Disclamer : Le monde, les personnages et l'histoire ne m'appartiennent pas contrairement à la traduction !

Titre : The Heartbeat

Auteur : LadyFromPoland

Traductrice : Ange Phoenix Blodeuwedd

Bêta : Antidote

Résumé : À partir de l'épisode 5x13. Arthur était en train de mourir et Merlin ferait n'importe quoi pour le sauver et ce, peu importe les conséquences. C'était une histoire de choix, de sacrifices et d'amour qui était au-delà du destin.

Statut de la fanfiction originale : Terminée, 30 chapitres

Autorisation : Autorisation pour toutes les fanfictions de l'auteur

Note : Le lien de la fanfiction originale et du profil de l'auteur sont sur le mien.


The Heartbeat


Chapitre 29 : Quelques feuilles dans le vent


Quelques années passèrent dans une paix bienheureuse. Pendant cette période, Merlin et Arthur eurent plusieurs disputes, mais elles n'avaient jamais duré plus de deux jours. Cela leur semblait si étrange d'être fâchés l'un contre l'autre et de dormir séparément. Ils se demandaient comment ils avaient réussi à vivre de cette façon pendant des années.

Le temps passait vite et les habitants de Camelot commençaient à s'impatienter. Ils voulaient apprendre à connaître l'héritier du trône et leur futur roi. C'était pourquoi Arthur avait décidé que c'était le bon moment pour inviter Mithian et Leon avec leur fils à Camelot.

Cela devait être une affaire officielle et tout devait être parfait. Merlin avait commencé à soupçonner les serviteurs d'être devenus fous. Ils avaient commencé à nettoyer et décorer tout le château. Merlin ne l'avait jamais vu aussi impeccable, même pas pendant le couronnement d'Arthur ou son mariage avec Guenièvre.

« Ils sont excités », dit Arthur quand Merlin lui annonça ce qu'il avait remarqué.

« Je suis également ravi, mais cela ne me rend pas fou », répondit Merlin.

« Ce privilège m'est réservé », lui chuchota Arthur de façon taquine à l'oreille, le rendant excité en quelques secondes.

« Tu ne peux pas me faire ça, » dit Merlin. « Pas quand nous n'avons le temps pour rien. Léon et Mithian vont bientôt arriver. »

Arthur lui fit un sourire suffisant. « C'est bon de savoir qu'après toutes ces années, j'ai toujours cet effet sur toi », murmura-t-il. « Je me rattraperai ce soir », promit-il en tirant Merlin hors de ses appartements. « Nous devons aller en bas. Comme tu l'as dit, ils peuvent arriver à tout moment maintenant. »

Merlin le suivit docilement. Il le suivrait n'importe où.

oOoOo

Philippe était un enfant adorable. À bien des égards, il ressemblait à Léon quand il avait son âge. Le garçon avait été timide au début, mais une fois qu'il s'était habitué au nouvel endroit, il avait été difficile de l'empêcher de parler. Il était très bavard pour un garçon de sept ans.

Mithian le regardait avec amusement, en serrant dans ses bras sa fille de deux ans, Charlotte. La fillette ne voulait pas quitter sa mère, même pas un seul instant. Elle semblait accablée par ce nouvel endroit et ces nouvelles personnes. Cependant, c'était parfaitement naturel pour un enfant de son âge.

Arthur et Merlin avaient dîné avec leurs invités en privé. Il y aurait un festin dans la soirée, au cours duquel Arthur nommerait officiellement le prince Philippe comme son héritier, mais ils voulaient garder les choses simples pour les quelques heures qu'ils avaient encore devant eux. Arthur voulait apprendre à connaître un peu mieux son héritier afin de créer un lien entre eux. Cela pourrait s'avérer utile à l'avenir.

« Oncle Arthur, voulez-vous jouer avec moi ? » lui demanda le garçon, visiblement excité.

« Laisse le roi Arthur manger en paix, Philippe », dit Léon à son fils. « N'oublie pas non plus de t'adresser à lui correctement devant d'autres personnes. »

« C'est bon, Léon », lui assura Arthur. « Je jouerai volontiers avec toi, Philippe, mais tu dois d'abord finir ton repas. »

Philippe poussa un léger soupir, mais il fit ce qu'on lui avait demandé. Une fois qu'ils eurent mangé le dîner, Arthur commença à jouer avec lui avec des épées en bois. C'était le jeu préféré de Philippe. Léon avait même dû faire semblant d'être un dragon que Philippe et Arthur étaient censés vaincre.

« Ils ont l'air adorables en jouant comme ça, n'est-ce pas ? » demanda soudainement Mithian à Merlin.

Le sorcier hocha la tête en souriant. « Arthur serait un père merveilleux », murmura-t-il.

« Ne te blâme pas, Merlin. Il t'aime, » lui dit franchement Mithian.

Elle ne savait pas qu'Arthur ne pouvait pas avoir d'enfants, mais ce n'était pas à Merlin de le lui dire. « Je sais », répondit-il. « Je ne faisais qu'énoncer une observation. »

Mithian lui sourit. « Peut-être que c'était censé être comme ça, » supposa-t-elle.

Merlin savait que ce n'était pas le cas, mais il ne l'avait pas corrigé. Il était conscient qu'il avait changé son destin et celui d'Arthur. Cependant, il ne regrettait rien.

« C'est ce que c'est », marmonna-t-il.

« Nous avons vaincu le dragon ! » couina soudainement Philippe. Léon était allongé sur le sol, riant.

« Tu devrais essayer d'affronter un autre dragon, » dit Merlin. Ses yeux devinrent dorés et il créa un dragon étincelant à partir de rien.

Les yeux de Philippe s'écarquillèrent d'excitation.

« Oncle Merlin nous a fourni un nouvel adversaire », dit Arthur en souriant.

Le garçon se précipita vers le dragon magique que Merlin avait créé. C'était un pur bonheur de l'observer ainsi. Au cours du jeu, le dragon changea de couleurs et de formes jusqu'à ce qu'il finisse par exploser en petits morceaux étincelants.

« Merci, oncle Merlin », dit Philippe et il le serra très fort dans ses bras.

Le cœur de Merlin fondit. Le fils de Léon et Mithian était une étincelle joie ambulante.

L'heure du festin arriva rapidement. Philippe fut un peu surpris par l'attention soudaine que tout le monde lui portait, mais il s'en sortit bien. Ses parents ainsi qu'Arthur et Merlin étaient fiers de lui.

Une fois qu'Arthur lui donna le titre officiel, le peuple de Camelot salua l'héritier du trône avec des applaudissements. Le festin au nom de Philippe dura jusqu'à tard dans la nuit, mais le garçon fut trop fatigué pour rester debout si longtemps. Mithian et ses enfants s'étaient retirés tôt dans leurs appartements, mais Léon était resté avec Arthur jusqu'à la fin. En vérité, Camelot et ses amis lui manquaient et il ne voulait pas gâcher cette occasion de festoyer avec eux.

Arthur se souvint de la promesse qu'il avait faite à Merlin, mais lorsqu'ils retournèrent dans leurs appartements au milieu de la nuit, ils étaient trop fatigués pour faire quoi que ce soit.

« C'était une longue journée », murmura Merlin, alors qu'il étreignait étroitement Arthur dans leur lit. « Tu te rattraperas demain. »

« Demain semble être un bon plan, » accepta Arthur avec joie.

Ils s'étaient endormis un moment plus tard. Le sort de vieillissement de Merlin avait quelques effets secondaires. Il leur permettait notamment de se fatiguer plus facilement qu'avant. Ce n'était pas seulement leur apparence qui vieillissait. Cela concernait l'état général de leurs corps.

Arthur s'était endormi en pensant qu'il ne pouvait pas attendre le jour où ils seraient à nouveau jeunes et vigoureux. C'était une perspective très prometteuse.

oOoOo

Les royaumes furent unis par Philippe. Les années passèrent et Camelot et Nemeth prospérèrent. Merlin et Arthur vieillissaient en même temps que le peuple de Camelot, regardant le royaume changer lentement.

Lorsque Philippe avait finalement atteint l'âge adulte, il avait commencé à passer la moitié de son temps à Camelot. Il connaissait très bien Nemeth et il était temps pour lui d'en apprendre plus sur son futur royaume.

Arthur appréciait le temps qu'il passait avec Philippe. Cela faisait du bien d'avoir quelqu'un à former, à qui enseigner. Merlin n'allait pas l'admettre à voix haute, mais il était fier d'Arthur et de ses méthodes. Il pouvait voir à quel point Arthur avait changé depuis leur première rencontre. Il était toujours aussi surpris, qu'après toutes ces années, qu'Arthur soit capable de s'améliorer.

Philippe était aussi un bon élève. Il écoutait très attentivement tout ce qu'Arthur lui enseignait. Tous les deux formaient une sacrée équipe. Merlin était heureux de les regarder évoluer.

« Nous y arrivons lentement », dit Arthur un soir.

Merlin l'avait regardé en fronçant les sourcils. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-il.

« Bientôt Philippe devrait être prêt à devenir roi, » expliqua-t-il en souriant.

« Ne penses-tu pas que c'est trop tôt ? » l'interrogea Merlin, clairement inquiet. « Philippe est encore très jeune. »

« Il a 25 ans, » répondit Arthur. « De plus, je ne dis pas que nous partirons demain. Je pense simplement que Philippe est presque prêt. »

« Presque ? »

Arthur hocha la tête. « Je dois vérifier comment il va gérer certaines situations stressantes par lui-même. Nous pourrions prendre quelques jours de congé pour voyager et laisser ainsi Philippe à la tête du royaume », expliqua-t-il. « Je pourrais demander à Perceval d'arranger quelques cas problématiques pendant notre absence. De cette façon, nous pourrions découvrir comment Philippe les gère. »

Merlin poussa un léger soupir. « Tu es cruel, mais c'est en fait une très bonne idée. »

Arthur lui fit un sourire victorieux. Tout ce qu'ils avaient à faire était de tout planifier en détail.

Merlin et Arthur engagèrent Perceval, Gilli et Galahad dans leur plan. Après le départ de Sir Lionel, Sir Galahad s'était trouvé un nouveau modèle en Sir Perceval. Depuis lors, il était devenu le chevalier qu'Arthur avait toujours espéré qu'il soit.

Quand tout fut prêt, Merlin et Arthur commencèrent leur voyage, laissant le prince Philippe en charge de Camelot. Ils avaient enfin quelques jours de repos rien que pour eux et c'était un changement agréable.

Merlin utilisa sa magie pour changer leurs identités, afin que personne ne puisse les reconnaître. Ils passaient la plupart du temps à l'extérieur, arrivant aux tavernes le soir, où ils passaient la nuit, puis continuant leur voyage le matin. Personne ne leur prêtait grande attention, car ils étaient assez prudents pour toujours prendre une chambre à deux lits. Pour les autres, ils n'étaient que deux voyageurs qui se mêlaient de leurs affaires.

À la fin du voyage qu'ils avaient prévu, Merlin et Arthur décidèrent de rendre visite à Nemeth. Lorsqu'ils atteignirent la capitale du royaume, Merlin leva le sort qui leur permettait de se déguiser parfaitement. Après cela, ils furent reconnus et arrivèrent facilement au château.

Mithian et Léon les avaient accueillis à bras ouverts. Ils avaient beaucoup de sujets à discuter, surtout ceux qui concernaient Philippe. Arthur leur avait expliqué son plan, et bien que Mithian ait été un peu inquiet à ce sujet, ils avaient tous convenu que c'était un moyen parfait de découvrir comment Philippe traitait les cas difficiles. Cependant, ils étaient tous conscients que ce n'était pas la fin de leurs efforts. Ils prévoyaient toujours de continuer à le préparer pour son futur règne et de travailler sur ses traits de caractère qui le nécessitaient encore.

« Un royaume est une grande responsabilité, mais deux royaumes semblent tout simplement impossibles, surtout pour un homme aussi jeune », déclara Mithian en soupirant. « Je sais que je ne devrais pas avoir de doutes en ce moment, mais je ne peux pas m'en empêcher. Philippe est mon fils après tout. »

Léon lui serra l'épaule de manière rassurante. « Il n'y a pas besoin de s'inquiéter, ma chère. Charlotte le soutiendra quand nous serons partis », lui dit-il.

Mithian sourit légèrement et hocha la tête. « Tu as raison, » dit-elle.

« De plus, Merlin et moi ne quittons pas encore Camelot », lui assura Arthur, changeant instantanément son plan initial. « Je resterai plus longtemps que prévu, pour donner à Philippe le temps de s'adapter à ses nouvelles responsabilités, et le soutenir là où il en aura encore besoin. »

« Merci, Arthur », dit Mithian en le serrant très fort dans ses bras.

« Je devrais te remercier d'avoir accepté mon plan insensé il y a toutes ces années », murmura Arthur.

Ils avaient tous ri de ses paroles et la tension qui les entourait avait fortement diminué.

oOoOo

Finalement, Merlin et Arthur étaient retournés à Camelot. Cela leur avait pris plus de temps que prévu, mais le château était toujours debout et tout autour d'eux semblait être en parfait état.

Philippe était clairement soulagé quand il les avait vus. Son visage était plus pâle qu'avant, mais à part cela, il avait l'air bien.

« Comment te sens-tu ? » lui demanda Arthur lorsqu'ils furent laissés dans la salle du trône uniquement avec Merlin et Perceval à leurs côtés.

« Je suis fatigué, » admit-il d'un air penaud. « Régner demande tellement d'attention aux détails. C'est incroyable. »

« Avec le temps, tu t'y habitueras », lui assura hâtivement Arthur.

Philippe pâlit un peu plus. « Mais vous ne partez pas encore, mon oncle ? » demanda-t-il avec espoir.

Arthur sourit à cette question. « Pas si tôt », lui assura-t-il. « Et je t'ai dit que tu pouvais m'appeler Arthur. Tu es un grand garçon maintenant. »

« C'est une sorte d'habitude », dit-il.

Arthur acquiesça. « Tu peux aller te reposer », lui dit-il. « Tu le mérites. »

« Mais vous venez juste de rentrer », protesta Philippe. « Vous devriez d'abord vous reposer. »

« Il n'y a pas besoin de cela », dit Arthur. « J'ai eu tout le temps de me reposer pendant la semaine dernière. Tu en as plus besoin que moi. »

Philippe acquiesça, visiblement soulagé. « Merci », dit-il et il se rendit directement dans ses appartements.

Arthur jeta alors un regard d'attente à Perceval. « Comment ça s'est passé ? » demanda-t-il.

Le chevalier sourit légèrement. « Pas mal. Mieux que ce à quoi je m'attendais », admit-il.

« Des détails, Perceval. Nous voulons entendre des détails, » parla soudainement Merlin et Arthur le soutint avec un bref hochement de tête.

Perceval leur raconta comment Philippe abordait toutes ses tâches avec sérieux et à quel point il était engagé dans les problèmes des gens. C'était un récit impressionnant.

« Tout serait parfait s'il n'était pas si constamment inquiet », ajouta Perceval à la fin. « Il doit apprendre à lâcher prise parfois. Un roi ne peut pas s'occuper de tout. Il est entouré de personnes qui peuvent être affectées à diverses tâches. Il doit apprendre à répartir ces tâches. »

« Philippe a voulu prouver qu'il était digne de Camelot », murmura Arthur. « J'apprécie ses efforts, mais nous devrons travailler sur l'équilibre entre sa vie privée et publique dans tout ça ».

« C'est ce que je pensais, » confirma Perceval.

« Merci pour votre aide », le remercia Arthur en hochant la tête d'un air approbateur.

Perceval sourit et les laissa seuls. Lorsque la porte se referma derrière lui, Merlin serra Arthur dans ses bras. « Je suis heureux que nous restions à Camelot », murmura-t-il. « Philippe a toujours besoin de toi et tu n'es pas encore si vieux. »

Arthur s'éloigna et lui demanda avec un sourcil levé, « Vieux ? »

Merlin rit un peu. « Il y a quelques cheveux gris sur ta tête », expliqua-t-il.

« Sur la tienne aussi, » répondit Arthur d'un air de défi.

« C'est de ta faute, » l'accusa Merlin en le taquinant. « Je suis constamment inquiet pour toi. »

« Tu ne devrais pas. »

« Je ne peux pas m'en empêcher. »

Puis ils s'embrassèrent brièvement. « Tu dois parler à Philippe quand il sera reposé », dit Merlin d'un ton plus sérieux. « Pour autant que je le connaisse, il n'arrête pas de penser aux choses qu'il aurait pu mieux faire. Perceval a raison. Il doit apprendre à lâcher prise. »

« Je sais », murmura Arthur. « J'étais exactement pareil. »

Merlin hocha la tête. « Tu voulais impressionner Uther tout le temps, » dit-il. « Même quand il avait tort. »

« Mais ensuite je t'ai rencontré et tu m'as donné envie de suivre mon propre chemin », dit Arthur, en souriant.

« Tu ne m'as jamais remercié pour ça. »

« Je suis meilleur avec les actions qu'avec les mots, » dit-il et il attrapa la main de Merlin. « Allons dans nos appartements. Personne ne nous dérangera là-bas. »

« Tu es impossible, Arthur Pendragon », murmura Merlin, mais il le suivit avec plaisir.

oOoOo

Le temps passa et Philippe apprit lentement à trouver l'équilibre entre être le souverain et être lui-même. Il en résulta plus de cheveux gris sur la tête d'Arthur, mais il était certain que cela en valait la peine. D'ailleurs, un jour, Merlin allait inverser la tendance.

Arthur considérait que Philippe était prêt à devenir roi de Camelot, mais il pouvait voir que le jeune homme espérait plus de leçons et de conseils. Puisque lui et Merlin avaient beaucoup de temps, il n'avait pas besoin de se précipiter.

« Une année de plus », dit-il à Merlin un soir. « Je vais dire à Philippe que nous resterons à Camelot une année de plus. »

Merlin l'embrassa brièvement et dit : « Tu as pris une bonne décision. De cette façon, il aura le temps de s'y habituer et de s'adapter. »

L'année passa plus vite qu'ils ne le pensaient. Ce fut une année pleine de travail pour eux tous et Arthur avait commencé à attendre avec impatience le jour où lui et Merlin allaient partir. La vérité était qu'il était fatigué. À ce stade, il avait été roi pour une période plus longue que celle où il ne l'avait pas été. Le désir d'être juste Arthur, un homme ordinaire, n'avait jamais été aussi fort.

« Tu ne seras jamais un homme ordinaire », lui dit Merlin quand il exprima ses réflexions.

« Peut-être, mais je veux être juste Arthur avec toi à mes côtés », murmura-t-il.

« Bientôt, » lui promit Merlin et il le tira plus près. « Nous aurons tout cela plus tôt que tu ne le penses. »

oOoOo

Enfin, le jour de l'abdication d'Arthur et du couronnement de Philippe arriva. Les habitants de Camelot étaient tristes de laisser partir leur roi bien-aimé, mais ils pensaient tous qu'Arthur le méritait. Son règne avait été long et prospère, et Philippe était un digne successeur.

La représentation de Nemeth avait été présente lors de la cérémonie. Après tout, c'était un jour important pour les deux royaumes. Bien que Mithian et Leon allaient toujours régner sur Nemeth, Philip était leur fils et héritier, et l'union entre Camelot et Nemeth s'était renforcé en ce jour.

Arthur et Merlin avaient décidé quitter Camelot le jour suivant. Le festin après le couronnement de Philippe avait été à la fois une célébration et un au revoir. Cela faisait du bien d'être entouré des personnes qu'ils aimaient et respectaient, mais ils avaient déjà pris leur décision. Rien ne pouvait durer éternellement, et voir leurs amis vieillir et mourir serait incroyablement douloureux. Arthur était certain qu'ils avaient pris la bonne décision.

Il détesta dire au revoir à Perceval, qui était un vieil homme maintenant. Le chevalier était devenu son cher ami et conseiller pendant toutes ces années. De plus, il avait consacré une grande partie de sa vie à la formation des jeunes chevaliers de Camelot. Arthur était certain qu'il allait continuer à le faire tant qu'il aurait assez de force dans ses vieux membres pour tenir une épée.

La chose la plus difficile pour Merlin avait été de laisser Gilli derrière lui. Son ami était devenu un grand médecin et il avait fondé sa propre famille à Camelot. Il s'était marié en cours de route et avait vécu avec sa femme et leurs deux filles, les formants à devenir médecins dans le futur. Heureusement pour Camelot, cela ne semblait pas les déranger et elles étaient plutôt douées dans ce domaine.

« C'est drôle qu'Arthur ait été jaloux de moi il y a toutes ces années », dit Gilli lorsqu'ils se dirent au revoir.

« C'était fou », murmura Merlin.

« Vraiment ? » demanda Gilli en se penchant pour lui donner un petit coup de bec au coin de la bouche.

« Gilli ! » cria Merlin, à la fois surpris et amusé. Il jeta un regard inquiet à Arthur, dont le visage était devenu rouge de colère. « Tu es marié. »

« Toi aussi », répondit-il. « Je voulais juste rendre Arthur jaloux une fois de plus. Au moins maintenant il a une raison valable pour cela. »

« Tu es incroyable, tout comme Arthur » dit Merlin. « Tu vas me manquer. »

« Moi aussi », admit Gilli et il le tira dans une étreinte serrée.

Merlin versa plus que quelques larmes au cours de cette soirée.

oOoOo

Quand ils avaient quitté Camelot tôt le matin, Arthur avait eu le sentiment qu'il avait laissé son royaume entre de bonnes mains. Philippe était prêt à devenir roi depuis très longtemps et il avait enfin obtenu le titre officiel de Roi. Arthur était libre d'être qu'il voulait. Il avait Merlin à ses côtés et c'était la seule chose qui lui importait.

Ils s'étaient dirigés directement vers Ealdor où la mère de Merlin vivait toujours. Hunith était une femme âgée maintenant et elle n'avait plus beaucoup de temps à vivre dans ce monde. Arthur avait compris que Merlin voulait le passer avec elle. C'était naturel et Arthur allait satisfaire ce désir.

Au milieu de leur voyage, Merlin avait levé le sort qui les faisait vieillir à un rythme naturel. Les traces des années qu'ils avaient passées à Camelot s'étaient effacées en quelques secondes et après un moment, ils regardèrent leurs visages jeunes de 30 ans.

« Enfin », murmura Arthur et il attira Merlin dans un baiser chaleureux.

« Ne le fais pas devant ma mère », dit Merlin quand ils furent séparés.

« Je suis sûr que Hunith n'y verrait pas d'inconvénient. »

« Elle, non, mais moi, si. »

Ils avaient éclaté de rire et une fois calmés, ils avaient continué leur voyage.

Lorsqu'ils atteignirent Ealdor, Hunith les embrassa et les serra tous les deux dans ses bras. Elle les avait enfin à ses côtés.

« Mes fils », murmura-t-elle joyeusement. « Vous avez l'air si jeunes. »

« Je peux te rajeunir aussi », suggéra Merlin.

« Non, Merlin. Je ne veux pas que les gens fassent des commérages à ce sujet, » lui dit-elle. « Mais j'apprécierais que tu me libères de quelques maux. Je veux profiter pleinement du temps que j'ai encore avec vous. »

« Comme tu le souhaites, mère », accepta Merlin et il utilisa sa magie pour la libérer des douleurs inhérentes à la vieillesse.

« C'est mieux », dit-elle en souriant. « Je me sens tellement plus jeune. »

« Parce que tu es plus jeune à l'intérieur », lui expliqua Merlin.

« Tu es un homme merveilleux », dit-elle fièrement.

« Oui, il l'est », confirma Arthur en l'embrassant affectueusement sur la joue.

oOoOo

Ils vécurent paisiblement pendant quelques années, aidant Hunith dans les tâches ménagères et les autres villageois dans les champs. C'était une vie tranquille, loin de la grande politique et des décisions qui changeaient la vie.

Les habitants d'Ealdor s'habituèrent à eux, même si au début, ils voyaient d'un mauvais œil la moindre démonstration d'affection mutuelle entre eux. Cependant, personne ne disait rien à voix haute. Ealdor était comme ça. Ses habitants respectaient le travail et une fois qu'ils avaient réalisé que Merlin et Arthur étaient prêts à travailler avec eux dans les champs et dans les bois, ils les avaient acceptés tels qu'ils étaient.

Les villageois savaient que Merlin était le fils de Hunith et que le fait qu'il soit si jeune signifiait qu'il y avait une part de magie. Cela ne les dérangeait pas non plus, en partie parce que la magie n'avait jamais été interdite dans leur royaume, mais surtout parce que Merlin était heureux de guérir les gens et de les aider avec sa magie.

Personne ne leur posait de questions gênantes et Merlin en était reconnaissant.

Arthur n'était pas sûr que tous les habitants d'Ealdor étaient au courant de ses origines, mais certains d'entre eux devaient s'en douter. La nouvelle de l'abdication du roi Arthur et du couronnement du roi Philippe avait fini par atteindre leur village. Ce n'était pas un secret auparavant que le fils de Hunith était une personne importante à Camelot et qu'il était l'ami et le conseiller du roi. Il n'était pas difficile d'arriver à la conclusion que cet Arthur qui travaillait avec eux dans les champs était autrefois un grand roi de Camelot.

Le plus étrange, c'était que les villageois ne semblaient pas vouloir en parler. Arthur ne savait pas si c'était simplement la façon d'être des habitants d'Ealdor ou si la magie de Merlin était impliquée d'une manière ou d'une autre. Quand Arthur lui avait posé la question un jour, Merlin lui avait souri mystérieusement et lui avait dit de ne pas s'inquiéter. Pendant toutes ces années passées avec Merlin, Arthur avait appris à lui faire confiance dans de tels cas.

Hunith n'avait jamais été aussi heureuse que ces dernières années de sa vie. Elle avait Merlin et Arthur à ses côtés et elle pouvait observer leur bonheur chaque jour. C'était la plus grande joie d'une mère de voir son enfant être aimé en retour. Elle était heureuse de savoir qu'une fois qu'elle serait partie, Merlin aurait toujours Arthur pour s'occuper de lui. Ils avaient rencontré de nombreux obstacles dans leur vie et il était bon de les voir enfin heureux et libres.

Le jour de sa mort avait fini par arriver. Elle pouvait le sentir dans l'air, mais elle n'en avait pas dit un seul mot à Merlin. Elle savait que son fils essaierait de faire quelque chose pour le repousser dans le temps, mais elle ne le voulait pas. Elle avait eu une vie longue et pleine de sens et elle voulait être enfin réunie avec le père de Merlin. Elle ne pouvait pas en être certaine, mais elle refusait de croire que ce n'était pas possible. Merlin lui avait dit une fois qu'il avait rencontré son père alors qu'il était encore un serviteur et que Balinor était mort dans ses bras. Hunith avait été attristée par la nouvelle, mais elle était reconnaissante qu'au moins ils aient eu une chance d'apprendre à se connaître.

« Je suis fière de toi, Merlin », avait-elle dit un soir et elle l'avait embrassé sur le front.

« Pourquoi cela ? » lui demanda Merlin avec désinvolture.

« C'était une bonne journée et je voulais que tu le saches, » annonça-t-elle et elle s'approcha d'Arthur pour l'embrasser sur le front également. « Vous êtes la joie de ma vie, les garçons, et je vous aime de tout mon cœur. Ne l'oubliez jamais. »

Puis elle se dirigea vers son lit pour se retirer avec la conviction qu'elle n'allait pas se réveiller le matin suivant. Elle savait juste que c'était son heure.

« Elle était bizarre aujourd'hui », murmura Merlin.

Arthur avait quelques soupçons, mais il ne les avait pas partagés avec Merlin. Il respectait la décision de Hunith de ne pas en parler à son fils. Il savait très bien à quel point Merlin était têtu lorsqu'il s'agissait de sauver ceux qu'il aimait. Apparemment, Hunith ne voulait pas être maintenue en vie par la magie. C'était sa décision et elle avait tous les droits de la prendre.

« C'est juste une mère aimante », lui dit Arthur et il l'embrassa. « Nous devrions aller au lit aussi. »

Quand au matin, Merlin trouva sa mère morte, il fut dévasté.

« Elle le savait... » marmonna-t-il. « Tu le savais ! » accusa-t-il Arthur.

« Je me doutais que ce jour était proche », admit tristement Arthur.

« J'aurais pu la sauver... » murmura Merlin.

« Hunith ne voulait pas cela. Elle est morte paisiblement dans son sommeil. C'était son heure, » dit Arthur calmement.

« Elle aurait pu rester un peu plus longtemps... »

« Tu aurais ressenti la même perte, Merlin. Prolonger sa vie n'y changerait rien, » expliqua Arthur. « Au fond de toi, tu sais que c'est vrai. »

Après un moment, Merlin hocha la tête. « Serre-moi dans tes bras, s'il te plaît », chuchota-t-il et Arthur avait obtempéré de bon cœur.

Ils avaient enterré Hunith dans la soirée en présence de tout le village. C'était un événement triste, mais ils étaient tous d'accord pour dire que Hunith avait eu une longue et bonne vie. C'était en quelque sorte réconfortant.

Merlin et Arthur avaient décidé que c'était leur dernière nuit à Ealdor. Après la mort de Hunith, ils n'avaient plus aucune raison de rester là, alors ils décidèrent de commencer une nouvelle vie ailleurs, là où personne ne les connaitrait vraiment.

Cette nuit-là, Arthur fit l'amour à Merlin tout en douceur, répondant à ses moindres besoins et désirs. Merlin était reconnaissant pour cela et heureux qu'Arthur soit pour toujours à ses côtés.

À l'aube, ils avaient préparé leurs affaires et avaient commencé leur nouvelle aventure. Ils ne savaient pas où ils allaient, mais ils savaient qu'ils ne seraient jamais séparés. Peu importait où la route les mènerait, tant qu'ils étaient ensemble.

Leur avenir n'était pas clair, mais Albion allait avoir besoin d'eux un jour. Ils redeviendraient en tant que roi et sorcier et ils accompliraient leur destin. Jusqu'à ce jour, ils ne seraient que Merlin et Arthur, deux hommes amoureux qui avaient vaincu la mort et qui avaient trouvé un moyen d'être ensemble.


Et voici l'avant dernier chapitre de cette traduction.

Je dois avouer que je préférais personnellement la fanfiction au début mais j'apprécie toujours de la lire !

Et vous ?