Alors comment dire….

J'suis déçue… mais déçue !

Que sept review pour le chapitre….

Merci à Luzula-spicata, yami ni hikari, Rome7, Petite-Licorne-Arc-En-Ciel, lesaccrosdelamerceri, brigitte26 d'avoir laissé un petit mot !

Voici quand même le chapitre 5, parce que je suis gentille !

j'espère qu'il vous plaira.

Je viens d'envoyer le chapitre 6 à la correction !

Des bisous

Chapitre 5

Le lendemain matin, Drago fut le dernier à se lever. Après une douche rapide, il descendit dans la cuisine où il retrouva Harry et William. Il les salua avant de s'asseoir en face du roux. En bout de table, le brun avala rapidement le fond de sa tasse de thé en se levant. William lui jeta un coup d'œil en lui demandant pourquoi il semblait si pressé. Il vit alors Harry lancer un regard vers le blond :

« Je dois me rendre au Ministère, un truc à régler. »

En face de lui, Drago fit mine de se servir une tartine grillée. Le roux ne dit rien alors que le blond savait, ou du moins espérerait, que cette affaire était la faveur qu'il avait demandée au brun : parler en faveur de son père. Harry les abandonna dans la cuisine et transplana dans le salon. Bill observa Drago manger les deux tartines de beurre qu'il s'était préparées et qu'il trempait doucement dans le bol de café en face de lui. Le jeune homme semblait vouloir éviter de regarder dans sa direction. Pourtant, Bill prit les devants en lui proposant de l'accompagner sur le Chemin de Traverse, prétextant qu'il ne pouvait pas rester terrer ici et qu'il avait besoin de nouveaux vêtements, mais aussi de potions pour l'aider à se rétablir de son séjour à Azkaban.

« Je ne crois pas que ce soit une excellente idée, William. Les gens risquent de me reconnaître, je ne veux pas créer une émeute.

-Tu sais, tu peux m'appeler Bill » l'invita l'aîné des Weasley. « On pourrait cacher un peu tes cheveux et si on se dépêche, on sera là-bas avant le rush de l'après-midi.

-Je préfère t'appeler par le prénom que tes parents t'ont donné. Bill, c'est trop familier.

-Pourtant, il faudrait bien qu'on se familiarise, non ?

-Comment ça ? » questionna Drago en mordant dans une de ses tartines.

« Tu as le choix d'épouser Harry ou de m'épouser. Je ne suis pas bon en pronostic, mais avec le passif qu'il y a entre Harry et toi, il y a en théorie plus de chances que tu doives finir par me choisir. Ce serait donc bien qu'on ne soit pas des étrangers, non ?

-De nombreux sangs purs ne se connaissaient pas avant leur mariage » répondit Drago, sur la défensive.

« Comme tes parents et ceux de tes amis : combien sont vraiment heureux en ménage ?

-Mes parents sont amis, ceux de Théodore ne pouvaient pas se voir en peinture » avoua lentement le blond.

« Donc tu vois, si tu ne tombes pas amoureux de moi et du sex-appeal de ma cicatrice, au moins pourrait-on essayer d'être amis. Une sortie shopping pour commencer me semble idéale, non ? »

Drago soupira, dans le fond les arguments du Weasley se tenaient. Il finit par acquiescer et suivre Bill jusqu'à l'entrée la maison. Là, Bill fouilla dans un tas de vêtements accrochés à un vieux portemanteau puis lui tendit une vieille veste en cuir noir, doté d'une large capuche. Drago la passa, elle lui allait plutôt bien. Avec la capuche relevée, il cacha immédiatement ses cheveux trop blonds et reconnaissables. Enfin, satisfait du résultat, Bill annonça à l'elfe de maison qu'ils seraient dans le Londres sorcier puis il prit le bras de Drago et ils transplanèrent.

Drago observa autour de lui la petite ruelle où ils avaient atterri. Elle ne ressemblait pas à la grande avenue, pleine de boutiques d'articles de luxe que sa mère et lui avaient l'habitude de fréquenter autrefois. Non, cette ruelle était plus bohème, paisible et discrète. Bill lui laissa le temps de s'habituer au lieu puis finit par lui faire signe de le suivre. Ils marchèrent côte à côte alors que les petits magasins ouvraient à peine leurs portes. Le roux finit par s'arrêter devant une boutique de vêtements, prêts à porter, au style très éloigné de la boutique habituelle où Drago se faisait confectionner ses habits sur-mesure.

« Allez, entre donc, je suis sûr qu'on te trouvera quelques trucs sympas » l'invita Bill.

« Mais on n'est pas allé chercher un peu d'or dans le coffre de ma famille.

-Aucun problème, Drago : aujourd'hui, c'est moi qui régale » affirma le roux en le poussant légèrement dans le magasin.

« Quoi ? Hors de question, un Malefoy n'a pas besoin de la charité, surtout d'un Weasley !

-Justement, pour ton information sache que la banque me paye très bien pour le travail que je fais et que ça me fait plaisir alors ne discute pas. »

Drago voulut protester, mais Bill lui fit signe que c'était déjà perdu d'avance, qu'il ne l'écouterait pas. Le blond soupira en baissant les yeux sur son corps. William avait au moins raison sur un point : les vêtements qu'il avait trouvés chez Potter étaient bien trop larges pour lui. Lui qui n'était déjà pas très épais avait perdu bien trop de poids en prison. Face à ce constat, Drago baissa les armes et se tourna vers les rayons de vêtements qui n'attendaient que lui. Il se dirigea vers l'un d'eux, caressant doucement les cintres, alors que Bill allait saluer le vendeur, assis derrière son comptoir.

Après de longues minutes d'observations, Bill et ce dernier virent Drago se diriger lentement vers les penderies près d'eux. Amusé, le roux affirma à haute voix que ce genre de vêtements n'était pas pour lui. Pourtant, Drago examina les vêtements, étranges tissus aux différents styles mélangés : dandy, victorien, sombre, élégant, en cuir. Après un moment d'hésitation, il attrapa un pantalon à pinces noir, puis un cintre où pendait un gilet de costume en velours gris foncé et enfin une chemise noire aux manches légèrement bouffantes et au col lavallière. Avec ceci, il choisit ensuite des chaussures noires vernies et un long manteau de type trench-coat noir, doté d'une capuche longue et large.

« Joli choix, » commenta le vendeur, amusé alors que Bill souriait simplement face à l'entêtement du jeune blond.

« Je peux essayer ça ? » demanda Drago, le vendeur lui indiqua une cabine dans l'angle de la pièce.

Il s'y dirigea et en sortit quelques minutes plus tard. Il vit le vendeur sourire de plus belle alors que William le fixait, la bouche entrouverte. Drago se regarda alors dans le miroir. Il devrait reprendre quelques kilos, mais il aima l'association des vêtements qu'il avait dénichés. Son côté noble et riche ressortait avec la chemise élégante, le gilet rappelait un côté sombre et mystérieux.

« Je n'aurais pas imaginé que le steampunk pourrait t'aller, Drago.

-Le steampunk » répéta le blond pour lui-même. « J'aime bien. Je peux voir d'autres vêtements ?

-Attends, je vais t'aider : je crois que j'ai quelques combinaisons de vêtements pour toi : dandy mystérieux » annonça le vendeur en se dirigeant vers le rayon.

Drago choisit alors avec lui plusieurs tenues, des gilets de costumes en velours ou en cuir, avec des laçages ou des sangles pour les décorer, d'autres pantalons noirs soit à pinces soit taille haute avec des boutons sur le côté, une paire de botte noire et une magnifique veste travaillée noire mi-longue dont les broderies étaient transparentes que Bill se fit un plaisir de lui acheter. Durant la séance des essayages, le blond avait plusieurs fois souri et rit aux plaisanteries du vendeur, que Bill connaissait bien pour venir régulièrement dans sa boutique. Ils ressortirent du magasin avec deux sacs remplis de vêtements. Ils déambulèrent dans la rue, faisant essentiellement du lèche-vitrine puis vint l'heure du déjeuner. Cette fois, Bill mena Drago dans une rue voisine. Le blond se rendit alors compte qu'ils n'étaient pas si loin de l'artère principale du Chemin de Traverse. À quelques rues d'eux, il pouvait apercevoir le dôme de la banque de Gringott s'élever au-dessus des toits des boutiques.

Bill et lui s'arrêtèrent devant un petit restaurant qui ne payait pas de mine. Le roux lui expliqua qu'il venait souvent manger ici quand il avait suffisamment de temps avec ses collègues. Le serveur les installa à une table, proche du comptoir. La salle n'était pas pleine et Drago comprit que seuls les habitués s'arrêtaient manger ici. Bill commanda sans regarder la carte alors qu'il choisit un welsh Rarebit, un plat simple, mais qu'il trouvait savoureux et qu'il mangeait souvent à Poudlard. Ils furent servis rapidement. Les plats étaient bons et Drago se permit de se détendre un peu. Le roux lui parlait de son emploi de Briseur de Sort pour les gobelins, il trouvait cela assez fascinant.

Pourtant, entre le plat et le dessert, Drago sentit de nombreux regards sur eux. Il observa alors les autres tables, beaucoup chuchotaient en les observant. Drago se dit d'abord que c'était normal que les gens cancanent en voyant un Malefoy et un Weasley déjeuner ensemble, mais les regards se faisaient vraiment insistants, hostiles et accusateurs. En fait, s'il ne faisait plus attention au monologue de William, il trouva rapidement l'ambiance du restaurant glaciale. Gêné, Drago se tourna vers le roux et s'excusa en prétextant un petit besoin à devoir soulager. Bienveillant, Bill lui indiqua du doigt l'emplacement des toilettes.

Drago le remercia et se dirigea rapidement vers l'endroit indiqué, où il s'enferma. Adossé à la porte, il soupira. Il n'avait pas l'habitude qu'on l'observe ainsi. Depuis tout petit, il avait pris l'habitude des regards envieux, jaloux parfois, admiratifs surtout. Là, c'était comme retourner dans la salle du Magenmagot et faire face à toutes les accusations portées contre lui. Pour se reprendre, Drago s'aspergea le visage avec un peu d'eau. Et c'est en voulant sortir des toilettes qu'il le vit : un numéro de la Gazette du sorcier, avec en première page une photo de lui à son procès. D'instinct, il le prit et déplia le papier. C'était un article de cette maudite Rita Skeeter.

« Pour éviter les flammes de l'enfer, Malefoy Junior doit choisir entre notre Sauveur et l'aîné des Weasley ! »

« Devrions-nous accepter que notre Héros se sacrifie une fois de plus ? »

« Une injustice pour notre Harry ! »

« Si ce mangemort choisit William Weasley, la famille Weasley sera-t-elle la grande gagnante ? »

« La fortune des Malefoy ira-t-elle aux Weasley ou le peuple sorcier pourra se l'octroyer ? »

« Les sorciers de toute l'Angleterre crient au scandale ! »

« Tout le monde souhaite voir ce monstre au visage d'ange périr par les flammes »

Drago déchira brusquement le journal avant de se précipiter vers la cuvette où il vomit son repas. Alerté par le temps que prenait le blond, Bill arriva à ce moment-là. Inquiet, il lui demanda ce qu'il lui arrivait. Puis il eut la réponse en voyant par lui-même le cadavre du journal, dispersé sur le sol. Bill soupira avant d'aider Drago à rejoindre leur table où leurs desserts les attendaient.

« Je n'ai plus faim », souffla le blond, pâle.

« Je suis désolé, Drago. Bois un peu d'eau.

-C'est vrai tout ça ?

-Rita Skeeter exagère les choses.

-Pourtant, même avec elle il n'y a pas de fumée sans feu. Ils me regardent tous comme si j'étais un monstre de foire. C'est vrai qu'ils ne demandent que ça : que j'aille sur le bûcher ? C'est vrai que tout le monde croit qu'Harry est la victime dans tout ça? Et toi, ta famille veut vraiment toute la fortune de ma famille ?

-Les gens sont en colère, Drago. C'est toujours ainsi après les guerres, ils veulent des responsables à maudire, contre lesquels s'en prendre » dit Bill, aussi calme possible. « Harry ne voulait pas que tu voies ça, pas après ce que tu as tenté… mais on n'a pas le choix : tu dois épouser l'un d'entre nous, on refuse que tu retournes à Azkaban et que tu meures. Et pour ce qui est de ton argent : c'est le tien. Les gobelins m'offrent une paye confortable, je n'ai pas besoin de plus. »

Drago baissa les yeux. Il ne se sentait pas à l'aise après ce qu'il avait lu dans la Gazette. Il comprenait bien que William voulait être honnête avec lui et le réconforter un minimum. Lentement, le roux lui attrapa la main. Leurs mains, l'une dans l'autre, se posèrent sur la nappe blanche sur la table. Tendrement, William lui caressa le dos de la main.

« Je vais être franc avec toi : ma mère souhaite que tu m'épouses et qu'Harry épouse Ginny, simplement parce qu'elle pense à l'argent. Harry et toi êtes riches, et elle croit pouvoir faire de ma sœur une femme influente en devenant Madame Potter. Ça me dégoûte. Je le savais depuis bien longtemps, depuis que ton frère m'offrait des cadeaux bien trop chers pour mes anniversaires et les Noëls durant notre scolarité. Mais l'entendre en parler, il y a deux jours…

-Potter sait que ta mère en veut à son or ?

-Je ne sais pas, je ne pense pas » avoua Bill. « Harry ne lit plus la Gazette depuis des années alors je ne crois même pas qu'il soit au courant pour tous ces articles sur nos contrats.

-Faut que je te dise alors une chose, Potter m'a avoué qu'il ne savait plus trop où il en était avec ta sœur.

-Ah... » fit Bill, surpris par la nouvelle.

Ginny et sa mère pensaient tellement qu'un mariage avec Harry pouvait se faire rapidement après la guerre. Le roux soupira en lâchant la main du blond. Il finit par lui proposer de quitter le restaurant et d'aller chez l'herboriste pour trouver de quoi aider Drago à reprendre du poids plus rapidement. Le jeune homme hocha la tête.

L'herboriste donna à Drago deux remèdes à prendre par jour, une cuillère à soupe d'une potion à la belle robe caramel et un mélange d'herbes à prendre en tisane le soir. Il leur avait assuré qu'avec ça, il finirait par retrouver son poids normal. En sortant de sa boutique, ils repassèrent devant la banque tenue par les gobelins. Drago ralentit le pas avant de demander à Bill s'ils pouvaient quand même y faire un tour pour récupérer un peu d'argent dans son coffre. L'aîné des Weasley accepta.

Le coffre des Malefoy était l'un des plus grands de la banque. Bill n'y était jamais entré, mais il avait entendu les gobelins dire qu'il était rare de trouver un coffre aussi rempli d'objets précieux et luxueux. Pourtant, lorsqu'ils entrèrent dans le coffre de l'illustre famille, il haussa à peine un sourcil en voyant les montagnes de pièces d'or, de pierres précieuses et de mobilier luxueux. Drago le remarqua et fut satisfait intérieurement de constater qu'il était totalement désintéressé par sa fortune. D'un geste rapide, le blond remplit une belle bourse avec de l'or puis se tourna vers le roux :

« Ta mère serait folle en voyant ce coffre, hein ?

-Tu n'imagines pas. Mais finalement, il ressemble presque à tous ceux que j'ai pu visiter en travaillant ici. Quoique tu dois avoir des artefacts anciens cachés qui pourraient m'intéresser.

-Briseur de sort un jour, briseur de sort toujours ?

-Les objets maudits par la magie noire, c'est ça qui fait mon bonheur ! » plaisanta Bill en remontant dans le wagon.

Drago se surprit à sourire, cela lui faisait du bien de fréquenter quelqu'un qui ne voyait pas que l'influence de son nom ou la quantité d'or en sa possession.

Dehors, ils prirent la direction de la rue principale du Chemin de Traverse. Toujours caché sous sa capuche, Drago prit plaisir à flâner auprès du rouquin. Sortir, se promener à l'air libre, sentir la douceur de l'été londonien, tout cela lui avait terriblement manqué depuis son incarcération à Azkaban. Les deux jeunes hommes passèrent devant une bijouterie, le regard gris de Drago survola la vitrine. C'était joli, mais ce n'était pas ce genre de chose qu'il recherchait, c'était trop personnel ou à connotation romantique. Bill et lui s'arrêtèrent devant la devanture d'un magasin de balais. De nouveaux modèles de Nimbus et de Comète étaient sortis quelques jours plus tôt. Mais Drago observait l'éclair de feu, c'était un modèle plus récent que celui que possédait le brun, mais le blond se demanda s'il en aurait une utilité.

Il fut brusquement sorti de ses pensées par un cri aigu. Il se retourna pour voir d'où provenait le son. En face se trouvait une animalerie où plusieurs animaux étaient présentés dans des cages. Intrigué, Drago s'en approcha, suivi de près par Bill. Le blond passa devant la rangée présentant des chatons et entra dans la boutique. Son regard se porta immédiatement vers l'animal qui avait attiré son attention. Là, au centre de la pièce se trouvait un rapace magnifique, perché sur une grande branche. La tête blanche de l'oiseau se tourna vers lui, et ses yeux jaunes le fixèrent. Drago sourit en s'approchant du rapace.

« Un pygargue, sublime... » souffla-t-il en levant lentement la main vers lui.

« Très bel animal, n'est-ce pas ? » demanda le vendeur en marchant vers lui. « Idéal pour les courriers internationaux et pour en faire un familier. C'est pour vous ?

-Non, un ami a perdu sa femelle Harfang, je pensais lui trouver un autre compagnon.

-Oh, on change totalement de gabarit, » lâcha le vendeur.

« Tu veux le prendre pour Harry ? » demanda Bill, surpris.

« Oui, notre discussion d'hier m'a permis de comprendre que j'ai mal agi avec lui depuis sept ans. Et puis, il aide énormément ma mère et m'offre l'hospitalité.

-On dirait Aloysius : les cadeaux faits par ta famille sont toujours extraordinaires, hein ?

-Penses-tu que ça lui plaira ? » demanda Drago.

« Cet aigle sera parfait pour lui.

-Alors je vous le prends, » annonça le blond au vendeur.

L'aigle fut placé dans une cage ensorcelée, plus pratique pour le transporter puisqu'elle lévitait derrière Bill et Drago. Ils se dirigeaient tranquillement vers une aire de transplanage lorsqu'ils virent un félin de petite taille sauter à leurs pieds, il avait l'air mal en point. Tous deux reconnurent les oreilles et la queue caractéristiques des Fléreurs. Surpris, Drago fut le premier à s'en approcher. Il réussit à caresser sa fourrure sale avant de se tourner vers le roux pour lui lancer un regard interrogateur.

« Drago, il faut un permis pour avoir un tel animal comme compagnie.

-Il doit avoir un maître, mais il faut le soigner.

-Je pensais que seul Harry avait le don pour ne pas respecter les règles » soupira Bill, comprenant qu'il aurait beau argumenter, un deuxième animal viendrait au square Grimmaurd.

« Je signale que je suis un monstre et un criminel pour une grande partie de la population.

-Tu t'expliqueras avec ta mère, Aloysius et Harry ! » se défendit Bill en le voyant prendre le félin dans ses bras.

Dans le salon de la vieille maison des Black, Bill et Drago s'occupaient à nettoyer le pelage du Fléreur et à soigner sa patte blessée. Un peu plus tôt, Drago avait placé la cage de l'aigle dans le joli jardin de la demeure ancestrale. Assis devant la cheminée éteinte, les deux jeunes hommes s'étaient rendu compte que le félin était une jeune femelle au pelage roux, marron et noir, caractéristique du pelage dit écaille de tortue. Ils décidèrent de l'appeler Bastet, en attendant qu'elle se rétablisse et reparte faire sa vie.

L'animal ronronnait sur les genoux de Bill lorsque Harry rentra de sa longue journée au ministère. Le brun se laissa tomber dans un fauteuil voisin et observa l'étrange chat. Bill soupira avant de lui expliquer comment ils avaient croisé ce fléreur et comment Drago l'avait ramené ici.

« Du coup, je te présente Bastet.

-Enchanté » s'amusa Harry alors que Drago revenait de la cuisine avec des sandwichs. « J'ai une bonne nouvelle pour toi, Drago : j'ai demandé au ministre la faveur que tu m'as exposée. Ils vont faire une enquête et vérifier l'état de santé de ton père. S'il est vraiment malade, et qu'il requiert des soins particuliers, Shacklebolt réfléchira à le placer sous surveillance au manoir.

-Potter, tu n'imagines pas à quel point je suis heureux de l'entendre ! » s'exclama le blond. « Viens avec moi, je dois te montrer autre chose. »

Harry lui lança un regard surpris, mais il se leva et le suivit jusqu'à l'arrière de la maison. Il eut du mal à reconnaître le jardin. Mais il sourit en se rappelant qu'Aloysius lui avait dit que la maison des Black changeait petit à petit d'elle-même. Drago alla jusqu'à l'ancienne volière et y ressortit avec la cage ensorcelée. Harry resta bouche bée devant l'aigle qu'il lui présentait. En plus d'être sublime, il était trois fois plus gros que sa vieille amie Hedwige.

« Il ne remplacera jamais vraiment ta chouette, mais il te fallait un nouveau rapace pour ta correspondance. Et puis, les aigles peuvent devenir des familiers si tu crées un lien avec eux.

-Je ne sais pas quoi te dire… je suis sur le cul.

-Un simple merci m'ira très bien. Je t'avais dit que j'arrêtais d'être un con avec toi. Et puis, tu n'oses même pas imaginer ce que ça représente pour moi que tu sois allé voir Shacklebolt pour mon père. Tu penses l'appeler comment ?

-Donne-moi, deux minutes que j'y réfléchisse, » dit Harry en ouvrant lentement la cage.

L'aigle prit aussitôt son envol pour aller se poser sur une pointe située sur le toit de la maison. Son corps cacha un instant le soleil couchant.

« Zeus. Je crois que Zeus lui ira très bien. Merci beaucoup, Drago. » Le blond lui sourit en retour alors que Bill les rejoignait tranquillement. « Comment c'est passé votre journée ?

-Bien, nous avons fait du shopping pour Drago.

-William a insisté pour payer mes emplettes, » affirma le blond en haussant les épaules. « C'était sympa comme journée, mais j'aurais aimé ne pas tomber sur ce numéro de la Gazette…

-Oh… ils disent encore des horreurs sur ta famille ? » demanda Harry, qui ne lisait plus la presse depuis des mois.

« Sur ces contrats qui nous lient, » répondit Drago. « Skeeter en fait tout un scandale !

-Les gens ne comprennent rien, tu n'as pas à te faire du mauvais sang à cause d'elle, » le rassura Harry.

« Tu ne comprends pas : déjà que je suis un vilain mangemort, fils de mangemort. Mais là, vous faire passer pour des victimes, dire que je ne mérite que le bûcher et aller en Enfer… et puis cette histoire sur la fortune de ma famille, ça me sidère !

-Qu'est-ce qu'elle a la fortune de tes parents ? » questionna Harry, surpris. Drago se tourna vers Bill en lui faisant signe de lui expliquer. Le roux dansa sur ses deux pieds, mal à l'aise.

« Si Drago m'épouse, Skeeter a insinué que ma famille gagnerait le jackpot.

-C'est n'importe quoi ! » s'insurgea le brun. « Les Weasley n'ont jamais été intéressé par l'argent !

-C'est ce que toi, tu penses, Potter, » rétorqua Drago. « Il n'empêche que la famille la plus pauvre des sorciers anglais à la possibilité de marier son aîné et sa plus jeune avec deux des plus grosses fortunes du pays. Molly Weasley va enfin pouvoir prétendre à entrer dans la haute société !

-Ne parles pas de Molly comme ça ! » s'insurgea Harry, choqué. « Je te dis qu'elle n'a jamais parlé de mon argent.

-Parler non, y penser oui, » siffla Drago. « Dis-lui, toi. » ajouta-t-il en regardant le roux.

« De quoi parle-t-il ? » demanda Harry, voyant le mal aise de Bill.

« C'est délicat, Harry. Mais tu sais que je t'aime bien… mais Drago a raison… ma mère veut vraiment que tu épouses Ginny… elle pense déjà à tous les bénéfices que cela pourra lui procurer…

-Quoi ?

-Pour être honnête avec toi et parce que Drago m'a dit que tu ne savais pas si où tu en étais dans ton histoire avec Ginny, j'ai déjeuné au Terrier, il y a quelques jours. Ginny et maman étaient furax à cause des contrats. Ron, c'est Ron… Percy c'est penché sur l'affaire mais il certifie que Drago doit épouser l'un d'entre nous, papa ne sait pas vraiment quoi y penser et Georges pense qu'on devrait trouver un compromis. Maman veut vraiment faire de Ginny la future madame Potter et elle veut absolument que Drago m'épouse pour que Narcissa ne liquide pas leur fortune ou que celle-ci ne revienne pas au Ministère s'il n'y a plus d'héritier. »

Harry, sous le choc de la nouvelle, s'assit sur le vieux banc en pierre installé non loin. Il avait toujours cru que Molly Weasley le considérait comme un de ses fils et que Ginny l'aimait pour lui et ses qualités. Drago le rejoignit sur le banc alors que Bill resta debout face à eux.

« Je suis désolé, Harry.

-J'arrive pas à y croire…

-Bienvenu dans le monde tordu des riches, » plaisanta amèrement Drago. « Je pourrais te faire la liste de toutes les filles qui sont milles fois mieux que la petite belette ? » tenta-t-il pour le réconforter.

« S'il n'y a que des serpentardes au sang-pur, oublie.

-Non… crois-le ou non mais Granger pourrait être dans mon top dix des filles bien à épouser : elle est intelligente, puissante en magie et pour une fille, elle est plutôt pas mal depuis quelques temps.

-Pitié, Drago ! Les nargoles t'ont définitivement bouffé le cerveau... » fit Harry, choqué de l'entendre dire du bien de son amie.

« Azkaban n'aide pas, il est vrai. Et je t'ai promis d'être sympa. En tout cas, si tu as l'idée de jouer les amoureux dont le cœur a été brisé par une fille vénale, préviens-moi en avance : le rôle du Cupidon gay est assez difficile à jouer pour moi.

-Tu es stupide, Malefoy…

-Ah donc on en revient aux critiques et au « Malefoy » ? » s'indigna faussement le blond. « Si c'est comme ça, attends toi à ne pas être invité à notre mariage, Harry Potter ! Et tu te débrouilleras tout seul avec ta rouquine suceuse de pognons ! Moi, je resterais à côté du buffet à dire à tous les invités qu'elle ne t'épouse que pour ton or et qu'elle a déjà au moins dix amants !

-Je peux savoir ce qu'il se passe pour que mon frère joue les DramaQueen ? » demanda la voix d'Aloyius alors que sa silhouette se dessinait près de la porte du jardin.

« On a eu une longue journée, faut que je te raconte, » lui répondit Bill, amusé par le jeune blond alors que Harry se retenait de rire trop fort.

Le vampire s'avança, les faibles rayons du soleil qui se cachait à l'horizon ne faisaient que chatouiller sa peau sensible. Il sourit en s'apercevant que quelque chose de bien c'était passé durant son sommeil. Drago et Harry semblaient plus enclin à plaisanter entre eux et Bill lançait des regards un peu trop long vers son frère.