Cabin fever
Le mal des blédards, ce n'était pas un terme particulièrement connu. Cependant, les effets l'étaient : tout le monde était familier avec l'idée de se retrouver isolé dans des quartiers confinés, incapable d'en bouger pour une période de temps non négligeable, et d'en développer irritation et agitation claustrophobes.
Bon, les gens qui contractaient ce mal ne décidaient pas tous de poursuivre femme et enfant dans les couloirs afin de les agresser à la hache, mais on pouvait comprendre d'où ça venait. Raphaël comprenait certainement : si lui se retrouvait jamais coincé en compagnie des trois autres Archanges, il ne donnait pas cher de la peau de ses frères, désolé d'avoir à le dire. Le guérisseur avait beau les aimer au point d'en perdre le souffle, il était le premier à reconnaître combien ils pouvaient être chiants.
Donc, tant qu'à succomber au mal des blédards, il préférait encore le faire dans son coin. Comme ça, il serait au moins libre de jouer au hamster en pratiquant son jogging autour de la table de la cuisine, ou de réécouter tous ses disques de musique sans qu'on vienne l'enquiquiner pour le bruit.
Mais bon, Raphaël avait toujours été le canard boiteux des Anges en général, quand on considérait son goût pour la solitude : si quelqu'un pouvait contracter le mal des blédards et aimer ça, ce serait lui, bien entendu.
Moi, marquée par le confinement ? Pourquoi penser ça ? *sourire nigaud*
