Chapitre 10
Un rendez-vous manqué aurait été bien mieux
La fin n'avait pas encore eu lieu, mais ça n'allait plus tarder. Les flammes crépitaient de partout mais c'était absolument en vain. Peu importe à quel point les soldats se battraient, personne ne pourrait survivre face à l'attaque qu'ils étaient sur le point de survivre, mais cela ils ne pouvaient juste pas le savoir. Au milieu de toute cette préparation, une adolescente courait, allant aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Elle aurait aimé se transformer, pour aller plus vite, mais elle n'aurait pas pu faire ce qu'elle souhaitait si ça avait été le cas. Elle devait transporter quelque chose, quelqu'un, et si elle enclenchait sa transformation féérique, elle ne pourrait pas le faire. Sa forme féérique était trop puissante pour son jeune âge, trop enflammée, trop dangereuse, elle ferait du mal à la personne qu'elle transportait et elle ne pouvait pas se le permettre. Ce n'était un qu'un simple bébé qu'elle transportait, un enfant innocent, peut-être bien la seule et unique personne qu'elle pourrait sauver de ce drame si elle pouvait le permettre, mais ce serait seulement si son plan fonctionnait.
Le bébé pleurait au creux de ses bras, ressentant tout le stress et toute la panique qui lui tordaient les tripes, ses doux petits poings serrés avec une force que dans une situation ordinaire, elle se serait inquiétée de pouvoir défaire ces petits doigts encore tout potelés, mais elle ne pouvait se le permettre encore. Elle n'était même pas seulement sûre de pouvoir se le permettre un jour.
Alors qu'elle traversait à toute vitesse la cour immense et autrefois fleurie qu'elle connaissait tant et par cœur, elle entendit la détonation. Elle ne savait pas ce qu'était cette détonation, elle ne l'avait jamais entendue avant et elle ne l'entendrait jamais plus après, mais quand elle leva les yeux dans le ciel, le voir devenir de plus en plus blanc lui fit comprendre qu'il ne lui restait plus de temps. Elle ne pourrait pas échapper à cette attaque, elle avait raté son rendez-vous, et elle allait mourir.
Bloom se redressa dans son lit, tremblante de peur, sans comprendre pourquoi. Il lui fallut un bon, très long moment avant de se repérer. Elle était dans sa chambre, à Alféa. Flora n'était pas encore rentrée, la Fête de la Rose n'était pas encore terminée. Le soleil était encore loin de se lever, ce n'était encore que le milieu de la nuit, peut-être. Elle n'en était pas vraiment sûre encore.
Elle essaya de se concentrer sur ce qu'elle savait. Elle venait de faire un cauchemar, ça, c'était sûr et certain. Elle tremblait, elle transpirait abondamment, son cœur palpitait à toute vitesse dans sa poitrine et elle avait du mal à réfléchir correctement car elle venait juste de se réveiller. Seulement, elle eut beau essayer de se concentrer autant que possible, elle n'arrivait juste pas à se rappeler ce qu'avait été son cauchemar. Ça lui arrivait parfois, de rêver et de ne pas s'en souvenir, bien sûr, mais elle avait l'impression qu'elle aurait dû se souvenir de ce cauchemar. C'était d'ailleurs ça qui la dérangeait le plus, mais elle ne pouvait vraiment rien y faire alors elle essaya de se sentir mieux mais elle fut incapable de trouver le sommeil malgré tout. Elle espérait au moins qu'elle n'aurait pas d'autres cauchemars aussi violents.
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Stella fit tourner sa bague autour de son doigt, essayant de garder son calme autant que possible, de paraître la plus détendue possible, fixant son reflet dans le miroir. Elle essayait de se raccrocher à quelque chose de positif, de rassurant pour elle, et son image en faisait partie. Elle admirait sa beauté quand elle ne se sentait pas très bien, ça fonctionnait toujours, ça la rassurait. Elle pouvait au moins se raccrocher au fait que, quoi qu'il puisse se passer, elle resterait toujours la même. Seulement, cette fois ça ne l'aidait pas vraiment. Elle était sur le point de faire quelque chose qui n'était vraiment pas bien, mais elle n'avait pas le choix. Il était absolument nécessaire qu'elle se débarrasse de ce qui lui faisait tellement peur, qu'elle se détache de cette protection qu'elle avait toujours eue sur elle, qu'elle devienne plus forte. Elle ferma les yeux, inspira fortement, les rouvrit et retira sa bague à son doigt avant de la poser sur sa table de chevet d'une main tremblante.
Elle ne voulait rien faire de compliqué, vraiment, elle voulait juste jeter un tout petit, minuscule sort, rien que créer une toute petite boule de lumière, riquiqui, pas plus grosse que sa main. Elle se concentra autant que possible, fixant la zone entre ses deux mains, et visualisa ce qu'elle voulait faire apparaître, puis elle murmura les mots qu'elle connaissait par cœur pour les avoir répétés encore et encore quand elle était petite et qu'elle s'entraînait avec son instructeur. Elle sentit le bout de ses doigts crépiter, reflétant que sa magie était en train de s'éveiller. Elle fit tout son possible pour ne pas prêter attention à ses tremblements, et eut presque l'impression qu'elle avait réussi quand elle put voir un éclat de lumière apparaître faiblement entre ses mains. Seulement avant qu'elle ne puisse avoir le temps de se réjouir de réussir quelque chose d'aussi simple et facile, l'éclat grossit, de plus en plus fort, de plus en plus vite, et bien vite, il lui échappa des mains et explosa brusquement, la faisant sursauter. Elle n'attendit pas une seconde avant de se précipiter sur sa bague et de la remettre immédiatement à son doigt, tremblant comme une feuille.
Elle ne l'avait jamais dit à personne, et seuls sa famille et son instructeur savaient la vérité. La bague de Solaria n'avait qu'une utilité et une seule : l'empêcher, elle, Stella, fée du Soleil et des étoiles et de la lune, de perdre le contrôle de ses pouvoirs qui étaient ironiquement beaucoup trop puissants pour elle.
Elle jeta un coup d'œil vers la porte, espérant que personne n'avait entendu l'explosion de son pouvoir et venir voir ce qu'il se passait. Son incapacité à contrôler ses pouvoirs correctement était une honte qu'elle ne pouvait pas supporter. Il ne fallait absolument pas que ça se sache, ce serait trop horrible pour elle, et ses parents… Elle ne savait pas ce que penseraient ses parents. Elle n'était pas une fée normale après tout, incapable de faire le moindre petit sortilège, c'était évident que ses parents seraient honteux à leur tour.
C'était pour ça, aussi, qu'elle ne pouvait pas laisser les sorcières lui prendre sa bague. Si ça venait à arriver, elle perdrait de plus en plus le contrôle, et même sans essayer d'utiliser ses pouvoirs, elle représenterait un danger. Après tout, c'était elle qui était vouée à contrôler chaque astre de cet univers quand son père lui cèderait sa place, et les dégâts seraient catastrophiques si elle ne pouvait pas assumer une telle responsabilité.
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Quelques semaines s'étaient passées depuis que la Fête de la Rose s'était terminée et les cours avaient repris parfaitement normalement. Ceux du professeur Wizgiz étaient tout particulièrement intéressant, parce que leur professeur s'amusait à les faire tourner en bourrique, à dévier du fonctionnement habituel des cours, et à leur apprendre des tours et des sorts absolument géniaux, ce qui n'empêchait pas que les cours du professeur Palladium, bien que plus traditionnels, d'être intéressants également, tout comme les cours des autres professeurs. Alors que l'hiver était déjà bien avancé – ou en tout cas ce qui y ressemblait – beaucoup de fées se plaignaient du froid mordant et de la neige qui s'accumulait dans la cour d'Alféa tandis que d'autres vivaient la saison très bien et s'y acclimataient sans aucun souci.
C'était le cas pour Stella, et pour Bloom. Cette dernière ne l'aurait jamais cru avant, mais à présent qu'elle savait quel genre de fée elle était, elle comprenait mieux pourquoi le froid ne lui faisait absolument rien. Comme ses pouvoirs de prédilection étaient des pouvoirs liés au feu, à la flamme pure, elle avait une résistance évidente face au froid, au point qu'elle ne le ressentait même pas. Ça avait inquiété ses parents pendant un moment mais elle avait vraiment hâte de pouvoir les revoir et leur expliquer tout cela, afin de les rassurer peut-être. Seulement, elle ne se voyait pas encore rentrer, même pour des vacances. Avant tout cela, elle voulait en savoir plus sur le fonctionnement exact de ses pouvoirs, sur qui elle était complètement, sur sa planète. C'était pour cela qu'elle avait aussi hâte qu'on l'autorise à fouiller dans tout ce qui concernait Domino.
Stella quant à elle, prenait un malin plaisir à énerver tous ses camarades, continuant inlassablement à se promener en short ou en mini-jupe comme si ce n'était rien du tout, mais aussi à être la personne la plus importante de sa classe, permettant à ses ami·e·s et peut-être quelques autres élèves parfois à venir se réchauffer tout contre elle car, contrairement à Bloom, elle était aussi capable de diffuser de la chaleur, à l'instar d'un soleil, et elle jouait là-dessus pour ne pas avoir à laisser qui que ce soit deviner ses inquiétudes et soucis. Il y avait deux façons de garder un secret, soit d'essayer de passer le plus inaperçu possible, soit d'être au centre de toutes les attentions. Puis, elle n'allait pas le nier, elle adorait ça qu'on la regarde et qu'on lui donne autant d'attention, c'était toujours autant plaisant, même si ça dérangeait les professeurs, ce n'était pas sa priorité. Le seul souci à être aussi populaire, c'est qu'elle était toujours suivie partout, ce qui ne l'aidait pas beaucoup à savoir si elle était toujours en bonne compagnie à cause des sorcières mais elle n'était jamais sans ses ami·e·s alors ça allait.
La fin du semestre allait bientôt arriver, d'ici quelques temps, toutes les fées auraient leur premier gros contrôle et personne ne pouvait vraiment en être impatient, le stress se faisait ressentir et Stella se sentait coupable de participer avec sa bague. Elle était presque sûre qu'aucune autre fée n'en avait besoin, ça lui donnait un trop gros avantage – et en même temps un désavantage certain car elle était recherchée pour ça par certains – alors tous les soirs, elle continuait à s'entraîner à utiliser ses pouvoirs sans sa bague, vainement. Elle n'arrivait juste pas à faire quoi que ce soit, peu importe les efforts qu'elle essayait de faire, elle se retrouvait tétanisée, terrifiée, incapable de faire quoi que ce soit, ou bien ses pouvoirs explosaient et échappaient à son contrôle. Toute sa vie, elle l'avait passé à se contrôler grâce à cet objet, mais plus le temps passait, plus elle savait qu'elle ne pourrait pas continuer ainsi. Il faudrait, un jour, qu'elle puisse s'en sortir sans, qu'elle le veuille ou non, et elle ne connaissait rien aux contrôles d'Alféa, peut-être qu'on lui demanderait de retirer sa bague, elle devait apprendre à faire sans avant que d'autres personnes ne se rendent compte de la supercherie. Pendant ce temps, elle était à peine capable d'aider ses amies à s'entraîner, et elle n'arrivait même pas à le remarquer, ni même à remarquer qu'elle pouvait peut-être les inquiéter.
Un soir, alors qu'elle était en train de se calmer autant que possible avant de s'entraîner une fois de plus à utiliser ses pouvoirs, elle entendit toquer à sa porte, mais quand elle l'ouvrit, il n'y avait personne, juste une lettre manuscrite, posée sur le sol. Elle ne pouvait pas nier qu'elle fut surprise, une première fois, par cette découverte, mais elle fut également surprise en lisant le contenu de la lettre.
Ma chère Stella,
Tu es mon amie depuis quelques mois déjà, et tu ne peux imaginer à quel point je tiens à toi, autant que toi tu tiens à moi je l'espère aussi. Au long de ces mois, nous avons appris à nous faire confiance, à pouvoir tout nous dire, à nous réconforter et nous soutenir.
Si je t'écris cette lettre cependant, ce n'est pas pour rien. Tu es mon amie, vraiment, mais je crois que tu me caches quelque chose de très important, au sujet de ta bague, et cela me blesse car je pense sincèrement que nous devrions pouvoir nous faire confiance.
C'est pour cela, je pense, que nous devrions nous parler, en privé, toi et moi. Au dos de ma lettre, tu trouveras une adresse d'un endroit calme et paisible, à Magix, où nous pourrons parler ensemble de cette histoire de bague. J'espère que tu viendras, et que tu sauras te montrer honnête. Tu ne devrais pas avoir peur de me dire la vérité, toute la vérité.
Je t'attendrais donc, demain, aux alentours de 14h, et je compterai sur ta présence. Tu peux me faire confiance, tu le sais, n'est-ce pas ?
La lettre n'était pas signée, ce qui était tout particulièrement étrange, et Stella n'arrivait pas à comprendre laequel·le de ses ami·e·s pouvait écrire une lettre avec un tel vocabulaire, c'était vraiment surprenant, mais c'était vrai aussi qu'elle n'avait jamais vu leur façon d'écrire. Peut-être que Tecna, ou Bloom par exemple, écrivaient d'une façon plus soutenue.
Elle jeta un coup d'œil à sa bague. Peu importe qui avait écrit ça, c'était quelqu'un qui avait besoin de la vérité, et elle ne pouvait pas vraiment refuser ce rendez-vous. Peut-être même qu'elle devrait le dire à tou·te·s ses ami·e·s en même temps à ce sujet, mais elle avait l'étrange impression qu'elle devrait peut-être se rendre à ce rendez-vous d'abord, juste au cas où. Peut-être même qu'en parler à seulement l'un·e d'entre elleux d'abord l'aiderait un peu à se sentir un peu plus à l'aise. Elle ne voulait pas déranger qui que ce soit avec ses pouvoirs, mais ce serait peut-être une bonne chose. Puis, elle leur avait déjà dit que les sorcières en avaient après sa bague, elle pouvait bien leur dire quel était le vrai pouvoir de la bague. Peut-être qu'iels ne la jugeraient pas. Elle l'espérait sincèrement en tout cas. Retournant dans sa chambre et refermant la porte derrière elle, elle décida qu'elle irait à ce rendez-vous. Ça lui semblait être vraiment important.
Le lendemain était un jour de semaine. Ça ne l'embêtait pas plus que cela, de sécher les cours, mais elle devait bien admettre qu'elle était en revanche surprise qu'un·e de ses ami·e·s agisse comme elle, mais elle ne le questionna pas. Elle se demandait trop qui lui avait écrit cette lettre exactement pour y réfléchir.
Elle alla à Magix par le bus, sa main toujours serrée autour de sa bague, et se dirigea vers le lieu du rendez-vous, demandant son chemin à des passants, puis elle atterrit dans un parc, à la frontière de la ville. Elle n'était pas encore venue ici, c'était un endroit tout nouveau pour elle, elle se demandait qui était venu·e ici, peut-être Bloom ou Flora. Elle avait rencontré la première dans un parc, et elle savait que lae deuxième avait un intérêt tout particulier pour les plantes. En tout cas, peut-être qu'elle reviendrait. C'était plutôt relaxant comme endroit, elle ne pouvait pas le nier. Elle se promena un bon moment, se demandant où elle devait aller, avant d'apercevoir une silhouette familière avec de couettes haut perchées. C'était Musa, elle en était certaine. Elle interpela la jeune fée, qui était appuyé·e contre un pont et lae rejoignit en courant, contente de lae voir.
Elle s'appuya sur le pont à côté d'iel et se sentit un peu embêtée ensuite, elle ne savait pas vraiment par quoi commencer, étrangement, toute la joie qu'elle avait pu ressentir juste avant s'était envolée, ne laissant qu'une bête gêne entre iels deux.
« C'est toi qui m'as écrit cette lettre, hein ?
-Il fallait qu'on parle, c'est important.
-Au sujet de ma bague, oui je sais.
-Tu l'as avec toi ?
-Oui, bien sûr ! Pourquoi je ne l'aurais- »
Elle se tut immédiatement. Ce n'était pas normal. Musa savait qu'elle avait toujours sa bague sur elle, iel n'avait jamais cherché à le questionner, c'était une évidence. Elle ne finit jamais sa phrase, elle n'en eut pas besoin. Elle posa sa main sur sa bague et serra ses doigts avec force, tentant de ne pas montrer son inquiétude tout de suite. Peut-être que l'inconnu·e n'avait pas compris qu'iel était débusqué·e.
« Enfin… bien sûr. Pourquoi ?
-Tu me caches quelque chose. Je peux la voir ? »
Stella jeta un coup d'œil à l'inconnu·e. C'était Musa, mais ce n'était pas iel. Elle ne savait pas comment échapper à cette situation. Elle aurait dû choisir d'en parler à tou·te·s ses ami·e·s en même temps, ça aurait été tellement plus simple, elle avait été trop bête.
« Tu l'as déjà vue, enfin ! »
Elle fit semblant de rire, comme si elle avait la situation sous contrôle, mais l'autre ne rit pas et tourna la tête vers elle avant d'attraper son avant-bras. Stella comprit tout de suite qu'elle allait avoir des soucis. Lae faux·e Musa tourna la tête vers elle avec un grand sourire mauvais sur les lèvres.
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La journée venait de se terminer, avec un cours de Palladium en plein air dans les marais. Tous les élèves qui y étaient allé étaient revenus barbouillés de boue, et de terre, et de choses innommables et ils étaient tous en colère et blessés dans leur égo. Leur professeur avait tenté de les réconforter, de les rassurer et de leur dire à quel point cet exercice était nécessaire mais les élèves étaient trop énervés pour accepter cette excuse. Le retour à Alféa fut donc laborieux et pénible pour tous, sans aucune exception. Parmi ces élèves, certains tout particulièrement montraient un embêtement fort, mais pour d'autres raisons que celle du marais.
Musa avait à peine fait un pas dans la cour qu'iel donna un grand coup de pied dans un caillou, l'envoyant voler au loin pitoyablement sous le regard de ses ami·e·s, mais ça ne l'aida pas spécialement à être moins énervé·e.
« Je n'arrive pas à croire que Stella ait osé nous abandonner comme ça ! Elle a intérêt d'avoir une super bonne excuse parce que je vais lui régler son compte personnellement !
-Tu ne crois pas que tu exagères un peu, là ? »
Iel se tourna vers Tecna qui avait parlé, un peu surpris·e que ce soit elle qui protège la fée blonde et pas Bloom qui assurait quasiment toujours ses arrières, mais iel s'en remis plutôt vite.
« Pourquoi tu la protèges ? C'est injuste qu'elle ne participe pas à certains cours juste parce qu'elle n'en a pas envie, qu'elle soit une princesse ne change rien à tout ça, elle doit suivre les cours comme tout le monde !
-Elle a peut-être une bonne raison ? »
Cette fois-ci, ce fut plus normal que ce soit Bloom qui défende la fée. Musa leva les yeux au ciel, ennuyé·e. Iel aimait ses ami·e·s mais même si iel aimait aussi beaucoup Stella (ce qui ne voulait rien dire du tout, ça ne signifiait rien de particulier), ça l'énervait vraiment que la blonde ne fasse jamais les tâches les plus ingrates. Ce n'était déjà pas la première fois que la fée du soleil esquivait certains des cours, ça devenait insupportable.
« Eh bien elle va nous donner sa raison en face à face et elle a intérêt à l'avoir préparée y'a un moment déjà !
-Pourquoi ça te fâche comme ça d'un seul coup ?
-J'en sais rien, est-ce que c'est si important que ça ? Elle pourrait juste faire des efforts, comme nous ! Je ne vois pas pourquoi elle a un traitement de faveur.
-Elle est peut-être capable ? »
La proposition de Flora n'était pas si surprenante que ça, mais Musa ne fut juste pas capable de décolérer. Iel ne comprenait même pas iel-même pourquoi iel s'agaçait comme ça alors iel tenta de se calmer.
« Bon. Admettons que ce soit ça pour une fois, et pas juste qu'elle a encore séché les cours, dans ce cas, elle est dans sa chambre ! Allons voir. »
Iel n'attendit pas que ses ami·e·s répondent et se dirigea à toute vitesse vers la chambre. Il faudrait peut-être qu'iel s'interroge sur la raison pour laquelle iel était autant en colère mais pas aujourd'hui, elle voulait vraiment comprendre pourquoi Stella ne venait pas en cours aussi souvent, c'était comme si elle leur cachait quelque chose. C'était peut-être ça qui l'énervait…
Elle toqua à la porte de la chambre de la princesse un moment, assez pour que les autres fées aient le temps de lae rattraper. Personne ne répondit, ce qui ne lae surprenait vraiment pas. Iel se tourna vers les autres, tapant la porte une dernière fois.
« Comme c'est surprenant, elle est pas là !
-Tu te fâches trop, pourquoi tu es autant énervé·e par tout ça ? »
Musa n'en avait pas la moindre idée mais iel n'eut pas le temps d'y répondre de toute façon, parce qu'à ce moment, nulle autre que la surveillante Griselda apparut derrière iel, le visage au moins aussi grave qu'elle avait l'habitude de l'avoir, les fixant avec un jugement non dissimulé.
« J'imagine que vous êtes les amis de la princesse Stella, n'est-ce pas ? »
Tout le petit groupe hocha la tête. La surveillante secoua la tête, visiblement peu amusée. Elle fit un pas en arrière, pour montrer qu'elle ne comptait pas rester au milieu du couloir et leur ordonna presque de la suivre, ce qu'iels acceptèrent tous de faire immédiatement, ne pouvant pas vraiment le refuser de toute façon.
Quand Griselda les laissa devant le bureau de la directrice, le groupe se demanda s'il avait fait quelque chose de mauvais, ce qui ne lui semblait pas logique du tout, mais en ouvrant la porte, la directrice ne les attendait pas pour se fâcher, et elle n'était pas seule non plus.
Assise sur une chaise, tremblant misérablement, les bras repliés sur elle-même, Stella hoquetait misérablement, n'étant plus capable de pleurer, comme si elle avait déjà laissé couler trop de larmes avant même que ses ami·e·s n'arrivent.
