Attention: Harry Potter ne m'appartient pas.
Chapitre 15 :
- La carte du maraudeur ? S'étonna Aria en fixant le morceau de parchemin qu'elle avait en main.
Sur celui-ci, après que le professeur de défense ait prononcé la formule : ''Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises'', de petits traits d'encre s'étaient rependus en dessinant une toile d'araignée. Puis, les traits s'étaient joints, croisés et s'étendaient aux quatre coins du parchemin.
Puis des mots tracés d'une grande écriture ronde à l'encre verte étaient apparus en haut du document:
Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue
spécialistes en assistance
aux Maniganceurs de Mauvais Coups
sont fiers de vous présenter
LA CARTE DU MARAUDEUR
Le parchemin représentait un plan détaillé du château et du parc environnant. Mais il y avait également des pieds d'encre qui bougeaient ci et là, chacun accompagné d'un nom écrit en lettres minuscules.
Aria remarqua avec amusement que le point représentant Albus Dumbledore était entrain de faire les cents pas dans son bureau. Cependant, la carte montrait également plusieurs passages secrets. Aria en connaissait quelques uns, mais elle n'avait pas imaginé qu'il puisse y en avoir autant.
Elle voulu questionner le professeur sur la carte, qu'elle savait avoir été faite par le loup garou et ses amis. Ils étaient les maraudeurs alors cette carte était forcément d'eux. Cependant, elle s'interrompit dans son élan. En face d'elle le professeur faisait les cents pas, les sourcils froncés, clairement ennuyé et contrarié par quelque chose. Elle soupira et s'adossa d'avantage à sa chaise. Dire qu'il n'y a pas un quart d'heure elle prenait tranquillement le thé avec son ami quand le professeur Rogue avait demandé à voir Lupin, demandé avec sa gentillesse et son amabilité habituelle bien sur. Le professeur de défense l'avait abandonné, lui disant qu'il n'en aurait surement pas pour longtemps, et quand il était revenu, il était comme ça.
Aria soupira à nouveau et regarda le parchemin entre ses mains avant de poser les yeux sur son ami.
- Qu'est-ce qui te contrarie à ce point ? S'enquit-elle. Et je t'en prie, cesse de faire les cents pas tu vas me donner le tournis ! Soupira-t-elle.
Le professeur lui donna un regard indéchiffrable avant de se placer derrière son bureau. C'était un début. Il sembla hésiter sur quoi dire et fini par s'asseoir avec un soupir.
- C'est Harry qui avait la carte. Dit-il finalement.
- Et c'est un problème ? Demanda-t-elle prudemment, ne souhaitant ni le mettre en colère ni le revoir faire les cents pas.
- C'en est un si il s'en sert pour aller à Pré-au-Lard alors qu'il n'y est pas autorisé et que Sirius est dans les parages. Grogna-t-il.
- Et Black pourrait se saisir de la carte et l'utiliser pour entrer et sortir du château ainsi que pour attaquer Harry ? Fit-elle rhétoriquement.
Le professeur hocha la tête et Aria soupira à nouveau en posant le parchemin sur le bureau.
- Pour ce qui est de la première partie, il n'a pas besoin de ça pour entrer et sortir comme il le veut, vous avez créé cette carte, il doit connaitre les passages secrets par cœur, mais ça tu le sais. Pointa-t-elle. Cette excuse n'est bonne que devant Harry et qui n'est pas au courant pour les maraudeurs. Ce qui t'inquiète c'est qu'Harry risque sa sécurité et surtout que Black puisse avoir accès à la carte pour le trouver. Ai-je tords ?
- Non, tu as parfaitement raison. C'est un peu inquiétant que tu puisses aussi bien lire en moi, tu le sais n'est-ce pas ? Répondit-il, plus léger.
Aria eut un sourire amusé avant de reprendre, plus sérieusement.
- Je t'accorde qu'Harry ne fait pas assez attention à sa sécurité, mais n'oublie pas que ce n'est encore qu'un enfant, il n'a que treize ans ! Rappela-t-elle. Et si il est aussi semblable à son père que tu le dis, ça ne devrait même pas te surprendre.
Avant que le professeur ne puisse rétorquer quoi que ce soit elle reprit.
- Tu connais mon point de vue sur Black et ses intentions. D'ailleurs, l'Éclair de Feu qu'a reçu Harry à Noël, je suis persuadée qu'il vient de Black, quel que soit la façon dont il a put acheter cet objet dans sa condition. Je suis également persuadée qu'il n'était pas maudit ou détraqué par un sort.
- Tu as l'air sure de toi. Nota Lupin.
- C'est un des avantages d'être un Lycan, je peux détecter un objet modifié par un sort, bon ou mauvais, à des kilomètres. D'ailleurs, on ne peut pas non plus m'avoir avec un simple sort de changement d'apparence, seul le polynectar le peut. Nota-elle en guise d'exemple. J'aurais dû postuler pour être auror, soupira-t-elle pensivement.
Lupin sourit malgré la situation. Elle avait sans doute raison, avec des capacités comme les siennes, elle serait sans aucun doute une incroyable auror.
- Si Sirius n'a pas de mauvaises intentions en ce qui concerne Harry, pourquoi est-il ici ? S'enquit-il.
- Je ne sais pas. Admit Aria avec une grimace.
Le professeur soupira, il s'en doutait et il n'avait pas plus de réponses qu'elle. C'était ce qui le faisait douter. Après un instant de silence pensif, Aria reprit, plus légère.
- Alors, tu m'expliques un peu cette carte ? Demanda-t-elle avec un sourire amusé en tapotant du doigt sur le parchemin.
Le professeur de défense se détendit et commença à lui expliquer les différentes fonctions de cette carte, de son origine, de l'idée qui l'avait fait naitre, du temps qu'il avait fallu pour la faire, des recherches qu'il avait fallu faire, etc… Il lui expliqua aussi comment lui et ses amis l'avaient complétée au fils des années et des découvertes. La plupart de la carte, soit l'intérieur du château, venait de leurs explorations nocturnes avec la cape d'invisibilité de James Potter, et en ce qui concernait les extérieurs du château, ça venait de leurs escapades sous formes d'animaux lors des pleines lunes. Il n'en était pas fier, il avait abusé de la confiance de Dumbledore en mettant des gens en danger, mais ses nuits de pleines lunes n'avaient jamais été si belles, selon lui. Aria ne le jugea pas, elle savait ce que ça représentait de passer la pleine lune avec des amis.
Elle lui avoua avoir passé ses pleines lunes à l'école dehors avec son frère, quand il était encore vivant, et Abygail. Celle-ci étant un animagus, non déclaré. Elle était un oiseau, une forme rare pour un animagus, plus précisément un faucon crécelle.
Le professeur avait été surpris de l'aveu, il ne savait pas qu'Abygail était un animagus. Aria lui expliqua qu'elle n'utilisait jamais cette forme en dehors de ses périodes avec elle, ça ne lui était pas utile autrement, selon elle. C'était la raison pour laquelle elle ne s'était pas donnée la peine de se faire déclarer.
- Vous êtes de vrais génies tout de même, faire une telle carte alors que vous étiez si jeunes. Fit Aria avec admiration.
A cela Lupin se contenta de sourire avec amusement. Certes ils s'étaient bien débrouillés, mais cette carte avait été un travail lourd et de longue haleine, et heureusement qu'ils étaient quatre !
- Bon, et que vas-tu en faire maintenant que tu l'as prise au jeune Potter ?
- Je vais garder un œil dessus, si Sirius entre sur le territoire de Poudlard, je pourrais l'intercepter, ou du moins faire quelque chose.
- La carte comprend les individus sous forme animale ?
- Oui.
- C'est pratique. Fit pensivement Aria. En gros, cette carte ne ment jamais sur l'identité d'une personne. Même sous polynectar ?
- Même sous polynectar.
- Incroyable…
Alors qu'Aria allait ajouter quelque chose, un hibou frappa à la vitre du bureau, étonné le duo se tourna vers l'oiseau et Lupin lui ouvrit. Étonnement, la petite chouette hulotte se dirigea vers Aria et lui donna sa charge avant de se poser sur son épaule. Aria la gratifia de quelques caresses et l'oiseau s'en alla. La lycanne échangea un regard curieux avec son ami avant d'ouvrir la lettre. Elle venait d'Hagrid.
Au fur et à mesure de sa lecture le professeur de défense vit les sourcils de son amie se froncer et son visage devenir plus sérieux. Après un instant, elle se leva d'un mouvement et lui tendit la lettre, visiblement hors d'elle.
Laissant la jeune femme jurer silencieusement en faisant les cents pas il lut à haute voix.
Chère Aria,
Nous avons perdu. J'ai eu l'autorisation de ramener Buck à Poudlard. La date de l'exécution sera bientôt fixée.
Buck a beaucoup aimé Londres.
Je n'oublierai pas toute l'aide que toi et Hermione m'avaient apportée.
Hagrid.
- Tout ça à cause de ce fichu Malfoy et son argent ! Vociféra Aria en plaquant ses mains sur le bureau du professeur, qui était étonné de découvrir cette nouvelle facette de son amie. Non mais tu te rends compte ? Il n'a rien son fils en plus ! Condamner un innocent ! Et Buck est un bon hippogriffe, c'est du grand n'importe quoi ! Gronda-t-elle en reprenant sa marche.
Le loup garou hocha la tête, c'était injuste, il était bien d'accord avec ça.
- Ce maudit Malfoy et ces lâches du conseil et du ministère ! Tout ça pour rester dans les bons papiers d'un sang pur ! Tous corrompus. Grogna-t-elle. Et on pourra faire ce qu'on voudra, ils ne vont rien faire si on ne paye pas mieux que ce Malfoy. Ce monde est profondément injuste. Soupira-t-elle en s'asseyant à nouveau.
- Malheureusement. Admit Lupin. Que comptes-tu faire ? Je sais que cette histoire te tenait à cœur…
- J'aime profondément les animaux magiques, j'ai un diplôme en magizoologie tu sais.
- Vraiment ? Je l'ignorais. S'étonna son vis-à-vis.
Pour toute réponse la jeune femme hocha la tête avant de soupirer.
- Je vais aller voir Hagrid, il doit être dévasté. Dit-elle en se levant à nouveau. Excuse-moi de t'abandonner.
- Il n'y a pas de mal, j'ai fait pareil il n'y a pas une heure. Sourit-il.
- C'est dur d'être désiré. Plaisanta-t-elle.
Il sourit et la laissa partir, elle était inquiète et touchée, plus qu'elle ne le laissait paraitre. Mais il faisait confiance à Hagrid, certes il était celui qui avait le plus besoin de réconfort pour l'instant, mais en allant auprès de lui Aria pourrait aussi se laisser aller. Il vérifierai son état au diner, auquel cas dans la soirée en passant chez elle.
Aria resta un long moment avec Hagrid, le verdict semblait l'avoir assommé et elle comprenait, elle aussi était sous le choc, ils avaient tellement travaillé, elle pensait leur défense impénétrable… Finalement, après un long moment d'apitoiement, Aria avait essayé de remonter le moral du géant, et du sien par la même occasion, en disant qu'il restait toujours une procédure d'appel. C'était maigre, mais c'était leur seule chance.
Rapidement, cependant, Aria fut distraite par un autre évènement, la prochaine pleine lune, qui arrivait très vite. Pour changer elle s'était mise d'accord avec son ami pour qu'ils la passe dans ses appartements, ce qu'il accepta, ce n'était pas moins sûr que son bureau après tout, et plus espacé.
Au fur et à mesure que la pleine lune approchait, Aria se sentait de plus en plus impatiente, elle avait l'impression que tout se passerait parfaitement bien et c'était encourageant. De plus, depuis l'annonce du verdict concernant Buck, Harry et Ron avaient décidés de s'impliquer d'avantage dans la défense de l'hippogriffe, ce qui soulageait beaucoup le travail d'Aria et Hermione, un peu d'aide était toujours la bienvenue.
De son côté, Aria travaillait toujours sur ses théories contre la lycanthropie, empruntant les ingrédients du professeur Rogue, qui râlait toujours de son manque de résultat. Elle n'y faisait pas attention, elle travaillait dessus depuis des années, un résultat probant n'allait pas apparaitre en un claquement de doigt, loin de là. Cependant, elle travaillait dessus sur son temps libre, qui était de plus en plus rare. Ils arrivaient dans la dernière ligne droite avant la fin de l'année et il fallait augmenter le travail des élèves, donc celui des professeurs. Lui laissant donc moins de temps pour ses recherches.
Quand elle ne travaillait pas là-dessus, elle passait du temps avec Hagrid, pour lui remonter le moral, ou avec Remus. Ils parlaient beaucoup des cours et plus particulièrement des examens qu'ils prévoyaient pour la fin de l'année. Bien sûr ils avaient encore du temps mais ils devaient préparer leurs projets d'examens, devant les remettre à Dumbledore un peu plus d'un mois avant, pour qu'il les valide ou non et qu'ils aient ainsi le temps d'en refaire en cas de refus ou de les modifier.
Oui, contrairement à ce que l'on pouvait croire, c'est du travail d'être enseignant !
