Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !
Titre : The Heartbeat
Auteur : LadyFromPoland
Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd
Bêta : Antidote
Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.
Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres
Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur
Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.
The Heartbeat
Chapitre 20 : Un secret découvert
Ce dont Léon et Gwen avaient parlé le jour de son arrivée à Camelot était un mystère. Aucun d'entre eux n'en avait dit un seul mot à une autre âme. Cela ne regardait que eux et cela allait rester ainsi.
Gwen avait également demandé la visite de Mithian lorsqu'elle avait appris que Léon allait bientôt être père. Les femmes avaient parlé pendant plus d'une heure et Gwen avait l'air étonnamment détendue après sa visite. Elles ne se connaissaient pas très bien et, autrefois, elles étaient en quelque sorte des rivales pour l'affection d'Arthur, mais elles avaient trouvé un moyen de s'entendre. Léon se doutait qu'ils partageaient des histoires embarrassantes à son sujet, mais il ne leur en voulait pas. Tout ce qui pouvait faire sourire Gwen en valait la peine.
« C'était une bonne journée », dit Gwen à Arthur quand ils allèrent enfin se coucher. « Merci d'avoir tout arrangé. »
« Je suis content que ça vous ait rendu heureuse », dit-il doucement. Il ne pouvait pas faire grand-chose pour l'aider, mais il n'allait pas lui refuser quelque chose qui lui était agréable.
Gwen soupira fortement, en pensant à quelque chose de très intense. Arthur le remarqua immédiatement et devint très protecteur.
« Quelque chose vous dérange, Guenièvre ? » demanda-t-il, la regardant avec attention. « Avez-vous besoin d'autre chose ? »
Un délicat rougissement s'étendit sur ses joues. Elle se mordit la lèvre inférieure et le regarda timidement. « Nous n'avons pas fait l'amour depuis longtemps », murmura-t-elle finalement.
Ses paroles surprirent Arthur au plus haut point. Il était très occupé ces derniers temps et depuis qu'il avait découvert les problèmes de santé de Guenièvre, il ne pouvait plus penser à des choses aussi insignifiantes. Trouver un remède était devenu une priorité dans son esprit. Rien d'autre n'avait d'importance.
« Vous souffrez, Guenièvre », dit-il raisonnablement. « Je ne veux pas vous faire souffrir davantage. »
« Je ne souffrirai pas », lui assura instantanément Gwen. « Je veux juste sentir votre amour, entièrement et complètement. » Elle n'ajouta pas pour la dernière fois, mais ces mots étaient suspendus dans l'air. Même Arthur pouvait les entendre.
« Je ne me pardonnerai pas si je vous fais du mal », murmura-t-il presque en suppliant, caressant tendrement sa main.
« Je veux cela », insista Gwen. « Je veux ressentir quelque chose de bon et de beau. Je veux me sentir vivante. »
Sa dernière phrase émut profondément Arthur. Il ne pouvait pas s'y opposer car cela lui faisait trop mal.
Il plongea dans ses yeux pleins d'espoir et il sut tout de suite qu'il ne pouvait pas lui refuser ce souhait. Peu importait qu'il ne soit pas d'humeur. Malgré toutes les confusions qu'il traversait, Guenièvre était la femme de sa vie et il l'aimait beaucoup. Elle était tout ce qu'il espérait d'une femme. Elle méritait tellement plus que ce qu'il pouvait lui donner. C'était pourquoi il ne pouvait pas lui dire non. Pas quand elle le regardait comme ça.
« Je vais essayer d'être délicat », dit-il finalement, et ses mots lui firent sourire. « Promettez-moi juste de me dire si vous vous sentez mal à l'aise de quelque façon que ce soit. »
« Je le ferai », lui promit-elle et elle l'embrassa avec reconnaissance sur la bouche. « Vous n'avez pas à vous inquiéter. »
Arthur l'aida à s'allonger dans une position confortable, mais il n'arriva pas à se débarrasser du sentiment que c'était une mauvaise idée. Il voulait qu'elle en profite, même s'il ne pouvait pas trouver en profiter lui-même. Il n'arrêta pas pour autant de se dire qu'il devait oublier ses soucis et ses craintes pendant un moment. Il devait le faire pour Guenièvre.
oOoOo
Merlin ne s'attendait pas à ce que ses visions reviennent dans un tel contexte. L'image d'Arthur et de Gwen faisant l'amour était vive dans son esprit. Cette vision lui avait causé une douleur aiguë au cœur. Cependant, il n'allait pas s'apitoyer sur son sort. Pas cette fois-ci. Au fond de lui, il savait que c'était leur adieu. Il pouvait presque sentir ce qui se passait dans la tête d'Arthur. C'était probablement la dernière fois qu'ils faisaient l'amour. Arthur était complètement concentré sur Gwen. Il était lent et prudent, ne voulant pas apporter plus de douleur à sa femme. C'était probablement l'amour le plus intime dont Merlin ait jamais été témoin. Une partie de lui souhaitait ne pas le voir, mais pas parce que c'était douloureux à regarder. Il s'était habitué à ce sentiment depuis longtemps. En outre, il ne pouvait pas se soucier moins de lui-même en ce moment. La vérité, c'était que Merlin se sentait comme un intrus. Il souhaitait qu'Arthur et Gwen puissent avoir cet adieu affectueux pour eux-mêmes. Les regarder lui donnait l'impression de les priver de ce moment précieux.
Quand leur amour se termina et que sa vision s'évanouie, Merlin se mit à pleurer. La douleur qu'il ressentait au plus profond de son cœur devint soudain plus forte. Il n'avait jamais ressenti cela auparavant.
Merlin se mordit la lèvre, essayant d'étouffer son cri. Il n'y avait personne pour l'entendre, mais crier lui apporterait un soulagement et Merlin ne voulait pas cela. Il sentait qu'il ne le méritait pas. Il sentait qu'il avait laissé tomber Gwen et Arthur. Malgré toute sa magie et ses efforts combinés avec Gilli, il n'avait pas trouvé le moyen de la sauver. Il méritait cette douleur. Il se sentait coupable.
La vraie surprise arriva le matin suivant. Il s'était réveillé sans se sentir beaucoup mieux que la nuit précédente. Il se sentait vaincu et avait envie de passer la journée entière à dormir. Cependant, il n'en était pas question. Il ne pouvait pas laisser Arthur dans un moment aussi difficile. Son ami avait besoin de lui.
Lorsqu'on frappa à sa porte, cela le ramena à la réalité.
Merlin se leva pour l'ouvrir. Il pouvait le faire facilement grâce à sa magie, mais il avait besoin de faire quelque chose de physique pour se concentrer. Cela le maintenait calme.
« Arthur », salua-t-il, surpris. Après une nuit si mouvementée, il s'attendait à ce qu'Arthur fasse la grasse matinée. « Vous vous êtes levé tôt. »
« Guenièvre m'a réveillé », expliqua-t-il. « Elle veut te parler et insiste sur le fait que cela ne peut pas attendre », ajouta-t-il tristement.
« Est-ce qu'elle... ? » hésita Merlin. Il ne voulait pas dire « mourir ». Ce mot était trop brutal. « Son état a-t-il empiré depuis hier ? » demanda-t-il à la place.
« Pas beaucoup. Je n'ai aucune idée de ce qu'elle a en tête mais elle est tenace. » Arthur soupira fortement. « Elle veut te voir et seulement toi. Elle a insisté pour que je reste loin de nos appartements pendant une heure. » Il se mit à rire nerveusement.
Merlin fronça les sourcils. Il comprenait que Gwen voulait lui parler, mais virer Arthur de leurs appartements d'une manière aussi directe ne lui ressemblait pas du tout.
« Tu veux bien faire ça pour elle ? » demanda Arthur après un moment de silence. Merlin n'avait pas réalisé qu'il était censé dire quelque chose.
« Bien sûr », dit-il, un peu confus. « Je vais aller la voir immédiatement. Cela doit être important. »
Arthur approuva de la tête. « Merlin ? » dit-il alors que son ami était sur le point de partir.
« Oui, Arthur ? » Il regarda son roi avec ses yeux bleus fatigués.
« Puis-je rester ici ? » demanda-t-il. « Personne ne me dérangera dans tes appartements. » Ce n'était pas toute la vérité. Arthur s'y sentait en sécurité et bien. C'était sa seconde maison.
« Vous n'avez pas besoin de demander », lui dit Merlin en lui serrant le bras. « Vous êtes toujours le bienvenu ici. » Ces mots prononcés, il se précipita vers les appartements d'Arthur où Gwen l'attendait.
oOoOo
Merlin frappa à la porte et entra chez Gwen en entendant un « entrez » prononcé tranquillement. Elle lui souriait mystérieusement, ce qui ne faisait que l'intriguer davantage tout en le rendant plus nerveux.
« Prends un siège », lui demanda-t-elle, en pointant la chaise qui se trouvait à côté de son lit. « Il faut qu'on parle et je veux que tu sois complètement honnête avec moi, Merlin. Il n'est pas nécessaire de me cacher quoi que ce soit puisque je serai bientôt partie. »
« Gwen », chuchota Merlin. Il détestait la façon dont elle parlait de sa mort prochaine. Il semblait presque que cela n'avait aucune importance pour elle.
« Mais c'est la vérité », dit-elle calmement. « Je suis en train de mourir et je le sais. Tout comme toi et Arthur. »
Son visage était visiblement attristé. Il n'était pas sûr de ce que Gwen prévoyait, mais ça n'avait pas bien commencé.
« Ne sois pas triste », lui dit-elle. « Attends que je sois morte pour ne pas avoir à me regarder. » Elle essaya de plaisanter pour éclairer son humeur mais cela n'avait pas fonctionné comme elle l'espérait.
« Gwen... »
Elle soupira légèrement. « Ce n'est pas de ça que je voulais te parler de toute façon », elle changea de sujet.
« Alors tu ne veux pas me dire au revoir », murmura amèrement Merlin.
« Pas exactement. » Elle lui fit un faible sourire. « J'ai l'intention de parler de mon mari et de tes sentiments pour lui. »
Merlin leva son regard et la regarda droit dans les yeux. Ce n'était pas quelque chose qu'il s'attendait à entendre de sa part. Pendant un court instant, il pensa qu'il avait mal entendue, car Gwen ne pouvait pas connaître ses sentiments et rester si calme en même temps.
« Pensais-tu vraiment que tu pouvais me le cacher, Merlin ? » demanda-t-elle, un peu amusée. « J'ai toujours su que toi et Arthur partagiez un lien spécial. C'était tellement évident. Et après Camlann... Disons que cela a changé quelque chose en toi, Merlin. Cela m'a seulement fait réaliser à quel point tes sentiments pour mon mari sont profonds. »
Merlin laissa échapper une respiration qu'il ne savait pas qu'il retenait. Il avait l'impression que tout son monde s'était effondré.
« Je t'assure que je n'ai jamais agi en fonction de ces sentiments », dit-il finalement. « Arthur est ton mari et il t'aime. Je ne me mettrais jamais entre vous deux. »
« Je le sais, Merlin », dit-elle doucement. « Tu es un homme honorable et désintéressé. Je ne t'ai jamais perçu comme une menace. »
« Comment peux-tu être si calme à ce sujet ? » demanda-t-il, ne pouvant plus retenir cette question. « Et pourquoi en parles-tu maintenant ? » Il commença à trembler sans pouvoir s'arrêter. C'était trop pour lui. Il voulait que ce monde ait à nouveau un sens pour lui.
« Pourquoi devrais-je être en colère contre toi ? » lui dit-elle. « Tu ne peux pas t'empêcher de ressentir ce que tu ressens pour les autres. D'ailleurs, comment puis-je te reprocher d'aimer Arthur alors que je l'aime aussi ? »
Merlin frissonna à ses mots. C'était la première fois qu'elle utilisait le mot « amour » pour décrire ses sentiments envers son mari. C'était si étrange de l'entendre à voix haute. Il savait ce qu'il ressentait pour Arthur, mais l'entendre aussi clairement de la bouche d'une autre personne était quelque chose de nouveau. Il n'avait aucune idée de la façon de gérer cela.
Cependant, ce furent ses prochains mots qui firent s'écrouler son monde.
« Je suis heureux que tu l'aimes, Merlin. » Elle lui tendit la main et la serra légèrement. « Je suis contente qu'il ne soit pas seul après mon départ. Il a besoin d'être aimé pour ce qu'il est et non pour ses titres, et tu l'aimes déjà pour cela. »
« Je... » Merlin ne pouvait pas en dire plus. Il était sans voix et confus. Rien ne lui semblait normal.
Il ne pouvait que regarder Gwen avec ses yeux de mouton. Gwen, qui était une femme merveilleuse avec un si grand cœur. Comment une si bonne personne pouvait exister dans ce monde dépassait son entendement.
« Tu n'as pas à t'inquiéter, Merlin », dit-elle d'un ton calme. « Je pensais chaque mot que j'ai dit. Je ne suis pas en colère contre toi. Bien au contraire, en fait. »
Merlin cacha son visage dans ses mains. C'était trop pour lui. Il ne pouvait pas croire que cela se produisait.
« Tu n'as pas besoin de te cacher de moi, Merlin », lui dit Gwen après un moment de silence.
« Je me sens tellement gêné », admit-il finalement. « Et coupable. » Puis il la regarda pour qu'elle puisse voir les larmes qui brillaient dans ses yeux.
« Ne fais pas ça. »
« Comment le pourrais-je ? » Il soupira fortement. « J'étais censé trouver un remède, comme je l'ai toujours fait, et tu étais censé passer le reste de ta vie avec Arthur. C'était censé arriver », dit-il avec colère. « Une fin heureuse. »
Guenièvre lui sourit tristement. « Comment peux-tu en être certain ? Peut-être que c'est comme ça que ça devait se passer depuis le début », dit-elle.
« Mais tu es sa reine », argumenta Merlin. « Vous étiez censés régner ensemble. C'était une relation parfaite ! »
« Mais est-ce que c'était prévu ? » lui demanda-t-elle. « Y avait-il des prophéties sur moi et Arthur ? Tu as mentionné une fois qu'Arthur était le Roi qui fut et qui sera et qui allait unir cette terre. Je ne t'ai jamais entendu parler de la Reine qui fut et qui sera. »
Merlin hésita. Il n'y avait jamais pensé de cette façon.
« Je suppose que ces prophéties t'ont mentionné comme son gardien, » continua-t-elle. « Arthur a besoin de toi pour accomplir sa destinée, pas de moi. »
« Tu es importante aussi », s'obstina Merlin. « Il t'a choisi. »
« C'est ce qu'il a fait », admit-elle. « Mais c'est toi qui l'as protégé toutes ces années. C'est toi qui l'as sauvé quand tout espoir avait disparu. Pour être honnête, je ne sais toujours pas comment tu as réussi à le sauver après Camlann. Tu es un miracle ambulant, Merlin. »
Une fois de plus, Merlin frémit à ses mots. Au fond de lui, il espérait qu'elle n'allait jamais lui demander ce qui s'était exactement passé sur l'île des Bénis.
Elle lui demanda « Qu'est-ce qu'il y a ? » et Merlin comprit qu'elle avait dû remarquer sa réaction. « Tu as frissonné quand j'ai parlé de Camlann. »
« Arthur a failli y mourir », tenta-t-il d'expliquer.
Elle secoua la tête. « Ce n'est pas ça », insista-t-elle. « Tu évites toujours ce sujet. Qu'est-ce que tu caches ? »
« Rien. »
Gwen leva les sourcils de la même manière que Gaius le faisait. « Je t'ai demandé de ne pas me mentir aujourd'hui », lui rappela-t-elle. « Je veux savoir la vérité, Merlin. Comment as-tu sauvé mon mari ? Arthur a été blessé par la lame qui pouvait tuer un être immortel. Comment as-tu réussi à inverser cela ? »
Il y avait tant de questions. Merlin ne savait plus quoi faire.
« Dis-moi, Merlin », dit-elle aussi fermement qu'elle le pouvait.
Il déglutit et la regarda attentivement. Il savait qu'il devait choisir ses mots très soigneusement. « Je l'ai lié à moi-même », dit-il finalement.
Gwen le regarda, intriguée. « Comment ? » demanda-t-elle.
C'était la partie la plus difficile à expliquer. Il n'avait aucune idée de la façon de le formuler avec délicatesse. Gwen connaissait ses sentiments pour Arthur, mais lui dire que son mari portait la moitié de son cœur lui semblait bien pire. Aux yeux de Merlin, c'était comme une trahison.
« S'il te plaît, sois honnête. Tu n'as pas à t'inquiéter de ma réaction », lui assura Gwen.
« Si seulement c'était si facile », murmura Merlin en soupirant.
« C'est le cas. Dis-le simplement. »
Puis Merlin hocha légèrement la tête et croisa ses yeux. « Tu avais raison. Arthur était destiné à mourir ce jour-là, mais je ne pouvais pas le laisser faire. J'étais prête à tout pour le sauver, même si je devais donner ma propre vie pour la sienne. »
Gwen ne semblait pas du tout surprise par sa confession. Elle était toujours certaine que Merlin était capable d'un tel sacrifice.
« Mais tu ne l'as pas fait », souligna-t-elle. « Tu es toujours là. »
« Seulement parce que ceux que nous avons rencontrés à Avalon n'étaient pas prêts à prendre ma vie. Ils m'ont dit qu'elle ne pouvait pas être échangée », expliqua-t-il.
« Alors tu as trouvé une autre solution », dit-elle, en souriant. « Qu'elle est telle ? »
Merlin se mordit la lèvre inférieure. Il savait qu'il ne pouvait pas échapper à cette question plus longtemps.
« Le cœur d'Arthur a été empoisonné par la lame de Mordred. Il pouvait être soigné à Avalon, mais il fallait du temps qu'Arthur n'avait pas », commença Merlin. « Quand je l'ai entendue, j'ai su que je ne voulais pas le laisser seul là-bas. J'étais déterminé à rester avec lui à Avalon. »
Gwen haleta. « Ça t'aurait tué très probablement », chuchota-t-elle. « Tu voulais mourir avec lui. »
« C'est vrai », admit Merlin, rougissant follement. Il comprit la réaction de Gwen. Donner sa vie en échange de celle d'Arthur était une chose, mais mourir sans aucun gain était un sacrifice à un tout autre niveau. « Quand ils ont réalisé ce que j'avais l'intention de faire, ils sont devenus furieux », poursuivit-il. « Ils ne pouvaient pas laisser faire ça. »
« Ils ont donc aidé Arthur après tout », dit Gwen, en souriant un peu plus.
« Ils m'ont parlé d'un rite ancien qui pourrait le sauver, mais il n'y avait aucune garantie que cela fonctionnerait. Je pensais que les chances étaient minces mais je devais essayer. » Il prit une profonde inspiration, se demandant s'il devait l'expliquer plus en détail. « Si ça n'avait pas marché, je serais mort aussi, mais j'étais prêt pour ça depuis le début. »
« Je le sais déjà », lui assura Gwen. « S'il te plaît, explique moi ce que tu as dû faire. J'ai besoin de le savoir pour trouver enfin la paix. »
Merlin fit un signe de tête, compréhensif. Il devait aussi lui avouer.
« Comme je l'ai déjà dit, le cœur d'Arthur était empoisonné et avait besoin de temps pour être guéri. » Il la regarda dans les yeux. « Il avait besoin d'un nouveau cœur. »
Gwen secoua la tête, en disant, « Mais ce n'est pas possible... tu es en vie. »
Merlin lui prit la main et la posa sur sa poitrine. « Ce que tu peux sentir sous ma peau en ce moment n'est que la moitié de mon cœur. Arthur a l'autre moitié. »
Elle retira sa main sous la peur. « Comment est-ce possible ? » murmura-t-elle. « Comment peux-tu vivre avec seulement la moitié de ton cœur ? »
Merlin ne voulait pas répondre à cette question. Il ne voulait pas qu'elle se sente moins digne. Elle avait déjà des doutes sur sa relation avec Arthur et il n'était pas nécessaire de les confirmer.
« À cause de la magie », décida-t-il de dire.
« Non, il y a plus que ça », insista-t-elle. « Tu as dit toi-même que les chances étaient minces. Quelque chose pouvait mal tourner et tu ne veux pas me dire toute la vérité. » Puis ses pupilles s'élargirent et elle haleta. « Tu es son autre moitié », chuchota-t-elle. « C'est pour ça que ça a marché. »
Merlin secoua la tête. « Gwen... ce n'est pas comme ça. »
« Ne me mens pas, Merlin ! » Elle n'était pas en colère, juste un peu triste et bouleversée.
« Arthur t'aime », dit-il fermement. « Il t'a choisie. »
« Oui, mais il a fait une erreur. »
« Non, Gwen, tu es son monde. Il n'aurait pas pu faire un meilleur choix », dit-il, en reprenant chacun de ses mots.
« Tu dois donc signifier plus que le monde pour lui », dit-elle d'une voix étonnamment calme. « Je sais qu'Arthur m'aime. Je peux le sentir mais toi... tu es son véritable âme sœur. Vous partagez un cœur. » Puis quelque chose lui vint à l'esprit. « Est-ce qu'Arthur le sait au moins ? » demanda-t-elle.
« Bien sûr que non. »
« Il mérite de savoir », dit-elle fermement. « Ne lui cache pas quelque chose d'aussi important. »
« Je lui dirai un jour. Tu peux en être sûr », lui assura-t-il.
« N'attends pas trop longtemps », lui demanda-t-elle. « Je veux qu'il soit heureux. Ne le laisse pas me pleurer trop longtemps. »
« Gwen... »
« Je suis sérieuse, Merlin. » Elle lui lança un regard d'avertissement. « Je reviendrai te hanter si tu échoues », plaisanta-t-elle.
« Tu n'es pas morte, Gwen », lui rappela-t-il.
« Pas encore. » Elle lui envoya un faible sourire.
« Tu es impossible », marmonna-t-il.
Elle se redressa. « Maintenant que nous avons clarifié les choses, allonge-toi sur le lit à côté de moi et raconte-moi toutes les aventures que nous avons vécues. Je veux garder tous les bons souvenirs en mémoire », dit-elle avec tendresse.
Merlin lui sourit et accepta sa demande avec plaisir. Il était soulagé que les sujets sérieux soient terminés.
Il n'avait pas mentionné son immortalité et celle d'Arthur. Après tout, Gwen n'avait pas besoin de tout savoir. De plus, il pensait qu'il serait cruel de lui parler de leur immortalité alors qu'elle était en train de mourir avant son heure. C'était mieux ainsi.
Arthur les trouva en train de ricaner sur le lit une demi-heure plus tard et ne put s'empêcher de sourire lui-même. C'était bon de voir sa femme si heureuse une fois de plus.
oOoOo
L'état de Gwen s'était ensuite aggravé de façon dramatique et quelques jours plus tard, elle ne pouvait plus du tout se lever de son lit. Arthur passait presque tous ses moments avec elle, limitant au maximum ses devoirs royaux. Merlin utilisait sa magie pour apaiser ses douleurs, mais même ses pouvoirs ne pouvaient pas empêcher l'inévitable. Sa vie se terminait plus tôt que prévu.
« Voulez-vous rester éveillé avec moi ? » demanda Gwen à Arthur dans la soirée. « Je ne veux pas être seule quand ça arrivera. »
« Vous n'avez pas besoin de demander », lui assura aussitôt Arthur qui lui baisa tendrement la main.
Gwen essaya de sourire, mais c'était trop douloureux. Elle ne pouvait regarder son cher mari qu'avec ses grands yeux bruns. Elle voulait garder l'image de son visage dans son esprit pour toujours, espérant que dans l'au-delà, elle pourrait revenir aux bons moments qu'ils avaient partagés.
Arthur se coucha à côté d'elle et l'embrassa.
« Serrez-moi plus fort », murmura-t-elle, et il le fit. Arthur savait que cela devait lui causer plus de douleur, mais apparemment elle avait plus besoin de sa proximité. Il ne pouvait pas discuter avec elle dans un tel moment. Il devait être là pour elle jusqu'à la fin.
Guenièvre mourut une heure plus tard, entourée de l'homme qu'elle aimait. En mourant, elle pensa que ce n'était pas la pire façon de quitter ce monde. Malgré tout ce qu'elle avait appris de Merlin, elle s'était sentie aimée, et c'était la chose la plus importante.
oOoOo
Merlin le ressentit lorsque Gwen mourut, non pas à cause d'un lien spécial qu'il partageait avec elle, mais à cause du désespoir d'Arthur. Il était assez fort pour remplir les deux moitiés de leur cœur.
Agissant sur une impulsion, il se précipita vers les appartements d'Arthur. Il ne pouvait pas laisser Arthur seul dans un moment pareil. Le roi avait besoin d'un ami, de quelqu'un qui prendrait soin de lui, et Merlin était là pour remplir ce devoir.
Il attendit patiemment quand Arthur pleura, tenant toujours le corps de Gwen. Quand le roi n'eut plus de larmes à verser, Merlin s'approcha de lui et le serra fort.
« Je suis désolé », chuchota-t-il. Ça aurait dû être moi, pensa-t-il, mais il n'osa pas le dire à haute voix.
« Je ne peux pas le croire... » marmonna Arthur. « Elle était si pleine de vie. Elle méritait de vivre... »
« Je sais. »
Ils restèrent dans une étreinte silencieuse pendant plusieurs longues minutes. Merlin ne se souciait pas beaucoup de son propre malaise mais il était inquiet pour Arthur. Il n'était pas sain pour lui de s'accrocher au corps de Gwen pendant toute la nuit. Rester éveillé n'allait pas la ramener. Il avait besoin de lâcher prise.
« Arthur... Quelqu'un doit prendre soin de son corps », chuchota Merlin, craignant sa réaction.
Arthur leva la tête et le regarda comme s'il venait de remarquer qu'il était là. Ses yeux étaient gonflés à force de pleurer et ses cheveux étaient emmêlés.
« Je ne veux pas rester seul ici », dit Arthur d'une voix vulnérable. Le son même de cette voix brisa le cœur de Merlin en petits morceaux.
« Tu ne le seras pas », lui promit-il. « Viens avec moi dans mes appartements. »
Arthur hésita. « Quelqu'un devrait informer le peuple », murmura-t-il.
« Je m'occuperai de tout », lui assura Merlin et il l'aida à se relever. Je vais m'occuper de toi, pensa-t-il.
Arthur n'avait pas la force de discuter, alors il suivit Merlin avec obéissance. Il ne voulait pas rester dans ses appartements cette nuit. Ce serait trop douloureux.
À sa grande surprise, il vit que les serviteurs les attendaient déjà dans le hall à côté de ses chambres. Merlin les avait déjà informés. Il s'était probablement occupé de tout le reste aussi.
« Merlin ? » chuchota-t-il.
« N'y pense pas », lui dit fermement Merlin. « Pas ce soir. »
Il le conduisit à dans ses appartements où il le mit dans son propre lit. C'était le moins qu'il puisse faire.
« Je ne pourrai pas m'endormir », murmura Arthur.
« Tu vas y arriver », lui assura Merlin et il posa ses mains sur les tempes d'Arthur, prêt à jeter le bon sort.
« Ne me quitte jamais, Merlin », chuchota Arthur en le regardant dans les yeux.
« Je n'en rêverais pas », répondit le sorcier. Puis il chuchota les mots étrangers d'un sort et ajouta : « Maintenant, dors bien. »
Merlin savait que c'était un vœu pieux, mais au moins il avait pu lui donner un sommeil sans rêves pour la nuit. Arthur en avait plus que jamais besoin.
Et voici le... je ne sais plus combien tième chapitre du jour !
Et je pense que ce sera le dernier pour aujourd'hui - ou pas -
Alors je vous dis à la prochaine - ou à tout à l'heure ! -
Bisous !
