Attention: Harry Potter ne m'appartient pas.
Comme promis, voici le troisième chapitre. Bonne lecture!
Si le professeur Lupin devait bien avouer une chose, c'était que sa nouvelle collègue avait eut raison de lui parler de ce qu'elle était. Comme elle l'avait dit elle-même, elle voulait éviter un quelconque mal aise et il devait bien le dire, c'était ce qu'il avait ressentit en sa présence le premier soir. Cependant, maintenant qu'il était au courant, il était beaucoup plus à l'aise et il sentait qu'ils pourraient travailler ensemble comme des collègues normaux, sans tension ou quelconque autre sentiment ambigüe.
Ainsi, ils discutaient sereinement quand ils se croisaient et s'échangeaient même des sourires pour se saluer le matin ou dans les couloirs. Et ça, l'un comme l'autre, ça les soulageaient, tout deux savaient que sans ces aveux, la situation aurait été tout autre et bien moins agréable à vivre. Rien qu'à y penser, la jeune femme se félicitait de son honnêteté et de sa franchise.
Quelques jours s'étaient écoulés depuis la rentrée et bientôt la jeune femme donnerait son premier cours d'astronomie aux troisièmes années, elle avait déjà donné leurs premiers cours aux autres années mais la troisième avait un programme très vaste et elle se demandait par quoi il serait plus avisé de commencer.
C'est dans cet état de semi-panique que le professeur Lupin trouva la jeune professeure à la bibliothèque.
Le nouveau professeur de défense avait souhaité se rendre à la bibliothèque, pour peaufiner son prochain cours, et c'est à cette occasion qu'il tomba sur sa nouvelle collègue. La jeune femme était dans un coin la bibliothèque, qui était peu peuplée en ce milieu de matinée, alors que la plupart des élèves étaient en cours. Elle était assise seule à une table ronde, des dizaines de livres étalés devant elle, la tête entre les mains.
Elle était vêtue d'une chemise blanche avec une cravate bleue nuit. Par-dessus elle portait une veste prune. Enfin elle avait une jupe parme et des sortes de rangers en tissus violet zinzolin avec des lacets blancs. D'ailleurs, même la pince retenant ses cheveux châtains clairs était de violette.
- Un problème ? S'enquit-il avec un doux sourire en s'installant en face d'elle, quelques livres en main.
La jeune femme releva brusquement ses yeux azur clair vers lui avec un sursaut, surprise de n'avoir pas sentit sa présence.
- Ho, professeur Lupin, je ne vous ai pas sentit arriver. Sourit-elle avec embarras. Je peux vous aider ?
- Hé bien, si vous pouviez commencer par m'appeler par mon prénom, ça serait déjà pas mal, sourit-il avec amusement. Nous sommes collègues, pas élève et professeur.
La jeune femme rit doucement avant d'acquiescer.
- Navrée, je n'ai pas encore l'habitude d'être professeur, et revenir à Poudlard me rappel plutôt mes années d'élève… Les vieilles habitudes ont la vie dure. Admit-elle.
Loin d'être contrarié, l'homme sourit en hochant la tête, il savait très bien ce qu'elle ressentait.
- Alors ? Vous avez besoin de quelque chose, Remus ? Reprit-elle.
- Moi non, mais je vous ai vu ici et vous sembliez avoir besoin d'aide alors… Est-ce que moi je peux vous aider ?
- Ho… Fit-elle en regardant les ouvrages devant elle. Je prépare mon prochain cours, enfin j'essaye. Le programme d'astronomie des troisièmes années est très vaste et je ne sais pas par quoi commencer… Je voudrais faire quelque chose de différent, pas suivre bêtement un programme décidé par le ministère… Peut-être que je me complique la tâche. Admit-elle.
Le professeur se fit pensif un instant, lui aussi s'était posé la question quand il avait commencé à préparer ses cours.
- Pourquoi ne pas commencer par ce qui vous plait le plus ? Rien de mieux pour captiver les élèves que de commencer par ce qui vous captive aussi.
- J'y ai pensé… mais j'aime tout en astronomie ! Soupira-t-elle avec exaspération, faisant rire son nouveau collègue. Là, vous ne m'aidez pas. Bouda-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
- Je suis désolé. Rit le loup garou avant de réfléchir à nouveau. Votre augurey, il s'appelle bien Orion, c'est ça ?
- Oui ?
- C'est une constellation si je ne me trompe pas, pourquoi ne pas commencer par là ? Vous semblez aimer ça, les constellations, sinon vous n'auriez pas donné ce nom à votre oiseau.
La jeune femme sembla repenser à l'idée puis s'empara vivement d'un des livres posé devant elle. Après un instant elle leva les yeux vers son collègue avec un sourire.
- Remus, vous êtes un génie ! S'exclama-t-elle. Merci beaucoup !
- Je vous en prie. Rit-il doucement, amusé par le comportement dynamique de la jeune femme.
Celle-ci le gratifia d'un magnifique sourire avant de fermer plusieurs de ses livres et d'en approcher plusieurs d'elle en se penchant sur son parchemin. Le professeur sourit doucement avant de se pencher sur son propre travail, non sans se faire la remarque que la jeune femme pouvait se montrer à la fois très dynamique et très calme et concentrée, elle pouvait être tout et son contraire et si il devait bien avouer quelque chose, c'était que ça l'amusait beaucoup.
Finalement le premier cours de la jeune femme avec les troisièmes années se passa merveilleusement bien. Elle sembla réussir à leur faire aimer les constellations autant qu'elle les aimait elle-même, elle devait cependant avouer qu'évoquer les signes du zodiaque, qui étaient également des constellations, avaient beaucoup joué la dessus, surtout sur les jeunes filles, mais c'était bien pour ça qu'elle l'avait évoqué en détail.
En tout cas, elle fut ravie et ses élèves semblent également l'être pendant et à la fin de son cours. D'ailleurs, dès le lendemain elle vit plusieurs élèves lui sourire gentiment et la saluer chaleureusement à chaque fois qu'elle les croisait, il n'y avait d'ailleurs pas que des troisième années. La jeune femme était ravie, ça s'annonçait bien ce nouveau travail finalement !
C'est donc de bonne humeur après cette excellente semaine de cours, qu'Aria rejoignit la Grande Salle pour le petit déjeuner le samedi matin. Il y avait peu d'élèves quand elle arriva, ce qui ne l'étonnait pas vraiment, le samedi matin la plupart des adolescents faisaient la grasse matinée, elle les comprenait, elle avait été à leur place après tout. En arrivant à la table des professeurs elle salua ses collègues, qui étaient tous présents excepté les professeurs Trelawney et Lupin. Ce dernier arriva cependant quelques minutes après elle et après avoir salué ses collègues à son tour s'installa à sa gauche, à sa droite se trouvant le professeur Chourave.
- Au vu de votre visage ravi, ce fameux cours de troisième année s'est bien passé. Sourit-il.
- Oui, il s'est même parfaitement bien passé, merci beaucoup de votre aide. Sourit-elle, reconnaissante.
L'homme lui sourit et le duo commença à discuter de tout et de rien, notamment du fameux premier cours de défense contre les forces du mal, qui avait fait forte impression sur les élèves, mais bien moins sur le professeur Rogue cela dit… Celui-ci n'avait vraisemblablement pas apprécié que l'épouvantard utilisé durant le cours prenne sa forme et se retrouve affublé de vêtements ridicules. Aria, elle, s'en était vivement amusée, discrètement bien sur, étant élève elle aurait adoré voir l'un de ses professeurs ainsi vêtu, comme n'importe quel élève d'ailleurs.
Le duo avait également parlé de l'incident ayant eut lieu durant le cours soin aux créatures magiques. Aria, étant proche d'Hagrid, avait fait de son mieux pour l'encourager et le consoler, mais le moral du semi-géant était au plus bas, heureusement l'annonce qu'il se serait ni renvoyé de l'école ni viré de son nouveau poste l'avait quelque peu rassuré, mais la menace qui planait sur son hippogriffe gardait son moral au plus bas. Aria avait cependant promis à son ami de l'aider pour la défense de l'hippogriffe quand il serait jugé, ce qui aurait forcément lieu, sans aucun doute. Heureusement le soutien d'un certain trio de Gryffondor semblait lui faire le plus grand bien, aussi elle l'avait laissé entre leurs mains.
Le petit-déjeuner prit fin et la jeune femme décida d'aller se promener un peu dans le parc de Poudlard, histoire d'en profiter avant que le froid ne pointe le bout de son nez. Elle avait d'ailleurs invité le professeur Lupin à se joindre à elle. Non seulement ça lui ferait le plus grand bien d'être au grand air, les loups étaient après tout fait pour ça, et en plus c'était l'occasion de répondre à quelques unes de ses questions. Semblant saisir le sous entendu de cette invitation, le professeur avait accepté sans réticence. D'un côté il aurait certaines réponses mais en plus la compagnie de la jeune femme lui était agréable, et pas parce qu'elle était, comme elle l'avait elle-même dit, une alpha, un lycan.
Ainsi, le duo se retrouva à marcher tranquillement près du lac de Poudlard, chacun attendant un signe de l'autre pour aborder le sujet.
- Alors, commença la jeune femme en regardant le lac face à elle, que voulez vous savoir ?
- Vous allez répondre à toutes mes questions ? Demanda le professeur avec une pointe d'amusement, se doutant de la réponse qu'il allait recevoir.
- Quelques unes, chaque chose en son temps. Sourit-elle.
- Bien. Acquiesça le professeur avant de réfléchir par quoi commencer. Lors de notre entretien avec Dumbledore, vous avez dit que les lycans avaient certaines règles concernant la possibilité de transformer quelqu'un en loup-garou, de quoi s'agissait-il ?
La jeune femme le regarda avec un étonnement non feint.
- Vous voulez que je change de question ? Demanda gentiment le professeur.
- Ho non, non, fit-elle en secouant la tête. Je pensais que vous commenceriez par autre chose, en fait. Avoua-t-elle. Bien, heu… Comment expliquer ça… Fit-elle pensivement. A l'époque, les guerres étaient légions et pas seulement du côté des lycans. Pour cette raison les hommes prêtaient allégeance à un seigneur, qui les protégeait en échange de services. Et bien il se trouve que certains humains allaient parfois prêter allégeance à des lycans, qui étaient alors l'équivalent des seigneurs, pour peu qu'ils en soient parmi les hommes aussi. Ainsi ils obtenaient la protection des lycans et en échange devenaient des loups garous. C'est donc l'une des règles pour lesquelles les lycans étaient les seuls à pouvoir transformer quelqu'un, parce qu'ils sont des alphas, c'est leur privilège. Une autre règle interdisait un loup garou de transformer un humain, on avait peur qu'il puisse retourner ledit humain contre son alpha. C'était pour éviter toute dérive. Les autres règles pouvaient concerner l'âge de l'humain transformé, par exemple il était interdit de transformer un enfant et ce jusqu'à l'âge de 14 ans, de même qu'il était interdit de transformer une personne âgée, bien qu'elles soient rares à cette époque. Il était aussi question de leur état de santé… Il ne fallait pas non plus transformer quelqu'un par vengeance… Je crois que j'ai dit le principal à ce sujet. Admit-elle en se tournant vers son interlocuteur, qui semblait pensif. J'ai répondu à votre question ?
- Oui. Acquiesça-t-il après un instant. Et aujourd'hui, ses règles, que sont-elles devenues ? Reprit-il, curieux.
- Hé bien, ces règles existent toujours pour nous. Acquiesça-t-elle pensivement. Quand il y avait encore assez de lycan, il y avait une sorte de conseil, il veillait sur nous et dictait les règles à suivre, un peu comme le ministère de la magie. Compara-t-elle. Ce conseil a durci ces règles, il nous est à présent interdit de transformer un humain en loup garou, sauf exception. Même si cette règle n'existe plus, du fait qu'il n'y ait plus assez de lycan pour former une communauté, on continue de l'appliquer, surtout parce que le contraire ne servirait à rien. Les lycans d'aujourd'hui n'ont qu'une envie, se mêler au monde animal ou humain et y rester sans se démarquer. Certains ont peur de ce que pourrait nous faire les moldus et/ou les sorciers, d'autres ne souhaitent plus que vivre normalement… Termina-t-elle avec une certaine tristesse.
- Sauf exception ? S'enquit Lupin.
La jeune femme haussa un sourcil en levant son regard azur clair sur lui avant de baisser à nouveau les yeux, cherchant comment formuler sa réponse.
- L'exception peut venir de deux sentiments. Expliqua-t-elle. La haine, ou la peur, dans un premier temps, en cas de légitime défense. Si un lycan vient à être menacé et qu'il n'a aucune échappatoire, il peut transformer quelqu'un. En fait dans ce genre de cas on transforme quelqu'un sans le vouloir, c'est la panique qui engendre ça, on perd nos moyens et notre défense naturelle se met en place.
- Vous voulez dire que même si vous mordez quelqu'un, il ne devient pas forcément un loup garou ? S'étonna Lupin.
- C'est ça, acquiesça-t-elle. On peut décider, un peu comme un serpent, celui-ci peut mordre avec ou sans poison. C'est exactement pareil, de même qu'on a pas besoin d'attendre la pleine lune pour transformer quelqu'un. C'est cette faculté particulière qui faisait que les lycans étaient les seuls à pouvoir transformer quelqu'un, car les loups garous, eux, ne peuvent pas choisir.
- Je comprends, admit Lupin, non sans une surprise et un ébahissement non feints. Et le second sentiment qui admet l'exception ? Reprit-il, curieux.
Étonnement le professeur vit sa collègue se tendre et un léger rougissement prendre place sur son visage pâle. Quand elle lui répondit, ce fut avec une voix quelque peu hésitante, embarrassée.
- L'amour.
- L'amour ? Répéta-t-il.
La jeune femme hocha la tête avant de poser les yeux sur le lac en face d'eux, ce qui sembla la détendre.
- L'amour est une conception très particulière chez les loups, admit-elle. C'est d'ailleurs quelque chose que les loups garous n'ont pas à subir, une des rares choses que les lycans peuvent leur envier, entre autre chose. Envier, enfin ça dépend du point de vue j'imagine, et de l'époque surement. Fit-elle vaguement.
Voyant que le sujet était délicat le professeur ne préféra pas insister, cependant sa curiosité sembla se lire sur son visage car la jeune femme ajouta tout de même quelque chose.
- Je vous en dirais un peu plus là-dessus une prochaine fois, c'est un sujet assez… embarrassant à aborder. Admit-elle avec un sourire gêné. Mais comme vous avez la gentillesse de ne pas insister, sourit-elle, je vais vous donner un indice. Faites quelques recherches sur l'expression ''le loup qui meurt d'amour'', ça vous sera d'une grande aide. Fit-elle avec un clin d'œil amusé en reprenant la direction du château, rapidement suivie de son nouveau collègue.
Le chemin du retour se fit dans un silence tranquille et agréable, la jeune femme profitant du grand air tant apprécié et le professeur Lupin se ressassant sa discussion avec la jeune femme pour tenter d'y mettre de l'ordre. Quand ils arrivèrent au château, la lycan se tourna vers son collègue.
- Pour être honnête, je pensais que vous me poseriez des questions plus… en rapport avec ma nature ou sur ce que j'essaie de faire pour la lycanthropie. Je suis très étonnée que votre première question ne concerne que des faits historiques.
L'homme se fit pensif un instant avant de lui sourire.
- Toute chose a une histoire, pour mieux comprendre le présent il faut comprendre le passé. Sourit-il.
- Vous êtes sage, j'envie ce trait de caractère, je suis parfois un peu trop spontanée, rit-elle.
- Il n'y a pas à en avoir honte, assura-t-il avec douceur, je trouve ça agréable d'avoir quelqu'un comme ça à ses côtés, ça amène un peu de joie vivre. Sourit-il.
La jeune femme le remercia d'un sourire doux et sincère avant de reprendre.
- Je comprends mieux pourquoi les élèves vous adore, rit-elle doucement. Bien, nous discuterons à nouveau de tout ça à une autre occasion, j'ai deux trois choses à faire avant le déjeuner. A tout à l'heure ?
- Entendu, à plus tard. Sourit-il en regardant la jeune femme monter les escaliers de marbres, dont elle failli rater une marche.
Le professeur retint un rire en la voyant se reprendre de justesse et poser une main sur son cœur en poussant un soupir soulagé. Sa maladresse, tout comme sa spontanéité et sa sincérité, étaient sans aucun doute trois des raisons pour lesquelles il appréciait tant la jeune femme. Et puis, il fallait bien le dire, elle était également d'une grande gentillesse et d'une douceur rare, autant dans ses regards que dans ses mots. Spontanée certes, mais avec une certaine douceur, comme il le pensait si souvent à son sujet, la jeune femme était tout et son contraire. Avec un sourire amusé le professeur se dit que ça faisait partit de son charme.
