Attention : Harry Potter ne m'appartient pas, seules Aria et Abby sont à moi.
Bonne lecture à tous !
En ce dernier jour de vacances le soleil se couchait sur l'école de sorcellerie Poudlard et bientôt il ferait place à une lune ronde et brillante. Le parc de Poudlard était vide, les élèves finissant surement de compléter leurs devoirs pour la semaine à venir ou se préparaient à rejoindre le banquet qui aurait lieu dans moins d'une heure. Cependant, deux silhouettes se détachaient à l'extérieur, à l'orée de la forêt interdite.
Aria avait les mains jointes dans le dos, regardant la forêt sombre qu'elle avait apprit à connaitre comme sa poche après des années de balades nocturnes avec Abygail, lors des soirs de pleine lune. A ses côtés se tenait le professeur Lupin, celui-ci semblait un peu anxieux mais son expression était d'avantage pensive.
Après un instant de silence Aria se tourna vers son ami.
- Dois-je m'attendre à ce que tu gardes entièrement le contrôle ou vas-tu te laisser un peu aller ? S'enquit-elle.
Le professeur sembla hésiter puis tourna ses yeux bleus acier vers elle.
- Hé bien… Tu as fait tant d'effort pour que je laisse un peu mon instinct prendre le dessus, ça serait dommage de gâcher tout ça.
La jeune femme secoua la tête.
- Il n'est pas question de mes efforts, c'est toi qui les a faits d'ailleurs, je n'ai rien fait moi. Contredit-elle. Il est surtout question de ce que tu te sens de faire, quel que soit ton choix je le respecte, être dehors me suffit amplement. Assura sérieusement la Lycan.
- Tu es trop modeste. Soupira-t-il avec un faible sourire avant de continuer. Je vais essayer de me laisser un peu aller, comme lors de la dernière pleine lune, ça ne craint rien ici.
Il sembla à la professeur d'astronomie qu'il essayait de se convaincre lui-même, mais elle sourit doucement en réalisant qu'il avait toute confiance en elle en cas de souci, même si les risques étaient réduits. Surtout qu'en plus de sa présence il avait également prit de la potion tue-loup. Aria ne comprenait pas pourquoi il s'évertuait toujours à boire cette chose abominable mais elle ne commentait pas, si ça pouvait le rassurer. Chaque chose en son temps, pensa-t-elle.
- On y va ? S'enquit-elle gentiment alors que le soleil commençait à disparaitre à l'horizon.
Le châtain acquiesça et ils entrèrent dans la forêt interdite. Ils avaient convenus de rejoindre le cœur de la forêt avant que la lune ne se lève et fasse ses premiers effets sur le professeur de défense. Le chemin se fit tranquillement, comme lors de leurs balades habituelles, qu'ils faisaient souvent le week end, dans la matinée, alors que la plupart des élèves faisaient la grasse matinée. Le parc était calme dans ces moments là, c'était agréable.
Ils arrivèrent vers le cœur de la forêt juste au bon moment, car à peine une minute plus tard le professeur de défense était sous sa forme de loup, dont les yeux dorés brillaient sous la lumière lunaire. Aria ne tarda pas à suivre son exemple et elle constata avec joie qu'il tenait parole, il se laissait aller, pas autant qu'elle l'aurait souhaité mais bien assez pour profiter pleinement de la nuit de pleine lune qui leur était accordée.
Ils jouèrent un moment, se mordillant les oreilles, se bagarrant gentiment et se courant après avec une attitude taquine et malicieuse. Puis, ils commencèrent à courir dans la forêt, Aria ne s'était pas sentie aussi libre depuis qu'elle avait quitté sa maison au Pays de Galles. La sensation de courir librement était grisante. Elle sentait le sol mou et les feuilles sous ses pattes, elle entendait le bruissement des arbres à ses oreilles, elle sentait les odeurs vertes et printanières à son museau et le vent de sa course dans sa fourrure. C'était une sensation dont elle ne pourrait jamais se passer trop longtemps, elle dépérirait si elle en était privée. Et il y avait Remus, sa compagnie à ses côtés la comblait de joie. Depuis la mort de son frère et de sa famille elle n'avait plus passé de pleine lune en compagnie de ses semblables, certes il y avait eut Abby, mais ce n'était pas la même chose. Pour un lycan ses semblables étaient importants, pas primordiaux, parce qu'ils pouvaient former une meute avec d'autres animaux, comme elle avec Abby, qui est un oiseau, ou comme Remus avec ses amis, mais être avec ses semblables c'était quelque chose de particulier, d'indéfinissable.
Après un moment ils firent une pause dans une clairière baignée par les rayons lunaires. C'était un bel endroit et Aria aurait voulu en profiter pour hurler à la lune, cependant la présence de Remus la freinait. Certes, elle laissait toujours son instinct décider pour elle quand elle était transformée, mais là Remus était avec elle et il ne se laissait pas entièrement aller, que dirait-il si il la voyait faire ça ? Le connaissant il ne dirait rien mais…
Elle jeta un coup d'œil vers lui, indécise. Avec étonnement elle vit qu'il ne la quittait pas des yeux, attendait-il un mouvement de sa part ? Qu'elle reprenne leur balade ou qu'elle recommence à jouer ? Elle plongea ses yeux azur clair dans ses yeux dorés. Son regard était pénétrant, jamais aucun loup ne l'avait regardé de cette façon et lui-même ne l'avait pas fait durant leurs précédentes pleines lunes.
Son frère l'avait toujours regardé avec malice et amusement, ils passaient d'ailleurs leurs pleines lunes à jouer ensemble sans pouvoir s'en lasser. Leur mère les avait regardés avec amusement et tendresse, bienveillance, veillant à ce qu'elle et son frère ne se blessent pas en jouant ensemble, parfois il arrivait qu'elle se joigne à eux. Leur père, quant à lui, veillait sur sa famille d'un regard bienveillant et protecteur. Il avait toujours été calme, son père, mais quand ils étaient encore petits louveteaux ils jouaient souvent ensemble, elle adorait lui mordiller les oreilles et en guise de vengeance il la mettait sur les dos et lui chatouillait le ventre avec son museau.
Mais jamais on ne l'avait regardé avec un regard aussi profond. Elle était immobile, incapable de détourner les yeux, son envie d'hurler à la lune complètement oubliée. Puis il commença à avancer doucement vers elle. Quand il ne fut plus qu'à quelques pas d'elle, plus par réflexe que par volonté, elle s'allongea au sol, ventre contre terre, la tête toujours levée vers lui. En arrivant près qu'elle, après un instant sans bouger, il posa son front contre le sien. Bien que surprise par le geste elle ne bougea pas, profitant de la chaleur offerte par ce contact. Elle aimait sa proximité. Elle l'avait déjà remarqué quand ils passaient leurs soirées au coin du feu, pleine lune ou non.
Elle sortit de ses pensées en sentant le museau du loup garou dévier vers son cou, se perdant dans sa fourrure dans un geste affectueux. Elle l'imita, appréciant son odeur si particulière. Puis, il commença à lui offrir des coups de langue chaleureux, près de ses oreilles, sur son cou, son museau… Elle le laissa faire un moment, appréciant ces gestes tendres, puis se figea, elle savait ce qu'il était entrain de faire et dans l'immédiat la question était, qui était entrain de le faire ? Le loup ? L'humain ? Les deux ? La réponse pouvait changer beaucoup de choses, bien que les trois soient liés en réalité. Là où le loup était purement instinctif, l'humain savait ce qu'il faisait et ça, ça faisait toute la différence.
Le laissé aller dont faisait preuve Remus jusque là ne permettait pas ce genre de comportement, il ne l'aurait jamais fait, ou pas comme ça, si il avait un tant soit peu de contrôle sur lui-même. En revanche, si il avait débridé son instinct d'avantage au cours de cette soirée, un tel comportement était envisageable, surtout au vu de leur rapprochement et de leur entente mutuelle. Le loup pensait moins que l'humain, il n'avait pas les mêmes restrictions, n'étouffait pas ce qu'il ressentait comme le faisaient les Hommes. C'était là la distinction nécessaire entre homme et loup et la principale réponse à sa question. Cependant, le loup pouvait également refléter ce que pensait réellement l'homme, il n'était pas forcément une entité à part entière… Aria ne s'était jamais penchée sur le sujet, en tant que lycan, le loup et elle ne formaient qu'un, bien qu'elle laisse d'avantage son instinct s'exprimer sous forme de louve, mais les loups garous… Ils n'étaient pas nés comme ça, pour la quasi-totalité d'entre eux, le loup était-il donc une entité à part entière ou exprimait-il ce que l'homme tentait de cacher ? Les instincts violents mis à part, ça, ça n'avait rien à voir avec leur caractère initial, elle en était certaine et ce même avant d'avoir connu Remus.
Elle devait donc attendre la fin de la pleine lune pour en savoir plus… cependant, pour l'instant, elle ne savait pas quoi faire. Le loup était entrain de la réclamer comme sienne, mais si ce n'était pas ce que voulait Remus, il pourrait, et serait tout à fait en droit, lui en vouloir d'avoir laissé faire. Dans ce cas de figure, plus jamais ils n'auraient la même relation et elle ne voulait surtout pas perdre ce qu'ils avaient construit, elle y tenait bien trop pour ça. D'un autre côté, si le comportement du loup reflétait ce que Remus pensait vraiment, ils auraient une longue discussion à avoir, une longue discussion très gênante d'ailleurs. Et puis il y avait un troisième point à prendre en compte, quoi qu'elle en dise, tout son côté loup appréciait et désirait ses attentions, ses gestes.
Comme la Poufsouffle qu'elle était, Aria décida de privilégier le bien être de son ami et recula légèrement. Il cessa immédiatement tout mouvement et recula d'un pas à son tour, le regard plein de questions, mais de qui était-ce le regard ? Celui du loup ? Ou celui de l'humain ? Aria se releva et le regarda dans les yeux, si elle avait été humaine elle lui aurait surement offert un sourire désolé, mais en tant que louve elle ne pouvait faire plus que cela. Elle sentit son cœur se serrer, ce geste, cet éloignement, la pesait, plus qu'elle ne l'aurait voulu ou imaginé. Il n'y avait peut-être pas que le loup qui avait voulu la marquer comme sienne, peut-être l'avait-elle voulu aussi. Elle eut soudainement un frisson de peur, d'appréhension, de panique. Si tel était le cas ses jours étaient comptés et le seraient jusqu'à ce que Remus, l'humain, lui dise clairement ce qu'il pensait d'elle, ce qu'il ressentait pour elle. Elle tenta de rationnaliser, elle n'avait rien fait, pas de gestes, qui l'aurait marqué comme sien, elle ne s'était pas imprégnée de lui. Le retour était encore possible, n'est-ce pas ?
Elle sortit de ses pensées quand le loup garou tenta à nouveau de s'approcher, plus doucement, prudemment. Son regard avait changé, il était inquiet. Bien qu'anxieuse elle le laissa faire et fut accueillie par un doux frottement de museau sur sa fourrure, entre son cou et sa joue, un geste doux qui se voulait rassurant. Elle se détendit et lui rendit son geste pour le rassurer à son tour, il sembla soulagé au vu du battement de sa queue derrière lui. Quand ils s'écartèrent à nouveau, ce fut avec surprise qu'elle constata qu'il initiait lui-même le jeu. Elle répondit favorablement et ils reprirent leur course poursuite, elle lui était reconnaissante, il tentait de lui faire oublier pour un moment ce qu'il venait de se passer. Qui que ce soit qui agisse, elle le remerciait.
Quand le jour pointa le duo regagna Poudlard dans le plus grand silence. Certes ils avaient passé une agréable nuit mais une partie de celle-ci apportait son lot d'embarras et visiblement aucun d'entre eux n'était enclin à évoquer le sujet en premier, ou même à l'évoquer tout court.
Aria fut la première à craquer alors qu'ils arrivaient à l'orée de la forêt interdite. Elle n'aimait pas le silence et l'inconfort qui s'était abattu entre eux. Elle souhaitait mettre les choses au point avant que les cours ne reprennent, car à ce moment là, ils auraient bien moins le temps de discuter de ce genre de choses. Doucement elle saisi le bout de la veste de son ami, qui s'arrêta avec un soupir, il se doutait de quoi elle voulait parler et il n'était pas prêt à avoir cette discussion, pas maintenant.
Pour être tout à fait honnête, le professeur lui-même avait été surpris de son comportement, mais ce qui le préoccupait c'était qu'il ne savait dire qui avait agit de la sorte, qui avait été aux commendes. Sans la réponse à cette question, il n'était pas certain de pouvoir avoir cette discussion avec Aria, il craignait de lui dire quelque chose qu'il ne pensait pas et que ça soit irrécupérable par la suite, il ne voulait pas la blesser plus que de raison.
- Remus… Il faudrait qu'on…
A peine commença-t-elle à parler que la voix imposante et portante d'Hagrid les interpela. Le duo tourna la tête vers le demi-géant avec un sursaut. Celui-ci se dirigeait vers eux à grand pas, visiblement heureux de les voir. Aria soupira en lâchant le professeur de défense, ils n'auraient pas cette conversation maintenant. Quand Hagrid arriva à leurs côtés, et après quelques mots, Lupin prit congé et retourna au château, non sans un regard désolé vers son amie, oui ils discuteraient, mais pas avant qu'il puisse lui répondre convenablement. Aria, elle, le regarda partir en affaissant les épaules, elle n'aimait pas repousser ce genre de discussions, elles étaient alors bien plus douloureuses à avoir.
- Quelque chose ne va pas, Aria ? S'enquit gentiment Hagrid en voyant l'air maussade de son amie.
La jeune femme soupira pour la troisième, ou était-ce plus ?, fois de la matinée et lui offrit un sourire qui se voulait rassurant mais qui sembla finalement plus triste qu'autre chose.
- Ce n'est rien… juste…
Elle se tue, cherchant ses mots.
- Une histoire de loup ? Compléta Hagrid avec gentillesse.
- Quelque chose comme ça. Admit-elle faiblement.
- Si je peux faire quoi que ce soit… Hésita le demi-géant.
- Ho non, ne t'en fait pas, assura Aria, c'est à nous de régler ça.
- Bon… mais si tu veux parler, je serais là. Garantit le garde chasse.
- Merci beaucoup. Sourit Aria. Au fait, de quoi avais-tu besoin ?
- Ha oui ! C'est au sujet de Buck, je vais bientôt devoir me rendre à Londres avec lui pour aller à la commission des créatures magiques et j'aurais voulu que tu…
Alors que son ami parlait, Aria eut un sourire plus tranquille, qu'il le veille ou non, il était entrain de lui faire penser à autre chose et dieu sait qu'elle en avait bien besoin pour l'instant. Oui, elle appréciait beaucoup Hagrid, à bien des égards.
