Attention: Harry Potter ne m'appartient pas.


La neige n'avait pas tardé à tomber au Pays de Galles et la plupart des habitants de la ''Tanière'' ne s'étaient pas fait prier pour en profiter. Ainsi, dès les premières neiges, des bonhommes de neiges n'avaient pas tardés à fleurir ci et là dans le jardin. Au début il avait été décidé d'en profiter de façon plus tranquille, l'admirant à travers les fenêtres de la maison, chaude et accueillante. Puis, suite à une énième chamaillerie entre Abygail et Sirius, tous deux avaient commencé le concours de celui qui ferait le plus de bonhommes de neiges. Amusée, Aria avait ajouté une règle, que les bonhommes devaient tous êtres différents et originaux. Visiblement emballés par l'idée, tous deux s'étaient lancés dans une lutte acharnée pour faire les plus beaux bonhommes de neiges. Remus, lui, riait sous cape, il se doutait qu'Aria l'avait fait exprès, pour qu'ils soient tellement épuisés quand ils en auraient terminé qu'ils cesseraient de se battre, et puis, si ça pouvait les rapprocher, c'était encore mieux !

Après un moment, quand Aria était venue sonner un temps mort, elle avait été attaquée par une boule de neige traitresse. Immédiatement, elle tourna un regard indigné à Abygail, qui lui offrit le sourire le moins innocent du monde. Ainsi, commença une nouvelle bataille, auquel Remus fut contraint de participer, poussé par Sirius. Parfois, il se demandait vraiment quel âge ils avaient.


Vint finalement le soir de Noël, qui n'était heureusement pas traversé par la pleine lune cette année. Pour l'occasion tout le monde avait mit la main à la patte, certes Harry et ses amis ne viendraient que pour Nouvel An, mais ça ne signifiait pas qu'il fallait délaisser le repas de Noël, en tout cas Sirius avait affirmé qu'il en avait trop rêvé depuis des années pour ça.

La soirée fut festive et enjouée et quand minuit sonna, les cadeaux furent distribués. Ils étaient tous divers et variés, allant du simple, comme des vêtements ou des livres, au plus original, comme une lotion d'anti-puces d'Abygail pour Sirius, par exemple. Cela avait d'ailleurs engendré une nouvelle chicane entre eux, mais il était plus question de taquineries que de véritable dispute, c'était d'ailleurs bien souvent le cas. Remus et Aria s'échangèrent un regard amusé, leurs amis ne changeraient surement jamais.

- J'aurais un autre cadeau pour toi, murmura doucement le loup garou à sa compagne, mais tu devras attendre qu'on soit seuls tous les deux.

Un peu étonnée, elle leva les yeux sur son compagnon, qui se contenta de lui sourire avant de rejoindre Sirius. Elle aurait voulu le questionner d'avantage, mais elle se doutait qu'elle n'obtiendrait aucune réponse de sa part. Cela étant dit, Sirius semblait dans la confidence, au vu de ses regards amusés qu'il leur lançait. Aria fronça les sourcils, que pouvait bien lui avoir préparé son compagnon ?


Le reste de la soirée se déroula dans la même ambiance joyeuse et agitée, et ce jusque tard dans la nuit. Malgré sa fatigue, Aria n'avait pas oublié ce que lui avait dit son compagnon et était devenue de plus en plus pensive au fur et à mesure que les heures passaient. Elle n'arrivait pas à déterminer que ce son compagnon lui avait préparé, cependant, le fait que Sirius soit au courant avait écarté plusieurs possibilités.

A quelques heures du lever du jour, le couple décida finalement d'aller se coucher, laissant Sirius et Abygail en bas, tombés ivres morts sur le canapé.

Alors qu'Aria se préparait à se coucher, pensant que son compagnon ne lui parlerait de son second cadeau que le lendemain, elle sentit ses bras l'entourer par derrière et son visage se placer contre son cou. Elle termina de boutonner la chemise de Remus qui lui servait de pyjama et posa doucement ses mains sur les siennes. Était-ce ça qu'il voulait ? Elle y avait d'abord pensé, mais comme Sirius était dans la confidence, elle avait écarté l'idée, Remus ne lui parlerait jamais de leur vie sexuelle. Mais elle doutait à présent, elle devait cependant avouer qu'il choisissait assez mal son moment, elle était horriblement fatiguée et qu'elle soit toujours éveillée aussi tard, alors que la lune noire n'était passée que depuis quelques jours, était déjà assez exceptionnel en soi. Elle avait beaucoup prit sur elle pour tenir jusque là, elle devait l'admettre.

Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il desserra un peu son étreinte en se redressant et la fit se tourner vers lui. Sans un mot il posa son front contre le sien avant de s'écarter à nouveau, plongeant dans ses yeux un regard sérieux et hésitant. Un peu étonnée, elle prit son visage en coupe entre ses mains et caressa doucement sa joue gauche de son pouce.

- Qu'est-ce qu'il y a ? S'enquit-elle doucement.

- Je… Je voulais te dire quelque chose, en fait, te demander quelque chose serait plus correct. Dit-il en écartant ses mains de son visage tout en les gardant entrelacées entre les siennes.

- Je t'écoute. Assura-t-elle gentiment.

Elle le vit prendre une inspiration avant d'hésiter, cherchant visiblement ses mots.

- Tu sais qu'avant qu'on se mette ensemble, j'ai beaucoup réfléchi aux conséquences, à ce que signifiait et signifierait notre couple, ce qu'il impliquerait, pour nous deux.

- Oui… Fit-elle les sourcils froncés, sérieuse, quelque peu inquiète pour la suite.

- J'ai eu du mal à prendre ma décision pour ce que je vais te dire et je t'avoue que Sirius m'a beaucoup aidé… Continua-t-il, de plus en plus hésitant. Et donc… je me suis dit que… que vu que l'on va passer notre vie ensemble, ça serait bien de faire les choses correctement.

Aria s'écarta légèrement, surprise, mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, elle vit son compagnon sortir un petit écrin noir de la poche de sa veste avant qu'il ne lui en dévoile le contenu. L'anneau à l'intérieur était simple mais élégant, de couleur argenté et sertit sur une unique face de petites pierres blanches argentées.

- Épouse-moi, Aria.

La jeune femme resta un instant muette de stupéfaction. Pour elle, le mariage n'avait jamais eu d'importance particulière. Chez les lycans, on était considérés comme mariés dès qu'on se mettait en couple, en fait, avoir un compagnon équivalait à se marier. Bien sur, avec le temps, et ce qu'il leur était arrivé, les lycans avaient commencé à se marier, pour mieux se fondre parmi les humains, mais à leurs yeux ça n'avait pas la valeur que ça avait pour les humains. Quand elle avait débuté sa relation avec Remus, leur lien lui était devenu si évident qu'elle n'y avait plus pensé. Elle n'avait plus songé au fait que son compagnon n'était pas un lycan, qu'il devait penser différemment à ce sujet. Il lui était si facile d'oublier que les lycans avaient des valeurs parfois différentes des humains… Cela dit, en croisant son regard, et par au vu de ce qu'il venait de dire, concernant sa prise en compte des conséquences de leur relation, elle se douta qu'il avait déjà tout prévu. Elle sourit doucement, cet homme était incroyable.

- Oui. Répondit-elle avec émotion en se jetant sur son compagnon pour l'enlacer.

Bien qu'également surpris, pensant qu'elle lui poserait plus de questions ou qu'elle aurait quelque chose à redire, le loup-garou lui rendit amoureusement son étreinte. Il remerciait sincèrement Sirius, il avait effacé ses doutes concernant la condition d'Aria et ce qu'elle pourrait penser du mariage. C'était peut-être égoïste de sa part, mais il voulait qu'elle porte son nom, qu'il puisse l'appeler avec bonheur, fierté, sa femme. Pas que la situation actuelle ne lui convenait pas, loin de là, mais il avait toujours cru qu'il ne connaitrait jamais ni l'amour, ni le mariage. Mais Aria était arrivée et sa vie avait prit un tournant inespéré, le laissant plein d'espoir pour l'avenir. Oui, pour la première fois de sa vie, il s'était permit d'espérer. Enfin il connaissait l'amour, sentiment qu'il avait toujours profondément enfoui en lui à cause de sa condition. Aria était son espoir, son soleil, elle lui avait offert bien plus qu'elle ne pouvait le croire.

De plus, le mariage était d'autant plus important pour lui qu'il avait souhaité lui offrir cette bague, celle de sa mère. Il n'avait jamais pu se résoudre à la vendre, même dans les pires moments de sa vie, même si il pensait qu'il ne pourrait jamais l'offrir à une femme, comme sa mère l'avait tant souhaité. Elle lui avait dit de la donner à sa future femme, elle croyait dur comme fer qu'un jour il y en aurait une, qu'il ne devait pas cesser d'espérer. Au début, il n'avait fait qu'acquiescer à ses paroles sans trop y croire, mais aujourd'hui, il constatait qu'elle avait eu raison d'y croire. Bien sur, elle ne pouvait pas savoir ce qu'il allait se passer, mais elle n'avait pas cessé d'espérer, pour lui. Sa mère était vraiment quelqu'un d'exceptionnel, et il aurait vraiment voulu lui présenter Aria, lui dire qu'elle avait eu raison depuis le début. Nul doute qu'elle aurait été heureuse.

- Au printemps prochain. Déclara soudainement Aria en s'écartant légèrement de lui, l'impatience brillant dans ses yeux.

- Quoi ?

- Marions nous au printemps prochain ! Répéta-t-elle vivement, un large sourire aux lèvres. Ça fera un an que nous aurons commencé à nous fréquenter, c'est la date parfaite ! Assura-t-elle. Oui, marions nous ici au printemps prochain !

- Tu es sure ? Ici ? Tu sais qu'avec la présence de Sirius tu ne pourras pas inviter n'importe qui…

- Je sais. Coupa-t-elle. Peu importe, c'est ma maison de famille, ici, mes parents, mes grands parents… tous se sont mariés ici, je suis même née dans cette maison ! Je ne veux pas d'un autre endroit. Et il est hors de question de se marier sans Sirius, c'est ton ami et maintenant le mien aussi, alors il n'y a qu'ici que ça peut se faire. Pour le reste, si j'ai Abygail et Albus, je serais heureuse.

Après un instant de silence, le loup garou enlaça à nouveau sa compagne, accompagnant son geste d'un baisé amoureux.

- Tu es vraiment une femme formidable. Je t'aime, Aria.

- Moi aussi, répondit-elle avec émotion, je t'aime, Remus.


L'annonce des fiançailles d'Aria et Remus fut accueillie avec joie et impatience par Abby et Sirius. Bien que celui-ci soit au courant, il était terriblement heureux et soulagé pour son ami, il méritait vraiment cette vie là. Abygail, elle, n'avait plus réussi à lâcher son amie, émue au possible et heureuse comme jamais. Mais, tout comme Sirius, elle était également soulagée pour Aria, elle savait qu'elle avait trouvé la bonne personne, le bon compagnon en Remus, qu'il prendrait soin d'elle. Elle avait toujours eut peur pour son amie, peur de la perdre à cause d'un imbécile, mais Remus était quelqu'un de bien, qui savait mieux que personne ce que représentait la chance de tomber amoureux et d'être aimé en retour.

Elle n'avait put retenir quelques larmes, ce que Sirius n'avait pas manqué de soulever. Cependant, alors qu'elle s'était préparée à une nouvelle chicane, elle l'avait vu aussi ému qu'elle, coupant net toute réflexion de sa part. Autant Sirius et elle passaient leur temps à se disputer gentiment, autant elle savait qu'il était un ami fidèle et sincère, c'était, peut-être, de son point de vu, l'un de leurs rares points communs. Ou, disons plutôt que c'était l'un des rares points communs qu'elle acceptait de partager avec lui.


Quelques jours avant le nouvel an, Harry, Hermione et Ron rejoignirent la ''Tanière'' et ses habitants, au plus grand bonheur de tous. Les retrouvailles entre Harry et son parrain furent émouvantes, mais les retrouvailles avec les autres furent tout aussi joyeuses. C'était d'autant plus vrai avec l'annonce des fiançailles d'Aria et Remus, qui avait ravie les trois Gryffondor.

Au cours des jours qui suivirent, le groupe discuta beaucoup du tournoi des trois sorciers, et aucun des adultes ne manqua l'inquiétude grandissante d'Harry. Certes, la prochaine épreuve n'aurait lieu que le 24 février, mais le temps passait vite et Harry s'en rendait compte à ses dépends. C'était d'autant plus vrai qu'il n'avait toujours pas réussi à comprendre l'énigme de l'œuf d'or.

- Et tu dis que le second champion de Poudlard t'a donné un indice ? Remarqua Abygail, debout devant la cheminée. Pourquoi ne pas en profiter au lieu de l'ignorer ? S'étonna-t-elle.

Harry, assis entre Sirius et Hermione sur le canapé face à la cheminée, resta silencieux. Discrètement, Ron, qui jouait aux échecs version sorciers avec Remus, sur la table basse, mima à Abygail le mot ''jalousie'' et ''ferté''. La blonde leva les yeux aux ciels, les hommes et leur orgueil.

- Met donc ta fierté de côté gamin, déclara-t-elle, profite de l'occasion qui t'es donnée, l'important c'est de gagner, non ?

- Tu es sure d'avoir été à Poufsouffle et pas à Serpentard toi ? S'amusa Sirius. D'ailleurs, tu ne devrais pas encourager Cédric Diggory plutôt qu'Harry ? C'est un Poufsouffle après tout.

- C'est absolument vrai, acquiesça-t-elle vivement en mettant les mains sur ses hanches. Mais je crois bien m'être prise d'affection pour les Gryffondor, j'en croise beaucoup trop ces temps-ci si vous voulez mon avis. Soupira-t-elle dramatiquement sous les rires du petit groupe. Aria ! Il faut agir, vite, ils nous envahissent ! Conclu-t-elle en mettant théâtralement une main sur son cœur.

Les Gryffondor éclatèrent de rire. Aria, qui apportait une bonne tasse de chocolat chaud à tous le monde, rit doucement. Elle, elle les aimaient bien tous ces Gryffondors, ils lui rappelaient beaucoup son frère, et puis elle savait qu'Abygail les aimaient autant qu'elle, ces Gryffondors.


Comme attendu, la soirée du nouvel an fut festive et enjouée, rythmée par les rires et les histoires rocambolesques d'Abygail et Sirius. Quelques jours plus tard, c'est avec regret que les trois jeunes Gryffondors rejoignirent la gare de King's Cross pour prendre le Poudlard express. Il fut décidé qu'ils seraient accompagnés par Aria et Abygail. Quand ils furent sur la voie 9 ¾ Abygail ne put retenir un soupir nostalgique.

- Je ne pensais pas remettre les pieds ici un jour. Admit-elle avec mélancolie.

- Et pourquoi ? Sourit doucement Aria, un jour tu y emmèneras surement tes enfants. Déclara-t-elle avec assurance.

- Pff ! Des enfants ? Moi ? Ne dis pas de bêtises, il faudrait déjà que j'ai une relation sérieuse avec un homme ! Fit-elle en haussant les épaules.

- Ça, ça ne dépend que de toi. Dit Aria avec un sourire plein de sous entendus.

- Qu'est-ce que tu… tu…Aria… Bredouilla Abby, stupéfaite. Ne sourit pas comme ça ! Aria ! S'exclama-t-elle alors que son amie guidait les trois enfants vers le train, un sourire amusé aux lèvres.

Les trois élèves lancèrent des regards étonnés à leur ancienne professeur d'astronomie, qui se contenta de leur faire un clin d'œil. Avant de monter dans le train, Harry se tourna vers Aria et Abygail, qui bougonnait toujours contre son amie.

- Merci de nous avoir invités, professeur Wolf… heu… Aria, se rattrapa-t-il en voyant le regard réprobateur de la jeune femme.

- Je vous en prie, c'était vraiment agréable de vous avoir parmi nous. Assura-t-elle avec un large sourire.

- C'est sûr que ça change. Admit Abygail sous les rires du petit groupe.

- Merci à vous, Abygail, Aria, de prendre soin de Sirius. Déclara le jeune Potter.

- Ce n'est rien, Harry, c'est un plaisir de l'avoir avec nous. Sourit gentiment Aria.

Les grommellements d'Abygail se firent entendre mais Harry, comme Aria, le prirent avec amusement, ils savaient bien qu'elle entretenait une fausse rivalité avec le fugitif.

- Ils s'entendent vraiment bien, n'est-ce pas ? S'enquit discrètement le jeune homme.

- Ils sont très semblables, trop pour admettre qu'ils s'adorent, va savoir pourquoi. Acquiesça-t-elle.

Le jeune homme hocha la tête avec un sourire confiant et reprit.

- Je vous… te les confie alors.

- Je ferais mon possible, mais tu les connais maintenant, ils n'écoutent pas grand monde quand ils ont une idée en tête !

Le jeune Potter eut un petit rire avant qu'Aria ne reprenne.

- Harry, avec Remus, si tu l'acceptes, on aimerait beaucoup que tu viennes à notre mariage. Ça sera simple mais…

- D'accord. Acquiesça-t-il, un sourire ravi sur les lèvres. Bien sur, ça me ferai vraiment plaisir !

- Génial, je te remercie, Remus sera ravi, il t'aime beaucoup. Assura-t-elle.

- Je l'apprécie beaucoup aussi, c'était un ami de mon père et on s'est beaucoup rapproché l'année dernière, il est… un peu comme un oncle pour moi. Expliqua-t-il, quelque peu gêné par son aveu.

Aria sourit tendrement et reprit.

- Tu es un garçon formidable, Harry. Le mariage aura lieu au printemps, durant les vacances, je t'enverrai un hibou. Expliqua-t-elle. Tu peux amener Ron et Hermione si tu le veux, ils sont les bienvenus. Sourit-elle.

- D'accord, ils seront contents, acquiesça-t-il, visiblement déjà impatient d'y être, ce qui fit sourire Aria.

- Fait attention à toi, Harry, on se fait beaucoup de souci et Sirius plus encore, il est très protecteur tu sais.

- Je sais, je ferai de mon mieux.

Devant le visage anxieux du jeune homme Aria eu un sourire tendre et le prit dans ses bras, lui offrant une étreinte maternelle. Bien que d'abord figé, le jeune garçon se détendit quelque peu et s'écarta d'elle après un moment, un sourire ému sur le visage.

- A bientôt Harry.

- A bientôt, Aria, Abygail. Sourit-il en montant dans le train.