l'heure, ne m'en voulez pas. Votre site m'a été bien utile. À présent, j'ai une petite course à faire auprès de vos amis. Cela ne vous dérange pas, j'espère ? »

Sur ce, il rangea son sabre et tira en l'air avec son pistolet. Une corde munie d'un lance-grappin en jaillit, et l'Akuma se propulsa en direction du toit le plus proche pour surplomber la place. Instantanément, les deux super-héros le suivirent à l'aide de leurs armes respectives, et Poker Face se dirigea en direction de la tour Eiffel, ses deux poursuivants à sa suite.

Alya se retrouva seule au milieu de l'avenue. Elle jeta un oeil à ce qu'il restait de son portable.

« Heu… je fais quoi, moi, maintenant ? »


NdA : 16 chapitres pour arriver à ça. Pourquoi il faut toujours que je traîne dans les longueurs ? Enfin bref. je pensais profiter des nouvelles "vacances forcées" pour finir ça rapidement, mais manque de bol les apprentis comme moi n'y auront pas droit parce qu'on doit retourner chez nos employeurs... (alors que les stages de ceux qui font la formation continue sont annulés, notez la logique). Mais peu importe ! J'ai bien l'intention de finir ça rapidement. Si possible dans le mois, histoire que je n'ai pas ça dans la tête pendant le prochain camp Nano, mais on fera ce qu'on peut.

J'espère que vous avez aimé et à la prochaine fois !