Attention : Harry Potter ne m'appartient pas !


Baty Croupton hors d'état de nuire, Dumbledore chargea McGonagall de veiller sur lui et Rogue d'aller chercher Mme Pomfresh pour s'occuper de Maugrey ainsi que de prévenir Fudge de venir dans son bureau pour interroger lui-même Croupton.

Enfin, une fois Rogue partit, Dumbledore s'adressa à Aria et Harry.

- Avant d'aller à l'infirmerie, venez dans mon bureau, Sirius nous y attend.

Aria émit un long soupir, qui eut le mérite de faire à nouveau sourire Dumbledore.

- Ne soit pas trop dure, il se faisait beaucoup de souci.

- Peut-être, mais il m'a dit haut et fort qu'il comptait sur moi… Je n'ai peut-être pas pu faire grand-chose mais...

- Je ne suis pas d'accord, tu es là et tu veilles sur Harry, ce n'est pas lui qui va te dire le contraire. Sourit le vieil homme en regardant le Gryffondor, qui hocha faiblement la tête, quelque peu rougissant.

La jeune femme eut alors un sourire dépité et serra Harry contre elle avant de l'aider à marcher jusqu'au bureau de Dumbledore. En arrivant devant la porte, le groupe put entendre de grands éclats de voix, nul doute que Remus était arrivé et qu'il passait à Sirius le savon qu'il avait mérité en venant ici.

Quand ils entrèrent, le duo se tut immédiatement, enfin, surtout Remus, Sirius affichant plutôt un air penaud, assis près du bureau directorial, la tête entre les épaules. A leur arrivée Remus, vite imité par Sirius, se rua vers eux et enlaça sa femme avant de reculer d'un pas.

- Aria, Harry, quel soulagement ! ça va ?

- Harry, comment te sens-tu ? Je le savais... J'étais sûr que quelque chose comme ça arriverait... Qu'est-ce qui s'est passé ? Ajouta Sirius, inquiet au possible.

- Ça va, assura doucement Aria en aidant Harry à s'asseoir sur une des chaises devant le bureau.

- Vous allez nous dire ce qu'il s'est passé à la fin ? Reprit Sirius avec impatience sous le regard réprobateur de Remus et irrité d'Aria.

- Tais-toi un peu pour commencer, ça facilitera les choses pour en placer une ! Gronda la jeune femme, calmant immédiatement l'animagus, bien que son inquiétude soit toujours visible.

Après un regard vaguement amusé de Dumbledore, celui-ci entreprit de tout expliquer aux deux maraudeurs. Pendant ce temps là, Fumseck s'était posé sur les genoux d'Harry en signe de réconfort. Touché par ce geste le jeune Gryffondor caressa doucement le plumage tiède du phénix. Du coin de l'œil il regarda Aria, qui avait une main sur son épaule en signe de soutien, bien que son regard soit fixé sur Dumbledore.

- Aria… Murmura-t-il faiblement, attirant l'attention de la lycan.

- Oui Harry ? S'enquit-elle doucement en se mettant à son niveau.

- Je… Merci… Je suis content que tu ais été là… balbutia-t-il, ne trouvant les mots justes.

- Toujours Harry, je serais toujours là pour toi. Assura-t-elle d'un ton maternel, qui émeut le jeune homme. Je sais que je n'ai pas pu en faire autant que je le voulais aujourd'hui, mais je ferais toujours mon possible pour t'aider et te soutenir, je te le promets.

- Merci… Gémit-il en un murmure, ne pouvant empêcher quelques larmes de rouler sur ses joues.

Attendrie, Aria le serra tendrement dans ses bras, comme une mère l'aurait fait et ce geste sembla énormément toucher le jeune sorcier. Il réalisa alors qu'en eux, il avait trouvé une vraie famille, une famille comme il en avait toujours rêvé. Aria était la mère qu'il n'avait jamais eu, Sirius et Remus étaient, à leur façon, des figures paternelles, et même Abygail entrait dans ce cercle, peut-être comme une tante un peu étrange ? Ou une grande sœur ? En tout cas, il était heureux d'être avec eux et leur simple présence lui faisait beaucoup de bien.

- Harry, fit Dumbledore en sortant Harry de ses pensées, il faut que je sache ce qui s'est passé quand tu as touché le Portoloin.

- On pourrait peut-être attendre demain matin ? Coupa Sirius en posant une main sur l'épaule libre d'Harry.

- Je suis d'accord, il est blessé et a besoin de repos. Assura Aria, appuyée par son mari.

- Laissons-le dormir, il en a besoin. Conclu celui-ci.

Dumbledore sembla cependant sourd à leurs protestations, au plus grand damne d'Harry.

- Je sais que ce ne serait pas une bonne chose. Soupira Dumbledore, visiblement peiné. Endormir la douleur pendant quelque temps ne la rendra que plus intense lorsque qu'il faudra la réveiller. Tu as fait preuve d'une grande bravoure ce soir, Harry, et je te demande de te montrer encore une fois courageux. Racontes-nous ce qu'il s'est passé. Pria le directeur.

Harry, bien qu'hésitant, prit finalement une profonde inspiration et commença son récit. Une ou deux fois, Sirius, Aria ou Remus semblèrent sur le point de dire quelque chose, mais Dumbledore leur fit signe de se taire. Cependant, quand Harry commença à parler de Queudver, les deux maraudeurs se tendirent immédiatement et ne purent retenir une exclamation quand il leur raconta comment celui-ci lui avait percé le bras avec la pointe de son poignard.

Dumbledore regarda alors pensivement la blessure.

- Il a dit que mon sang le rendrait plus fort, expliqua Harry. Il a dit que la protection que ma... que ma mère m'a laissée en mourant... serait également en lui.

Dumbledore n'ajouta rien et pria Harry de reprendre son récit. Celui-ci raconta alors comment Voldemort avait émergé du chaudron utilisé pour sa renaissance et leur rapporta son discours aux Mangemorts. Puis, il leur parla du moment où Voldemort l'avait libéré, lui avait rendu sa baguette magique et l'avait affronté en duel.

Soudain, Harry fut plus hésitant. Les adultes échangèrent alors un regard confus.

- Tu as dit qu'un rayon de lumière reliait les deux baguettes ? Fit Sirius. Pourquoi ?

- Priori Incantatum, murmura Dumbledore.

- La remontée des sortilèges ? S'étonna Aria.

- Exactement, répondit Dumbledore. La baguette magique de Voldemort et celle de Harry contiennent le même élément. Dans chacune d'elles, il y a une plume de la queue du même phénix, de Fumseck plus précisément, expliqua-t-il en montrant ledit oiseau.

- La plume de ma baguette vient de Fumseck ? S'exclama Harry.

- Oui, assura Dumbledore. Dès que tu as quitté sa boutique, Mr Ollivander m'a écrit pour me dire que c'était toi qui avais acheté la seconde baguette.

- Et alors, qu'est-ce qui se passe quand une baguette rencontre sa sœur ? Demanda Sirius.

- Elles ne peuvent agir l'une contre l'autre, expliqua Dumbledore. Mais si leurs propriétaires les forcent à combattre... l'une des baguettes obligera l'autre à régurgiter les sortilèges qu'elle a jetés en remontant le cours du temps. Le plus récent d'abord... puis celui qui l'a précédé... Ce qui signifie que Cedric a dû réapparaître sous une certaine forme.

Harry confirma faiblement d'un signe de tête.

- Diggory est revenu à la vie ? Fit Aria, incrédule, comment… ?

- Aucun sortilège ne peut faire revivre les morts, répondit gravement Dumbledore. Il s'agit simplement d'une sorte d'écho. Une ombre du Cedric vivant a dû émerger de la baguette...

- Il m'a parlé, déclara le jeune homme. Le... le fantôme de Cedric… Il m'a parlé…

- C'est un écho, expliqua Dumbledore. Un écho qui a conservé l'apparence et la personnalité de Cedric. Je devine que d'autres formes ont dû aussi apparaître...

- Un vieil homme, fit Harry, Bertha Jorkins. Et puis…

- Tes parents ? Devina Dumbledore alors que les Maraudeurs pâlissaient à vue d'œil.

Harry acquiesça alors que la main de Sirius se faisait plus serrée autour de son épaule et celle de Remus autour de celle de son épouse, qui lui frotta doucement le bras. Il lui envoya un regard reconnaissant, cependant assombrit par la tristesse du souvenir de James et Lily.

- Qu'ont-elles fait, ces ombres ? Reprit Dumbledore pour passer sur la douleur des maraudeurs, ce dont ils lui étaient reconnaissants.

Harry leur parla de la façon dont les silhouettes avaient jaillies de la baguette. Il leur décrivit l'expression de peur sur le visage de Voldemort et leur rapporta les paroles de son père, qui lui avait dit ce qu'il devait faire, puis l'ultime requête de Cedric.

Quand Harry termina son récit, il y eu un long silence dans la pièce, Sirius avait le visage enfoui dans ses mains, Remus avait le visage bas, Aria à ses côtés, essayant de l'apaiser comme elle pouvait.

- Je vais le répéter, Harry, reprit Dumbledore. Tu as fait preuve d'une grande bravoure. Tu as manifesté le même courage que ceux qui sont morts en combattant Voldemort lorsqu'il était au sommet de sa puissance. Maintenant on va t'emmener à l'infirmerie. Tu as besoin d'une potion de Sommeil et d'un peu de paix... Sirius, Remus, Aria, vous voudrez bien rester avec lui, cette nuit ?

Le trio acquiesça silencieusement. Sirius se transforma en sa forme d'Animagi et ils sortirent tous du bureau directorial pour rejoindre l'infirmerie.


A l'infirmerie le groupe fut accueilli par Mme Pomfresh, Hermione, Bill, Ron et leur mère. Alors qu'Harry, toujours auprès d'Aria, allait s'asseoir sur un lit, Dumbledore échangea quelques mots avec eux, incitant au calme et à l'apaisement. .

- Monsieur le directeur, fit Mme Pomfresh d'un ton hésitant en regardant la forme animagus de Sirius, puis-je vous demander ce que ce... ?

- Il est à nous, expliqua Remus, je ne pouvais pas le laisser, mais je vous assure qu'il est très propre. Assura-t-il, appuyé par Dumbledore, ce qui eut raison de l'infirmière.

La question réglée, Dumbledore dû quitter le groupe afin de rejoindre Cornélius Fudge. Il demanda néanmoins à Harry de ne pas quitter l'infirmerie avant le lendemain matin, pour qu'il ait le temps de parler aux autres élèves des évènements récents.

- Comment va Maugrey ? S'enquit Remus en regardant l'ancien auror, alité.

- Il se remettra, assura Mme Pomfresh d'un ton professionnel.

Le loup garou acquiesça doucement avant de rejoindre sa compagne, assise à côté d'Harry, qui s'était vu attribuer un pyjama par Mme Pomfresh et était à présent allongé calmement sur son lit provisoire. A ses pieds se trouvait Sirius et autour d'eux étaient assis les trois Weasley et Hermione.

- Je me sens bien, leur dit Harry. Je suis juste fatigué.

- On sait, Harry et on va te laisser te reposer, assura gentiment Aria, appuyée par Mme Weasley, qui voyait Harry comme l'un de ses fils. Comprend nous, on s'est tous inquiétés.

- Je sais… Acquiesça le jeune homme, les paupières tombantes, l'adrénaline ayant définitivement quitté son corps.

Aria, Remus et Mme Weasley échangèrent un regard à la fois soulagé et protecteur avant que l'infirmière ne revienne avec un gobelet de potion pour un sommeil sans rêves. Le jeune Gryffondor grimaça en voyant la potion violette mais bu sans plus de résistance. Puis, très vite, il sombra dans le sommeil, bercé par la chaleur de la pièce et la main réconfortante d'Aria qui vagabondait tendrement entre ses mèches indomptables.

Laissant Sirius aux pieds d'Harry, le groupe s'éloigna du lit de l'endormi, pour plus de calme, et les adultes fermèrent les rideaux entourant son lit.

- Les enfants, fit doucement Aria, vous devriez aller vous reposer, si il se passe quoi que ce soit, nous viendrons vous chercher, d'accord ?

Ron et Hermione parurent hésitants, ne cessant de lancer des regards vers le lit de leur ami.

- Peu importe l'heure, je vous le promets. Assura Aria.

- Nous, nous restons ici de toute façon, tout se passera bien. Ajouta Remus.

Les deux élèves finirent par acquiescer, vaincus, avant de quitter la pièce pour rejoindre le tumulte de la tour de Gryffondor. Restés seuls dans l'infirmerie, Mme Weasley et Bill s'installèrent près d'Harry alors qu'Aria et Remus s'asseyaient sur le lit d'à côté, dont ils avaient ouverts les rideaux donnant sur le lit d'Harry pour garder un œil sur son état.

Le groupe resta silencieux un moment, tous pensifs et exténués par ce qu'il s'était passé ce soir. Puis, Aria posa les yeux sur son mari, qui semblait pensif. Ce qu'il avait entendu dans le bureau de Dumbledore avait dû particulièrement le toucher, tout comme Sirius, pensa-t-elle en regardant l'animagus, qui avait les yeux rivés sur son filleul. Elle n'aimait pas les voir comme ça, eux qui étaient si vivants, si souriants habituellement…

Elle enlaça l'une des mains de son compagnon entre les siennes d'un geste rassurant, essayant de capter son attention. Celui-ci réagit après un instant de flottement et lui offrir un maigre sourire.

- Est-ce que ça va ? Lui demanda-t-elle à mi-voix, pour ne pas réveiller Harry et attirer l'attention des deux Weasley.

- C'est plutôt à toi qu'ont devait demander ça, tu étais là depuis le début. Admit-il.

- Je vais bien, assura-t-elle, mais toi ? Je sais que ça n'a pas été facile d'entendre tout ça, dans le bureau de Dumbledore. Précisa-t-elle.

Le loup garou regarda pensivement devant lui un moment, avant de poser les yeux sur elle à nouveau, serrant à son tour ses mains autour des siennes.

- Ça ira, il me faut juste un peu temps, comme il en faudra à Sirius aussi. Soupira-t-il. Ne t'en fait pas, j'en ai vu d'autres tu sais.

- C'est mon rôle de te soutenir dans ces moments là, je suis ta femme, rappela-t-elle, et tu as toujours tendance à minimiser les choses. Déclara-t-elle.

- Tu es dure. Rit doucement son compagnon.

- Avec toi, il faut bien. Fit-elle avec un doux amusement, posant sa tête contre son épaule.

Après un instant de silence, Remus la serra contre lui, enfouissant son visage dans ses cheveux miel avec reconnaissance.

- Merci d'être là. Lui murmura-t-il.

- Toujours, Remus, toujours. Assura-t-elle tendrement.


A peine plus d'une heure plus tard, Aria perçu des éclats de voix, la faisant se redresser sous l'œil curieux de son mari. Cependant, rapidement, tous entendirent les mêmes éclats de voix, celles de Fudge et McGonagall notamment.

- Ils vont finir par le réveiller ! Gronda Mme Weasley.

- Pourquoi ils crient comme ça ? S'étonna Bill. Qu'est-ce qu'il s'est encore passé ?

Les voix se rapprochèrent rapidement de l'infirmerie et on pouvait à présent entendre distinctement la sous directrice et le ministre de la magie se disputer.

- C'est regrettable, mais c'est comme ça, déclara Cornélius Fudge.

- Vous n'auriez jamais dû amener cette chose dans l'enceinte du château ! S'écria McGonagall. Quand Dumbledore l'apprendra... fit-elle en entrant à la suite du ministre dans l'infirmerie, rapidement suivie de Rogue.

Du coin de l'œil Aria vit Harry se redresser, visiblement ils avaient réussi à le réveiller.

- Où est Dumbledore ? S'enquit le professeur de potion en regardant le groupe avec dédain, et plus particulièrement Aria et Remus.

Aria roula des yeux, cet homme avait la rancune tenace décidément.

- Il n'est pas là, répondit-elle avec colère. Et c'est une infirmerie, ici, pas un moulin !

- C'est vrai, approuva vivement Mme Weasley, et monsieur le ministre vous feriez bien de...

La rousse fut cependant coupée par l'arrivée de Dumbledore, qui semblait assez pressé. Aria perçu même une pointe d'impatience.

- Que s'est-il passé ? S'enquit-il sèchement en regardant alternativement Fudge et le professeur McGonagall. Minerva, je suis surpris de vous voir ici, je vous avais demandé de surveiller Barty Croupton.

- Il ne sert plus à rien de le surveiller ! Gronda-t-elle avec colère. Monsieur le ministre s'en est occupé lui-même !

La sorcière paraissait particulièrement en colère et Aria ne se rappelait pas l'avoir un jour vu ainsi. Remus, à ses côtés, lui assura que lui non plus, pourtant, lui et son groupe d'amis lui en avait fait voir de toutes les couleurs.

- Quand nous avons averti Mr Fudge que nous avions capturé le Mangemort responsable des événements de cette nuit, expliqua Rogue, il a semblé estimer que sa sécurité personnelle était menacée. Ainsi il a insisté pour être accompagné d'un Détraqueur et il l'a fait entrer dans le bureau où se trouvait Barty Croupton...

- Je lui avais dit que vous ne seriez pas d'accord ! Reprit McGonagall avec la même fureur. Je lui ai dit que vous n'accepteriez jamais de voir un Détraqueur pénétrer dans le château, mais...

- Chère madame, contra Fudge avec colère, en tant que ministre de la Magie, je suis en droit de décider s'il convient d'assurer ma protection lorsque je dois interroger quelqu'un qui présente un danger potentiel...

Le ministre fut cependant interrompu par le professeur de métamorphose, qui semblait véritablement hors d'elle à présent.

- Mais quand cette… cette chose est entrée dans la pièce elle s'est précipitée sur Croupton et... et lui a infligé le baiser des détraqueurs ! Hurla-t-elle.

Aria frissonna, c'était la pire sentence possible, un sort pire que la mort. Puis elle posa les yeux sur Sirius puis sur Remus, qui semblait avoir suivi le même cours de pensé qu'elle, Sirius avait à nouveau échappé de peu aux détraqueurs ce soir.

- Ce n'est pas une grosse perte ! S'emporta Fudge. Apparemment, il a été responsable de plusieurs meurtres !

- Mais il ne peut plus témoigner, Cornélius, déclara durement Dumbledore. Il ne pourra plus expliquer pourquoi il a tué tous ces gens. Ajouta-t-il.

- Pourquoi il les a tués ? Mais enfin, c'était un fou furieux ! S'exclama le ministre. D'après ce que Minerva et Severus m'ont dit, il semblait persuadé avoir agi sur les ordres de Vous-Savez-Qui !

- Oui, il se trouve que Lord Voldemort lui a bien donné des ordres, Cornélius, répondit Dumbledore. La mort de ces gens n'a été qu'un effet secondaire du plan qui visait à redonner à Voldemort toute sa force. Et il a effectivement retrouvé son corps.

Fudge se vida alors de toutes ses couleurs, clignant des yeux d'un air stupéfait et confus, semblant avoir du mal à croire Dumbledore.

- Vous-Savez-Qui... est revenu ? Balbutia-t-il, incrédule. Allons, allons… Dumbledore…

- Nous avons entendu la confession de Barty Croupton sous Veritaserum. Assura Dumbledore. Il a également révélé comment il s'était échappé d'Azkaban et comment Voldemort s'était servi de lui pour capturer Harry.

- Voyons, Dumbledore, répliqua Fudge, refusant de croire aux mots du directeur. Vous ne pouvez pas sérieusement croire à ça. Vous-Savez-Qui ? De retour ? Allons, Croupton s'est sans doute autopersuadé avoir agit sur ordre de Vous-Savez-Qui, comment pouvez-vous croire sur parole un fou comme lui ?

- Quand Harry a touché le trophée, il a été transporté auprès de Voldemort, expliqua Dumbledore avec fermeté. Il a assisté à sa renaissance. Je vous expliquerai tout en détail si vous voulez bien venir dans mon bureau. Je ne peux malheureusement pas vous permettre d'interroger Harry ce soir. Ajouta-t-il en jetant un œil au jeune sorcier.

- Et vous êtes prêt à croire Harry sur parole, Dumbledore ? Lança le ministre avec mauvaise foie.

Il y eut un moment de silence qui fut rapidement rompu par un grognement de Sirius, qui semblait furieux contre le ministre.

- Oui, je crois Harry, répondit Dumbledore avec une colère dissimulée. J'ai entendu la confession de Croupton et j'ai entendu Harry raconter ce qui s'est passé, les deux récits coïncident.

Fudge eu alors un sourire étrange, qui ne disait vraiment rien qui vaille à Aria, qui échangea un regard inquiet avec son mari, qui avait les sourcils froncés.

- Vous êtes prêt à croire que Vous-Savez-Qui est revenu simplement parce que l'on dit un assassin fou et un garçon qui...

Fudge se tourna alors vers Harry, qui sembla alors comprendre quelque chose, et ses prochaines paroles firent alors comprendre la même chose chez les personnes autour de lui.

- Vous avez lu l'article de Rita Skeeter. Dit-il.

A cela Fudge eut une expression de défi qui ne plus pas du tout aux adultes présents dans la pièce.

- En admettant que je l'ai lu ? Dit-il. Et si j'y avais découvert que vous aviez gardé le secret sur certains faits concernant ce garçon ? Fit-il envers Dumbledore. Qu'il parle le Fourchelang par exemple ? Et qu'il est pris d'étranges crises...

- J'imagine que vous parlez des douleurs liées à sa cicatrice ? Fit Dumbledore d'un ton glacial, méconnu chez les quatre anciens élèves.

- Alors, vous reconnaissez que ces douleurs sont réelles ? Répondit Fudge. Qu'il a des maux de tête ? Qu'il fait des cauchemars ? Peut-être a-t-il aussi... des hallucinations ?

- Écoutez-moi, Cornélius, coupa Dumbledore. Harry est aussi sain d'esprit que vous et moi. Cette cicatrice ne l'a en aucune manière affecté. Je suis persuadé qu'elle le fait souffrir lorsque Voldemort se trouve à proximité ou que celui-ci éprouve des sentiments particulièrement meurtriers.

Fudge avait légèrement reculé en voyant Dumbledore avancer vers lui, mais malgré la crainte que pouvait lui inspirer le directeur à cet instant, il restait sur ses idées préconçues. Alors qu'il allait à nouveau lancer une pique envers Harry, celui-ci le coupa brusquement et avec colère. Il assura avoir vu Voldemort revenir, d'avoir vu ses Mangemorts, dont il cita même les noms ; Lucius Malfoy, Macnair, Avery, Nott, Crabbe et Goyle… Mais le Ministre resta sourd à ses protestation, assurant que tous avaient étés innocentés et qu'Harry avait très bien pu voir leurs nom dans des comptes rendus de procès ayant eu lieus treize ans plus tôt.

- Dumbledore ! Gronda finalement Fudge. Ce garçon a déjà raconté des tas d'histoires à dormir debout l'année dernière. Ses affabulations sont de plus en plus invraisemblables ! Comment pouvez-vous encore le croire ?

Aria voulu protester sur les faits de l'an passé mais Remus la retint. Il ne fallait pas oublier qu'il était présent et qu'il valait mieux pour eux et Harry que ça ne soit pas rappelé au ministre, surtout maintenant qu'il semblait particulièrement remonté, surtout contre Harry et Dumbledore. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure mais consentit à ne rien faire, son mari avait raison, malheureusement. Cependant, ça n'empêchait pas qu'elle était réellement en colère contre le ministre, elle ne l'avait jamais aimé de toute façon.

- Espèce d'imbécile ! S'exclama McGonagall. Et Cedric Diggory ? Et Mr Croupton ? Ces assassinats ne sont pas seulement dus au hasard ou à l'œuvre d'un fou ! Protesta-t-elle vivement.

- Je n'ai aucune preuve ! Répliqua Fudge avec fureur. J'ai l'impression que vous êtes tous décidés à provoquer un mouvement de panique qui va déstabiliser tout ce que nous avons construit au cours de ces treize dernières années !

Aria se souvint alors des paroles de Sirius et Remus quelques mois plus tôt, c'était comme lors de la première montée au pouvoir de Voldemort, le ministère avait refusé de croire à sa puissance… Aujourd'hui le scénario se répétait et au lieu d'apprendre de ses erreurs, le ministère agissait comme à l'époque. Et c'était surement cette obstination qui allait à nouveau tous les mettre en danger.

- Voldemort est revenu, insista Dumbledore. Si vous acceptez ce fait et prenez les mesures nécessaires, nous avons encore une chance. Dans un premier temps la décision la plus avisée serait de retirer aux Détraqueurs le contrôle d'Azkaban... Assura le directeur.

- Grotesque ! Protesta le ministre. Retirer les Détraqueurs ! Je serais démis de mes fonctions si je faisais une telle proposition ! La plupart d'entre nous n'arrivent à bien dormir que parce que nous savons que les Détraqueurs montent la garde !

- Et nous, nous dormons beaucoup moins bien en sachant que vous avez confié la surveillance des plus dangereux partisans de Lord Voldemort à des créatures qui se rangeront à ses côtés dès qu'il le leur demandera ! Répliqua Dumbledore avec colère. Lorsque les Détraqueurs et ses anciens partisans l'auront rejoint, vous aurez bien du mal à l'empêcher de retrouver sa puissance d'il y a treize ans ! Gronda le directeur. Et à présent, reprit-il sans laisser le temps au ministre de répliquer, vous devriez tout de suite envoyer des émissaires aux géants !

- Des émissaires aux géants ? Protesta vivement Fudge. C'est de la folie !

- Tendez-leur la main avant qu'il ne soit trop tard, assura Dumbledore, ou alors ce sera Voldemort qui saura les convaincre, comme il l'a déjà fait par le passé !

- Vous n'êtes pas sérieux ?! Haleta Fudge en reculant d'un pas. Si la communauté des sorciers apprenait que j'ai approché les géants... Ce serait la fin de ma carrière...

- Vous êtes aveuglé par votre fonction, Cornélius ! Gronda Dumbledore. Vous accordez trop d'importance à la pureté du sang ! Votre Détraqueur a supprimé le dernier membre d'une des plus anciennes familles de sang pur et voyez ce qu'il avait choisi de faire de sa vie ! Maintenant prenez les mesures que je vous ai suggérées et vous laisserez le souvenir de l'un des plus courageux et des plus grands ministres de la Magie qu'on ait jamais connus ! Renoncez à agir et l'histoire se souviendra de vous comme de l'homme dont la faiblesse aura donné à Lord Voldemort une deuxième chance de détruire le monde que nous avons essayé de reconstruire !

Le ministre se mit alors à balbutier, répétant sans cesse que Dumbledore était fou, que tout ceci était de la démence pure… Autour de lui, tous étaient silencieux, incapable de dire un mot après l'échange tendu des deux hommes. Fudge ne semblait pas près à se départir de ses idées et Dumbledore sembla immédiatement le remarquer, aussi il ajouta, plus calmement cette fois.

- Si vous persistez ainsi, Cornélius, alors nous avons atteint la croisée des chemins. Vous agirez comme vous le jugerez bon. Et j'en ferais de même.

A ces mots, Aria vit Remus grimacer, visiblement il savait ce que ça voulait dire pour tout le monde. Fudge, quant à lui, malgré un ton dénué de menace de la part de Dumbledore, s'était raidit et fini par reprendre d'un ton accusateur.

- Écoutez-moi bien, Dumbledore. Je vous ai toujours laissé faire ce que vous vouliez. J'avais beaucoup de respect pour vous. Parfois, je n'étais pas d'accord avec vos décisions, mais je ne disais rien. Il n'y en a pas beaucoup qui vous auraient permis d'engager un loup-garou comme professeur ou de garder Hagrid, ou encore de fixer le programme scolaire sans en référer au ministère. Mais si vous vous opposez à moi...

- Le seul auquel j'ai l'intention de m'opposer, l'interrompit Dumbledore, c'est Lord Voldemort. Si vous êtes contre lui, Cornélius, nous resterons du même côté. Déclara le directeur.

Le ministre resta silencieux un instant, puis il reprit d'un ton étonnement suppliant, comme si il était mit au pied du mur.

- Il ne peut être de retour, Dumbledore, c'est impossible... murmura-t-il d'un ton proche du gémissement.

C'est alors que Rogue s'avança alors vers lui et releva la manche de sa robe, mettant son bras, et donc la marque des ténèbres, directement sous le nez de Fudge, qui tressaillit. Le professeur de potion assura qu'il y a une heure la marque était bien plus nette et que la marque avait été gravée par le feu dans le bras de tous les Mangemorts. Il lui expliqua nettement que c'était un signe de reconnaissance et un moyen de les faire venir à lui. Il assura que la marque était devenue de plus en plus nette au fils de l'année. Et que cette nuit, Karkaroff avait pris la fuite pour cette raison, parce qu'il savait, tout comme Rogue, qu'il avait sentit, que le seigneur des ténèbres était de retour.

A la fin de son récit, Fudge ne semblait pas avoir réussi à assimiler le moindre mot du professeur. Ou plutôt, il ne devait pas l'avoir réellement voulu. Enfin, après un instant de silence, il se tourna vers Dumbledore.

- Je ne sais pas à quoi vous jouez tous, Dumbledore, mais j'en ai assez entendu. Je vous recontacterai pour parler de la façon dont cette école doit être dirigée. Pour l'instant, je dois retourner au ministère.

Et sur ces mots le ministre s'en alla d'un pas pressé, non sans avoir donné à Harry le prix de mille gallions que lui rapportait la victoire du Tournoi des Trois Sorciers. Un long silence suivi la sortie du ministre. Rien de tout ce qui venait de se passer, autant pendant la troisième tâche que durant la discussion entre Fudge et Dumbledore, n'annonçait quelque chose de bon. Les choses allaient changer, vite, et pas forcément pour le mieux, pour personne.

- Il y a du travail, déclara Dumbledore en se tournant vers le groupe. Molly, j'espère ne pas me tromper en estimant que je peux compter sur vous et sur Arthur ?

- Bien sûr que vous le pouvez, Assura vivement Mme Weasley malgré son teint livide. Arthur sait à quoi s'en tenir avec Fudge. Il n'a jamais eu d'avancement au ministère à cause de son affection pour les Moldus.

- Il faut lui transmettre un message, expliqua Dumbledore. Toutes les personnes qui sont prêtes à accepter la vérité doivent être immédiatement averties et Arthur est bien placé pour contacter les personnes de confiance au sein du ministère.

- J'y vais, proposa Bill, je pars tout de suite.

- Parfait, approuva Dumbledore. Raconte-lui ce qui s'est passé. Dis-lui que je prendrai bientôt directement contact avec lui. Mais il devra se montrer discret.

- Comptez sur moi, assura Bill avec fermeté.

Le rouquin donna une tape réconfortante sur l'épaule d'Harry, embrassa sa mère, enlaça Aria en lui murmurant des mots d'encouragement, serra la main de Remus et mit sa cape avant de sortir rapidement de la salle pour exécuter la demande de Dumbledore.

- Minerva, reprit Dumbledore en se tournant vers le professeur de métamorphose, je veux voir Hagrid dans mon bureau le plus vite possible. Et également, si elle consent à venir, Madame Maxime.

La femme acquiesça et sortit à son tour.

- Pompom, dit-il en se tournant vers Madame Pomfresh. Pourriez vous descendre dans le bureau de Maugrey ? Vous y trouverez une elfe de maison du nom de Winky, elle doit être dans un grand état de détresse. Faites ce que vous pouvez et ramenez-la aux cuisines. Dobby s'occupera d'elle.

- Très bien, acquiesça-t-elle, non sans étonnement, avant de quitter la pièce.

Quand la femme fut éloignée, Dumbledore se tourna vers le groupe.

- Maintenant, je crois qu'il est temps pour deux d'entre nous de se reconnaître tels qu'ils sont. Sirius... Voudriez-vous reprendre votre forme habituelle ? S'enquit-il.

Alors, sous les yeux stupéfait de Mme Weasley, que son fils s'empressa de rassurer, et ceux mi-horrifiés, mi-énervés du professeur de potion, Sirius reprit forme humaine. La réaction du professeur vis-à-vis de l'animagus ne se fit cependant pas attendre

- Lui ! Gronda-t-il en échangeant un regard furieux avec le fugitif. Qu'est-ce qu'il fait ici ?

- Il est ici parce que je l'ai invité, fit simplement Dumbledore, tout comme vous, Severus. Je sais que je peux compter sur vous deux. Le moment est venu d'oublier vos anciennes querelles et d'avoir confiance l'un dans l'autre.

- Ça, ce n'est pas gagné, murmura Remus à sa compagne, qui savait combien les deux hommes se haïssaient.

Autant Remus avait eu le mérite de ne pas réellement participer à la vendetta contre Rogue quand il était élève, autant ce n'était pas le cas de Sirius, qui en était l'un des principaux instigateurs. D'ailleurs, les deux hommes se toisaient avec la plus grande des répulsions, autant dire que Dumbledore demandait un véritable miracle.

A peine Aria eut-elle le temps d'hocher la tête aux mots de son mari que le directeur se tournait vers eux.

- Aria, Remus, je compte également sur vous. Déclara-t-il.

Alors que le couple allait hocher la tête pour confirmer, bien qu'avec un mécontentement visible pour Aria, de fait des nombreuses attaques verbales du professeur de potion envers elle, celui-ci s'exclama, indigné :

- Parce qu'évidement, ils sont dans le coup, gronda le maitre des potions, en même temps, on ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas Lupin ?

- Hé ! Protesta Sirius, appuyé par Aria, qui semblait outrée, il ne t'a rien…

- Je veux bien faire ce qu'il faut, mais ça doit être réciproque. Interrompit le loup garou avec un soupir, coupant l'élan de son ami et de sa femme.

L'animagus grogna légèrement, néanmoins étonné du comportement d'Aria. Jamais il n'avait vu la jeune femme agir de cette façon, bien sur il savait qu'elle n'appréciait pas du tout le maitre des potions, mais il ne s'était pas attendu à ça.

- A court terme, modéra finalement Dumbledore pour apaiser le groupe. Vous pourriez simplement vous contenter de ne pas vous manifester d'hostilité ouverte. Soupira-t-il en regardant Sirius, Aria et Rogue. Vous allez commencer par vous serrer la main. Vous êtes du même côté, désormais. Il faut s'unir dès maintenant, sinon il n'y aura bientôt plus d'espoir pour aucun d'entre nous. Conclu le directeur en posant les yeux sur Sirius et Rogue.

Finalement, très lentement, mais en continuant de se lancer des regards assassins, Sirius et Rogue se serrèrent la main pendant une fraction de seconde, et il en fut de même entre Aria et le maitre des potions ainsi qu'avec son mari. Dumbledore était moins inquiet concernant le loup garou. Les deux hommes avaient réussi à s'entendre l'an passé, ils seraient capable d'en faire de même à présent, bien qu'il ne cautionne pas du tout ce qu'avait fait son professeur de potion envers le lycanthrope en fin d'année.

- Ça suffira pour l'instant, déclara-t-il finalement. A présent, j'ai du travail pour vous. L'attitude de Fudge, bien qu'elle ne soit pas surprenante, change tout. Sirius et Remus, il faut que vous partiez immédiatement prévenir Arabella Figg, Mondingus Fletcher et tous les anciens. Ensuite, restez cachés à la Tanière, je vous contacterai là-bas.

Harry voulu protester contre leur départ, mais l'animagus s'empressa de le rassurer.

- On se reverra très bientôt, Harry, assura-t-il. Je te le promets. Mais je dois y aller, c'est important, tu comprends ?

- Oui, soupira Harry. Oui... Bien sûr…

- Et Aria reste avec toi, dit-il en échangeant un regard avec la jeune femme, qui acquiesça avec un sourire rassurant envers Harry.

- D'accord…

L'animagus acquiesça, frotta doucement la tête de son filleul et se transforma à nouveau en chien. Remus, après avoir embrassé sa femme et échangé quelques mots réconfortant avec elle, le rejoignit et ils quittèrent la pièce.

- Severus, reprit Dumbledore. Vous savez ce que je dois vous demander. Si vous êtes prêt...

- Je suis prêt, assura Rogue malgré une légère pâleur.

- Alors, bonne chance, conclu Dumbledore.

Là-dessus le maitre des potions quitta la pièce à son tour et Dumbledore se tourna vers Aria.

- Ariana, j'ai peur de devoir te demander de reprendre la tâche de tes parents où ils l'on laissée il y a treize ans. Penses-tu pouvoir le faire ?

Aria se mordit la lèvre en baissant les yeux, pensive. Après un instant de silence, elle hocha doucement la tête.

- Je ferai de mon mieux. Mais je doute obtenir plus de résultats qu'eux, les évènements de la dernière guerre n'ont pas joués en notre faveur de ce point de vue là.

- Je m'en doute, mais il faut essayer.

La jeune femme hocha à nouveau la tête, avec néanmoins plus d'assurance.

- Penses-tu que l'on puisse également demander le soutient de miss Sunders ? Reprit le directeur.

- Sans problème. Affirma Aria.

- Alors je compte sur toi pour la mettre au courant.

- Entendu. Acquiesça-t-elle à nouveau alors que Dumbledore se tournait vers le reste du groupe.

- Je dois redescendre. Il faut que je voie les Diggory. Harry, bois le reste de ta potion. Je reviendrai plus tard, d'ici là, Ariana, Molly, je vous le confie.

Les deux femmes acquiescèrent et le directeur quitta la pièce.

- Il faut que tu finisses ta potion, Harry, fit gentiment Aria en posant une main rassurante sur son bras.

- C'est vrai, tu as besoin d'une bonne nuit de sommeil. Ajouta Molly d'un ton maternel. Essaye de penser à autre chose... Pense par exemple à tout ce que tu vas pouvoir t'acheter avec ce que tu as gagné ! Dit-elle en essayant de lui remonter le moral.

- Je ne veux pas de cet or, répondit faiblement Harry. Prenez-le, vous le méritez toutes les deux plus que moi. Ou donnez-le à n'importe qui. Ce n'est pas moi qui aurais dû le gagner, c'est Cedric…

Sa voix semblait sur le point de se briser et Aria, comme Molly, comprirent immédiatement que la culpabilité commençait à naitre en lui.

- Ce n'est pas de ta faute Harry, fit précipitamment Mme Weasley.

- Je lui ai dit de prendre le trophée en même temps que moi, gémit Harry.

- Harry… Murmura Aria en le prenant dans ses bras, bientôt imitée par Mme Weasley.

Très vite le jeune homme se laissa aller à leur étreinte et laissa toute sa douleur s'échapper à travers de longs sanglots. Quand le jeune sorcier fut plus calme, Mme Weasley s'écarta légèrement, gardant une main du Gryffondor contre elle, pour remplir le gobelet posé sur la table de chevet de potion pour un sommeil sans rêves. Aria, de son côté, posa son front contre celui du jeune garçon et l'obligea à la regarder dans les yeux, tendrement.

- Harry, tu es un jeune homme bien, un jeune homme noble et courageux. Assura-t-elle en essayant doucement ses joues mouillées avec ses pouces. Je n'ai pas de fils, Harry, mais si un jour j'ai la chance d'en avoir un, je voudrais qu'il soit exactement comme toi… Sourit-elle alors que le jeune homme l'enlaçait à son tour, son visage niché contre son épaule, ému.

- Je… murmura-t-il, je ne sais pas ce que… ce que c'est que d'avoir une mère, mais pour moi… pour moi tu es ce qui s'en rapproche le plus… Avoua faiblement le jeune garçon.

- Bon sang, c'est moi que tu vas faire pleurer maintenant. Fit Aria avec un reniflement, les larmes aux yeux.

Le Gryffondor eut un petit rire entre ses larmes et il s'écarta légèrement. Il échangea un sourire avec Aria et bu la potion que lui tendait gentiment Mme Weasley. Immédiatement, il retomba sur ses oreillers et fut emporté dans un profond sommeil sous le regard attendrit d'Aria et Mme Weasley.