Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !
Titre : The Heartbeat
Auteur : LadyFromPoland
Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd
Bêta : Antidote
Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.
Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres
Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur
Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.
The Heartbeat
Chapitre 14 : Toujours trop tôt
Ces choses arrivaient toujours trop tôt. Merlin le savait, mais cette connaissance ne rendait pas ceci moins douloureux.
Gaius était mort paisiblement dans son sommeil la nuit précédente. Personne ne s'y attendait. Personne ne le pouvait. Gaius était plein de vie, et malgré son âge avancé, il était en grande forme. Il aurait pu vivre encore quelques années, mais apparemment son heure était venue. Merlin ne pouvait rien faire pour changer cela, mais il se sentait néanmoins coupable.
C'était Gilli qui avait trouvé Gaius le matin. Après tout, ils partageaient les mêmes quartiers et travaillaient ensemble. Au début, Gilli n'avait pas voulu le croire. Il avait vérifié le pouls de Gaius plusieurs fois avant de se laisser aller à la vérité. Il ne savait pas quoi faire et qui il devait informer en premier. Il n'avait jamais vraiment pensé que ce jour viendrait.
Finalement, il avait décidé qu'il devait en informer le roi. Il n'était pas prêt à le dire à Merlin. Il savait que le sorcier de la cour allait être dévasté.
Arthur fut attristé par cette nouvelle. Guenièvre et lui se rendirent dans les quartiers de Gaius pour rendre hommage à leur ami défunt. Il y avait beaucoup de choses à faire avant qu'ils ne lui fassent un dernier adieu, mais ils devaient d'abord en informer Merlin. C'était la partie la plus difficile.
oOoOo
Merlin était au milieu de sa routine matinale quand quelqu'un frappa à sa porte. Il n'avait pas trop réfléchi et avait dit « Entrez ! »
« Arthur ? » demanda-t-il, surpris. Arthur lui rendait souvent visite, mais pas le matin. Le roi devait s'occuper de nombreuses tâches avant de pouvoir se laisser un peu de temps libre.
« Assieds-toi, Merlin », lui demanda Arthur. Il y avait quelque chose de décisif dans sa voix qui faisait que Merlin suivit sa demande.
« Que s'est-il passé ? » l'interrogea Merlin quand il s'assit. « Arthur ? »
Arthur s'approcha de sa chaise et s'agenouilla devant lui. Ce n'était pas une chose à laquelle Merlin pouvait s'attendre. C'était en quelque sorte terrifiant.
« Tu dois me promettre que tu ne feras rien de stupide », lui dit doucement Arthur.
« Vous me faites peur », chuchota Merlin.
Arthur prit une profonde inspiration. Il savait qu'il n'y avait pas moyen de le dire délicatement, mais il devait essayer.
« Dites-le simplement. »
« Gaius est mort dans son sommeil la nuit dernière », osa finalement le dire Arthur.
Le visage de Merlin pâlit instantanément. « Quoi ? » dit-il d'une voix brisée.
Il voulait se lever et courir dans les appartements de Gaius pour le voir de ses propres yeux, mais heureusement Arthur fut plus rapide. Il se leva de sa position agenouillée et prit Merlin dans ses bras juste avant que les genoux de son ami ne cèdent.
« Je te tiens », chuchota Arthur à l'oreille de Merlin.
« Je dois le voir », protesta Merlin, mais il s'appuya sur son roi pour se soutenir.
« Plus tard », lui promit Arthur. « Quand tu te seras calmé. »
Merlin se mit à sangloter sur son épaule. Il avait retenu ses larmes pendant un moment, mais ne pouvait plus le faire. Arthur le tenait patiemment contre lui, caressant le cou de Merlin pour tenter de l'apaiser.
« C'est trop tôt », chuchota Merlin et Arthur ne pouvait pas être plus d'accord.
Lentement, il conduisit Merlin vers le lit et l'aida à s'y allonger.
« Restez », chuchota timidement Merlin.
« Je n'irai nulle part », promit Arthur et il s'allongea aux côtés de Merlin.
C'était quelque chose dont Merlin avait besoin à ce moment-là. Il se dirigea vers Arthur et cacha son visage dans le creux du cou de son ami. Cela ne dérangea pas du tout Arthur. Il se rapprocha de son ami et mit son bras autour de sa taille pour le serrer dans ses bras. Leur position était un peu inconfortable, mais il s'en fichait. Merlin vivait un enfer à ce moment précis et il avait besoin qu'Arthur soit avec lui et qu'il le garde sain d'esprit.
« Que dois-je faire maintenant ? » murmura Merlin après un long moment de silence.
« Vivre », dit Arthur, presque suppliant. « Tu dois vivre ta vie. C'est ce que Gaius voudrait. »
Merlin prit une profonde inspiration. « Je ne vais rien faire de stupide », chuchota-t-il.
« Je sais », dit Arthur. « Je suis content. »
Merlin se déplaça un peu, changeant leur position pour une plus confortable. Ils étaient très proches, les corps pressés l'un contre l'autre. C'était un moment intime et dans d'autres circonstances, Merlin n'aurait pas osé se laisser aller dans une telle position. Cependant, à ce moment, il avait besoin d'Arthur plus que jamais. Il avait besoin de sa consolation et de sa compréhension. Il se sentait simplement aimé et pris en charge, et bien que cela ne puisse jamais être comme ça entre eux, il ne pouvait pas s'en soucier pour le moment. Il semblait presque que le temps s'était arrêté et qu'il était à Arthur et qu'Arthur était à lui.
Les yeux de Merlin se fermèrent lentement et il s'endormit. Arthur resta éveillé, le surveillant tout ce temps jusqu'à ce qu'il se réveille près de deux heures plus tard.
Il était confus au début, ne sachant pas pourquoi Arthur était là. Puis il se rendu compte de la situation et il s'assit rapidement sur le lit. Arthur le suivit immédiatement.
« Ce n'était pas un mauvais rêve, n'est-ce pas ? » demanda-t-il faiblement et les yeux tristes d'Arthur lui donnèrent sa réponse.
Merlin baissa le regard, en essayant très fort de rester calme.
« Merlin... » chuchota doucement Arthur.
« Je veux le voir », dit Merlin avec détermination. « J'ai besoin de le voir de mes propres yeux. »
Arthur voulut protester, mais il se rendit compte que c'était inutile. Merlin avait besoin de dire au revoir à son ami. C'était essentiel dans le processus de deuil.
« Très bien », accepta le roi. « Nous allons aller le voir. »
Merlin lui sourit faiblement. Son cœur se remplit d'une chaleur réconfortante. Arthur allait l'accompagner. C'était une petite chose, mais Merlin lui était reconnaissant. Arthur fut très patient avec lui et fit preuve d'attention. Merlin ne pouvait pas espérer une meilleure personne comme moitié, malgré tous les autres obstacles qui se dressaient sur leur chemin.
Cependant, rien n'aurait pu le préparer à ce moment. Merlin se tenait devant le corps de Gaius qui était recouvert d'un drap, mais il ne pouvait pas se forcer à le soulever.
« Prends ton temps », lui dit doucement Arthur. Il savait ce que Merlin traversait. Il se souvenait encore du jour où son père était mort, et malgré tous les différends qu'il avait eus avec Uther, sa mort l'avait profondément blessé.
« Pouvez-vous le faire pour moi ? » lui demanda Merlin. « J'ai besoin de le voir, mais je ne peux pas le faire... »
« Bien sûr. »
Arthur s'approcha de lui, attrapa le drap et le tira lentement vers le bas.
Merlin sursauta. Gaius avait l'air de dormir, mais Merlin voyait qu'il n'y avait plus de vie en lui. Ce n'était qu'un corps. Un corps sans vie. Gaius était parti depuis longtemps.
Merlin sentit quelques larmes couler sur ses joues. Gaius ne voudrait pas qu'il pleure, mais la perte était plus forte que ce que l'on pensait. Il avait besoin de faire son deuil et les larmes en faisaient partie.
« Veux-tu que je parte ? » lui demanda Arthur avec tact.
Merlin ne voulait pas rester seul. Pas dans un moment comme celui-ci. « Non », dit-il fermement et il saisit le poignet d'Arthur pour le faire rester.
« Très bien », dit Arthur et il se rapprocha de son ami. « Je resterai aussi longtemps que tu auras besoin de moi. »
Au fond de lui, Merlin sentait que ce n'était pas bien. Arthur était roi et il avait un royaume à gouverner. Il n'était pas juste d'occuper une si grande partie de son précieux temps. Après tout, Merlin était un adulte et il avait déjà dû faire face à la mort d'autres personnes à de nombreuses reprises. Il pouvait se débrouiller tout seul.
Néanmoins, il n'était pas assez fort pour dire à Arthur d'aller s'occuper de son royaume alors qu'il était prêt à rester avec Merlin. Il voulait être égoïste cette fois-ci, alors il céda et laissa Arthur rester à ses côtés.
oOoOo
Les funérailles étaient magnifiques, du moins autant qu'une cérémonie aussi triste pouvait l'être. Gaius était vêtu d'élégantes robes et le bateau dans lequel son corps avait été déposé était décoré des plus belles fleurs. Presque tout le Camelot était venu lui dire au revoir, mais ce n'était pas surprenant. Gaius était respecté par les pauvres et les riches, et ce, de la même façon. Il était le type d'homme qui pouvait gagner la confiance de presque tout le monde. Il avait eu beaucoup d'amis durant sa vie et cette pensée consola presque Merlin.
Même Hunith était venu voir son vieil ami lors de son dernier voyage. Merlin lui était reconnaissant de son soutien. Elle se tenait fermement à ses côtés, comprenant très bien ce que son fils traversait.
Lorsque le bateau avec le corps de Gaius fut mis à feu, elle enlaça Merlin plus fortement. La seule chose qui manquait à Merlin était l'étreinte d'Arthur, mais le roi ne pouvait pas montrer autant d'affection envers lui en public. Ce ne serait pas approprié.
Hunith passa la nuit à Camelot, voulant passer le plus de temps possible avec son fils.
« Tu as une belle vie ici, Merlin », lui dit-elle le soir. « Tu as une position respectée à la Cour et tu es libre d'utiliser ta magie. »
Merlin pouvait sentir qu'il y avait un, mais dans l'air. Il connaissait trop bien sa mère.
« Mais ? » demanda-t-il après quelques instants de silence.
Hunith le regarda dans les yeux. « Tu n'es pas heureux, mon fils », dit-elle tristement.
« Gaius vient de mourir, mère », tenta-t-il d'expliquer. « J'ai le droit d'être triste. »
« Ce n'est pas ça, Merlin. » Elle soupira. « Tu essaies de le cacher, mais une mère sait toujours quand il y a quelque chose qui ne va pas. Et je peux voir qu'il manque quelque chose dans ta vie. »
Merlin baissa le regard. « Ce n'est pas important, mère. Tu ne devrais pas t'inquiéter. »
« Merlin, je suis ta mère. Je veux que tu sois heureux », lui dit-elle.
« Je suis heureuse », lui dit-il. « Au moins autant que c'est possible. »
Hunith le regarda avec compréhension. « C'est à propos d'Arthur, n'est-ce pas ? »
Le cœur de Merlin commença à battre plus fort à ses mots. Il était conscient que sa mère le connaissait bien, mais il espérait qu'il pourrait mieux cacher ses sentiments. Il ne voulait pas l'inquiéter d'une quelconque manière.
« Tu es gêné », lui dit-elle doucement. « Tu ne devrais pas l'être. »
Merlin commença à trembler légèrement. C'était trop pour une journée. L'enterrement de Gaius et cette conversation. Il ne se sentait pas prêt pour tout cela, encore moins pour tout cela en même temps.
« C'est compliqué », lui dit finalement Merlin.
« Peut-être que tu as besoin d'une pause », lui suggéra-t-elle. « Peut-être que tu pourrais venir vivre avec moi pendant un certain temps... »
« Non », lui dit fermement Merlin. « Je ne quitterai pas Arthur. Je ne peux pas. »
« Penses-y. Tu as traversé beaucoup de choses récemment. Tu devrais te reposer et c'est impossible ici à Camelot. Je suis sûr qu'Arthur comprendrait. »
« Il comprendrait », lui assura Merlin. « C'est un grand roi... il est bon. Mais je ne veux pas vivre loin de lui. Tu peux penser que c'est mal et que je suis... dégoûtant, mais... »
« Ne pense même pas à ça ! » le gronda Hunith. « Tu n'es pas dégoûtant. Tu as un cœur magnifique et attentionné. Tu ne devrais pas avoir honte de ce que tu ressens. »
« Mais toutes mes pensées ne sont pas belles et pures », admit-il. Le dire à sa mère était difficile, mais il sentait qu'il devait le partager avec quelqu'un. Merlin n'était pas aussi pur et désintéressé que certains le croyaient. Il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux la plupart du temps. Il ne pouvait pas se débarrasser de certaines pensées impures qui hantaient ses rêves. Merlin n'était pas parfait et sa mère devait le savoir.
Hunith le regarda avec tristesse. « C'est tout à fait compréhensible », lui dit-elle. « Mais tu as un bon cœur. Tu as tant sacrifié pour ce royaume et pour Arthur. »
« Je lui mens encore », dit Merlin et quelques larmes coulèrent sur son visage. « Je ne veux pas, mais je dois le faire. »
« Je suis sûr que tu as tes raisons », dit Hunith. « Parfois, nous mentons aux personnes que nous aimons le plus. Je ne dis pas que c'est bien ou sain, mais nous le faisons pour les protéger. »
Merlin hocha la tête en silence et Hunith le serra très fort dans ses bras. Son fils avait besoin d'amour et de soutien. Il avait besoin d'elle. Elle regrettait qu'ils se voient si rarement.
« J'ai besoin de te rendre visite plus souvent », lui dit-elle et elle le libéra finalement de son étreinte. « Tu es un homme adulte et tu fais tes propres choix, mais je peux dire que tu bénéficierais de mon soutien de temps en temps. »
« Tu pourrais même déménager à Camelot si tu le voulais », lui dit Merlin.
« Non », répondit-elle. « Tu dois vivre ta vie par toi-même et je dois vivre la mienne. Camelot n'est pas pour moi. Je suis une femme du village et c'est là que se trouve ma place. »
« Alors tu devrais me rendre visite plus souvent », Merlin était d'accord avec ce qu'elle avait dit avant.
« Ça, je peux le faire », lui promit-elle.
Hunith sentit que son fils voulait changer de sujet. Ils avaient eu une discussion difficile et il avait besoin de quelque chose pour lui remonter le moral. Cependant, avant qu'ils puissent le faire, elle sentit qu'elle avait besoin de clarifier quelque chose.
« Merlin », dit-elle sérieusement, et il la regarda d'un air un peu incertain. « J'aimerais que tu puisses avoir une vie plus heureuse. Une vie qui ne serait pas pleine de sacrifices. Une vie dans laquelle tu n'aurais rien à cacher au monde. »
« Mère... »
« Laisse-moi finir », lui demanda-t-elle. « Je veux juste le bonheur de mon enfant. C'est ce que tous les parents devraient souhaiter pour leurs enfants. Mais ce ne sont que mes souhaits... Arthur ne le comprendra peut-être jamais, mais tu mérites tellement plus. Tu mérites d'être aimé et protégé autant que tu aimes et protèges. Je veux que tu vives pleinement ta vie. Que tu vives tout cela, mais... mais je sais aussi que tu ne serais pas plus heureux sans Arthur dans ta vie. »
Merlin sentit que c'était le moment de révéler son plus grand secret à sa mère. Il avait besoin qu'elle le sache et qu'elle le comprenne.
« Tu as raison », chuchota-t-il. « Je suis heureux de vivre cette vie avec Arthur comme ami. Je préfère vivre comme ça pendant mille ans que de vivre ma vie sans lui. J'ai failli le perdre et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour le garder en vie. On pourrait dire que c'était noble, mais c'était égoïste. Je ne pouvais pas imaginer une vie sans lui. Regarde », dit-il en posant sa main sur sa poitrine. « Peux-tu sentir mon cœur battre ? »
Hunith fut surpris par sa question. « Bien sûr », dit-elle.
« C'est juste la moitié de mon cœur. Arthur a l'autre moitié. Littéralement », expliqua-t-il.
« Qu'as-tu fait, Merlin ? » demanda-t-elle, à la fois curieuse et terrifiée.
« C'était la seule façon de le sauver », dit-il. « Et ça n'aurait pas marché si Arthur n'était pas mon autre moitié. »
« Mon garçon... » chuchota Hunith. « Je pensais que vous étiez les deux faces d'une même pièce, mais je n'ai jamais pensé que... Est-ce qu'Arthur le sait ? »
« Non, et il ne devra jamais le découvrir », dit-il fermement. « C'était mon choix de diviser mon cœur en deux. Je ne veux pas qu'il se sente coupable. Après les années passées à le servir, j'ai découvert que je n'ai jamais vraiment eu le choix. Il a été choisi pour moi par les dieux ou le destin ou je ne sais quoi. Mais j'ai aussi appris que même si j'avais eu le choix, je l'aurais quand même choisi. Je suis heureuse de le servir, mère. Je suis heureuse de l'avoir dans ma vie et je sais qu'il se soucie de moi aussi. C'est suffisant ».
« Et tu dis que tu es égoïste », dit-elle en le serrant très fort dans ses bras. « Arthur ne sait pas ce qu'il manque. »
« Et je veux que ça reste ainsi. »
oOoOo
Hunith rentra à Ealdor le jour suivant. Merlin n'était pas sûr d'avoir bien fait de partager ses secrets et ses soucis avec elle, mais elle semblait apprécier ses efforts. Il ne pouvait pas attendre sa prochaine visite. C'était bon de l'avoir près de lui. Personne ne pouvait l'aimer et l'accepter comme le faisait sa mère.
Une fois Hunith partit, toutes ses pensées attristantes sur Gaius lui revinrent. Heureusement, Arthur était toujours là pour lui tenir compagnie le soir. Parfois ils parlaient, parfois ils riaient et d'autres fois ils restaient silencieux. C'était presque parfait. Merlin continuait à se surprendre à penser à ce qui aurait pu se passer si les circonstances avaient été différentes. Ce n'était pas sain, mais c'était en quelque sorte réconfortant.
Cependant, il n'avait pas passé tout son temps avec Arthur. C'était impossible. Bien qu'ils soient devenus encore plus proches ces jours-ci, Merlin avait d'autres amis qui avaient besoin de lui, et il était prêt à être là pour eux aussi. De plus, leur compagnie a permis à Merlin de se sentir mieux. Surtout celle de Gilli.
Gilli était devenu médecin après la mort de Gaius. Merlin était pleinement conscient que cela faisait peur à son ami, et il était donc prêt à l'aider autant qu'il le pouvait. De plus, il était bon d'occuper ses pensées avec quelque chose d'important. Merlin avait beaucoup d'expérience dans ce domaine et lui ainsi que Gilli formaient une sacrée équipe. Bien sûr, Arthur, étant Arthur, était un peu grincheux à ce sujet, mais même lui comprenait que c'était bon pour Merlin et pour le royaume. C'était pourquoi Arthur avait appris à tolérer l'amitié qui se développait rapidement entre Merlin et Gilli. C'était difficile, mais il y était parvenu. Guenièvre lui avait même dit qu'elle était fière de lui, ce qui avait embarrassé Arthur. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte que sa jalousie à l'égard de la nouvelle amitié de Merlin était si transparente. Il croyait qu'il pouvait mieux cacher ses véritables émotions que cela. Quand il l'annonça à sa femme, elle rit fortement et dit : « Oh, Arthur. Qui vous connaît mieux que votre propre femme ? Vous êtes toujours comme ça quand ça concerne Merlin. »
Arthur n'aimait pas du tout ses paroles. Il était un roi. Il était censé savoir faire mieux que d'afficher des émotions aussi brutes que la jalousie. Cela blessa sa fierté.
Leur conversation fut interrompue par des coups à la porte.
« Entrez », dit Arthur, heureux que son humiliation soit terminée. Guenièvre le connaissait trop bien. C'était ennuyeux, car il ne pouvait pas la lire aussi bien qu'elle le lisait.
À sa grande surprise, ce fut Sir Leon qui entra dans la pièce.
« Léon ? S'est-il passé quelque chose ? » La voix d'Arthur était pleine d'inquiétude. Il était assez tard et les chevaliers ne lui rendaient pas visite à une telle heure, à moins qu'il ne s'agisse de quelque chose d'important.
« Ne vous inquiétez pas, mon seigneur, ce n'est rien d'horrible », lui assura rapidement Léon. « Je voulais juste vous parler, à vous et à la Reine, en privé. C'est une affaire personnelle, mais j'ai besoin de votre permission, Sire. »
Arthur était intrigué et Guenièvre l'était aussi, à en juger par son regard.
« Qu'est-ce que c'est, alors ? » demanda le roi.
Léon le regarda d'un air incertain, légèrement gêné. « Il y a une femme que je voudrais épouser, mais le mariage exigerait que je quitte Camelot », dit-il finalement.
Ce n'était pas quelque chose qu'Arthur avait envisagé. « Est-ce vraiment nécessaire ? Je ne voudrais pas perdre l'un de mes meilleurs chevaliers et mon vieil ami », admit-il. « Ne peux-tu pas amener ta future femme ici à Camelot ? Je suis sûr que nous pourrions trouver une maison convenable pour vous deux. »
Léon sourit légèrement. « J'apprécie votre proposition, mais j'ai peur que ce ne soit pas possible. » Le chevalier soupira. « La femme que j'ai l'intention d'épouser ne peut pas quitter sa maison. »
« C'est la princesse Mithian, n'est-ce pas ? » prit soudainement la parole Guenièvre. « Vous aviez l'air très amicaux pendant la fête d'anniversaire. »
Arthur la regarda, surpris, puis il se retourna vers Léon. Le chevalier rougissait. « Oui, c'est la princesse Mithian », admit-il.
« Cela ferait de toi le futur roi de Németh », dit Arthur.
« Ce n'est pas pour cela que je veux l'épouser », lui assura hâtivement Léon. « La mort de Gaius m'a fait comprendre que la vie était courte et que je ne rajeunis pas. La princesse Mithian est une femme remarquable qui dirige pratiquement son royaume. Son père ne vivra pas longtemps et je crains que sans son soutien, certains conseillers ne l'obligent à épouser un homme de leur choix. Ce monde ne fait pas l'éloge des femmes fortes et indépendantes ».
« Ils peuvent choisir quelqu'un parmi eux », souligna la Reine. « Cela pourrait ne pas bien se terminer. »
« Précisément », Léon était d'accord avec elle. « Si elle se marie maintenant avec la bénédiction de son père, les conseillers devront accepter son conjoint. »
« Léon... » commença Arthur. « Veux-tu épouser Mithian parce que c'est une chose honorable ou parce que tu as des sentiments pour elle ? »
« Les deux, mon seigneur », répondit honnêtement le chevalier. « Mais je ne le ferai pas, si vous ne me libérez pas de mes vœux envers vous. Vous êtes mon roi et vous seul peux décider de mon sort. » En disant cela, Léon s'agenouilla devant lui. « Je vous demande seulement de considérer tous les facteurs. »
« Lève-toi, Léon », lui dit Arthur. « Il n'y a rien à prendre en compte. Comme je l'ai déjà dit, ça me fera mal de perdre un si bon chevalier, mais tu dois suivre votre cœur et ton honneur. Tu es libéré de mon service. »
Le visage de Léon se chargea d'un large sourire. « Merci, Arthur. Je veux dire... mon seigneur. Cela représente tout pour moi. »
« Je sais », dit Arthur. « Je viens de perdre un grand chevalier, mais je suis peut-être sur le point de gagner un véritable allié pour toute une vie. »
« Vous pouvez en être certain », lui assura Léon. « Vous êtes un bon roi et un ami. »
Gwen lui serra les mains. « Je pense que cela appelle une célébration », dit-elle avec un large sourire. « Je suis heureuse pour toi, Léon. Tu le mérites. »
« Merci, ma dame », dit-il, pensant que c'était elle qu'il avait secrètement aimée il y avait de nombreuses années. Il l'avait aimée quand personne d'autre ne l'avait remarqué et quand il était impossible pour un noble d'être avec une paysanne. Beaucoup de choses avaient changé depuis lors et il savait maintenant que Guenièvre était destinée à des choses plus grandes que lui et que son affection de jeunesse.
« C'est Gwen pour toi, Léon », lui rappela-t-elle. « Juste Gwen. »
Me revoici aujourd'hui pour une "rafale" de chapitres !
Je tenais à vous remercier tout d'abord pour vos nombreux retours, ça me fait trop plaisir !
En tout cas, j'espère que cela vous plait toujours autant !
