Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !

Titre : The Heartbeat

Auteur : LadyFromPoland

Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd

Bêta : Antidote

Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.

Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres

Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur

Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.


The Heartbeat


Chapitre 17 : Les Opportunités Manquées


Guenièvre était déterminée à résoudre le conflit entre Merlin et Arthur une bonne fois pour toutes. Elle avait toujours pris sa parole au sérieux, car c'était une question d'honneur. En outre, son mari était insupportable lorsqu'il était séparé de Merlin pendant trop longtemps. Il était dans l'intérêt de tous de les aider à se réconcilier.

« Ma Dame », lui dit Merlin, visiblement surpris de voir la Reine à sa porte.

« Puis-je entrer ? » lui demanda-t-elle poliment.

Merlin lui fit de la place et la laissa entrer. Il était encore surpris de la voir dans ses propres appartements si tôt le matin.

« Il s'est passé quelque chose ? » demanda-t-il, un peu inquiet.

Gwen était certaine que cette question concernait son mari, même s'il n'avait pas dit le nom d'Arthur à haute voix.

« C'est en fait une question que je voulais te poser », dit-elle en le regardant.

« Je ne comprends pas, ma Dame. » Merlin était clairement confus et Gwen décida de l'utiliser à son avantage.

« Laisse tomber les formalités, Merlin », lui demanda-t-elle. « J'ai franchi la porte de tes appartements non pas en tant que ta Reine, mais en tant qu'amie et épouse de ton meilleur ami. »

Merlin baissa le regard. Il comprenait maintenant pourquoi elle était comme ça.

« Arthur t'a-t-il insulté d'une quelque façon que ce soit ? » lui demanda-t-elle doucement. « Je sais comment il peut être parfois, mais je pensais que tu pouvais voir clair dans son comportement et ignorer son attitude. »

« Ce n'est rien de tel, Gwen », lui assura-t-il. « Arthur n'a rien fait. »

« Alors pourquoi l'ignore-tu ? » lui demanda-t-elle presque d'un ton suppliant. « Il a été insupportable la semaine dernière. Il est confus et il se blâme pour tout ça. »

« Il ne devrait pas », lui dit Merlin doucement. « Je suis le problème. Pas Arthur. »

Il semblait étonnamment honnête, ce qui fit que Gwen s'inquiéta pour lui plus qu'avant.

« Que s'est-il passé ? » lui demanda-t-elle. « Tu peux tout me dire. »

Merlin secoua la tête. « Ce n'est rien dont tu devrais t'inquiéter », lui répondit-il. « Je vais m'en occuper tout seul. »

« Tu as des amis ici à Camelot, Merlin, » lui rappela Gwen. « Je ne peux pas imaginer combien il a été difficile pour toi de nous cacher tous tes problèmes pendant dix ans, mais tu n'as plus à le faire. Tu peux partager tes soucis avec moi et Arthur. Crois-moi, Arthur appréciera et il sera ravi de t'aider. »

Merlin sourit tristement. « Je n'en ai jamais douté, mais c'est quelque chose de différent », dit-il. « Tu peux lui dire qu'il ne doit pas s'en vouloir. »

Gwen s'approcha de lui et le regarda dans les yeux. « Tu me fais peur, Merlin », dit-elle. « Ne t'inflige pas ça. Laisse-nous t'aider. »

C'était gênant. Merlin ne voulait pas que tout le monde s'inquiète pour lui. Certainement pas Gwen.

« Ce n'est rien, Gwen », lui assura Melin. « Bientôt, tout reviendra à la normale. »

« Je suis sérieuse, Merlin. » Guenièvre n'allait pas abandonner facilement. « Je sais combien tu tiens à mon mari. Tu ne l'éviterais pas si ce n'était rien. Je suis venu ici pour vous réconcilier tous les deux, mais je ne peux pas le faire si je ne sais pas ce qui ne va pas. »

Merlin la regarda attentivement. « Tu n'as pas besoin de nous réconcilier. Je ne suis pas en colère contre Arthur. Il n'a rien fait. Je t'ai dit que c'était moi. »

« Tu réalises que tu lui fais du mal, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle. « Il continuera à se blâmer quoi que tu dises. »

« Lui faire du mal n'a jamais été mon intention », lui dit Merlin. « S'il te plaît, dis-lui ça. »

Gwen secoua la tête. « Tu devrais lui dire », dit-elle. « Il ne le croira pas tant que tu l'éviteras. »

Merlin soupira fortement, vaincu. Au fond de lui, il savait que Gwen avait raison. Il ne pouvait pas continuer à faire ça à Arthur. C'était enfantin et le roi ne méritait pas cela.

Merlin n'était pas encore prêt à lui dire toute la vérité, mais il pouvait essayer d'être plus poli avec lui. S'il y avait une chance qu'un jour Arthur lui pardonne ce qu'il avait fait pour le sauver, il ne pouvait pas continuer à rejeter son amitié à chaque fois. De plus, Arthur lui manquait terriblement. Leurs soirées et leurs discussions lui manquaient. C'était quelque chose qu'il attendait avec impatience tous les jours.

« Dis-lui que j'ai un petit spectacle à faire pour les enfants après son entraînement aujourd'hui. Dans la cour », dit-il. « Il peut se joindre à nous s'il le souhaite. »

Gwen lui sourit largement. « Je lui dirai », dit-elle. « Je suis sûre qu'il sera ravi. Merci. » Puis elle le serra très fort dans ses bras.

Quand elle le laissa finalement seul, Merlin s'allongea sur son lit et gémit. La journée allait être longue et il devait se préparer à affronter Arthur dans l'après-midi.

oOoOo

Le moment du spectacle était venu et les enfants s'étaient rassemblés dans la cour. Merlin leur sourit, comme il le faisait toujours, mais au fond de lui, il était déçu. Il n'y avait aucun signe d'Arthur. Il était inquiet de cette rencontre, mais une certaine partie de lui y aspirait. Maintenant, il commença à craindre qu'il n'ait franchit la limite avec son récent comportement. Il commença à craindre qu'Arthur en ait assez.

Merlin commença donc son spectacle selon le calendrier prévu. Il ne pouvait pas non plus laisser tomber les enfants. Le spectacle était pour eux, même s'il n'était pas d'humeur festive.

Puis il remarqua quelque chose. Il n'avait pas pu arrêter le spectacle, mais il avait commencé à regarder les ombres du coin de l'œil. Quelqu'un se tenait là. Quelqu'un qui avait une silhouette très similaire à celle d'Arthur. Après un long moment d'observation, Merlin était certain que c'était le roi, et cela le fit sourire discrètement. Il semblait qu'Arthur n'avait pas cessé de se soucier de lui après tout.

Ce fut une nouvelle motivation pour Merlin. Il ressentait une soudaine envie de se montrer. Il voulait mettre un sourire sur les visages des enfants, mais surtout il voulait impressionner Arthur.

Il n'avait pas fallu longtemps pour que les enfants soient impressionnés. Ils avaient adoré les formes et les couleurs que Merlin créait de toutes pièces. Ils avaient particulièrement apprécié les formes des animaux qui se poursuivaient autour d'eux.

Arthur était resté dans l'ombre tout ce temps. Merlin ne pouvait pas voir s'il avait apprécié le spectacle lui aussi, mais il espérait le découvrir une fois qu'il serait terminé. Mais pour l'instant, il décida de se concentrer entièrement sur le spectacle. Et c'est ce qu'il fit.

Lorsque le spectacle se termina et que les enfants partirent, en riant et en parlant fort, Merlin prit son temps pour rassembler ses affaires. Il voulait donner à Arthur une chance de s'approcher de lui et de lui parler.

« C'était un bon spectacle », dit soudain Arthur, surprenant Merlin. Le sorcier ne l'avait pas entendu arriver.

« Merci », répondit simplement Merlin. « Je voulais juste qu'ils apprécient le spectacle. »

« Ils l'ont certainement fait », lui dit honnêtement Arthur.

« Et vous ? » demanda Merlin et il le regarda dans les yeux.

« Comme je l'ai dit, c'était un bon spectacle. » C'était une réponse dédaigneuse, mais il était clair qu'Arthur avait apprécié sa performance.

Un silence gênant s'installa entre eux. Tous deux avaient ressenti le besoin de revenir à leur dynamique précédente, mais ce n'était pas facile.

« Avez-vous faim ? » demanda finalement Merlin. « Nous pourrions dîner ensemble. »

Arthur le regarda fixement. Pendant un court instant, Merlin pensa que le roi allait décliner son invitation. Il y avait quelque chose d'hésitant dans les yeux d'Arthur que Merlin n'aimait pas.

Finalement, Arthur fit un signe de tête et Merlin lâcha le souffle qu'il retenait.

« Que proposes-tu ? » demanda Arthur avec un ton un peu trop formellement au goût de Merlin.

« Nous pourrions voler quelque chose dans les cuisines », suggéra-t-il.

Arthur lui envoya un regard presque scandaleux.

« Ça pourrait être amusant », dit innocemment Merlin, en essayant de défendre son idée.

« Tu te rends compte que ce sont mes cuisines, donc si je prends de la nourriture là-bas, alors ce n'est pas du vol », lui dit Arthur, ce qui ne fit que faire hausser les épaules de Merlin.

« Vous gâchez tout le plaisir. » Il essaya de paraître déçu, mais échoua lamentablement.

En fin de compte, ils n'avaient pas volé la nourriture. Ils étaient juste allés aux cuisines et avaient demandé gentiment deux portions de dîner. La cuisinière avait été surprise de voir le roi lui-même dans ses cuisines et elle s'était mise à agir de manière très servile. Merlin ne l'avait jamais vue ainsi.

Grâce à la magie de Merlin, ils se dirigèrent vers les appartements de Merlin avec les plateaux qui planaient devant eux. Arthur avait murmuré quelque chose à propos de la frime, mais il ne le pensait pas vraiment. Il aimait regarder Merlin faire de la magie, mais il ne pouvait pas le dire à voix haute. Surtout pas en public.

Quand ils furent finalement arrivés dans les appartements de Merlin, Arthur ne savait pas quoi faire. Merlin s'occupa de mettre la table pour eux deux, alors il resta là, un peu anxieux.

« Asseyez-vous », lui dit Merlin doucement. Il voyait bien qu'Arthur ne savait pas quoi faire de lui-même. « C'est presque prêt. »

Arthur suivit docilement la suggestion de son ami. Il s'assit à la table et regarda Merlin en silence. Il y avait quelque chose d'élégant dans ses gestes quand il faisait de la magie. La plupart du temps, Merlin était assez maladroit, mais lorsqu'il commençait à utiliser la magie, il devenait plus gracieux. Cela n'avait jamais cessé d'étonner Arthur.

Ils commencèrent donc à manger en silence. Au début, c'était gênant et Merlin voulait le casser, mais il ne savait pas comment. Tous les sujets qui lui venaient à l'esprit étaient soit carrément ennuyeux, soit tout simplement inappropriés dans ces circonstances.

Arthur attendait obstinément des excuses ou au moins une explication, mais il était clair que Merlin l'évitait autant que possible. Néanmoins, il voulait lui parler de quelque chose. Il voulait qu'ils aient leurs petites discussions comme avant. Ils se sentaient comme chez eux et ce silence gênant le tuait lentement.

« Les enfants t'adorent, Merlin », choisit-il de dire finalement. « Ils ont été vraiment étonnés par ton spectacle. »

Merlin le regarda fixement. « Ils ne m'adorent pas. Ils adorent les tours de magie », répondit-il.

« Ce n'est pas vrai », nia Arthur avec obstination. « Ils adorent ta magie, c'est certain, mais il y a plus que cela. Je peux voir comment tu interagis avec eux. Tu as une approche formidable ».

Merlin haussa les épaules avec dédain parce qu'il ne savait pas quoi dire d'autre. Il avait juste fait ce qu'il savait bien faire. C'est tout. Les enfants avaient en quelque sorte appris à l'apprécier.

« Tu serais un père merveilleux », ajouta soudainement Arthur, à sa propre surprise.

Merlin le regarda, visiblement déconcerté.

« Je suis sérieux », dit Arthur, car il était inutile de renier ses propres mots maintenant.

« Peut-être dans une autre vie », murmura Merlin et Arthur fit un signe de tête de compréhension.

« Je voulais vraiment être un père », poursuivit le roi en se confessant. « Mais je me suis finalement habitué à l'idée que je n'aurai pas d'héritier naturel. Parfois, nous devons payer le prix pour quelque chose que nous n'avons pas fait. »

Merlin déglutit à ses paroles. Il savait que cette chose n'était pas vraiment de sa faute, mais il se sentait un peu coupable. Il pouvait simplement dire à Arthur qu'il n'avait pas vraiment besoin d'un héritier pour le soulager de ce fardeau, mais c'était un lâche. Un jour, Arthur apprendrait la vérité, mais Merlin n'était pas encore prêt. Arthur devait attendre un peu plus longtemps.

« Il y a d'autres façons de désigner un héritier », se dit Arthur plus à lui-même qu'à Merlin. « Je vais devoir les envisager bientôt, mais... » il hésita. « J'ai toujours été fasciné par l'idée d'avoir un enfant qui serait partiellement de moi. Je sais que c'est naturel, mais d'une certaine manière, c'est tellement incroyable. On meurt, mais on laisse une partie de soi derrière nous. Qu'en penses-tu, Merlin ? »

Le sorcier hésita. Il devait choisir ses mots très soigneusement.

« La nature est un mystère », décida-t-il de dire. « Je comprends parfaitement votre fascination. »

Arthur fit un signe de tête, mais son visage était visiblement attristé. « Parfois, je pense que c'est mieux comme ça », dit-il doucement.

« Que voulez-vous dire ? » demanda Merlin.

« Peut-être que c'est mieux que je ne sois pas un père après tout », précisa Arthur. « Mon père ne m'a pas donné le bon exemple. »

« Vous êtes complètement différent d'Uther », lui assura Merlin frénétiquement. « Je sais que vous aimiez votre père, mais la plupart du temps il était froid envers vous. Je ne peux pas vous imaginer être comme ça avec votre propre enfant. Vous n'avez pas une telle amertume en vous. »

« J'aimerais le croire », dit Arthur. « Parfois, j'ai presque... »

« Vous n'avez aucune raison de douter du fait que vous seriez un meilleur père qu'Uther », lui dit Merlin. « Je suis certain que vous le seriez. »

« Peut-être... mais je n'aurai pas la chance de le découvrir. » Il n'y avait pas de fausse note dans sa voix, seulement un peu de regret.

Merlin ne savait pas quoi dire, alors il resta silencieux. Il ne pouvait pas faire ce que Nimueh avait fait à Ygraine. Arthur ne serait jamais d'accord avec cela. Et Merlin ne se pardonnerait jamais si quelque chose arrivait à Gwen à cause de cela.

Puis Arthur se mordit la lèvre et demanda, changeant complètement le sujet de leur conversation, « Pourquoi étais-tu en colère contre moi ? »

Au fond de lui, Merlin espérait qu'Arthur ne reviendrait pas sur ce sujet sensible. Cependant, le roi n'était pas du genre à abandonner facilement. Merlin aurait dû le savoir.

« Je n'étais pas en colère contre vous », chuchota Merlin, essayant de contenir ses émotions.

« On aurait dit que tu l'étais », insista Arthur. « Tu m'as évité... tu me donnais de faibles excuses. Même un enfant remarquerait que tu me caches quelque chose. »

« J'admets que mon attitude envers vous n'était pas typique, mais je n'étais pas en colère contre vous. Je suis vraiment désolé que vous ayez ressenti cela », lui dit Merlin. « Vous devez me croire quand je vous dis que c'était juste moi. »

« Je ne comprends pas, Merlin... S'il te plaît, explique moi ce qui s'est passé et ce qui t'inquiète », lui demanda Arthur. « Je suis ton ami et je voulais être là pour toi, mais tu ne m'as pas laissé faire. »

« C'était mieux comme ça », lui assura Merlin.

« Non, ce n'était pas le cas ! » Le ton d'Arthur était ferme et décisif. « N'as-tu pas pensé que je pourrais t'aider d'une manière ou d'une autre ? »

« Ce n'était pas nécessaire. » Merlin s'efforça de rester calme, mais cela devenait de plus en plus difficile à chaque seconde.

« Je vois bien que tu me caches quelque chose, Merlin, et ça me fait mal », admit finalement Arthur. « J'aimerais que tu me fasses confiance. »

« Je vous fais confiance. »

« Pas entièrement », l'accusa Arthur. « Il y a encore des choses que tu essaies de me cacher et je ne sais pas pourquoi. » Il soupira. « Je pensais que tu pourrais arrêter ces bêtises après Camlann, mais chaque fois que je commence à croire que nous sommes enfin honnêtes l'un envers l'autre, il se passe quelque chose de bouleversant. Quelque chose comme la semaine dernière. »

« Je ne voulais pas vous faire de mal », lui dit Merlin. « Bien au contraire, en fait. »

« Tu n'as pas besoin de me protéger de cette façon », lui assura Arthur. « Tu n'as pas besoin de me cacher tous les problèmes. Je suis le roi et je peux t'aider. Dis-moi juste ce qui ne va pas. »

Merlin voulait vraiment confesser la vérité. Il était si près de le faire. Il commençait à croire qu'Arthur était prêt à l'entendre, et peut-être était-il prêt à lui pardonner tous ses péchés. C'était tellement tentant. Il n'y aurait plus de mensonges entre eux. Ce serait parfait. Sa propre vie pourrait devenir tellement plus facile.

Puis Merlin recommença à en douter. Il n'était pas encore prêt. Il n'était pas sûr d'être un jour vraiment prêt.

« Un jour, Arthur... » chuchota-t-il. « Un jour, je vous dirai tout. Je vous le promets. »

Arthur le regarda fixement. « Quand nous serons vieux et gris ? » demanda-t-il d'un air moqueur.

« Non », dit fermement Merlin. « Plus tôt. Je vous dirai tout plus tôt. »

« Est-ce que Gilli le sait ? » lui demanda Arthur soudainement.

Cette question surprit Merlin. Il regarda son roi bêtement pendant un court instant.

« Bien sûr qu'il le sait », se dit Arthur. « Tu lui fais plus confiance qu'à moi. »

« Ce n'est pas vrai », lui assura Merlin.

« Tu lui parles de choses qui ont un impact si fort sur toi et à moi, tu ne me dis rien », expliqua Arthur de son point de vue. « Pourquoi cela ? »

« C'est compliqué », dit Merlin avec franchise. « Vous le comprendrez quand vous le saurez. Ce sera bientôt le cas. Je vous le promets. »

Les traits d'Arthur s'adoucirent légèrement. « Tu peux me le dire maintenant », suggéra-t-il doucement.

« Pas aujourd'hui. »

« Demain ? » demanda le roi.

« Un jour. Tôt ou tard. » Merlin lui donna sa parole. Une fois qu'il l'eut fait, il savait qu'il allait devoir la tenir. Il n'avait aucun doute qu'Arthur s'assurerait de cela.

« J'aimerais que tu puisses me le dire maintenant », dit Arthur, « mais j'attendrai. »

Merlin pouvait voir un regard plein d'espoir dans ses yeux. Il était clair qu'Arthur n'aimait pas ses secrets, mais il avait tout de même décidé d'attendre. On aurait presque dit qu'Arthur comprenait, et Merlin se demanda ce que son roi s'attendait à entendre une fois que Merlin aurait enfin décidé de lui révéler tous ses secrets. C'était un mystère pour Merlin. Il ne voulait pas le laisser tomber, mais il savait aussi que c'était inévitable.

« Je n'ai qu'une seule requête », ajouta Arthur au bout d'un moment.

« Laquelle ? »

« Arrête de m'éviter », demanda-t-il doucement. « Je déteste quand tu fais ça. Cela me fait penser que je t'ai fait du tort d'une certaine manière. »

« Je te promets que je ne vous éviterai plus », dit Merlin. « Mais ne me poussez pas à tout vous dire trop souvent. Comme je l'ai dit, je vous le révélerai quand je serai prêt, et si vous continuez à me pousser, je me sentirai piégé et je pourrais recommencer à vous éviter ».

Arthur grogna, mécontent. « Puis-je au moins te le rappeler de temps en temps ? Au cas où tu oublierais. Je te promets que ce ne sera pas trop souvent. »

Merlin soupira fortement et sourit tristement. « Il est impossible que j'oublie un jour cette promesse », dit-il. « Mais d'accord, vous pouvez me le demander de temps en temps. »

Arthur fit un signe de tête, cette fois-ci satisfait. Après toutes ces promesses, leur conversation devint beaucoup plus légère. Il était bon d'avoir à nouveau ces petites conversations avec Arthur. Merlin n'avait pas réalisé à quel point elles lui manquaient avant de les retrouver.

oOoOo

Arthur était revenu dans ses appartements de bien meilleure humeur.

« Je vois que ça a marché », lui dit Gwen en souriant. « Je suis si heureuse pour vous. »

« Ce n'est pas parfait, mais c'est déjà mieux », lui dit Arthur.

Elle le regarda fixement et lui demanda : « Que voulez-vous dire ? »

Il s'allongea sur son lit, fatigué, et l'observa d'un air incertain. « Merlin cache encore quelque chose. Il l'a même admis. »

« Avez-vous une idée de ce qui ne va pas ? » lui demanda-t-elle en le rejoignant sur le lit.

« Je ne suis pas tout à fait sûr, mais j'ai quelques soupçons », admit-il.

« Qu'est-ce que vous allez faire ? » Elle lui toucha tendrement la main. « Ne fouillez pas trop. Vous risquez de vous éloigner de lui en le faisant. »

« Je ne le ferai pas », dit Arthur. « Merlin me dira tout lui-même. Il m'a donné sa parole. J'ai juste besoin d'attendre. »

« Vous n'aimez pas attendre », dit-elle, en lui embrassant légèrement la joue.

« Bien sûr que je n'aime pas ça. » Il soupira lourdement. « C'est stupide. Il pourrait me le dire maintenant, mais il insiste sur le fait qu'il n'est pas prêt. Il est clair que ça le dérange, mais il a peur de me faire confiance. Je crois que... Je pense qu'il croit que je ne l'accepterai pas. »

Gwen le regarda d'un air aiguisé. « Vous n'avez pas été très indulgent quand Merlin vous a révélé sa magie », dit-elle. « Vous ne pouvez pas lui reprocher de vouloir être prudent. »

« C'était différent », protesta Arthur.

« Vous ne savez ce qu'il cache », lui fit remarquer sa femme. « Comment pouvez-vous savoir que c'est différent ? »

« Je le sais, c'est tout. Je peux... » hésita-t-il. « Je peux le sentir », dit-il finalement. « Maintenant, je connais la situation dans son ensemble. Ça ne peut pas être aussi mauvais que Merlin le croit, mais il est têtu. »

« Vous aussi », dit-elle en soupirant. « Vous n'êtes pas vraiment si différente », murmura-t-elle.

« Que voulez-vous dire ? » lui demanda Arthur.

« Il n'y a rien dont vous devriez vous inquiéter pour l'instant », lui dit-elle. « Vous êtes clairement fatiguée. Vous avez besoin de vous reposer. » En disant cela, elle se leva.

« Où allez-vous, Guenièvre ? »

« Dans ma chambre », lui dit-elle. « Il est trop tôt pour moi et je veux encore regarder quelques papiers. Je ne veux pas vous déranger dans votre sommeil. »

« Vous ne me dérangez jamais quand vous êtes là », lui assura-t-il.

Cela fit sourire Gwen. « Vous êtes gentil parfois », lui dit-elle en lui donnant un baiser de bonne nuit. « Dormez bien. »

Malgré sa fatigue, Arthur ne put s'endormir longtemps après que Guenièvre l'eut laissé seul dans sa chambre. Il y avait trop de pensées dans sa tête. Trop de possibilités qui concernaient Merlin. Il avait besoin de réfléchir à tout cela.


Voici le quatrième chapitre du jour !