Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !
Titre : The Heartbeat
Auteur : LadyFromPoland
Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd
Bêta : Antidote
Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.
Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres
Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur
Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.
The Heartbeat
Chapitre 26 : Planifié
Lorsqu'ils se réveillèrent à nouveau, le soleil était haut dans le ciel et les bruits de la ville passaient par une fenêtre ouverte sur les appartements de Merlin. Cela semblait être une autre journée ordinaire à Camelot, mais pour Merlin et Arthur, tout avait changé. Leur existence venait d'acquérir un nouveau sens.
« Bonjour », dit Merlin, en souriant doucement à son homme.
Arthur lui sourit en retour et murmura : « Je crois que la matinée est passée depuis longtemps. Nous avons trop dormi... »
Merlin jeta un coup d'œil à la fenêtre et soupira. « Je pense que tu as raison. » Puis il regarda Arthur et s'accrocha à lui plus fermement. « Serait-ce mal si nous restions dans mes appartements toute la journée ? » demanda-t-il innocemment.
« Aussi tentant que cela puisse paraître, nous ne pouvons pas faire ça », dit-il tristement. « Il y a une réunion du Conseil cet après-midi. Je ne peux pas dire à mes chevaliers que je veux passer toute la journée au lit. »
« J'ai complètement oublié cette réunion », murmura Merlin, mécontent.
Puis Arthur l'entraîna dans un long baiser paresseux. « Je veux que tu t'en souviennes toute la journée », dit-il en s'éloignant. « Nous aurons du temps l'un pour l'autre le soir. Je te le promets. »
Merlin fit un signe de tête compréhensif. Il était clair dès le début qu'il ne pouvait pas avoir Arthur seulement pour lui. Le royaume avait besoin de lui aussi. Le bon côté était qu'il allait être là pour Arthur pour toujours, même après Camelot.
« Si nous avons besoin de voir des gens aujourd'hui, nous devrions probablement commencer par nous faire paraître décents », dit Merlin en poussant un grand soupir.
« C'est vrai », murmura Arthur. « Nous sommes nus et puants et... » Il s'assit sur le lit et observa les appartements de Merlin. « Tu as fait un sacré bazar aussi », ajouta-t-il.
Merlin suivit son regard. La remarque d'Arthur était un euphémisme. Ses appartements semblaient avoir été traversés par un ouragan. La plupart de ses affaires avaient été jetées dans ses appartements et certaines d'entre elles avaient été définitivement brisées.
« Que diable s'est-il passé ici ? » demanda Merlin.
« Je crois que tu as fait ça », répondit Arthur doucement. « Avec ta magie. Elle a en quelque sorte éclaté quand nous étions au milieu de... tu sais. » Pour une raison quelconque, il lui était difficile d'appeler ces choses par leur nom à la lumière du jour. Arthur savait que c'était stupide, mais Merlin semblait le comprendre. C'était parfait comme ça.
« Je me souviens que ma magie s'est un peu relâchée, mais je ne m'attendais pas à ce que cela arrive », murmura honnêtement Merlin. « J'espère que ça n'arrivera pas régulièrement. »
Arthur sourit à ces mots. « Est-ce que ce serait vraiment mauvais ? » demanda-t-il. « Je veux dire... tu peux nettoyer ce bordel avec ta magie, non ? »
Merlin le regarda en partie incrédule et en partie amusé. « Je ne veux pas nettoyer après l'éruption de ma magie tous les matins », dit-il.
« Tous les matins, tu dis ? » lui demanda Arthur avec suffisance, le faisant rougir follement.
« Tu sais ce que je veux dire », murmura Merlin avec embarras.
« Je ne fais que te taquiner. » Puis Arthur l'embrassa brièvement. « Mais ça ne changerait rien entre nous si tu nettoyais tes appartements tous les matins, n'est-ce pas ? » Il ne pouvait pas s'empêcher de lui demander de manière taquine.
Merlin gémissait à ses mots. « Tu es impossible, Arthur Pendragon », dit-il. « Tu as de la chance que je t'aime autant. Sinon, j'effacerais la suffisance de ton visage. »
Arthur rit de bon cœur. « J'ai de la chance alors », marmonna-t-il, en se rapprochant Merlin et en le regardant dans les yeux. « Très chanceux, en effet. » Cette fois, son ton était sérieux et Merlin savait qu'il était sincère.
« Nous devrions probablement nous habiller et manger quelque chose », murmura Merlin, sans même essayer d'initier quoi que ce soit.
« Très certainement », confirma Arthur, mais au lieu de faire ce qui était sage, il entraîna Merlin dans un autre baiser. Ils venaient de se réunir et il était si difficile de suivre leurs devoirs quotidiens alors qu'ils pouvaient tout simplement rester à l'écart du reste du monde.
Au bout d'une demi-heure, ils réussirent finalement à sortir du lit et à se donner une apparence assez décente pour voir d'autres personnes. Ils avaient rapidement mangé ce qui restait de la soirée et ce qui était resté comestible après l'apparition de la magie de Merlin. Puis Arthur lui avait fait un baiser d'adieu et l'avait laissé pour nettoyer le reste du désordre. Ils allaient se voir pendant la réunion du Conseil et Arthur devait lire et signer quelques papiers avant cela. Ils savaient que cela allait être leur avenir. Ils allaient devoir partager leur temps entre eux et le reste du monde. Ce n'était pas une solution parfaite, mais ce n'était pas mal non plus. Ils s'y habitueraient tôt ou tard.
oOoOo
La réunion du Conseil commença comme la plupart d'entre elles. Ils avaient discuté des questions concernant les stocks et les frontières de Camelot. Arthur avait dû se rappeler à maintes reprises qu'il n'était pas seul avec Merlin et qu'il ne devait donc pas le regarder si souvent, et surtout ne pas essayer de lui caresser la main sous la Table Ronde. C'était difficile pour l'homme qui venait de découvrir qu'il pouvait enfin exprimer ses sentiments à l'homme qu'il aimait.
Merlin semblait avoir des problèmes légèrement différents. Il pouvait regarder Arthur autant qu'il le souhaitait, car Arthur était son roi. Cependant, il n'était pas facile pour lui de supprimer son rougissement. Il était clair qu'il avait essayé, mais il avait échoué lamentablement. Arthur était presque certain que certains membres du Conseil avaient déjà remarqué ce changement dans le comportement de Merlin.
Lorsqu'Arthur commença à espérer que la réunion touchait à sa fin, Sir Lionel s'éclaircit la gorge et dit : « Pourrions-nous discuter d'une affaire plus urgente, mon seigneur ? »
Arthur le regarda attentivement. Il avait le sentiment de savoir de quoi Sir Lionel voulait parler. Il était prêt depuis longtemps pour cette discussion, mais il n'aimait pas l'entamer juste après que lui et Merlin se soient enfin trouvés. Cependant, il semblait qu'il n'allait pas avoir le choix.
« Bien sûr, Sir Lionel », dit Arthur, en cachant bien son irritation.
Le chevalier regarda autour de lui, cherchant le soutien des autres membres du Conseil. « Nous sommes inquiets pour l'avenir de Camelot », commença-t-il prudemment.
« Qu'est-ce qui vous inquiète exactement, mes seigneurs ? » le roi se tourna vers tous les conseillers. « Vous pouvez parler librement. »
« Vous êtes dans la fleur de l'âge, mon seigneur, mais ce n'est pas suffisant pour le royaume », poursuivit Sir Lionel. « Vous devriez prendre des mesures pour assurer la stabilité de Camelot pour les prochaines générations. Nous nous souvenons tous que votre femme est décédée récemment, mais vous devriez aller de l'avant, Sire. Le royaume a besoin d'un héritier. Par conséquent, vous devriez envisager de vous remarier dans un avenir proche. » Le chevalier semblait satisfait de la façon dont il avait réussi à exprimer ces préoccupations.
Arthur regarda autour de lui, essayant d'éviter le regard de Merlin, et il remarqua que certains chevaliers approuvaient de la tête. Il savait que ce jour viendrait tôt ou tard. Il espérait qu'il aurait lieu dans d'autres circonstances, mais il était prêt à faire face à ses chevaliers et à leurs objections.
« Merci pour votre honnêteté, Sir Lionel », dit-il finalement. « Je comprends ce que vous voulez dire. Je comprends aussi vos préoccupations, mais je vous assure qu'elles sont inutiles ».
Sir Lionel le regarda dans les yeux. « Monseigneur, cela signifie-t-il que vous êtes d'accord avec nous ? » demanda-t-il. « Nous avons déjà considéré certaines candidates qui pourraient s'asseoir sur le trône à côté de vous. Si vous acceptez de nous écouter maintenant, nous pourrons en discuter tout de suite. »
« Vous ne m'avez pas compris, Sir Lionel », l'interrompit Arthur, un peu amusé. « Je n'ai pas l'intention de prendre une autre reine. Ce n'est pas nécessaire. »
Certains chevaliers furent clairement dérangés par ses paroles. Ils se mirent à chuchoter entre eux, ce qui lui rappela l'époque où il avait déclaré qu'il allait légaliser la magie. Le plus drôle, c'était que ces deux questions concernaient Merlin dans une certaine mesure.
« Mon roi », s'exprima soudainement Sir Galahad. « Vous avez dit que vous compreniez notre point de vue. »
« S'il vous plaît, calmez-vous, mes seigneurs, et écoutez-moi », dit Arthur doucement. « Je ne vais pas laisser Camelot sans héritier. Je vous assure que je me soucie de l'avenir de ce royaume autant que vous. » Puis il jeta un bref coup d'œil à Merlin. Le Sorcier de la Cour semblait plus pâle que d'habitude. Arthur eut une soudaine envie de l'embrasser et de l'assurer que tout allait bien se passer, mais il ne put le faire devant tout le Conseil. Il y avait certaines limites à ne pas franchir et c'était l'une d'entre elles. Même s'il croyait que certains chevaliers comprendraient son affection pour Merlin, ou même le soupçonnaient déjà, la plupart d'entre eux seraient dérangés. Tous ses hommes n'étaient pas aussi compréhensifs que Perceval ou Léon, qui était parti et avait son propre royaume à diriger.
Tous les membres du Conseil le regardaient attentivement, attendant une explication. Cela rendait Arthur un peu nerveux, mais il était certain que sa décision était la bonne. Il n'allait plus négliger les besoins de son âme. Il n'allait pas blesser Merlin de la manière la plus cruelle en en épousant une autre. Il n'allait pas faire de mal à la pauvre femme qui allait devenir sa femme. Vivre sa vie selon ses propres conditions était le meilleur choix qu'il pouvait faire.
« Je suis conscient que vous pensez qu'un héritier naturel est la meilleure solution pour assurer la sécurité de ce royaume », commença-t-il fermement. « Je le comprends, car il fut un temps où j'y croyais aussi. Mais ce n'est pas forcément le cas. Le sang d'un homme ne fait pas de lui le meilleur dirigeant. C'est l'éducation qui le fait. » Il regarda autour de lui, remarquant des visages confus, mais ils ne l'avaient pas découragé. « Quand le moment sera venu, je nommerai mon héritier. Il ne sera pas de mon sang, mais je m'assurerai qu'il sera digne de ce royaume. »
« Mais Sire », Sir Lionel ne pouvait s'empêcher d'exprimer son objection. « Ce n'est pas traditionnel. Et si le peuple n'accepte pas le souverain de votre choix ? Cela peut entraîner la chute de ce royaume. »
« Je suis heureux d'entendre que vous vous souciez de l'avenir de ce royaume », lui dit Arthur. « C'est très apprécié. Cependant, si tout se passe comme je l'ai prévu, Camelot prospérera. »
Sire Lionel lui lança un regard incertain. « Alors vous avez un plan, mon seigneur ? » demanda-t-il.
« C'est exact », confirma Arthur avec plaisir.
« Auriez-vous la gentillesse de nous le faire partager ? »
Certains des chevaliers hochèrent la tête en signe d'accord. Il était clair qu'ils voulaient tous l'entendre aussi.
« Je le partagerai avec vous quand le moment sera venu », dit Arthur, insaisissable. « Tout d'abord, je dois en discuter avec la partie concernée. »
« Donc, ce n'est pas encore décidé », murmura Sir Lionel. « Et si cela ne se passait pas comme vous l'aviez prévu, Sire ? Reconsidérerez-vous alors de vous remarier ? »
Arthur sentit leur regard sur lui-même. Tous attendaient sa réponse avec impatience.
« Nous reviendrons alors sur cette discussion », dit Arthur avec fermeté. « Je vous promets que je ne ferai rien qui puisse nuire à ce royaume. »
« Mais Sire... »
« La réunion est terminée, Sir Lionel », dit Arthur avec fermeté. « Vous pouvez tous y aller. »
Il n'y avait pas de place pour d'autres discussions ce jour-là et Sir Lionel le savait. Il envoya un bref regard contrarié à Merlin, et quitta la pièce en silence. Après un court moment, Arthur et Merlin furent les seuls à rester.
« Ils savent que c'est ma faute », dit Merlin en silence. « Je pense que tu devrais reconsidérer... »
Arthur sursauta et le regarda avec incrédulité. « Tu viens vraiment de dire ça ? » demanda-t-il. « Après tout ce qu'on a traversé ? Après ce qui s'est passé la nuit dernière... »
« Ça ne durera pas éternellement. Un jour, nous quitterons Camelot pour passer notre vie immortelle ailleurs. Je peux t'attendre jusque-là », murmura-t-il, essayant de cacher sa tristesse.
« Et je devrais faire quoi... ? Essayer de concevoir un héritier, sachant que c'est inutile ? En sachant que tu souffres ? » Il soupira avec colère. « Je ne peux pas croire que tu viennes de suggérer cela. Je ne vivrai pas un mensonge. Je ne te tromperai pas, ni toi, ni la pauvre femme que je devrais épouser. »
« Je sais que ce n'est pas parfait, mais c'est peut-être la seule façon d'apaiser ton peuple. » Merlin n'aimait pas ça, mais il ne voulait pas qu'Arthur voie son royaume s'effondrer pendant son règne.
« Si on en arrive là, je leur dirai que je suis incapable de faire un enfant », lui dit Arthur avec fermeté.
« Certains d'entre eux pourraient alors essayer de saper votre position », déclara Merlin avec inquiétude.
« Ce ne serait pas la première fois. » Arthur soupira fortement. « Si cela arrive et si mes sujets les croient, alors peut-être qu'ils ne sont pas les gens que je pensais qu'ils étaient. Dans ce cas, je n'aurai plus besoin d'être leur roi. »
« Je ne peux pas croire que tu ferais ça à ton peuple. »
« Je ne le ferai pas », lui promit Arthur. « Je t'ai dit que j'avais un plan. »
« Quel est ce plan, alors ? » lui demanda Merlin. « Me le diras-tu ? »
« Pas ici », dit Arthur, jetant un regard incertain à la porte. « Je te le dirai dans la soirée, pendant le dîner. »
Merlin fit un signe de tête compréhensif. Il pouvait attendre quelques heures. L'attente était une chose pour laquelle il était doué.
oOoOo
Merlin attendait Arthur dans ses propres appartements avec un dîner fraîchement préparé. Le matin, ils avaient convenu qu'il était plus sage de se rencontrer dans les appartements de Merlin pour l'instant. La porte des appartements d'Arthur était gardée et il n'y avait personne à l'extérieur des appartements de Merlin. Ce n'était pas nécessaire, car il y a longtemps, Merlin avait jeté un sort de protection sur sa chambre. Il avait fait de même pour les appartements d'Arthur, mais il fallait préserver les apparences et les gardes étaient restés à la porte des appartements du roi.
Arthur entra tranquillement dans les appartements de Merlin, sans frapper. Il n'en avait plus besoin.
« Le dîner est prêt », murmura Merlin au lieu d'un salut.
Arthur passa devant la table et embrassa Merlin fermement sur la bouche. « Chaque chose en son temps », dit-il en s'éloignant.
Merlin sourit à cette démonstration d'affection. Arthur savait déjà qu'il l'avait, mais cela ne changeait pas son approche. Il essayait toujours de prouver à Merlin combien il l'aimait.
« La nourriture est importante aussi », marmonna Merlin en conduisant Arthur à la table. « Nous devrions manger et ensuite parler », lui rappela-t-il.
Arthur soupira fortement, mais fit docilement ce que Merlin voulait. La vérité était qu'il avait faim, mais il ne voulait pas non plus perdre le temps qu'ils n'avaient que l'un pour l'autre. C'était un véritable conflit d'intérêts.
« Alors tu as dit que tu avais un plan », dit Merlin quand ils commencèrent à manger. Il savait qu'il devrait probablement attendre la fin du dîner pour poser cette question, mais il était trop curieux pour attendre en silence. Après tout, l'avenir de Camelot ainsi que l'avenir de leur relation dépendaient de ce plan.
Arthur avala ce qu'il avait dans la bouche et regarda Merlin avec attention. « C'est facile. Je veux demander à Léon la permission d'avoir son fils comme héritier de Camelot », dit-il.
« Tu veux dire le prince Philippe ? »
« Oui, Merlin, pour autant que nous sachions, Léon n'a qu'un seul enfant », dit Arthur, un peu amusé. « Pourquoi me regardes-tu ainsi ? »
Merlin était un peu surpris par cette tournure des événements. Il n'avait jamais considéré le fils de Léon comme une solution possible au problème de la succession à Camelot.
« Il n'a même pas un an », murmura Merlin. « Nous ne savons pas comment il sera. »
Arthur sourit avec incrédulité à ces mots. « Crois-tu honnêtement qu'un enfant de Léon et Mithian ne sera pas digne de Camelot ? » demanda-t-il. « Pour être honnête, j'aurais plus de doutes sur mon propre enfant si je pouvais en avoir un. »
Merlin ne pouvait pas s'empêcher de sourire à ce sujet. « Ton enfant ne serait pas si mal s'il était aussi celui de Gwen », suggéra-t-il.
Arthur se mit à renifler. « Ou le tien si tu étais une femme », dit-il avant de pouvoir se mordre la langue.
Merlin leva le sourcil par curiosité. « M'épouserais-tu si j'étais une femme ? » demanda-t-il.
« Peut-être », dit Arthur en le regardant dans les yeux. Il le taquinait. La réponse était évidente et ils le savaient tous les deux. « Mais je t'aime comme tu es. Ne pense même pas à te transformer en femme », plaisanta-t-il, sans savoir si c'était possible.
« Tu sais... Je l'ai fait une fois », admit timidement Merlin.
« Quoi ? » Arthur le regarda avec incrédulité. « Quand ? »
Merlin lui raconta la fois où il s'était transformé en vieille sorcière pour sauver Guenièvre de l'influence de Morgane. Arthur se souvenait très bien de ce jour-là et il ne pouvait pas croire qu'il n'avait pas reconnu Merlin dans cette vieille sorcière.
« J'aurais dû le savoir... » marmonna-t-il. « Elle me taquinait tout comme toi. »
Merlin sourit à ce souvenir. « Parfois, je pense que tu ne voulais pas remarquer ces choses », admit-il. « Qu'il était plus facile pour toi de croire que je n'étais qu'un simple serviteur. »
« Crois-moi, je n'ai jamais pensé que tu étais ordinaire », dit Arthur. « Il est étrange de penser à ces moments-là maintenant. Je ne connaissais pas ta magie, je pensais que Guenièvre était l'amour de ma vie... »
« Elle devait être l'amour de votre vie », lui dit Merlin. « Sinon, nous n'aurions pas pu la libérer de la magie de Morgane. Ton amour était vrai. » Cela lui fit mal de l'admettre, mais il n'allait plus jamais mentir à Arthur. C'était la seule attitude juste.
« Je sais que je l'aimais et que c'était vrai, mais c'était différent de ce que je ressens pour toi », dit Arthur. « Guenièvre était ma reine parfaite. Elle n'avait pas peur de dire ce qu'elle pensait, même quand elle le faisait pour me gronder. Elle était... » Puis il hésita parce que la soudaine prise de conscience le frappa. « D'une certaine façon, elle était comme une version féminine de toi », finit-il.
Merlin ne s'attendait pas à entendre ça. Il ne savait pas quoi dire.
« Je pense que c'est pour cela que je suis tombé amoureux d'elle si facilement », poursuivit Arthur, alors que de plus en plus de choses semblaient soudainement s'accorder. « Elle était courageuse, tout comme toi. C'était une servante... »
« Nous ne devrions pas nous attarder sur le passé », lui dit Merlin, en posant la main sur celle d'Arthur. « Gwen était ta femme et tu l'aimais. Je comprends cela. »
« Je sais, mais il est difficile de ne pas y penser sous cet angle nouveau », avoua Arthur. « Je commence enfin à comprendre pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait. »
Merlin soupira fortement. « C'est tout à fait compréhensible, mais nous devrions nous concentrer sur l'avenir de Camelot maintenant », dit-il. « Nous pouvons parler de Gwen et de tes choix passés une autre fois. »
« Tu as raison », dit Arthur. « J'ai juste été submergé par cette prise de conscience. »
Merlin lui serra la main de façon rassurante. « Nous sommes dans le même bateau, Arthur, quoi qu'il arrive. » Puis il décida de revenir à leur sujet principal. « Est-ce que Léon et Mithian savent au moins ce que tu prévois pour leur fils ? » lui demanda-t-il.
Arthur secoua la tête. « Je prévois de rendre visite à Németh la semaine prochaine et je leur demanderai ensuite leur permission », dit-il.
« Comment veux-tu les convaincre ? » demanda Merlin.
« J'espère que je n'aurai pas à le faire », dit Arthur. « Mais ne t'inquiète pas. J'ai de solides arguments, juste au cas où. »
« Par exemple ? »
« J'ai prévu d'unir Camelot et Németh par le mariage avec Mithian. Je crois que tu t'en souviens », rappela-t-il.
« C'est difficile d'oublier », murmura Merlin. « Tu étais assez têtu à l'époque. »
« C'est vrai, mais je ne l'ai pas épousée à la fin. Maintenant, nous avons une autre chance de sceller l'alliance entre nos royaumes. Léon est le véritable homme de Camelot. Il a les meilleurs traits que les chevaliers de Camelot ont. Philippe est autant le fils de Camelot que le fils de Németh. Sous son règne, ces deux royaumes peuvent être véritablement unis. »
Merlin fut profondément ému par ses paroles. Dans son esprit, il pouvait imaginer le brillant avenir de Camelot et de Németh. « C'est une belle idée », murmura-t-il.
« C'est ce que je pensais », dit Arthur en souriant. « J'espère qu'ils seront d'accord avec nous. »
« Nous le saurons la semaine prochaine. »
Soudain, Arthur cessa d'avoir faim. Le dîner n'étant qu'à moitié mangé, il se leva et saisit Merlin par le poignet.
« La nourriture va refroidir », lui dit Merlin.
Arthur haussa les épaules et dit : « Tu la réchaufferas avec de la magie quand nous aurons fini. »
Merlin sursauta de sa voix rauque. « Tu veux que je fasse autre chose avec ma magie maintenant ? » demanda-t-il.
« Pourquoi pas... » murmura Arthur, le conduisant au lit. « Tu m'as promis quelque chose la nuit dernière. »
Merlin sourit alors que ses yeux devenaient dorés. Leurs vêtements se matérialisèrent momentanément sur une chaise, les laissant complètement nus.
Arthur appuya son corps sur celui de Merlin et lui chuchota à l'oreille : « C'est mon sortilège préféré. »
Merlin se mit à rire de ces mots. Il avait le sentiment qu'Arthur était légèrement biaisé par son état d'excitation actuel. « Prends-moi, mon roi », l'encouragea-t-il. « D'une façon que tu n'as pas pu me prendre avant. »
Les yeux d'Arthur s'assombrirent de désir. « Tu ne devrais pas dire ces choses », murmura-t-il. « Je ne veux pas te faire de mal. »
« Tu ne le feras pas », lui assura Merlin. « Nos âmes se sont liées la nuit dernière. Je sais que tu pouvais le sentir aussi. Maintenant, je veux que tu réclames mon corps complètement. Ce que nous avons fait hier soir était magnifique et je le chérirai pour toujours, mais il me faut plus. Je veux que tu me prennes d'une manière que je ne permettrais à personne d'autre de me prendre. Je veux te sentir en moi. »
Ses mots rendaient Arthur fou. Il voulait tout cela aussi, mais il ne savait pas comment le faire d'une manière qui n'apporterait pas de douleur à Merlin.
« Ne t'inquiète pas pour moi », lui dit Merlin doucement. « Embrasse-moi juste et tout ira bien. »
Ce qu'Arthur pouvait faire sans hésitation. Il aida Merlin à s'allonger sur le lit et grimpa sur lui instantanément, l'embrassant. Leurs corps bougeaient ensemble dans un rythme parfait, mais ce n'était pas leur but ultime. Cette fois, ils visaient quelque chose de plus qu'un doux frottement.
« Que dois-je faire ? » murmura Arthur entre leurs baisers.
Puis Merlin poussa quelque chose dans sa main. Arthur la regarda et vit une fiole remplie de quelque chose qui ressemblait à de l'huile.
« Ce soir, je veux que tu me prépares », lui dit Merlin. « La prochaine fois, je peux le faire avec ma magie, mais je voudrais que tu le fasses pendant notre première fois. »
« Tu n'as pas besoin de t'expliquer », dit Arthur et il déboucha la fiole. « Je le ferai avec plaisir. »
Merlin lui sourit affectueusement, heureux qu'Arthur l'ait compris. Ils avaient enfin la connexion qu'il avait toujours désirée. Ils pouvaient encore se disputer sur diverses choses, mais à la fin, ils allaient se comprendre sans paroles. C'était une capacité précieuse et Merlin était certain qu'elle se révélerait utile à de nombreuses reprises dans le futur.
Arthur faisait très attention à son toucher et Merlin appréciait cela. Il se sentait aimé et pris en charge, ce qui était un changement agréable. La plupart du temps, c'était lui qui devait s'occuper des autres. Maintenant, il était complètement entre les mains d'Arthur, mais cette pensée ne l'effrayait pas du tout. Il lui faisait entièrement confiance. Probablement plus qu'il n'avait confiance en lui-même lorsqu'il s'agissait de manifestations émotionnelles.
« Est-ce que ça va ? » continua de lui demander Arthur entre leurs baisers. Il était clair que le roi était nerveux à ce sujet, mais il était également heureux que Merlin lui permette de le faire.
« Tout va bien », lui assurait Merlin à chaque fois. « Ne t'inquiète pas pour ça. »
Ils se donnèrent du temps pour se préparer à faire l'amour comme il se doit. Ce fut ainsi que Merlin dut encourager verbalement Arthur à aller de l'avant et à entrer en lui. Arthur rit nerveusement à ses paroles, mais Merlin l'entraîna alors dans un tendre baiser et il lui promit qu'il lui dirait s'il se sentait mal à l'aise. Après toutes ces assurances, Arthur finit par le croire et par faire ce qu'on lui demandait.
Merlin n'était pas prêt pour cela. Il ne souffrait pas beaucoup ou quelque chose comme ça, mais l'idée même qu'Arthur soit en lui, c'était époustouflant. Dire que c'était un bon sentiment était un euphémisme. Merlin atteignit un niveau de connexion entièrement nouveau avec Arthur et le plaisir qu'il ressentait à ce moment le submergea complètement.
Par le désespoir avec lequel Arthur l'embrassait et le touchait, il devait ressentir la même chose. Chacun de ses mouvements à l'intérieur de Merlin les rapprochait de l'apogée, et lorsque le moment arriva finalement, trop tôt à leur goût, ils atteignirent ensemble l'orgasme.
Ensuite, ils s'allongèrent dans les bras l'un de l'autre avec des sourires loufoques plâtrés sur le visage. Ils étaient trop fatigués pour se lever et finir le dîner. Mais ce n'était pas nécessaire. La seule faim qu'ils ressentaient à ce moment-là était leur faim mutuelle. Heureusement, ils avaient eu tout le temps de satisfaire ce besoin.
Je m'arrête là pour aujourd'hui ! Plus que 4 chapitres !
A bientot !
