Bla Bla de l'auteur.

Auteur: Uasti

Disclaimer: La fic est à moi, mais pas la plupart des persos…c'est le principe de la fan fiction… Par contre, sur ma célèbre liste des concepts rajoutés l'air de rien à Saint Seiya, vous pouvez mettre une petite croix à côte de « huitième gardien. » Vous comprendrez en lisant le chapitre, je dépose un brevet, comme me l'a conseillé ma bêta…

Reviews : Encore merci de vos encouragements, je vous assure qu'ils sont loin d'être superflus et qu'ils ne tombent pas dans l'oreille d'une sourde.

Dans ce chapitre : Plein de scènes, un peu plus courtes que d'habitude, mais très intenses pour certaines… beaucoup de scènes, de décors et de personnages différents. En vrac, vous trouverez : un voyeur et un moqueur, un chat et un crachat, des positions compromettantes, des bisous, des manigances pas nettes et…

Encore merci à ma bêta lectrice et bonne lecture à vous tous !


Chapitre 11 – Manigances et Confidences


« Merci Mu » L'atlante lui sourit, une lueur inquiète dans ses prunelles violettes.

« Ca va aller ? » Ishtar lui rendit son sourire, se forçant à paraître la plus convaincante possible.

« Bien sûr. Je suis juste fatiguée, ne t'inquiètes pas pour moi. Merci de m'avoir ramenée, tu devrais retourner au sanctuaire t'occuper de Kiki, je vous ai dérangés en plein entraînement. Tu voudras bien prévenir Shaka que je suis rentrée en Asgard ? »

« Très bien, à bientôt alors... »

Elle le regarda disparaître, puis observa la bibliothèque. Mu l'avait ramenée à leur point de départ. Elle poussa un léger soupir, regardant le ciel par une fenêtre proche. Il devait être 15 ou 16h, alors que c'était déjà le début de soirée en Grèce. Elle se frotta les poignets, meurtris. Heureusement qu'elle avait une robe à manches longues, cela avait évité que Mu ne soit amené à lui poser des questions gênantes.

« Déesse, quelles sont les nouvelles ? » Ishtar sursauta, elle se croyait seule. Evidemment, le gardien de l'Océan Indien l'avait attendue, ne pouvant se rendre avec elle au sanctuaire d'Athéna dans un contexte pareil. Elle était tout de même étonnée qu'il soit resté tout ce temps dans la bibliothèque.

« Il me semble que Poséidon a encore fait la preuve de son génie calculateur. » Répondit évasivement la déesse. Elle observa quelques secondes le général, se demandant s'il savait pour le vol de l'urne ou bien s'il n'avait pas suffisamment la confiance de son maître pour être mis dans la confidence. Elle détourna le regard pour observer ce qu'il était en train de lire quelques secondes plus tôt. Elle fronça légèrement les sourcils, puis s'approcha de la table de lecture.

« Déesse ? »

« Puis-je savoir ce que vous cherchez ? » Ishtar prit le livre dans ses mains, survolant la page, dont quelques lignes avaient été soulignées. « Non, laissez-moi deviner plutôt. Poséidon cherche à comprendre comment fonctionnent les saphirs d'Odin afin d'en placer sur les écailles de ses généraux ? » Le général tressaillit légèrement à ses paroles. « Je vois. » Elle haussa un sourcil, puis ferma le livre en le claquant violemment. Krishna sursauta. Sa mission était censée rester secrète et il s'était fait prendre comme un débutant. « Cela ne me concerne pas après tout… » Souffla-t-elle. Elle reposa le livre sur la table, parfaitement consciente du malaise qui envahissait l'autre. « Cependant, je vous déconseille de faire quoi que ce soit qui puisse me porter préjudice en Asgard. Parce que dans le cas contraire je me verrais obligée d'en référer à Poséidon. Et je ne pense pas qu'il apprécierait une telle preuve d'incompétence… Suis-je claire ? »

Elle plongea ses yeux d'un vert minéral dans ceux du général. Les iris de celui-ci se rétrécirent légèrement, tandis qu'il acquiesçait silencieusement. Ishtar se dirigea alors vers la sortie de la bibliothèque, contrariée. Elle était supposée obéir aux olympiens, mais il n'était pas question que Poséidon puisse porter préjudice à Odin. Elle soupira, fatiguée de ces éternelles luttes de pouvoir.

Arrivée dans le couloir, elle se décida à essayer de contacter Odin directement, sans confier sa petite découverte à Hilda, la prêtresse risquant de renvoyer Krishna chez Poséidon. Et il n'était pas question d'éveiller la méfiance d'un olympien supplémentaire. Ishtar avait bien assez de Zeus sur le dos, sans compter sa petite entrevue houleuse avec Saori.

...


Gabriel observait avec attention le petit garçon. Il avait eu beaucoup de mal avec son élève, les débuts ayant vraiment été laborieux et particuliers. Oui, particulier était le mot. Après sa première rencontre avec l'enfant et son refus de le suivre, le chevalier du Paon était allé faire son rapport au Pope. Celui-ci lui avait demandé à rencontrer le petit, ayant du mal à croire son chevalier quant celui-ci lui avait dit que le gamin était la réincarnation de Bouddha. Deux semaines plus tard, il était revenu accompagné de l'enfant, qu'il avait réussi à convaincre de visiter le sanctuaire.

Finalement, il avait eu pour mission de commencer à l'entraîner et cela, même si le gamin avait décidé que le sanctuaire ne lui plaisait pas. Gabriel avait donc opté pour la patience, venant chaque jour au monastère pour aider l'enfant à mieux comprendre ce qu'il pouvait faire de son cosmos. Ce prétexte lui permettait de discuter avec lui d'Athéna et des dangers qui menaçaient le monde. Au bout d'un an d'efforts, lorsque le chevalier du Paon croyait tout espoir envolé à jamais de voir Shaka se décider à quitter sa vie monacale, le miracle s'était produit. Des braconniers avaient eu le malheur de chasser des tigres dans les environs du monastère. Gabriel avait été ravi de montrer concrètement à Shaka qu'un chevalier pouvait défendre les faibles, ainsi que les pauvres tigres en détresse. La démonstration de force fit forte impression à l'enfant. Un simple moine ne pouvait pas changer le monde, mais un chevalier, lui, pouvait s'attaquer directement à la racine du mal. Sans compter Athéna. Si la moitié de ce que Gabriel lui avait dit était la vérité, alors, l'enfant avait compris qu'il devait aller aider la divinité, malgré ce que pensait Bouddha de la violence.

« Shaka, mange cette viande. »

« Mais, maître… »

« Personne ne s'est réincarné dans ce poulet. » Affirma le chevalier, souriant en coin. « Tu es en pleine croissance, je t'ordonne de manger. Je t'ai déjà expliqué que tu es obligé de manger de la viande pour développer ta masse musculaire. » Shaka baissa la tête, ne répondant rien, mais pensant très fort que les éléphants n'avaient pas besoin de manger de viande pour être puissants.

Gabriel soupira légèrement. Il ne savait pas s'il devait se réjouir ou se lamenter d'avoir un tel disciple. A huit ans et demi, Shaka était l'exact inverse de ce qu'il advenait généralement des aspirants chevaliers : une puissante force psychique, ce qui était le plus difficile à acquérir, mais une extrême faiblesse physique. Gabriel avait été obligé de s'adapter à son élève. En raison de son statut particulier, il laissait généralement l'enfant libre les après-midi, ce qui lui permettait de méditer. En revanche, il l'entraînait le matin et le forçait à manger autant que possible. Le gamin était squelettique. Le soir, il lui enseignait le grec, la mythologie et plus généralement ce qu'il devait savoir du monde. Un chevalier devait avoir un corps capable d'endurer les pires souffrances et pour le moment, un simple coup de poing aurait suffit à envoyer Shaka au tapis.

Perdu dans ses pensées, le chevalier ne remarqua pas que Shaka donnait discrètement son poulet au tigre. Radjah avait quitté le monastère avec l'enfant. Il était impossible de savoir lequel du félin ou du gamin était le plus dépendant de l'autre. Satisfait de sa ruse, Shaka sourit légèrement. Malheureusement pour l'enfant, son maître posa le regard sur lui à ce moment précis. La mine satisfaite du gamin et le tigre en train de se lécher les babines … Gabriel observa l'assiette vide de Shaka, se demandant s'il devait sévir ou non. Ses lèvres tremblèrent légèrement, comme s'il voulait retenir un sourire.

« Shaka, je ne crois pas que ce soit ton tigre qui s'entraîne à devenir chevalier… » Le Paon se mordit les lèvres, retenant à grand peine un fou rire devant l'image mentale du félin revêtu d'une armure d'or. « Je te préviens que je vais te resservir et tu as intérêt à tout manger, sauf si tu tiens à te faire punir. »

Le garçon fit la grimace, mais fut obligé de tout manger, sous le double regard attentif de son maître et du tigre, qui surveillaient tous les deux le poulet, mais pour des raisons différentes..

...


Kanon remit en place la couverture qui avait glissé des épaules de son frère. Saga s'était endormi sur le canapé du salon du temple du Dragon des Mers et celui-ci n'avait pas eu le courage de le réveiller pour l'amener dans son lit. Se retrouver avec Saga au sanctuaire sous-marin, c'était bien la dernière chose à laquelle il aurait pensé. Mais c'était sans doute mieux pour Saga. Vivre au sanctuaire devait être une torture pour lui, chaque pierre, chaque caillou du domaine sacré étant empreint pour lui de souvenirs douloureux et cela, même si Athéna et Shion lui avaient pardonné ses crimes. Ce n'était que maintenant que Kanon commençait à comprendre pleinement l'aura mélancolique et les silences de son jumeau, cette lueur triste qu'il surprenait souvent dans son regard. Saga était toujours rongé de l'intérieur par les remords, mais aussi par cet autre en lui. Avec douceur, Kanon écarta doucement une des mèches bleues de son jumeau, qui était retombée sur son visage, puis il s'écarta du canapé pour aller dans la cuisine, à la recherche d'un remontant. La vodka tirée de la réserve de Poséidon ferait très bien l'affaire.

Kanon se servit un verre, qu'il avala d'un trait, fronçant légèrement les sourcils tandis que le liquide lui brûlait la gorge. Si Saga était dans cet état là, c'était en partie de sa faute. Il avait passé tellement de temps à distiller sa haine, son horreur du monde et de la morale. Ce monde qui le rejetait et le forçait à rester une ombre, alors que Saga était considéré comme un demi-dieu. Il aimait son jumeau plus que tout et pourtant, il n'avait eu qu'une envie à l'époque : que Saga abandonne ses principes pour qu'ils puissent se forger une destinée glorieuse. Avec leurs pouvoirs conjugués, ils auraient pu dominer le monde. Perdu dans ses souvenirs, Kanon se resservit un second verre.

Quelle ironie ! Ils avaient fini par dominer le monde effectivement, mais seulement en prenant la place d'autres personnes et en manipulant… Seulement en perdant le seul être auquel il tenait. Kanon avala à nouveau d'une traite son verre, luttant contre la nausée que lui donnait le souvenir du Cap Sounion. Au début, il avait cru que Saga voulait seulement lui faire peur, lui donner une leçon…mais au bout de deux jours à lutter contre la marée…il avait compris qu'il avait perdu son jumeau. Une fois encore, seule la haine et la rage lui avaient permis de ne pas sombrer dans la folie, ça, et le cosmos étrange qui le sauvait. Athéna. Kanon posa son verre.

Exilé du sanctuaire. Il se mit à rire. Exilé alors qu'il n'avait rien fait et alors qu'Athéna elle-même reconnaissait que c'était une décision cruelle. Il n'avait jamais cru au destin, mais là, il commençait clairement à penser qu'il avait du naître un mauvais jour.

Le Dragon des Mers posa le regard sur la bouteille de vodka, puis se décida à la ranger. Il n'y avait qu'une seule chose pire que de déprimer seul : c'était de boire seul en déprimant. Après tout, puisque Saga était ici, autant en profiter pour essayer de se racheter et l'aider à lutter contre ses démons. Et puis, il pourrait l'aider à recruter ses lieutenants. Ils n'en étaient plus à une contradiction près tous les deux : le chevalier d'or des Gémeaux dormant comme un loir sur le canapé du général en chef de Poséidon… Kanon haussa les épaules, il faudrait qu'il aille voir la divinité. Autant qu'il donne son poste à Sorente, cela éviterait au dieu de devoir mentir et cacher des missions à son général en chef…


Le calme des ruines, envahies par une végétation luxuriante, fut troublé par l'apparition d'un cosmos doré. En silence, une silhouette émergea de la lumière et se mit marcher calmement, non sans avoir contemplé quelques instants l'endroit. On ne voyait presque plus les traces de l'incendie qui avait ravagé le vihara, les pierres du monastère étant désormais presque complètement envahies par la végétation luxuriante.

Sans hésitation, Shaka s'avança parmi les ruines, à la recherche d'un endroit précis, malgré la pluie intense qui balayait l'endroit. Il retrouva bientôt la haute statue du Bouddha, désormais décapitée et dont les formes avaient été abîmées par les intempéries. Ne prêtant aucune attention à l'eau qui l'avait déjà totalement trempé, le jeune homme s'assit en position du lotus sur un grand bloc de pierre avant de commencer à réciter des mantras, que les sons de la pluie battante et de la jungle couvraient presque entièrement. Cela faisait trop longtemps qu'il n'était plus venu se recueillir ici, sur les lieux de son enfance.


Hilda de Polaris se releva lentement de sa position de prière. Elle avait une fois de plus passé son après-midi à prier Odin, et tout son corps, bien qu'habitué à ce traitement sévère, lui hurlait sa douleur. Elle contempla quelques instants l'autel balayé par la neige puis leva une dernière fois les yeux vers la statue monumentale du dieu avant de se retourner pour regagner la chaleur de l'intérieur du Palais. Elle s'interrompit cependant à l'approche d'un cosmos qui lui était désormais familier.

« Déesse… » Murmura-t-elle en s'inclinant légèrement.

« Prêtresse… » Répondit Ishtar sur le même ton, esquissant un sourire. Elle contempla quelques instants le visage fatigué d'Hilda, dont les longs cheveux argentés prenaient des reflets mordorés sous les rayons du soleil couchant.

« Puis-je vous être utile ? »

« Non, je souhaite juste me recueillir ici quelques instants, si vous le permettez bien sûr. » Répondit Ishtar.

« Bien sûr… » Hilda observa quelques instants la déesse, se demandant ce qu'elle pouvait bien vouloir à Odin, puis elle s'inclina à nouveau avant de se diriger vers le Palais.

« Attendez ! » La voix mélodieuse de la déesse arrêta la jeune femme. « En fait, j'aurais une faveur à vous demander. » Hilda se retourna, attendant que la déesse exprime plus clairement sa volonté. « J'aurais besoin de voir les armures divines avant de ramener les guerriers divins. »

« Nos forgerons sont en train de les réparer, mais il vous suffit de me donner une date et je ferais le nécessaire. »

« Je vous remercie. »

« C'est plutôt à moi de vous remercier… »

« Dans ce cas, j'aimerais beaucoup… » Ishtar s'interrompit, se mordant les lèvres.

« Oui ? »

« Disons que je suis liée à Asgard désormais… j'aimerais demeurer dans votre royaume par la suite. »

« Vous seriez la bienvenue, la déesse de la fertilité ne serait pas de trop sur ces terres stériles. » Pour la première fois depuis leur rencontre, trois jours auparavant, Hilda adressa un sourire chaleureux à Ishtar, que celle-ci lui rendit, soulagée, avant de s'approcher de la jeune femme pour effleurer légèrement son visage de la main. Surprise, la prêtresse sentit toute sa fatigue disparaître comme par magie.

« Vous devriez rentrer au Palais princesse, je m'en voudrais de vous retarder plus longtemps. Je vous reverrais lors du dîner je suppose… » Souffla la déesse, dont le regard vert quitta le visage d'Hilda pour se poser sur la statue d'Odin.

« Oui. » Répondit simplement l'asgardienne, avant de se détourner pour s'en aller, ses longs cheveux soulevés par le vent et mouillés par la neige. Ishtar contempla longuement la statue d'Odin, allumant son cosmos pour lutter contre le froid mordant. Son aura argentée l'entoura aussitôt d'une chaleur réconfortante.

« Cette statue ne te fait pas honneur Odin, à croire que le sculpteur n'a jamais vu ton visage, mais il en est souvent ainsi pour les adorateurs des dieux n'est-ce pas ? » Elle ferma les yeux, sachant pertinemment que le dieu pouvait l'entendre lorsqu'elle se trouvait ici, sans pour autant pouvoir lui répondre directement. « Je te dois des remerciements, c'est à mon tour d'avoir une dette envers toi désormais. Pourquoi m'aider ? Est-ce parce que je ramène tes guerriers divins ou par haine de Zeus ? Sans doute un peu des deux n'est-ce pas ? » Murmura-t-elle, comme pour elle-même. « Tu n'ignores rien de ce qui se passe ici, j'en déduis qu'il m'est inutile de t'informer des manigances de Poséidon. Tu dois avoir l'habitude… Ton sort n'est pas enviable non plus… » Elle s'interrompit, le cosmos de Shaka venait de se matérialiser au Palais, sans doute dans sa chambre à lui. « Tu prends des risques en me protégeant, beaucoup de risques. Zeus était fou de rage, j'en rirais presque si je n'étais pas concernée directement. Mais par pitié la prochaine fois, demande à tes chers corbeaux d'être plus explicites. » Elle sourit. « Merci. » Souffla-t-elle finalement avant de s'éloigner.


Zeus contemplait avec satisfaction les hautes flammes qui consumaient Babylone. En cette nuit bénie, il avait finalement réussi à faire tomber l'un des derniers bastions qui lui résistaient encore. De leurs côtés, Poséidon et Hadès lui avaient rapporté d'excellentes nouvelles, les deux olympiens avaient réussi à exterminer les panthéons hindouistes et égyptiens, les dieux capturés seraient bientôt privés définitivement de leur cosmos par Zeus en personne, s'assurant ainsi qu'ils ne se réincarneraient plus jamais. Bientôt, la terre entière ne connaîtrait plus que la domination sans partage de l'Olympe. Sans les autres dieux pour les menacer, lui et ses frères pourraient enfin dominer le monde. Le dieu sourit, contemplant la dépouille de Sin. Cet idiot ne s'était pas laissé faire, mais il avait fini par rejoindre le monde des morts. Le patriarche de Babylone n'était plus que de l'histoire ancienne.

« Seigneur, nous l'avons retrouvée, mais impossible de retrouver son armure, ni celle de son frère. » Zeus fronça les sourcils, légèrement contrarié de la nouvelle. La consigne était simple : exterminer les divinités et les priver de leur cosmos, puis prendre leurs armures pour les détruire. Il se tourna vers son lieutenant, dont l'armure étincelait, les flammes du gigantesque brasier se reflétant dans le plumage métallique des ailes argentées de la protection. Les guerriers de Zeus étaient de redoutables combattants, la capacité de voler qui leur était donnée par les ailes de leurs armures leur conférant bien souvent un avantage décisif lors des combats.

« Cherchez encore dans ce cas. » Répondit-il d'un ton sec, faisant signe à l'autre de s'éloigner en laissant avec lui la femme qu'il avait ramenée. Zeus se tourna alors vers la prisonnière, qui observait alternativement d'un œil accablé les flammes de Babylone et le corps de son père. Elle avait senti le cosmos de Sin disparaître, mais elle n'arrivait pas y croire, même en voyant son corps sans vie étendu à ses pieds. Bien sûr, elle ne l'avait pas ressenti directement, puisqu'elle n'avait plus de cosmos, mais pour que les jardins suspendus aient commencé à s'effondrer…

« Ou sont-elles ? Je suis certain que tu sais où elles sont… » Il vit les yeux verts de la divinité se fixer aux siens, complètement dénués d'émotion. Puis, sans qu'il ne s'y attende, elle éclata de rire. Un rire bref et dénué de joie, un rire moqueur et cruel.

« Pauvre idiot, tu peux me tuer, je ne te dirais rien. » Zeus sentit sa mâchoire se crisper devant l'insolence de sa prisonnière.

« Tu as de la chance d'être aussi belle, je n'épargne pas grand monde d'habitude, mais je te déconseille d'abuser de ma patience. » Menaça-t-il.

« C'est facile de menacer une femme ligotée. Tu me fais pitié. » Répliqua Ishtar, tirant sur les liens qui lui ceignaient les poignets, retenant ses bras dans son dos. Elle le défia du regard, debout face à lui. Il s'approcha pour la saisir à la gorge.

« Tu va devoir m'obéir sagement désormais, sauf si tu tiens à en subir les conséquences. » Pour toute réponse, elle lui cracha en plein visage.

...


Cachée parmi les ombres, une fine silhouette observait avec intérêt le onzième temple. Il ne serait pas dit que celui qui savait tout ce qui se passait au sanctuaire ne saurait pas ce qu'il y avait entre le Verseau et le Scorpion. Et puis il n'arrivait pas à dormir ces derniers temps, avec ces saletés de cauchemars qui le hantaient, alors autant être inventif pour occuper ses insomnies…

« Alors la morue, tu espionnes ton voisin ? » Aphrodite sursauta, avant d'agripper Angelo d'une main pour le ramener violemment contre lui, afin de l'amener dans l'obscurité.

« Crétin, tu allais me faire repérer. » Souffla-t-il, dardant ses prunelles azurées vers le Cancer, qui ne sembla nullement impressionné. « Je peux savoir ce que tu fabriques aussi loin de ton temple à une heure pareille ? »

« Mais je venais te voir bien sûr. » Répondit l'italien, affichant son sourire le plus innocent. « Et puis, je venais voir si tu continuais à faire des cauchemars. » Aphrodite se mordit délicatement les lèvres, ne quittant pas des yeux Angelo.

« Ca va mieux, en fait, je ne dors plus depuis deux jours, alors forcément, je ne rêve plus… » Il sourit à son ami, une lueur légèrement triste dans le regard. Mais dans l'obscurité, le Cancer ne parvint pas à distinguer clairement l'expression du Poisson, qui se retourna d'ailleurs pour observer de nouveau la demeure du Verseau.

« Tu n'en as jamais marre de t'intéresser à la vie privée des autres ? »

« Jamais, surtout quand ça concerne les autres chevaliers d'or… » Murmura le Poisson, plissant les yeux pour mieux apercevoir les silhouettes de Camus et Milo, qui venaient de se dessiner entre les colonnes du onzième temple.

« Et ça avance avec ton chéri le dingue ? » Enervé, Aphrodite quitta des yeux la scène pour menacer Angelo du regard.

« Saga n'est pas fou et il est sans doute beaucoup plus intelligent que toi. »

« Tu n'as pas répondu à ma question… On dirait bien que la commère du sanctuaire est moins bavarde dés qu'il s'agit de parler de sa vie privée. »

« Je crois bien que Saga est encore plus hétéro que toi, si c'était possible… » Soupira finalement le suédois, faisant la moue. « Vous ne savez pas ce que vous perdez. » Termina-t-il avant de reporter son regard vers le onzième temple. Mais à la grande déception d'Aphrodite, les deux silhouettes étaient de nouveau invisibles. « Ca m'énerve… » Grommela le Poisson, faisant apparaître une rose pour la mâchonner, évacuant ainsi sa frustration.

« Quoi de ne pas avoir Saga ou de ne pas savoir si Milo et Camus sont amants ? » Susurra Angelo, énervant encore plus son vis-à-vis.

« Tout ça c'est à cause de toi sale crabe. Si tu n'avais pas débarqué, j'aurai pu voir si ces deux là se sont embrassés ou pas… »

« Et c'est qui le pervers là ? » Sourit le Cancer, savourant sa petite revanche sur le Poisson qui avait toujours la rose fichée entre les lèvres

« Tu vas voir ce qu'il va te faire le pervers. » Grogna Aphrodite avant d'enrouler ses mains autour du cou du Cancer histoire de l'étrangler.

« Lâche-moi morue ! » Siffla l'italien.

« Tu vas payer le crabe ! Tu voulais me voir ce soir et bien tu m'as trouvé ! » Les deux chevaliers d'or se retrouvèrent bientôt par terre, le Poisson sur le Cancer.

« Oh! Mais il se passe décidément des choses intéressantes au sanctuaire ces derniers temps. » La voix de Milo détourna Aphrodite de sa mission d'extermination des crustacés et d'un certain crabe en particulier. Le Scorpion observait la scène, un sourire narquois sur le visage. « Vous êtes bien bruyants, Camus et moi, on se demandait ce qui pouvait bien faire tout ce bruit… » Ajouta-t-il, fixant tour à tour le visage des deux chevaliers.

« C'est pas ce que tu crois. » Grogna le Cancer, se dégageant d'Aphrodite pour se relever. Le Poisson ne répondit rien, notant simplement la chemise un peu froissée et les cheveux légèrement ébouriffés du Scorpion. Il ne lui en fallut pas plus pour tirer des conclusions.

« Vous aussi vous êtes bruyants, avec Camus. » Lança finalement le suédois à tout hasard, testant la réaction du gardien du huitième temple.

« Ce n'est pas ce que tu crois. » Répliqua Milo, reprenant mot pour mot la phrase prononcée quelques instants auparavant par Angelo.

« Mais bien sûr… » Susurra Aphrodite, arborant sur les lèvres un sourire légèrement ironique.

« Ouais bah disons que tu n'as rien vu ce soir, et nous on a rien vu non plus ok ? » Maugréa Angelo, soucieux de préserver sa réputation.

« Hum... » Répliquèrent en même temps Aphrodite et Milo, qui se jaugeaient du regard sous les rayons de la lune.


Poséidon ferma les yeux, savourant la chaleur de ses thermes personnels, à savoir une source d'eau chaude naturelle qui remplissait d'une eau cristalline le bassin qui servait au dieu de simple baignoire. Autour de lui, trois jeunes servantes couvertes de bijoux et à peine vêtues de légères tuniques transparentes s'affairaient, peignant la longue chevelure azur de la réincarnation, versant du savon dans l'eau ou bien jouant de la harpe.

La pièce était d'un luxe extrême, mais pas ostentatoire. Le dieu avait du goût et cela se reflétait dans la moindre parcelle de son domaine. Le marbre blanc du bassin et des colonnes se mariait avec élégance aux statues et bas reliefs en nacre qui décoraient les murs. Poséidon sourit légèrement au souvenir de tout ce qu'il avait pu faire de plus ou moins avouable à l'intérieur de ses thermes lors de ses incarnations précédentes… Il rouvrit les yeux, posant le regard sur la musicienne. Sans doute la plus jolie des trois estima-t-il, peut-être lui ferait-il l'honneur de la choisir cette nuit.

Il fut cependant détourné de ses pensées par l'approche d'un cosmos non pas agressif, mais quelque peu énervé. Poséidon se retint de sourire, s'étant attendu à cette visite, mais décidément, son Dragon des Mers n'avait peur de rien pour venir ainsi le débusquer jusque dans ses appartements personnels…

De son regard bleu clair, Poséidon observa donc avec patience la porte de la salle, en détaillant du regard les décorations et le dessin en forme de trident qui l'ornaient. Au bout de quelques secondes, la porte s'ouvrit, livrant passage à Kanon, revêtu de son écaille. Celui-ci posa rapidement un genou à terre, tandis que les servantes émirent quelques murmures surpris. Elles reprirent cependant rapidement leurs occupations.

« Ce serait mentir que de dire que je suis surpris par ta visite, Dragon des Mers. » Commença le dieu de sa voix à la fois profonde et mélancolique. « Relève-toi et parle. » Le général obéit, soutenant le regard de la divinité. Le silence tomba pendant plusieurs secondes, seulement rompu par les notes cristallines de la harpe.

« J'ai besoin de réponses. » Finit par articuler Kanon. Le dieu sourit légèrement, puis détacha son regard de celui du général avant de se lever, l'eau ruisselant sur son corps nu, ses cheveux assombris par l'humidité. Le général baissa aussitôt les yeux, tandis que deux des servantes s'affairaient pour sécher le corps de la divinité, qui était sortie du bassin. La jeune fille à la harpe continuait à tirer un doux chant de son instrument. Poséidon fut bientôt revêtu d'une ample toge dont les plis élégants soulignaient la majesté de sa silhouette.

« Suis-moi. » Ordonna-t-il, avant de se retirer de la salle de bain, Kanon sur les talons. Ils marchèrent en silence, le général à quelques pas derrière la divinité. Ils arrivèrent bientôt dans ce que Poséidon considérait comme le cœur de son empire : le jardin intérieur du Palais, champ magnifique de corail et de fontaines ruisselantes, qui donnait vue sur le pilier central. Ils se promenèrent de longues minutes dans ce décor enchanteur avant que Poséidon ne prenne la parole.

« Tu veux savoir comment Isaac a su où trouver l'urne n'est-ce pas ? Mais est-ce là la seule chose qui t'amène ? J'ai cru comprendre que ton frère t'avait rejoint en mon domaine… Un chevalier d'or ici… Je ne suis pas aussi naïf qu'Athéna, je te demanderais donc de surveiller ce qu'il fait ici. Je ne voudrais pas avoir à te punir… »

« Seigneur, mon frère ne posera aucun problème. »

« Bien, de toute manière, je suis le seul à savoir où se trouve l'urne désormais. Puisque tu as des questions, laisse-moi d'abord t'en poser une. » Intrigué, Kanon regarda Poséidon dont les yeux s'étaient perdus dans le vague, comme plongé dans des choses que seul lui pouvait voir désormais. « Ne t'es-tu jamais demandé pourquoi chacun des piliers de ce domaine avait un gardien, mais pas le huitième, alors qu'il est le cœur de mon empire ? »

« Je pensais que vous en étiez le gardien et honnêtement, avant la destruction de la dernière guerre, j'avoue avoir pensé que cette colonne était indestructible. » Kanon leva le regard vers le pilier central, que l'on apercevait au loin, son sommet se perdant dans la brume.

« Cette colonne a bien un gardien mais ce n'est pas moi. C'est ce gardien qui a donné les indications à Isaak… »

« Seigneur, vous voulez dire qu'un chevalier d'Athéna vous a prêté serment ? »

« Je ne me souviens pas avoir dit cela. » Murmura la divinité, un sourire étrange ornant ses lèvres fines. « Pour le moment, tu es bien le seul parmi mes marinas à avoir ce que l'on pourrait nommer une double allégeance, presque triple… »

« Pour le moment ? »

« Si je te disais tout, le répéterais tu à Athéna ou bien à ton cher frère ? Je ne fais plus vraiment confiance à qui que ce soit et cela depuis longtemps déjà… La meilleure protection est souvent le secret le plus absolu. » Poséidon s'assit sur le bord d'une fontaine, plongeant ses doigts longs et fins dans l'onde du bassin.

« Vous auriez pu me défendre vis-à-vis d'Athéna… » Murmura Kanon.

« Cela ne m'aurait servi à rien et puis, tu t'en es très bien sorti tout seul non ? » Sourit le dieu, fermant les yeux, appréciant la caresse du vent marin, qui soufflait légèrement désormais.

Kanon se tut, désarçonné. Poséidon avait le don de lui couper l'herbe sous le pied. Le comportement du dieu l'agaçait et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'admirer son intelligence et sa finesse. Il avait dominé Jullian Solo, mais depuis que Poséidon s'était réveillé, c'était lui qui menait la danse.

« Allons, ne t'inquiètes pas, je serais intervenu pour t'aider si cela avait mal tourné. Mais je savais bien que cette chère déesse n'aurait pas le courage de faire du mal à l'un de ses chevaliers. »

« Elle m'a quand même exilé… » Poséidon se mit à rire joyeusement. Il rouvrit les yeux, regardant le Dragon des mers d'un air amusé, malgré l'agacement parfaitement visible sur le visage du concerné.

« Allons … » Poséidon essaya de contenir son fou rire. « Ce n'est pas si grave, ce n'est pas comme si tu ne pouvais pas y retourner. Athéna a vraiment des punitions idiotes. » Incapable de se retenir plus longtemps, il se remit à rire. Kanon finit par sourire, contemplant le visage du dieu. Il réalisa que c'était sans doute la première fois qu'il le voyait rire. Poséidon finit par se calmer et un silence confortable tomba entre eux. Le chant de l'eau coulant des fontaines aux alentours et plus particulièrement de celle près de laquelle était assis le dieu, apportait une note agréable à l'atmosphère.

« Je n'ai plus envie de faire la guerre. Tout cela ne m'intéresse plus. Je ne ferais que me défendre et empêcher mes adversaires d'avoir des atouts trop puissants qu'ils pourraient utiliser contre moi. Pour le moment, je ne souhaite rien d'autre que de pouvoir enfin trouver le calme. J'ai presque l'impression qu'Hadès ressent la même chose dans le fond… » Le Dragon des Mers ne répondit rien, surpris du ton soudain mélancolique de la divinité. Il l'observa remuer doucement ses doigts dans l'eau. Le dieu avait l'air fasciné par les mouvements de l'onde. « Mais lui comme moi savons qu'il y a des choses qui doivent être faites et des crimes qui doivent être payés… »

« Seigneur ? » Le vent jouait doucement dans la chevelure bleutée de Poséidon.

« Vas retrouver ton frère Kanon. » L'olympien sourit, fermant les yeux à nouveau. « Je crois qu'il a plus besoin de toi que moi pour le moment. » Comprenant que c'était une manière polie de lui signifier de le laisser seul, le Dragon des mers s'inclina légèrement avant de s'éloigner, ayant sans doute dans l'esprit encore plus de questions qu'avant son entrevue si étrange avec l'empereur des sept mers.

« Kanon ! »

« Oui ? »

« N'oublies pas une chose avant de t'en aller, tu restes mon général en chef. Ma confiance en toi est intacte même si je ne le montre pas vraiment ces derniers temps. N'oublies d'ailleurs pas de recruter rapidement tes lieutenants. »

« Comptez sur moi. » Poséidon ne répondit rien, gardant les yeux fermés, le visage tourné vers la brise.


Ishtar vérifia une dernière fois que les bleus sur ses poignets étaient invisibles, cachés par les manches longues de sa robe. Il n'était pas question que Shaka se rende compte de ce qu'il s'était passé avec Zeus quelques heures plus tôt. Elle savait très bien comment il réagirait. Quel homme supporterait-il de voir sa compagne harcelée sans ne rien pouvoir faire ? Mieux valait pour lui ne rien savoir du tout. Elle passa une main dans sa chevelure avant de frapper doucement à la porte de la chambre de Shaka. Elle sentit le cosmos de la Vierge frôler le sien, comme en signe d'invitation et se décida à entrer. Shaka était en train d'enfiler une chemise, venant à peine de sortir de la douche. Son petit passage en Inde l'avait complètement détrempé.

« Ca va ? » Demanda-t-il, ses yeux se posant sur Ishtar.

« Hum... » Elle s'approcha de lui, puis commença à refermer les boutons de la chemise de Shaka avec une lenteur toute démoniaque. « Ca te va bien le noir. » Murmura-t-elle, refermant avec application un autre bouton. Elle sentait ses yeux bleus posés sur elle, mais elle-même avait beaucoup de mal à détacher son regard du torse de Shaka.

« Pourquoi est-ce que tu es rentrée seule en Asgard ? » Demanda-t-il légèrement inquiet.

« J'étais… fatiguée. Mu t'a prévenu ? »

« Oui. » Il sourit légèrement. « Je n'ai jamais vu qui que ce soit refermer aussi lentement une chemise… » Elle releva le visage vers lui, amusée.

« C'est normal, je n'ai pas vraiment envie de la fermer en fait. » Elle lui fit son sourire le plus charmeur, l'attirant à elle par le tissu de sa chemise pour l'embrasser. Elle sentit les mains de Shaka caresser ses épaules et son dos, tandis que leurs lèvres se frôlaient doucement. Ce fut cependant lui qui la serra un peu plus fortement contre lui, approfondissant le baiser. Elle en aurait gémi d'extase. Ses mains enlevèrent toutes seules les quelques boutons de la chemise qu'elle avait fermés précédemment à contre cœur, pour parcourir avec volupté le torse de son compagnon. Shaka rompit le baiser pour plonger son regard dans le sien. Leurs souffles se mêlaient, légèrement saccadés. Il ne put s'empêcher de lever une main pour lui caresser délicatement le visage, tandis qu'elle fermait les yeux, se laissant aller à la douceur de l'instant.

Elle frémit en sentant ses lèvres parcourir son visage et saisit la nuque du chevalier pour le forcer à ramener sa bouche contre la sienne en un baiser brûlant. Elle fut cependant déconcentrée par un bruit quelque peu incongru. Un miaulement sonore. Ishtar se dégagea légèrement pour observer l'origine du bruit. Un adorable chaton blanc les fixait de ses yeux bleus-verts, allongé près de la cheminée qui réchauffait la chambre de Shaka. Haussant un sourcil en une muette interrogation, la déesse leva les yeux vers la Vierge, qui lui fit un large sourire.

« Je n'ai pas eu le temps de te prévenir, disons que tu m'as quelque peu distrait dés ton arrivée avec cette histoire de chemise. » Shaka passa doucement une main dans sa chevelure encore humide, ébouriffant ses mèches folles. « Après que Mu soit venu me dire que tu étais rentrée en Asgard, j'ai décidé de me rendre là où j'ai grandi… » Il avait eu besoin d'aller se recueillir là-bas après avoir raconté à Ishtar une partie de son passé lors de la nuit précédente.

« Et quel rapport avec cette boule de poils ? » Répondit la babylonienne, souriant malgré elle devant la mine de gamin pris en faute de Shaka.

« Je méditais, il pleuvait, j'avais allumé mon cosmos et il n'a rien trouvé de mieux que venir se coucher sur mes jambes. Ensuite, en repartant, impossible de le laisser, il me regardait avec de grands yeux tristes… »

« Hum… » Commenta sobrement Ishtar. « Là où tu as grandi, c'est bien la jungle non ? Un chaton en pleine jungle ? »

« Il y a des villages aux alentours du monastère. » Sourit la Vierge.

« Tu as donné un nom à ce truc ? » Shaka resserra ses bras autour d'elle, plongeant son visage dans son cou, lui caressant la peau de son souffle.

« Tu as quelque chose contre lui ? »

« Rien, hormis qu'il m'a dérangée en plein câlin… S'il n'a pas de nom, je te préviens que je l'appelle « le truc. » » Répondit-elle à mi-voix, caressant doucement la chevelure de Shaka, respirant son parfum, à la fois pur et terriblement suave, profondément troublant.

« Je ne vois pas d'inconvénient à reprendre là où nous en étions. » Murmura-t-il. Ishtar sentit un frisson descendre lentement dans sa colonne vertébrale.

« Fais attention, ce que tu fais s'appelle jouer avec le feu. » Sourit-elle avant de s'écarter sous le regard clairement surpris de la Vierge.

Elle marcha quelques pas, puis saisit doucement le chaton dans ses bras, avant de se tourner vers Shaka, dont les beaux yeux bleus la fixaient. Ishtar le contempla quelques secondes, admirant sa silhouette parfaite, son visage splendide aux joues et aux lèvres encore légèrement rougies par leur étreinte. Dommage, mais elle ne pouvait pas se permettre d'aller plus loin tant qu'elle aurait les poignets couverts de bleus suspects. Elle s'approcha de lui, le chaton ronronnant dans ses bras.

« Shaka… »

« Oui ? » Lui et ses grands yeux innocents. Elle l'embrassa du bout des lèvres, puis ne put s'empêcher de faire un grand sourire, déstabilisant encore plus Shaka, qui décidément ne comprenait plus les réactions de sa compagne.

« Tu devrais dormir. J'ai envie que tu sois en forme ce soir. » La réaction ne se fit pas attendre, les joues de la Vierge se teintèrent d'une délicate teinte rosée. Ishtar se demanda comment serait son beau visage transformé par le plaisir.

« Cette nuit ? » dit-il d'une voix on ne peut moins sereine. Le sourire d'Ishtar s'élargit.

« Mais Shaka voyons, il y a un dîner tu as oublié ? Avec Hilda. » Elle sortit de la pièce en riant, non sans ajouter qu'elle emportait « le truc » avec elle pour lui trouver à manger dans les cuisines.