Attention : Harry Potter ne m'appartient pas.
Note de l'auteur :
Voilà un peu de lecture pour ces moments difficiles ! Bonne lecture à tous et bon courage ! A bientôt !
Les jours défilèrent rapidement après l'audience et ceux-ci furent longuement ponctués par le nettoyage de la maison, qui prenait beaucoup de temps, n'ayant pas été habitée depuis une bonne dizaine d'année.
Un après midi, alors que tous étaient occupés au troisième étage, Aria travaillait calmement sur le bureau présent dans sa chambre actuelle. A la rentrée, elle serait à nouveau enseignante et elle devait mettre son programme au point pour l'année, au moins pour les deux-trois premiers mois. Elle avait longuement repensé à son futur travail et avec l'annonce de sa grossesse, elle trouvait que c'était tout à fait approprié, elle serait en sécurité à Poudlard et pourrait veiller sur Harry et ses amis. D'ailleurs, Remus était tout à fait d'accord avec elle, il semblait même soulagé. Bien sur, elle n'aimait pas devoir être mise de côté par rapport à l'ordre du phénix, mais elle n'avait pas le choix, pour le bien de son enfant.
Puis, elle posa les yeux sur le tas de papier qui trainait dans le coin de son bureau et émit un long soupir. Ces papiers concernaient les lycans qu'elle devait contacter, le transplanage lui étant peu recommandé à partir de 5 mois de grossesse, elle devrait rapidement en contacter certain nombre, bien plus tôt qu'elle ne l'aurait cru. Bien sur, elle n'aurait pas le temps de tous les faire avant qu'elle soit interdite de transplanage, mais elle devait en faire un maximum et reprendre une fois qu'elle serait à nouveau capable de transplaner, utiliser d'autres moyens de transport prendrai trop de temps et elle n'en avait pas.
Elle fut soudainement sortie de ses pensées par des coups frappés à sa porte. Quand elle donna l'autorisation d'entrer, elle vit Harry apparaitre dans l'embrassure de la porte et la refermer derrière lui, hésitant.
- Je… Je te dérange ?
- Pas du tout, sourit-elle. Installe-toi ! Invita-t-elle en lui indiquant le bord du lit.
Le jeune homme acquiesça doucement et, une fois installé, sembla chercher ses mots. Étonnée, Aria leva un sourcil et vint s'assoir à côté de lui.
- Hé bien alors Harry, quelque chose ne va pas ? S'enquit-elle gentiment.
- Je… ça peut te paraitre bizarre mais… je… je voulais juste discuter.
- Hé bien, je suis un peu étonnée, admit-elle, tu ne discutes plus avec Hermione et Ron ? Vous vous êtes disputés ?
- Ho non ! Non. Assura vivement Harry. C'est juste… j'avais envie de discuter avec toi… ça t'ennui ?
- Pas du tout ! Sourit Aria, ravie. Au contraire, ça me fait très plaisir. Tu voulais discuter de quelque chose en particulier ?
- Je ne sais pas trop, avoua-t-il, gêné… Je me disais…
- Oui ? Invita Aria, souriante, heureuse que le jeune homme souhaite se confier à elle, même si ce n'était pour rien d'important.
Le jeune homme lui parla alors de sa hâte de retrouver Poudlard. Il avait eu si peur d'en être renvoyé, qu'à présent il avait hâte d'en retrouver le moindre recoin. Aria lui avoua comprendre cet empressement, elle-même, quand elle avait pu y retourner en tant qu'enseignante la première fois, avait été aussi impatiente qu'à son premier jour. Elle aussi avait cru ne jamais plus revoir cette école qui lui était si chère. Puis, il lui parla de sa déception vis-à-vis de l'ordre du phénix. Pas qu'il soit déçu de ce qu'ils faisaient ou défendaient, loin de là, mais il avait espéré qu'en habitant dans le QG de l'ordre, les choses seraient plus excitantes. Aria avait rit à cela, bien sur qu'il s'était attendu à ça, c'était un adolescent et tous étaient avide d'aventure et de curiosité. Et puis, il était vrai, comme Harry le lui avait dit, qu'on les tenait à l'écart de tout ce qui se disait.
- Essaie de comprendre, Harry, expliqua doucement Aria. Tu n'as déjà que trop souffert avec toute cette histoire, depuis le début, et nous sommes les adultes. On veut te protéger, protéger les gens de ta génération et des générations suivantes, qui n'ont pas connues les horreurs de la guerre. C'est notre devoir en tant qu'adultes, et parents pour certains. La plupart des gens que tu vois ici ont vécus la guerre précédente, d'une façon ou d'une autre, et on ne souhaite ça à personne, et surtout pas des jeunes comme vous, dont on veut préserver la jeunesse et la joie de vivre, loin des horreurs de la guerre. Vous êtes l'avenir, si on vous implique et qu'il vous arrive quelque chose, que deviendra-t-il, cet avenir ?
- Je… je comprends, acquiesça doucement Harry, tête basse, mais je suis le principal concerné, tu l'as dit toi-même, j'ai le droit de savoir !
- Et tu sauras, le moment venu. Assura-t-elle. Je sais que tu es impatient, reprit-elle en le voyant près à protester, et c'est normal à ton âge, mais tout ce qu'on te demande c'est de nous faire confiance. On est tous impliqués dans cette guerre, Harry, il n'y a pas que toi, on veut tous se battre. On est tous du même côté. Harry, ne nous considère pas comme tes ennemis parce qu'on veut te protéger. Bien sur tu peux te mettre en colère, nous en vouloir à tous, mais réfléchi bien à ta position et à la notre.
Elle vit le jeune homme serrer les dents et soupira en levant les yeux vers le plafond.
- Je suis désolée Harry, ce n'est sans doute pas ce que tu voulais entendre. Admit-elle. Mais c'est la réalité des choses. Soupira-t-elle avant de prendre son visage en coupe pour qu'il la regarde dans les yeux. Je serais toujours de ton côté Harry, quoi qu'il arrive, mais c'est aussi mon rôle de te dire les choses comme elles sont, pour ton bien. Assura-t-elle. Je n'agirai jamais contre toi, Harry. J'ai été à ta place un jour et je sais ce qu'on pense à ton âge, mais avec le recul et l'expérience, je sais aussi ce qu'il est bon de faire ou non. Aie confiance en moi, en nous, s'il te plait. Je te dirai ce qu'il faut savoir quand ce sera nécessaire, quand je jugerai que c'est le bon moment.
- Même si Dumbledore te l'interdit ? Demanda finalement Harry.
- Oui, si je considère qu'il a tord.
- Dumbledore… avoir tord ? Soupira l'adolescent en s'écartant légèrement d'Aria, tête basse.
- Crois-le ou non, je n'ai pas toujours été d'accord avec lui, même si il est mon parrain. A une période, j'étais même très en colère contre lui, quand j'avais à peu près ton âge.
- A la mort de ta famille… Devina Harry.
- Oui, acquiesça-t-elle, je jugeais qu'il était responsable de ce qu'il s'était passé, qu'il aurait dû être là pour les protéger. Mais j'avais tord, il ne pouvait pas prévoir ce qu'il allait se passer et il n'était pas là uniquement pour protéger ma famille. J'en voulais au monde entier à l'époque, même après Abby, qui n'y pouvait rien non plus.
- Contre Abygail ? Vraiment ? S'étonna Harry, ébahi.
- Hé oui. Acquiesça-t-elle avec un vague sourire. Et je peux te dire qu'elle m'a violemment remit à ma place, elle était bien plus mature que moi à l'époque, contrairement à ce qu'elle laissait paraitre. Rit-elle doucement.
- Je ne pensais pas que vous aviez put avoir un moment de froid comme ça… Admit le jeune homme.
- Hé si. Mais ça nous rend plus fort, quand on arrive à le surmonter. Tu as pu le constater toi-même avec Ron et Hermione en troisième année. Vous étiez tous fâchés et vous en êtes ressortis plus soudés que jamais.
- C'est vrai. Admit-il avec un bref sourire.
- Pour en revenir à Dumbledore, même si à l'époque j'étais en colère contre lui et qu'il avait raison en disant qu'il ne pouvait être partout et tout prévoir, il n'a pas toujours absolument raison, même si c'est assez récurent. Grommela-t-elle. En tout cas, je peux t'assurer que si je considère qu'il à tord de te cacher tel ou tel information, je t'en ferai part.
- Mais… ça ne t'attirerai pas d'ennuis ? Hésita Harry.
- Peut-être, mais je saurai faire entendre raison à Albus si besoin est. Assura-t-elle. Mais j'ai confiance, il te dira ce que tu dois savoir quand il le jugea nécessaire.
Le jeune Potter acquiesça silencieusement, repensant aux mots de la femme qu'il considérait comme une mère.
- Merci… Dit-il finalement.
- A ton service ! Rit-elle doucement. Au fait, tu en as peut être entendu parler, je reviens à Poudlard cette année, je remplace Hagrid le temps qu'il négocie avec les géants. Sourit-elle.
- Vraiment ?! S'exclama le Gryffondor, ravi. C'est génial ! Vraiment génial ! Assura-t-il avec excitation.
- Ravie que ça te fasse autant plaisir ! Rit la lycan. Donc, si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, même juste de parler, comme aujourd'hui, tu pourras venir me voir quand tu le souhaite. Les week end je serais surement en voyage ou à la Tanière, mais en semaine je serai là. Assura-t-elle.
- En voyage ?
- Je dois contacter un certain nombre de personnes pour Dumbledore. Dit-elle.
Elle lui parla alors longuement de la mission de ses parents lors de la première guerre, mission qu'elle avait reprise et qu'elle allait devoir remplir au maximum avant que ça ne lui soit rendu impossible par sa grossesse.
- Je vois… Acquiesça Harry. C'est du travail… C'est comme ça pour tout le monde dans l'ordre ?
- Ho que oui, voir bien plus. Je trouve ma tâche relativement simple par rapport à la leur ! Dumbledore me ménage, c'est certain. Mais d'un autre côté, en m'envoyant à Poudlard, il m'assigne également une mission de protection et de surveillance. Expliqua-t-elle.
- C'est logique… Admit-il.
Aria sourit doucement, heureuse que le jeune homme soit plus raisonnable concernant ce qu'on pouvait lui cacher.
- Tu voudrais me parler d'autre chose ? S'enquit-elle tranquillement.
Le garçon sembla réfléchir à la question, puis il sembla se rappeler quelque chose et dans la seconde suivante il devint rouge pivoine. Curieuse et amusée, Aria leva un sourcil interrogateur.
- C'est au sujet des filles ? S'enquit-elle, amusée.
- Qu…Quoi ? S'étonna-t-il, pris au dépourvu. N…non ! Rougit-il.
- Tu peux tout me dire tu sais, je répondrais à tes questions. Assura-t-elle gentiment, bien qu'amusée.
- Mais non ! Protesta-t-il, rougissant. Ça n'a rien à voir !
Aria ne put s'empêcher d'éclater de rire devant la gêne du jeune homme, le faisant croiser les bras avec embarras. La lycan sourit et serra l'adolescent faussement bougon contre elle d'un geste maternel.
- C'est pas sympa, j'étais sérieux… Grommela-t-il.
- Je sais, excuse moi, mais tu aurais dû voir ta tête. Rit-elle doucement.
- Abby déteint trop sur toi… D'ailleurs, je me demande comment ça n'a pu ne pas arriver avant, depuis le temps que vous vous connaissez.
- Va savoir ! S'amusa-t-elle. Allez, je ne me moquerai pas, dis moi tout. Assura-t-elle alors que l'adolescent se redressait.
Il la détailla un moment du regard, s'assurant de son sérieux, puis, quand il paru satisfait, il acquiesça et se jeta à l'eau, non sans une certaine gêne.
- Je me demandais… ça peut paraitre égoïste mais… si… si Sirius n'est pas innocenté avant un moment et que je… je ne peux pas vivre avec lui, loin des Dursley… Est-ce que je pourrais rester avec toi et le professeur Lupin ? Et avec Sirius aussi, bien sur… hésita-t-il.
D'abord stupéfaite, Aria resta silencieuse un moment. Prenant son silence comme le début d'un refus, Harry reprit, moins énergiquement, cependant.
- Je sais qu'avec le bébé ça ne sera pas… c'est pas grave si…
Il fut soudainement coupé par Aria, qui le serra contre elle à nouveau, les bras tremblants. Harry, d'abord désemparé, lui rendit son étreinte, ému. Aria, les yeux humides, lui embrassa doucement le front quand elle s'éloigna légèrement de lui.
- Tu es le bienvenu, Harry, tu le seras toujours. Ça me fait très plaisir que tu me demande ça et nul doute que Remus penserait pareil. On tient beaucoup à toi, vraiment beaucoup, et ça serai avec plaisir que nous t'accueillerons, même avec le bébé à la maison, il y a bien assez de place ! Assura-t-elle avec émotion. Et tu ferais un frère formidable. Sourit-elle alors que le jeune Potter semblait sur le point de fondre en larme.
- Merci… Merci Aria… Tu ne sais pas combien ça compte pour moi…
La future mère acquiesça doucement, incapable d'en dire d'avantage sans prendre le risque d'éclater en sanglots. Après un moment, la jeune femme prit de nombreuses inspirations et reprit, plus doucement.
- Je vais en parler à Dumbledore, pour le coup, je ne peux et dois m'adresser qu'à lui. Il sait des choses que j'ignore au sujet de la raison pour laquelle tu es chez les Dursley, des raisons qui vont bien au-delà du fait qu'ils soient ta seule famille, j'en suis convaincue. Cependant, si je ne peux rien faire, tu devras patienter jusqu'à ta majorité sorcière, à 17 ans. D'accord ?
- C'est un peu dur à entendre, admit-il, mais je sais que si Dumbledore refuse, tu n'y pourras rien… D'accord, je serais patient…
- Tu es raisonnable, je suis très fière de toi. Assura-t-elle.
Le jeune homme rougit légèrement, touché. Aria était comme sa mère, il le lui avait déjà dit, mais surement ne le dirait-il jamais assez. Lui qui n'en avait jamais eue, elle était l'image qu'il se faisait le plus. Si sa mère était encore en vie, il souhaiterai vraiment qu'elle soit comme Aria. Remus était, lui, plus comme un oncle, oui, un oncle proche, tout comme Sirius, en réalité. Et, à eux deux, ils étaient l'idée qu'il se faisait d'un père. A la fois raisonnable et bon conseiller, comme Remus, et un peu excentrique et énergique comme Sirius.
Harry était heureux, que se soit dans l'année ou dans deux ans, il aurait enfin la famille dont il rêvait tant. Disons plutôt, qu'il pourrait l'avoir avec lui au quotidien, vivre une vraie vie de famille et il ferait tout pour la protéger.
Quelques jours avant la rentrée, les adolescents reçurent leurs listes de matériel pour l'année, plus tard qu'à l'accoutumée, en revanche, dû au fait que le nouveau professeur de défense contre les forces du mal se soit fait attendre un moment. Cependant, une nouvelle surprise avait accompagnée les listes, la nomination de Ron et Hermione en tant que préfets de Gryffondor. La nouvelle fut accueillie avec joie et étonnement à la fois, non seulement beaucoup avaient pensés qu'Harry serait nommé, et non Ron.
Bien que tous fêtent la nouvelle avec gaité, Aria ne manqua pas de remarquer l'humeur maussade d'Harry. Aussi, alors qu'elle devait aller chercher les livres des enfants avec Molly, elle décida d'emporter Harry avec elles sans préavis, prenant l'adolescent de court.
C'est ainsi que le lendemain matin, Harry, Aria et Molly se retrouvèrent sur le chemin de traverse.
- Aria ? C'est vraiment sûr de me faire sortir ? Dumbledore ne serait pas contre ? S'enquit faiblement le jeune homme, hésitant.
- Je ne te l'ai pas dit il y a juste quelques jours ? Si je ne suis pas d'accord avec une décision de Dumbledore, j'agis comme je le juge correct. Et je voulais te parler loin des oreilles indiscrètes, si tu vois ce que je veux dire.
Effectivement, il voyait bien, il n'avait que trop l'habitude de voir trainer les oreilles à rallonges des jumeaux. Cependant, le sérieux de la jeune femme l'étonnait autant qu'il l'inquiétait. Jamais il ne l'avait vu aussi sérieuse, habituellement elle avait toujours un doux sourire aux lèvres ou un regard tranquille, mais ce n'était pas le cas aujourd'hui. Et étrangement, ça lui faisait presque plus peur que quand il avait eu son audience au ministère.
Quand ils eurent terminés leurs achats chez Fleury et Bott, Aria et Harry se dirigèrent vers le glacier de Florian Fortarôme, où ils s'installèrent en attendant Molly, qui devait passer au magasin de Quidditch pour acheter un nouveau balai à Ron, en récompense de sa nomination en tant que préfet.
- Alors, Harry, reprit Aria, j'ai bien vu que quelque chose n'allait pas, tu veux m'en parler ?
Le jeune sorcier hésita, regardant vaguement sa coupe de glace vanille chocolat.
- C'est pour ça que tu voulais me parler en dehors de… la maison… n'est-ce pas ? Soupira-t-il.
- C'est exact, sourit-elle doucement, je me suis dit que ça serait plus facile pour toi.
Après un nouveau soupir, le jeune homme commença à lui avouer ce qu'il avait sur le cœur depuis qu'il avait apprit la nomination de Ron en tant que préfet. Sa déception de ne pas avoir été choisi, bien qu'il aurait dû s'y attendre, au vu de ce qu'il s'était passé jusqu'à aujourd'hui, sa honte de penser qu'il aurait dû être choisi malgré tout… Il lui avoua que ces pensées le répugnaient mais qu'il n'arrivait pas à mettre fin à ses doutes, était-il aussi prétentieux et arrogant que Drago Malfoy ? S'estimait-il supérieur à tous les autres ? Pouvait-il se croire véritablement meilleur que Ron ? A ces question il essayait de penser ''non'', mais il ne pouvait s'empêcher de douter de lui tellement ces seules pensées l'horrifiaient. Et puis, il ne cessait de se ressasser leur amitié depuis qu'ils s'étaient rencontré et de se comparer, espérant trouver en quoi il était le meilleur et en même temps en quoi il était égal à Ron, espérant trouver l'un pour contrer l'autre et vis versa.
Il lui donna l'exemple de leurs aventures, où à chaque fois ils avaient risqué le renvoi. Il lui expliqua qu'il savait qu'ils les avaient toujours vécues tous ensemble, avec Hermione, mais qu'il pensait aussi que ce n'était pas toujours le cas. Qu'ils n'étaient pas à ses côtés pour affronter Quirrell, Jedusor et le Basilic… Qu'ils n'avaient pas repoussé tous ces Détraqueurs le soir où Sirius s'est échappé ou qu'ils n'étaient pas dans le cimetière avec lui lorsque Voldemort était revenu…
Il avait l'impression d'être injustement traité, sentiment qu'il avait déjà ressentit en arrivant au Square Grimmaurd, quand il avait remarqué que tout le monde lui cachait des choses… Mais d'un autre côté, encore une fois, il regrettait d'oser penser ainsi et son propre comportement l'écœurait, même si il faisait ce qu'il pouvait pour trouver des pensées impartiales.
Quand il eut fini son récit, tête basse, Aria resta silencieuse un moment, cherchant les bons mots pour rassurer Harry. C'était un adolescent et ça, beaucoup de monde avait, mine de rien, surtout Sirius d'ailleurs, tendance à l'oublier. C'était normal de réagir de cette façon et d'avoir de telles pensées, le principal était de se rendre compte de son erreur et c'était précisément ce qu'avait fait Harry, et c'était une preuve de grande maturité malgré tout. Puis, elle essaya de se souvenir de la façon dont elle était au même âge que lui et la solution lui vint presque immédiatement.
- Harry, je ne vais évidement pas te dire que c'est bien de penser ainsi, mais je ne vais pas non plus te dire que c'est mal. Commença-t-elle sous le regard ébahi du jeune homme, ce à quoi elle sourit doucement. C'est normal, Harry. N'importe qui, à ton âge, penserait comme toi. Assura-t-elle. Tu es jeune et à ton âge on pense à plein de choses, on se pose plein de questions. Ce qui compte, c'est ce que tu vas décider de donner comme réponse à ces questions. Te confier à moi est déjà un grand pas, tu aurais très bien pu refuser.
Le Gryffondor sembla méditer ses paroles avant de lever à nouveau les yeux vers elle, attendant qu'elle reprenne, ce qu'elle fit avec un sourire malicieux.
- Tu sais Harry, je vais être honnête, j'ai été comme toi à un moment donné.
- Toi ? S'étonna le jeune homme. Tu me fais marcher…
- Non, non, je t'assure. Se défendit-elle.
Il leva un sourcil mais la laissa continuer, curieux.
- Quand mon frère était vivant, j'étais assez jalouse de lui, en fait. Admit-elle. Bien sur je l'adorais et on était inséparables, mais je n'arrivais pas à me sortir cette idée de la tête, pourtant je l'exécrais réellement, un peu comme toi. Expliqua-t-elle en s'adossant plus profondément dans son siège. Mon frère était… ce que je n'étais pas. Il était charismatique, populaire, énergique, farceur… Il ressemblait beaucoup à Sirius au même âge, en fait. Je l'enviais beaucoup, j'étais incapable de faire tout ça. Moi j'étais plutôt timide, et malgré ma bienveillance, j'étais, et je suis toujours, terriblement maladroite, ce qui m'apportait beaucoup d'ennuis. A l'envier comme je le faisais, je pensais être quelqu'un d'horrible. Admit-elle avec un soupir. Et puis je me suis confiée à ma mère, qui m'a beaucoup conseillée. Je ne sais pas si je suis aussi convaincante qu'elle, mais je l'espère ! Rit-elle.
Harry sourit doucement en hochant légèrement la tête, touché et amusé par les propos de la jeune femme.
- Et qu'est-ce que qui t'a convaincue du contraire ? S'enquit-il finalement, semblant plus apaisé.
La lycan se fit pensive un instant avant de répondre.
- D'entendre que c'était normal, que ça ne voulait pas dire que je n'aimais pas mon frère, dans ton cas, que tu n'aimes pas Ron. C'est humain de penser de cette façon à cet âge, même plus tard ! Le tout c'est de ne pas se laisser submerger par tout ça, de réaliser, comme tu l'as fait, que tu regrettais de penser ainsi, c'est le principal, c'est la clé. Tu verras, ça finira par se tasser, passer, sans entacher ton amitié avec Ron. Parce que tu tiens à ton ami, c'est pourquoi tu regrettes malgré ton amertume. Tu es un jeune homme bien, Harry, n'en doute jamais.
Le jeune homme la regarda à un moment, ne sachant quoi dire, puis baissa la tête, un faible sourire sur les lèvres.
- On n'arrête pas l'émotion depuis quelques temps… Soupira-t-il, mi-amusé mi-touché.
- On dirai, il va falloir y aller doucement à l'avenir, avec ma grossesse je risque de souvent fondre en larme sinon. Rit la lycan.
Le jeune homme acquiesça entre deux rires alors que Mme Weasley les appelaient pour rentrer, ayant visiblement terminé ses courses. Le jeune sorcier échangea un regard complice avec celle qu'il considérait comme une mère, et ils rejoignirent Molly. En rentrant au Square Grimmaurd, Harry sentait plus détendu, plus en paix avec lui-même, rassuré. Aria avait les mots pour l'apaiser, depuis leur rencontre. Il se souvenait encore du jour où il s'était isolé dans le parc, pour échapper à la surprotection des préfets et des professeurs, suite à l'intrusion de Sirius dans Poudlard. Elle allait voir Hagrid et l'avait aperçu. Elle connaissait sa situation et avait compris la raison pour laquelle il s'était isolé. Pourtant, elle était venue le voir et l'avait rassuré avec des mots très simples, elle lui avait changé les idées et il lui en avait été très reconnaissant.
Quoi que leur réserve l'avenir, il ferait tout pour, qu'à nouveau, il ait droit à ces moments si spéciaux avec elle.
