Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !

Titre : The Heartbeat

Auteur : LadyFromPoland

Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd

Bêta : Antidote

Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.

Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres

Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur

Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.


The Heartbeat


Chapitre 23 : Brisé


Dès que Hunith avait vu le visage de son fils, elle avait su que beaucoup de choses avaient changé depuis sa dernière visite à Camelot. Elle était certaine que la mort de Gwen était en partie responsable de ce changement, mais il y avait plus que cela. Il y avait quelque chose de nouveau.

Hunith avait été invitée à dîner avec le roi. C'était un repas confortable, car ils n'étaient que trois. Elle avait appelé Arthur par son nom, comme elle le faisait auparavant, mais cela ne semblait pas le déranger. Elle avait le sentiment que cela lui plaisait vraiment. Arthur avait dû grandir sans mère et Hunith pensa qu'elle était la personne la plus proche d'une figure maternelle qu'il ait jamais eue dans sa vie.

C'était bon pour Merlin. Elle savait depuis des années que son fils était désespérément amoureux de son roi. Elle se doutait qu'elle le savait bien avant que Merlin ne s'en rende compte lui-même.

Elle se souvenait très bien de sa dernière visite à Camelot. Elle avait été émue par les aveux de Merlin pendant des jours. Les circonstances étaient différentes maintenant, mais elle ne savait pas quoi penser. Guenièvre était morte et le royaume n'était plus le même. Sa mort avait changé Arthur et Merlin. Elle se souvenait encore de la lettre qu'elle avait reçue de Merlin après la mort de Gwen. Elle était remplie de chagrin, de culpabilité et de désespoir. Elle voulait rendre visite à son fils immédiatement, mais Merlin souligna dans sa lettre qu'il devait se concentrer sur Arthur et qu'elle devait remettre à plus tard la visite qu'elle avait prévue. Hunith n'aimait pas ça, mais elle comprenait et respectait la décision de son fils. Arthur était sa priorité et Merlin devait trouver seul sa place dans ces nouvelles circonstances.

Pendant le dîner, Arthur fut très poli envers elle. Il donnait l'impression de vouloir faire bonne impression, ce qui n'avait fait qu'amener Hunith à s'interroger sur ses intentions. Elle savait qu'au fond, il était un homme attentionné, mais il était aussi un roi et elle n'était qu'une paysanne. Il avait une réputation à défendre et impressionner une femme plus âgée, qui n'était même pas son sujet, devrait être au bas de la liste de ses priorités.

Il ne pouvait y avoir qu'une seule raison aux actions d'Arthur. Il voulait impressionner son fils de cette manière.

La façon dont il regardait Merlin n'échappa pas à son attention. Arthur pensait qu'il était subtil, mais il ne pouvait pas la tromper. Les mères savaient comment ces choses fonctionnaient.

Elle n'arrêta pas de penser à toutes les choses qui avaient changé entre son fils et Arthur au cours des derniers mois après la mort de Gwen. Il était évident pour elle que ces deux hommes se languissaient l'un de l'autre. Elle se demandait si Merlin l'avait aussi remarqué, alors elle avait hâte de lui parler en privé plus tard dans la soirée. Elle voulait ce qu'il y avait de mieux pour son fils et elle était déterminée à le rendre heureux. Les circonstances n'étaient pas parfaites puisqu'elle-même aimait beaucoup Gwen, mais la pensée de sa mort prématurée ne fit que confirmer la conviction de Hunith que Merlin ne pouvait pas gâcher sa chance d'être heureux.

Elle jeta un regard sur son fils, qui semblait complètement inconscient de son combat intérieur. Cependant, cela ne la surprenait pas le moins du monde. Merlin n'avait d'yeux que pour Arthur.

oOoOo

Plus tard dans la soirée, lorsque Merlin et sa mère dirent bonne nuit à Arthur et quittèrent ses appartements, Hunith remarqua que son fils devenait plus nerveux. Il était clair qu'il voulait lui dire quelque chose. Il y avait une bataille dans sa tête et elle décida de l'interrompre.

« Nous pouvons parler dans tes appartements », lui dit-elle doucement, lui faisant écarquiller les yeux.

« Je n'ai rien dit », murmura-t-il avec hésitation.

« Tu n'es pas obligé de le dire. » Elle lui sourit, rassurante. « Je suis là pour toi, Merlin. »

Il hocha la tête avec compréhension et la conduisit dans ses appartements. Lorsqu'ils furent enfin assis dans les confortables fauteuils de Merlin, il la regarda nerveusement, rougissant.

« J'avais prévu d'attendre jusqu'à demain », murmura-t-il finalement. « Tu dois être fatiguée, mère. »

« Ne t'en fais pas », lui dit-elle doucement. « Je ne me reposerais pas correctement tant que je n'aurais pas trouvé ce qui te trouble, mon fils. »

Merlin soupira fortement. « Beaucoup de choses ont changé depuis ta dernière visite, mère », admit-il. « Je n'ai aucune idée par où commencer. »

« Je vais t'aider », lui proposa-t-elle et elle demanda « Qu'est-ce qui a changé entre toi et Arthur ? Note que je n'accepterai pas rien comme réponse. »

Ses lèvres frémissaient en essayant de sourire. « Ce n'est certainement pas rien », admit-il. « C'est juste difficile à décrire. »

« J'ai vu la façon dont il t'a regardé aujourd'hui, Merlin. Si tu as déjà eu des doutes sur ses sentiments, tu devrais en être certain maintenant », lui dit Hunith.

« Je ne suis pas aveugle, mère », répondit-il. « Je remarque les regards d'Arthur et je suis flatté par eux. Dans une autre vie, je serais ravi, mais ici et maintenant... c'est juste compliqué. »

Hunith pencha la tête et dit : « Tu te sens coupable de ce qui est arrivé à Gwen. »

« C'est une des choses », admit Merlin. « Il y en a d'autres. »

« Bien sûr qu'il y en a d'autres », lui dit-elle. « Il y aura toujours de multiples obstacles sur votre chemin, mais tu ne dois pas te sentir décourager. »

Merlin dut fermer les yeux un moment pour se calmer. Il avait beaucoup de choses à expliquer à sa mère et ce n'était que le début.

« Il y a des choses que je ne peux pas changer », dit-il finalement.

« Alors tu dois trouver un moyen de les accepter. »

Merlin souhaitait que ce soit si facile, mais c'était le manque d'acceptation d'Arthur qu'il craignait le plus.

« Arthur aimait Gwen et je ne peux pas simplement effacer cela. J'ai vu comment sa mort l'a blessé. Elle ne peut pas être décrite avec des mots. » Il prit une profonde respiration. « Tu as raison. Je me sens coupable de ce qui est arrivé à Gwen. Je n'arrive pas à me débarrasser du sentiment que je pouvais faire quelque chose pour changer son destin. En plus... elle savait, mère. Elle savait que j'aimais Arthur. Elle m'a dit qu'elle était heureuse. » Il ne pouvait plus retenir ses larmes, alors il les laissa couler sur ses joues. « Gwen était si aimante et acceptante et maintenant elle est partie parce que je n'ai pas pu trouver de remède. J'étais censé la sauver. »

Hunith se leva de son fauteuil et se précipita vers son fils pour le serrer très fort dans ses bras. « Ce n'est pas ta faute », lui assura-t-elle. « Certaines choses sont inévitables. »

« Il y a plus », lui dit Merlin en sanglotant. « Elle m'a demandé d'être complètement honnête avec elle, puis elle m'a demandé comment j'avais sauvé Arthur. Je lui ai parlé de mon cœur... de notre cœur... »

« Tu as fait la bonne chose, mon fils. »

« Gwen était une femme intelligente et elle a deviné comment le partage du cœur a fonctionné », poursuivit Merlin. « Elle est morte en pensant que j'étais l'autre moitié d'Arthur. Pas elle. »

Maintenant Hunith comprenait la profondeur de la culpabilité de Merlin. Elle sentait qu'elle devait faire quelque chose pour le consoler. « Je suis sûre qu'elle savait qu'Arthur l'aimait aussi », chuchota-t-elle.

« Ce n'est pas la même chose », argumenta Merlin.

Hunith leva son menton et le fit regarder dans ses yeux. « Gwen est dans un endroit meilleur maintenant », lui dit-elle fermement. « Peut-être qu'elle avait aussi une autre moitié et qu'elle est réunie avec elle maintenant. »

Quelque chose changea dans les yeux de Merlin. « Que... Que veux-tu dire ? » demanda-t-il.

« Il y a des années, quand Gwen a été bannie de Camelot et a vécu avec moi à Ealdor, elle m'a parlée de l'homme appelé Lancelot », expliqua Hunith. « Je sais à quel point elle était en conflit avec ses sentiments pour lui et Arthur. »

« Lancelot... Il l'aimait. J'en suis certain. Mais Gwen... elle a choisi Arthur », murmura Merlin. « Il fut un temps où Lancelot est revenu à Camelot, mais elle est restée avec Arthur. »

« Peut-être qu'elle a fait le mauvais choix », suggéra Hunith.

Merlin secoua la tête. « Elle aimait Arthur. J'en suis sûr. »

« Je ne nie pas qu'elle aimait Arthur, mais il m'est apparue que dans l'ensemble, il n'était pas celui qu'il lui fallait. » Elle soupira légèrement. « Parfois, il faut des années avant de réaliser qu'on a fait le mauvais choix. Tu ne dois pas désespérer, Merlin, parce que tu ne peux pas changer ce qui lui est arrivé. Tu dois plutôt espérer qu'elle retrouve sa vraie moitié. Arthur n'était clairement pas son âme sœur, alors peut-être était-ce Lancelot après tout ».

Merlin savait qu'elle essayait de le consoler, mais il n'arrivait pas à se débarrasser du sentiment qu'il y avait peut-être quelque chose dans ce qu'elle lui disait. Il voulait que Gwen trouve la paix et le repos dans l'au-delà. Peut-être qu'elle pourrait aussi trouver l'amour.

Merlin était surpris que cette pensée le rassure. Malgré tout ce que Gwen lui avait dit, il se sentait coupable de la priver de quelque chose d'important. Il ressentait maintenant une étrange vague de soulagement. Peut-être qu'Arthur n'avait jamais été la vraie moitié de Gwen. Peut-être pouvait-elle retrouver son âme sœur dans la mort.

Il savait qu'il ne découvrirait jamais la vérité, mais il voulait y croire pour le bien de Gwen. Elle méritait quelque chose de mieux qu'une mort prématurée.

Puis sa mère le ramena sur Terre. « Je suppose que ce n'était pas ta seule préoccupation », dit-elle doucement.

Merlin la regarda et hocha la tête. « Arthur ne sait toujours pas que nous partageons un cœur », murmura-t-il.

« La dernière fois que nous en avons parlé, tu as dit que tu n'avais pas prévu de lui dire du tout », fit-elle remarquer, en s'asseyant à nouveau. Son fils s'était un peu calmé, assez pour qu'elle aussi puisse se détendre.

Merlin soupira fortement. « Je crains de ne plus avoir le choix », dit-il tristement. « Depuis ta dernière visite, j'ai appris quelque chose qui a complètement changé mon point de vue sur cette question. »

Hunith avait l'air intrigué. « Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle.

« En donnant à Arthur la moitié de mon cœur, je me suis assuré qu'il vivrait aussi longtemps que moi », commença-t-il à expliquer. « Je pensais que c'était une solution parfaite à l'époque, mais maintenant c'est devenu plus compliqué. Je ne savais pas certaines choses sur moi à l'époque. Des choses qui ont tout changé ». Il dut s'arrêter un moment pour prendre une respiration et contrôler sa voix.

« Tu n'as pas besoin de me le dire si tu ne veux pas », lui dit sa mère. « Je comprendrai. »

Merlin secoua la tête. « Il faut que je te le dise. Je le veux », dit-il doucement. « Je ne l'ai dit à haute voix qu'une fois, à Gilli, et j'étais dans un état terrible à l'époque. » Il ne voulait pas admettre à quel point il était ivre et dévasté ce jour-là, mais à en juger par le regard de sa mère, Hunith l'avait deviné tout seul.

« Nous pouvons en parler demain si tu as besoin de plus de temps pour y réfléchir », suggéra-t-elle.

« Non », dit Merlin avec fermeté. « Je dois le dire maintenant. » Puis il la regarda tristement. « Il y a quelque temps, j'ai découvert qu'apparemment, je suis un être immortel », lui dit-il.

« Immortel ? » chuchota Hunith, choquée

« Oui, et maintenant Arthur est aussi immortel, et je ne sais pas comment lui dire », expliqua-t-il.

« Et c'est ta principale préoccupation ? » lui demanda sa mère, incrédule. « Qu'Arthur ne sache pas ? »

« Qu'est-ce qui devrait me préoccuper d'autre ? » lui demanda Merlin en retour. « Il vit pour ce royaume et veut mourir pour lui. C'est très clair pour moi. Et aucun royaume ne peut durer éternellement, même s'il est dirigé par un roi aussi merveilleux qu'Arthur. Comment supportera-t-il la chute de Camelot à laquelle il devra assister un jour ? »

« Pour une fois dans ta vie, tu devrais penser à toi, Merlin », lui dit-elle fermement. « Tu t'inquiètes pour Camelot et Arthur... As-tu déjà pensé à te rendre immortel ? A ce que cela signifie pour toi ? »

« Je n'ai pas d'importance », répondit instantanément Merlin. « Je me fiche de ce qui m'arrive. »

« Merlin... » Hunith avait l'air vraiment inquiet et il se détestait de lui faire ça.

« Tout ce que je fais, c'est pour Arthur et tu le sais », dit-il d'une voix beaucoup plus calme.

« Tu le fais parce que tu l'aimes et je le comprends, mais tu ne peux pas t'oublier. » Elle lui serra la main. « Regrettes-tu d'avoir sauvé Arthur ? »

La réponse était facile. « Bien sûr que non. »

« Pour être honnête, le concept d'immortalité est au-delà de ma compréhension, mais je sais une chose... » Elle le regarda dans les yeux. « Cela doit être vraiment solitaire de voir passer tout ce que tu avais. Je ne voudrais jamais cela pour toi, mon fils, mais savoir que tu vas le partager avec quelqu'un que tu aimes est en quelque sorte rassurant. Tu devrais être content de ne pas passer l'éternité seul. »

Merlin sursauta et recommença à trembler. « Je ne suis pas sûr qu'Arthur veuille le passer avec moi », révéla-t-il. « Je ne lui ai pas parlé de notre cœur et ensuite de notre immortalité. J'aurais dû lui parler de ces choses il y a longtemps. J'aurais évité tant de mensonges ».

« Il te pardonnera tôt ou tard », lui assura sa mère. « Ce sera sûrement difficile pour lui au début, mais avec le temps, il comprendra. »

« Pendant dix ans, je lui ai menti sur ma magie. J'étais censé être honnête avec lui depuis qu'il l'a découvert », dit-il. « J'ai détesté lui mentir, mais je l'ai fait à nouveau. Je suis une personne terrible. »

« Tu ne l'es pas », lui dit fermement Hunith. « Tu as fait tout ça pour protéger l'homme que tu aimes. Tu as pris ce fardeau sur toi pour faciliter la vie d'Arthur. C'était honorable. »

« Ça ne change rien. Je lui ai menti sur des choses qui le concernent directement », dit Merlin avec amertume.

« J'ai vu la façon dont il te regarde, Merlin. Il te pardonnera parce qu'il t'aime aussi. » En disant cela, sa mère lui sourit de façon rassurante. « Ce ne sera pas facile, mais tu t'en sortiras. J'en suis sûre. »

Merlin lui sourit aussi légèrement. « J'ai déjà décidé que je lui dirai cette semaine », dit-il.

« Quand je serai parti », devina Hunith.

Merlin fit un signe de tête, rougissant légèrement. « Je ne veux pas que tu sois témoin de cela », admit-il. « Arthur sera sûrement en colère contre moi et il aura peut-être du mal à garder son calme. »

« Et tu ne veux pas que je gronde mon futur beau-fils pour son mauvais comportement envers toi », plaisanta-t-elle.

Le rouge sur les joues de Merlin s'approfondit. « Mère ! Il ne sera pas ton beau-fils. Même s'il me pardonne, nous ne serons pas... tu sais... » Il dut se mordre la lèvre pour s'empêcher de bavarder. « Nous sommes deux hommes », dit-il comme si cela pouvait tout expliquer.

Hunith ne semblait pas du tout affecté par la gêne de Merlin. « S'il t'aime, il sera mon fils aussi. Je me fiche de ce que pense le reste du monde », dit-elle avec détermination. « Je veux juste que tu sois heureux. »

« Je dois d'abord confesser la vérité à Arthur et il doit me pardonner », murmura-t-il. « Alors je serai heureux. »

« Je prierai pour cela, alors » lui dit-elle et elle lui embrassa le front. « Je vais me retirer dans mes appartements maintenant, mais nous pouvons en parler demain aussi. Souviens-toi que je suis là pour toi, Merlin. »

« Merci, mère », lui dit-il et il l'accompagna jusqu'à la porte.

Quand il fut laissé seul, il s'enfonça dans son lit et se mit à penser à toutes les choses que sa mère lui avait dites. Elle semblait vraiment croire qu'Arthur allait lui pardonner tôt ou tard. Il soupira fortement, souhaitant avoir lui aussi autant de foi.

oOoOo

Hunith était resté deux jours de plus à Camelot, essayant de convaincre Merlin que tout allait bien se passer. Arthur leur avait laissé de l'espace, mais Hunith avait réussi à parler au roi en privé pendant un court moment. Merlin avait souhaité savoir de quoi ils parlaient, mais lorsqu'il avait demandé à sa mère, elle lui avait seulement dit qu'il ne devait pas s'en faire. Cette fois, ses paroles n'avaient pas été rassurantes du tout.

Lorsqu'elle avait finalement quitté Camelot, Merlin était à la fois effrayé et ravi. Rien d'autre ne l'empêchait de dire la vérité à Arthur maintenant. Tout ce qu'il avait à faire était d'organiser une rencontre privée et de tout lui dire de manière délicate. Il soupira fortement à cette pensée, car c'était plus facile à dire qu'à faire.

Merlin décida que le seul endroit raisonnable pour cette confession était ses propres appartements. Il s'y sentait en sécurité et Arthur pouvait quitter la pièce à tout moment s'il en ressentait le besoin. Si la confession avait lieu dans les appartements du roi, Arthur pourrait ordonner à Merlin de partir, ce qui pouvait devenir gênant et trop émotionnel.

Arthur accepta volontiers l'invitation de Merlin. Le sorcier essaya de ne pas penser aux conséquences de sa décision, il se concentra donc sur la préparation de quelque chose à manger, même s'il savait qu'il ne toucherait pas à la nourriture lui-même. Il était trop nerveux pour même penser à manger.

« Merlin », l'accueillit Arthur avec un sourire discret.

Le sorcier déglutit en ne pouvant s'empêcher de remarquer que les cheveux d'Arthur brillaient à la lumière de la bougie.

« Bonjour, Arthur », dit-il en jetant un coup d'œil à la table pour se distraire. « As-tu faim ? »

Arthur secoua la tête, ne regardant même pas en direction de la table. Ses yeux étaient complètement concentrés sur Merlin.

Il s'approcha rapidement de lui et posa ses mains sur les épaules de Merlin avant que son ami ne puisse dire autre chose. « J'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours », murmura-t-il. « Je n'étais pas sûr que ce soit approprié, mais ensuite j'ai décidé que je m'en fichais. » Il glissa sa main droite dans le cou de Merlin et mit une mèche de cheveux derrière son oreille, caressant ainsi sa peau.

« Arthur... » murmura Merlin et il sursauta.

« Dis-moi que ce n'est pas seulement dans ma tête. » La voix d'Arthur était si suppliante et vulnérable qu'elle fit mal à Merlin. De plus, il devait d'abord révéler la vérité, malgré les mots d'Arthur qui étaient si tentants. C'était le seul moyen équitable.

« Tu voulais que je révèle tous mes secrets, Arthur, et je suis enfin prêt », dit-il, en faisant sourire son ami.

« C'est un grand jour, alors », dit Arthur avec joie.

« J'aimerais bien », murmura Merlin en riant nerveusement. « Je pense que tu devrais t'asseoir, Arthur. Ce que je vais te dire risque de te choquer. »

« Ça va aller », lui assura Arthur, sans se diriger vers la chaise.

Merlin soupira lourdement. Arthur avait l'air si optimiste et Merlin était sur le point de tout gâcher.

« Je dois enfin te dire comment il est possible que tu sois encore là... comment j'ai réussi à te sauver après Camlann », dit-il aussi discrètement que possible.

« Tu veux me dire ce qui s'est passé exactement à Avalon ? » demanda Arthur, visiblement excité par la perspective d'apprendre toute la vérité.

« Oui », confirma Merlin, le cœur lourd, « mais c'est compliqué. »

« J'ai le temps », dit Arthur en serrant son bras.

Merlin sourit nerveusement. « Il n'y a pas de façon facile de le dire, Arthur, mais tu étais destiné à mourir ce jour-là. Le titre que je t'ai parfois donné, le Roi qui fut et qui sera, était une prophétie et une promesse. Tu étais destiné à mourir et à revenir un jour. »

« Revenir ? » Arthur était vraiment surpris. « Comment ? Quand ? »

« Je ne sais pas », admit Merlin. « Certainement grâce à la magie, mais les détails ne m'ont jamais été révélés. »

« Si c'est vrai et que je suis toujours en vie... Qu'est-ce que ça veut dire ? Comment est-ce possible ? » n'arrêta de demander Arthur.

« J'ai défié la prophétie, en changeant notre destin d'une manière que je ne pouvais pas imaginer à l'époque », lui dit Merlin. « Mais je ne pouvais pas te laisser mourir, Arthur. Pas quand j'ai découvert qu'il y avait une mince chance de te sauver. J'ai dû faire un acte de foi. Tu dois te souvenir de ça. »

« Je m'en souviens. Dis-moi juste ce qui te préoccupe tant, » dit Arthur.

Merlin fit un signe de tête et regarda Arthur dans les yeux. « On m'a parlé d'un rite très ancien. Cela m'a fait peur, mais c'était ta seule chance », dit-il. « Ne panique pas, s'il te plaît. Ça semble fou, mais ça a marché et j'en suis heureux. »

« Dis-le », l'encouragea Arthur en souriant.

« Ton cœur a été empoisonné, Arthur. Il pouvait être guéri, mais il fallait du temps et tu ne l'avais pas », chuchota Merlin.

Arthur toucha sa poitrine instinctivement. Son cœur battait fort sous sa paume. C'était certain. « Mais j'ai un cœur », dit Arthur en le regardant attentivement.

« Tu as un cœur », confirma Merlin. « Une moitié de mon cœur pour être plus précis. »

Le roi jeta un coup d'œil à sa poitrine, puis à Merlin. « Une moitié de ton cœur... » répéta-t-il, déconcerté. « Et toi ? »

« J'ai l'autre moitié », dit Merlin, reconnaissant qu'Arthur le prenne mieux qu'il ne le pensait.

Arthur toucha la poitrine de Merlin, sans lui demander la permission. Il était clair que leurs cœurs battaient au même rythme. « J'ai fait des rêves bizarres », admit soudain Arthur. « Je me demandais s'ils pouvaient être vrais, mais maintenant je pense qu'ils l'étaient. »

« C'est possible », chuchota Merlin.

« Tu as dit ces choses... Je ne m'en souviens pas bien, mais ensuite tu... » il hésita. « Tu m'as embrassé ? »

Merlin fit un signe de tête. « Je devais sceller le sort », lui dit Merlin. « Je devais le faire pour faire battre ton nouveau cœur à nouveau. »

« C'est pour ça que tu ne me l'as pas dit ? » demanda Arthur. « Avais-tu peur que je découvre pour le baiser ? »

« C'est plus que ça. Je ne voulais pas que tu te sentes coupable », expliqua Merlin.

« Tu aurais dû me le dire », dit Arthur avec détermination. « J'aurais compris. Il y a un instant, j'ai pensé que tu allais juste me parler des sentiments confus que tu as pour moi. »

« Ils ne sont pas confus », dit-il rapidement. « Je sais très bien ce que je ressens pour toi... ce que je ressens depuis très longtemps. » Sa voix tremblait, mais il s'en fichait. Arthur devait tout entendre. « Le rite du partage du cœur m'a seulement aidé à le réaliser pleinement. »

Arthur lui sourit. « J'admets que l'idée que nous partageons un cœur semble étrange, mais c'est aussi rassurant », dit-il doucement. « Je suis heureux que le cœur soit le tien. Il me fait sentir en sécurité ».

« Tu es en sécurité », lui dit Merlin. « Tu n'as pas idée à quel point. »

Le roi fronça légèrement les sourcils. « Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda-t-il.

« La magie du partage du cœur ne t'a pas seulement sauvé de la lame de Mordred », commença Merlin. « Elle a lié ta vie à la mienne. »

« Alors... ? » Arthur n'était pas certain de bien comprendre.

« Cela signifie que tu vas vivre aussi longtemps que moi », précisa Merlin. « Je suis un donneur et tu es un receveur. Et non l'inverse. »

« Donc si quelque chose m'arrive, je ne mourrai pas tant que tu seras en vie », annonça Arthur.

Merlin fit un signe de tête pour le confirmer.

Le sourire d'Arthur s'élargit. « Mais n'est-ce pas bien ? » demanda-t-il. « Il est vrai que tu devras faire plus attention à ta vie, mais je n'aurai enfin plus à m'inquiéter de ton imprudence. Je sais que tu prendras soin de ta propre vie puisque la mienne en dépend », dit-il joyeusement. « De plus, aucun de nous n'aura à regarder l'autre mourir. Un jour, nous quitterons ce monde ensemble. C'est parfait pour moi. »

Merlin comprenait la façon de penser d'Arthur. Après la mort de Gwen, le roi était devenu très inquiet à l'idée d'être laissé seul. Les conséquences du partage du cœur devaient être une bénédiction pour lui.

Il se détestait parce qu'il était sur le point de ruiner cette image parfaite qui venait de se former dans l'esprit d'Arthur.

« Je ne dis pas que je suis heureux que tu me l'aies caché pendant si longtemps et j'espère que cela ne se reproduira plus jamais », poursuivit Arthur avec enthousiasme. « Pendant un court instant, j'ai craint que ce soit quelque chose de pire. Tu es vraiment aussi pâle que la mort, Merlin. Nous devrions faire quelque chose pour y remédier ». En disant cela, il se pencha plus près de lui et chuchota : « Nous partageons un cœur, Merlin. Nos vies sont liées. Qu'est-ce qui peut nous empêcher de les passer ensemble ? »

Merlin déglutit. « Il y a plus », dit-il en s'éloignant d'Arthur, alors que le roi s'apprêtait à l'embrasser et qu'il ne pouvait le permettre avant de connaître toute la vérité.

Arthur se redressa. « Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il, visiblement inquiet. « Ai-je mal vu ? Tu ne veux pas ça ? »

Merlin secoua la tête, essayant de réprimer un sanglot, mais échouant. « Je le veux de tout mon cœur, Arthur », lui assura-t-il. « Tu ne dois jamais douter de mes sentiments envers toi. »

« Alors quel est le problème ? »

« Il y a encore une chose qui vient avec notre partage de cœur », chuchota-t-il. « Je ne le savais pas quand je t'ai sauvé à Avalon, mais même si je l'avais su, je l'aurai fait tout de même. J'espère que tu le comprendras un jour et que tu trouveras un moyen de me pardonner ».

Ces mots effrayèrent Arthur. Pendant un moment, il avait pensé que tout allait enfin s'arranger, mais ce qui pouvait mettre Merlin dans un tel état devait être significatif.

« Avant que je ne le dise, garde à l'esprit que le rite n'aurait pas fonctionné si nous n'étions pas deux moitiés », dit Merlin. « Et ensuite, s'il te plaît, pense à ce que tu aurais fait si tu avais été à ma place. » Merlin savait que c'était une ligne de défense faible, mais il devait l'essayer.

« Pour l'amour de Dieu, Merlin, dis-le », dit Arthur avec fermeté et en le suppliant. Il était clair qu'il était confus et désorienté.

Merlin fit un signe de tête, comprenant l'irritation d'Arthur. « Comme je te l'ai déjà dit, Arthur, tu étais destiné à mourir ce jour-là et à revenir dans le futur en tant que Roi qui fut et qui sera », dit-il d'une voix tremblante. « Ce que tu ne sais pas, c'est que j'étais censé attendre ton retour pendant des siècles. »

« Comment m'attendrais-tu pendant des siècles ? » demanda Arthur, encore plus confus. « Les gens ne peuvent pas vivre aussi longtemps. »

« Tu vois... Les druides m'ont toujours appelé Emrys. Il y a quelque temps, j'ai découvert que ce nom était aussi une prophétie. » Il voulait qu'Arthur comprenne tout. C'était maintenant ou jamais. « Apparemment, Emrys signifie immortel. » Puis il regarda Arthur avec anticipation, attendant une explosion d'émotions.

Arthur cligna des yeux plusieurs fois et demanda : « Alors, tu es... immortel ? »

« Nous sommes immortels », lui répondit Merlin.

« Nous sommes immortels », répéta Arthur et il secoua la tête en signe d'incrédulité. « C'est dingue. Comment... depuis combien de temps le sais-tu ? »

« Je ne suis pas sûr, mais certainement plus d'un an. C'était peu après la mort de Gaius, donc probablement plus près de deux ans que d'un an », admit-il en baissant les yeux. « Je sais que j'aurais dû vous le dire plus tôt, mais... »

« Tu aurais certainement dû », marmonna Arthur. « Tu l'as caché pendant si longtemps. Tu m'as menti pendant tout ce temps. Combien de temps allais-tu garder le secret ? Jusqu'à ce que tous nos amis soient morts ? » Son ton était dur et impitoyable.

« Tu l'aurais découvert plus tôt que tu ne le penses », murmura timidement Merlin. « Tu ne l'as pas encore remarqué, mais nous avons arrêté de vieillir. »

« Alors tu allais me mentir jusqu'au jour où je te confronterais à ce sujet ? » demanda-t-il.

« Je voulais te le dire depuis tout ce temps, mais il n'y avait jamais eu de moyen facile de le dire », tenta de se défendre Merlin. « Tu es dévoué à ce royaume et à ton peuple. Tu étais heureux quand je l'ai découvert et je ne voulais pas ruiner ce bonheur prématurément. »

« C'est censé me faire me sentir mieux ? » demanda Arthur avec colère. « Tu as décidé que tu savais ce qui était le mieux pour moi, mais tu n'avais pas le droit. Je méritais de le savoir tout de suite. Je pensais que tu me respectais, mais au lieu de cela, tu as continué à me mentir sur quelque chose de si important. Comment puis-je te faire confiance, Merlin ? »

« Je l'ai fait pour te protéger », essaya d'expliquer Merlin. « Je n'ai jamais voulu te faire de mal. »

« Mais tu l'as fait », dit froidement Arthur. « En me mentant, tu m'as fait plus de mal que la révélation sur l'immortalité ne le pourra jamais. Je comprends pourquoi tu me cachais ta magie. C'était interdit à l'époque et tu étais effrayé et incertain. Je peux même comprendre pourquoi tu ne m'as pas parlé du partage du cœur. Tu as dû être gêné et confus, mais cette... cette information change complètement ma vie, et pourtant tu as décidé de me la cacher. »

« Qu'est-ce que ça changerait si tu le savais plus tôt ? » demanda Merlin avant de se mordre la langue.

Ces mots irritèrent encore plus Arthur. « Tout », dit-il à travers ses dents. « Je suis venu ici en ayant confiance et en espérant que mes sentiments étaient réciproques. »

« Ils le sont », lui assura Merlin à la hâte.

Arthur se mit à renifler. « J'en doute. Si c'était le cas, tu me respecterais assez pour me le dire plus tôt », murmura-t-il amèrement.

« Tu sais que je l'ai fait pour te protéger. Tu dois le savoir », dit Merlin en plaidant. « Cela n'a jamais été une question de confiance ou de respect, Arthur. »

« Ne m'appelez pas comme ça », répondit Arthur avec colère. « Je suis votre roi et vous devez vous adresser à moi correctement. »

Merlin eut le souffle coupé par ses mots. Arthur n'avait jamais été comme ça. Pas même quand Merlin lui avait révélé sa magie.

« Ne me suivez pas. Ne venez pas dans mes appartements », continua Arthur sévèrement. « Ne me parlez pas à moins que je ne l'exige. Évitez-moi à tout prix. Je ne veux plus voir votre visage. »

« Arthur... »

« Je vous ai dit de vous adresser à moi correctement. » Il agita le doigt vers Merlin en signe d'avertissement.

« Mon Seigneur », se corrigea Merlin. « Pourquoi ne pas me bannir dans ce cas, si c'est ce que vous ressentez ? » demanda-t-il avec défi.

Arthur le regarda dans les yeux, mais ne dit rien. Il tourna les talons et se précipita hors des appartementse de Merlin, claquant la porte.

Merlin regarda la porte pendant quelques minutes, espérant naïvement qu'Arthur reviendrait, avant de s'effondrer sur le sol en sanglotant. Tout ce qui pouvait mal tourner avait mal tourné, et c'était entièrement de sa faute.