Attention : Harry Potter ne m'appartient pas.
Comme j'ai vraiment beaucoup d'avance pour cette fiction, j'hésite à poster deux chapitres en même temps à chaque fois. Selon les retours j'agirais en conséquence. Bonne lecture à tous !
Le mois de septembre passa rapidement et avec lui la première pleine lune du professeur Lupin à Poudlard depuis sa propre scolarité. A l'approche de cette occasion le professeur avait alors put véritablement constater l'effet que jouait la présence d'Aria Wolf à Poudlard, et pour cause, jamais il ne s'était sentit en si bonne forme les jours précédents et suivants la pleine lune. Et pourtant la jeune femme n'était pas toujours à ses côtés, mais quand bien même, il s'était sentit étrangement bien, étrangement serein. Habituellement il était extrêmement fatigué et manquait véritablement de force à cette occasion, mais pas cette fois, où du moins de façon bien moindre comparé à ce qu'il vivait normalement. Il avait alors parfaitement put se mettre à la place des premiers loups garous, quand ils côtoyaient encore les Lycans, tout comme il avait aisément put comprendre leur douleur quand ils avaient dû se rendre compte que la présence des Lycans leur était indispensable pour mieux supporter leur état. Le moins qu'on puisse dire, c'était qu'ils avaient dû regretter amèrement leur geste.
Le jour de la pleine lune Aria avait proposé au jeune professeur de rester avec lui pour la nuit, mais il avait poliment refusé. Certes il s'entendait très bien avec elle, mais pour le moment il ne se sentait pas capable de partager un moment comme celui-ci avec elle. Le professeur avait bien sûr utilisé d'autres mots pour lui expliquer son refus mais elle avait tout de même semblé lire en lui, cependant elle s'était contentée de répondre que si il avait besoin d'elle et qu'il revenait sur sa décision, elle ne reviendrait pas sur sa proposition.
Une fois la pleine lune passée, qui s'était étonnement et magnifiquement bien déroulée, bien qu'il ait prit le soin de prendre de la potion tue-loup malgré la présence d'Aria, qui avait affirmée que la présence d'un lycan avait les mêmes effets que ladite potion, le professeur repensa un moment à la proposition de la jeune femme. Il ne s'était jamais aussi bien sentit avant, pendant et après une transformation, et il s'était vaguement demandé ce que ça ferait si elle était encore plus proche de lui dans ces moments là. Peut-être pourrait-il revenir sur son refus, ne serait-ce que par curiosité… A bien y réfléchir, elle était un loup elle aussi après tout et pour passer d'un état à un autre elle devait bien se transformer aussi… A cette pensée il s'était alors demandé à quoi elle pouvait ressembler sous sa forme loupine. Habituellement les loups garous avaient une fourrure grise, un museau court, des yeux dorés et une queue moins fournie que leurs congénères. Peut-être pourrait-il lui poser la question lors d'une de leurs discussions à ce sujet.
Qui plus est, le mois d'octobre pointa rapidement et les chaleurs estivales s'évanouirent progressivement pour des températures plus basses et une atmosphère plus humide. Étonnement ce climat sembla particulièrement plaire à Aria, qui était plus enjouée que jamais, il n'était cependant pas rare de la voir dans le parc de Poudlard avec un regard nostalgique et un doux sourire aux lèvres.
Personne n'en avait fait la remarque, à présent tous étaient habitués aux excentricités de la jeune femme, de même qu'à sa maladresse proverbiale. Elle s'était rapidement faite très appréciée des élèves, tout comme le professeur Lupin. Elle était toujours de bonne humeur, imageait beaucoup ses cours, les rendant à la fois drôles et animés, ce qui était bienvenu à l'heure à laquelle ils avaient lieux, et elle faisait preuve d'une grande douceur avec les élèves. De plus, il semblait que ses cours soient à la fois complets et très clairs, ce qui les rendaient bien plus compréhensibles et plus simples à travailler.
Beaucoup d'élèves regrettaient d'ailleurs déjà qu'elle ne soit là qu'en remplacement du professeur Sinistra. A cela la jeune femme s'amusait à leur répondre que peut-être que d'ici là un nouveau poste qui soit dans ses compétences se libèrerait, bien sur tous avaient pensé aux défenses contre les forces du mal, bien sur tous adoraient leur nouveau professeur en la matière, qui était vraisemblablement le meilleur qu'ils aient jamais eu jusque là, mais tous savaient douloureusement que le poste était maudit. La jeune femme n'avait rien rétorqué, cependant dispenser ce genre de cours n'était pas dans ses aptitudes, du moins, ce n'était pas ce en quoi elle excellait. Elle savait se défendre, bien entendu, mais de là à dispenser un cours en la matière…
Ainsi, le début du mois d'octobre se passa sans encombre, en fait, il se passa même avec une certaine impatience de la part des élèves, surtout de troisième année, et pour cause, à la fin du mois ils auraient droit à leur toute première sortie à Pré-au-Lard. Aria, d'ailleurs, avait été quémandée par le professeur McGonagall pour les accompagner, ce qu'elle s'était empressée d'accepter avec joie. Elle n'avait pas mit les pieds là-bas depuis des années et se faisait une joie d'y retourner avec les élèves.
Au milieu du mois d'octobre, cependant, c'est au sujet de la jeune femme que l'inquiétude commença à se faire. Ça avait commencé par les élèves, qui trouvaient leur professeur terriblement pâle et moins enthousiaste que d'ordinaire. Au début, il était vrai que quand les autres professeurs la voyaient, aux repas notamment, elle semblait plus pâle que d'habitude, cependant ils étaient au courant de sa santé fragile et avec les températures en baisses ils n'étaient pas surpris qu'elle soit quelque peu affaiblie. Mais madame Pomfresh s'était empressée de les rassurer en assurant qu'elle serait vite remise, ce qui en avait rassurés plus d'un.
En effet la jeune femme n'était pas seulement appréciée de ses élèves, mais également de ses collègues, avec qui elle s'était rapidement liée, surtout avec ses collègues féminines du moins. Cela dit elle en connaissait déjà beaucoup de sa scolarité et s'était déjà faite appréciée d'eux à l'époque, ce qui était également le cas du professeur Lupin. D'ailleurs tous deux découvrirent plus ou moins sans surprise que tout deux avaient été préfets de leurs maisons puis préfet en chef.
Cependant, l'état de la jeune femme s'était dégradé très vite et le fait qu'elle manque plusieurs repas avait fini par inquiéter ses collègues les plus proches, dont Lupin, qui avait finalement été désigné pour aller voir comment elle se portait. Le professeur avait été surpris de la demande, certes il était proche de la jeune femme mais le fait que la si strique professeur McGonagall l'y pousse l'avait laissé dubitatif, surtout au vu du regard étrange qu'elle avait échangé avec le professeur Chourave à ce moment là. Mais son inquiétude étant plus forte que sa suspicion, il abdiqua relativement facilement et se rendit aux appartements de la jeune femme dans la soirée.
Quand il arriva devant sa porte il toqua trois fois en s'annonçant et quelques courtes minutes plus tard la porte s'ouvrit sur le visage affreusement pâle de la jeune femme. Le professeur la regarda avec stupéfaction, ses longs et ondulés cheveux châtain clair, presque blonds, étaient en désordre et avaient perdus de leur éclat, ses yeux azur clair étaient sombres et elle s'était entourée d'un plaid épais. Quand elle leva les yeux vers lui elle lui adressa un pâle sourire, qui lui serra étrangement le cœur, elle qui était habituellement si enjouée… ça faisait mal de la voir si affaiblie.
- On dirait que contrairement à moi, ma présence ne te soulage pas vraiment.
La jeune femme eut un faible rire et s'écarta pour le laisser entrer, ce qu'il fit. Les apparemment de la jeune professeure étaient assez semblables aux siens, elle avait cependant rajouté quelques plantes vertes et les noms des livres dans sa bibliothèques étaient quelques peu différents des siens. Dans un coin de la pièce, près de la cheminée, où brûlait un feu chaleureux, il remarqua une petite chouette effraie aux belles couleurs immaculées et caramels, ainsi qu'un augurey, qu'il avait déjà eu l'occasion de rencontrer. Si il ne faisait pas d'erreur, il s'agissait de Gwynneth et Orion.
- Un thé ?
- Ho non, merci, je suis venu voir comment tu allais, pas pour te fatiguer d'avantage.
Alors qu'elle allait protester le professeur lui adressa un sourire assuré et ils prirent place dans l'unique canapé du salon, face à la cheminée. Depuis la dernière pleine lune ils avaient prit l'habitude de se tutoyer. Il fallait avouer qu'avec ce qui les liait et la façon dont ils s'étaient rapprochés, le vouvoiement n'était plus bon que devant les élèves, d'ailleurs la jeune femme avait avoué préférer le tutoiement. Elle l'acceptait de la part de ses élèves mais c'était surtout par obligation, sinon ça ferait longtemps qu'elle leur aurait demandé de la tutoyer.
- On se fait du souci pour toi, les autres professeurs et moi, même les élèves d'ailleurs. Tu es allée voir Madame Pomfresh ? Tu es vraiment pâle…
- Non, en fait elle ne pourrait pas grand-chose… Admit-elle, faisant hausser un sourcil au professeur. Ça ira mieux dans quelques jours, peut être deux ou trois. C'est à cause de la lune noire.
- La lune noire ? S'étonna-t-il.
- Ho ? Je ne t'ai pas expliqué ça ? Fit-elle avec étonnement avant de chercher ses mots. La lune noire, ou la nuit sans lune, pour les lycans c'est l'équivalent de la pleine lune pour les loups garous. Pour nous les lycans la pleine lune c'est le meilleur moment du mois, on gagne force et énergie, on guéri plus vite et on n'arrive pas à rester en place, c'est vraiment un moment formidable pour nous, à l'inverse la lune noire est horrible. Quelques jours avants et quelques jours après on est faible, on guéri moins vite, on tombe malade plus facilement, on ne veut que dormir… Alors moi et ma santé défaillante… ça ne fait pas bon ménage. Soupira-t-elle. En fait, la lune est un peu notre carburant à nous, les lycans, et si elle n'est plus là pour nous éclairer et bien… tu en vois le résultat. Mais bon, après il y a la pleine lune et là, c'est incroyable… Assura-t-elle avec un sourire.
- J'ignorais tout ça. Fit le châtain. Est-ce qu'il y a d'autres choses comme ça ? Je veux dire, des choses que les lycans subissent et pas les loups garous ? Comme la lune noire ?
La jeune femme se fit pensive, les yeux rivés sur le feu ronflant tranquillement dans sa cheminée, avant d'hocher la tête.
- Il y a autre chose, oui, mais disons qu'elle est à la fois notre plus grande faiblesse et la plus belle chose qui puisse nous arriver.
Voyant qu'elle n'allait pas en rajouter d'avantage, les yeux dans le vague, le professeur fut tenté de lui en demander plus, cependant la discussion qu'ils avaient eut le mois précédent, durant leur balade autour du lac, lui revint. Elle avait évoqué quelque chose que les lycans pouvaient envier aux loups garous, l'amour. Elle disait que c'était quelque chose qu'ils n'avaient pas à subir et elle avait terminé en lui disant que si il voulait en savoir d'avantage il devait chercher quelque chose en rapport avec l'expression : ''le loup qui meurt d'amour''. Était-il seulement possible de mourir d'amour ? Si c'était le cas il pouvait comprendre que ça soit leur plus grande faiblesse, mais pourquoi aimer si c'était pour mourir ensuite ? Il avait fait des recherches à ce sujet, bien sur, et tout ce qu'il avait appris c'était que les loups étaient monogames, ce qui d'un côté pouvait expliquer l'expression mais pour le reste ? Il lui manquait un certain nombre d'éléments pour mieux comprendre ce dont il retournait et ces éléments, Aria seule les possédaient, et vraisemblablement elle n'était pas encore prête à les partager. Cela étant dit, ça ne le concernait pas véritablement, n'étant pas touché, elle n'avait donc aucune raison d'en dire plus si elle ne le souhaitait pas…
- Merci d'être passé me voir, Remus. Sourit-elle, le faisant sortir de ses pensées.
- Je t'en prie. Acquiesça-t-il gentiment. Cela dit tu es terriblement pâle, tu devrais vraiment te reposer.
- Promis. Rit-elle doucement.
- Madame Pomfresh est au courant ? Par rapport à la lune noire.
- Oui. Quand j'étais élève elle m'avait souvent à l'infirmerie dans ces moments là, c'était le seul endroit où je pouvais être au calme. Et même si elle ne pouvait pas grand-chose pour moi, elle faisait son maximum.
- Je la reconnais bien là. Assura-t-il. Elle m'avait souvent aussi. Fit-il avec une pointe de nostalgie.
- Je m'en doute. S'amusa-t-elle.
- D'ailleurs, les autres professeurs sont au courant de ce que tu es ?
La jeune femme se fit pensive un moment.
- Pas tous, comme ma condition ne pose pas vraiment de problème ils n'avaient pas à être informés, selon Dumbledore. Les seuls au courants sont les professeurs Chourave, qui était ma directrice de maison, McGonagall, parce qu'elle est la sous-directrice, et Dumbledore lui-même. Aujourd'hui il y a aussi le professeur Rogue. Admit-elle avec une grimace, faisant sourire le professeur. Et toi bien sur. Sourit-elle.
Le professeur de défense contre les forces du mal acquiesça et se leva.
- Bien, je vais te laisser te reposer à présent, il commence à se faire tard et tu as besoin de repos.
- Ça ne me gêne pas, j'aime discuter. S'amusa-t-elle.
- Sans doute. Sourit-il, mais ta santé est bien plus importante.
La jeune femme émit un soupir théâtral avant de l'accompagner jusqu'à la porte de son logement.
- Merci d'être venu, ça m'a fait très plaisir. Sourit-elle en ouvrant la porte.
- C'est normal. Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas. Assura-t-il.
- Merci beaucoup. Fit-elle avec un doux sourire aux lèvres alors qu'il laissait une main s'attarder entre l'une de ses mèches de cheveux miel, la faisant rougir.
Les deux adultes se regardèrent dans les yeux un instant avant que le professeur de défense ne s'écarte légèrement, rougissant également.
- Bonne… Bonne nuit Aria. Balbutia-il malgré un effort manifeste d'essayer de garder une voix stable.
- Bonne nuit, Remus… Répondit-elle avec un doux sourire malgré son embarras.
Sur ces mots l'homme acquiesça doucement et lui envoya un sourire semblable au sien avant de rejoindre son propre logement. Dès qu'il fut hors de vue, la jeune femme ferma sa porte et s'y adossa avec un soupir de désespoir. Pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi fallait-il que son cœur batte aussi fort à ce simple geste ? Elle secoua la tête, il ne fallait pas, elle ne devait pas se laisser aller. Elle n'avait pas le droit.
