Je ne possède aucun des personnages de la série.
Il ne fait pas bon de se remettre à regarder de vieilles séries qui passent à la télé, surtout quand elles font parties des coups de cœur de votre jeunesse... Et surtout si elle parle de relation fraternelle et paternelle fortes...
Un recueil sur le passé militaire de Stringfellow, que ce soit à la guerre du Viet-Nam ou après, pas d'ordre chronologique
Alors en regardant attentivement la série on comprend que Stringfellow a fait trois séjours au Vietnam entre 1968-1970 pour rejoindre Saint-John qui est porté disparu en 1969, en 1971-1972 comme il le mentionne lui même dans la saison 3 et en 1973-1975 puisqu'il est sur place au moment de la chute de Saïgon, sortant à peine de l'hôpital, comme il le dit à Nhy Huong.
Alors voilà, j'ai eu l'idée en écrivant le chapitre d'avant. On va dire que c'est un moment similaire, mais plus dramatique.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
LES SOUFFLES D'UN ECHO
Quelques mots de plus
La douleur et la peur le firent reculer dans les fourrés. Stringfellow haleta, retint de justesse un gémissement et se cala le dos à la roche. Ce n'était pas la cachette idéale, mais pour le moment, il pourrait reprendre son souffle. Il en avait bien besoin. Le jeune homme de 21 ans baissa les yeux sur ses mains, des mains pleines de sang, pleines du sang de Jim qu'il n'avait pas pu sauver et du sien… instinctivement, il plaqua la main gauche sur sa plaie au ventre et fouilla dans ses poches, cherchant quelque chose qui pourrait l'aider, mais il n'avait sur lui que des munitions, son couteau et un carnet. Un carnet qu'il avait glissé dans la poche gauche de son gilet. Il y notait des informations, des codes, mais Stringfellow le saisit avec une toute autre idée. Les tirs résonnaient autour de lui, des tirs violents qui se rapprochaient. Il était blessé. Il ne voyait aucune solution pour se sauver, alors il essuya ses mains sur son pantalon et frissonna en gribouillant de ses doigts qui tremblaient.
- Dom… Je pense que ces mots-là, tu ne pourras jamais les lire, mais j'ai besoin de te les dire et puis on ne sait jamais, va savoir… Je te demande pardon… Je ne voulais pas te mentir, mais je ne rentrerais pas moi non plus… Excuse-moi de te laisser seul. Excuse-moi de n'avoir jamais pu essayer ce looping avec le Bell. Excuse-moi de n'avoir pas appelé plus… Excuse-moi pour tout ce que j'aurais dû faire et que je n'ai pas fais, pour tout ce que j'aurais dû te dire et que je n'ai pas osé. Merci d'avoir été là, d'avoir toujours été là... D'avoir supporté mon caractère, mes bêtises, mes conneries et mon entêtement. Merci de m'avoir ouvert ton cœur, tes bras, d'avoir été mon père... de m'avoir apprit tout ce que je sais, d'avoir fait de moi l'homme que je suis. Merci Dom... Tout se finira bientôt, mais je penserai à toi à ce moment-là… Je suis blessé, les tirs se rapprochent. J'ai essayé de les sauver, mais mon hélicoptère s'est fait abattre. J'ai essayé tu sais, mais le rotor central m'a lâché. Je n'ai pas pu sauver ces hommes et j'ai mal Dom… Je suis si fatigué… Ma cachette n'est pas idéale, mais c'est tout ce que mes jambes peuvent faire… Tout est fini. Je ne pourrais pas leur échapper. Pourtant, je ne veux pas mourir ici. Tu sais, je voudrais tellement rentrer, mais je sais que c'est impossible. Pardonne-moi. Je t'aime… Pardonne-moi…
Un tir plus rapproché que les autres le fit sursauter. Stringfellow attrapa son fusil et tenta de se redresser, mais la douleur le déchira en deux et le jeune homme s'écroula lourdement sur le sol. Dans sa chute, il échappa le carnet, mais il eut le temps de refermer les doigts dessus avant que le noir ne l'enveloppe.
Des coups de feu plus violents furent échangés autour d'eux et des silhouettes traversèrent les buissons.
- J'en ai un ! Hurla l'un des hommes en courant vers le blessé.
Il s'agenouilla et le prit par les épaules.
- Capitaine ? Capitaine ?
Le soldat n'était pas un ennemi, c'était le membre d'une unité de sauvetage qui venait de les retrouver. Le type redressa la tête et hurla.
- Il me faut une équipe pour l'évacuer !
Puis il rebaissa la tête sur Stringfellow et lui pressa l'épaule.
- Allez capitaine, il faut tenir bon.
Il le tira pour le redresser et le carnet tomba sur le sol. Il le remarqua et le prit. D'un coup d'œil il comprit, le fourra dans sa poche et agrippa fermement le jeune homme, s'autorisant un sourire lorsque le pilote blessé laissa échapper un grognement.
- C'est ça capitaine, il faut tenir bon, vous n'êtes pas encore mort. Vous allez rentrer chez vous !
OooO
Une douleur lancinante remonta le long de sa poitrine et lui arracha une légère plainte lorsque que Stringfellow reprit lentement connaissance. Il se souvenait du crash, de la douleur, de la peur aussi, et il se demanda pendant un instant où il était. La perspective d'être prisonnier et blessé n'était pas engageante, mais peut-être qu'il retrouverai Saint-John…
Toutefois, quand sa vue revint, il comprit qu'il était plutôt dans une des chambres d'un hôpital de campagne de l'armée américaine. Des secours les avaient retrouvés ? Apparemment… Le jeune homme grogna un peu en tentant de se redresser. Il se cala dans ses oreillers et sursauta lorsqu'une silhouette entra dans sa chambre.
Bien que blessé, il eut comme réflexe de saluer son commandant, mais ce dernier se rapprocha en souriant.
- Ne vous embêtez pas avec ça Capitaine Hawke. Vous nous avez fait peur.
- Je suis désolé. Je n'ai pas pu sauver l'appareil, j'ai…
- Je ne sais pas comment vous avez fait pour vous poser, mais il n'y a pas eu de morts dans ce crash, Hawke. Les échanges au sol ont été violents, mais vous avez épargné pas mal de vies.
- J'en aurais épargné plus si je ne m'étais pas écrasé Commandant.
- Ne soyez pas trop dur avec vous-même. Vous êtes vivant et je suis bien content de conserver mon meilleur pilote, dit-il en fouillant dans sa poche pour en sortir un carnet.
Il le tendit à Stringfellow qui le prit. Il était tâché de sang et il le reconnut. C'était le sien. En frémissant, il l'ouvrit, tombant sur la page gribouillée pour Dominic alors qu'il se sentait mourir. Le commandant l'observa et perçut son émotion. D'un geste, il fit glisser la sacoche qu'il avait sur l'épaule et en sorti le téléphone de campagne EE-8 dont il tendit le combiné à Stringfellow.
- En passant par le relais central, vous aurez la Californie,
Le jeune homme prit le téléphone d'une main tremblante, ne sachant pas vraiment quoi comprendre, mais le Commandant ajouta.
- Lui écrire est une chose, mais lui dire en est une autre. Appelez votre père, dit-lui que vous allez bien et prenez votre temps.
Stringfellow frémit, sous le coup de l'émotion.
- Merci commandant.
- Pas de quoi capitaine. Je repasserai plus tard.
L'officier supérieur fit alors demi-tour pour sortir de la pièce, laissant le jeune homme passer son coup de téléphone dans l'intimité.
