Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !

Titre : The Heartbeat

Auteur : LadyFromPoland

Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd

Bêta : Antidote

Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.

Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres

Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur

Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.


The Heartbeat


Chapitre 15 : Doutes


Merlin et Gilli avaient beaucoup travaillé ensemble. Il y avait quelque chose de rafraîchissant dans la profession de médecin qui permettait à Merlin d'oublier ses soucis. Gilli était également un grand compagnon et Merlin appréciait beaucoup leurs discussions. Il était toujours heureux de donner un conseil au jeune médecin et, en retour, Gilli était prêt à écouter les problèmes de Merlin si nécessaire. De plus, ils se comprenaient souvent sans se parler, ce qui irritait parfois Arthur, et ils décidèrent donc en silence de ne pas le montrer trop souvent en public. Néanmoins, cette capacité rendait leur travail beaucoup plus facile et plus rapide, de sorte qu'ils n'avaient pas voulu y renoncer complètement.

Cela ne signifiait pas pour autant que Gaius ne manquait plus à Merlin. Son vieil ami lui manquait beaucoup, mais avec le temps, il apprit à gérer cette perte, et la douleur s'atténua considérablement. L'idée que Gaius ait eu une vie longue et pleine de sens lui facilita la tâche. En outre, Merlin savait que Gaius voudrait qu'il aille de l'avant. Alors c'est ce qu'il fit.

Sa mère lui manquait aussi. Il souhaitait qu'elle puisse vivre plus près de Camelot, mais elle lui avait dit qu'Ealdor était son endroit. Merlin l'avait compris. Le petit village avait son charme et sa mère y avait passé toute sa vie. Merlin ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle quitte le seul endroit qu'elle considérait comme son foyer, simplement parce qu'elle lui manquait énormément. Il était un homme adulte qui avait besoin de vivre sa propre vie. Il n'avait pas besoin d'avoir sa mère à ses côtés tout le temps.

« Tu es distrait », fit remarquer Gilli un jour.

« Je suis désolé », murmura Merlin en réponse.

Gilli secoua la tête. « Ne sois pas désolé. » Il soupira. « Qu'est-ce qui se passe ? »

« Rien », lui assura Merlin. « Je pensais juste à ma mère. »

« Elle te manque. C'est normal. Tu n'as pas à avoir honte. »

« Je n'ai pas honte », se hâta de dire Merlin. « Elle me manque parce que j'ai toujours pu lui dire n'importe quoi. »

Gilli le regarda sérieusement. « Tu sais que tu peux aussi me dire n'importe quoi, n'est-ce pas ? » demanda-t-il. « Je ne te jugerai pas. »

« Je sais », dit Merlin. « Je ne veux juste pas être un fardeau. »

« Tu ne le seras pas », lui assura Gilli. « Je sais que tu as eu ce genre de relation avec Gaius. Il était ton confident et ton ami. Je sais que je ne suis pas Gaius. Nous ne partageons pas autant de souvenirs que tu l'as fait avec lui, mais je peux être ton ami. Tu n'es pas seul au monde. »

Merlin lui sourit légèrement. « Merci, Gilli, j'apprécie, » dit-il. « Tu peux compter sur moi aussi. »

« Je le fais déjà », dit Gilli et ils rirent tous les deux de bon cœur. C'était un bon début.

oOoOo

La vie à Camelot commençait à être étonnamment paisible ces jours-ci. Elle ne ressemblait pas à l'ancienne Camelot dont Merlin se souvenait, pleine de menaces et de dangers. Il n'allait pas se plaindre. C'était un changement agréable après toutes ces années difficiles.

Cependant, la vie paisible ne pouvait pas durer éternellement. Merlin l'avait appris à la dure.

Au début, cela avait commencé innocemment. Il aidait Gilli comme il le faisait d'habitude ces jours-ci et ils parlaient de choses sans importance quand soudain Gilli dit quelque chose qui fit réfléchir Merlin.

« La Reine est-elle plus âgée que le Roi ? » demanda-t-il simplement.

Merlin le regarda, visiblement surpris. « Ils ont plus ou moins le même âge. Tu sais... la Reine était autrefois une paysanne et personne ne note la date de naissance exacte de nous autres paysans, mais je suis presque sûr qu'Elyan a mentionné une fois que Gwen était née la même année qu'Arthur. »

« Elyan ? » demanda Gilli.

« Le frère de Gwen », expliqua Merlin. « Il est déjà mort. »

Gilli hocha la tête de façon compréhensive. C'était pourquoi il n'avait pas reconnu le nom.

Après un moment de silence, Merlin n'en pouvait plus et posa lui-même la question. « Pourquoi demandes-tu l'âge de la reine ? »

« Ce n'est pas important », marmonna le médecin.

« Gilli. » Insista Merlin. Il y avait quelque chose de suspect dans le comportement de Gilli, et une maintenant que Merlin l'avait remarqué, il ne pouvait pas laisser tomber.

Gilli soupira. « Je suis leur médecin et je remarque certaines choses », commença-t-il. « La Reine est encore assez jeune, mais je peux voir des signes de vieillissement sur son corps. Et c'est tout à fait normal. Elle vieillit lentement et bien, mais le Roi... »

« Quelque chose ne va pas avec Arthur ? » Merlin commençait à être un peu inquiet. Il n'avait rien remarqué de nouveau sur Arthur récemment, mais il avait peut-être loupé quelque chose.

« Il n'y a rien de mal », lui assura Gilli à la hâte. « Le Roi Arthur est en pleine forme. Il y a juste quelque chose d'étrange chez lui. »

Merlin fronça les sourcils. « Quoi exactement ? »

« Il ne semble pas du tout vieillir », admit Gilli. « Peut-être que c'est juste une question de famille. Je ne connais pas très bien l'histoire médicale de ses ancêtres. Je ne suis pas à Camelot depuis si longtemps. Mais peut-être... » Gilli se tut et jeta un regard curieux sur Merlin.

« Dis-le, Gilli », lui ordonna Merlin.

« Ça ne pourrait pas être ta magie ? » demanda-t-il avec hésitation.

Le froncement de sourcils sur le front de Merlin s'accentua. « Je ne fais rien pour empêcher Arthur de vieillir », dit Merlin. « Je n'y ai même pas pensé. »

« Peut-être le fais-tu inconsciemment », suggéra Gilli. « Tu ne sembles pas vieillir beaucoup toi-même. Du moins, pas récemment. »

Merlin voulait le nier, mais il ne pouvait pas. Il n'y avait pas beaucoup réfléchi avant, mais cela semblait être vrai. Il avait toujours eu l'air plus jeune qu'il ne l'était en réalité. Peut-être que cela l'avait rendu inconscient de son récent manque de vieillissement. Merlin n'était plus sûr de ce qui était vrai et de ce qui ne l'était pas. À demi-conscient, il regarda son reflet dans le miroir. Son teint était toujours aussi lisse. Il pouvait voir quelques rides sur son front, mais elles étaient déjà présentes avant Camlann. Il était sûr de les avoir gagnées grâce à son inquiétude constante à propos de la prophétie sur Arthur et Mordred. Tout cela lui faisait se demander si sa magie ne lui faisait pas du tort à son insu. Certains sorciers et sorcières s'étaient délibérément rajeunis. Nimueh en était un parfait exemple. Elle devait être au moins aussi âgée qu'Uther, mais elle avait paru très jeune, et ce, jusqu'à ses derniers jours.

« Si j'avais su que cela t'inquiéterait, je ne t'en aurais jamais parlé », dit Gilli, interrompant ses pensées. « Je suis désolé. »

« Tu ne devrais pas », lui dit Merlin. « Je suis content que tu m'aies fait remarquer certaines choses. J'ai besoin d'enquêter sur elles », dit-il avec détermination.

Gilli le regarda avec suspicion. « Je n'aime pas ça, Merlin », lui dit-il honnêtement. « Ce n'est sûrement rien de grave. Ce doit être ta magie qui joue des tours... »

« Peut-être que tu as raison », coupa Merlin en soupirant fortement. « Mais ça pourrait être autre chose. Je dois découvrir la vérité pour en être certain. »

« Comment vas-tu la découvrir ? » lui demanda Gilli. « Tu as lu tous les livres que tu as pu trouver sur la magie. C'est impressionnant, au fait, mais comme tous les autres grands prêtres et prêtresses sont partis, tu es la personne la plus compétente dans le domaine de la magie. »

« Exactement », dit Merlin. « La personne. »

Gilli haleta. « Vas-tu appeler Kilgharrah ? » demanda-t-il avec incrédulité.

« Non, bien sûr que non », lui assura Merlin. « Je crois t'avoir dit que je l'ai libéré. Il a grandement participé dans le sauvetage d'Arthur. Je lui ai promis que je ne l'appellerais plus jamais. Je tenais à lui montrer ma gratitude. Je ne manquerai pas à ma parole. »

« Qui, alors ? » demanda Gilli, craignant la réponse.

« Les Sidhes », dit fermement Merlin.

« Ce n'est pas une bonne idée », lui répondit Gilli. « Tu sais comment ils sont. »

« Je le sais très bien », confirma Merlin. « Je suis sûr qu'ils ne seront pas heureux de m'aider, mais ce sont les seules créatures assez âgées pour avoir des réponses à mes questions. J'aurais dû leur rendre visite il y a longtemps. J'ai attendu trop longtemps ».

« C'est de la folie », répliqua Gilli, mais il sourit légèrement. Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour arrêter Merlin. Une fois l'idée née dans son esprit, il était impossible de l'arrêter. « Promets-moi d'être prudent. »

« Je le serai », lui promit Merlin et il lui rendit son sourire.

« Ne leur promets rien de trop important », l'avertit Gilli. « Ils sont avides. »

« Ne t'inquiète pas. Ils ont peut-être la connaissance que je recherche, mais je suis Emrys et ils me craignent », dit-il en plaisantant. « Je suis sûr que nous trouverons un compromis. »

« Merlin, tu ne peux pas être trop arrogant avec eux », annonça Gilli en guise d'avertissement. « Tu es peut-être Emrys, mais ils savent des choses que nous ne pouvons même pas imaginer. C'est leur avantage. Si tu ne fais pas attention, ils te tromperont d'une manière ou d'une autre. »

« Je les ai déjà rencontrés, Gilli. Je sais comment m'y prendre avec eux », lui assura Merlin.

« C'est toujours risqué », dit Gilli. « Ils ont déjà blessé beaucoup de gens. Des gens sages. Je ne sais pas pourquoi tu insistes tant pour leur rendre visite, mais ça doit être important pour toi. »

« Ça l'est », lui confirma Merlin.

« Je sais que tu as déjà rencontré les Sidhes avant, mais chaque Sidhe est différent. J'ai entendu beaucoup d'histoires à leur sujet. J'ai rencontré des gens qui ont perdu leurs proches à cause d'eux. » Gilli l'observa sérieusement. « Tu as traversé beaucoup de choses dans ta vie. Je ne veux pas que tu sois plus blessé. Tu es mon ami. »

Merlin lui sourit chaleureusement. « C'est très touchant », dit-il. « Je comprends tes inquiétudes, mais ce n'est pas nécessaire. Je sais ce que je fais. »

Gilli secoua la tête, résigné. « Vas-tu dire au roi où tu vas ? » demanda-t-il.

« Bien sûr que non », dit Merlin. « Je ne veux pas qu'il s'inquiète. Je vais juste lui dire que j'ai besoin de faire quelques recherches. Ce ne sera même pas un mensonge. »

« Ce ne sera pas entièrement vrai non plus », fit remarquer Gilli.

« Je sais ce que tu penses, Gilli, mais c'est important pour moi. Je veux juste que tu confirmes mon histoire si jamais Arthur commence à te poser des questions. »

Gilli le regarda d'un air aiguisé. « Je ne pense pas que le roi viendra ici pour me poser des questions sur ta petite quête. Il ne demande ma présence que lorsqu'il la juge nécessaire. »

« Il le fera, s'il trouve mon comportement suspect », apprit Merlin. « Il sait que j'ai passé beaucoup de temps ici récemment. »

« Et il n'aime pas ça », murmura Gilli. « Il est jaloux et tu le sais. »

« Ce n'est pas important en ce moment », dit fermement Merlin. Il ne voulait pas avoir à nouveau cette conversation. « J'ai juste besoin de savoir si tu es de mon côté dans cette affaire. Est-ce que tu soutiendras mon histoire si Arthur t'interroge à ce sujet ? »

« Bien sûr », confirma Gilli. « Je te soutiens toujours, même si je n'aime pas vraiment ce que tu fais. »

« Merci », dit honnêtement Merlin. « C'est bon à savoir. »

oOoOo

Heureusement, Arthur n'avait pas posé beaucoup de questions sur la petite quête de Merlin. Le roi avait l'air un peu triste lorsqu'il avait appris que Merlin devait s'absenter quelques jours, mais il avait compris que c'était essentiel pour les recherches de Merlin. Il ne comprenait pas très bien la magie, mais il comprenait et admirait l'engagement de Merlin dans sa fonction de sorcier de la cour.

Arthur n'avait posé qu'une seule question lorsque Merlin l'avait informé de ses projets. « Est-ce dangereux ? »

Merlin ne voulait pas qu'Arthur s'inquiète pour lui, mais son inquiétude était touchante. « Pas plus dangereux que mes précédentes quêtes », répondit-il, pas tout à fait honnêtement. La vérité était qu'il n'avait aucune idée du danger que sa mission pouvait représenter.

Arthur fit un signe de tête et dit : « Ne fais rien de stupide ».

« Je ne le ferai pas », promit Merlin avant de lui faire ses adieux. Être loin d'Arthur semblait différent ces jours-ci, mais il ne pouvait pas toujours être à ses côtés. Parfois, il avait besoin de faire sa propre quête. Seul.

Il commença son voyage à l'aube. Il n'avait pas de temps à perdre. Il prit le cheval le plus rapide qu'il avait pu trouver parce qu'il voulait revenir le plus vite possible. Ils vivaient à une époque assez paisible, mais il ne voulait pas tenter le destin. Arthur et Camelot avaient besoin de sa protection, quelles que soient les circonstances.

La journée était calme. On n'avait pas du tout l'impression que quelque chose allait changer leur vie.

Merlin avait fait des pauses uniquement pour nourrir et abreuver son cheval. Il était trop anxieux pour se nourrir lui-même.

Quand la journée se termina, il sut qu'il devait laisser le cheval se reposer. Cependant, il n'était pas loin du lac d'Avalon et il ne voulait pas perdre plus de temps. Il était certain qu'il ne dormirait pas de toute façon. Son anxiété était trop forte pour cela.

Ne pensant pas trop, Merlin attacha son cheval à un arbre et jeta un sort de protection sur son environnement. Il ne voulait pas que le cheval soit blessé par des animaux sauvages pendant son absence. Il s'assura qu'il serait en sécurité jusqu'à son retour.

Une fois cela fait, Merlin se précipita vers le lac. Il allait l'atteindre dans une heure ou deux, selon son rythme. Il n'était pas très doué pour les estimations.

Le voyage vers le lac s'était déroulé plus vite qu'il ne l'avait prévu. Il avait un objectif clair dans son esprit et il était complètement concentré sur celui-ci.

Lorsqu'il atteint la rive, la lune était haut dans le ciel. L'air au-dessus du lac était frais, mais Merlin aimait cette sensation de fraîcheur. Il était prêt pour ce qui allait suivre. Il prit une profonde inspiration et dit aussi fort qu'il le pouvait, « Sidhe, je vous appelle ! »

Il ne se passa rien, comme il s'y attendait. Les Sidhes n'étaient pas des créatures dociles. Pour les atteindre, Merlin devait être patient et insistant.

« Sidhe ! », recommença-t-il. « Je veux juste parler en tant que créature de magie avec d'autres créatures de magie. Nous sommes nés des mêmes éléments. »

« Ça ne va pas suffire », soudain, il entendit une voix féminine. Il se tourna vers sa source et il ne put s'empêcher de sourire en voyant une jeune femme. « Freya », la salua-t-il. « Je ne m'attendais pas à te voir. »

Freya lui sourit depuis le lac. « Je sais », dit-elle. « Tant d'années ont passé. »

« Et tu es toujours là », chuchota-t-il.

« Je serai toujours là », lui dit-elle. « Même quand tu ne peux pas me voir, je suis là. C'est ma maison, aussi longtemps que le lac existera. »

« Tu mérites plus », dit Merlin un peu tristement.

« Je me plais ici », lui dit-elle honnêtement. « C'est paisible. La plupart du temps. »

Merlin fit un signe de tête compréhensif. Il n'était pas sûr de ce qu'il devait dire d'autre. Il avait aimé cette fille un jour et avait même voulu construire son avenir avec elle. Il semblait que des siècles avaient passé depuis cette époque.

« Tu n'as pas besoin de te sentir coupable », lui dit Freya comme si elle pouvait lire dans ses pensées. « Je comprends. Ton cœur appartient à quelqu'un d'autre maintenant. »

« Tout à fait littéralement », dit Merlin, ce qui ne fit qu'élargir son sourire.

« Tu cherches des réponses », dit-elle finalement.

« Ce serait trop espérer que tu les connaisses, n'est-ce pas ? » demanda-t-il.

« J'ai bien peur que oui », confirma Freya. « Tu as besoin des Sidhes, mais ce sont des créatures fières. Ce ne sera pas facile. »

« Tu les connais bien, Freya ? »

« Pas assez bien », lui dit-elle tristement. « Ils ne font pas confiance aux gens, même s'ils ont de la magie. »

« Que dois-je faire, alors ? » lui demanda Merlin. « J'ai besoin de leur parler. »

« Montre-leur que tu es sérieux », lui donna-t-elle comme conseil. « Ils respectent le pouvoir. Ils sont attirés par lui comme un papillon de nuit est attiré par une flamme. Tu dois gagner leur respect. »

« Merci, Freya », lui dit-il. « Je pense que je sais ce que je dois faire. »

« De rien, Merlin. C'est toujours bon de te voir. » Elle l'observa presque longuement, ce qui le fit se sentir tout de même un peu coupable.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? » lui demanda-t-il finalement.

« Aime ton roi d'une façon dont tu ne pourrais pas m'aimer. Il en vaut la peine et le monde a besoin de cet amour », lui dit-elle.

Merlin rougit légèrement. Parler à Freya de ses sentiments pour Arthur était à la fois embarrassant et excitant.

« Je l'aime déjà d'une façon qui me fait peur », admit-il d'un air penaud.

« Je sais », dit-elle doucement. « Bonne chance, Merlin. »

Avant que Merlin ne puisse ajouter quoi que ce soit d'autre, Freya était partie. Il soupira intérieurement. Peut-être que c'était mieux ainsi. Puis il se rappela pourquoi il était venu au lac et ce que Freya lui avait dit il y a un instant. Il savait ce qu'il avait à faire.

Merlin ferma les yeux et leva les mains, essayant de concentrer toute sa magie sur la surface du lac. Il prit quelques respirations profondes et commença à réciter des mots dont il ne connaissait pas la signification. Ils venaient du plus profond de lui-même, se déversant dans le monde. Soudain, il ouvrit les yeux, en sentant qu'ils émanaient plus de lumière dorée que d'habitude. Sa magie était sauvage et magnifique. Les Sidhes devaient le ressentir aussi. Elle était trop forte pour être ignorée.

En moins d'une minute, Merlin découvrit que Freya avait raison. Il remarqua une petite déchirure dans l'eau, puis elle se mit à grandir et à se développer. Avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, trois créatures en sortirent et planèrent au-dessus de la surface du lac, regardant Merlin avec suspicion.

Merlin arrêta lentement sa magie et regarda les Sidhes avec triomphe.

« Pourquoi nous as-tu appelés ? » demanda la créature qui semblait la plus âgée.

« J'ai besoin de réponses », dit Merlin d'une voix autoritaire. « Je crois que vous les avez. »

« Pourquoi t'aiderions-nous, Emrys ? » demanda la seule femme Sidhe qui soit venu le voir. « Tu n'es pas l'un de nos amis. »

« J'admets que nous avons eu un passé difficile, mais ce qui est fait est fait », leur dit Merlin. « Je n'ai jamais voulu vous tourmenter. »

Le plus âgé renifla. « Nous n'avons pas confiance en toi. »

« Pour autant que je sache, vous ne faites confiance à personne », fit remarquer Merlin. « Mais nous sommes des créatures de magie. Nous devrions être du même côté. »

« Nous ne serons jamais du même côté que le fils des hommes », dit celui qui était resté silencieux jusqu'à ce moment. « Nous sommes des Sidhes. »

« Je comprends, » dit Merlin, « mais peut-être que je pourrais vous donner quelque chose en échange de vos réponses. »

Les Sidhes se regardèrent les uns et les autres.

« Peut-être », dit le plus âgé. « Dis-nous ce que tu veux savoir et nous examinerons ta demande. »

Merlin devait s'empêcher d'exprimer sa joie. Il devait rester calme, sinon le Sidhe le tromperait. « J'ai besoin de savoir comment fonctionne le partage du cœur et comment il nous influence, Arthur et moi. J'ai le sentiment que ma magie fait des choses que je ne contrôle pas, et je n'aime pas ça. J'ai juste besoin de connaître la vérité. »

La femme Sidhe se mit à renifler de mépris. « N'aurais-tu pas dû poser ces questions avant de décider de diviser ton cœur en deux ? » demanda-t-elle vicieusement.

« Il n'y avait pas le temps à ce moment-là », dit Merlin avec sincérité. « Je devais sauver mon roi. »

« Tu as changé ton destin, Emrys », dit la plus âgée. « Ces choses-là ont toujours des conséquences. »

Merlin commença à s'impatienter. « Connaissez-vous les réponses à mes questions, oui ou non ? » demanda-t-il, voulant en finir une fois pour toutes.

« Bien sûr que oui », répondit le Sidhe.

« Voulez-vous les partager avec moi ? »

La femme Sidhe sourit. « Cela dépend », dit-elle.

« De quoi ? » demanda Merlin, mais il n'aimait pas le ton de sa voix.

« De votre décision. Tu n'as aucune idée de ce qui nous attend », lui dit-elle.

« Un moment difficile pour Albion et la magie arrive », ajouta le Sidhe le plus silencieux. « Nous avons besoin d'une alliance. »

« Avec moi ? » Merlin devait le préciser. « Je pensais que vous ne me faisiez pas confiance. »

« Bien sûr que nous n'avons pas confiance en toi », confirma le plus âgé. « Les Sidhes gardent le savoir de plusieurs générations, mais nous ne sommes plus aussi puissants qu'avant. Nous sommes décimés et nous n'aurons peut-être pas d'autre choix que de créer une alliance avec toi. »

« Nous avons besoin de protection », expliqua la femme Sidhe.

« Et vous croyez que je peux vous protéger de toutes les menaces qui se présentent », demanda Merlin, incrédule. « Je ne suis pas aussi puissant que vous le pensez. »

Tous les trois ricanèrent. « Tu n'as pas idée », dit le plus âgé.

« Très bien. » Merlin en avait assez. « Si vous croyez autant en mes pouvoirs, alors vous avez ma parole que je vous protégerai », dit-il.

« Nous ne voulons pas de ta parole. La parole de l'homme ne vaut rien », dit la femme Sidhe.

« Que voulez-vous, alors ? » demanda Merlin. Il souhaitait vraiment que les créatures de la magie soient plus directes dans leurs interactions avec les gens.

« Quelques gouttelettes de ton sang, Emrys », expliqua le plus ancien. « Cela sera suffisant pour protéger notre maison.

Merlin fronça les sourcils. Il ne s'attendait pas à une telle tournure des événements.

"Quel genre de magie est-ce ?" demanda-t-il avec suspicion.

"C'est le premier sort de protection qui a été créé", expliqua le Sidhe. "C'est aussi le plus efficace."

Merlin savait qu'il n'avait pas le choix s'il voulait découvrir ce qui lui arrivait, à lui et à Arthur.

"J'accepte vos conditions", dit-il, "mais si vous me trompez d'une quelconque manière, vous connaîtrez ma rage."

"Il n'y aura pas besoin de ta rage", lui dit le plus âgé des Sidhes. "Votre protection est dans notre intérêt."

"Très bien, alors. Comment devrais-je vous donner les gouttelettes de mon sang ?" demanda-t-il.

"Verse-les dans le lac dès que tu les auras sur ton doigt", lui dit le Sidhe. "Cela suffira."

Merlin hocha la tête et fit ce qu'on lui avait dit de faire. Il sentit une vague soudaine de sa magie autour du lac. Cela le surprit un peu que cela se passe si vite.

"J'ai fait ma part", dit-il. "Maintenant, j'ai besoin de réponses."

"Que voulez-vous savoir exactement ?" lui demanda le Sidhe.

"Tout d'abord, je pense qu'Arthur et moi avons cessé de vieillir", expliqua-t-il. "Je ne nous ai pas jeté de sort. Du moins, pas intentionnellement."

"C'est facile", lui dit le Sidhe le plus âgé. "Toutes tes réponses sont dans ton nom, Emrys."

"Dans mon nom ?" Il les regarda d'un air suspect. "Quel est le rapport avec tout ça ? J'ai fait ce que vous vouliez et j'exige des réponses claires."

"C'est facile, Emrys. Tu ne t'es jamais demandé ce que ton nom de druide signifie vraiment ?" lui demanda le Sidhe.

"C'est juste un nom", dit Merlin. "Il n'a pas besoin de signifier quoi que ce soit."

"Tu es ignorant", dit-il. "Tu te concentres trop sur des choses insignifiantes alors que tu ignores complètement ce qui est le plus important."

"Éclairez-moi, alors" dit Merlin avec impatience. "Que veut dire Emrys ? Celui qui est naïf ?" demanda-t-il d'un ton moqueur.

Le Sidhe grogna une fois de plus. "Comment quelqu'un d'aussi ignorant que toi peut être le grand Emrys, c'est bien au-delà de ma compréhension. Emrys n'est pas seulement un nom. C'est une prophétie et cela signifie Immortel."

Merlin les regarda avec incrédulité. Ils ne pouvaient pas être sérieux.

"Vous mentez", les accusa-t-il.

"Tu es dans le déni", répondirent-ils. "Que tu le veuilles ou non, tu es immortel. Le roi qui fut et qui sera était censé mourir au lendemain de Camlann et tu devais parcourir la Terre pendant des siècles, en attendant son retour. Cependant, tu as changé votre destin. Tu as sauvé Arthur Pendragon, en créant un chemin complètement nouveau pour votre destin."

C'était trop pour Merlin. Il voulait s'enfuir et se cacher quelque part où personne ne pourrait le trouver, mais il avait besoin de plus de réponses. Il avait besoin de connaître toute la vérité.

"Si je suis immortel et qu'Arthur va vivre aussi longtemps que moi, est-ce que cela signifie... ?" Merlin ne pouvait pas se résoudre à finir cette phrase. Il craignait qu'une fois prononcée, on ne puisse plus la nier.

"Quand tu as coupé ton cœur en deux et que tu as mis sa moitié dans sa poitrine, tu l'as rendu immortel lui aussi", le Sidhe confirma ses craintes.

"C'est pour cela que nous ne vieillissons pas", se dit Merlin plus à lui-même qu'à eux. "Mais ça ne peut pas être vrai... ça ne peut tout simplement pas l'être."

"C'est la vérité. On t'a dit que l'altération de ton destin aurait des conséquences désastreuses", avaient-ils dit. "Cela répond-il à toutes vos questions ?"

Merlin déglutit. Il y avait quelques instants, il avait des douzaines de questions en tête, mais cette seule chose y répondait. Il était sans voix. Il avait besoin de réfléchir.

"C'est tout", dit-il aux Sidhes, les laissant partir. Il était trop abasourdi pour les affronter. Il voulait rester seul.

Les Sidhes n'avaient pas eu besoin qu'on leur répète une deuxième fois. En quelques secondes seulement, Merlin fut laissé seul sur la rive du lac qui, une fois de plus, semblait calme et inoffensif. Cependant, Merlin ne pouvait pas admirer sa beauté alors que la tempête faisait rage en lui.


Voici le deuxième chapitre du jour !