Attention : Harry Potter ne m'appartient pas.
Bonne lecture à tous !
Dans la soirée, quand Remus rejoignit sa compagne, il su immédiatement qu'elle ne dormait pas, quand bien même elle lui tournait ostensiblement le dos et n'avait pas réagit à son arrivée. Avec un long soupir, il se changea et la rejoignit. Il hésita un moment à lui parler, mais il savait qu'elle ne lui répondrait pas. Alors, avec un nouveau soupir, il s'allongea sur le dos, regardant distraitement le plafond, pensif, jetant de fréquents coups d'œil vers sa femme. Celle-ci ne bougeait pas d'un iota, mais sa respiration lui indiquait clairement qu'elle ne dormait pas.
Finalement, soucieux qu'elle se referme trop sur elle-même, il décida de se lancer, quand bien même il n'obtiendrait rien. Au moins, elle saurait qu'il était à l'écoute si elle en avait besoin.
- Aria…
- Je ne veux pas en parler. Répéta-t-elle.
Le loup garou soupira mais continua.
- Peut-être, mais si tu le souhaites à un moment donné, je t'écouterais.
- Je sais. Soupira-t-elle à son tour en se tournant vers lui.
Le regard de la jeune femme était voilé, il y voyait tristesse, hésitation, honte aussi… Peiné, il la rapprocha de lui, la calant contre son torse alors qu'elle enfouissait sa tête au creux de son épaule.
- Ce n'est pas que je ne veux pas… dit-elle à mi-voix, mais… mais c'est idiot et pourtant… pourtant je n'arrive pas à me le sortir de la tête...
- Alors parle-moi, je ne te jugerais jamais, tu le sais. Assura le loup garou.
- Je sais mais… dit-elle en s'interrompant avec un long soupir, cherchant ses mots. J'ai peur de me retourner contre vous. Admit-elle finalement.
- Te retourner contre nous ? Mais pourquoi ? S'étonna Remus, interloqué.
- Je… ma partie Lycan… si les Mangemorts, si Voldemort l'apprend, ils feront tout pour que… pour me forcer à… je ne veux faire de mal à personne…
- Tu as peur qu'ils trouvent le moyen de t'obliger à mordre quelqu'un et de l'infecter… Réalisa l'ex-professeur.
La jeune femme hocha doucement la tête et reprit.
- Si ils venaient à apprendre… si ils savaient comment m'y obliger… ils auraient toute une armée de loup garou possédant la puissance de feu des lycans…
- Comment pourraient-ils t'obliger à… Commença-t-il avant de s'interrompre, réalisant toute l'horreur de la chose.
Pour l'obliger à infecter quelqu'un, les Mangemorts, suffisamment informés, avaient plusieurs façons d'agir… Soit en la torturant à la folie, de sorte qu'elle perde le contrôle de ses pouvoirs et infecte quiconque est mordu, soit en la mettant au pied du mur, de sorte qu'elle perde le contrôle en devant se protéger, et enfin en la faisant chanter… l'utiliser lui, leurs amis ou leur futur enfant… La situation était épineuse mais rien ne disait que les Mangemorts, ou Voldemort, soient au courant de l'existence des lycans, cette maigre protection que lui offrait la quasi disparition de son espèce la protégeait, en un sens. Mais pour une raison ou pour une autre, ils pouvaient tout aussi bien être au courant… Il allait falloir se montrer très prudent, spécialement quand Aria entrerait en contact avec d'autres lycans. D'un autre côté, il était soulagé qu'elle doive rester à Poudlard jusqu'au retour d'Hagrid, elle serait en sécurité là bas, et leur enfant aussi.
- Ça va aller, murmura-t-il finalement, resserrant son étreinte autour de sa femme. Rien n'indique qu'ils soient au courant de l'existence des lycans, et quand bien même, rien ne peut t'identifier comme tel.
- Mais si… gémit-elle, inquiète au possible.
- Ça ira, fait-nous confiance. Bien sur il faudra être extrêmement prudente quand tu iras rencontrer les autres lycans, mais ça ira, les lycans sont tellement rares qu'il y a peu de chance qu'ils apprennent votre existence. Ça va aller, on va tous se serrer les coudes et tu seras en sécurité à Poudlard. Assura-t-il.
La jeune femme sembla vouloir rajouter quelque chose mais resta silencieuse un moment avant d'hocher doucement la tête. Puis, il la sentit se détendre d'un seul coup et sa respiration se faire plus douce et régulière. Il s'écarta légèrement et la trouva endormie, le visage plus paisible. Sans doute avait-il trouvé les mots pour la rassurer, mais il savait aussi que son inquiétude ne disparaitrait pas avant que toute cette histoire soit terminée…
Quelques jours passèrent et il fut temps pour les enfants de retourner à Poudlard. La question de l'épouvantard ne fut plus abordée et Aria sembla retrouver son caractère habituel. Il fut décidé que certains membres de l'ordre escorteraient Harry et ses amis jusqu'au Poudlard Express et qu'Aria rejoindrait Poudlard en début d'après midi, lui laissant le temps de terminer ses bagages et ensuite de s'installer dans les appartements qu'elle occuperait à Poudlard.
Le matin du départ, tous se réunirent autour d'un grand petit déjeuner, même Abygail resta aussi longtemps qu'il le lui était possible avant de partir travailler. La suite fut… plus chaotique… Entre les jumeaux qui ne cessaient d'utiliser leurs baguettes pour faire des farces, le tableau de Mme Black qui hurlait sous le vacarme, le retard de Podmore et un Sirius transformé en chien priant Molly du regard pour qu'il puisse les accompagner à la gare… C'était la panique, un vrai capharnaüm. Ce qui fit beaucoup rire Aria.
Elle ne faisait pas partit de l'escorte qui accompagnerait les enfants à King's Cross, et ça lui allait très bien, à vrai dire. Non seulement elle verrait les enfants le soir même, au banquet de rentré, mais en plus elle ne se sentait pas en état de se fondre dans le bruit et la précipitation. La dernière lune noire avait eue lieu la veille et elle en ressentait encore vivement les effets. Ça irait mieux d'ici la soirée, mais pour l'instant elle préférait rester au calme et loin du stress et l'oppression de la foule.
- Oh, pour l'amour du ciel, Sirius, Dumbledore a dit non ! S'exclama Mme Weasley alors que Sirius lui faisait des yeux de chiots. Non, mais vraiment…, se lamenta-t-elle. Oh et puis zut, fais comme tu voudras !
Sirius, toujours sous forme de chien, émit des glapissements de joie, visiblement rester enfermé au Square Grimmaurd pendant un mois ne lui avait vraiment pas plu. Aria sourit avec amusement et rencontra les yeux de son mari, qui s'approcha d'elle, apparemment tout aussi amusé par le comportement de son ami.
- Il ne changera jamais. Commenta-t-il.
- Il n'a pas pu aller librement dehors depuis qu'il vit chez nous, autant le laisser profiter de cette occasion. Sourit-elle. Il suffira d'être prudent sur le chemin.
Le loup garou sourit à son tour, sa femme et sa compréhension sans faille… Mais il était d'accord avec elle, à part dans leur jardin, Sirius n'avait pas vraiment pu aller à l'extérieur depuis près d'un an maintenant. Il méritait de sortir un peu, quoi qu'en dise Dumbledore.
- Vous aussi soyez prudent. Ajouta Aria.
- Ça ira, acquiesça doucement l'ex-professeur. Je ne pense pas que Voldemort attaquerait Harry dans un endroit comme King's Cross, pas aujourd'hui, les mangemorts ne sont pas encore assez prêts pour une attaque de cet envergure.
- Ça ne les a pas empêchés d'attaquer la Coupe du Monde de Quidditch l'an dernier. Souleva la jeune femme.
- C'est vrai, admit son mari, mais ils doivent se douter qu'on les attend, cette fois, ils ne peuvent pas profiter de l'effet de surprise.
Aria ne rétorqua pas, en un sens elle savait qu'il avait raison et en plus elle pressentait que tout irai bien aujourd'hui, ce qui était plutôt bon signe. Là-dessus, le groupe, accompagné de l'escorte désignée, soit de Remus, Molly, Arthur, Tonks, Podmore et Maugrey, quitta le Square Grimmaurd, plongeant la bâtisse dans un étrange silence, même le tableau de Mme Black s'était finalement tut.
Aria, après un long soupir, monta terminer sa valise, elle avait déjà fait envoyer le principal de ses affaires à Poudlard, quelques jours auparavant, avec l'aide de Dumbledore.
Pendant que tous étaient à King's Cross, elle rejoignit la Tanière, où elle indiqua sur un tableau les différentes tâches à accomplir en son absence, notamment pour le ménage, pour le reste les garçons étaient très bien capables de se débrouiller, d'autant plus qu'elle ferait en sorte de revenir les week end, alors d'ici là…
Avant de retourner au Square Grimmaurd, elle rejeta un dernier coup d'œil à sa maison de famille, une habitude qu'elle avait prise avant chaque départ, même pour un court laps de temps. Elle hocha la tête avec satisfaction et rejoignit la maison des Black par le réseau de cheminette mis en place entre les deux bâtisses.
Quand Aria arriva au Square Grimmaurd, elle remarqua immédiatement la mine sombre de Sirius, qui passa à côté d'elle sans sembler la voir. Étonnée, elle se dirigea vers la cuisine, où Molly s'activait déjà pour le déjeuner et où Remus discutait avec Tonks et Maugrey, enfin plus avec la métamorphomage que l'ancien auror, au vu du caractère de ce dernier.
- Qu'est-ce qu'il se passe avec Sirius ? Il a l'air bien morose tout d'un coup. Nota-t-elle en s'asseyant en face de Remus.
- Il est comme ça depuis qu'on a déposé les enfants à la gare, expliqua Tonks.
- Je pense que le départ d'Harry le chagrine un peu, il ne le verra plus avant les vacances de noël et ça fait long pour lui, surtout dans sa condition. Expliqua Remus, peiné pour son ami.
- Oui, c'est normal… Admit Aria. Je vais aller discuter un peu avec lui. Fit-elle en se relevant.
- Mais tu viens de t'assoir, attend un peu ! Protesta Remus.
- Ça va aller ! Sourit-elle en quittant la cuisine, étonnement, sa fatigue liée à la lune noire avait soudainement disparue.
Aria ne mit pas longtemps à trouver Sirius, allongé sur son lit, dans sa chambre aux couleurs de Gryffondor, regardant le plafond sans vraiment le voir. Doucement, elle frappa à la porte pour s'annoncer et vint s'asseoir sur le lit, à côté de Sirius. Ils restèrent silencieux un moment, profitant du calme ambiant. Puis, Aria prit la parole d'une voix douce.
- Qu'est-ce qui ne va pas Sirius ? Ce matin encore tu semblais fou de joie.
L'homme ne répondit pas tout de suite, tout ce qui indiqua à Aria qu'il l'avait entendue fut un faible soupir.
- Ça va être long… Murmura-t-il finalement.
Aria laissa un instant son regard vagabonder sur le fanion de Gryffondor accroché sur le mur en face d'elle, pensive.
- Pour tout le monde, Sirius. Admit-elle. Je sais bien que c'est compliqué pour toi tous ces départs, on s'y attache à ses jeunes et au quotidien que nous offre leur présence, pas vrai ?
L'animagus eu un faible sourire, d'accord avec elle. Il aimait vivre à la Tanière, mais il était vrai qu'avoir autant de mouvement, de monde, autour de soi faisait beaucoup de bien, surtout au moral. Il avait été si seul pendant douze ans que toute cette agitation lui avait fait énormément de bien. Ho il était très bien avec Aria, Remus et Abygail, mais c'était différent, plus calme, plus routinier, ce qui lui avait fait beaucoup de bien après ses douze années à Azkaban, à subir les cris de souffrance des détenus, et après une année de cavale. Mais la présence des enfants lui avait apporté quelque chose de plus, quelque chose qui lui avait manqué jusqu'à lors, même malgré l'énergie débordante d'Abygail. Pensa-t-il avec un sourire de dépit. Mais voilà qu'ils étaient partis... et que bientôt Aria allait suivre…
- Tu sais, pour moi aussi ça va être long. Reprit doucement Aria. Je serais peut-être à Poudlard, avec les enfants, mais je ne serais pas avec vous… c'est vraiment étrange pour moi de vous laisser derrière, je n'avais jamais ressentit ça avant… Confia-t-elle.
- Pourtant tu partais souvent à l'étranger avant, non ? S'étonna Sirius, sortit de sa léthargie.
- Oui, mais je n'avais pas d'attache à proprement parlé… Je savais qu'Abygail se débrouillerait sans moi, elle était forte et… je n'avais pas ce sentiment, pas vraiment…
- Mais maintenant tu n'es plus seule ou seulement accompagnée d'Abygail. Devina Sirius, qui se surpris alors à penser que c'était également vrai pour lui, avait-elle tout prévu depuis le début ?
La lycan hocha doucement la tête à sa réponse, c'était exactement ce qu'elle ressentait. Elle n'était plus seule, elle était liée à quelqu'un, à Remus, et même à Sirius, vu qu'il vivait sous son toit, elle se sentait responsable de lui, ce qui n'avait jamais été le cas avant.
- Je vais t'avouer quelque chose, dit-elle, attirant l'attention de l'animagus, dans ces moments là je n'arrive toujours pas à croire que je suis vraiment mariée. Rit-elle.
D'abord surpris, le fugitif éclata alors de rire. C'était bien pour ça qu'il aimait discuter avec Aria, tout semblait plus simple avec elle, même le pire semblait pouvoir s'arranger rien qu'en l'écoutant parler. Elle transformait si facilement quelque chose de négatif en positif… Il enviait cette facilité, pourtant il avait l'impression qu'elle ne s'en rendait même pas compte. En fait, c'était ce qui faisait d'Aria… Aria. Pensa-t-il avec amusement.
- Moi aussi je vais t'avouer quelque chose, sourit-il, c'est bien grâce à ce genre de raisonnements que j'aime autant me confier à toi. C'est si facile de te parler… Et en plus tu es généralement de bon conseil. S'amusa-t-il.
- Ho, hé bien, c'est très gentil Sirius. Je suis ravie de voir qu'en tout cas c'est efficace pour te sortir de ta morosité ! Rit-elle.
- A qui le dis-tu ! S'exclama l'animagus en se redressant pour quitter son lit sous le regard curieux d'Aria. Merci Aria, ça fait vraiment du bien de parler avec toi, reviens nous vite, on va vraiment s'ennuyer avec Lunard sinon. Sourit-il en se dirigeant vers la porte, bientôt imité par Aria.
- Je vais faire au mieux. Assura-t-elle. Mais au pire, Abby est toujours là tu sais. Dit-elle avec une pointe de malice, faisant rougir l'animagus.
- Bon sang, je n'aurais jamais dû t'en parler ! Se plaignit théâtralement Sirius, faisant rire la lycan.
Quand ils arrivèrent dans la cuisine, Remus offrit un regard reconnaissant à sa compagne, Sirius avait l'air de bien meilleure humeur qu'en rentrant. Celle-ci lui envoya un clin d'œil et leva discrètement le pouce, comme pour dire « mission accomplie ! », ce qui fit doucement rire son mari. Elle avait vraiment un don pour mettre les gens de bonne humeur, même les plus négatifs.
- Je pense à ça, qu'est-ce qu'on sait sur le prochain professeur de défense contre les forces du mal ? Demanda Tonks en se servant du gratin de potiron.
- Pas grand-chose, Dumbledore nous a simplement informés qu'il ou elle venait du ministère. Admit Remus.
- Il ne t'a rien dit à toi, Aria ? S'enquit Sirius.
- Non, je ne sais pas grand-chose, d'ailleurs je ne l'ai pas beaucoup vu ses derniers temps… Fit-elle pensivement.
- Si quelqu'un du ministère vient enseigner à l'école, ça n'annonce rien de bon, cela dit. Nota Maugrey avec un grognement. Le ministre se méfie de Dumbledore depuis leur altercation en juin, cette personne sera sans doute là pour garder un œil sur lui et sur l'école…
- C'est vrai, admirent pensivement les membres de l'ordre.
- Tu nous en dira plus ce soir par hibou, Aria ? Reprit Sirius.
- Heu oui, si tu veux. Acquiesça-t-elle.
- Soit prudente, si le ministère n'est pas loin, tu dois rester sur tes gardes. Vigilance constante ! Grogna Maugrey.
- Entendu. Assura Aria en échangeant un regard entendu avec son compagnon.
Son mariage serait rapidement de notoriété publique au sein de Poudlard, personne n'allait manquer son changement de nom, et surtout pas les élèves, curieux comme ils étaient. Et Remus étant un loup garou déclaré, la personne du ministère pourrait très bien décider de la prendre en grippe ou de la faire surveiller d'avantage… Si elle voulait que sa nature reste un secret, elle allait devoir être très, très prudente.
