Attention: Harry Potter ne m'appartient pas.
La lune noire se déroula sans trop de problèmes, comme les fois dernières Lupin resta à ses côtés, lui préparant quelque chose de facile à manger et un thé de temps à autre quand elle en avait besoin. Elle resta alitée une longue partie de la journée, dormant ou lisant. Il arrivait que le professeur reste à ses côtés, caressant doucement ses cheveux quand son état chutait. Il détestait la voir ainsi, elle qui était toujours si pleine de vie, la voir si affaiblie… c'était dur. Dans ces moments de faiblesse, elle n'était que l'ombre d'elle-même, fatiguée, sans force… Elle se forçait à sourire pour rassurer les gens autour d'elle mais au final c'était encore plus dur à voir. Heureusement, cependant, cet état ne durait que deux à trois jours, avant, pendant et après la lune noire. Avant et après son état était normal, même si elle était très fatiguée, le pire était pendant et heureusement que ça ne durait qu'une journée.
La prochaine pleine lune aurait lieu la vieille de la rentrée, ce qui laissait le temps au duo de profiter pleinement de ses vacances bien méritées. Ils se baladèrent souvent dans le parc de Poudlard ou à Pré-au-Lard, ils se rendirent plusieurs fois au salon de thé de Madame Pieddodu, c'était un endroit agréable et peu fréquenté en cette période de vacances, hors week end. Ils y passèrent quelques agréables après-midi, ça changeait de leurs appartements privés ou de leurs bureaux.
Étonnement, c'était Remus qui avait initié l'idée, elle lui avait dit il y a plusieurs mois déjà qu'elle avait toujours préféré ce salon aux trois balais, trop bruyants et moins joliment décoré, d'un point de vue purement féminin bien sur, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il en ait pris note. Apparemment oui, cela dit il avait admit qu'il avait tout de suite pensé que ce salon lui conviendrai mieux, il la connaissait bien, vraiment bien. Ça l'avait beaucoup amusée et touchée qu'il fasse attention à ce qu'elle préférait, sachant que sa réponse aurait été différente si il lui avait posé la question. Elle aurait irrémédiablement privilégié ce que lui aurait préféré. Elle pensait toujours aux autres avant elle, c'était à la fois une de ses qualités et un de ses défauts.
Pendant quelques jours Aria avait quitté Poudlard pour aller rendre visite à Abygail, elle avait bien proposé à Remus de l'accompagner mais il avait gentiment refusé. Il disait qu'elle méritait de passer quelques jours seule avec son amie. Elle n'avait pas insisté, têtu comme il était, il n'allait pas changer d'avis.
Abygail vivait dans un beau et moderne petit appartement près du chemin de traverse, dans le Londres sorcier. Aria aimait son appartement, il était bien agencé et très lumineux et elle avait des plantes vertes partout, ça égaillait merveilleusement bien le tout. Il y a peu son amie avait également adopté un chat, en plus de la chouette effraie qu'elle possédait déjà, Gylfie. C'était encore un chaton mais il, enfin elle, avait un joli pelage gris perle avec le bout des pattes et le poitrail blanc. Elle avait également de beaux et grands yeux bleus. Son amie l'avait nommée Nyra. Tout ce petit monde mettait un peu de vie chez la jeune femme, qui autrement vivait seule. Ho bien sur Abby avait souvent quelques histoires avec des hommes, mais ça ne durait jamais.
Aria lui avait bien posé la question du ''pourquoi'' mais elle disait simplement qu'elle était trop jeune pour se poser et qu'elle n'en avait pas envie pour l'instant. Soit, mais Aria pensait que secrètement son amie s'empêchait ça pour ne pas lui faire de peine. Mais bien sur elle ne pouvait rien lui dire, la blonde nierai en bloc, elle la connaissait trop bien pour imaginer une autre réponse.
Durant son court séjour elles parlèrent de tout et de rien, mais bien sur surtout de Remus. Pas qu'Aria ne soit pas ouverte sur le sujet, loin de là, mais la blonde avait tout de suite remarqué qu'elle ne voulait pas mettre de mots sur certains sujets, sur certains… sentiments. Elle se contentait donc de parler de son ami avec entrain, sans pour autant mettre de mots sur ce qu'elle ressentait à son égard, ou plutôt sur un sentiment en particulier. Abygail n'insista pas, elle était étonnement impatiente de voir tout ça évoluer, elle était contente pour son amie et elle avait confiance en le jeune professeur de défense.
Il était un loup-garou, la vie n'était pas tendre avec eux. Aussi, si les sentiments d'Aria étaient réciproques, ce dont elle ne doutait pas vraiment, au vu de ce qu'elle avait put constater en les voyants à Noël et à travers les lettres d'Aria, elle lui faisait confiance pour prendre soin de son amie. Elle était convaincue qu'il ne ferait rien qui la condamnerai. Il fallait donc prendre son mal en patience. Tout ça la faisait sourire intérieurement, elle devrait prendre les paris avec Bill, dommage qu'il ne soit pas aussi au courant qu'elle à ce sujet, c'était un garçon après tout, Aria n'allait pas lui parler de ça.
Aria quitta la compagnie d'Abygail quelques jours avant la pleine lune, pas qu'elle ait forcément besoin de se préparer mais elle avait quelques petites choses à régler avant la rentrée.
De retour au château la gaité d'Aria ne l'avait pas quittée, bien au contraire, de plus la proximité de la pleine lune ne faisait rien pour la lui retirer. Elle rangea les quelques affaires qu'elle avait amenées chez son amie dans son armoire, les ayant lavés sur place, et retrouva ses collègues pour le repas du soir. Elle y parla gaiment de son court séjour à qui voulait l'entendre, soit Dumbledore, les professeurs Chourave et McGonagall, Mme Pomfresh et Remus, bien que le professeur Flitwick se soit introduit dans la conversation en milieu de repas, racontant diverses anecdotes sur la fâcheuse manie d'Abygail à s'attirer des ennuis, volontairement s'entend.
De ce qu'elle avait elle-même entendu, tous avaient trouvés à s'occuper durant ces quelques jours et tous, au plus grand soulagement de Mme Pomfresh, s'étaient suffisamment reposés pour pouvoir sereinement accueillir à nouveau les élèves dans quelques jours. Car oui, l'infirmière ne faisait pas que prendre soin des élèves, elle faisait également particulièrement attention à la santé de ses collègues. Finalement, elle était comme la mère de tous les professeurs ici, à Poudlard.
Aria avait toujours apprécié l'infirmière. Elle avait passé de nombreuses heures à l'infirmerie quand elle était élève, aussi elles avaient noué une relation toute particulière. Maintenant qu'elle était de retour au château, leur relation était redevenue la même, cependant elles étaient plus proches, d'une façon différente, aujourd'hui elle était une adulte et non plus une enfant, une élève, ça changeait beaucoup de choses. Aria n'aimait pas vraiment le milieu médical, disons plutôt que si elle pouvait éviter les médecins et les hôpitaux, elle les évitait. A l'origine ça venait de sa peur que l'on découvre sa nature, puis, au fur et à mesure du temps, ça s'était plus profondément encré. En quittant Poudlard elle ne comptait plus que sur Abygail pour ces questions là. Mais aujourd'hui, en retrouvant le contact avec Mme Pomfresh, ajouté au fait qu'elle n'était plus une élève et avait ainsi appris à mieux connaitre l'infirmière en tant que tel, elle pensait qu'elle pourrait également compter sur l'aide de Pompom à l'avenir. Oui, si un jour Abby n'était pas disponible ou qu'elle aurait besoin d'une seconde paire de manches, Aria avait confiance en Mme Pomfresh. Elle s'était tellement fermée sur le médical qu'elle aurait bien du mal à laisser un autre médecin l'approcher, qui que ce soit. Là-dessus, Aria ne plaisantait pas. Si elle était examinée par quelqu'un d'autre, elle pouvait se montrer très peu coopérative, elle devenait un vrai cauchemar pour les médecins, même elle les plaignaient… Heureusement ça n'était arrivé que très rarement et seulement quand elle était en déplacement dans un autre pays. Oui, elle avait de la peine pour eux, ils avaient cru voir arriver un agneau et avaient en fait dû faire face à un grizzly particulièrement hargneux… Ou un loup enragé, au choix.
Ho, Aria n'avait rien contre les grizzlys, au contraire, elle avait même eut l'occasion d'en rencontrer un particulièrement affectueux lors de l'un de ses voyages. D'ailleurs d'après les légendes de son peuple les loups et les ours avaient souvent une histoire commune, notamment l'histoire d'une ours ayant recueillie et élevée un jeune louveteau. C'était une belle histoire et Aria l'avait toujours appréciée. Sa mère avait l'habitude de leur raconter, à elle et son frère, une de leurs nombreuses légendes avant d'aller dormir. Elle chérissait ces moments et aujourd'hui elle en chérissait tout autant le souvenir. Elle leur disait qu'un jour, ce serait à eux de les raconter à leurs enfants, et ainsi de suite, parce que c'était leur histoire, leur patrimoine… Enfant Aria avait hâte que ça se produise, aujourd'hui et depuis des années, depuis la mort de son frère, ça lui laissait un goût d'amertume. Son frère n'aurait jamais d'enfants, il n'aurait jamais d'avenir, il était partit bien trop tôt pour ça, on lui avait arraché ce droit.
- Aria ? Intervint une voix inquiète à côté d'elle.
La jeune femme sortit soudainement de ses pensées, clignant des yeux avec confusion. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était à ce point perdue dans ses pensées. Elle offrit un sourire d'excuse à Remus, assis à côté d'elle. Après le repas ils étaient allés prendre un thé chez elle et s'étaient finalement tranquillement installés dans le canapé avec un livre, plongés dans un silence confortable. En face d'eux le feu crépitait toujours dans l'âtre, bien que les températures se soient faites plus clémentes les nuits étaient toujours fraiches. Son expression n'avait sans doute rien eu d'apaisé ou de calme au vu du regard inquiet de son ami.
- Ça va ? Reprit le professeur de défense, son livre fermé sur ses genoux, un doigt retenant sa page.
- Oui, oui, excuse moi, j'étais perdue dans mes pensées. Sourit-elle, penaude.
- Tu veux en parler ?
Elle hésita, elle lui disait tout en règle général, au fur et à mesure que leur relation avait évolué ils avaient commencé à si confier l'un à l'autre et ils finissaient par tout se dire, chacun semblant rapidement se rendre compte quand l'autre avait quelque chose sur le cœur. Avec Remus, Aria avait presque l'impression de retrouver la relation fusionnelle qu'elle avait auparavant avec son frère. Au début ça l'avait fait douter de ce qu'elle voyait en Remus, voyait-elle un ami ou projetait-elle inconsciemment l'image de son frère sur lui ? Après un long moment de réflexion elle s'était dit que non, elle ne projetait pas son frère sur lui, bien qu'ils soient assez semblables par moment, il n'était pas lui et elle ne le souhaitait pas, en fait. Autrement elle ne le verrait plus jamais de la même façon et ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle soupira.
- Je pensais à mon frère. Admit-elle après un instant.
Elle s'adossa plus confortablement au canapé et posa son livre sur ses genoux.
- Quand nous étions petits, avant d'aller nous coucher, ma mère nous racontait toujours pleins de légendes sur les Lycans. Elle disait qu'elles faisaient parties de notre histoire et qu'un jour ça serait à nous de les raconter.
La jeune femme se tut un instant, les yeux rivés vers le feu se consumant dans l'âtre.
- J'adorais ces histoires et j'aime me souvenir de ces moments là. Mais… C'est toujours douloureux de se dire que mon frère ne pourra jamais… jamais les raconter à son tour.
D'un geste apaisant le loup-garou approcha la jeune femme de lui, serrant doucement sa main. Elle leva les yeux vers lui et lui offrit un faible sourire.
- Mais toi tu le peux. Dit-il doucement.
Elle leva un sourcil, attendant qu'il exprime le reste de sa pensée.
- Je ne suis pas ton frère mais… je pense pouvoir dire sans me tromper que savoir que toi tu le pourras, le rendrait heureux.
Elle eut un regard surpris puis un sourire à la fois doux et nostalgique prit place sur son visage.
- Tu commences à parler comme Abby… S'amusa-t-elle doucement. Dois-je m'en inquiéter ?
Le professeur eut un rire tranquille avant de répondre avec un regard amusé.
- A toi d'en juger.
Elle sourit paisiblement en se laissant aller contre lui, non, elle ne devait pas s'en inquiéter, ça lui faisait même beaucoup de bien.
