Attention : Harry Potter ne m'appartient pas.


En arrivant devant chez elle, Aria soupira de soulagement, enfin elle retrouvait sa maison, sa ''tanière'', comme elle aimait l'appeler. Aria n'aimait pas beaucoup transplaner, elle le faisait en cas de besoin mais si elle pouvait l'éviter, elle préférait utiliser les moyens ''normaux'' de transport. Aussi, après avoir quitté King's Cross, elle était montée dans le magicobus jusqu'au village le plus proche de chez elle, pour le reste, elle avait quand même dû transplaner. Normalement elle faisait le chemin à pied, mais cette fois elle était chargée et fatiguée par le voyage en train et en bus.

Sa maison n'avait pas changé depuis qu'elle l'avait quitté en août dernier, Abygail avait fait du bon travail, comme toujours. C'était habituellement elle qui s'occupait de l'entretien de la maison quand elle s'absentait longtemps, en contre partie elle pouvait se servir librement dans le potager qui était à l'arrière, entre autre chose. Il était seulement question de dépoussiérer et faire attention à la végétation, mais Aria était vraiment reconnaissante que son amie prenne le temps de lui rendre ce service, rien ne l'y obligeait après tout.

Qui plus est, ravie d'être enfin chez elle, Aria passa le portillon en bois qui la séparait de sa maison et marcha jusqu'au perron. Elle posa le carton qu'elle avait dans les mains sur le sol, le reste de ses affaires étant rétrécies dans sa valise, qui flottait tranquillement derrière elle, sortie ses clefs et poussa sa porte d'entrée. Elle entra à reculons, son carton dans les bras, laissa entrer sa valise à sa suite et la posa en bas des escaliers qui menaient à l'étage. Son carton dans les bras, Aria entra gaiment dans la pièce de vie, qui comprenait à la fois le salon, la cuisine et la salle à manger.

Soudain la jeune femme sursauta violement en voyant une masse noire en plein milieu de la pièce, la regardant avec curiosité. De surprise elle laissa tomber son carton, depuis lequel on entendit un bruit de verre brisé, et recula contre le mur derrière elle, une main sur le cœur.

La masse noire, qui se trouvait être un chien, un gros chien, qui lui semblait bien familier d'ailleurs, resta où elle était, mais se mit sur ses quatre pattes en penchant la tête sur le côté, la queue frétillante.

- Nom de… souffla Aria en passant une main dans ses cheveux. Tu m'as fait une peur bleue ! Gronda-t-elle finalement en se redressant. Mais qu'est-ce que tu fais là ?

La queue du chien frétilla d'avantage avant que l'animal ne prenne finalement forme humaine, révélant le bien connu Sirius Black, criminel hautement recherché de son état. L'homme semblait très amusé de la situation.

- Tu aurais dû voir ta tête… S'amusa-t-il.

Pour toute réponse Aria leva les yeux au ciel et quitta la sécurité relative de son mur pour s'avancer vers l'ex-prisonnier.

- Si le but était de me faire avoir une crise cardiaque, c'était presque gagné. Rétorqua-t-elle, néanmoins avec un sourire.

- Jamais, j'ai déjà le monde entier après moi, je ne tiens pas à rajouter un Lunard en colère à la liste ! Rit-il.

Aria rit à son tour, elle n'avait pas beaucoup eut l'occasion de discuter avec cet homme, mais de tout ce que lui avait dit Remus à son sujet, il semblait avoir retrouvé la malice qu'il avait adolescent. Elle aimait cette caractéristique, elle lui rappelait beaucoup son frère.

- Alors, reprit-elle en posant les mains sur les hanches, pourquoi es-tu là ? Et comment es-tu entré d'ailleurs ?

- Et bien, ces deux questions n'ont qu'une seule et même réponse, Dumbledore. Répondit-il.

- Dumbledore ?

- Quand il est venu me voir le soir où… où tout est arrivé, il avait dû savoir que j'allais être libéré parce qu'il m'a donné cette adresse, il m'a dit que j'y serais en sécurité et avec une personne qui avait sa confiance. Ta maison n'est pas facile à trouver d'ailleurs.

- C'était le but. Fit-elle en secouant une main devant elle. Tu ne savais pas que c'était chez moi ?

- Non, Dumbledore ne m'avait rien dit de plus, j'ai compris quand j'ai vu ton nom sur ta boite aux lettres.

- Je vois. Acquiesça-t-elle. Tout de même, il aurait pu m'en parler. Soupira-t-elle.

- Je comprends si ma présence te gène… Commença le fugitif avant d'être coupé par la jeune femme, qui lui sourit.

- Ne t'en fait pas. J'aurais simplement aimé être au courant, j'aurai demandé à Abygail de faire un lit supplémentaire et quelques courses.

- Abygail ?

- Mon amie d'enfance, j'ai été élevé par ses parents à la mort des miens lors de la dernière guerre. Expliqua-t-elle en lui désignant une chaise autour de la table de la salle à manger. J'ai toute confiance en elle.

L'homme s'installa docilement pendant qu'Aria ramassait son carton et se dirigeait vers la cuisine pour préparer du thé.

- Même si je suis recherché ? Reprit Black.

- Absolument, je pense que tu comprendras quand tu la rencontreras. J'ai l'impression que tu vas rester ici un certain temps alors je peux t'assurer que ça va arriver. C'est une personne tout à fait… particulière, à bien des égards. De ce que m'a dit Remus à ton sujet, vous avez à peu près le même caractère. Ça ne te gêne pas au moins ? Je peux t'assurer que tu ne crains rien avec elle.

- Je te crois. Si Dumbledore et Remus te font confiance, j'en fait de même. En parlant de Lunard d'ailleurs… Commença-t-il en laissant sa phrase en suspend.

Aria pausa sur la table quelques gâteaux pour le thé ainsi que deux tasses, du sucre et des cuillères.

- Il sera ici dans une dizaine de jours.

- Il va rester ici ? S'enquit Black. Vous vous fréquentez depuis plus longtemps que je le croyais. Admit-il.

La jeune femme hésita un instant, durant lequel elle en profita pour rapporter le thé, qu'elle versa prudemment dans les tasses.

- On est ensemble depuis le début du mois d'avril, à peu près, expliqua-t-elle en s'asseyant en face de son invité. Il ne va pas simplement rester ici, il va habiter ici. C'est un peu rapide, je sais, ajouta-t-elle en voyant la surprise sur le visage du sang pur, mais il y a une raison à cela.

Aria entreprit alors de tout raconter à l'ami de son compagnon. Elle lui parla longuement des lycans, de ce que ça impliquait, bon comme mauvais, et elle lui expliqua ce qu'impliquait le fait d'être en couple avec eux. Il sembla alors rapidement comprendre la raison de ce choix rapide qu'ils avaient fait de vivre ensemble. Quand elle eut fini il lui avoua être très heureux pour son ami, heureux qu'il ait trouvé une personne comme elle, et pas seulement parce qu'elle était une lycan. Aria l'en remercia et avoua penser qu'elle était celle qui avait de la chance. Pour toute réponse l'homme lui avait offert un clin d'œil amusé.

Une fois cette question réglée, ils parlèrent en détail du cas du fugitif. Il fut convenu qu'il resterait ici aussi longtemps qu'il le faudrait et que, une fois Remus arrivé, ils pourraient placer des sorts de protection plus puissants que ceux que possédaient déjà la maison, par sécurité. Cependant, l'éloignement de la maison était déjà un fort avantage, permettant à Sirius de profiter, au moins sous sa forme de chien, du domaine que possédait Aria, qu'elle avait hérité de sa famille. Le domaine comprenait une grande forêt, plus pratique pour les transformations en loup, ce qui était un avantage supplémentaire pour Sirius, qui serait à l'abri. Oui, Dumbledore avait bien fait de l'envoyer ici, c'était l'endroit idéal pour que le fugitif puisse se reposer tout en se cachant efficacement, et de façon sécurisée.

- Abygail est médicomage, expliqua-t-elle, elle devrait te remettre sur pied rapidement.

- D'accord, je te remercie, pour tout ce que tu fais.

- Il n'y a pas de problème, sourit gaiment Aria, j'aime aider ! Et tu es un ami de Remus.

L'homme sourit doucement, ce qui lui donnait meilleure mine de l'avis d'Aria, et au moins dix ans de moins, selon elle. Ils étaient sur la bonne voie.

- Je peux te poser une question ?

- Bien entendu. Acquiesça-t-elle.

- Pourquoi, le soir de notre première rencontre, tu m'as laissé m'échapper ?

La jeune femme s'enfonça dans son siège, cherchant ses mots.

- Tu n'avais pas les yeux d'un tueur, ni même l'aura, ça m'a fait douter de ta culpabilité, encore plus qu'avant.

- Encore plus ? S'étonna-t-il.

Elle acquiesça et reprit.

- Je n'ai jamais accordé beaucoup de crédit aux journaux. Commença-t-elle. Ce qui me fait toujours douter de leurs déclarations, même avec de bonnes sources, enfin, surtout si ces sources viennent du ministère. Au vu de ma condition, tu comprends que je préfère en rester éloignée.

Il hocha doucement la tête, attentif, et elle continua.

- Dumbledore est mon parrain, vois-tu. Rare sont ceux qui sont au courant, pour que je n'ai pas d'ennuis, quels qu'ils soient. Et lui-même doutait de ta culpabilité, mais faute de preuve il ne pouvait rien faire, sans parler du fait que tu n'ais même pas eu de procès… Qui plus est, tout ceci a contribué à te donner, à mes yeux, le bénéfice du doute. Et ce que j'ai vu dans tes yeux le soir de notre rencontre m'a encore plus faite douter. Ceci explique cela. Conclu-t-elle simplement avec un sourire.

- Tu es quelqu'un de bien, sourit Black après un instant de silence.

Aria lui répondit par un sourire touché et modeste, ne sachant quoi dire, et l'invita à faire le tour du propriétaire. Le rez-de-chaussée, en majeur partie composé de la pièce de vie et d'un cellier, fut rapidement présenté et le duo passa à l'étage. Celui-ci était composé d'un long couloir principal, dont le sol était en bois, recouvert d'un doux tapis pourpre, et tapissé de beige. Afin de faire un peu de lumière une fenêtre était placée à chaque extrémité. La première porte, en face de l'escalier, menait à la chambre du frère d'Aria, où allait dormir Sirius. La pièce était très lumineuse et aux teintes bleues ciel et blanches. Deux murs étaient azur clair et les deux autres étaient blancs. Dans le coin gauche de la chambre, contre le mur où se trouvait la porte d'entrée, se trouvait un grand lit deux places aux draps océans. À côté de celui-ci se trouvait une petite table de chevet et encore à côté un bureau en bois clair. En face se trouvait une commode en bois, sur laquelle se trouvait une cage à oiseau vide, et à côté se trouvait une bibliothèque sommaire, mélangeant titres musicaux, livres et divers autres objets de toutes sortes.

Enfin, sur les murs se trouvaient des posters de quelques équipes de Quidditch, l'écharpe de Gryffondor ainsi que son drapeau, avec son emblème.

- Je n'y ai jamais touché, je ne pouvais pas, je ne suis même pas sur de le pouvoir maintenant, mais ça fait une excellente chambre d'ami. Assura-t-elle en voyant l'homme prêt à lui dire qu'il pouvait dormir ailleurs. Et puis, mon frère n'aurait pas aimé que je laisse cet endroit inhabité.

- Merci. Acquiesça Sirius en faisant le tour de la pièce. Alors ton frère, jumeau c'est ça ?, était un Gryffondor. Étonnant, je pensais que les jumeaux étaient toujours envoyés dans les mêmes maisons.

- C'est exact. Mais oui, en général c'est le cas, mais il faut avouer qu'on avait des caractères très différents. Opposés en fait. Mais ça nous rendaient encore plus proches en fait.

- Vous vous complétiez. Réalisa le fugitif.

- Oui. Sourit-elle. Je t'apporterai des vêtements propres et je ferai un peu de place dans la commode. Dit-elle.

- Ne t'embête pas, je le ferai. Tu fais déjà tellement pour moi, je peux bien ranger mes affaires.

- D'accord, sourit-elle gentiment, tu n'auras qu'à me donner les affaires que tu auras déplacées pour que je les range ailleurs.

L'homme acquiesça docilement et la suivi pour finir la visite de la maison. L'étage comportait quatre autres pièces, et des toilettes, séparées. La salle de bain, à côté de la chambre de Thomas, était spacieuse et lumineuse, principalement faite de bois, donnant une agréable impression de sérénité. Il y avait deux lavabos, une douche dans un coin et une baignoire, ainsi qu'une commode et un sèche serviette. En face de la salle de bain se trouvait un bureau qui faisait également office de bibliothèque. Au centre de la pièce se trouvait un grand bureau de bois foncé, que Sirius devina appartenir au défunt père d'Aria, placé dos à la seule fenêtre de la pièce, qui était encadrée de lourds rideaux pourpres. Devant le bureau, perpendiculairement, se trouvait deux canapés rouges, entre lesquelles se trouvait une table basse en bois. Enfin, tous les murs, sans exception, étaient emplis de livres divers. Au moins, avait pensé Sirius, il aurait de l'occupation si Aria ne le mettait pas à contribution.

A côté de la bibliothèque, presque au bout du couloir, se trouvait la chambre des parents d'Aria. Elle n'y avait rien bougé non plus et Sirius y reconnu un chambre typiquement parentale, sans fioriture, simple mais agréable, aux couleurs claires mais accueillantes. Enfin, en face se trouvait la chambre d'Aria. Contrairement aux autres chambres, celle-ci avait évoluée avec sa propriétaire. Il n'y avait rien d'enfantin ou de typiquement adolescent dans cette pièce, si ce n'est quelques petits dessins de canidés gravés dans le bois du bureau qui se trouvait au fond à gauche de la pièce, face à un grand lit double, dont le baldaquin était fait de troncs brutes de bouleaux, ce qui donnait un genre forestier tout à fait agréable, cela ajouté aux doux tons verts clairs des draps. De chaque côté du lit, qui était parallèle à la porte, se trouvait des tables de chevet en bois clair, sur lesquelles se trouvait de petites lampes et un vase vide, sur la gauche. Sur le mur opposé à l'entré se trouvait une grande fenêtre entourée de fins rideaux blancs et verts clairs, donnant une tranquille impression de douceur, à l'image de la propriétaire des lieux. Sur la gauche de la fenêtre se trouvait une commode, sur laquelle se trouvaient un petit coussin orangé et un pot avec un bonzaï et une petite fontaine d'intérieur, faite de pierres plates. Enfin, sur la gauche, contre le mur où se trouvait la porte, se trouvait une grande bibliothèque ainsi qu'une porte de penderie en bois, peinte en blanc, pour se fondre avec les murs. La pièce était munie de deux fenêtres, l'une près du lit et la seconde face au bureau, ce qui la rendait plus lumineuse encore. À bien y repenser, c'était également comme cela dans la chambre parentale.

Avant de quitter la chambre, qui reflétait parfaitement le caractère tranquille et accueillant de sa propriétaire, Black nota qu'une carte magique du ciel étoilé décorait le plafond.

En tout et pour tout, Sirius Black trouvait cette maison tout à fait agréable, tout comme ses propriétaires l'étaient et avaient dû l'être. C'était une belle maison, il aurait aimé vivre dans un endroit aussi chaleureux étant enfant, sa maison familiale était loin d'être aussi accueillante, elle était même tout le contraire.

Aria termina par un bref aperçu du jardin, celui-ci, accessible par la porte qui se trouvait dans la pièce de vie, étant assez vaste. Quand on était dos à la maison, sur la gauche, se trouvait un petit potager, sur la droite, en revanche, se trouvait une petite marre avec des nénuphars. En face, enfin, se trouvait une vaste plaine, qui se terminait quelques mètres plus loin, coupée par l'entrée de la forêt, qui recouvrait une grande partie du domaine. Aria promit de lui en montrer les limites lors de la prochaine pleine lune, qu'ils passeraient tous ensembles, Remus, Aria et lui, et peut-être Abygail, qui était, tout comme lui, un animagus, un faucon crécelle plus précisément.

- Bien, voilà, conclu Aria quand ils revinrent au salon, tu es ici chez toi à présent, met toi à l'aise ! Sourit-elle. Je vais écrire à Remus, qu'il ne soit pas étonné de te trouver là, sauf si tu veux lui faire la surprise ?

Le fugitif se fit pensif un instant puis secoua la tête.

- C'est bon, prévient le, il va avoir une attaque sinon ! Plaisanta-t-il.

- Entendu. Rit doucement Aria. Va donc profiter de la salle de bain, ça te fera le plus grand bien après tout ce temps à parcourir l'Angleterre, rien de tel que l'eau chaude pour se détendre !

- C'est bien vrai ! Sourit-il.

- Je mettrais des affaires propres devant la porte. Prend ton temps. Assura-t-elle.

- Merci. Merci beaucoup Aria, pour tout.

- Je t'en prie, ça me fait plaisir. Sourit-elle gaiment avant de disparaitre dans l'escalier.

Le fugitif resta un moment planté au milieu de la pièce de vie. Il était à la fois hagard et profondément soulagé, heureux, que sa fuite ait enfin cessée. Il lui faudrait un peu de temps avant qu'il retrouve un semblant de sommeil et de détente, mais quelque chose lui disait qu'avec Aria et Remus à proximité, il y arriverait. Le sourire aux lèvres, il monta les escaliers et alla s'enfermer dans la salle de bain, il était temps d'être présentable auprès de son hôte, si généreuse et bienveillante. Et il fallait le dire, la douche lui avait rudement manqué !