Message de l'auteur :
Merci beaucoup pour vos l'intérêt que certains portent à cette histoire ! Je dois dire que je débute dans le partage de ces récits et je m'étonne du nombre de gens qui lisent ceci ! Si vous avez des questions, des remarques où des suggestions, n'hésitez pas ! Merci à vous !
Un jour de pluie, à Hollyhead, en mai 2002.
Cela faisait maintenant une demi-heure que la pluie avait commencé à tomber. Le ciel s'assombrissait de plus en plus. L'orage semblait avancer. Au loin on pouvait déjà voir des éclairs qui déchiraient le ciel. Le vent lui aussi commençait à s'immiscer dans la partie. Il ne servirait plus à rien de s'entraîner autant si une de ces joueuses se faisait électrocuter. Gwenog Jones, capitaine des Harpies de Hollyhead dû admettre sa défaire face aux éléments. Elle prit un sifflet qui pendait à son cou et souffla dans l'objet trois coups secs.
-« Bon allez les filles ! On s'arrête pour aujourd'hui ! À la douche ! C'était pas mal, mais attention, vous commettez trop d'erreurs d'étourderies. Elena ! Fais attention au souaffle bon dieu, c'est pas une motte de beurre, agrippe le. Et toi Gabrielle, ne rigole pas ! Y a deux trois cognards qui auraient mérité une belle trempée.».
Les harpies de Hollyhead s'étaient bien entrainées ce jour-là. Elle regardait ses joueuses rentrer le matériel et se poser sur la pelouse. Cependant, sa poursuiveuse favorite semblait trainer des pieds. C'est vrai qu'elle avait commis quelques petites erreurs, mais dénotaient avec son habitude. Elle qui était pourtant la plus rigoureuse du groupe avait laissé échapper le souaffle trop de fois.
-« Ginny ! Attends, moi, on doit parler ». La rousse se retourna et acquiesça. « Enfin, on va prendre une douche puis on se retrouve dans la cafétéria dans 15min ». Gwenog fila au vestiaire. Ginny elle, s'attarda et regarda un peu le ciel l'air rêveuse. Elle se demandait s'il se pouvait qu'au même moment, un jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux verts contemplait le même ciel. Elle chassa ses pensées d'un revers de la main. Elle devait se dépêcher. Si elle était en retard au débrief, Gwenog lui en ferait voir de toutes les couleurs.
Un rapide quart d'heure plus tard, Ginny sortit du vestiaire, habillée et légèrement maquillée. Ses traits étaient tendus. La fatigue ? L'inquiétude ? Tout cela à la fois sans doute. La sortie des vestiaires donnait sur un chemin qui traversait l'ensemble du complexe du club. Elle devait l'emprunter pour rejoindre la cafétéria qui se trouvait 500m plus loin, dans le bâtiment principal. Elle emprunta donc le sentier à pas de course, l'orage grondait. Après quelques minutes d'efforts, elle vit le grand édifice qui abritait la cafétéria, mais aussi les dortoirs, le secteur administratif et médical. Ginny poussa une porte et se trouva au sec. La température de la pièce était nettement plus élevée que l'extérieur, même si le mois de mai venait de commencer. Ginny enleva donc sa cape de pluie, ne gardant que le survêtement, à la mode sorcière bien entendu, au couleur des harpies. La cafétéria était une grande salle, spacieuse et lumineuse. Un coin abritait le buffet que les elfes venaient remplir à toute heure. Des tables de différentes tailles composées le reste du mobilier. A l'une d'elle, sa capitaine l'attendait avec deux cafés fumants.
-« Tiens Gingin, c'est un sans sucre. Faut toujours faire attention à sa ligne. » Gwenog lui tendit une tasse que Ginny prit. La capitaine des harpies la fixait du regard. « Bon tu vas me dire ce qu'il se passe ? Je sais je sais, t'as pas fait un mauvais entrainement, mais je vois que t'es préoccupée. Et j'ai besoin d'une poursuive à 100% pour la coupe de la Ligue. »
-« Je t'assure Gwen, ça va, ça doit être le temps ». Quelle piètre menteuse je fais se dit Ginny. Quand Gwenog lui avait dit ce qu'il n'allait pas, Ginny avait immédiatement rougie. C'est vrai qu'elle avait été distraite tout au long de la semaine. Cela ferait trois ans demain que la bataille de Poudlard avait eu lieu. Trois longues années.
-« Ne me mens pas Gingin, je peux lire en toi comme dans un livre tu sais ? C'est un peu l'inconvénient avec les roux, vos émotions sont si visibles ! Regarde, tu es aussi rouge qu'une écharpe de Gryffondor au soleil ! »
Ginny détestait quand Gwenog l'appelait Gingin. Elle le savait, elle en jouait. Déjà car cela l'amusait beaucoup de voir le regard outré de la jeune Weasley. C'était d'ailleurs la plus jeune du groupe, mais ce n'était pas la moins agressive, oh que non. Sur un terrain, c'était une véritable harpie. Le contraste entre ce surnom niais et son attitude en vol lui plaisait bien. Enfin, car c'était sa belle-sœur. Depuis peu, Gwenog Jones sortait avec Charlie Weasley. A force de faire les déplacements pour voir sa petite sœur jouer, Charlie et Gwenog avaient fait connaissance. D'un tempérament similaire, les deux jeunes gens s'étaient plutôt vite entendus. Cependant la capitaine était d'une discrétion sans pareille sur sa vie privée, ainsi Ginny tomba des nues lorsqu'elle vit son frère accompagné de sa camarade pour le repas dominical au Terrier. La famille Weasley fut enchantée de cette nouvelle relation. Franche et attentionnée Gwenog semblait bien plus « consistante » comme le disait Ginny, que les anciennes relations de Charlie. Cette relation avait créé des liens entre Gwenog et Ginny. Même si les deux ne voulaient pas que cela se voit trop au sein de l'équipe, pour éviter des commérages, elles avaient appris à mieux se connaître. Et les deux filles s'appréciaient réellement. Si Hermione était toujours très importante aux yeux de la benjamine Weasley, son poste au Ministère de la magie et ses fiançailles imminentes avec Ron l'occupait beaucoup. Après la bataille et la Guerre, Hermione avait passé ses ASPICS et avait obtenu les meilleurs résultats de l'école après Dumbledore. Kingsley Shackelbot, alors Ministre de la Magie lui avait proposé un poste de secrétaire d'Etat à la Justice. Hermione se donnait à fond dans son boulot, elle voulait changer les choses.
-« Bah tu sais Gwen, demain ça fera trois ans…. Trois ans que deux des hommes les plus importants de ma vie s'en sont allés. Harry et Fred… ». Ginny sentit sa gorge se serrer. Tous les ans, au début de mai, elle sentait le spleen revenir en elle. Des émotions refaisaient surface. Et si la période était toujours émouvante pour les Weasley, le souvenir de Fred planant toujours, Ginny ne pouvait s'empêcher de penser à Harry. Personne ne savait ce qui était advenu de celui Qui-a-vaincu. Certains le disaient mort. Ginny ne pouvait s'y résoudre. Mais si ce dernier était en vie, pourquoi s'en était-il allé ? Il est de notoriété publique, du moins auprès de ses amis, qu'Harry ressentait souvent de la culpabilité. Se sentait-il coupable de la mort de Fred, Tonks, Remus, Sirius et des autres ? Ginny s'était souvent posé la question les premiers mois. En tout cas l'opinion publique vouait une certaine admiration à Harry. En effet, Hermione et Ron n'avaient jamais parlé des horcruxes. Pour le publique, la défaite de Voldemort était due à son duel avec Harry, ou se dernier avait triomphé par un simple expelliarmus. Cela devait, dans la conscience collective, signifier que le Survivant avait dépassé Voldemort en termes de puissance magique. En son absence, les autorités lui avaient décerné le titre de « Héro de l'Union Sorcière », un ordre de Merlin Troisième classe et fait chevalier de l'Ordre de Dumbledore. Cependant, cela faisait trois ans qu'Harry Potter était absent. Trois longues années pour Ginny, et si elle avait essayé de l'oublier, aucune de ses conquêtes ne pouvaient remplacer les cheveux noirs de jais et les yeux verts d'Harry.
-« Je comprends, Ginny, moi aussi j'ai un coup de blues à cette période. Mais tu sais faut tourner la page… S'ils sont morts, c'est pour que nous puissions vivre et… »
-« Harry n'est pas mort. Je le sais, ce n'est pas possible ».
-« Ca, j'en sais rien Gingin. Bref, il n'est plus là. Je sais que tu l'aimes toujours ça se voit. Cependant, tu ne peux vivre dans le passé comme ça… C'est vraiment pas bon. »
-« Je sais bien, mais que veux tu… Nous étions faits l'un pour l'autre. On se comprenait sans avoir besoin de se parler. Et quand je l'ai vu dans les bras d'Hagrid… mon cœur a cessé de battre… Mais ce qui fait le plus mal, c'est son départ. Je pensais qu'il m'aimait. J'avais tort. J'ai essayé de l'oublier mais personne n'arrive à sa cheville… »
Gwenog observait sa poursuiveuse. Elle était vraiment affectée par ce qu'elle disait, ça se voyait. Elle savait qu'Harry et elle avait partagé des choses. Mais elle n'avait jamais compris la teneur de leur relation. Il faut savoir que c'était un sujet tabou au Terrier, et à plus grande mesure dans l'entourage des Weasley. Ce jour-là, Molly et Arthur perdirent deux fils. Fred, leur véritable fils, et Harry, leur fils adoptif. Ce jeune avait sauvé Arthur et Ron. Il avait aidé les jumeaux à se lancer dans la vie… Il avait fait tellement pour eux. Son départ conjugué à celui de Fred avait mis un coup de massue aux Weasley. Cela avait été long et douloureux, mais ils s'en étaient remis. Du moins, en surface. Gwenog voyait des fois au Terrier des sourires qui semblaient forcés. Des conversations qui n'étaient trop chaleureuses pour être réelles… Les Weasley avaient tourné la page, en apparence. Hermione, Arthur et Percy travaillaient au Ministère. La reconstruction avait été lente et périlleuse. Il avait fallu restructurer le Ministère, et cela ne s'était pas fait un jour. Ron et Georges avaient réouvert les Sorciers Facétieux. Cela aussi avait été compliqué à réaliser. Georges avait longtemps refusé de remettre les pieds dans un endroit où il avait autant de souvenirs. Encore aujourd'hui on sentait qu'il n'était que l'ombre de lui-même. Cependant, Ron avait bien insisté sur le fait que cette boutique avait été le rêve de Fred, et que la maintenir en vie, c'était aussi garder en vie le souvenir de Fred. Georges avait cédé face à cet argument.
La capitaine des harpies ne sut pas quoi dire pour réconforter Ginny. Alors, comme une sœur le ferait, elle la prit dans ses bras. Ginny se laissa aller à verser quelques larmes. Cette proximité fit du bien à la jeune Weasley. Cela faisait un moment quelle ne s'était pas livrée comme cela. Il faut dire que depuis quelques temps elle essayait de refouler ces souvenirs au plus profond d'elle. Seulement, tout dans sa vie lui rappelait Harry. Ce prénom avait été donné à tour de bras aux nouveaux nés de cette période. Elle ne pouvait pas se balader sur le chemin de Traverse sans entendre un « Harry ! » prononcé. Et a chaque fois c'était la même chose. Son cœur manquait un battement. Elle espérait secrètement qu'un jour, il se teindrait là sur le Chemin de Traverse et que cet « Harry », prononcé par une mère, lui serait destiné.
-« Ecoutes Ginny, la coupe de la Ligue ne commence qu'en septembre, tu devrais te prendre une semaine ou deux. Je préfère que tu reviennes à 100% ma grande. Je veux que tu prennes soin de toi ! »
Ginny la remercia, et elle dit que c'était probablement une bonne idée. Elle irait se poser un peu au Terrier. A vrai dire, Ginny n'avait pas encore d'appartement à elle. Etant à Hollyhead la majeure partie du temps, elle proclamait à qui voulait l'entendre que ce n'était qu'une perte d'argent. Toutefois, Hermione savait qu'elle voulait éviter de se retrouver seule. Cela ne lui rappelait que trop sa fuite de Poudlard chez la tante Muriel. Et qui pouvait l'en blâmer ? De plus, Ginny voulait éviter la presse. Son lien avec le Survivant et ses performances sportives l'avaient rendu véritablement célèbre. Ginny était une femme très courtisée. La pratique assidue du quidditch avait magnifié ses courbes. De plus, elle prenait de plus en plus soin de son apparence, ce qui contemptait largement son fan club masculin. On ne l'avait pourtant jamais vu longtemps avec le même homme. Impossible donc de statuer sur sa vie sentimentale. Elle disait en interview qu'elle préférait se concentrer sur sa carrière naissante, et que la perspective d'une sélection nationale la motivait plus qu'un fiancé. Pourtant au fond d'elle, c'est une fameuse cicatrice en forme d'éclair qui lui donnait la force de se lever tous les matins. Les deux femmes se séparèrent et Ginny partit faire sa valise pour rentrer le soir même au Terrier. Elle envoya d'ailleurs un hibou à son père pour la prévenir. Cela lui ferait sûrement du bien de passer un peu de temps en famille. Les jours prochains allaient être rudes.
Dans un couloir sombre, quelque part dans ce vaste monde
-« Tu es sûr que c'est bien ici Lucius ? » Dis une voix rauque avec un fort accent des pays de l'Est.
-« Oui j'en suis certain ! J'ai suivi à la lettre le plan de mon contact du Ministère. Cela ne peut être qu'ici voyons. Vous avez bien ce que je vous ai donné hein ? Il ne s'agirait pas de tout faire rater maintenant. »
-« Oui, oui ne t'inquiète pas. Crois-tu vraiment qu'une telle chose peut s'oublier, espèce de nigaud ! » La voix venait d'une femme.
-« La ferme, on va se faire repérer par la patrouille. Selon mon contact, il y a une relève dans trois minutes. »
Un groupe de 7 personnes progressait dans un couloir sombre, mal odorant et vétuste. Les visages de chacun n'étaient pas visibles. Ils étaient cependant habillés avec des loques. L'homme qui marchait devant s'arrêta devant un pan de mur plus clair que les autres. Il tâta les briques. Il se retourna vers le reste du groupe.
-« A mon signal on pousse tous sur cette brique-là ! C'est ici j'en suis sûr ! ». Une brique dépassait effectivement, de manière ostentatoire.
Le groupe se mit en position, chacun s'arc boutant, se préparant à un effort certain, malgré leur fatigue manifeste. Après un décompte, ils poussèrent tous contre le pan du tunnel, et dans un crac sonore, le mur s'écroula. Une lumière vive et crue remplie le tunnel. Ils mirent tous leur main devant leurs yeux. Cela faisait un moment qu'aucun d'eux n'avaient vu le soleil. Sentait le frais souffler sur leur visage, ils sourirent, leurs chicots pourris contrastant avec le ciel bleu et le soleil resplendissant. L'homme à la tête de cette compagnie enjamba les débris du mur et s'engagea sur une pente.
-« Mon contact à placé une barque là, derrière ce gros rocher en forme de coquillage. Mesdames et Messieurs, voici le vaisseau de notre liberté ! »
Ils devaient se dépêcher. Ils n'avaient que peu de temps avant que les aurors ne remarquent qu'une évasion venaient d'avoir lieu à Azkaban. Et les prisonniers qui venaient de quitter le pénitencier n'étaient pas des vendeurs à la sauvette, loin de là….
