Je ne possède aucun des personnages de la série.

Il ne fait pas bon de se remettre à regarder de vieilles séries qui passent à la télé, surtout quand elles font parties des coups de cœur de votre jeunesse... Et surtout si elle parle de relation fraternelle et paternelle fortes...

Un recueil sur le passé militaire de Stringfellow, que ce soit à la guerre du Viet-Nam ou après, pas d'ordre chronologique.

Ce texte se passe en octobre 1975, 6 mois après la fin de la guerre.

Ce texte a été écrit dans le cadre de défis du discord "L'Enfer de Dante" (liste des défis en fin de texte pour ne pas spoiler)

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


LES SOUFFLES D'UN ECHO

Le dernier espoir

Tout commença comme d'habitude. Dominic ne remarqua rien de spécial en cette mâtinée venteuse d'automne, sauf que ce n'était sans doute pas aujourd'hui qu'il allait faire voler le Bell, la météo était bien trop aléatoire. Son client n'avait pas fini de râler, mais qu'est-ce qu'il pouvait y faire ? Il n'allait pas prendre le risque de s'écraser avec son hélicoptère pour une prise de vue à 1000 dollars ! Il avait donc décidé de faire de la mécanique. Il avait récupéré un petit Robinson R22 et un Hugues 500M. Les deux appareils avaient besoin d'entretien et de réglages avant de prendre l'air. Ce serait parfait, il s'occuperait du 500 et Stringfellow bricolerai sur le R22. Il fallait bien quelque chose pour lui occuper l'esprit… Depuis qu'ils avaient annoncé la fin officielle de la guerre, il le voyait tourner comme un lion en cage… et cela faisait déjà cinq mois…

Dominic n'était pas dupe, il savait parfaitement ce qui le préoccupait. Tous les jours, il priait pour que son gamin reçoive une bonne nouvelle, mais les jours s'égrenaient et Dominic commençait à comprendre que ce ne serait sans doute pas le cas… Cela faisait 6 ans que Saint-John avait disparu au combat et six mois qu'ils vidaient les camps de prisonniers… S'il était toujours en vie, après tout ce temps, ils devraient être au courant maintenant…

Une boule se noua dans son ventre, ce n'était pas juste. Il aimait ces deux enfants… L'un comme l'autre ne méritait pas ça… Si seulement ils avaient pu les garder prêt de lui… La vie pouvait vraiment être parfois une vraie saloperie ! Il ne méritait de souffrir comme ça ce gosse…

L'esprit préoccupé, Dominic alla chercher une boîte à outils pour commencer à travailler sur le Hughes, mais son regard se posa sur l'horloge. Dix heures passé ? Stringfellow était en retard et il savait bien que ça ne lui ressemblait pas. Le jeune homme de 25 ans ne l'avait pas habitué à ça… Même triste et déprimé, il n'était jamais en retard… sans doute parce que la présence de Dominic lui faisait du bien, sans qu'il n'ose vraiment lui dire. De toute manière, il n'en avait pas besoin. Il l'avait élevé comme son fils, il le connaissait par cœur.

Dominic observa la porte, l'horloge et se dirigea vers le Bell. Bon, il y avait beaucoup de vent, mais il devait aller au chalet voir ce qui se passait. Ce n'était pas normal. Il lui avait dit qu'il redescendrait à pied jusqu'à la jeep, et il se mit à craindre une mauvaise chute ou quelque chose de plus… désespéré. Alors, vent ou pas, il devait aller voir ce qui se passait au chalet…

OoooO

L'hélicoptère lutta contre le vent, mais parvint à se poser sur le ponton au bord du lac sans trop de problèmes. Dominic laissa échapper un soupir de soulagement et coupa les moteurs. Si cela n'avait pas été pour Stringfellow, il serait bien resté au hangar. Il avait bien failli se faire projeter contre la montagne deux fois !

Sous le vent de plus en plus violent, il descendit de l'appareil, agrippa sa casquette, et courut pour rejoindre le chalet. Un peu inquiet, il poussa la porte et appela :

- String ?

Personne ne lui répondit et un long frisson remonta le long de son échine. Le chalet était plongé dans le noir, rien ne bougeait, et un élan de panique lui compressa la poitrine. Il eut peur d'arriver trop tard, de ne pas avoir réussi à apaiser la douleur de son gamin, mais repéra une silhouette assise par terre, le dos contre le bar, recroquevillée sur elle-même et soupira de soulagement en percevant un sanglot.

- String…

Doucement, le vieux pilote se rapprocha et vint s'agenouiller à côté de son gamin. Il était là, dans le noir et il pleurait, tremblant de tous ses membres. Dominic, bouleversé, glissa sa main sur sa nuque.

- Eh ? Mon petit, que se passe-t-il ?

- Rien…

- String… Tu pleures, tu es bouleversé, tu ne peux pas dire ça.

- Laisse-moi…

- String…

- Laisse-moi !

Le jeune homme repoussa sa main et se releva en titubant. Dominic le suivit, inquiet de le trouver dans cet état et fit un pas pour se rapprocher de lui. Stringfellow lui tourna un regard sombre et recula de trois pas. Il ne voulait pas parler. Il fallait que Dominic le comprenne, mais ce dernier n'était pas prêt à le laisser autant dans la détresse. Il se moqua donc de son mouvement de recul et se rapprocha de lui, passant cette fois ses deux mains derrière sa nuque pour le bloquer et le forcer à le regarder droit dans les yeux.

- Calme-toi petit, je suis là.

- Pour combien de temps ? Demanda douloureusement Stringfellow. Tu ne devrais pas… Eloigne-toi de moi, je porte malheur Dom…

- Non, non…

- Si… Tu as fait une erreur, c'est de me faire entrer dans ta vie… Je vais te perdre toi aussi…

Stringfellow tremblait de plus en plus, ses jambes le tenaient à peine et Dominic raffermit sa prise sur sa nuque tout en le ramenant vers lui.

- Arrête… Ma vie n'est pas parfaite. J'ai fait de nombreuses erreurs, mais toi, tu n'en es pas une… Dis-moi ce qui se passe… Tu sais que je n'aime pas te voir pleurer sans comprendre, parle-moi…

- C'est fini Dom…

- De quoi ?

D'une main tremblante, Stringfellow lui tendit une lettre qu'il tenait, une lettre froissée, baignée par ses larmes.

- Mon dernier espoir… Tout est fini…

Dominic laissa une main sur sa nuque et lui prit la fameuse lettre des mains. Il la défroissa et nota tout de suite le logo de l'armée en haut de la feuille. Un long frisson le parcourut… Voilà pourquoi son gamin était dans cet état, pourquoi il tremblait comme une feuille sous sa main, pourquoi il avait l'impression que ses jambes étaient sur le point de le lâcher.

C'était le résultat de la façon de procéder de l'armée, sans aucune compassion… Les quelques phrases qu'il lut lui firent comprendre qu'il avait malheureusement raison… Les mots étaient directs, sans compassion et dénués d'empathie… En peu de phrases, sur un ton sec et laconique, l'armée lui apprenait que Saint-John était officiellement porté disparu, qu'il ne rentrerait pas et que son dossier était refermé… Il recevrait une médaille à titre posthume pour son sacrifice… Quelle connerie ! C'était son frère dont Stringfellow avait raison, pas d'une médaille dorée. Dominic soupira et posa la lettre sur le bar avant d'attirer Stringfellow dans ses bras. Il noua ses bras autour du corps tremblant de son gamin et lui fit poser la tête sur son épaule avant de le bercer.

- Hey… Depuis quand tu crois tout ce qu'on te dit, toi ? Ne pense pas à ça. Je refuse de croire que nous ne le reverrons pas.

- Mais ils ont l'air si sûr d'eux…

- Qu'est-ce que tu veux… Ils ne le connaissent pas ton frère, mes deux gamins sont des survivants, tu le sais…

- Mais je pensais que c'était la fin, qu'il allait rentrer, mais non… Personne ne sait où il est !

- Tu penses que ça veut dire qu'il est mort ?

- Non… Il ne peut pas être mort… pas à cause de moi… Je ne peux pas l'avoir abandonné…

- Chut… Tu sais que tu ne l'as pas fait…

- Si… Je suis parti sans lui…

- Et tu as sauvé combien de vie ?

- Pas la sienne… Il avait prit une balle à la cuisse… pas la sienne…

Les larmes de Stringfellow étaient violentes, douloureuses, et Dominic savait bien qu'il ne tiendrait plus sur ses jambes. Alors, il lui pressa la joue et tenta doucement de l'apaiser tout en le berçant, prêt à le tenir contre lui pendant des heures s'il en avait besoin.

- Chut… Tu sais, cette lettre, c'est surtout pour se dédouaner. Tout n'est pas fini String. Alors ne perds pas espoir… Je suis sûr qu'on retrouvera sa trace.

- Comment tu peux en être sûr ?

- Parce que je refuse que mes deux gamins vivent ça.


Ce texte combine 7 défis :

- Des Prompts par millier : Prompt 97 : « Je n'aime pas te voir pleurer »

- Titre du jour : Titre du 22/07/2020 Le dernier espoir

- Prompt du jour : Prompt du 25/06/2020 : "J'ai fait de nombreuses erreurs, mais toi tu n'en es pas une."

- La fin et le début : Première phrase 28 : "Tout commença comme d'habitude." (Petite sœur, Patricia MacDonald)

- Couleur du jour : Couleur du 10/08/2020 : Noir

- Cassons les préjugés : Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas

- Nos habitudes à l'écrit : Treizième habitude : Quand tu recules de quelques pas pour mettre fin à une discussion et que l'autre personne continue comme si de rien n'était