Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !
Titre : The Heartbeat
Auteur : LadyFromPoland
Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd
Bêta : Antidote
Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.
Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres
Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur
Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.
The Heartbeat
Chapitre 9 : Gilli
Les jumeaux étaient dans le même état d'engourdissement que Merlin avait vu chez d'autres patients. Il était prêt pour cela, mais pas Gilli. Merlin regarda son compagnon, curieux de connaître sa réaction. Gilli n'avait pas l'air choqué, juste un peu intrigué.
« Puis-je vérifier quelque chose ? » demanda Gilli aux parents des jumeaux.
Ils s'étaient regardés, incertains. Ils ne connaissaient pas Gilli et il était plus facile pour eux de faire confiance à Merlin qui, malgré ses talents de magicien, semblait être un homme bien.
« J'aimerais connaître son opinion », dit Merlin à la hâte, voyant leur hésitation. « Gilli ne veut pas leur faire de mal. »
« Nous pensions que vous alliez les guérir, comme vous l'avez fait avec le fils de nos voisins », dit sévèrement le père des jumeaux.
« Je vais les aider, je le promets », lui assura Merlin. « Mais j'aimerais trouver la source de cette maladie. Elle se répand dans toute la ville basse. Bientôt, elle va s'étendre au-delà. Je ne suis pas sûr de pouvoir aider tout le monde. Nous devons trouver un moyen de l'arrêter. »
L'homme hocha alors la tête, donnant à Gilli la permission d'examiner ses enfants.
« Soyez rapide », murmura-t-il entre ses dents, mais il ne fit pas d'autres remarques.
Gilli vérifia l'état physique de leurs patients de manière très approfondie, en essayant de ne rien omettre d'important.
« C'est très intéressant », marmonnait-il, sans prêter attention aux témoins de sa fascination.
Merlin s'était rapproché de lui et des jumeaux, et avait commencé à suivre l'examen de Gilli plus attentivement.
« As-tu trouvé quelque chose ? » demanda-t-il au bout de quelques instants.
Gilli leva les yeux, rencontrant le regard inquiet de Merlin. « Ce n'est rien de particulier, mais leur état me rappelle quelque chose », admit-il.
« Tu as déjà rencontré cette maladie ? » demanda Merlin, surpris.
« Peut-être. Je n'en suis pas encore sûr. » Il soupira. « J'ai besoin de réfléchir. » Il fit un pas en arrière.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Merlin était de plus en plus inquiet.
« J'étais un enfant et je ne m'en souviens pas clairement », expliqua Gilli. « J'essaierai de me souvenir de tout, mais pas aujourd'hui. »
« Mais est-ce que c'est curable ? », la mère prit soudain la parole. Elle s'était approchée d'eux et avait défié Gill de son regard. Son amour pour ses enfants lui avait donné du courage.
« Je crois que oui », répondit Gilli, un peu effrayée par son brusque comportement. Il tourna son regard vers Merlin. « Qu'as-tu fait pour guérir les autres ? » demanda-t-il.
« J'ai essayé de chasser leur engourdissement par la magie », répondit Merlin. « J'improvisais. »
Gilli fronça les sourcils. « Tu es vraiment puissant, Merlin, si c'est ce que je pense », admit-il. « Montre-moi comment tu as fait. Guéris-les. »
Merlin n'était pas sûr de ce que Gilli voulait obtenir, mais il acquiesça. « Donnez-moi un peu d'espace », dit-il à Gill et à la femme.
Ils firent deux pas en arrière. La mère observait ses enfants avec inquiétude, mais Gilli était complètement concentré sur Merlin et son langage corporel. Le sorcier de la Cour récitait ou plutôt créait les sorts les uns après les autres, essayant de se concentrer complètement sur son but.
Gilli était impressionné. Il avait beaucoup voyagé ces dernières années, mais il n'avait jamais rencontré une telle démonstration de magie élémentaire. Le spectacle était à couper le souffle pour ceux qui savaient où regarder.
Les jumeaux se réveillèrent de leur engourdissement et regardèrent autour d'eux, confus, ce qui était prévisible. À part cela, ils semblaient aller parfaitement bien.
Les parents étaient ravis et ne pouvaient pas assez remercier Merlin. Toute cette agitation l'avait un peu gêné. Il appréciait la reconnaissance de ses capacités, récemment découverte, mais c'était trop pour le moment. Il était tard et il était fatigué. Il était temps pour lui et Gilli de partir.
Sur le chemin du retour, Merlin avait finalement demandé à Gilli s'il avait un endroit où loger.
« J'ai laissé mes affaires au Soleil Levant », lui dit-il.
Merlin le regarda avec attention. « As-tu les moyens d'y rester ? »
« Oui, pour quelques jours. » Pour une raison quelconque, ils éclatèrent tous les deux de rire.
« Tu pourrais dépenser ton argent pour des choses plus agréables », dit Merlin, quand ils se calmèrent enfin.
« J'ai besoin de rester quelque part », fit remarquer Gilli. « Ce n'est pas une telle perte d'argent. »
« Tu pourrais rester avec Gaius », lui dit Merlin. « Je suis sûr que ça ne le dérangerait pas. J'ai déménagé de mon ancienne chambre et elle est vide pour le moment. »
Gilli sourit. « Alors tu es une personne importante maintenant, hein ? » dit-il. « Tu as de nouveaux appartements. »
« Quelque chose comme ça. »
« Je suis content », dit franchement Gilli. « J'ai entendu ce que tu as fait à Camlann. Tu mérites bien plus que de nouveaux appartements. »
Merlin lui sourit en retour. « J'ai eu une promotion », fit-il remarquer. « Ce n'est pas si mal. »
« Tu es passé de serviteur à sorcier de la Cour », murmura Gilli. « Je suis impressionné. »
Ils parlèrent encore un peu de la nouvelle position de Merlin sur leur chemin vers le Soleil Levant. À l'auberge, Gilli paya pour une nuit et prit toutes ses affaires.
Ils commencèrent à marcher lentement vers le château.
« Je n'ai pas grand-chose, car je voyage beaucoup », dit Gilli, en voyant les regards furtifs de Merlin sur son sac.
« Je n'ai pas demandé. »
« Mais tu as pensé. » Lui sourit Gilli. « Ça ne me dérange pas. J'aime garder les choses simples. »
« C'est bien. »
Quand ils arrivèrent dans les appartements de Gaius, le vieil homme était déjà couché dans son lit, mais il ne dormait pas encore, alors quand il entendit leurs pas, il s'assit lentement. Il ne s'attendait pas à voir Merlin avant le matin, alors il commença à s'inquiéter de ce qui s'était passé à la ville basse.
« C'est moi, Gaius », dit Merlin d'un ton calme et il alluma une bougie avec sa magie.
« Il s'est passé quelque chose ? » demanda le vieil homme, en observant attentivement le compagnon de Merlin. « Ce jeune homme est-il malade ? »
Merlin regarda Gilli et secoua la tête. « Non, Gaius, c'est Gilli. Il a été à Camelot il y a plusieurs années », expliqua-t-il. « Maintenant, il est revenu. »
« J'ai eu un duel avec Uther pendant le dernier Tournoi Décennal », lui rappela Gilli.
« Oh, je crois que je me souviens », dit Gaius. « Vous utilisiez la magie pendant ce tournoi. Ce n'était ni sage ni juste. »
« J'ai honte de ce que j'ai fait et de ce que j'ai essayé d'accomplir », lui assura Gilli à la hâte. « J'étais amer à l'époque, mais je ne suis plus cet homme. »
« Je suis heureux d'entendre cela », lui répondit Gaius.
« J'ai pensé que Gilli pourrait peut-être rester dans mon ancienne chambre jusqu'à ce que vous trouviez un nouvel apprenti », changea soudainement de sujet Merlin. Il pouvait voir que Gilli n'aimait pas trop parler de son passé. « Il peut nous aider à résoudre le mystère de la maladie sur laquelle nous travaillons. Il l'a peut-être déjà rencontrée. »
Gaius s'était brusquement intéressé à la question. « C'est vrai ? » demanda-t-il à Gilli.
« C'est vrai », confirma le jeune homme, « mais j'aimerais attendre jusqu'au matin pour parler de cette histoire. C'est flou dans mon esprit. J'ai besoin de me rappeler certaines choses parce que j'étais un enfant à l'époque. »
« C'est compréhensible. Nous pouvons attendre ces quelques heures de plus », lui assura Gaius. « Le vieux lit de Merlin n'est pas très confortable, mais j'espère que vous pourrez vous y reposer. »
Gilli sourit au vieil homme. « Merci », dit-il. « Je suis sûr que c'est mieux qu'un lit puant au Soleil Levant. »
Merlin dit bonne nuit à Gaius et Gilli et se rendit dans ses nouveaux appartements. Il avait également besoin de repos. C'était une journée fatigante et la suivante allait être très chargée aussi.
oOoOo
Le lendemain, ils s'étaient tous réunis pour travailler sur le mystérieux fléau. Les candidats au poste d'apprenti de Gaius avaient été envoyés pour s'occuper de tâches moins importantes comme la collecte d'herbes, car Gilli ne se sentait pas à l'aise pour partager son histoire avec tant d'étrangers.
Gaius, Merlin et Gilli s'assirent à la table dans les quartiers de Gaius et le plus jeune d'entre eux commença son histoire.
« J'étais enfant quand c'est arrivé. Mon père voyageait beaucoup, car il était commerçant et je devais le suivre, que je le veuille ou non », expliqua-t-il. « Mais j'aimais ça, la plupart du temps, mais parfois nous rencontrions des choses désagréables comme la pauvreté ou les maladies. Cependant, la pire chose que nous ayons vue s'est produite dans le royaume d'Essetir. Nous avons dû passer la nuit dans un petit village parce que l'orage arrivait. Une famille nous a permis de rester dans la grange et nous a invités à dîner. Puis certains de leurs voisins sont venus nous dire que cela se reproduisait. C'était une maladie étrange qui ressemblait à celle qui se répand à l'heure actuelle dans la Ville Basse. »
« Comment ces gens ont-ils géré la situation ? » lui demanda Merlin.
« Je n'en suis pas sûr, mais je sais que mon père et d'autres hommes de ce village sont allés vérifier et nous sommes restés là-bas pendant quelques jours. Ils ont appelé ça la malédiction du sorcier ou quelque chose comme ça, » leur dit Gilli.
« Donc un sorcier a maudit le village ? » questionna Gaius.
« Et ça se passe en ce moment même à Camelot ? » ajouta Merlin. « Je pensais qu'après la levée de l'interdiction de la magie, ce genre de choses était terminé. Peut-être que certains partisans de la cause de Morgane sont toujours là. »
« Je ne pense pas, » répondit Gilli à la hâte.
« Alors, qu'est-ce que c'est ? » interrogea Merlin.
« Je pense que c'est plus comme la malédiction de Morgane », expliqua-t-il avec précaution.
Merlin et Gaius partagèrent un bref regard.
« Morgane est morte », lui dit Merlin. « Je l'ai tuée moi-même avec une lame forgée dans le souffle du dragon. Elle n'a pas pu y survivre. »
« Pour autant que je sache, ce genre de malédiction est le dernier acte de vengeance d'un sorcier mourant », expliqua Gilli.
« Elle n'a pas eu le temps de jeter un sort. Elle ne s'attendait pas à mourir. Elle était trop arrogante pour penser qu'elle pouvait perdre », lui assura Merlin.
« Je ne sais pas comment ça marche, mais ce n'est pas un acte totalement délibéré », leur apprit Gilli. « Le village a été terrorisé par un bandit aux pouvoirs magiques. C'est ce que j'ai entendu par la suite. Finalement, ils ont réussi à lui tendre un piège et il en est mort. Ils pensaient que c'était fini, mais ce n'était pas le cas. Je n'en suis pas sûr, mais je pense que ce genre de malédiction naît de la haine pure de quelqu'un ou de quelque chose et qu'elle se répand partout jusqu'à atteindre l'objet principal de cette haine ».
Merlin regarda Gilli, terrifié.
« Si c'est notre fléau, alors cela signifie que cette malédiction pourrait atteindre de nombreux innocents sur le chemin de Camelot. Morgane est morte loin d'ici. Près du lac d'Avalon », lui dit-il. « Et elle va atteindre Arthur. J'ai besoin de le protéger. » Merlin se leva rapidement et était sur le point de quitter la pièce pour trouver Arthur.
« Calme-toi, Merlin », le stoppa fermement Gilli. « Il y a une meilleure façon de protéger le roi. »
Merlin observa Gilli et revint lentement à la table. « Je t'écoute. »
« Qu'as-tu fait du corps de Morgane ? » lui demanda Gilli.
Merlin hésita. « Ça s'est passé si vite », dit-il. « Je pense que je l'ai juste laissé là où elle est morte. Je ne pouvais pas perdre de temps. La vie d'Arthur était en jeu. »
« Nous devons nous débarrasser du corps », lui apprit Gilli. « Elle est probablement en train de pourrir en ce moment, mais elle doit être purifiée et réduite en cendres. »
« Donc la source de cette malédiction se trouve dans les restes du corps de Morgane ? » prit soudainement la parole Gaius.
« Je le crois », confirma Gilli. « Mon père a essayé d'utiliser la magie pour guérir les victimes, mais rien n'a marché. Les enfants n'ont repris leurs esprits que lorsqu'ils se sont débarrassés du corps et que mon père a jeté un sort. Je ne sais pas ce que c'était, mais je suis sûr que toi, Merlin, tu es capable de le trouver. Tu as un excellent sens pour la magie élémentaire. Je t'ai vu hier soir. »
Merlin n'avait pas commenté ses derniers mots. Il s'était concentré sur la partie précédente. « Donc les enfants étaient aussi les seules victimes de cette malédiction ? » demanda-t-il. « Pourquoi ? »
« Leurs parents ont tué le sorcier. Peut-être que la malédiction jetée sur leurs enfants était censée leur faire le plus de mal », devina Gilli.
« C'est logique », admit Merlin. « Les enfants sont aussi l'avenir de Camelot et Morgane voulait enlever cet avenir à Arthur. »
« Peut-être », accepta Gaius. « Je suis juste surpris de n'en avoir jamais entendu parler avant. »
« Cela doit être rare », fit remarquer Merlin. « Nous ne savons même pas si c'est la même malédiction ou si c'est le fait des partisans de Morgane... »
« Elle avait un motif », fit remarquer Gaius.
« Je sais. » Merlin soupira. « C'est pourquoi je dois le vérifier. Je dois revenir à l'endroit où j'ai tué Morgane et je dois me débarrasser de son corps. C'est la seule façon d'en être certain. »
Quelqu'un frappa à la porte.
« Entrez », dit Gaius à voix haute.
Un des gardes entra. « Gaius, une étrange fièvre a été signalée dans la ville », l'informa-t-il.
« Il n'y a pas de temps à perdre », dit Merlin. « Je dois y aller maintenant. »
« Je vais m'en occuper », dit Gaius au garde et il tourna ensuite son attention vers Merlin. « Tu dois être prudent. »
« Je suis un puissant sorcier », fit remarquer Merlin.
« Je le sais, mais tu n'es plus anonyme », répliqua Gaius.
« Je vais m'en sortir. Nous devons nous débarrasser de cette malédiction le plus vite possible. »
« Je vais garder un œil sur lui », lui assura soudainement Gilli.
Merlin et Gaius le regardèrent en même temps.
« Je viens avec toi », dit-il à Merlin avec détermination.
« Tu n'as pas besoin de faire cela », lui assura Merlin.
« Je veux voir cela. »
oOoOo
Ils quittèrent Camelot en toute hâte. Merlin avait emprunté deux chevaux aux écuries royales. Il était sûr qu'Arthur n'y verrait pas d'inconvénient. Après tout, il s'agissait de la sécurité de ce royaume.
Avec les chevaux, ils devraient arriver à destination en fin de soirée. Ils n'avaient pas beaucoup parlé pendant le voyage en raison de leur rythme rapide et de leurs pauses très courtes. Merlin était déterminé à résoudre le plus gros problème actuel de Camelot le plus rapidement possible. Rien ne pouvait l'arrêter.
Comme prévu, dans la soirée, ils atteignirent la zone entourant le lac d'Avalon.
« Nous sommes proches », dit Merlin, en glissant du cheval et en l'attachant à un arbre.
Gilli suivit son exemple et, voyant l'inquiétude sur le visage de Merlin, il demanda : « Tu vas bien ? »
Merlin le regarda et hocha la tête en hésitant. « J'ai presque perdu tout espoir ici », admit-il. « Il n'y a pas si longtemps, mais on dirait que c'était il y a une éternité. »
« Beaucoup de choses ont changé depuis », souligna Gilli. « Je me souviens encore du moment où j'ai découvert que le roi Arthur avait changé les lois concernant la magie. Je n'ai même pas été aussi surprise que je devrais l'être. J'ai seulement pensé que tu l'avais finalement fait. »
« C'était entièrement la décision d'Arthur », lui assura Merlin.
« Je ne dis pas que tu l'as forcé à le faire. Seuls les gens qui ne te connaissent pas du tout pourraient dire que tu l'as fait. » Il soupira. « Crois-moi, j'ai entendu les rumeurs. Certaines d'entre elles étaient purement folles, d'ailleurs. Mais je savais dès le début que tu ne l'aurais jamais fait. »
« Nous ne nous connaissons pas très bien », fit remarquer Merlin. « Tu ne pouvais pas en être sûr. »
« Mais je l'étais », lui assura Gilli. « Nous ne nous sommes rencontrés qu'une fois auparavant, mais tu m'as montré quel genre d'homme tu es. Ce genre d'homme ne jetterait pas un sort à son roi pour lui faire changer la loi. Les gens sont des idiots. Si c'était le cas, tu l'aurais fait il y a des années, juste après la mort d'Uther. »
Merlin n'y avait pas pensé de cette façon. C'était en quelque sorte rassurant. « Merci », dit-il. « Peut-être qu'il y a plus de gens qui y pensent comme toi. »
« Il doit bien y avoir plus de gens raisonnables dans le monde que juste nous deux », lui dit Gilli en le taquinant. « Et les autres changeront d'avis tôt ou tard. »
Merlin sourit faiblement. Il pensait qu'il pourrait s'attacher à Gilli si l'homme décidait de rester plus longtemps à Camelot.
« Allons trouver Morgane. Nous devons mettre un terme à cette folie », déclara Merlin lorsqu'il retrouva finalement la raison. Il devait se concentrer sur sa mission. Toutes les autres choses pouvaient attendre.
Ils trouvèrent Morgane sous l'arbre, exactement à l'endroit où elle avait rendu son dernier souffle. Son corps n'avait pas été touché par le temps ni par les animaux sauvages. On aurait presque dit qu'elle dormait.
« Elle devrait être en train de pourrir en ce moment, » dit Gilli. « Je m'attendais à voir ses os. »
« C'était la grande prêtresse », répondit Merlin. « Une sorte de magie doit être impliquée dans ceci. »
« Peut-être que c'est la malédiction », suggéra Gilli.
« Peut-être. »
Ils partagèrent un regard complice et se mirent au travail.
Merlin se tint au-dessus de Morgane et regarda son beau visage pour la dernière fois.
« Forbearnan », chuchota-t-il et la robe de Morgane prit feu instantanément. Lui et Gilli observaient en silence son corps mince qui se transformait lentement en cendres. Le spectacle était à la fois terrifiant et hypnotisant.
« Rappelle-moi, Gilli, que dois-je faire maintenant ? »
« Tu dois purifier ses cendres. »
Merlin se mordit la lèvre inférieure et ferma les yeux, essayant de se concentrer sur son instinct. Il avait lu des sorts de purification de base dans ses livres, mais il savait qu'ils ne fonctionneraient pas ici. Il fallait que cela vienne de l'intérieur. De son âme.
« Lludw yn bur. Gwella'r melltith », dit-il à voix haute, et ses yeux devinrent dorés.
Lui et Gilli pouvaient sentir une énorme vague d'énergie se répandre du tas de cendres sur toute la terre. Ils savaient que leur mission était accomplie.
oOoOo
À leur arrivée à Camelot le lendemain, ils furent accueillis par Gaius et Arthur dans la salle du trône. Arthur les observait régulièrement depuis son trône, mais son regard était surtout concentré sur Gilli.
« Est-ce que c'est fait ? » leur demanda Gaius.
« C'est fait », confirma Merlin. « Quelle est la situation à Camelot ? »
« Tous les enfants ont été guéris. Il semble qu'il n'y ait plus de cas de la maladie », lui annonça Gaius alors qu'Arthur était toujours silencieux.
« C'est merveilleux. » Merlin sourit de tout son cœur.
« Une fois de plus, je dois te remercier Merlin d'avoir sauvé ce royaume », dit finalement Arthur, mais sur un ton étonnamment formel car ils n'étaient que quatre dans la salle du trône.
« Cela ne serait pas possible sans l'aide de Gilli », lui dit Merlin à la hâte. « Il mérite plus de crédit que moi. »
« Gaius a mentionné quelque chose dans ce sens », confirma Arthur, en observant Gilli de plus près encore. « Merci... Gilli. Camelot vous est reconnaissant pour votre aide. »
« C'était avec plaisir, Sire », lui assura Gilli.
« Vous pouvez choisir votre récompense », lui annonça Arthur avec fermeté.
« Ce n'est pas nécessaire, Sire. » Gilli semblait un peu penaud. Il regarda Merlin, espérant qu'il l'aiderait d'une manière ou d'une autre.
« J'ai une idée, Sire », dit Gaius. « Bien sûr, si Gilli l'accepte. »
« Continuez », encouragea Arthur vers son vieil ami.
« Vous vouliez m'aider à trouver un apprenti. J'apprécie tous les candidats que vous avez trouvés, mais je crois que Gilli serait meilleur que n'importe lequel d'entre eux », dit Gaius. « Il est évident qu'il a vu beaucoup de choses et qu'il sait comment agir dans les situations difficiles. Il pourrait apprendre tout le reste de moi ».
Arthur resta silencieux pendant quelques brefs instants, réfléchissant clairement à l'idée. Puis il posa une question à Gilli. « Voudriez-vous travailler pour Gaius et apprendre à être médecin à l'avenir ? »
« Cela nécessiterait que je reste ici », répondit Gilli. « Je voyage depuis des années. Je ne sais pas si je suis capable de rester longtemps au même endroit. »
« Tu pourrais essayer », suggéra Merlin, avec un peu d'espoir. Beaucoup de gens le craignaient, mais Gilli avait aussi de la magie et le comprenait sous de nombreux aspects. Il aimerait garder un ami comme lui près de lui.
« Je pourrais », admit Gilli, pensif. « Ce serait un honneur », répondit-il finalement. « Peut-être que je pourrais enfin mettre mes dons à profit. »
« C'est donc réglé », affirma Arthur. « Gaius, vous pouvez commencer à enseigner à Gilli dès que vous le jugerez approprié. » Puis il tourna son regard vers Merlin. « J'aimerais te parler en privé, Merlin. »
« Gilli, viens avec moi », dit rapidement Gaius et les deux laissèrent Arthur et Merlin seuls dans la salle du trône.
« Tu es parti pour cette mission à mon insu », dit Arthur, se levant de son trône et s'approchant de son ami.
« Je ne voulais pas perdre de temps », expliqua Merlin.
« Je comprends, mais tu aurais dû me le dire. Je suis ton roi et ton ami. » Il le regarda dans les yeux, le défiant. « Tu as pris ce garçon avec toi. Un étranger. Ce n'était pas sage. »
« Gilli n'est pas un étranger », dit Merlin. « Il était à Camelot il y a quelques années. Je l'ai rencontré à ce moment-là. De plus, il nous a aidés à nous débarrasser de cette maladie. »
« Ça aurait pu être un piège. »
« Vous êtes sérieux ? » Merlin n'arrivait pas à y croire.
« Bien sûr que je suis sérieux. Tu es une personne importante maintenant. Certaines personnes pourraient vouloir se débarrasser de toi », signala Arthur. « Sir Lamorak, par exemple. »
« Lamorak déteste la magie. Il n'utiliserait pas un sorcier pour se débarrasser de moi. »
« Donc Gilli est un sorcier, alors. » Arthur leva un sourcil. « Tu le connais bien ? »
« Assez bien pour savoir qu'il n'est pas une menace pour moi », répondit Merlin. « Vous pouvez parfois avoir du mal à vous en souvenir, mais je suis un puissant sorcier et je peux prendre soin de moi. »
Arthur secoua la tête. « Je le sais, Merlin. Je veux juste que tu sois plus prudent. Il y a des moyens de vaincre les personnes les plus puissantes. Tu n'es pas immortel. »
« Vous avez raison, je ne le suis pas », admit Merlin. « J'essaierai d'être plus prudent à l'avenir », promit-il.
« J'apprécierais cela. »
Merlin lui sourit et ressentit un désir soudain d'embrasser son ami de temps en temps. Il dut détourner son regard pour se vider l'esprit.
« Je vais aller voir comment Gaius et Gilli travaillent ensemble », dit-il et il quitta la salle du trône en toute hâte.
Il était si pressé qu'il n'avait pas remarqué le regard contrarié d'Arthur.
Et voici le neuvième chapitre de cette traduction ! J'espère que cela vous plait toujours autant !
N'hésitez pas à me rejoindre sur mon discord pour participer aux choix des traductions ainsi qu'au planning. Nous sommes déjà une petite trentaine !
Pour ma part, je vous dis à la prochaine pour de nouvelles aventures !
