Attention: Harry Potter ne m'appartient pas.

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La pleine lune se passa merveilleusement bien et Aria sentait un net progrès de la part de son ami. Elle avait tout de suite remarqué qu'il avait un peu relâché les ''rênes'', il était plus détendu et laissait d'avantage son instinct canin ressortir. Bien sûr, il faudrait encore beaucoup de patience pour qu'elle puisse le convaincre de laisser tomber la potion tue-loup, vu que sa présence avait les mêmes effets, mais il y avait du progrès et elle n'en était pas peu fière.

En première partie de soirée, elle avait réussi à ce qu'ils jouent ensemble, calmement, mais tout de même. Elle était bien sûr la plus joueuse, laissant parler son instinct, contrairement à son ami, mais il avait consentit à lui rendre quelques coups de pattes et quelques mordilles sur les oreilles. Ça fit beaucoup rire Aria, elle avait l'impression d'être un chiot, ou plutôt un louveteau, entrain de s'amuser avec un ancien, ça l'avait beaucoup amusée. Peut-être qu'avec encore un peu de temps, l'ancien deviendrai le jeune loup vigoureux qu'il était, si il lâchait vraiment la bride sur son instinct bien sur. Mais elle ne désespérait pas, d'ailleurs elle pensait que le jour où il accepterai de passer la pleine lune dehors ça serait le déclic. Un loup n'était pas fait pour être enfermé, il devait brider ses instincts en l'étant, donc si ils allaient à l'extérieur ça serait surement plus facile. Même pour elle, elle trépignait d'impatience d'aller se dégourdir les pattes au clair de lune, ce que c'était grisant de faire ça !

En seconde partie de soirée elle vit qu'il ne voulait plus s'amuser, lui rendant vaguement ses gestes, surement pour lui faire plaisir. Elle avait donc cessé de l'embêter et s'était allongée à côté de lui, près du feu qui crépitait tranquillement dans la cheminée. C'était agréable d'être allongé près du feu, au chaud et au calme. Ils avaient fini par s'endormir comme ça, ou plutôt somnoler comme ça, jusqu'au matin, l'un contre l'autre, fourrure contre fourrure. Il était beaucoup plus massif qu'elle mais au lieu de l'inquiétait ça la rassurait, elle se sentait en sécurité, c'était agréable, vraiment agréable, pour peu elle avait l'impression de se retrouver des années en arrière, quand elle était avec son frère et leurs parents. Ils aimaient bien faire ça en hiver, ils se transformaient et restaient près du feu, les uns contre les autres.

Le premier hiver sans sa famille avait été terrible, elle avait passé ses nuits à pleurer, dans son lit ou devant la cheminée, recroquevillée sur elle-même. Et puis, Abby l'avait surprise et ne l'avait plus quittée. Depuis, et jusqu'à ce qu'elle commence son tour du monde, son amie ne l'avait jamais laissée seule en cette période, elle emménageait chez elle pour l'hiver et ne retournait dans son appartement qu'à la fin de l'hiver, quand les températures devenaient plus douces. Parfois, elle restait plus ou moins longtemps, selon les contraintes de son travail. Elle ne remercierai jamais assez Abygail pour tout ce qu'elle avait fait pour elle.

Le lendemain matin de la pleine lune s'était déroulé tranquillement, Aria s'était occupée du petit déjeuner pendant que son ami occupait la salle de bain. C'était un samedi matin, aussi ils n'avaient aucune préoccupation particulière à avoir, ils pouvaient prendre leur temps, et ça, de temps à autre, ça faisait du bien.


Vint finalement le mois de mars et avec lui des températures plus clémentes malgré une météo incontrôlable. Les deux loups, plus proche que jamais depuis la dernière pleine lune, partageaient leur temps entre leurs cours, la bibliothèque, leur collègues et Hagrid, surtout pour Aria. Plus d'une fois au cours du mois, le duo avait prit une soirée tranquille en tête à tête autour d'un diner, parfois Aria cuisinait, parfois c'était le professeur de défense. Ils aimaient ces moments de calme et de détente, permettant de faire abstraction de tout le reste, c'était reposant et agréable.

Cette proximité, bien qu'agréable, avait fini par quelque peu inquiéter Aria. Elle avait fait en sorte de faire abstraction de ce qu'elle avait ressentit le jour où elle s'était réveillée à l'infirmerie, après sa rencontre avec Black. Mais ça devenait de plus en plus difficile, et bien qu'elle ne fasse rien pour s'éloigner du professeur, elle ne voulait pas le blesser et honnêtement elle n'en avait pas réellement envie, même si elle savait combien les risques étaient grands pour elle, elle s'inquiétait. Elle avait d'ailleurs fini par en parler à Abygail, elle avait déjà une idée de sa réponse mais elle était partagée sur ce qu'il fallait faire.

La réponse tardait, cependant, et vint une nouvelle pleine lune. Aria, contrairement aux fois précédentes, était plus... anxieuse. Elle avait tout fait pour que son ami ne le remarque pas, mais c'était peine perdue, ils se connaissaient trop bien à présent. Il lui avait gentiment proposé de passer la nuit séparément, mais elle avait refusé. Bien qu'elle n'en dise rien, ce n'était pas de la soirée en elle-même pour laquelle elle s'inquiétait, elle avait peur de ses propres réactions. Et le temps que mettait Abby pour répondre ne faisait rien pour la rassurer. Elle faisait en sorte de ne rien laisser paraitre, elle ne voulait pas que tous les efforts qu'avaient produits son ami soient réduit à néant à cause d'elle, à cause de ses doutes.

La nuit de la pleine lune fut calme, les deux loups étaient restés aussi proche qu'à l'accoutumée et Aria n'avait eu ni l'envie ni la force de lutter contre. Son instinct lui criait de rester aux côtés de son congénère et elle ne pouvait aller contre lui, elle n'avait jamais vraiment appris à réprimer ses instincts, aussi il lui était dur de faire l'inverse de ce qu'il lui disait de faire. Ne souhaitant lutter, elle laissa faire. Ils restèrent donc allongés près de la cheminée, comme lors de la dernière pleine lune, blottit l'un contre l'autre. Tout aurait put être pareil à la pleine lune passée, si il n'y avait pas eu des regards et des gestes différents. Les regards étaient… tendres, se voulant rassurants et doux. Aria voyait bien à travers cela combien son ami s'était inquiété face à son comportement de ses derniers temps. Et il y avait les gestes, des gestes aussi tendres et rassurants que ses regards. Un coup de museau par-ci, un coup de langue rassurant par-là… ça ne l'avait en rien aidé à lutter, bien au contraire, elle s'était laissé attendrir et ils avaient fini par passer la nuit le museau contre la fourrure de l'autre.

Autant dire que le lendemain matin avait été silencieux, emprunt par la gêne, mais étonnement le professeur semblait plus serein, bien qu'elle n'en connaisse pas la raison. Au fur et à mesure des pleines lunes qu'ils avaient passées ensemble, elle avait bien vu les effets qu'elle avait sur lui en tant que Lycan. Il était bien moins pâle qu'avant et bien moins souvent, il avait des couleurs et ses traits étaient beaucoup moins tirés par la fatigue, qu'il ne semblait presque plus ressentir. En fait sa fatigue semblait être la même que tout autre professeur avec des centaines de copies à corriger en un temps records. Elle était ravie, rien de tout ça n'était vain, bien au contraire, même ses collègues lui disaient que Lupin avait meilleure mine qu'en début d'année, surtout Dumbledore, Chourave et McGonagall, étrangement.

Ils manigançaient quelque chose, elle en était certaine, quant à savoir quoi, ça c'était une autre paire de manche. Depuis Noël ils faisaient tout pour qu'ils passent du temps ensemble et ne cessaient jamais de glisser quelques mots sur l'un à l'autre et vice-versa. Ça non plus ça ne l'aidait pas.


Vinrent finalement les vacances de printemps et avec elles une température plus clémente et un temps plus clair et lumineux. Entre temps Aria avait, enfin, reçu sa réponse d'Abygail. En la lisant elle avait grandement eu envie de se cogner la tête contre son bureau, elle ne l'aidait pas du tout ! En fait, Abygail rendait les choses encore plus confuses et à la fin de sa lettre elle avait conclut avec un simple « Laisse faire les choses ». Abby avait clairement dit qu'elle appréciait et avait confiance en son ami, mais ça ne l'éclairait pas d'avantage. Avec un soupir elle avait rangé la lettre dans sa table de chevet et s'était couchée, la tête encore plus remplie de questions qu'auparavant, maudissant son amie et sa mauvaise habitude de rendre volontairement ses phrases plus mystérieuses qu'elles ne l'étaient en réalité, ou qu'elles ne devraient l'être, peu importe.

Après quelques temps de réflexion Aria décida tout de même de suivre le conseil de son amie, après tout, elle ne l'aurait pas fait si elle pensait qu'elle risquait quelque chose, n'est-ce pas ? Et puis, elle avait toute confiance en Remus, elle lui avait tout dit sur sa nature, sur ce que ça impliquait… Quoi qu'il advienne, Aria espérait seulement que tout se passe bien. Cependant, tant qu'il n'aurait rien dit ou fait de différent de d'habitude, elle préférait ne pas penser à ce qu'elle ressentait, elle avait peur. Peur de mettre un mot sur ses sentiments, peur que si elle le faisait, ça la condamnerait, peur de se tromper et de se condamner. C'était pour ce genre de choses qu'elle détestait être un lycan. Les plus beaux sentiments devenaient aussi effrayants qu'attrayant, et ça ne concernait pas que l'amour, l'amitié était également à prendre en compte. Perdre un ami, un membre de sa meute, était aussi difficile à surmonter que de perdre son compagnon, bien que la mort n'en soit pas forcément l'issue. Combien de temps était-elle restée complètement apathique à la mort de sa famille ? Au bout d'un moment elle avait cessé de compter, Abby l'avait fait, elle le savait, mais elle ne voulait pas le savoir. Et c'était ça qui lui faisait peur à présent, perdre des gens qu'elle aimait.

Qu'elle perde la vie n'était pas réellement ce qui l'effrayait, bien sûr ça lui faisait peur, comme tout le monde, mais la douleur de la perte des siens était encore pire que la mort, comme aux yeux de tout lycan. Le pire étant pour la perte de sa moitié, de son compagnon ou de sa compagne, ou de sa famille. Plus d'une louve s'était laissée mourir à cause de la perte de ses petits, alors même que son compagnon était toujours en vie. La famille était une notion clé dans la vie d'un loup, et par extension dans celle d'un lycan. Famille et amour, voilà ce qui composait un lycan, un loup. C'était aussi leur plus grand paradoxe, aussi effrayant qu'attrayant, nécessaire. Peur et joie pour décrire un même souhait. Ce n'était pas facile d'être un lycan n'est-ce pas ?

A bien y réfléchir, les loups garous avaient le même problème, bien que sa source, et sa raison, soit différente. Ils avaient aussi peur qu'envie d'aimer et être aimé. Peur de faire du mal à l'être aimé, peur de transmettre leur ''maladie'', que ce soit à leur conjoint ou à leur future progéniture. Mais paradoxalement ils avaient également envie d'aimer et d'avoir une famille, plus que quiconque, pour cette même raison. Les gens veulent toujours profondément ce qui leur est ''interdit'', ''inaccessible''. C'était naturel et en aucun cas condamnable.

C'était pour cela qu'Aria souhaitait tant trouver une solution à la lycanthropie, ils ne méritaient pas ça, pas à cause des lycans. Beaucoup n'avait pas voulu de ça, ils étaient des victimes et l'étaient tous les jours à cause de la société actuelle. Elle ne supportait pas ça.

- Une mornille pour tes pensées ? Intervint soudainement une voix familière, qui fit sursauter Aria.

La jeune femme se retourna pour voir Albus Dumbledore, un sourire amusé aux lèvres et le regard pétillant.

- C'est un peu cher pour quelques pensées sans importance.

- Sans importance ? S'amusa tranquillement le vieil homme en se plaçant à ses côtés.

La jeune femme sourit doucement, quoi qu'il se passe, cet homme semblait toujours lire en vous comme dans un livre ouvert et il n'avait pas besoin de la légilimancie pour ça, ho que non. Aria secoua la tête et retourna à la contemplation du lac noir. Elle ne saurait dire depuis combien de temps elle était là, debout face au lac, le regardant sans vraiment le voir, perdue dans ses pensées.

Les vacances avaient débuté depuis trois jours et le château était soudainement devenu très calme. Sans raisons précises, elle avait eu envie de prendre l'air, seule. De plus, Remus corrigeait des copies, profitant du début de vacances pour le faire afin de pouvoir ensuite profiter pleinement du temps de calme qui leur était accordé pour les prochaines semaines. Elle n'avait pas voulu le déranger et honnêtement elle souhaitait plutôt être seule, parfois ça ne faisait pas de mal.

Le temps s'était radouci en cette fin du mois de mars et elle avait enfin put se passer de ses lourds vêtements d'hiver. Actuellement elle portait un pull beige en laine, commençant en bas de ses épaules, une écharpe blanche, une jupe blanche-rosée aux bords ondulés et des bottes montantes à lacet brunes clair. Cependant, malgré la chaleur de son pull, elle regrettait de ne pas avoir au moins prit un châle.

A nouveau elle se perdit dans ses pensées, triturant son pendentif en forme de loup et de lune, offert par Remus à noël et dont elle ne se séparait jamais. Elle avait prit l'habitude de faire ça quand elle réfléchissait, quand elle corrigeait des devoirs, quand elle lisait ou tout simplement quand elle regardait tranquillement autour d'elle, ses élèves, le parc à travers les fenêtres… ça ne la rassurait pas plus que ça ne l'occupait pas vraiment non plus, mais elle en avait pris l'habitude, sans raison particulière.

- Quelque chose t'inquiète, Aria ? Demanda gentiment Dumbledore, les yeux rivés sur le lac noir.

- M'inquiète, pas tellement, m'interroge, d'avantage. Je me pose beaucoup de questions et elles ne trouvent pas de réponses, ce qui apporte toujours plus de questions… C'est un cercle vicieux. Admit-elle avec un soupir.

Le vieil homme resta silencieux un instant, méditant ses paroles. Puis il reprit, un certain amusement dans la voix.

- Tu dois suivre ton cœur, Aria. Assura-t-il tranquillement, comme sachant déjà ce qui la tracassait.

- Mais ce qu'il veut n'est pas toujours bon pour moi. Soupira-t-elle, défaite.

- Comment le savoir sans essayer ? S'amusa-t-il.

- Les risques sont… trop importants pour que l'erreur me soit permise.

- Il faut savoir prendre des risques, Aria, surtout si ça promet quelque chose de plus beau encore.

- Et si je me trompe... ? Il n'y aura pas de retour possible, Albus…

- Suis ton cœur, Aria, il ne t'a jamais trompé, fait lui confiance. Sourit l'homme en posant une main sur son épaule avant de retourner vers le château.

La jeune femme regarda son parrain partir avec sa sérénité habituelle, se demandant brièvement si lui et Abygail n'avaient finalement pas un lien de parenté. Eux et leur point d'honneur à faire des phrases plus mystérieuses que nécessaire ! Ils ne l'aident vraiment pas, ne pouvaient-ils pas être clair de temps en temps ? D'un autre côté, n'était-ce pas elle qui compliquait les choses ? Au final, Abby lui avait dit de laisser faire, soit laisser évoluer les choses dans le sens qu'elles prenaient irrémédiablement, ne pas lutter dans le sens contraire, et Dumbledore lui avait dit de suivre son cœur, son instinct, et que lui disait-il ? La même chose qu'Abby.

Elle soupira, c'était bien compliqué tout ça, vraiment compliqué, malgré ce qu'on pourrait croire.

Elle reposa les yeux sur le lac noir, parfois attirée par les ondulations créée par les mouvements du calamar géant. Elle n'avait jamais compris pourquoi ils avaient laissé cet animal ici, d'ailleurs elle n'avait pas non plus comprit pourquoi il était là depuis le départ, c'était dangereux… Un élève qui tombe de sa barque et pouf ! Avalé par le calamar… En même temps, le calamar n'était que la partie apparente de l'iceberg, qui sait quelles créatures vivaient dans le lac noir ? Elle savait qu'il y avait des sirènes et des strangulots, mais que pouvait-il y avoir d'autre ? Bizarrement elle n'était pas certaine d'avoir envie de le savoir. Elle ne verrait sans doute plus jamais Poudlard de la même façon.

- Aria ?

Moins perdue dans ses pensées, cette fois, la jeune femme n'eut qu'un bref sursaut à l'entente soudaine de son nom. Elle n'eut même pas besoin de se retourner pour savoir à qui à appartenait cette voix, Remus Lupin.

- Remus. Salua-t-elle avec un sourire quand il la rejoignit. Tu as fini de corriger tes copies ? S'enquit-elle.

- Quelque chose comme ça, j'avais besoin de prendre l'air, tu es toute seule ? Demanda-t-il, un peu étonné, habituellement, quand elle n'était pas avec lui, elle était soit avec le professeur McGonagall, Mme Pomfresh, le professeur Chourave ou avec Hagrid.

- Dumbledore était là il n'y a pas une minute. Répondit-elle tranquillement.

Le jeune professeur hocha la tête et jeta un œil à ses vêtements, levant un sourcil.

- Tu n'as pas froid ? Avec la lune noire qui arrive tu devrais faire attention à ne pas attraper mal.

- C'est vrai, admit-elle. Mais ça va, j'ai juste un peu frais, rien de grave.

- Avec toi, ''rien de grave'' peut virer au ''terrible'' à proximité de la lune noire. Nota-t-il, mi-réprobateur mi-amusé.

Aria sourit, il la connaissait si bien que ça en devenait inquiétant.

- J'ai les cheveux longs, ça tient chaud ! Assura-t-elle avec un faux sérieux.

- Vraiment ? Rit-il en secouant la tête. Franchement Aria, pas que ça me dérange de jouer les gardes malades, bien au contraire, mais je préfère quand même te voir en bonne santé.

Son sourire s'élargit, peu étonnée de ses propos. Depuis le début il avait passé les lunes noires à veiller sur elle et d'avantage depuis le dernier incident. Il restait à son chevet autant que possible, il lui préparait à manger, l'aidait si elle avait du travail en retard à cause de sa faiblesse temporaire… Il disait que c'était la moindre des choses, surtout qu'elle lui rendait la vie plus facile depuis qu'il ne souffrait plus, ou beaucoup moins, des effets de la pleine lune. Elle savait que ce n'était qu'une excuse. Elle aimait ses attentions, ça la touchait vraiment. Depuis qu'elle avait quitté l'Angleterre elle avait passé la plupart de ses lunes noires seule, alitée et incapable de faire le moindre geste. Ça rendait sa compagnie, ses attentions, encore plus importantes pour elle, ça la rendait plus reconnaissante encore, se rendant compte de la chance qu'elle avait. Ça faisait beaucoup de bien d'avoir quelqu'un pour s'occuper de soi, vraiment.

De son côté, elle avait fait la même chose pour lui, surtout au début de l'année et elle avait aimé le faire, aujourd'hui il en avait beaucoup moins besoin, mais à l'arrivée de la pleine lune elle gardait toujours un œil sur lui et n'hésitait pas à prendre soin de lui si nécessaire. Il lui en était reconnaissant. Pour lui aussi, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu quelqu'un pour l'épauler dans ces moments là. Pour l'un comme pour l'autre ces attentions étaient importantes et appréciées à leur juste valeur.

Aria fut soudainement sortie de ses pensées, pour la troisième fois de la journée, si ses comptes étaient justes, en sentant la cape du professeur se poser sur ses épaules. Immédiatement elle se tourna vers lui avec un regard inquisiteur.

- Remus ! Tu vas attraper mal ! S'exclama-t-elle.

- Je m'en sortirai toujours mieux que toi. Assura-t-il avec un certain amusement.

Elle fit la moue et détourna les yeux avec un grognement. Il avait raison, évidement, et quoi elle dise il ne reprendrait pas son bien. Si il y a bien une chose qu'elle avait appris chez lui, c'était combien il était têtu, bizarrement, il l'était toujours d'avantage quand ça concernait sa santé à elle. Étrangement elle était pareil quand il s'agissait de lui, pas un pour rattraper l'autre n'est-ce pas ? Elle soupira en secouant la tête en resserrant les pants du vêtement autour d'elle. N'empêche qu'elle avait beaucoup moins froid maintenant.

- Merci. Dit-elle d'un ton vaincu.

- Je t'en prie. Rit-il doucement.

- Tu voulais me parler de quelque chose ? S'enquit-elle.

- Ho, oui, dit-il en regardant autour d'eux avant de reprendre. Je voulais te voir pour la prochaine pleine lune.

- Oui ? Demanda-t-elle, curieuse.

- Je… Je suis d'accord pour la passer dehors. Déclara-t-il à mi-voix.

Elle tourna un regard étonné vers lui, elle n'avait pas imaginé qu'il accepte si rapidement, elle n'imaginait pas leur sortie avant le mois de mai. Puis elle fronça les sourcils.

- Ce n'est pas pour me faire plaisir, n'est-ce pas ? Je ne veux pas que tu te force pour moi.

- Je ne me force pas, assura-t-il. J'ai bien réfléchi et quand je pense que quand j'étais élève je sortais alors qu'il n'y avait pas de potion tue-loup, je me dis que maintenant c'est bien moins dangereux qu'à l'époque. Mais on reste dans la forêt interdite, et le plus loin possible de l'école.

- Bien entendu. Acquiesça-t-elle, réalisant avec joie que son souhait d'aller se dégourdir les pattes au clair de lune était bien plus proche qu'elle ne l'aurait pensé.

Elle avait retrouvé le sourire et rien ne pouvait faire plus plaisir au professeur de défense. Depuis quelques temps il avait bien remarqué qu'elle n'était plus comme d'habitude, qu'elle était plus distraite, plus perdue dans ses pensées. Il ne savait pas ce qui l'inquiétait autant et quand il avait voulu en savoir plus il n'avait pas eu de vraie réponse. Il avait bien une idée, en réalité, mais il doutait, tellement qu'il préférait ne pas exprimer clairement ce qu'il pensait. Cependant il n'avait pas mentit, il ne s'était pas forcé, il avait simplement réalisé combien ce qu'il faisait étant élève était bien plus dangereux que si il en faisait de même aujourd'hui avec la potion tue-loup.

Finalement son refus initial venait de ses anciennes habitudes, quand il n'avait pas de tue-loup et Aria, bien sur. Il était cependant réticent à ne plus prendre la potion, il craignait le résultat, bien qu'Aria soit confiante à ce sujet. Mais elle ne l'obligeait à rien, ne critiquait pas son choix, elle était d'une patience, d'une compréhension et d'une bienveillance incroyable. Cela dit, il était très heureux de son choix, elle avait retrouvé le sourire et ses yeux étaient à nouveau pleins de vie, comme il aimait les voir. Il n'avait pas aimé les sourires distraits, pâles, faux, et les regards vides, loin de la réalité, distraits, qu'il lui avait vu ces derniers temps. Oui, il était heureux de son choix. Et pour la première fois de sa vie, il avait hâte de voir venir la prochaine pleine lune.