Attention : Harry Potter ne m'appartient pas.
Bonne lecture à tous !
La vie avait tranquillement reprit son cours à la ''Tanière'' et les conversations tournaient pour la plupart autour du mariage à venir, surtout autour de la robe de mariée, en réalité.
- Comment ça tu ne veux pas en acheter ou en louer une ? S'exclama Abygail, assise à la table principale, à côté de Sirius, alors qu'Aria leur apportait un thé.
- Je n'en ai pas besoin, j'ai déjà ce qu'il faut ici. Assura-t-elle tranquillement en prenant place face à eux.
- Non mais Aria, c'est ton mariage, tu dois avoir ta robe de mariée, pas celle de ta mère !
- Elle est très bien celle de ma mère, nota la jeune femme.
- Oui mais non ! Soupira la blonde sous le regard amusé du fugitif. C'est ton mariage, tu dois avoir…
- ta robe de mariée, j'ai compris, Abby. Sourit la lycanne de dépit. Pourquoi refuses-tu de comprendre que ça me tiens à cœur de porter celle-ci et pas une autre ? Si vraiment ça te chagrine, on peut lui jeter quelques sorts pour la rendre plus personnelle. Ça ne me gène pas, du moment qu'elle ne change pas trop…
Alors que la blonde allait répliquer, elle fut coupée par Sirius, qui, bien qu'amusé par l'échange, était curieux.
- Dis-moi, Aria, pourquoi tu tiens autant à porter celle de ta mère ?
La jeune femme sourit et envoya un regard lourd de sous entendu à son amie, lui disant clairement ''tu vois, lui il essaie de comprendre''. La blonde ne répliqua pas, préférant croiser les bras en évitant son regard. Aria leva les yeux au ciel avant de se reconcentrer sur Sirius.
- J'ai toujours beaucoup aimé cette robe, depuis toute petite, je me suis toujours dit que si je devais me marier, ce serait avec cette robe et pas une autre.
- Je vois, c'est un peu ton ''rêve de petite fille''.
- C'est exactement ça. Acquiesça la jeune femme avec un large sourire. Abby… fit-elle en se tournant vers son amie.
La blonde fit encore la moue un instant avant de soupirer et se tourner vers sa sœur de cœur.
- Je voulais la choisir avec toi… Avoua-t-elle.
Étonnée, la future mariée échangea un regard avec Sirius, qui semblait aussi surpris qu'elle, puis eut un regard plus tendre avant de reprendre.
- Je comprends, mais il y a plein d'autres choses qu'on pourra faire toutes les deux. Assura-t-elle. Je devrai choisir ma coiffure et surtout on devra choisir la robe de la demoiselle d'honneur… Fit-elle en lançant un regard plein de sous entendu à son amie, qui sembla prête à fondre en larme, émue.
Une semaine avant la seconde tâche du tournoi des trois sorciers, les habitants de la ''Tanière'' reçurent une lettre d'Harry. Celui leur parlait d'une altercation qu'il avait entendue entre Maugrey Fol Œil et Rogue, ainsi que du fait qu'il avait vu, à travers la Carte du Maraudeur, Mr Croupton s'introduire dans le bureau de ce dernier.
- Les choses se gâtent à Poudlard, on dirait. Nota Abygail.
- Quelque chose ne tourne pas rond surtout ! Répliqua Sirius. Qu'est-ce que Croupton irai fabriquer dans le bureau de Rogue ?
- Et cette histoire entre Maugrey et Rogue… Fit pensivement Aria.
- Ça ne sert à rien de tourner en rond, déclara Remus, il n'y a rien que l'on puisse faire, tout ce qu'on peut suggérer à Harry c'est d'être prudent, à la rigueur on pourrait demander à Dumbledore de faire attention mais…
- C'est vrai… Soupira Aria.
- Bon sang, ce que c'est frustrant ! Râla Black.
Le groupe hocha la tête en concert, c'était malheureusement vrai, ils ne pouvaient rien faire de plus qu'attendre et essayer de conseiller Harry comme ils le pouvaient. Aria, après un nouveau soupir, jeta un dernier œil sur la lettre du jeune Potter. Elle remarqua alors un Post-scriptum, le jeune homme leur demandait comment il pourrait rester une heure sous l'eau, ce que demandait apparemment la seconde tâche.
- Il y a la branchiflore. Nota-t-elle à voix haute.
- Pardon ? S'étonna Sirius en échangeant un regard confus avec Remus et Abygail.
La jeune femme pointa le Post-scriptum et reprit.
- La branchiflore, avec ça il pourrait rester une heure sous l'eau.
- Comment tu sais ça toi ? S'enquit le fugitif, ébahi.
- Je n'étais pas mauvaise en botanique et ma mère était botaniste. Il y a des tas de livres sur les plantes dans la bibliothèque, tu n'as pas remarqué ?
L'homme resta silencieux, il avait sans doute dû le voir, mais comme les plantes ce n'était pas son domaine de prédilection…
- Qui plus est, il ne recevra pas notre réponse à temps, ou si c'est le cas, il n'aura pas le temps de trouver de la branchiflore, je ne sais même pas comment s'en procurer, alors à Poudlard ! Fit Abygail en haussant les épaules.
- C'est vrai, après il y a d'autres méthodes… Fit pensivement Sirius.
- Qu'on apprend généralement dans les années supérieures. Pointa Remus.
Après un instant de silence, Abby reprit.
- Je n'arrive pas à savoir si ce gosse est le plus chanceux de cette planète ou au contraire le plus malchanceux.
Un silence éloquent suivi ses paroles. A présent ils ne pouvaient tous faire qu'une chose, prier pour que le jeune sorcier s'en sorte.
Tard dans la nuit, quelques jours après la seconde tâche, Aria fut réveillée par le craquement des escaliers, habituellement elle n'y faisait pas attention, mais il était rare que Sirius, qui était le seul autre habitant de la maison ce jour là, se lève la nuit pour descendre. Prise d'un étrange pressentiment, elle se leva doucement, pour ne pas réveiller Remus qui dormait profondément, la pleine lune ayant eut lieu la veille, et descendit à son tour sur la pointe des pieds.
C'est étrangement à demi-surprise qu'elle vit Sirius, tout habillé, entrain de mettre ses chaussures dans l'entré. Elle croisa les bras et déclara.
- Une promenade nocturne, Sirius ?
L'homme sursauta violement et se tourna vers elle, la mine coupable.
- A… Aria ! Tu… tu m'as fichu la frousse !
- Vraiment ? Tu m'en excuseras. Je peux savoir ce que tu fais ?
- Je… heu… rien ?
- Sirius. Gronda-t-elle.
- Je suis inquiet pour Harry, je lui ai donné rendez vous à Pré-au-lard cet après midi…
- Tu aurais dû nous en parler au lieu de filer à l'anglaise.
- Je sais… Assura-t-il, coupable. Mais je vous connais, vous ne m'auriez pas laissés partir…
- Et avec de bonnes raisons, Sirius. On ne fait pas ça contre toi, mais pour toi. Soupira-t-elle en descendant dans l'entrée.
- Je sais…
Le duo resta immobile un moment, puis, Aria soupira et entra dans la salle de vie sous le regard interrogateur de l'animagus. Elle se dirigea vers la commode, sortit un papier et un crayon, écrivit quelques mots et posa le papier en évidence sur la table. Une fois cela fait, elle retourna dans l'entrée et enfila son manteau.
- A… Aria ? Qu'est-ce que tu fais ? S'enquit le fugitif, confus.
- Je sais que tu partiras quoi qu'on te dise, alors je viens avec toi. Mais je te préviens, on est de retour ici ce soir ! Et attend toi à faire face à la colère de Remus ET d'Abygail !
- Je… Oui je m'en doutais, mais… Aria… Tu… tu es en pyjama… Déclara-t-il avec un petit sourire malgré lui.
La jeune femme jeta un œil sur sa tenue et referma son manteau en haussant les épaules.
- Je trouverai quelque chose à Pré-au-Lard. Dit-elle tranquillement.
- Tu… tu veux que Remus me tue ou quoi ? Si tu es malade il va vraiment le faire et sans remord en plus !
- Ne dis pas de sautises, au pire on dira que c'est de ma faute !
- Comme si on allait te croire… Soupira l'animagus en sortant à la suite de la jeune femme. Tu es vraiment étrange parfois, tu le sais ça ?
- J'imagine que ça fait partit de mon charme. Rit-elle doucement.
- Peut-être. Consentit le fugitif avec un vague sourire.
Le duo arriva à Pré-au-Lard quelques minutes plus tard et trouvèrent presque immédiatement une grotte profonde et isolée pour se cacher, enfin, surtout Sirius. L'endroit était sombre et humide mais après quelques coups de baguettes Aria et Sirius réglèrent le problème, en plus d'installer des barrières protectrices pour écarter les éventuels curieux. Il fut alors convenu que ça serait Aria qui irait à la rencontre d'Harry et ses amis.
Dès les premières heures de la matinée, Aria quitta leur abri pour aller se chercher de nouveaux vêtements ainsi que leur petit déjeuner. Quand elle revint elle avait les bras chargés de victuailles et était vêtue chaudement. Elle portait un épais pull en laine brun clair, une jupe noire avec des collants de la même couleur et son chaud manteau brun foncé. Enfin, elle portait les bottes montantes brunes qu'elles avaient mises en vitesse avant de quitter la maison. L'animagus fut soulagé, au moins il n'aurait pas à subir la colère de son ami à cause de la santé de sa future femme.
Puis, en attendant l'heure fatidique où Aria irait retrouver Harry, ils s'occupèrent au mieux, discutant de tout et de rien, du mariage bien sur mais de bien d'autres choses encore, dont le métier des parents d'Aria avant leur décès. Ainsi, il apprit que sa mère, comme il l'avait su quelques jours plutôt, était botaniste, et que son père travaillait avec des animaux magiques, raison pour laquelle elle possédait un Augrey.
A deux heures moins le quart Aria quitta Sirius pour aller chercher les enfants au point de rendez vous, devant une clôture au bout de la route de Pré-au-Lard, après le magasin Derviche et Bang. Sur le chemin, Aria ne put s'empêcher de penser à Remus, il devait être terriblement inquiet pour eux et nul doute que Sirius et elle passeraient un mauvais quart d'heure quand ils rentreraient à la maison… D'ailleurs, elle ne doutait pas qu'ils devraient également subir la colère d'Abygail, et à bien des égards, c'était bien pire encore.
Avec un soupir la jeune femme arriva à la clôture, où arrivaient également les trois Gryffondor.
- Aria ! S'exclama Harry, visiblement aussi ravi que surpris de la voir.
- Bonjour vous trois. Salua-t-elle.
- Alors il l'a vraiment fait ? Il est venu ici ? S'enquit le jeune Potter. Ce n'est pas prudent…
- Je suis absolument d'accord avec toi, et si je ne l'avais pas entendu descendre cette nuit, je peux t'assurer qu'il serait venu tout seul. Soupira la jeune femme en prenant le chemin de la grotte, suivie des enfants.
- Il créé bien des ennuis, pas vrai ?
- J'imagine que ce serait moins vivant si ce n'était pas le cas. Rit-elle doucement en secouant la tête.
- Ça ne va pas trop vous causer d'ennuis ? S'enquit Hermione. Je veux dire, avec Dumbledore ou le professeur Lupin ?
- Ou Abygail… Ajouta Ron avec un frisson.
- Je pense qu'on devra faire face à leur colère, mais je ne pouvais pas laisser Sirius venir ici tout seul. Admit-elle. Mais ne vous en faites pas pour ça, on est des grandes personnes, on s'en sortira ! Plaisanta-t-elle.
- Toujours aussi positive, pas vrai professeur ? S'amusa Ron.
- Aria ! Monsieur Weasley, c'est mon prénom ! Rappela-t-elle avec amusement avant de se tourner vers la grotte. Nous sommes arrivés.
Les retrouvailles furent relativement rapides, tous s'étant vu lors des vacances de noël. Et rapidement la conversation se mit à tourner autour de Mr Croupton, qui était apparemment malade, de son elfe Winky, qu'il avait renvoyé en pensant qu'elle avait volé la baguette d'Harry, qui avait servit à invoquer la marque des ténèbres lors de la coupe du monde de Quidditch, et avait invoqué ledit sort. Cependant, Sirius ne pensait pas que l'elfe était coupable, il pensait qu'il pourrait s'agir de quelqu'un dans les tribunes près d'Harry.
- Toutes ces absences de Barty Croupton... Il prend la peine de demander à son elfe de lui garder une place pour la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, mais il ne vient pas regarder le match. Il travaille avec acharnement pour faire renaître le Tournoi des Trois Sorciers, mais il ne vient pas non plus y assister... Résuma pensivement Sirius. Ça ne ressemble pas à Croupton. Si, au cours de sa carrière, il a manqué une seule journée de travail pour cause de maladie, je suis prêt à manger Buck.
- Tu connais Croupton ? S'étonna Harry.
- Plutôt oui, même très bien, fit amèrement Sirius. C'est lui qui a donné l'ordre de m'enfermer à Azkaban, sans procès.
- Quoi ? S'exclamèrent Ron et Hermione.
- Tu plaisantes ? dit Harry.
- Pas du tout, répondit Sirius. A cette époque-là, Croupton était directeur du Département de la justice magique. Expliqua-t-il. Tu le savais, Aria ?
- Oui, j'en ai entendu parler. Admit-elle. A l'école on parlait beaucoup des nouvelles de la Gazette. Il me semble qu'on le donnait favori comme prochain ministre de la Magie.
- C'est exact, acquiesça le fugitif. C'est un grand sorcier, Barty Croupton, il a un grand pouvoir magique et le pouvoir, il en est avide. Il n'a jamais été partisan de Voldemort, ajouta-t-il. Non, il a toujours été ouvertement hostile à la magie noire. Mais beaucoup de gens qui étaient opposés à la magie noire... non, vous ne comprendriez pas... vous êtes trop jeunes...
- C'est ce que mon père a dit à la Coupe du Monde, grommela Ron. Essayez quand même de nous expliquer, on verra bien si on comprend ou pas...
L'animagus regarda un instant le jeune homme avant d'échanger un regard avec Aria. Elle semblait partagée, la guerre était quelque chose d'horrible, aussi bien pour ceux qui combattaient que pour les autres…
- Je vais essayer... Déclara finalement Sirius.
Aria, de dépit, s'asseya au sol, dos contre la paroi, elle savait qu'ils avaient le droit de savoir, mais elle était également d'accord avec le père de Ron, ils étaient si jeunes…
- Imaginez que Voldemort soit à nouveau au sommet de sa puissance. Vous ne savez pas qui sont ses partisans, vous ne savez pas qui travaille pour lui, mais vous savez qu'il est capable d'exercer son pouvoir sur des gens, qu'il les oblige à commettre des actes abominables malgré eux. Vous avez peur pour vous-même, votre famille, vos amis. Chaque semaine apporte son lot de nouvelles morts, de nouvelles disparitions, de nouvelles souffrances...
Il disait vrai, depuis le début de la guerre, Aria, son frère et Abygail n'avaient cessé d'écouter la radio, tous les jours, sans exceptions. Ils l'écoutaient toujours avec une angoisse grandissante, effrayés à l'idée d'entendre le nom de leurs parents. Aria n'avait pas apprit la mort de sa famille par la radio, heureusement, en un sens, c'était Dumbledore qui le lui avait appris. Il était venu chez elle et lui avait tout expliqué. Jamais elle ne s'était sentie aussi anéantie, elle n'avait pas écouté la radio ce soir là, elle savait ce qu'elle allait y entendre et ne voulait surtout pas l'entendre, ça aurait été pire que tout.
- Vous n'avez pas idée, dit-elle d'une voix basse, combien c'est dur d'avoir peur d'entendre le nom de l'un vos proches, de votre famille, aux nouvelles. Chaque jour il y avait une rubrique, à la radio et dans la Gazette, où étaient listés les morts du jour. Et chaque jour, la même peur nous prenait au ventre, la peur de voir apparaitre un nom qui nous est familier, celui d'un ami, de sa famille…
A ces paroles, Sirius acquiesça solennellement, il ne savait que trop bien ce que c'était, tout comme elle, il avait craint chaque jour de voir apparaitre le nom d'un proche, d'un ami… Après un moment de silence, il reprit.
- Le ministère de la Magie est alors en plein désarroi, ses responsables ne savent plus quoi faire, ils essayent de tout cacher aux Moldus mais ils meurent aussi. La terreur... la panique... la confusion... règnent en maitre. Des périodes comme celles-là peuvent inciter au meilleur comme au pire. En tout cas, tout ça a fait que Croupton est très vite monté au sein du ministère et il a tout de suite pris des mesures radicales contre les partisans de Voldemort. Les Aurors ont reçu de nouveaux pouvoirs, comme celui de tuer plutôt que de capturer vivant. Croupton a combattu la violence par la violence et a autorisé, contre certains suspects, l'usage des Sortilèges Impardonnables. Je dirais même qu'il est devenu aussi implacable, aussi cruel, que ceux qui avaient choisi les forces du Mal. Lui aussi avait des partisans, beaucoup pensaient que c'était la bonne méthode et beaucoup de monde le poussait à devenir ministre de la Magie. Quand Voldemort a disparu, tout le monde pensait que Croupton ne tarderait pas devenir ministre, mais...
- Mais le propre fils de Croupton a été arrêté en compagnie d'un groupe de Mangemorts. Compléta Aria. Ça a fait scandale à l'époque.
- Son fils ? Comment… ? Balbutièrent Harry et Ron, ébahis.
- Est-ce que Croupton a essayé de faire sortir son fils de prison ? S'enquit Hermione.
Alors que Sirius se mit à rire, un rire très ironique bien entendu, Aria secoua la tête.
- Non, en fait, il lui a simplement permit un procès et l'a ensuite fait envoyer à Azkaban.
- Exact, affirma Sirius, tout ce qui pouvait se mettre sur son chemin pour devenir ministre de la magie devait disparaitre, c'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui. Il a, après tout, renvoyé son plus fidèle serviteur, son elfe, en le pensant coupable d'avoir invoqué la marque des ténèbres.
- Il est toujours à Azkaban ? Demanda Harry.
- Non, répondit Sirius en secouant la tête. Il est mort environ un an après son incarcération.
- Il est mort ? S'exclamèrent les trois Gryffondors.
- Oh, il n'a pas été le seul, fit Sirius avec amertume. La plupart des prisonniers deviennent fous et beaucoup finissent par ne plus rien manger. Étant donné la position importante de Croupton au ministère, lui et sa femme ont été autorisés à lui rendre une dernière visite sur son lit de mort. La femme de Croupton était tellement effondrée qu'elle est elle même morte peu après. De chagrin. Croupton n'est jamais venu demander le corps de son fils.
Aria ferma brièvement les yeux. Quand bien même elle n'était pas elle-même mère, elle imaginait relativement bien la douleur qu'avait dû subir la pauvre femme. Pour une mère, perdre son enfant était la pire des choses possibles, même si celui-ci avait commis le pire des crimes. Et puis, il y avait Croupton… Cet homme… elle ne comprenait pas que l'on puisse détester ainsi son propre enfant, au point même de ne pas demander son corps, ne serait-ce que pour lui donner une tombe convenable. Le pauvre enfant avait été enterré à Azkaban… Elle secoua la tête, pour elle, tout ceci était impensable, inconcevable.
- C'est de cette façon, reprit Sirius, que tout s'est effondré pour le vieux Croupton, sa famille, son honneur et sa popularité.
- Maugrey dit que Croupton est obsédé par la capture des mages noirs, fit Harry après un instant de silence.
- Oui, j'ai entendu dire que c'était devenu une manie chez lui, répondit pensivement Sirius. A mon avis, il pense pouvoir retrouver son ancien prestige en arrêtant un nouveau Mangemort.
- Et il est venu ici en cachette pour fouiller le bureau de Rogue ! S'exclama triomphalement Ron.
- Et ça n'a aucun sens, expliqua Aria, pensive.
Alors que Ron allait répliquer, Sirius reprit.
- Si Croupton voulait enquêter sur Rogue, pourquoi n'a-t-il pas occupé sa place de juge pendant le tournoi ? Il aurait eu un prétexte idéal pour venir régulièrement à Poudlard et le surveiller de près.
- Tu crois que Rogue mijote quelque chose ? S'enquit Harry.
- Mais Dumbledore fait confiance à Rogue... Pointa Hermione.
Alors qu'une longue discutions débuta sur Rogue et ses anciens amis mangemorts, entre autre chose, Aria essaya de penser objectivement à cet homme. Au début, elle avait essayé d'être neutre à son égard, mais il n'avait cessé de lui envoyer des sarcasmes, et après ce qu'il avait fait à Remus, elle n'arrivait plus à le supporter. Pourtant, elle avait toujours vu quelque chose de particulier dans son regard, qu'elle s'était empressée de mettre de côté à cause de son mauvais comportement. Elle avait vu de la solitude, de la souffrance aussi. Pourquoi ? Elle n'en avait aucune idée, mais si Dumbledore avait vu la même chose, voir plus encore, elle comprenait pourquoi il lui avait accordé sa confiance, au-delà de ce qu'il laissait transparaitre, au-delà des apparences… Préférant sortir cet homme de ses pensées, Aria se reconcentra sur la conversation entre Sirius et les trois Gryffondor.
Ils avaient fini par revenir sur le sujet ''Maugrey'' puis à nouveau Croupton et, après quelques questions laissées en suspend, comme : Est-ce qu'il est vraiment malade ? Si oui, pourquoi a-t-il fait l'effort de se traîner jusqu'au bureau de Rogue ? Et sinon... Que fabrique-t-il ? Sirius demanda à Ron, dont le frère, Percy, était l'assistant de Croupton, de se renseigner auprès de lui pour savoir si il avait vu son patron récemment. Suite à cela, les trois enfants prirent congés, non sans quelques dernières instructions de Sirius, comme de l'appeler Sniffle quand ils parlaient de lui entre eux, accompagnés d'Aria, qui les laissa à Pré-au-Lard.
- Faites attention à vous les enfants, et surtout ne sortez pas de l'école sans permission, vous devez veiller à votre sécurité, d'accord ?
- Entendu. Acquiescèrent-ils docilement.
- Merci, Aria, d'avoir permit à Siri… Sniffle de venir ici… Fit Harry avec un bref sourire.
- Je t'en prie, il était vraiment inquiet et je ne pouvais pas le laisser venir tout seul. Assura-t-elle.
- Merci, vraiment. Sourit-il.
La jeune femme acquiesça gentiment et Hermione reprit.
- J'espère que vous n'aurez pas trop d'ennuis, avec le professeur Lupin, notamment…
- Ho non, on va surement se faire remonter les bretelles mais ça ira, et puis, on l'aura mérité. Admit-elle.
- Plus Sniffle que toi. Nota Ron avec amusement.
- Peut-être oui, on verra bien quelle sera la sentence ! Rit-elle. A bientôt les enfants.
- A bientôt Aria. Répondirent-ils avec un sourire.
- La prochaine fois ce sera pour le mariage, non ? S'enquit Harry.
- Exact. Acquiesça-t-elle.
- J'ai hâte ! S'exclama Hermione, en accord avec ses deux amis.
- Moi aussi ! Rit Aria en enthousiasme.
Là-dessus le groupe se sépara et Aria rejoignit l'animagus pour qu'ils rentrent chez eux.
