Attention: Harry Potter ne m'appartient pas.


La rentrée se fit en grande pompes et les habitudes reprirent rapidement place au sein de la célère école de sorcellerie écossaise. Aria n'avait pas eut le temps de ruminer sur ce qu'il s'était passé la nuit du jour de la rentrée et elle ne s'en plaignait pas, surtout que Remus semblait l'éviter. Ça ne pouvait être qu'une impression, et connaissant son esprit un peu trop imaginatif, Aria penchait vers cette idée, disons qu'elle la préférait à son contraire… Cela dit, tous les professeurs avaient eut beaucoup de travail en cette semaine de rentrée et, en général, tous ne se croisaient plus qu'aux repas. Cependant, les professeurs ne semblaient pas être les seuls à avoir du travail, les élèves s'étaient beaucoup plein du surplus de travail qu'ils avaient eu à faire durant les vacances, ils disaient que les examens étaient dans longtemps et qu'ils ne comprenaient pas pourquoi ils avaient tant de travail à faire.

Aria n'avait pas l'impression d'avoir donné beaucoup de travail à faire à ses élèves, cela dit il était possible que ses collègues si… Mais elle ne savait également que trop bien que les examens n'étaient pas si éloignés que ça, deux mois, ça passait extrêmement vite et c'était d'ailleurs l'argument qu'elle avait avancé devant ses élèves. Bien sûr elle s'était mise à leur place et s'était montrée compréhensive, mais en faisant cela elle insista également sur le fait que le temps passait très vite et que les examens arriveraient plus rapidement qu'ils ne le croyaient. Elle le savait, elle l'avait elle-même vécu !

Cela sembla les convaincre, au moins un peu, Aria avait toujours été honnête et amicale, parfois même maternelle avec les plus jeunes, avec eux, ils n'avaient pas de raisons de douter d'elle. De plus, elle était encore très jeune, la plus jeune professeur de l'école d'ailleurs, ça facilitait l'entente et le dialogue, ils se montraient moins… fermés, moins rigides, vis-à-vis de ses conseils, contrairement à ceux des professeurs plus âgés, sauf avec Lupin, ils adoraient leur professeur de défense.


Au cours de la semaine Aria remarqua l'effervescente particulièrement marquée des maisons Gryffondor et Serpentard, bien qu'elle trouve ça étrange, elle ne commenta pas, puis elle remarqua que plus la semaine avançait plus la tension entre les deux maisons augmentait. Certes, il y avait toujours eut des rivalités entre les deux maisons, mais elle trouvait que c'était particulièrement marqué depuis la rentrée. Le plus étonnant arriva en fin de semaine, les incidents s'étaient multipliés dans les couloirs entre les deux maisons et le jeudi soir elle dû même arrêter un duel entre un Gryffondor et un Serpentard, elle dû d'ailleurs les amener à l'infirmerie car des poireaux leurs étaient soudainement sortis des oreilles.

Ébahie par un tel comportement elle avait fini par demander aux deux élèves à quoi rimait tout cela. Elle ne savait pas si c'était le fait de la voir avec une expression mécontente et les mains sur les hanches ou le fait qu'elle soit professeur et qu'elle puisse leur retirer des points, mais ils se montrèrent étonnement et rapidement coopératifs. C'est ainsi qu'elle apprit que tout était dû à la finale de Quidditch, qui aurait lieu le samedi matin, entre Gryffondor et Serpentard. En apprenant cela elle avait levé les yeux au ciel avec un soupir de défaite. Tout ça pour du Quidditch ! Elle ne comprendrait jamais pourquoi et comment un simple sport pouvait créer un tel remue ménage en dehors de sa zone de pratique. Même elle qui baignait dans la magie depuis l'enfance ne comprendrait jamais les sorciers et leurs étranges divertissements, surtout leur lubie du Quidditch en fait, et quelques unes de leurs traditions aussi…

Alors qu'Aria allait partir, n'ayant plus rien à faire à l'infirmerie, Mme Pomfresh l'avait retenue, elle disait la trouver pâle et ne la voyait que très peu manger. Aria, un peu étonnée, assura qu'elle se sentait parfaitement bien et quitta rapidement l'infirmerie. Elle rejoignit ses quartiers et se rua à la salle de bain. Elle resta figée un instant, étonnée du reflet que lui renvoyait son miroir. Elle était très pâle, ses cheveux miels s'étaient ternis et ses yeux azur clair avaient foncé… Sans parler des cernes qui avaient commencé à se former sous ses yeux. Elle posa ses mains sur le lavabo devant elle et baissa la tête, incapable de regarder son propre reflet.

A bien y repenser, quand avait-elle passé une nuit complète cette semaine ? Elle n'avait cessé de se ressasser ce qu'il s'était passé à la pleine lune et n'avait cessé de se poser des questions qui restaient toujours sans réponses. Elle n'avait sans doute pas dormi plus de deux ou trois heures par nuit depuis ce jour là… ça expliquait ses cernes et son teint pâle, peut-être aussi ses cheveux ternes… Il était vrai qu'à part ses cours et ses questionnements sur Remus, elle ne s'était pas souciée de grand-chose d'autre, pas même d'elle. Elle se souvint que Mme Pomfresh lui avait parlé de son manque d'appétit. En y réfléchissant bien, elle ne se souvenait pas du dernier vrai repas qu'elle avait prit, elle s'était surtout contentée de massacrer sa nourriture avec sa fourchette sans même y toucher, trop perdue dans ses pensées.

Aria soupira en passant une main dans ses cheveux, elle devait se ressaisir, vite. Ne pas s'être rendu compte que son état se dégradait l'inquiétait au plus au point et elle faisait tout pour éviter de nommer l'évidence. Mais maintenant qu'elle était face au problème, elle était effrayée de ce qu'il pourrait se passer par la suite. Elle secoua la tête, ouvrit l'eau du robinet et s'en passa sur le visage, elle allait se ressaisir, elle devait se ressaisir.


Le samedi matin la Grande Salle fut très animée, faisant doucement sourire Aria, elle aimait cette ambiance festive. Les deux équipes adverses semblaient très tendues mais leurs maisons les encourageaient avec force, de même que les maisons de Serdaigle et Poufsouffle, qui supportaient clairement l'équipe de Gryffondor. Quand le jeune Harry tourna les yeux vers la table des professeurs, sans doute en espérant voir Remus, Dumbledore ou Hagrid, son regard s'accrocha à celui d'Aria, qui lui fit un clin d'œil encourageant, il rougit furtivement et lui fit un discret signe de tête reconnaissant.

Elle aimait beaucoup ce jeune garçon, au cours de l'année elle l'avait souvent côtoyé, en cours bien sur, mais également durant les cours particulier avec Remus, auxquels elle assistait parfois, ainsi que quand elle les aidait, lui et ses amis, pour la défense de Buck. C'était un jeune homme courageux et intelligent, mais il était impulsif aussi, caractère purement typique des Gryffondor, elle espérait que ça ne lui causerait pas trop de soucis. On voyait également qu'il tenait énormément à ses amis et la dispute entre Ron et Hermione l'avait beaucoup embêté, il n'aimait pas les voir se déchirer et elle comprenait parfaitement ce sentiment.

Vint finalement le temps pour les deux équipe de rejoindre le terrain de Quidditch et ils furent rapidement imité par leurs condisciples, qui commencèrent également à quitter la Grande Salle. Aria suivi rapidement le mouvement, elle devait se distraire alors quoi de mieux qu'un match de Quidditch ? Même si elle ne comprenait pas l'engouement des sorciers pour se sport, ça ne voulait pas dire qu'elle n'appréciait pas, avec Abygail, qui avait été membre de l'équipe de leur maison, elle avait était bien obligée d'apprendre à apprécier ce sport.

En chemin elle fut rejointe par Hermione et Ron, bien qu'ils soient toujours un peu en froid ils restaient ensemble pour soutenir Harry, Aria aimait cet état d'esprit.

- Professeur Wolf ! S'exclama Hermione en arrivant à ses côtés.

- Bonjour Hermione, bonjour Ron. Accueilli-t-elle gentiment.

- C'est rare de vous voir toute seule, nota Ron en lui rendant son salut avec Hermione.

- C'est vrai, le professeur Lupin n'est pas avec vous ? S'étonna la petite brune.

Devant l'hésitation de leur professeur d'astronomie les deux adolescents échangèrent un regard avant de reprendre.

- Vous vous êtes disputés ? S'enquit Hermione.

- Ce n'est… pas exactement ça. Soupira Aria.

Voyant les deux élèves prêts à lui dire qu'ils pouvaient peut-être l'aider elle reprit, coupant leur tentative.

- J'ai bien peur que ce soit des affaires d'adultes, les enfants. Sourit-elle tristement. Allons, ne vous occupez donc pas de moi ! Rit-elle, allez soutenir votre ami, il a plus besoin de vous que moi. Assura la jeune femme.

Les Gryffondor échangèrent un nouveau regard et acquiescèrent. Alors qu'ils allaient courir jusqu'au stade, Hermione se tourna une dernière fois vers son enseignante d'astronomie.

- J'espère que vous vous réconcilieraient vite, vous semblez vraiment bien ensemble d'habitude. Tout le monde a été étonné.

- Tout… tout le monde ? S'étonna Aria d'une voix étranglée.

La jeune fille n'ajouta rien, déjà loin quand Aria avait répliqué. La jeune femme, elle, resta figée au même endroit un moment, perdue dans ses pensées, étonnée des dires de la jeune fille, et ce jusqu'à ce que la voix amusée de Dumbledore retentisse à ses côtés, la faisant sursauter.

- C'est une très mauvaise habitude. Gronda-t-elle une fois remise de sa surprise.

Pour toute réponse l'homme lui offrit un regard malicieux et ils reprirent leur marche vers le stade de Quidditch.

- Aria, je ne vais pas te demander ce qu'il se passe avec Remus, mais sache que si tu souhaites en parler, tu peux toujours venir me voir. Assura gentiment le directeur.

- Tout le monde s'en est vraiment rendu compte alors ? Soupira-t-elle avec défaite.

- Il semblerait. S'amusa le vieil homme. Votre proximité a ajouté à Poudlard une sorte… d'étincelle et ça a beaucoup plu aux élèves, de même qu'aux autres professeurs.

La jeune femme jeta un œil à son parrain et remarqua que son regard était plein de malice et de sous-entendus. Ce n'était pas une chose inhabituelle venant de lui, mais bizarrement, cette fois, elle s'en sentit gênée, elle qui d'habitude le prenait avec amusement… Elle secoua la tête avec un soupir, elle préférait ne pas mettre de mots sur ce que sous entendait le directeur, oui, ça valait mieux pour elle.


Quand Aria entra dans le stade avec Dumbledore elle vit que le publique était particulièrement enthousiaste et ce fut d'autant plus bruyant quand les deux équipes adverses entrèrent sur le terrain. En s'installant dans les gradins réservés aux professeurs Aria fut agréablement surprise de voir à quel point les maisons, même celles qui ne jouaient pas, supportaient les équipes. D'ailleurs, les trois quarts de la foule arboraient des rosettes écarlates et agitaient des drapeaux de même couleur, ornés du lion de Gryffondor et de mots d'encouragement. Elle put notamment lire : ALLEZ GRYFFONDOR ! LA COUPE AUX LIONS !

Il y avait tout de même un net intérêt pour Gryffondor de la part des maisons mais Aria n'allait pas les blâmer, Serpentard était serpentard après tout. Ho elle n'avait rien contre cette maison en particulier, mais à choisir qui encourager, sa préférence allait nettement à l'ancienne maison de son frère jumeau. Et également celle de Remus, d'ailleurs. En parlant de lui, Aria regarda autour d'elle en espérant voir le professeur, celui-ci ne ratait jamais une occasion de voir l'équipe de son ancienne maison jouer, sauf si il était malade, comme ça avait été le cas en début d'année. Elle le repéra à l'opposé de sa position, celui-ci sembla également la remarquer et lui offrit un sourire. Aria lui rendit son geste, bien que son sourire soit surement plus triste qu'elle ne l'aurait voulu. Mais il y avait quelque chose dans son regard, elle ne savait pas quoi mais… il semblait… hésiter ? Non, ou pas seulement, il y avait autre chose, mais elle ne savait pas dire quoi. De l'inquiétude peut-être ? Elle ne l'en blâmerait pas en même temps, elle avait une mine affreuse depuis plusieurs jours alors ! Cela dit, lui aussi ne semblait pas au mieux de sa forme. Elle fut cependant coupée dans ses réflexions par le présentateur du match.

- Voici l'équipe de Gryffondor ! S'écria Lee Jordan, le commentateur du match. Potter, Bell, Johnson, Spinnet, Weasley et Weasley, et Dubois. Reconnue comme la meilleure équipe que Poudlard ait jamais eue depuis un bon nombre d'années...

Son commentaire ne fut cependant pas bien accueilli par les supporters de Serpentard, qui huèrent leur désaccord. Lee Jordan fit fi de leur réaction et présenta l'équipe de Serpentard, menée par le capitaine Flint. Suite à cela Madame Bibine demanda aux deux capitaines, soit Flint et Olivier Dubois, de se serrer la main et aux équipes d'enfourcher leurs balais. Puis elle lança le début du match.

Dès les premières secondes Gryffondor prit la tête du match, mais les Serpentards ne semblaient pas vouloir laisser faire et rapidement le match devint plus déloyal, enchainant les coups bas de la part de l'équipe verte. Aria était scandalisée de cette façon de jouer de la part des verts et argents, jamais elle n'avait vu un match pareil et visiblement McGonagall et un certain nombre d'autres professeurs semblaient du même avis.

Alors que Lee Jordan donnait à tous l'avis du plus grand nombre sur la façon de jouer de Serpentard, Aria gardait un œil sur Harry, qui tournait autour du terrain comme un oiseau de proie, talonné par Malfoy, bizarrement elle craignait le pire pour le moment où le vif d'or serait en vue. Elle eut d'ailleurs un sursaut de frayeur quand elle vit un cognard frôler par deux fois le jeune attrapeur de Gryffondor, intentionnellement bien sur.

Au bout d'un moment, même Madame Bibine sembla horrifiée de cette façon de jouer de la part de l'équipe verte.

- On n'attaque pas le Gardien tant que le Souafle ne se trouve pas dans la zone de tir ! Hurla-t-elle avec fureur aux serpentards responsables de l'attaque. Un penalty en faveur de Gryffondor !

Et soudain, comme Aria le craignait, le Vif d'or apparu et Harry donna une puissante accélération à son balai. Cependant, et à la surprise et l'indignation générale, Malfoy se jeta en avant et saisi l'extrémité du balai du jeune Potter. Et comme souhaité par le blondinet, le vif d'or en profita pour disparaitre.

- Penalty ! Penalty en faveur de Gryffondor ! Je n'ai jamais vu une telle façon de jouer ! Hurla Madame Bibine, encore plus furieuse si c'était possible.

- ESPÈCE DE SALE TRICHEUR ! S'exclama Lee Jordan en se tenant à distance du professeur McGonagall. ESPÈCE D'ABOMINABLE PETIT...

Mais le professeur McGonagall ne réagit même pas, trop occupée à brandir le poing en direction de Malefoy. Son chapeau était tombé et elle aussi hurlait avec colère. Bien que la situation soit ''critique'', Aria ne put retenir un sourire amusé, qu'elle tenta de cacher derrière sa main. Elle fut cependant heureuse qu'il y ait autant de bruit autour d'elle, car elle ne put bientôt plus retenir ses écarts de rires, bien qu'elle tente toujours de les cacher. Jamais elle n'avait vu le professeur McGonagall agir de cette façon et c'était plus que cocasse ! Ho ça, elle n'était pas prête de l'oublier ! Après un instant, elle essuya discrètement ses larmes de rire et se reconcentra sur le match, un fin sourire néanmoins toujours présent sur ses lèvres.

Le match se déroula encore quelques instants avant qu'après une magnifique exposition de la vitesse de l'Éclair de Feu, Harry ne remonte en chandelle, le point en l'air, refermé sur le vif d'or. Gryffondor avait gagné le match ainsi que la coupe de Quidditch. Aria, comme tout le stade, se leva pour applaudir, ils l'avaient bien mérité, ça n'avait pas été un match loyal et encore moins facile. C'était une belle victoire.


Dire qu'Aria n'avait pas espéré que Remus viendrait lui parler après le match serait un mensonge. Après le regard qu'ils s'étaient échangés au début du match elle avait pensé qu'il viendrait la voir, au moins pour discuter un peu, mais non, en fait il avait disparu peu de temps après la fin du match. Elle ne savait plus quoi penser, est-ce que, finalement, le problème viendrai d'elle ? Elle savait ce qu'elle avait vu lors de la dernière pleine lune, mais elle ne pouvait plus s'empêcher de douter, de se poser milles questions qui n'auraient peut-être jamais de réponses. La peur que Remus s'éloigne définitivement d'elle la tiraillait et bien qu'elle ait tenté de se reprendre, son état avait de nouveau chuté. Elle devait se rendre à l'évidence, ne pas nommer ce qu'elle ressentait ne pouvait pas la protéger, ne pouvait plus la protéger.

Pour la première fois depuis des années elle s'effondra en pleure sur son lit, ne pouvant refouler ses larmes. Quel que soit leur origine, frustration, douleur ou colère, elle ne pouvait plus les empêcher de sortir. Elle n'avait plus pleuré depuis le décès de sa famille, bien des années plus tôt. Ce n'était pas parce qu'elle ne le voulait plus, c'était parce que ce n'était plus nécessaire, elle avait pleuré sa famille de nombreux mois puis elle avait reprit sa vie avec l'aide d'Abygail et elle avait été heureuse, elle n'avait plus eut de raisons de pleurer, jusqu'à aujourd'hui.

Là, effondrée sur son lit, Orion et Gwynneth posés non loin d'elle à la regarder avec inquiétude, elle avait mal, son cœur lui faisait horriblement mal. Elle se sentait nauséeuse et tout son corps semblait s'être ligué contre elle. Sa tête la lançait atrocement, ses sanglots l'étouffaient et enflammaient ses poumons, ses soubresauts lui tiraillaient les épaules et le dos et toutes ses forces semblèrent l'avoir abandonnée. La maladie d'amour n'avait jamais aussi bien porté son nom.

Pourquoi ? Se répétait-elle comme une litanie sans fin avant de finalement sombrer dans un sommeil qui l'apaiserait quelques heures seulement… Elle avait espéré n'avoir jamais à vivre ça, mais la réalité était parfois bien cruelle.


Aria passa son week end alitée, endormie la plupart du temps, préférant s'abandonner au sommeil plutôt qu'à la douleur. Elle fut cependant soulagée que personne ne vienne la voir, surement sur le conseil d'Albus, elle ne voulait voir personne et n'était de toute façon pas en état de voir qui que ce soit.

Devoir se lever le lundi fut horrible, même si son cours n'avait lieu qu'en soirée. Elle avait l'horrible impression d'être passé sous un troupeau d'hippogriffe, ou d'éruptifs, à voir. Elle ne s'était plus sentie aussi mal depuis qu'Abby l'avait entrainée à une soirée un peu trop arrosée quelques années plus tôt. Dieu qu'elle avait mal à la tête ! Sans parler de ses muscles endoloris, de sa voix qui paraissait presque éteinte et de son teint pâle. Oui, elle faisait peur à voir. Elle essaya de s'arranger un peu et se résolu même à mettre un peu de fond de teint pour ne pas trop inquiéter son entourage et faire bonne figure. Elle tenta de sourire mais celui-ci fut d'une tristesse à faire pleurer les rochers. Elle secoua la tête avec un soupir, elle allait éviter ses collègues un certain temps, elle ne voulait pas les inquiéter plus que de raison et si on lui posait des questions, elle dirait qu'elle avait du travail à faire.

Les jours passèrent, où Aria tenta au mieux d'éviter ses collègues, ce ne fut cependant pas simple du tout. En effet, son premier cours de la semaine avait été une véritable catastrophe, déjà avec sa voix éteinte ça n'avait pas été simple mais en plus elle arrivait elle-même à s'embrouiller avec ses cours. Ça avait été un désastre, surtout que ses élèves avaient tout de suite vus que son entrain habituel avait fait ses valises. Rapidement les discutions dans les couloirs s'étaient tournés vers elle et son état et elle ne doutait pas une seconde que ses collègues en aient entendu parler. Non, elle n'était pas du tout une bonne comédienne, mais alors pas du tout. Elle avait finalement renoncé à aller se balader dans le château ou dans le parc et s'était recule dans ses appartements. De plus, la proximité avec la lune noire n'arrangeait rien à son état et elle se sentait encore plus mal. Elle qui avait toujours cru qu'il n'y avait pas pire qu'être malade en même temps que la lune noire, elle s'était bien fourvoyée. Il y avait pire, bien pire.

Aria n'avait cependant rien dit à Abygail, si elle l'avait fait, nul doute qu'elle serait allée voir Remus et qu'elle lui aurait hurlé sa façon de penser. Et Aria n'avait pas besoin de ça. Remus non plus d'ailleurs, ça n'arrangerait surement rien, ça rendrait peut-être même tout ça bien pire que ça ne l'était. Elle ne voulait même pas y penser. Elle lui en parlerait quand tout s'arrangerait, si ça s'arrangeait… Elle n'avait pas pour habitude d'être pessimiste, loin de là, mais son état et la lune noire aspirait toutes ses forces et, par extension, toute sa volonté.

Le jour de la lune noire son état était tel qu'elle ne put même pas sortir de son lit, fiévreuse et trempée de sueur. Mme Pomfresh était tout de même venue la voir et s'était horrifiée de son état. Cependant, voyant qu'elle ne pouvait rien faire de mieux, elle lui prescrits quelques potions, dont une potion de sommeil sans rêve, et la laissa se reposer. L'infirmière était très soucieuse de son état et Aria détestait ça, elle détestait inquiéter son entourage.

La lune noire passée, Aria reprit ses cours, cependant son état ne s'était pas amélioré, loin de là, si bien que le vendredi après midi son corps ne suivi plus le rythme et s'effondra. Ça avait commencé par des vertiges dans un couloir puis sa vision était devenue blanche puis noire, elle avait fait un malaise, tout son corps avait lâché et elle s'était effondrée sur le sol, inconsciente.